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  • ExclusifH&T Morning : déploiement des services numériques par le NHS (UK) versus France (infographie)

    Établir un comparatif entre les approches du NHS et du ministère de la Santé en matière de e-santé, tel est l’objectif de l’infographie présentée lors du HTI Morning du 28 mars 2019, organisé avec le think tank le Cercle numérique et santé.
    L’infographie met en évidence un système de santé anglais sous pression, avec un accès aux soins primaires difficile : temps d’attente long (13 jours en moyenne), nombre de médecins généralistes faible (0,9°/00) – et un coût de système très lourd, avec un reste à charge pour le citoyen plus de deux fois supérieur à celui de la France.
    Face à ces défis, le NHS entend résolument mettre en place des services numériques pour faciliter l’accès aux soins et la prise en charge : plus d’un million de rendez-vous en ligne par mois sont directement pris sur le site du NHS ou via l’application NHS App, 17 % des consultations sont faites par téléphone et la e-prescription est fortement déployée (62 % des pharmacies connectées).
    L’appui à la prise en charge est également digitalisé : un chatbot de triage et de réponse aux premières questions de santé est mis à disposition de la population ainsi qu’une librairie d’applications santé référencées.

    La stratégie digitale du NHS est continue depuis plus de 15 ans et se voit renforcée dans le Long term plan présenté en janvier 2019 par le gouvernement de Theresa May.

  • FASN Cancérologie : « le numérique fluidifiera la relation ville-hôpital », Pr Viens-Unicancer (2/04)

    « Avec l’arrivée du numérique en cancérologie, le patient ne s’organise plus en fonction du médecin, mais l’ensemble des acteurs du système de soins s’organise autour des besoins du patient. À l’heure où la prise en charge se fait de plus en plus hors les murs des établissements de santé, les centres de lutte contre le cancer doivent devenir de véritables plateformes de diagnostic et de coordination des soins et de recherche en cancérologie dans chaque région où ils sont implantés », explique à Health & Tech Intelligence le Pr Patrice Viens, président d’Unicancer.

    Réussir le virage numérique en cancérologie est ainsi l’un des enjeux clé pour faire avancer la santé numérique. Transformations, nouveaux usages et parcours de soins ville-hôpital seront au cœur des discussions des Rencontres nationales de la santé numérique, qui se tiendront le 2 avril 2019 à Paris. L’événement est organisé dans le cadre de la campagne #FASN sur le thème de la cancérologie à l’ère du numérique, en partenariat avec Unicancer, afin d’accompagner la transformation numérique et organisationnelle de l’offre de soins.

    Le programme de ces 36 heures chrono mettra en lumière les retours d’expériences d’acteurs de santé sur les grands programmes et expérimentations déployés au sein des établissements de santé et sur les nouvelles formes de coordination mises en place pour les professionnels impliqués dans la prise en charge des patients atteints d’un cancer.

    Comment Unicancer accompagne ce mouvement de la santé numérique ?

    Réunis au sein du seul réseau exclusivement dédié à la lutte contre le cancer, les 18 centres de lutte contre le cancer (CLCC) du réseau Unicancer œuvrent pour accélérer le virage numérique en cancérologie. Du big data aux objets connectés, en passant par l’intelligence artificielle (IA), ils utilisent ces nouvelles technologies dans de nombreux projets pour améliorer la prise en charge des patients, mieux comprendre les cancers et faire avancer la recherche.

    Le réseau va continuer d’œuvrer pour répondre aux défis à venir dans les prises en charge oncologiques : mieux prendre en compte les attentes et les retours des patients et continuer de garder une longueur d’avance dans la lutte contre cancer, en coordination avec l’ensemble des acteurs de santé dans les territoires. Le plan Unicancer 2019-2022 en cours de finalisation intègre dès à présent ces enjeux et place le numérique au cœur de ses orientations stratégiques avec notamment un volet consacré à l’utilisation avancée des nouvelles technologies et de l’IA.

    Comment la prise en charge des patients se transforme ?

    Les CLCC prônent l’accès à l’innovation rapide, avec des processus de diagnostic des cancers clairs, accessibles et disponibles facilement pour tous. Ils partagent les meilleures pratiques et développent la recherche, au service du patient. Notre dernière enquête montre que le citoyen a changé : il est plus exigeant, plus connecté et aussi extrêmement concerné par le cancer.

    La cancérologie française doit évoluer pour intégrer ces nouvelles attentes des patients mais aussi les progrès de la recherche, la e-santé, l’ambulatoire. L’expertise des centres de lutte contre le cancer dans ces domaines peut bénéficier à tous. Ils animent et irriguent leurs territoires respectifs, en partenariat notamment avec les CHU et les centres hospitaliers. Il est aussi de notre devoir de promouvoir l’intervention des patients à tous les niveaux de l’organisation de la prise en charge. Ils nous aideront à nous structurer et à organiser le parcours patient.

