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  • État des lieux de l’IA en pharma : une promesse encore à prouver

    De 39 % à 49 % d’adoption en cinq ans, plus de 173 programmes en développement clinique, une pharmacovigilance déjà mature : état des lieux chiffré de l’IA en pharma, où 2026 s’annonce comme l’année test décisive pour la crédibilité de toute l’industrie. 

    Une adoption réelle, mais encore partielle

    L’intelligence artificielle n’est plus un pilote isolé dans l’industrie pharmaceutique : c’est une tendance de fond qui s’installe depuis près d’une décennie. Selon le baromètre ICON/GlobalData, qui interroge chaque année des professionnels du secteur en Europe et en Amérique du Nord, 49 % des entreprises pharma et biotech déclarent aujourd’hui utiliser l’IA ou le big data dans leurs programmes de recherche, contre 39 % en 2019. Une progression réelle, mais qui reste inégale : la majorité des acteurs en sont encore au stade du pilote plutôt que du déploiement généralisé.

    La découverte de médicaments, terrain le plus scruté

    Le terrain le plus scruté reste la découverte de médicaments. Plus de 173 programmes de médicaments conçus par IA sont aujourd’hui en développement clinique, un chiffre qui a explosé en quelques années à mesure que des acteurs comme Insilico Medicine, Recursion ou Isomorphic Labs (filiale d’Alphabet) ont industrialisé leurs plateformes de conception moléculaire. Parmi eux, 15 à 20 devraient entrer en phase III pivot au cours de 2026, la phase décisive, celle qui doit prouver qu’un médicament fonctionne réellement à grande échelle, et non plus seulement qu’il est arrivé plus vite en clinique.

    2026, année test pour la crédibilité du secteur :

    Car c’est bien là que se joue la crédibilité du secteur : à ce jour, aucun médicament entièrement conçu par IA n’a terminé l’ensemble du parcours réglementaire. Les analystes indépendants évoquent une probabilité d’environ 60 % pour qu’un premier médicament de ce type obtienne une approbation en 2026 ou 2027. L’année 2026 fait donc figure d’année test pour toute l’industrie.

    La maturité discrète de la pharmacovigilance

    Pendant que ce pari se joue sur la R&D, l’IA a déjà fait ses preuves ailleurs, plus discrètement : en pharmacovigilance, où des algorithmes de traitement du langage naturel sont utilisés depuis plus de dix ans pour détecter des signaux d’effets indésirables, et sur le suivi des données de vie réelle, où le Leem (fédération des entreprises du médicament) évalue à jusqu’à 10 mois le temps gagné sur la collecte de données d’usage par rapport à une méthode classique.

  • Obésité : Lilly et le gouvernement britannique lancent 12 projets pilotes dotés d’un financement pouvant atteindre 85 M£

    Le programme associe jusqu’à 50 M£ de financements publics et 35 M£ apportés par Lilly, avec des projets prévus jusqu’en mars 2029. Outils numériques, auto-orientation, pharmacies, professionnels de santé et IA seront testés pour diversifier les voies d’accès à la prise en charge du NHS.

    Le programme consacré à l’obésité porté par Eli Lilly et le gouvernement britannique entre dans sa phase de mise en œuvre. Douze projets locaux ont été sélectionnés afin d’expérimenter de nouvelles modalités qui permettent aux patients d’accéder aux services de prise en charge de l’obésité du NHS.

    L’initiative représente un financement pouvant atteindre 85 millions de livres sterling (environ 98 millions d’euros), dont jusqu’à 50 millions de livres apportés par le gouvernement britannique et jusqu’à 35 millions par Eli Lilly. Les projets doivent se poursuivre jusqu’en mars 2029.

    Diversifier les portes d’entrée dans les parcours de prise en charge

    Le programme ne se limite pas à l’accès aux traitements médicamenteux. Les douze expérimentations doivent évaluer différentes organisations pour faciliter l’accès aux services de gestion du poids et proposer une prise en charge adaptée aux besoins des patients.

    Parmi les dispositifs testés figurent des outils numériques, des mécanismes d’auto-orientation des patients, le recours aux pharmacies de proximité et à des structures locales de santé, ainsi que des applications. Les parcours pourront également mobiliser des diététiciens et des psychologues et, lorsque la situation du patient le justifie, intégrer des traitements destinés à la perte de poids. L’objectif est notamment de simplifier l’accès aux soins pour des adultes susceptibles de rencontrer des difficultés à intégrer les parcours existants du NHS.

    L’intelligence artificielle pour orienter les patients

    Certains des projets retenus intégreront des outils d’IA afin d’orienter les personnes vers le niveau de prise en charge correspondant à leurs besoins.

    Selon les situations, cette orientation pourra conduire à des actions d’éducation à la santé, des conseils nutritionnels, des interventions sur les comportements, une prise en charge spécialisée ou des traitements plus intensifs.

    Dans le Kent, l’un des projets prévoit notamment un accompagnement reposant sur une IA accessible via WhatsApp. Le dispositif doit s’adresser aux familles depuis la grossesse jusqu’aux premières années de l’enfant. Dans d’autres territoires, les expérimentations chercheront à mettre en place des voies d’accès simplifiées pour les adultes qui rencontrent des obstacles pour obtenir une prise en charge.

    À travers ces douze pilotes, le gouvernement britannique et Lilly cherchent à expérimenter une approche de l’obésité associant traitements, accompagnement nutritionnel et comportemental, professionnels de santé et solutions numériques. L’enjeu sera notamment d’évaluer si ces nouveaux parcours permettent d’élargir l’accès aux services du NHS et d’inscrire la perte de poids dans la durée, au-delà du seul recours aux médicaments.

  • L’EMA et l’EISMEA renforcent leur coopération pour intégrer plus tôt les enjeux réglementaires dans les projets de santé

    Trois quarts des innovateurs financés par l’EIC déclarent mieux connaître les outils d’accompagnement réglementaire de l’EMA après des formations conjointes. Le nouvel accord prévoit conseils, orientation, formation et veille sur les technologies émergentes pour les acteurs de l’innovation en santé.

    75 % des innovateurs financés par l’EIC déclarent mieux connaître les outils de l’EMA

    Les deux agences s’appuient sur les premiers résultats de leur coopération. Selon une enquête, trois quarts des innovateurs financés par le Conseil européen de l’innovation ont amélioré leur connaissance des dispositifs d’accompagnement réglementaire proposés par l’EMA grâce aux activités de formation organisées conjointement par l’EMA et l’EIC.

    Les répondants indiquent que les outils de l’EMA ont eu un effet positif sur le développement de leurs produits et sur leur stratégie réglementaire. Au total, 95 % déclarent qu’ils utiliseraient de nouveau ces dispositifs pour de futurs projets.

