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  • IA générative : des chercheurs conçoivent 16 bactériophages fonctionnels avec Evo 2, la biosécurité peine à suivre

    Pourquoi cela compte :
    La capacité technique a nettement progressé, la gouvernance beaucoup moins, et Evo 2 est déjà diffusé en open source, rendant tout contrôle a posteriori difficile. Un cas concret qui rend urgent un débat jusqu’ici largement théorique.

    Source : Science, vol. 393, n° 6811, 6 août 2026 · fiabilité : publication à comité de lecture · DOI : 10.1126/science.aej851

    L’intelligence artificielle est déjà utilisée pour générer des protéines, des complexes protéiques ou de courtes portions de génomes. Une étape supplémentaire vient d’être franchie avec la conception de génomes viraux complets et fonctionnels, capables de se répliquer et d’exercer de nouvelles fonctions dans des cellules. 

    Dans un commentaire publié le 6 août 2026 dans Science, Thomas V. Inglesby et Moritz S. Hanke analysent les implications de travaux présentés dans le même numéro par King et al.. Selon eux, la capacité à composer des génomes viraux à l’aide de l’IA générative existe désormais, alors que les dispositifs de gouvernance permettant d’en encadrer l’usage restent à construire. 

    Evo 2 écrit des séquences d’ADN sur le modèle d’un LLM 

    Les travaux reposent sur Evo 2, un programme d’intelligence artificielle développé notamment par l’Arc Institute. Son fonctionnement est rapproché de celui des grands modèles de langage : là où un LLM construit une phrase en prédisant la suite d’une séquence de mots, Evo 2 génère des séquences d’ADN à partir des éléments qui les précèdent. 

    La conception d’un génome complet représente un changement d’échelle par rapport à la génération de fragments génétiques. Elle suppose de prendre en compte l’architecture du génome dans son ensemble, notamment les interactions et chevauchements entre les séquences codant ses différents produits. 

    Les chercheurs indiquent avoir utilisé ce modèle pour concevoir 16 bactériophages synthétiques, des virus qui infectent les bactéries et qui ne présentent pas de danger pour l’être humain. 

    Testés en laboratoire sécurisé, ces bactériophages ont été capables d’infecter Escherichia coli. Selon les éléments rapportés, ils se sont montrés plus efficaces contre cette bactérie que leur modèle naturel et ont réussi à contourner les défenses de trois souches devenues résistantes. 

    Une piste pour développer de nouvelles approches contre les bactéries résistantes 

    Ces résultats ouvrent des perspectives en biologie synthétique et dans la recherche thérapeutique, notamment dans un contexte d’augmentation de l’antibiorésistance. 

    La possibilité de concevoir de nouveaux bactériophages pourrait contribuer au développement de traitements visant des bactéries devenues résistantes aux antibiotiques. Plus largement, les auteurs évoquent la possibilité d’utiliser ce type d’approche pour concevoir de nouveaux génomes et, à terme, d’étendre ces méthodes à des organismes plus complexes. 

    Issu de travaux universitaires, Evo 2 est distribué en logiciel libre afin de permettre à d’autres équipes de recherche de l’utiliser et de développer de nouvelles applications. 

    Biosécurité : une capacité technique désormais en avance sur sa gouvernance 

    Cette ouverture soulève une question de biosécurité. Dans leur commentaire publié dans Science, Thomas V. Inglesby et Moritz S. Hanke insistent sur le décalage entre la capacité technique désormais démontrée et les mécanismes destinés à en prévenir les usages dangereux. 

    La possibilité de générer un génome viral complet ne se limite en effet pas aux bactériophages. Une telle technologie pourrait, si ses capacités progressaient ou étaient détournées, être utilisée pour concevoir des agents présentant des caractéristiques indésirables ou pathogènes. 

    Les auteurs estiment ainsi que cette avancée pose des questions immédiates de biosûreté et de biosécurité. Leur constat est résumé en une formule : la capacité à composer des génomes viraux avec l’IA générative existe, mais « la gouvernance permettant de l’orienter en toute sécurité n’existe pas encore ». 

    AI-designed viral genomes. The generation of functional viral genomes has urgent biosafety and biosecurity implications. Thomas V. Inglesby, Moritz S. Hanke 

    Science, 6 août 2026, vol. 393, n° 6811, pp. 563-564. 