    Quels sont les impacts sur l’organisation des soins, le quotidien des professionnels de santé et celui des malades ?

    Avec l’arrivée du numérique en cancérologie, le patient ne s’organise plus en fonction du médecin, mais l’ensemble des acteurs du système de soins s’organise autour des besoins du patient. À l’heure où la prise en charge se fait de plus en plus hors les murs des établissements de santé, les CLCC doivent devenir de véritables plateformes de diagnostic et de coordination des soins et de recherche en cancérologie dans chaque région où ils sont implantés. Pour gérer cette nouvelle donne et optimiser les parcours de soin en ville, nous avons besoin d’outils innovants et de moyens financiers.

    Quels sont les freins à lever ?

    Nous sommes convaincus que le numérique fluidifiera la relation ville-hôpital et le parcours de soins, et facilitera le virage ambulatoire. Le patient est déjà ultra connecté. L’ensemble des acteurs de santé dans les territoires doit embarquer dans ce mouvement. Le gouvernement doit par ailleurs continuer ses efforts et nous donner les moyens pour accompagner la transformation du système de santé.

  • FASN Cancérologie : les points forts avec le Dr Jean François Moulin (Jim.fr)

    Interview publiée par le Journal international de médecine (Jim.fr), partenaire média de la campagne #FASN (Faire avancer la santé numérique) 2019.

    Les prochaines 36 heures chrono de la campagne « Faire avancer la santé numérique » (FASN) seront consacrées à la cancérologie et se dérouleront le mardi 2 avril 2019 à Paris. Le Dr Jean-François Moulin, oncologue à l’institut Paoli-Calmettes (Marseille), et membre du comité scientifique, revient sur les points forts de cette journée et les avancées de la santé numérique en cancérologie.

    Jim.fr : Quels sont les points forts du programme et à qui cette journée est-elle plus particulièrement destinée ?

    Dr Jean-François Moulin : Nous allons aborder à la fois des sujets généraux comme l’utilisation du numérique en oncologie avec son impact sur les métiers et les organisations, mais aussi des sujets plus « critiques » comme l’éthique des données et des algorithmes, ou encore, les débouchés potentielles de l’intelligence artificielle.

    L’ensemble des professionnels de santé, mais aussi les patients, leurs proches, ou tout simplement les citoyens qui ont envie de réfléchir et de mieux comprendre les évolutions du système de santé, sont concernés et devraient être intéressés par cette journée. Nous espérons un public le plus large possible car les débats et les échanges sont essentiels pour nous.

    Sous quel angle seront abordés les outils numériques ?

    Nous tenterons de décrypter ce que les outils numériques (NTIC pour nouvelles technologies de l’information et la communication) vont changer pour les patients, pour les professionnels de santé, pour les structures hospitalières, mais aussi pour les acteurs de ville qui s’intégreront, nous l’espérons, beaucoup plus facilement dans le parcours de soins, jusque là, très « hospitalo-centré » en oncologie.

    Nous parlerons des outils numériques permettant l’auto surveillance, l’acquisition et le partage de nouvelles connaissances pour les patients, une plus grande autonomie des patients…

    Nous traiterons aussi du recueil et de l’analyse des PROMs [Patient Reported Outcome Measures], de l’apport de l’intelligence artificielle dans la décision ou la médecine personnalisée, ainsi que des questions de responsabilité. Enfin, la gestion des évènements extra-hospitaliers (impact sur le temps de travail notamment) et les nouveaux métiers comme les infirmiers de pratique avancée (IPA) feront également l’objet de présentations spécifiques.

    Comment va évoluer la relation patient/soignant ?

    La relation patient/soignant sera abordée par le prisme de « l’emotional computing », la capacité qu’ont de plus en plus de machines à analyser les émotions à travers la communication verbale et non verbale. Les machines pourraient nous aider dans un domaine qui semble encore pour le moment exclusivement réservé aux humains.

    L’outil numérique en soi devrait aussi modifier nos liens. Les sciences humaines s’intéressent à ces questions pour apporter du progrès sans détruire justement cette relation patient/soignant. Il ne faut pas laisser la porte ouverte à une médecine à deux vitesses, discriminatoire, à l’origine d’une marchandisation non contrôlée des actes médicaux de diagnostic et de prise en charge.