    L’Agence européenne des médicaments (EMA) et l’Agence exécutive pour le Conseil européen de l’innovation et les PME (EISMEA) ont signé une lettre d’intention qui vise à renforcer leur coopération en faveur des innovateurs européens dans le domaine de la santé. L’accord a été signé par Emer Cooke, directrice exécutive de l’EMA, et Momchil Sabev, directeur de l’EISMEA.

    L’objectif est de permettre aux entreprises de mieux appréhender les exigences réglementaires en amont de leurs projets et de préparer le développement de leurs technologies.

    Les deux organisations entendent accompagner le passage de la découverte scientifique à des médicaments ou technologies médicales susceptibles d’être proposés aux patients, en tenant compte des exigences de sécurité et d’efficacité.

    Conseils, formation et veille sur les technologies émergentes

    L’EMA et l’EISMEA coopèrent depuis 2021 dans le cadre d’initiatives consacrées à l’innovation dans les sciences de la vie et la santé. Le renforcement de ce partenariat doit bénéficier aux PME innovantes, start-up, spin-off, organismes de recherche et universités.

    La coopération prévoit des activités de conseil, d’orientation et de formation, ainsi que des échanges avec l’ensemble de la communauté de la recherche. Elle comprend des travaux de veille prospective (« horizon scanning »), destinés à identifier les technologies de santé émergentes et à anticiper les opportunités et les difficultés associées à leur développement.

    Cette collaboration doit contribuer à répondre aux besoins médicaux non satisfaits, améliorer les résultats en santé et renforcer la compétitivité européenne, tout en aidant les porteurs de projets à s’orienter dans des parcours de développement complexes.

    Momchil Sabev souligne pour sa part l’intérêt d’un accès précoce à l’expertise réglementaire.

    Ebenbuild GmbH, entreprise soutenue par l’EIC qui développe une technologie de jumeau numérique destinée au diagnostic et au traitement des maladies pulmonaires, est citée comme exemple de cette coopération.

    Dans le cadre des activités de gestion proactive de portefeuille, l’entreprise a été mise en relation avec l’EMA. Ces échanges lui ont permis de mieux comprendre les attentes réglementaires et d’identifier la voie de développement adaptée à son innovation.

    Avec cette nouvelle lettre d’intention, l’EMA et l’EISMEA entendent systématiser ce rapprochement entre innovation et expertise réglementaire. Leur approche repose sur une intervention plus précoce auprès des porteurs de projets afin de réduire les incertitudes réglementaires.

  • Ramsay Santé lance son premier entrepôt de données de santé, avec un déploiement dans une vingtaine d’établissements MCO début 2027

    Déclaré conforme au référentiel de la CNIL, l’entrepôt doit agréger des données pseudo-anonymisées couvrant le parcours de soins, de la médecine de ville à l’hôpital. Une première étude porte sur les prothèses aortiques auprès de plus de 70 000 patients dans huit centres chirurgicaux.

    Ramsay Santé a annoncé, le 14 juillet 2026, le lancement de son premier entrepôt de données de santé, destiné à mettre à disposition de chercheurs internes et externes au groupe des données de santé structurées et pseudo-anonymisées à des fins de recherche.

    L’EDS agrège des données médicales issues de sources multiples, parmi lesquelles les comptes rendus d’hospitalisation, les données de consultations, les informations socio-démographiques et les résultats d’examens.

    Les données sont hébergées en France sur une infrastructure d’hébergement de données de santé certifiée et sécurisée conformément à la réglementation. Selon Ramsay Santé, l’objectif est de constituer un volume de données permettant d’étudier les soins en vie réelle et de mesurer à grande échelle les effets des traitements, des innovations et des organisations de soins.

    Des données couvrant la ville et l’hôpital

    Alors que les EDS français ont principalement été développés par des centres hospitalo-universitaires publics, Ramsay Santé indique avoir financé son dispositif sans soutien public. Le groupe se présente comme « le seul acteur privé disposant d’une unité de recherche clinique reconnue par l’État », avec plus de 1 000 articles scientifiques publiés chaque année et plus de 200 protocoles de recherche actifs.

    Le périmètre retenu vise à couvrir l’ensemble du parcours de soins. Cette approche doit permettre de suivre les parcours depuis l’entrée dans le système de soins jusqu’à une prise en charge dans un établissement hospitalier privé secondaire ou un centre d’expertise nationale. Ramsay Santé entend ainsi compléter les approches centrées sur les épisodes hospitaliers et produire des analyses portant sur des populations prises en charge dans les conditions courantes de soins, et non uniquement dans le contexte des CHU.

    Le principe de l’EDS repose sur la possibilité d’agréger des données issues de la vie courante des patients et des prises en charge réalisées aussi bien en ville qu’à l’hôpital, afin de couvrir l’ensemble du champ du soin.

    Des analyses sur plusieurs centaines de milliers de patients

    L’EDS permet déjà d’analyser et de modéliser des parcours de patients atteints notamment de maladies de la valve aortique, d’insuffisance cardiaque ou d’infarctus, ainsi que de pathologies de la hanche et du genou. Ces travaux sont menés dans le cadre des programmes CRISP (Clinical Research Indicators for Strategic Performance), avec l’analyse de plusieurs centaines de marqueurs portant sur des centaines de milliers de patients.

    Parmi les premiers projets engagés figure une étude consacrée aux prothèses aortiques. Elle doit porter sur plus de 70 000 patients pris en charge dans huit centres chirurgicaux répartis sur le territoire.

    L’objectif est de réduire les biais statistiques, d’accroître la représentativité des données étudiées et de documenter les pathologies rares ainsi que les populations habituellement sous-représentées dans les essais cliniques.

    Les résultats doivent notamment fournir aux décideurs institutionnels des données sur les prises en charge en vie réelle et contribuer aux travaux sur l’équité d’accès aux soins.

    Un EDS intégré à l’Institut Européen des Données Médicales

    L’entrepôt est intégré à l’Institut Européen des Données Médicales de Ramsay Santé. Le dispositif doit accueillir des projets conduits avec des entreprises, des écoles et des centres académiques, dans le cadre de partenariats existants ou en développement. Ramsay Santé indique contribuer au Health Data Hub en mettant des analyses anonymisées à disposition de la communauté française de la recherche. Chaque projet souhaitant accéder à l’EDS doit au préalable être examiné par un comité scientifique et éthique indépendant.

    Une conformité au référentiel de la CNIL déclarée en mai 2026

    L’EDS de Ramsay Santé a été déclaré conforme au référentiel de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) le 7 mai 2026.

    Le dispositif prévoit que seules les données nécessaires à la finalité de chaque recherche soient collectées et qu’elles soient pseudo-anonymisées. Les patients doivent être informés de l’utilisation potentielle de leurs données et peuvent exercer leurs droits à tout moment.