    DOI : 10.1126/science.aej851 

  • Dispositifs médicaux à l’IA : la FDA fait un pas de plus vers la précision réglementaire en ciblant les LLM

    La Food and Drug Administration (FDA) veut faire évoluer sa liste des dispositifs médicaux intégrant de l’intelligence artificielle autorisés aux États-Unis. Au 30 mars 2026, 1 524 dispositifs utilisant de l’IA et/ou du machine learning avaient été autorisés depuis 1995.

    Ces produits peuvent avoir obtenu une autorisation 510(k), une classification « de novo » pour certains dispositifs innovants à risque faible ou modéré, ou une autorisation de mise sur le marché pour les produits présentant un risque élevé.

    La FDA reconnaît que sa liste reste incomplète. Elle repose principalement sur la présence de termes relatifs à l’IA dans les résumés publics d’autorisation et les classifications des dispositifs. Certains produits ont ainsi été ajoutés après leur autorisation, une fois leur recours à l’IA identifié.

    L’agence prévoit désormais d’explorer des méthodes permettant de signaler plus précisément les dispositifs utilisant des modèles de fondation, des grands modèles de langage (LLM) ou des architectures multimodales. Elle encourage parallèlement les fabricants à mentionner ces fonctionnalités dans leurs résumés publics.

    Cette granularité est importante, car les enjeux de fiabilité, d’explicabilité et de dérive de comportement diffèrent sensiblement entre un modèle de classification d’image classique et un modèle de fondation généraliste adapté à un usage médical.

    Sans instaurer à ce stade de procédure d’autorisation propre aux LLM, la FDA envoie ainsi un signal aux fabricants sur la documentation attendue. Pour les professionnels de santé et les patients, cette identification pourrait aussi rendre plus visible l’intervention de modèles génératifs dans les dispositifs médicaux.

    La FDA mise donc sur une incitation à la divulgation dans les résumés publics. C’est une approche réglementaire relativement légère, qui pourrait annoncer une étape intermédiaire avant un cadre plus contraignant, à mesure que le nombre de dispositifs à base de LLM augmentera. Cette évolution vers une identification plus fine des LLM pourrait inspirer des initiatives similaires en Europe.

    La FDA prévoit de continuer à actualiser périodiquement cette liste.

  • Article 51 : 166 expérimentations autorisées en huit ans, dont 33 engagées vers le droit commun

    Créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018, l’Article 51 permet aux professionnels, établissements, associations, patients ou acteurs territoriaux de tester des organisations et des modes de financement dérogeant temporairement aux règles existantes.

    Huit ans après sa création, le dispositif entre dans une nouvelle phase. Sur les 1 339 projets déposés, 166 expérimentations ont été autorisées et 114 sont terminées. L’enjeu n’est désormais plus seulement de tester de nouvelles organisations localement, mais d’identifier celles qui peuvent être intégrées durablement au système de santé.

    De l’expérimentation à la politique publique

    Cette évolution se traduit par le passage de plusieurs dispositifs vers le droit commun. Au moment du bilan 2026, 33 expérimentations étaient déjà entrées en période transitoire.

    Domoplaies (dispositif de coordination pour la prise en charge des plaies chroniques ou complexes) montre cette trajectoire. Après plusieurs années d’expérimentation et une évaluation positive, le projet a reçu un avis favorable à sa transposition dans le droit commun.

    L’Article 51 devient progressivement une voie permettant à de nouvelles organisations de soins, de coordination ou de financement testées sur le terrain d’influencer les règles nationales.

    Le dispositif agit également sur les coopérations entre acteurs. Les ARS et l’Assurance Maladie accompagnent les porteurs dans la construction et le déploiement des projets, tandis que l’« Accélérateur 51 » organise ateliers et communautés de pratiques. AKO@dom-PICTO réunit par exemple un hôpital, une association de patients, des acteurs régionaux et une start-up autour d’une gouvernance commune.

    Un accès au dispositif qui reste sélectif

    Cette montée en puissance soulève néanmoins la question de l’accès à l’expérimentation. Seuls 12 % des projets déposés ont obtenu une autorisation, tandis que plus de la moitié des expérimentations sont portées par des groupements d’acteurs ou des établissements de santé.

    Certains porteurs apparaissent par ailleurs dans plusieurs expérimentations, comme IPSO Santé, PACO ou IatroPrev. Cette récurrence peut témoigner de l’expérience acquise, mais elle interroge aussi la capacité des structures moins établies à intégrer un dispositif dont les projets peuvent désormais contribuer à faire évoluer le droit commun.