    Le débat sociétal sur l’éthique des données et des algorithmes doit sortir des sphères intellectuelles privilégiées et être expliqué au plus grand nombre. Nous sommes tous, en tant que citoyen, responsable de ces questions, à condition de les comprendre. Nous aborderons donc aussi les questions éthiques de protection des données de santé, de la notion de consentement, de confiance, de transparence des algorithmes ou des robots et de la nécessaire co-évolution homme/machine pour construire le système de santé que NOUS voulons. Enfin, entre mythes et craintes, nous présenterons des exemples d’outils d’intelligence artificielle qui peuvent apporter de réels bénéfices en santé, à condition de respecter les règles éthiques et scientifiques minimales.

    Quels exemples de transformations engendrées par le numérique dans le suivi des patients en cancérologie et les applications à venir ?

    Les applications numériques de suivi des patients à domicile sont en pleine expansion et le plus souvent facile à mettre en œuvre. Ces applications peuvent envoyer aux patients des questionnaires, des informations sur l’examen ou l’intervention à venir, des comptes rendus de son dossier médical, etc. Le patient peut aussi envoyer à son équipe de soins des photos, poser des questions, être impliqué dans son parcours.

    Ces nouveaux outils numériques vont transformer en profondeur nos organisations qui doivent se structurer pour répondre aux sollicitations des patients. Les rapports avec les patients changent. En devenant acteurs de leur prise en charge, ils se rapprochent de nous, soignants. Les patients doivent cependant « être connectés » avec un smartphone, une tablette ou un ordinateur. C’est un secteur en plein développement et des objets connectés vont bientôt être disponibles pour évaluer l’activité physique, détecter certaines fragilités, en particulier chez les sujets âgées. Nous devrons être capables de recevoir ces informations, mais aussi de les prendre en charge.

    Nous nous dirigeons vers une médecine plus préventive, au plus près des symptômes réels du patient. Les données recueillies sur les réseaux sociaux, aujourd’hui utilisées par les GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) – BATX (géants du Web chinois) pourraient servir utilement la médecine et la santé publique à condition de respecter les règles éthiques nécessaires à la protection de l’individu.

    Quelles avancées du numérique dans le diagnostic et le traitement en oncologie ?

    Les algorithmes décisionnels d’aide à la décision ou d’aide au diagnostic ne sont pas encore « généralistes » et répondent actuellement à des questions spécifiques. Mais nous pouvons imaginer que, très vite, le traitement des images (radiologie, anatomopathologie, génétiques) aidera au diagnostic et à définir des critères pronostiques plus fins.

    À titre d’exemple, nous pouvons citer l’aide au diagnostic des cancers cutanés, des lésions hépatiques en IRM, l’aide à l’évaluation de la réponse tumorale en cas de cancer du poumon, ou encore la corrélation entre l’analyse histologique d’un cancer pulmonaire et la prédiction de mutations ciblées par des médicaments.

    La chirurgie n’est pas en reste avec les images virtuelles pré-opératoires en 3D et la simulation de l’acte chirurgical, la chirurgie guidée par la 3D, les robots de nouvelles générations….

  • FASN Cancérologie : La direction Data dirigée par le Dr. Livartowski à l’Institut Curie (2/04/19)

    « Nous suivons des patients sur de très longues périodes. D’où l’idée de la création d’une direction des data, pleinement opérationnelle depuis 18 mois. L’objectif est de valoriser ces données accumulé depuis des années pour la recherche et pour la santé en utilisant notamment les algorithmes de l’intelligence artificielle », explique à Health & Tech Intelligence le Dr Alain Livartowski, oncologue et chargé des programmes de e-santé à la direction des Data de l’Institut Curie, à Paris. Il est membre du comité scientifique des Rencontres Nationales de la Santé Numérique, qui se tiennent le 2 avril 2019, à Paris.

    L’événement est organisé dans le cadre de la campagne #FASN sur le thème de la cancérologie à l’ère du numérique, en partenariat avec Unicancer, afin d’accompagner la transformation numérique et organisationnelle de l’offre de soins. Le programme de ces 36 heures chrono mettra en lumière les retours d’expériences d’acteurs de santé sur les grands programmes et expérimentations déployés au sein des établissements de santé et sur les nouvelles formes de coordination mises en place pour les professionnels impliqués dans la prise en charge des patients atteints d’un cancer.

    En quoi, l’Institut Curie a été pionnier dans le développement de la santé numérique ?

    L’Institut Curie a eu un projet d’hôpital numérique dès la fin des années 90 et nous étions totalement informatisé au début des années 2000. Nous avons, à ce moment-là, décidé d’abandonner complètement les dossiers papiers. Nous avons numérisé tous nos documents en 2007 et arrêté d’utiliser les films radiologiques.

    En 20 ans, nous avons accumulé un nombre considérable de données, comptes rendus, images et autres données. Elles sont constitués pour optimiser les soins. Cependant, nous avons aussi réfléchi à comment pouvoir utiliser ces données pour la recherche clinique, fondamentale et transnationale. Nous suivons des patients sur de très longues périodes. D’où l’idée de la création d’une direction des data, pleinement opérationnelle depuis 18 mois. L’objectif est de valoriser ces données accumulé depuis des années pour la recherche et pour la santé en utilisant notamment les algorithmes de l’intelligence artificielle.