    Ils peuvent notamment s’opposer à l’utilisation de leurs données dans le cadre d’une étude spécifique ou demander leur retrait du dispositif. Ces démarches peuvent être effectuées par courrier électronique ou via un portail de transparence dédié.

    Ce portail recense les projets de recherche ayant obtenu la validation du comité scientifique et éthique indépendant du groupe. L’ensemble du dispositif s’inscrit dans le cadre réglementaire contrôlé par la CNIL et repose sur un hébergement français certifié pour les données de santé.

    Une première ouverture en juillet 2026 avant une extension en 2027

    Le déploiement de l’EDS est organisé en trois étapes. Une première ouverture technique avec un jeu de données limité est prévue dès juillet 2026.

    Au premier trimestre 2027, Ramsay Santé prévoit d’intégrer les données socles d’une vingtaine d’établissements MCO (médecine, chirurgie et obstétrique). Elles comprendront les données du dossier patient informatisé, du Programme de médicalisation des systèmes d’information et de la chimiothérapie.

    Le périmètre doit ensuite être étendu progressivement à de nouveaux centres et à d’autres catégories de données. Le groupe prévoit d’intégrer les informations issues des logiciels d’anesthésie et de réanimation, ainsi que d’autres champs spécifiques.

    À terme, Ramsay Santé entend utiliser cette infrastructure pour étudier à grande échelle l’impact des innovations et des organisations de soins dans les conditions courantes de prise en charge, en s’appuyant sur des données couvrant la continuité du parcours entre médecine de ville et établissements hospitaliers.

  • Financement santé : l’Europe ne compte qu’une demi-douzaine de fonds capables de tickets de plus de 300 millions d’euros

    Les fonds de gestion capables de déployer des tickets significatifs restent six fois moins nombreux en Europe qu’aux États-Unis, selon les intervenants du HealthTech Acceleration Summit.

    Lors de la table ronde d’ouverture de la troisième édition du HealthTech Acceleration Summit, modérée par Cédric Bisson (Teralys Capital), investisseurs et industriels ont dressé le constat d’une Europe scientifiquement compétitive mais pénalisée par un marché fragmenté et un déficit de capitaux, face aux États-Unis et à la Chine. Participaient Laurence Comte-Arassus (Snitem), Cédric Moreau (Sofinnova Partners), Olivier Bogillot et Mehdi Ainouche (Jeito Capital). Mathias Lambert, président d’honneur de cette édition et ancien chercheur à Boston Children’s Hospital et Harvard Medical School, a introduit les échanges en appelant à rapprocher recherche, financement, industrie et patients.

    Les États-Unis, premier marché mondial

    Le marché américain représente plus de 50 % des revenus mondiaux de la pharma, avec des prix nets deux fois supérieurs à ceux pratiqués en Europe. Le pays compterait entre 40 et 50 sociétés de gestion capables de déployer des tickets de plus de 300 millions de dollars, contre une demi-douzaine en Europe. Sur environ 65 opérations de fusion-acquisition de plus de 500 millions de dollars recensées entre juin 2025 et aujourd’hui, plus de 80 % ont porté sur des cibles américaines.

    Ce modèle fait toutefois face à des tensions : 20 millions de patients supplémentaires devraient entrer dans Medicare d’ici quinze ans, et les politiques de négociation des prix rebattent les cartes. Pour Olivier Bogillot, l’administration américaine traite désormais la pharma et la biotech comme des secteurs stratégiques, utilisant prix et droits de douane comme outils de politique industrielle. Cédric Moreau a par ailleurs pointé les réductions de financement de la recherche universitaire américaine, dont les effets pourraient apparaître dans cinq à dix ans et ouvrir une fenêtre pour l’Europe.

    Un rapport de 1 à 10 sur le financement européen

    Selon Cédric Moreau, le rapport entre capitaux disponibles en Europe et aux États-Unis atteint environ 1 à 10. Une lettre ouverte, signée par plus de 200 dirigeants de sociétés, a été adressée aux institutions européennes pour réclamer une mobilisation de capitaux privés et publics, du stade initial jusqu’au late stage. Parmi les pistes citées : une mobilisation des fonds de pension, une évolution des règles prudentielles, ainsi que les travaux sur l’Union des marchés de capitaux et le « 28e régime » européen. Le marché des introductions en Bourse reste par ailleurs jugé peu actif en Europe, comparé aux États-Unis.

    Dispositifs médicaux : les effets du règlement MDR

    Laurence Comte-Arassus a détaillé les conséquences du règlement européen sur les dispositifs médicaux (MDR) : certaines entreprises ont vu leurs budgets réglementaires multipliés par dix, vingt ou trente pour la recertification. Faute de ressources suffisantes, des fabricants ont arrêté des produits, fermé ou été rachetés, certaines prothèses des extrémités de la main ont ainsi disparu du marché. Une correction du cadre est engagée au niveau européen, mais ses effets ne sont pas attendus avant 2027. En attendant, des start-up se tournent vers les États-Unis ou d’autres marchés dotés de procédures accélérées. Le Snitem a d’ailleurs consacré un livre blanc au financement des start-up, PME, ETI et grands groupes du secteur.

    La Chine, deuxième pôle mondial

    La part de la Chine dans les essais cliniques mondiaux est passée de 8 % à 38 % en moins de dix ans, selon Olivier Bogillot, qui indique aussi que davantage de médicaments ont été découverts en Chine qu’aux États-Unis l’an dernier. Mehdi Ainouche a évoqué environ 190 accords d’out-licensing sur des actifs chinois conclus en un an, pour une valeur cumulée potentielle supérieure à 140 milliards de dollars. Les investisseurs européens intègrent désormais systématiquement l’analyse de la concurrence chinoise dans leurs décisions, s’appuyant parfois sur des consultants locaux.

    La Chine devient aussi une source d’actifs pour des sociétés européennes : une biotech française a ainsi levé 160 millions d’euros en série A autour d’une technologie et d’une équipe issues de Chine. Cédric Moreau plaide pour aller chercher l’innovation asiatique plutôt que pour le protectionnisme, citant aussi la montée de la Corée du Sud dans le dispositif médical. Laurence Comte-Arassus appelle néanmoins à intégrer une dimension de souveraineté dans ces coopérations, alertant sur la concurrence croissante des acteurs chinois du dispositif médical à l’international.

    L’IA, facteur de transformation économique

    Pour Cédric Moreau, l’intelligence artificielle pourrait améliorer la productivité du développement pharmaceutique, y compris dans les processus réglementaires et administratifs. Une hausse de 20 à 30 points du taux de succès des molécules en phases II et III modifierait l’économie du secteur, avec des multiples de rendement pouvant atteindre 20 à 100 fois la mise initiale, contre 5 à 10 fois habituellement.