    À mesure que l’Article 51 passe de l’expérimentation à la transformation du système de santé, la question n’est donc plus seulement de savoir quelles innovations fonctionnent, mais aussi quels acteurs ont la possibilité de les expérimenter et, à terme, d’influencer les politiques publiques.

    Rapport au parlement 2026 sur les expérimentations innovantes en santé : Article 51 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2018

  • Ségur Vague 2 : Docaposte Santé fait référencer ses deux DPI

    Retrouvez l’analyse complète du paysage des dossiers patients informatisés dans notre étude : Panorama des DPI en France.

    Docaposte Santé a obtenu le référencement Ségur Vague 2 pour ses deux dossiers patients informatisés, M-CrossWay (version 9.1.0.0) et Maincare-IC (version 10.6.3), associés au composant DMPConnect d’icanopée.

    L’intérêt de cette annonce tient moins au référencement en lui-même qu’à la couverture désormais proposée par l’éditeur. Après le référencement, en 2025, de ses solutions au titre du DSR Plateforme d’Intermédiation (PFI), Docaposte Santé dispose désormais de solutions référencées aux deux extrémités de la chaîne : le DPI utilisé par les soignants et la plateforme qui sécurise, trace et achemine les données vers Mon espace santé et MSSanté.

    Pour les établissements équipés de M-CrossWay ou Maincare-IC, cela doit permettre d’intégrer davantage les échanges dans l’environnement de travail existant, sans ajouter une succession d’outils distincts. Les professionnels peuvent notamment consulter les documents du DMP depuis le DPI, importer ceux utiles à la prise en charge, être notifiés de l’arrivée de nouveaux documents et recueillir le consentement du patient pendant son séjour.

    Ségur Vague 2 : les établissements ont jusqu’au 30 septembre 2026 pour engager leur projet DPI

    Le référencement constitue aussi un enjeu de calendrier. Les établissements souhaitant bénéficier du dispositif SONS DPI Vague 2 doivent engager leur projet avant le 30 septembre 2026. Les mises en production pourront se poursuivre jusqu’au 22 juin 2027.

    Docaposte Santé indique avoir constitué une équipe de vingt experts pour accompagner le cadrage, le paramétrage, la formation, la conduite du changement et la mise en production. Plus de 60 commandes DPI et près de 40 commandes PFI ont déjà été enregistrées dans le cadre de la Vague 2.

    L’entreprise prépare les référencements de ses solutions du couloir Imagerie, avec M-RIS, fondé sur le logiciel TsXCare de Therasoft, et M-DRIMbox. L’enjeu est d’étendre cette logique d’intégration à une part plus large du système d’information hospitalier.

     

  • Souveraineté numérique : l’Assemblée nationale propose un statut de « syndicat de données »

    Un rapport parlementaire enregistré le 8 juillet propose de créer en droit français un tiers de confiance chargé de mutualiser des données d’intérêt général, d’encadrer leur réutilisation et de représenter leurs producteurs ou titulaires de droits, y compris devant la justice. 

    La commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les dépendances du secteur numérique recommande d’étudier la création d’un statut de « syndicat de données », inspiré des data trusts anglo-saxons. Présidée par Philippe Latombe et rapportée par Cyrielle Chatelain, elle estime que ce dispositif pourrait contribuer à rééquilibrer les rapports entre producteurs de données et grands acteurs chargés de leur collecte ou de leur exploitation. 

    Un tiers de confiance pour mutualiser les données 

    Ces syndicats pourraient gérer des données d’intérêt général, veiller au respect des licences, encadrer les usages privatifs et organiser la redistribution de la valeur aux communautés qui produisent les données. Ils pourraient également engager des recours en justice en cas de non-respect des conditions de réutilisation. 

    La proposition s’appuie notamment sur les travaux du Conseil de l’intelligence artificielle et du numérique. Elle supposerait toutefois la création d’un nouveau cadre juridique : la fiducie existe en droit français depuis 2007, mais aucun régime spécifique n’est aujourd’hui consacré aux données. 

    Une piste possible pour les données de santé 

    Le modèle pourrait trouver des applications dans la gouvernance des entrepôts de données hospitaliers, du Health Data Hub ou de l’Espace européen des données de santé, notamment pour représenter collectivement les patients et les producteurs de données. 

    À ce stade, il s’agit d’une recommandation parlementaire. La commission demande d’abord au gouvernement d’en étudier la faisabilité juridique et opérationnelle avant toute inscription éventuelle dans la loi. 