    Il s’agit de la dynamique qui a abouti à la création de MyCurie ?

    En effet. L’intérêt d’être totalement numérique, et de développer des projets de e-santé est de s’ouvrir vers l’extérieur avec la messagerie sécurisée de santé, le DMP. Le partage s’effectue entre professionnels mais aussi avec les patients, qui sont de plus en plus hors les murs. D’où l’idée de l’application MyCurie pour que les patients puissent recevoir l’information complète les concernant.

    Une première partie d’outils pratiques donne accès aux rendez-vous, aux comptes rendus. Les patients sont très demandeurs, pas tant pour les consulter tous les jours, mais d’être sécurisés. L’autre possibilité très appréciée est de pouvoir communiquer avec les médecins. C’est encore assez nouveau et cela entraîne deux implications pratiques : une modification de l’organisation, notamment pour répondre aux patients quand le médecin n’est pas là, et une réflexion sur le modèle économique.

    Les informations récoltées en vie réelle par les patients alimentent leur dossier mais aussi la recherche, avec leur accord bien sûr. Le projet d’intelligence artificielle pour identifier des risques prédisposant aux thromboses chez les patients, annoncé en février 2019, est également un exemple de la dynamique volontariste de mettre la santé numérique au service du patient.

    Justement comment la e-santé change-t-elle la prise en charge des patients ?

    Le numérique devient un outil indispensable. Nous ne pouvons plus admettre de gérer la relation avec le patient uniquement par téléphone. Les patients eux-mêmes ne comprennent pas qu’un hôpital ne soit pas 100 % numérique. Ils veulent communiquer par les moyens modernes et numériques.

    Il est encore tôt pour voir un changement radical dans la prise en charge des patients. Nous avons plus de 5000 patients qui utilisent MyCurie. C’est à la fois beaucoup et peu. Souvent, les applications sont utilisées par quelques centaines de patients. Mais, sachant que nous avons entre 200 et 300 nouveaux patients par mois, nous sommes loin de notre objectif de 50 % des patients connectés.

    Les professionnels adhérent-ils à totalement à cette évolution ?

    Je ne conçois pas aujourd’hui un hôpital qui ne devienne pas 100 % numérique malgré la contrainte d’avoir à la fois un dossier papier et un dossier numérique, dans une phase transitoire. La prescription doit être totalement numérique, ainsi que le suivi du circuit des chimiothérapies, des médicaments, des examens, notamment d’imagerie. L’objectif est d’avoir un suivi complet du circuit du patient.

    Actuellement, personne ne reviendrait en arrière. En 2004, au démarrage, il a fallu échanger avec les équipes, les accompagner dans ce changement mais aujourd’hui, ils sont convaincus.

    Au point d’être moteur dans le développement et le déploiement ?

    Au démarrage du développement de l’application par exemple, quand il s’agissait d’information allant de l’hôpital vers le patient, ils n’étaient pas opposés mais ne se mobilisait pas beaucoup. Dans l’autre sens, pour l’information transmise par le patient, à gérer, analyser, intégrer dans les dossiers… les médecins se sentent plus concernés et sont très partie prenante. Ils ont été moteurs dans le changement d’organisation de pratiques pour répondre à cette nouvelle approche de la relation aux patients.

    Les patients sont-ils plus impliqués ?

    Tout à fait. Nous nous sommes beaucoup appuyés sur les patients eux-mêmes pour savoir identifier leurs besoins, leurs souhaits, notamment via des enquêtes. Plus que les associations de patients, je m’appuie sur les patients suivis actuellement, dans mon service, pour être au plus près de leurs problématiques. Nous avons diffusé aussi des enquêtes.

    Pour MyCurie, nous avons d’abord demandé aux médecins de proposer l’application aux patients. Cela a démarré timidement. Puis, quand nous nous sommes débrouillés pour que les patients accèdent directement à l’application, sans passer par les médecins, nous avons eu 5 000 téléchargements en un an.

    Quels sont les freins à lever ?

    L’investissement en informatique coûte cher et pas seulement en matériel. Le volet fonctionnement d’un tel système, avec la mobilisation des médecins, soignants et administratifs n’est pas négligeable. Une organisation est à mettre en place alors que l’acte de télésurveillance n’existe pas. C’est un frein majeur. Quand, après la consultation, j’échange avec un patient par mail, ce n’est pas à côté de lui. Tant que cela arrive de temps en temps, il n’y pas de problème mais cette pratique se multiplie.