    Les pistes évoquées convergent vers plusieurs chantiers : permettre le lancement d’un médicament dès l’autorisation de mise sur le marché dans quatre ou cinq pays européens principaux, à un prix attractif, une harmonisation internationale des exigences cliniques pour les technologies déjà connues, renforcer le financement des entreprises européennes, mobiliser les investisseurs institutionnels, réduire la fragmentation du marché, adapter la réglementation, accélérer l’accès aux innovations et construire des partenariats avec les écosystèmes américain et asiatique.

  • QoLibri n’obtient pas son financement anticipé

    La CNEDiMTS a refusé la prise en charge anticipée (PECAN) de QoLibri, thérapie numérique de Novesia prescrite en complément des traitements de la douleur chronique. Si son approche biopsychosociale est jugée cohérente, les données disponibles et le calendrier clinique ne permettent pas, à ce stade, d’accéder à ce financement.

  • Le CERS alerte sur un risque cyber systémique lié aux IA de pointe pour le système financier européen

    Les modèles d’IA les plus avancés peuvent désormais automatiser la découverte et l’exploitation de failles informatiques, réduisant de plusieurs semaines à quelques heures le délai dont disposent les institutions pour se protéger. Le CERS appelle à une réponse coordonnée à l’échelle européenne.

    Le Comité européen du risque systémique (CERS) alerte sur l’émergence d’un risque cyber systémique pour le secteur financier européen lié aux progrès des modèles d’intelligence artificielle de pointe dotés de capacités cyber.

    Dans une note publiée en juillet 2026, l’organisme estime que ces modèles modifient l’échelle et la structure du risque informatique en renforçant les capacités offensives comme défensives, sans qu’il existe à ce stade de dispositif permettant de maîtriser l’ensemble de ces risques.

    Des modèles capables d’automatiser des opérations cyber complexes

    Le CERS définit ces « frontier AI models » (FAIM) comme des modèles avancés d’IA à usage général capables d’avoir un effet sur les opérations cyber offensives ou défensives.

    Selon le CERS, les FAIM peuvent identifier de manière autonome des vulnérabilités jusqu’alors inconnues, y compris dans des systèmes d’exploitation et des logiciels utilisés dans les infrastructures numériques et financières. Ils peuvent également contribuer au développement et à la transformation de failles en moyens d’attaque exploitables.

    Les performances ont progressé en quelques mois. D’après les résultats du UK AI Security Institute repris dans le rapport, les modèles les plus récents peuvent accomplir, à budget constant, toutes les étapes du benchmark cyber « The Last Ones », une simulation d’attaque d’un réseau d’entreprise comportant 32 étapes et estimée à 20 heures de travail pour un opérateur humain. Les modèles disponibles fin 2025 n’en accomplissaient en moyenne que 34 %. Le graphique reproduit en page 18 du rapport illustre cette progression en comparant le nombre d’étapes réalisées en fonction du volume de tokens utilisé.

    Ces capacités n’étaient pourtant pas l’objectif initial de l’entraînement de ces modèles, relève le CERS : ceux-ci ont notamment été développés pour produire du code de qualité et non pour rechercher des vulnérabilités. L’organisme considère donc que des systèmes spécifiquement entraînés pour auditer des logiciels pourraient disposer de capacités supérieures.

    Face aux risques associés, les fournisseurs concernés ont privilégié des dispositifs d’accès contrôlé plutôt qu’une mise à disposition sans restriction. Le rapport mentionne les initiatives « Project Glasswing » d’Anthropic et « Daybreak » d’OpenAI, destinées à permettre à certaines entreprises technologiques, sociétés de cybersécurité, institutions financières et autorités publiques d’utiliser ces modèles pour détecter et corriger des vulnérabilités. L’accès au programme d’Anthropic a ensuite été suspendu en raison de restrictions américaines à l’exportation.

    De plusieurs semaines à quelques heures pour exploiter une vulnérabilité

    L’une des principales évolutions identifiées par le CERS concerne la réduction du temps disponible pour corriger une faille avant son exploitation. Les pratiques actuelles reposent sur des périodes de divulgation pouvant atteindre 90 jours pour certaines vulnérabilités, auxquelles s’ajoute le temps nécessaire pour développer puis adapter un exploit à une cible.

    Les FAIM pourraient réduire de plusieurs semaines à quelques heures la période séparant une première exploitation d’une exploitation automatisée à grande échelle.

    Le CERS évoque ainsi l’apparition possible de fenêtres pendant lesquelles une vulnérabilité devient pratiquement impossible à corriger à temps : une institution doit développer, tester et déployer son correctif avant qu’un attaquant puisse analyser celui-ci et exploiter la faille sous-jacente.

    Cette accélération place les établissements devant plusieurs arbitrages : déployer rapidement des correctifs au risque de provoquer des incidents opérationnels ; consacrer du temps aux tests en maintenant les systèmes exposés ; prioriser certaines vulnérabilités tout en laissant les autres sans correction ; ou modifier leurs méthodes de gestion des vulnérabilités sans garantie de pouvoir traiter assez rapidement les failles les plus sévères.

    Un avantage à court terme pour les attaquants

    Si les FAIM peuvent également renforcer les défenses, le CERS considère que les attaquants pourraient bénéficier d’un avantage à court et moyen terme. L’IA réduit les ressources humaines et financières nécessaires pour mener des opérations auparavant réservées à des acteurs disposant d’une expertise technique.

    Ces modèles peuvent notamment servir à rechercher des vulnérabilités à grande échelle, combiner plusieurs failles de moindre gravité, générer des exploits fonctionnels, identifier des chemins d’attaque, adapter une attaque à une institution et progresser dans un système informatique après une première intrusion.

    Des dispositifs de gestion des vulnérabilités susceptibles d’être saturés

    La multiplication des vulnérabilités de gravité élevée pourrait également mettre sous tension les dispositifs actuels de gestion des vulnérabilités et des incidents. Ces derniers reposent sur une hiérarchisation selon la gravité de la faille, sa probabilité d’exploitation et ses conséquences pour l’organisation.

    Une augmentation du nombre de failles critiques compliquerait cette priorisation et pourrait conduire les institutions à laisser certaines vulnérabilités sans traitement pendant des périodes prolongées. Or, des failles considérées isolément comme moins sévères peuvent être combinées pour créer des vecteurs d’attaque plus puissants.

    Le CERS souligne également la nécessité, pour les institutions financières, de disposer d’une visibilité sur leurs propres usages de l’IA : interfaces clients, agents internes, processus métiers et intégrations avec des prestataires.