  • IA clinique : Heidi renforce la fiabilité de ses réponses avec Vidal

    Heidi s’associe à Vidal pour intégrer des informations thérapeutiques sourcées et vérifiables dans son assistant IA destiné aux professionnels de santé. Un partenariat qui illustre la montée en puissance des bases de connaissances médicales comme garde-fou des usages cliniques de l’IA.

    La traçabilité comme critère de confiance 

    Les professionnels pourront accéder directement à des informations concernant les médicaments, leur prescription, leurs interactions, leur sécurité et le bon usage des traitements. L’enjeu est de réduire le recours à des recherches dispersées, tout en permettant au praticien de retrouver et vérifier la source de l’information fournie par l’IA. Heidi Références peut également générer des scores cliniques et préparer la documentation associée.

    Le partenariat répond à une problématique centrale de l’IA clinique : la performance d’un modèle ne suffit pas à garantir la pertinence d’une réponse médicale. Pour Heidi, l’intégration d’une base spécialisée comme celle de Vidal doit permettre de renforcer la qualité et la traçabilité des informations mobilisées par l’assistant. 

    Pour Vidal, cette collaboration s’inscrit dans une stratégie visant à intégrer l’intelligence clinique directement dans les outils utilisés par les professionnels, notamment via ses données et ses API.

    A mesure que les assistants IA s’intègrent dans les pratiques médicales, la capacité à documenter l’origine des informations utilisées devient un élément clé de leur adoption.

  • Bilan de l’été 2026 : AI Act, rapport Charges et Produits, cybersécurité… les cadres qui vont redessiner la santé

    Ce qu’il faut retenir des mois de juin, juillet et août

    Canicule : 1 243 « morts en excès » en juillet, la France cumule 52 jours de vagues de chaleur depuis mi-juin, un record absolu 

    Santé publique France a recensé 1 243 décès toutes causes en excès (+9,2 %) entre le 3 et le 22 juillet, dans 78 départements représentant 78,5 % de la population. Les trois quarts concernent les plus de 75 ans, et le signal le plus marqué se situe à domicile. Pays de la Loire est la région la plus touchée (236 décès, +21,4 %). En cumulant cet épisode avec celui de juin (5 764 morts) et de mai (300 morts), le bilan provisoire atteint 7 267 décès en excès depuis fin mai. Météo-France confirme que juillet 2026 est le mois le plus chaud enregistré depuis 1900, et le pays totalise 52 jours de canicule depuis la mi-juin, un cumul inédit, loin devant 2022 (33 jours) et 2003 (22 jours). 

    Ce bilan alimente une forte bataille politique, le gouvernement étant accusé d’impréparation par les oppositions, en attendant un bilan définitif en octobre. Au-delà de la polémique, l’ampleur et la répétition des épisodes obligent à revoir en profondeur les dispositifs de prévention, d’alerte et de prise en charge à domicile des personnes âgées. 

    Cnam 2027 : 38 % des assurés concentrent 63 % des remboursements, 3,9 Md€ d’économies visées 

    Le rapport Charges et Produits 2027 de l’Assurance Maladie, qui rassemble 40 propositions, vise à ramener l’évolution des dépenses au rythme de la richesse nationale d’ici 2030, soit 3,9 milliards d’euros d’économies par an, alors que le déficit de la branche maladie atteindrait 15,9 Md€ en 2025. Bâtie sur les données de 67,6 millions d’assurés, la cartographie des pathologies révèle que 38 % de la population concentre 63 % des remboursements. Parmi les mesures phares : priorité aux génériques/biosimilaires pour les molécules onéreuses, financement de la vaccination à l’hôpital, extension du Nutri-Score, et surtout l’entrée des systèmes d’aide à la décision médicale (SADM) dans le champ du remboursement, ainsi que l’expérimentation de nouveaux outils d’IA anti-fraude après 723 M€ de préjudices stoppés en 2025. 

    Ces propositions doivent nourrir le PLFSS 2027 et le prochain accord-cadre sur les médicaments. La logique change de nature : il ne s’agit plus de réduire les dépenses partout, mais de cibler précisément populations et parcours. 