    Outre la dimension économique, nous sommes face aux freins habituels de changements des organisations et des pratiques. Certains sont très tournés vers ces nouveautés. Nous avons une grande base de personnes prêtes à changer mais qui ne sont pas forcément moteurs et une partie, de plus en plus restreinte, est plus à la traîne. Nous sommes en train de changer d’organisation hospitalière, de modèle de parcours de soin. Cela va se faire avec le temps.

    Certains patients également sont réfractaires à ce système. Nous devons le respecter en gérant les deux systèmes en parallèle.

    Vous restez optimiste ?

    Je suis optimiste car je suis dans un hôpital tourné vers l’innovation. J’ai été soutenu par ma direction qui m’a donné du temps, une équipe. Je pense que la santé numérique peut améliorer l’organisation, donner plus d’efficience. Pour que cela fonctionne à grande échelle, il faut rapidement lever les freins et trouver le modèle économique efficace.

  • Grand Est : l’application Entr’actes déployée dans le Bas-Rhin pour désengorger les urgences

    L’URPS Médecins libéraux Grand Est et l’ARS Grand Est lancent « Un médecin 116 117 », un dispositif expérimental de prise en charge des soins non programmés par la médecine de ville, visant à désengorger les urgences.
    Le service, mis en place en mars 2019, repose sur Entr’actes, une application pour téléphone mobile disponible sur Apple Store ou Play Store dédiée aux professionnels de santé, qui a été développée en 2016 par la société Medi’Call Concept.

    Le patient peut appeler en cas d’urgence – et de non-disponibilité de son médecin traitant – le numéro gratuit 116 117, entre 8h et 20h du lundi au vendredi. Au bout du fil, un médecin régulateur libéral évalue l’urgence et établit un pré-diagnostic.

    Si une consultation est nécessaire, l’application Entr’actes lui permet d’adresser une notification aux médecins du secteur abonnés au dispositif et qui se sont déclarés disponibles. La consultation a lieu au cabinet du médecin ou au domicile du patient. Le médecin traitant du patient, s’il est abonné, est informé du diagnostic, des prescriptions et des examens demandés par ses confrères.

    Les médecins volontaires bénéficient d’un dispositif incitatif : un intéressement de 13 euros pour chaque acte versé en fin de mois, auquel s’ajoutent 2 euros versés en fin d’année. Le dispositif a été intégralement financé par l’Agence régionale de santé, pour environ 750 000 euros.

    « On a des urgences qui sont en très grande difficulté notamment dans la période hivernale, a déclaré Christophe Lannelongue, directeur général de l’ARS Grand Est à Europe 1 . Or, 40 % des personnes qui vont aux urgences ne devraient pas s’y rendre. La plupart du temps, elles n’ont besoin que d’un conseil. »

  • Rapport 2018 permanence des soins ambulatoires : de nombreux changements organisationnels (Cnom)

    5 des 7 nouvelles régions (Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche Comté, Nouvelle Aquitaine, Normandie, Hauts-de-France) ont revu leur cahier des charges de la permanence des soins (PDS) en 2018 pour parvenir à un document unique, relève entre autres Le Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom) dans sa 16e enquête annuelle sur la permanence des soins ambulatoires (PDSA), menée auprès des Conseils départementaux de l’Ordre des médecins (CDOM).
    Le Cnom précise que 60 % des départements ont par ailleurs connu des changements dans l’organisation de la PDS. Ces évolutions sont notamment liées à l’harmonisation plus ou moins importante des organisations au sein des nouvelles régions, est-il précisé dans le rapport, publié le 25 mars 2019.

    Autre point majeur mis en avant par le conseil d’un point de vue organisationnel : le nombre de secteurs de PDS a continué de diminuer pour toutes les plages horaires, passant de 1 579 à 1 442 en soirées, de 1 644 à 1 485 en weekends et jours fériés, et de 423 à 387 en nuits profondes. Cela correspond parfois aux besoins observés, 6 % seulement des actes de PDSA étant réalisés en nuit profonde, indique la Cnam.
    Certains CDOM :
    • dénoncent une réduction jugée injustifiée du nombre de territoires, déconnectée des besoins réels constatés, notamment dans les départements des Alpes-Maritimes, des Bouches du Rhône, du Pas-de-Calais et de la Charente-Maritime. « Il est possible de penser que lorsque la re-sectorisation ne résulte pas d’une baisse de l’activité constatée, elle relève d’une recherche d’efficience financière souhaitée par certaines ARS grâce à la suppression de lignes de gardes », note le Cnom.
    • craignent une réduction du volontariat et l’apparition de « zones blanches », territoires sans médecins de garde où les demandes de soins non-programmés sont adressées par défaut au Samu ou au service des urgences. Cette crainte est liée à la fusion des territoires, qui « entraîne une hausse des distances à parcourir pour les médecins et/ou les patients et davantage de demandes de soins non-programmés à prendre en charge pour le médecin qui assure la garde », explique le Conseil national de l’Ordre des médecins.