    La concentration des fournisseurs d’IA expose l’Union européenne

    Le CERS identifie également un risque géopolitique. La plupart des fournisseurs capables de développer ces modèles sont établis aux États-Unis, tandis que plusieurs acteurs sont basés en Chine. Le rapport cite Mistral, installé en France, comme le seul fournisseur européen de premier plan.

    Cette concentration pourrait créer une dépendance stratégique si les modèles les plus avancés étaient soumis à des restrictions d’accès ou à des contrôles à l’exportation en tant que technologies à double usage.

    Le CERS rappelle néanmoins que l’AI Act européen s’applique aux fournisseurs de modèles d’IA à usage général dès lors que leurs modèles sont mis sur le marché européen ou que leurs résultats sont utilisés dans l’Union. Des obligations supplémentaires sont prévues pour les modèles considérés comme présentant un risque systémique. L’interprétation et l’application du règlement constituent l’une des voies permettant de répondre à certaines des préoccupations identifiées.

    Trois scénarios, de l’érosion de la confiance à une perturbation systémique

    Pour illustrer les mécanismes de transmission possibles, le CERS présente trois scénarios hypothétiques, sans leur attribuer de probabilité.

    • Le premier envisage des groupes criminels utilisant des FAIM contre des petites et moyennes banques, des institutions financières non bancaires et des acteurs des crypto-actifs. La répétition des attaques provoquerait une érosion progressive de la confiance et des transferts de capitaux vers des établissements plus grands ou situés hors de l’Union européenne.
    • Le deuxième scénario porte sur l’utilisation de ces modèles par des États pour mener des opérations d’espionnage contre de grandes banques et des autorités financières européennes. Une présence persistante dans leurs systèmes permettrait d’exfiltrer des informations stratégiques, opérationnelles et commerciales, créant à terme un désavantage concurrentiel pour les acteurs européens.
    • Le troisième envisage une attaque coordonnée contre les infrastructures des marchés financiers, notamment les systèmes de paiement, de compensation et de règlement-livraison, associée à une campagne de manipulation de l’information. La diffusion parallèle du modèle d’IA à des groupes criminels et hacktivistes amplifierait alors les perturbations jusqu’à provoquer un événement systémique.

    Le CERS estime qu’un tel incident pourrait se propager par les systèmes de paiement, de compensation et de règlement ou par d’autres goulets d’étranglement opérationnels. À plus long terme, la répétition des cyberattaques pourrait également contraindre les établissements à augmenter leurs budgets de cybersécurité et de résilience opérationnelle, au détriment d’autres activités, et imposer aux autorités d’adapter leurs compétences, leurs tests de résistance et leurs dispositifs de préparation.

    Pour le CERS, les progrès des FAIM doivent être considérés comme une source de risque systémique. En l’absence d’une action coordonnée à l’échelle européenne, les asymétries d’accès aux modèles et de capacités de défense pourraient se transformer en vulnérabilités structurelles et accroître le risque qu’une crise cyber se transmette à l’ensemble du système financier.

  • Charges et Produits 2027 : 38 % de la population concentre 63 % des remboursements, la Cnam veut mieux cibler les parcours pour économiser 3,9 Md€

    Comme chaque année, l’Assurance Maladie s’apprête à transmettre au ministre chargé de la Sécurité sociale et au Parlement ses propositions sur l’évolution de ses charges et produits. Son projet de rapport pour 2027 rassemble 40 propositions destinées à améliorer la qualité du système de santé, avec un objectif inchangé : ramener, à l’horizon 2030, l’évolution des dépenses et des recettes au rythme de la richesse nationale. Cette trajectoire implique 3,9 milliards d’euros d’économies par an. Certaines mesures relatives au remboursement et à la tarification des produits de santé pourraient être reprises dans le PLFSS pour 2027 ou dans le prochain accord-cadre sur les médicaments.

    L’Assurance maladie prévoit 3,9 milliards d’euros d’économies

    Des recettes en hausse, mais des dépenses qui progressent plus vite

    Après plusieurs années marquées par un déficit élevé, celui-ci devrait atteindre 15,9 milliards d’euros en 2025, soit 2,1 milliards de plus qu’en 2024. Au-delà de ce constat budgétaire, le rapport Charges et Produits 2027 met en lumière une évolution plus profonde : face à une progression durable des besoins de santé, la question n’est plus seulement de financer davantage le système, mais de mieux cibler les dépenses.

    La branche maladie resterait déficitaire de 15,9 milliards d’euros en 2025, avant un retour à 13,8 milliards d’euros en 2026 grâce à des mesures de financement. Mais cette amélioration masque une réalité plus profonde : les recettes continuent d’augmenter sans parvenir à suivre le rythme de progression des dépenses.

    En 2025, les dépenses progresseraient de 3,8 %, contre 3,1 % pour les recettes. Derrière cette dynamique se conjuguent plusieurs facteurs : le vieillissement démographique, l’augmentation des maladies chroniques, la diffusion d’innovations thérapeutiques souvent plus coûteuses ainsi que les revalorisations conventionnelles accordées aux professionnels de santé. Le déficit des établissements publics de santé, estimé à 2,7 milliards d’euros, illustre également cette pression sur l’ensemble du système.

    Le rapport montre que la question n’est plus uniquement budgétaire. Même avec davantage de recettes, la progression des besoins de santé continuera d’alimenter les dépenses. L’enjeu devient donc moins de rechercher des économies globales que d’identifier précisément les populations et les parcours qui concentrent ces dépenses afin de cibler plus efficacement les actions de transformation.

    De la donnée descriptive à la donnée décisionnelle

    La cartographie nationale des pathologies est mobilisée comme un outil d’aide à la décision. Construite à partir des données de 67,6 millions d’assurés, elle ne décrit plus seulement combien le système dépense, mais pour quelles pathologies, pour quels parcours de soins et pour quelles populations.

    Les premiers enseignements mettent en évidence une forte concentration des dépenses : 38 % de la population concentre près de 63 % des remboursements, principalement en lien avec les maladies chroniques. L’objectif n’est plus d’appliquer des mesures générales à l’ensemble du système, mais d’identifier les populations, les parcours et les situations cliniques qui concentrent réellement les besoins de soins.

    La donnée devient un outil de ciblage. Elle permet de repérer les populations les plus exposées, de mieux comprendre les facteurs de consommation de soins et d’orienter les actions de prévention, de coordination ou d’organisation là où elles auront le plus d’impact.

    Une cartographie des dépenses au service d’une meilleure compréhension des parcours

    Les hospitalisations hors pathologies repérées constituent le premier poste de dépenses avec 47,1 milliards d’euros, soit 22 % des remboursements de l’Assurance maladie. Elles sont suivies par les maladies cardiovasculaires (30,9 milliards d’euros ; 15 %), les cancers (29,3 milliards ; 14 %) et la santé mentale (29,1 milliards ; 14 %). À elles seules, ces quatre catégories représentent plus de la moitié des dépenses remboursées.