    Règlement IA : le 2 août 2026, les obligations de transparence entrent en vigueur ; le volet « haut risque » repoussé à 2027-2028 

    Le 2 août 2026 marque une date-pivot de l’AI Act : les obligations de transparence (article 50) s’appliquent (information sur l’interaction avec une IA, marquage des contenus synthétiques, divulgation des deepfakes) appuyées par des lignes directrices et un Code de bonnes pratiques signé par plus de 180 organisations. En revanche, faute de normes harmonisées prêtes, le règlement « Digital Omnibus » a reporté les obligations relatives aux systèmes à haut risque à décembre 2027 et août 2028. Les sanctions peuvent atteindre 15 M€/3 % du CA pour la transparence, jusqu’à 35 M€/7 % pour les pratiques interdites. En France, la gouvernance reste en construction : aucune autorité nationale n’est encore formellement désignée, la CNIL se positionnant comme acteur central pour les systèmes traitant des données personnelles. 

    Les éditeurs de solutions d’IA en santé (chatbots, générateurs de contenu, dispositifs interactifs) doivent se mettre en conformité dès maintenant sur la transparence, sans attendre le répit offert sur le haut risque. L’incertitude sur les autorités compétentes françaises complique toutefois l’anticipation des contrôles. 

    Télésurveillance cardiaque : la CNEDiMTS valide le remboursement de la plateforme Implicity IM009 

    La Commission nationale d’évaluation des dispositifs médicaux (CNEDiMTS) a rendu un avis favorable à l’inscription de la télésurveillance IMPLICITY MCI (IM009) sur la liste des activités remboursables. Le dispositif s’adresse aux patients porteurs d’un moniteur cardiaque implantable, suivis pour des syncopes inexpliquées récidivantes ou pour des accidents ischémiques cérébraux dont l’origine n’a pas été identifiée malgré un bilan complet. Les indications reprennent celles déjà ouvrant droit au remboursement du moniteur lui-même sur la LPPR. 

    Cette inscription ouvre un financement pérenne pour le suivi à distance en cardiologie et conforte le cadre de la télésurveillance médicale (article L. 162-52 du code de la sécurité sociale). Elle constitue un signal positif pour d’autres fabricants de dispositifs connectés cherchant une reconnaissance similaire par l’Assurance Maladie. 

    SecNumCloud dans la santé : cinq éditeurs chiffrent le surcoût de migration entre 20 % et 50 % 

    Alan, Doctolib, Implicity, Lifen et Resilience Care ont interpellé le cabinet d’Anne Le Hénanff et la DGE : ils redoutent que la qualification SecNumCloud s’impose de fait dans les appels d’offres hospitaliers, alors qu’aucun texte ne l’exige, seul l’hébergement certifié HDS est obligatoire. Les cinq entreprises estiment le coût d’une migration entre 20 % et 50 %, avec un risque de mobiliser leurs équipes d’ingénierie au détriment du développement de nouveaux services, notamment d’IA. Le gouvernement leur a répondu que la qualification ne deviendra pas une obligation générale, et une réunion est programmée. 

    L’issue de ce dialogue conditionnera l’accès aux marchés publics hospitaliers pour l’ensemble des éditeurs de santé numérique. Le collectif plaide pour un alignement sur le futur règlement européen CAIDA plutôt que sur une doctrine strictement française, posant frontalement la question de la souveraineté numérique en santé. 

    IA en santé : l’Assurance Maladie lance une mission de cadrage pour un assistant conversationnel sur Ameli 

    Pilotée par Stéphanie Allassonnière, Laurent Cytermann et Aymeril Hoang, cette mission évaluera les besoins des usagers, le cadre éthique et juridique, l’acceptabilité et les choix techniques d’un futur assistant d’IA générative sur la plateforme Ameli. Le rapport est attendu fin septembre 2026.  

    Cette initiative illustre la volonté de l’Assurance Maladie de déployer l’IA générative directement au contact des usagers, dans un contexte où la confiance du public envers ces outils reste fragile, un enjeu que les conclusions de la mission devront adresser avant tout déploiement. 

    Protection sociale : 4 experts missionnés pour en refonder le financement, avec un volet IA et vieillissement 

    Emmanuel Macron a chargé quatre experts : Pierre Ricordeau (Cades), Marianne Kermoal-Berthomé (Caisse des dépôts), Hippolyte d’Albis et Alexandra Roulet (économistes), de proposer des scénarios de refonte du financement de la protection sociale d’ici fin 2026, en intégrant le vieillissement, la dépendance, la transition numérique et l’IA, ainsi que l’équité entre générations. 

    Leurs conclusions pourraient redessiner l’architecture de financement de la Sécurité sociale et nourrir les prochains textes budgétaires, à un moment où la trajectoire des dépenses de santé est déjà sous tension. 