    Le taux de participation des MG à la PDSA est variable d’un département à l’autre

    • Les médecins participant à la permanence des soins ambulatoires (PDSA) comme effecteurs ont réalisé en moyenne 31 gardes sur l’ensemble de l’année 2018.
    • la PDSA est assurée en majorité par des médecins généralistes libéraux exerçant en cabinet :
      • au cours de l’année 2018, ils représentaient 93 % des médecins participant à la PDSA ;
      • les médecins remplaçants exclusifs participant à la PDSA représentaient une part de 5 % ;
      • les médecins salariés une part de 1 %.
    • le taux de participation des médecins généralistes en 2018 variait de manière importante d’un département à l’autre, allant de moins de 10 % pour certains à 100 % pour d’autres :
      • entre 2017 et 2018, 19 % des départements, dont la Corrèze, l’Indre et le Jura, ont connu une hausse de leur taux de participation ;
      • pour les autres départements, il est resté majoritairement stable (36 %) ou a diminué (32 %).
    • La baisse du taux de participation peut être due à des facteurs conjoncturels liés à la démographie médicale et à des facteurs structurels tenant à l’organisation de la PDSA. La tendance à la réduction du nombre de territoires de garde peut entraîner une baisse du nombre de médecins y participant, comme cela a été observé en Indre-et-Loire.
    • Dans certains secteurs de garde, la démographie est assez fragile :
      • 36 % des secteurs de garde sont actuellement couverts par moins de 10 médecins volontaires ;
      • 18 % le sont par moins de 5 médecins volontaires.

    CDOM : leur perception et leurs propositions pour améliorer la situation

    62 % des CDOM considèrent que la PDS fonctionne bien

    En 2018 :

    • 62 % des CDOM considèrent que la PDS fonctionne bien dans leur département ;
    • 16% estiment que la qualité du fonctionnement est mitigée et fragile.

    Principaux problèmes mis en avant par les CDOM pour justifier cette fragilité :

    • la démographie médicale ;
    • l’existence de « zones blanches » au sein du département en raison d’un manque de médecins ;
    • les difficultés liées à l’organisation, dont la réduction « injustifiée » du nombre de territoires, entraînant la mise en place de secteurs de gardes qui mettent à mal les médecins volontaires et rendent plus difficile l’accès aux soins.

    Pour améliorer la situation, les CDOM proposent plusieurs pistes d’amélioration :

    • mise en place de mesures financières incitatives, comme l’élargissement de la défiscalisation à tous les territoires ;
    • renforcement de la participation des étudiants, thésards et médecins salariés à la PDSA ;
    • développement des points fixes de consultation avec mise à disposition de transports dédiés pour que les patients non-mobilisables puissent s’y rendre ;
    • restructuration des secteurs de garde pour une organisation centrée sur une mise en cohérence de la PDSA et des besoins constatés ;
    • actions de communication auprès du grand public pour une meilleures utilisation du système ;
    • mis en œuvre d’une communication institutionnelle à visée incitatives auprès des médecins libéraux.

    68 % des médecins généralistes estiment que la PDSA fonctionnent bien

    Afin de compléter son enquête réalisée auprès des CDOM, le Conseil national de l’Ordre des médecins a questionné les médecins généralistes, en partenariat avec l’institut Elabe, sur les motivations et les freins à la participation à la permanence des soins.

    4 973 médecins généralistes en activité régulière, retraités actifs ou remplaçants ont été interrogés.

    • 68 % des médecins généralistes sondés estiment que la PDSA fonctionnent bien ;
    • 36 % déclarent cependant que la situation se détériore selon eux ;
    • tandis que 21 % indiquent que la situation dans leur département ne change pas ;
    • et 14 % qu’elle s’améliore.

    Les facteurs encourageant et freinant la participation

    Facteurs encourageant la participation :

    • le sens du devoir (76 %) ;
    • la solidarité avec les autres médecins de leur secteur (75 %) ;
    • les motivations financières (53 %) : plus importants pour les médecins de moins de 40 ans et les remplaçants, chez qui ce facteur atteint quasiment le même niveau que le sens du devoir et la solidarité avec les autres médecins.

    Facteurs freinant la participation :

    • emploi du temps professionnel déjà chargé (81 %) ;
    • fatigue liée aux gardes (68 %) ;
    • difficulté de concilier garde et vie de famille, une raison davantage citée (84 %) par les moins de 40 ans, les remplaçants et les femmes.