    La cartographie révèle également que les parcours de soins varient fortement selon les pathologies. Les maladies cardiovasculaires aiguës, les cancers en phase active, l’insuffisance rénale chronique terminale ou les maladies psychiatriques mobilisent principalement les établissements de santé, tandis que le diabète, les maladies neurologiques ou respiratoires chroniques reposent davantage sur les soins de ville. D’autres situations, comme les traitements chroniques par psychotropes ou la maternité, se caractérisent par un poids plus important des prestations en espèces

    Mon espace santé dépasse les 27 millions de comptes activés

    La Cnam dresse un bilan du déploiement des services numériques engagés. Mon espace santé compte plus de 27 millions de comptes activés et 2,5 millions de personnes s’y connectent chaque mois. Le parcours numérique maternité est utilisé par 20 % des femmes enceintes. L’application carte Vitale totalise 3 millions d’activations et près de 70 000 professionnels de santé utilisateurs. La numérisation concerne aussi les prescriptions : 167 millions d’ordonnances numériques ont été créées et une ordonnance sur deux réalisée par les médecins généralistes est au format numérique. La généralisation de l’ordonnance numérique figure parmi les mesures mises en avant par l’Assurance Maladie.

    Les aides à la décision médicale entrent dans le champ du remboursement

    L’article 84 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a instauré la prise en charge des systèmes d’aide à la décision médicale (SADM) par l’Assurance Maladie, dans le prolongement d’une proposition du précédent rapport. Ces outils doivent apporter une aide au professionnel au moment de la prescription ou d’une demande d’acte, en s’appuyant sur les données scientifiques disponibles et sur le contexte du patient. La Cnam inscrit ces outils dans sa politique d’amélioration de la pertinence des soins et des prescriptions. Cette orientation s’accompagne de la mise à disposition des professionnels de santé d’informations sur la pertinence de leurs prescriptions, via un observatoire de la pertinence et des outils de datavisualisation.

    Les données au service de la prévention et du suivi des patients

    Le rapport prévoit donc d’accroître l’utilisation des données dans les parcours de prévention, afin que le médecin traitant dispose d’informations sur la situation préventive de ses patients, par exemple sur la vaccination contre la grippe ou la participation aux dépistages. Dans le suivi des parcours, la Cnam propose d’expérimenter le recueil des résultats de soins rapportés par les patients (PROMs), à partir de questionnaires validés, avec l’objectif de permettre leur restitution dans le dossier médical partagé et leur utilisation par les professionnels dans leur pratique clinique.

    Le numérique intervient aussi dans l’accès à l’expertise spécialisée. Pour favoriser le diagnostic précoce des maladies neurodégénératives en médecine générale, la Cnam propose l’inscription dans le droit commun d’un bilan neuropsychiatrique et le recours à la téléexpertise de spécialistes, selon le principe expérimenté dans le cadre de l’article 51 PASSCOGH.

    L’IA expérimentée contre la fraude, après 723 millions d’euros de préjudices stoppés

    En 2025, près de 723 millions d’euros de préjudices financiers liés aux fraudes ont été détectés et stoppés. L’Assurance Maladie prévoit d’expérimenter, avant leur déploiement, de nouveaux outils fondés sur l’IA pour améliorer la détection des cas de fraude et leur traitement. Cette orientation doit s’accompagner d’échanges de données renforcés avec plusieurs partenaires : la Cnaf, l’Urssaf, France Travail, la Direction générale des finances publiques et les organismes complémentaires.

    La sécurisation passe aussi par la dématérialisation des flux. La Cnam propose de rendre obligatoire l’intégration au système Sesam-Vitale pour toutes les professions de santé et le respect des dernières normes de facturation d’ici 2028. La transmission dématérialisée des pièces justificatives via SCOR deviendrait obligatoire au 1er janvier 2028, avant la généralisation de la vérification des droits en ligne via ADRi/CDRi au 1er janvier 2029. Le rapport recommande en parallèle d’encadrer les délais de facturation, de conditionner le tiers payant à la présentation de la carte Vitale et de poursuivre les actions de prévention et de maîtrise des arrêts de travail.

    Médicaments onéreux : la priorité aux génériques et biosimilaires

    L’Assurance Maladie constate que la hausse du nombre de patients ne suffit pas à expliquer la progression des dépenses : le déplacement des prescriptions vers des molécules récentes et plus coûteuses tend à annuler les effets des baisses de prix obtenues.

    La proposition 24 vise à renforcer la prescription de génériques et de biosimilaires pour les molécules onéreuses, en oncologie en particulier. À efficacité comparable, l’Assurance Maladie recommande de privilégier les traitements et protocoles présentant la meilleure efficience. Cette orientation ne se limiterait pas à substituer un princeps par son générique ou une spécialité de référence par son biosimilaire : elle pourrait conduire à privilégier un générique ou un biosimilaire par rapport à une autre molécule récente encore protégée par un brevet.

    Les données de vie réelle pour réévaluer les remboursements

    Les propositions 25 et 26 prévoient de développer l’analyse des populations traitées en vie réelle et de mesurer leur degré de recouvrement avec les populations incluses dans les essais cliniques examinés par la Haute Autorité de santé. L’Assurance Maladie souligne que la progression des dépenses dépend du prix des traitements, mais aussi de l’augmentation de l’incidence et de la prévalence des maladies : davantage de patients sont diagnostiqués chaque année et certains restent traités plus longtemps.

    Financer la vaccination à l’hôpital et dans le médico-social

    Dans sa proposition 16, l’Assurance Maladie souhaite faciliter la vaccination contre la grippe, les pneumocoques et le Covid-19 dans les établissements hospitaliers et médico-sociaux. Elle constate que la couverture vaccinale des personnes âgées reste insuffisante au regard des conséquences sanitaires et économiques des pathologies concernées, et que l’absence de financement constitue un frein à l’organisation des campagnes à l’hôpital. Elle propose d’intégrer la vaccination au parcours hospitalier des patients atteints de maladies chroniques et d’en permettre la prise en charge financière, afin que les établissements n’en supportent pas seuls le coût. À moyen terme, cette politique pourrait produire un retour sur investissement favorable. Le rapport prévoit aussi une campagne de vaccination contre les pneumocoques chez les personnes âgées, pour favoriser le vieillissement en bonne santé.

    Nutri-Score, tabac et santé mentale parmi les priorités de prévention

    Au-delà de la prévention médicalisée, l’Assurance Maladie souhaite agir sur les déterminants de santé, avec un focus sur l’alimentation en 2027. Elle réitère sa proposition de généraliser et de rendre obligatoire le Nutri-Score pour les aliments emballés et recommande, sur la base d’études récentes, d’y ajouter une information sur le caractère ultra-transformé des produits.