    Cybersécurité : Bruxelles saisit la CJUE contre la France pour non-transposition de NIS2 

    Vingt mois après l’échéance, la Commission européenne a saisi la Cour de justice de l’UE contre la France pour défaut de transposition de la directive NIS2, qui impose de nouvelles exigences de gestion des risques cyber et de déclaration d’incidents à près de 15 000 entités dans 18 secteurs critiques, dont la santé. Plusieurs États membres ont déjà finalisé leur transposition. 

    La France s’expose à des sanctions financières, et les établissements de santé restent dans l’incertitude sur le calendrier précis de renforcement de leurs obligations cyber, un flou qui n’empêche pas de s’y préparer dès maintenant, tant la pression réglementaire est appelée à s’intensifier. 

    Healthtech française : 940,6 M€ levés au premier semestre 2026, déjà le double de 2025, mais l’IA ne pèse plus que 3,4 % 

    Les entreprises françaises du numérique en santé ont levé 626,6 M€ au deuxième trimestre, le troisième meilleur total trimestriel depuis 2016, portant le cumul du semestre à 940,6 M€, près du double des 447,6 M€ levés sur toute l’année 2025. Ce montant reste toutefois très concentré : Alan capte à lui seul 480 M€, soit 76,6 % du total (médiane à 15,4 M€ contre une moyenne de 62,6 M€). Fait notable, la part des montants fléchés « IA » chute à 3,4 %, contre 58,6 % en 2025. 

    Le marché du financement se redresse mais reste très concentré sur quelques opérations. Le recul apparent de l’IA doit être nuancé : de nombreuses solutions, comme Alan, intègrent de l’IA sans être classées comme telles, un signe que la technologie se banalise plus qu’elle ne recule. 

    Réglementaire 

    Aide à mourir : la loi, publiée au Journal officiel, créant un droit à l’aide à mourir a été publiée le 19 août, après validation par le Conseil constitutionnel malgré cinq saisines. Elle ouvre ce droit, sous conditions strictes (majorité, affection grave et incurable, souffrance insupportable, discernement), à un cercle encore restreint de pays comparables (Belgique, Pays-Bas, Suisse, Canada). Des décrets d’application restent attendus avant toute mise en œuvre concrète. Le texte, issu d’une convention citoyenne, a ravivé de profonds clivages, notamment religieux et parmi certains soignants, qui pourraient ressurgir au moment de l’application pratique du texte par les établissements et les professionnels de santé. 

    CNIL : les méthodologies de référence MR-001 et MR-003 mises à jour  

    La CNIL a actualisé ces référentiels encadrant la recherche en santé, avec deux nouvelles annexes dédiées à la sécurité et au contrôle qualité. Elles couvrent notamment les études à l’étranger, l’information dématérialisée et le contrôle qualité à distance. Les mesures de sécurité s’appliquent aux recherches initiées depuis le 23 mai 2026, avec un délai de mise en conformité jusqu’à mai 2027 pour les recherches en cours, et une authentification multifacteur obligatoire dès 2027-2028. En toile de fond, 547 violations de données ont été notifiées dans le secteur santé en 2024, contre 16 en 2018, une hausse qui justifie ce renforcement du cadre. 

    Institution & politique 

    48 % des Français utilisent déjà l’IA pour s’informer sur leur santé : la HAS, la CNIL et France Assos Santé publient leurs repères  

    Le 18 juin, ces trois institutions ont diffusé un flyer et une FAQ pour aider le grand public à utiliser l’IA générative en santé sans risque, alors que 46 % des adultes jugent difficile de trouver une information fiable en ligne. Les recommandations insistent sur la vérification des sources, la protection des données personnelles et le rappel que seul un professionnel peut poser un diagnostic. Ce cadrage grand public répond à un usage déjà massif mais mal maîtrisé, et pourrait devenir une référence pour d’autres campagnes de littératie numérique en santé à venir. 

    L’EMA et l’EISMEA renforcent leur coopération réglementaire pour les innovateurs de santé  

    Trois quarts des entreprises financées par le Conseil européen de l’innovation (EIC) déclarent mieux connaître les dispositifs d’accompagnement réglementaire de l’EMA grâce aux formations conjointes, et 95 % réutiliseraient ces dispositifs. Le nouvel accord prévoit conseil, formation et veille sur les technologies émergentes. Cette intervention plus précoce dans le cycle de développement doit réduire l’incertitude réglementaire pour les start-up et accélérer le passage de la découverte scientifique à des solutions accessibles aux patients. 