    En outre, 68 % des médecins assurant des gardes estiment être bien informés sur la PDS mais cette proportion est plus faible du côté des jeunes médecins : 55 % des moins de 30 ans et 46 % des 30-40 ans indiquent être mal informés sur le fonctionnement de la PDS.

    De plus, seuls 53 % des médecins sondés déclarent avoir entendu parler de la PDS pour la première fois au cours de leur formation. Or, le taux de participation à la PDS est supérieur à 10 points chez les médecins informés dès les années de formation.

    Le vécu des médecins insuffisamment pris en compte dans l’organisation de la PDS

    • 56% des médecins assurant des gardes estiment que l’opinion et le vécu des médecins sont insuffisamment pris en compte dans l’organisation de la permanence des soins dans leur département.
    • La proximité décisionnelle est plébiscitée : 60% des médecins interrogés estiment que les modalités d’organisation de la permanence des soins doivent être décidées au niveau du secteur de garde, contre :
      • 21 % pour le niveau départemental ;
      • et 2% pour le niveau régional.

    Les propositions de l’Ordre des médecins bien perçues

    Plusieurs propositions de l’Ordre des médecins pour améliorer le fonctionnement de la PDS explorées dans l’étude sont accueillies très favorablement :

    • 75 % des répondants estiment efficaces le fait de défiscaliser les revenus issus des gardes pour l’ensemble des secteurs de la PDS ainsi que le fait de mener une campagne de communication envers les patients sur l’existence et le fonctionnement des gardes ;
    • 74 % des sondés jugent de même pour la suggestion de placer des maisons médicales de garde à proximité des urgences pour gérer le flux des patients ;
    • 65 % des médecins estiment également que créer davantage de points fixes de permanence de soins (type maison médicale de garde) assortis d’un un système de transport dédié pour l’accès aux lieux fixes de consultation quand cela est nécessaire pour le patient seraient efficaces ;
    • 56 % des médecins déclarent qu’améliorer la sensibilisation des médecins à la permanence des soins lors de la formation le serait également.
  • La Fnehad et SFTélémed veulent faire progresser la télémédecine dans l’hospitalisation à domicile

    La Fédération nationale des établissements d’hospitalisation à domicile (Fnehad) et la Société française de télémédecine (SFTéléméd) ont conclu une convention de partenariat avec l’objectif de faire progresser la télémédecine et l’e-santé dans les HAD (établissements d’hospitalisation à domicile).

    L’accord conclu prévoit de constituer un groupe de travail commun pour « définir précisément les usages et modalités de la télémédecine en HAD ». Les deux parties prenantes entendent également coopérer pour « soutenir l’émergence de projets de télémédecine en HAD ». Sont également prévues des séances de formation sur la télémédecine à destination des établissements adhérents à la Fnehad.

    La SFTéléméd et la Fnehad prévoient de se rencontrer « au moins deux fois par an » pour faire le point sur les travaux, établir un bilan du partenariat en cours et convenir des nouveaux axes de travail à explorer. 

    « Cette coopération doit permettre à nos établissements de passer un nouveau cap dans le numérique en santé », estime Élisabeth Hubert, présidente de la Fnehad. Selon elle, l’HAD,« présente sur l’ensemble du territoire – y compris les régions les plus isolées »,  « structurée comme un établissement de santé mais intervenant au domicile », « constitue un terrain d’application formidable pour la télémédecine et l’e-santé ».

    Nathalie Salles, présidente de la SFTéléméd rappelle le précédent que constitue la création d’un « pôle d’excellence en formation en santé numérique » par FormaticSanté: cette association que préside depuis 2018 Lydie Canipel, la secrétaire générale de SFTélémed, promeut l’enrichissement des pratiques de soins par l’utilisation des nouvelles technologies.

  • L’URPS Médecins libéraux Île-de-France lance un accélérateur de medtech géré par des praticiens

    L’URPS (Union régionale des professionnels de santé) Médecins libéraux Ile-de-France, lance, dans le cadre de son Lab’Urps et en partenariat avec Bpifrance et le pôle de compétitivité Medicen un programme d’accélération baptisé le « Club des médecins beta-testeurs ». Cette initiative est lancée par la commission « Pratiques libérales et nouvelles technologies » de l’URPS et via le fonds Patient Autonome de bpifrance.

    L’objectif est de placer les médecins libéraux au coeur du processus d’amélioration technologique de leurs outils de travail: en testant des produits innovants arrivant sur le marché de la e-santé, ils aideront à les faire correspondre à leur pratique quotidienne et à leurs attentes. Il s’agit également de lever la réticence de certains médecins devant l’usage des nouvelles technologies.