    Sur le tabagisme, alors que la France se situe au troisième rang de l’Union européenne pour le nombre de fumeurs quotidiens, derrière la Grèce et la Bulgarie, elle soutient la proposition de loi « Pour une génération sans tabac », déposée à l’Assemblée nationale, qui vise à interdire la vente de tabac à une classe d’âge. Elle propose en parallèle de renforcer le dépistage de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), en articulation avec le déploiement du dépistage du cancer du poumon.

    En santé mentale, l’Assurance Maladie veut s’appuyer sur les résultats des expérimentations conduites dans le cadre de l’article 51 pour réduire les délais d’accès aux soins spécialisés et proposer des prises en charge adaptées aux enfants et adolescents. Elle préconise de renforcer et d’étendre les modèles de soins intégrés associant médecins généralistes, infirmiers et psychiatres.

    Maladies chroniques : la médecine de ville comme socle du parcours

    Pour les patients atteints de maladies chroniques, l’Assurance Maladie rappelle le rôle de la médecine de ville comme socle du parcours de soins et souhaite mieux prendre en compte l’expérience et le vécu des patients afin d’adapter les prises en charge à leurs besoins.  Plusieurs mesures concernent les personnes âgées. Outre la vaccination contre les pneumocoques, le rapport propose d’étendre Mon soutien psy aux personnes âgées traitées par benzodiazépines. Il prévoit aussi de développer, par l’intermédiaire des Agences régionales de santé, les solutions d’hébergement temporaire afin de fluidifier le parcours des personnes âgées à leur sortie de soins médicaux et de réadaptation (SMR) et de favoriser leur retour à domicile.

    Plus de dix propositions consacrées aux Outre-mer

    L’édition 2027 du rapport consacre un volet aux départements et régions d’Outre-mer, dont les indicateurs de santé sont moins favorables que ceux de l’Hexagone et qui sont confrontés à des vulnérabilités propres. Plus d’une dizaine de propositions visent ces territoires. Outre les mesures sur les biosimilaires et la distribution des médicaments onéreux, l’Assurance Maladie préconise un alignement strict des taux de sucre des produits commercialisés dans les DROM sur ceux des produits distribués dans l’Hexagone. Elle recommande le lancement d’un Plan Diabète et le renforcement de Mon soutien psy, avec une adaptation du dispositif aux spécificités locales.

    La CNAM réalise des projections financières et épidémiologiques à l’horizon 2030 afin d’anticiper les effets du vieillissement de la population et de la progression des maladies chroniques sur les dépenses de santé. Selon le scénario le plus tendanciel, les dépenses remboursées passeraient de 206,2 milliards d’euros en 2024 à 263,4 milliards d’euros en 2030. À l’inverse, un scénario associant virage préventif et régulation renforcée limiterait cette hausse à 241,2 milliards d’euros tout en stabilisant le poids des dépenses autour de 7 % du PIB.

    Le rapport dessine une extension du numérique à plusieurs niveaux du système de santé : services aux assurés, prescriptions, décision médicale, prévention, partage de données, parcours de soins et contrôle des dépenses. L’IA reste associée en premier lieu à la détection de la fraude, tandis que les outils d’aide à la décision médicale entrent dans une phase de prise en charge par l’Assurance Maladie. L’ensemble des propositions doit contribuer à la trajectoire de 3,9 milliards d’euros d’économies par an, avec un suivi attendu dans le cadre du PLFSS pour 2027 et du prochain accord-cadre sur les médicaments.

  • Palantir au NHS : 54 des 139 établissements hospitaliers raccordés n’ont utilisé aucune des huit applications analysées en un an

    Parmi les 85 trusts* actifs entre juin 2025 et juin 2026, 46 n’ont utilisé qu’une seule application, selon des données internes obtenues par le BMJ. Ces chiffres contrastent avec les 139 établissements officiellement raccordés à la plateforme, un nombre que le NHS England et le gouvernement citent comme preuve de son adoption.

    * Un trust est une structure du NHS britannique qui gère un ou plusieurs hôpitaux.

    La plateforme fédérée de données (Federated Data Platform, FDP) déployée par le NHS en Angleterre compte officiellement 139 trusts hospitaliers utilisateurs. Des données internes de NHS England, obtenues par le BMJ, montrent toutefois que seuls 85 d’entre eux ont enregistré une activité utilisateur sur les huit applications suivies au cours des douze mois précédant juin 2026. Les 54 autres établissements n’auraient enregistré aucune connexion à ces applications sur la période, et 46 des 85 trusts actifs n’en ont utilisé qu’une seule.

    Ces résultats interrogent l’indicateur retenu par NHS England, le gouvernement britannique et Palantir pour rendre compte du déploiement de la FDP : le nombre de trusts ayant rejoint la plateforme a été cité à plusieurs reprises comme une mesure de son adoption. En juin 2026, Rob Thompson, directeur du numérique, des données et des technologies du Department of Health and Social Care et de NHS England, déclarait devant la commission de la santé et des affaires sociales de la Chambre des communes ; « le fait que 139 trusts de soins se soient inscrits est pour moi un indicateur qu’ils veulent cette plateforme ou en ont besoin. »

    Huit applications analysées, dont Cancer 360 et OPTICA

    La FDP propose aux établissements une série d’applications reposant sur la technologie de Palantir, destinées notamment à réduire les listes d’attente ou à accélérer le diagnostic des cancers. Dans le cadre de sa demande FOI, le BMJ a demandé à NHS England combien d’utilisateurs uniques s’étaient connectés ou avaient accédé, chaque semaine pendant douze mois, à chaque produit de la FDP déployé dans chaque trust.

    NHS England a transmis des données d’activité couvrant huit applications jusqu’en juin 2026 : Cancer 360, Crisis Response, Inpatient CCS, OPTICA, Outpatient CCS, Patient Led Validation, RTT Validation et Shared PTL. Les données présentent, pour chaque établissement et chaque application, la moyenne hebdomadaire d’utilisateurs uniques. NHS England a précisé au BMJ que d’autres applications FDP étaient disponibles.

    L’utilisation peut rester limitée dans les établissements ayant accédé à ces outils. Dans les trusts de Barnsley, Buckinghamshire, Gateshead, Southport et East Lancashire, la moyenne s’établissait à deux utilisateurs uniques par semaine au cours des douze mois étudiés. Quatre des huit applications analysées ont par ailleurs été utilisées par moins de dix trusts sur l’année. Certains établissements affichent des niveaux supérieurs : Chelsea and Westminster NHS Foundation Trust, qui a adopté la FDP de manière précoce, enregistrait en moyenne 199 connexions hebdomadaires aux applications.