    La FHF plaide pour une IA en santé pilotée par l’hôpital public 

    Dans une tribune aux Échos, le président de la FHF Arnaud Robinet défend l’idée que l’hôpital doit rester « maître d’ouvrage » des déploiements d’IA, et non simple consommateur de technologies, pour en garantir l’éthique, la fiabilité et la souveraineté. Cette prise de position, après un an de travaux de la Commission IA de la fédération, pourrait peser dans les débats sur la gouvernance des futurs déploiements d’IA hospitaliers. 

    Cybersécurité 

    Le CEPD demande une base légale pour le partage d’informations entre régulateurs européens  

    Réuni à Dublin, le Comité européen de la protection des données a appelé la Commission à faciliter l’échange d’informations confidentielles entre autorités, face à la hausse des plaintes liées à l’IA qui sature les ressources des autorités de protection des données. Des opérations conjointes et une mutualisation des moyens sont envisagées, notamment pour les dossiers de grande ampleur. 

    Le CERS alerte sur un risque cyber systémique pour la finance lié aux IA de pointe (un signal transposable à la santé) 

    Le Comité européen du risque systémique estime que les modèles d’IA les plus avancés (FAIM) peuvent réduire de plusieurs semaines à quelques heures le délai pour exploiter une vulnérabilité informatique, en s’appuyant notamment sur des résultats montrant une progression spectaculaire des capacités offensives de ces modèles en quelques mois. Des accès contrôlés (Project Glasswing d’Anthropic, Daybreak d’OpenAI) tentent de limiter les risques, mais l’accès au programme d’Anthropic a depuis été suspendu par des restrictions américaines à l’export. Le CERS souligne aussi la dépendance stratégique de l’Europe, où Mistral reste le seul fournisseur de premier plan. 

    Bien que centrée sur le secteur financier, cette alerte est directement transposable aux infrastructures de santé, également critiques et de plus en plus numérisées : elle appelle à une réponse coordonnée à l’échelle européenne et à une vigilance sur la gestion des vulnérabilités dans les mois à venir. 

    Industrie

    Ramsay Santé lance son premier entrepôt de données de santé, financé sans soutien public  

    Déclaré conforme au référentiel CNIL en mai 2026, ce dispositif agrège des données pseudo-anonymisées couvrant tout le parcours de soins, de la ville à l’hôpital. Une première étude porte sur plus de 70 000 patients suivis pour des prothèses aortiques dans huit centres chirurgicaux. Le déploiement se fera en plusieurs étapes, avec une intégration d’une vingtaine d’établissements MCO prévue au premier trimestre 2027. Ce projet positionne un acteur privé, jusqu’ici absent de ce type d’infrastructure généralement portée par les CHU publics, comme contributeur potentiel du Health Data Hub et des études en vie réelle à grande échelle. 

    Financement santé : l’Europe ne compte qu’une demi-douzaine de fonds capables de tickets de plus de 300 M€  

    Lors du HealthTech Acceleration Summit, investisseurs et industriels ont pointé un rapport de financement d’environ 1 à 10 entre l’Europe et les États-Unis, où 40 à 50 fonds peuvent déployer de tels montants. Plus de 200 dirigeants ont signé une lettre ouverte réclamant une mobilisation de capitaux publics et privés, tandis que le règlement européen sur les dispositifs médicaux (MDR) a multiplié par 10 à 30 les budgets réglementaires de certains fabricants, poussant des start-up à se tourner vers les États-Unis. La Chine, elle, est passée de 8 % à 38 % des essais cliniques mondiaux en moins de dix ans, renforçant la pression concurrentielle sur un écosystème européen déjà fragilisé par le manque de capitaux disponibles. 

    Études 

    Une IA assiste les médecins dans la rédaction des résumés d’hospitalisation (JAMA Network Open)  

    Une étude prospective de Stanford Health Care, publiée le 27 mai, montre que les médecins ont intégré les propositions d’un outil d’IA générative (Draft Clinical Documentation) dans 57 % des comptes rendus finaux, sur 1 274 brouillons générés pour 384 sorties d’hospitalisation. Parmi les résumés évalués en détail, 25 omissions, 20 inexactitudes et seulement 2 hallucinations ont été relevées, sans dommage grave identifié. Le score de burn-out des médecins s’améliore significativement, même si le gain de temps reste modeste. Ce résultat conforte l’idée qu’une IA bien encadrée peut soulager la charge administrative des soignants sans compromettre la sécurité, mais les omissions restent le principal défi à corriger avant un déploiement à plus grande échelle. 