    Agenda du « Club des médecins bêta-testeurs »

    Un appel à candidature a été lancé le 20 mars 2019, visant les jeunes entreprises françaises du secteur, dans trois thématiques :

    – Intelligence artificielle (aide au diagnostic, aide à la prise de décision, etc) ;

    – Lien médecin-patient et entre médecins (éducation thérapeutique, suivi post-opératoire) ;

    – Objets connectés au sein du cabinet médical. 

    Six entreprises seront sélectionnées (deux dans chaque domaine) d’ici fin avril 2019 par un comité représentant les 3 partenaires à l’origine du Club.  

    Une phase de test s’écoulant de mai à juillet verra les solutions mises à l’épreuve auprès de médecins libéraux volontaires : ceux-ci adresseront des retours réguliers aux start-ups afin d’optimiser la pertinence produit/usage.  

  • Loi de réforme du système de santé : la CSMF agite la menace d’un « conflit frontal et dur »

    Le Dr Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF, a donné le 20 mars 2019 une conférence de presse pour faire  le point sur  trois sujets touchant l’exercice de la médecine libérale :

     ‐ la négociation en vue d’un éventuel avenant conventionnel pour la mise en place des assistants médicaux
     ‐ la négociation d’un accord conventionnel interprofessionnel visant à favoriser l’émergence et le financement des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS)
     ‐ la loi en discussion à l’Assemblée Nationale, portant sur « l’organisation et la transformation du système de santé »

    Assistants médicaux et CPTS

    Pour la mise en place des postes d’assistant médical Jean-Paul Ortiz affirme préférer une « revalorisation significative de l’acte médical » plutôt qu’un « accompagnement forfaitaire ». Selon lui le modèle qui doit s’imposer est celui « d’un assistant médical par médecin » car c’est le modèle en vigueur dans les autres pays européens.

    Il estime que l’appartenance à une CPTS « ne peut pas devenir obligatoire » et refuse que soient baissées certaines parties des honoraires du médecin s’il n’appartient pas à une CPTS. Il affirme que si les missions des CPTS étaient définies par la loi, la CSMF quitterait les négociations conventionnelles, «puisqu’elles deviendraient inutiles ».

    Projet de loi de réforme du système de santé

    Après examen du texte issu de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale portant sur la réforme du système de santé, la CSMF s’inquiète des « dispositions multiples » ajoutées en commission, signes d’une « frénésie réglementaire » qui « met à bas le dialogue conventionnel »,  ainsi que des « nombreux renvois à des ordonnances », estimant qu’ils reviennent à « donner un chèque en blanc au gouvernement ».

    Le syndicat de médecins fait part de ses inquiétudes concernant notamment les « projets territoriaux de santé » qui pourrait faire des praticiens « les supplétifs d’un hôpital public qui va mal ». Il dénonce également le projet d’autoriser les pharmaciens à prescrire des médicaments, jugeant que « le métier de médecin ne peut être démantelé ».

    Jean-Paul Ortiz avertit que si les dispositions qu’il fustige étaient maintenues lors de l’examen du projet de loi en séance plénière, la CSMF « quitterait la table des négociations conventionnelles », et « appellerait les médecins libéraux à rentrer dans un conflit frontal et dur avec le pouvoir politique ».

  • H&TI Morning : décrypter la feuille de route numérique du NHS dans le Long Term Plan (28/03/19)

    Health & Tech Intelligence et le think tank Le Cercle Numérique et Santé recevront le 28 mars 2019 le Dr Harpreet Sood, directeur de l’information médicale du NHS (UK) aux côtés de Véronique Roger, présidente du think tank et directrice du centre de science of health care delivery de la Mayo Clinic (USA).

    Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des travaux 2019 du Cercle Numérique et Santé et s’adresse aux abonnés de H&T Intelligence ainsi qu’aux membres du Cercle.

    La matinale se déroulera de 10h30 à 12h au 103 rue de Grenelle, 75007 Paris, selon le programme suivant :
    • 10h30 – accueil et introduction de la présidente du Cercle, Véronique Roger
    • 10h40 – 10h45 : France /UK : analyse croisée des stratégies digitales : Cécile Lagardère, associée Care Insight ;
    • 10h45 – 11h10 : présentation du Long Term Plan du NHS et de sa feuille de route numérique : Dr Harpreet Sood, NHS.

    La présentation sera suivie d’un débat sur 3 questions clés :
    – data et intelligence artificielle : quelle est la stratégie du NHS ?  : Bernard Hamelin, vice-président head of evidence generation, Sanofi ;
    – outcome et expérience patient : une réalité en Grande Bretagne ? Dr Philippe Presles, Directeur R&D santé –  AXA France ;
    – Formation et transformation des métiers : comment le NHS engage-t-il les professionnels ?

    Ces échanges seront suivis de  questions/réponses avec la salle.

    L’accès est libre sur inscription auprès de Care Insight : Azeline.martino@care-insight.fr.