    Un vaccin conçu intégralement par IA cible plusieurs coronavirus à la fois  

    Des chercheurs de Cambridge et Southampton ont développé, via apprentissage automatique, un « super-antigène » synthétique capable de déclencher une réponse immunitaire large contre toute une famille de sarbecovirus, plutôt que contre une souche unique. Administré sans aiguille par jet microfluidique, il a montré une bonne tolérance sur 39 volontaires en phase 1, sans signal de sécurité. Une phase 2 est en préparation pour confirmer sa capacité à induire une réponse immunitaire élargie. Cette approche marque une rupture avec le modèle vaccinal réactif actuel et pourrait, si elle se confirme, offrir une protection anticipative face à de futurs variants ou pathogènes encore inconnus. 

    En bref

    Nominations

    Institutions & agences publiques
    Etienne Pot
    DG par intérim de l’Agence nationale de santé publique
    17 août · succède à Aude de Martin de Viviés
    Frédéric Bovet
    Chef du centre de crises sanitaires à la DGS
    17 août · mandat de 3 ans
    Directeur interministériel du numérique (Dinum)
    Succède à Stéphanie Schaer
    Directrice de la transformation des organisations numériques, DNS
    Retour à la DNS
    Gouvernance HAS, sujets numérique et IA
    Conseillère « prévention, santé publique et numérique », cabinet Stéphanie Rist
    Agences régionales de santé
    Charlotte Hammel
    Directrice de l’hospitalisation, de l’autonomie et de la performance, ARS Bretagne
    Succède à David Le Goff
    DG de l’ARS Centre-Val de Loire
    Depuis le 13 juillet
    DG de l’ARS Hauts-de-France
    DG de l’ARS Pays de la Loire
    Succède à Jérôme Jumel
    Secteur privé & fédérations
    DG de Nabla (ex-président de Bamboo Health)
    A. LeBrun devient Executive Chairman & Chief AI Officer, et prend la tête d’AMI Labs (Y. LeCun)
    Éric Laporte
    DG de Weda
    Après le rapprochement avec Vidal
    Présidente de la FNEHAD (ex-numéro deux de l’Assurance Maladie)
    Élue
    Président du Leem
    Succède à Thierry Hulot · 3 commissions stratégiques, 36 administrateurs

    Levées de fonds et opérations de l’été 2026 en santé numérique : six opérations allant de 7 millions à 920 millions d’euros

    Womed
    Santé utérine et féminine
    7 M€
    Série A
    SquareMind
    Robot d’imagerie cutanée assisté par IA (Swan)
    18 M$
    Série B
    Bionyra Pharma
    Biotech immuno-inflammatoire
    140 M€
    Série A
    TISSIUM
    Reconstruction tissulaire
    30 M€
    Série D2
    Heliaq → SYNTEN
    Hébergeur certifié ISO 27001 / HDS
    n.c.
    Acquisition

    Plus grosse opération

    IPG Photonics → Lumibird Medical
    Division médicale du groupe français
    920 M€
    Offre d’acquisition
    4 levées de fonds · 2 opérations capitalistiques
    Total levées affichées : 195 M€ (+18 M$)
  • Note aux abonnés : H&TI fait une pause estivale et vous donne rendez-vous le 24 août

    Chers abonnés,

    Après un premier semestre riche en échanges et en actualité, H&TI met ses publications entre parenthèses le temps d’une pause estivale.

    Nous vous donnons rendez-vous dès le 24 août pour reprendre la couverture quotidienne de l’actualité du numérique et de l’intelligence artificielle en santé. Comme chaque année, cette reprise sera l’occasion de revenir sur les faits, les annonces et les décisions qui auront marqué l’été 2026, à travers notre traditionnel bilan des événements à retenir.

    La rentrée sera également marquée par la publication, le 26 août, de notre prochaine étude hebdomadaire : « Que change la santé numérique pour la Value-based Healthcare ? ». Nous y analyserons les apports des outils numériques et de l’IA dans l’évolution des modèles de soins orientés vers la création de valeur pour les patients et le système de santé.

    En attendant, nous vous souhaitons un excellent été et de très belles vacances.

    Cordialement,

    L’équipe H&TI