    Des experts questionnent l’intégration de la plateforme dans les systèmes du NHS

    Ces chiffres interviennent alors que le déploiement de la FDP fait l’objet de critiques au Royaume-Uni. Martin Wrigley, député libéral-démocrate membre de la Science and Technology Select Committee, les a qualifiés de « choquants ». La commission avait demandé en juin au gouvernement d’exercer la clause de rupture prévue dans son contrat avec Palantir. « Je vais demander des réponses au NHS England sur l’utilité réelle du système Palantir. Je soupçonne qu’il n’est tout simplement pas très bon », a déclaré le député.

    Pour Marc Farr, président du Chief Data and Analytics Officers Network, une organisation regroupant des responsables des données du NHS, les chiffres suggèrent que la FDP reste peu intégrée aux systèmes de données hospitaliers. « Même si nous pouvons constater que certaines personnes l’utilisent, une adoption significative n’est manifestement pas généralisée », estime-t-il. L’organisation se dit également préoccupée par le fait qu’une plateforme « de cette taille et de ce coût » ne semble pas apporter d’amélioration significative des capacités d’analyse de données, notamment dans les trusts déjà matures sur le plan numérique.

    Cancer 360 comparé à un « tableur amélioré » par un clinicien

    Un médecin travaillant dans un établissement utilisant les logiciels de Palantir a expliqué au BMJ ne pas être surpris par la faible utilisation observée. Selon lui, Cancer 360, une application présentée par le Premier ministre Keir Starmer comme un outil destiné à accélérer les diagnostics, serait à peine plus qu’un « tableur amélioré ».

    « Si vous ne savez pas utiliser un tableur, cela vous est probablement utile. Mais pour moi, en tant que clinicien ayant toujours utilisé des outils de données simples pour suivre le parcours de mes patients, cela n’apporte rien et n’a pas changé ma pratique clinique », a-t-il déclaré.

    Les bénéfices attribués à Palantir font l’objet d’un examen

    Le déploiement de la FDP s’inscrit dans un contexte de controverse autour de Palantir. L’implication de l’entreprise dans le NHS suscite des critiques en raison de ses activités liées aux politiques américaines d’immigration et aux opérations militaires américaines et israéliennes, ainsi que des préoccupations concernant la protection des données.

    NHS England fait par ailleurs l’objet d’une enquête de la UK Statistics Authority concernant l’utilisation de chiffres potentiellement trompeurs sur les effets positifs de la FDP. Le service de santé britannique a reconnu, dans une mise à jour publiée sur son site, qu’il ne pouvait pas attribuer les améliorations de performance observées au logiciel de Palantir, dans la mesure où « les autres variables n’ont pas été contrôlées ».

    Le BMJ avait déjà soulevé, en avril 2026, des interrogations sur la validité des données utilisées pour démontrer les bénéfices de la plateforme. Son analyse, menée à partir des données de l’un des premiers hôpitaux à avoir utilisé le logiciel de Palantir, estimait que certaines affirmations pouvaient confondre corrélation et causalité, en attribuant à la FDP la reprise de l’activité des blocs opératoires après la pandémie. Elle montrait également une augmentation des listes d’attente dans plusieurs spécialités.

    D’autres critiques portent sur l’expérience utilisateur. La lettre d’information d’investigation Democracy for Sale a rapporté que des responsables du NHS avaient reconnu en interne que la FDP était « lente et peu maniable », avec une « mauvaise expérience utilisateur », et que son utilisation restait difficile, y compris pour des professionnels formés.

    Des établissements inscrits sous la pression, selon un responsable du NHS

    Les données obtenues par le BMJ soulèvent aussi la question de la différence entre l’inscription d’un établissement sur la plateforme et son utilisation effective. Un directeur de l’analyse de données d’un trust du NHS, interrogé anonymement, affirme que son établissement s’est inscrit sans jamais se connecter à la plateforme.

    NHS England et Palantir défendent les résultats de la FDP

    Interrogé par le BMJ, le NHS England maintient que les personnels et les patients bénéficient de la plateforme, notamment par la réduction des journées d’hospitalisation jugées inutiles et l’augmentation des capacités des blocs opératoires, avec des économies pour les équipes du NHS et les contribuables. L’organisation précise avoir « toujours indiqué clairement » que les bénéfices publiés reposaient sur une comparaison des performances avant et après l’adoption de la plateforme, et affirme revoir ces informations et les mettre à jour lorsque cela est nécessaire.

    Palantir avance pour sa part que son logiciel aurait contribué à réaliser 110 000 opérations supplémentaires, à réduire de 15 % les retards de sortie d’hospitalisation et à augmenter de 6,8 % la proportion de patients apprenant dans un délai de 28 jours s’ils ont besoin d’un traitement contre le cancer.

    Les données obtenues par le BMJ ne permettent pas d’évaluer l’ensemble des applications disponibles sur la FDP, le NHS England ayant indiqué que son offre dépassait les huit outils couverts. Elles mettent néanmoins en évidence un écart entre le nombre de trusts officiellement connectés à la plateforme et l’utilisation enregistrée de ces huit applications, alors que le nombre de 139 établissements continue de servir d’indicateur de l’adoption du dispositif.

    Third of NHS hospitals signed up to Palantir software seem to not be using its apps

    Rhiannon Mihranian Osborne

    BMJ 2026;394

  • Le CHU d’Angers inscrit l’IA parmi les huit priorités de son projet d’établissement 2025-2030

    Une cellule Santé IA, Big Data, un portail patient adossé à l’application « Connect’CHU » et des projets d’IA en imagerie, en pathologie et en codage de l’activité figurent parmi les actions du projet d’établissement 2025-2030 du CHU d’Angers, construit avec les hospitaliers, les usagers et les partenaires.

    Le CHU d’Angers a publié son projet d’établissement pour la période 2025-2030. Ce document stratégique et de communication définit, sur la base du projet médical et soignant, la politique générale et les orientations de l’établissement pour les cinq ans à venir. Il s’inscrit dans une dynamique d’évolution et de prospective, tant de l’offre de soins que des besoins des patients et des professionnels. Il fixe la politique de coopération avec les établissements du territoire et les professionnels de santé de ville, et comporte un volet éco-responsable visant à diminuer les émissions de carbone.

    La gouvernance du CHU a voulu en faire un document synthétique, facile à s’approprier. Le contenu décline les axes stratégiques précédents en matière de responsabilité sociale et environnementale, d’innovation, de modernisation et de positionnement territorial. Il intègre des enjeux d’actualité : la prévention et la promotion de la santé, l’intelligence artificielle ou le management. Il vise à s’incarner au plus près des patients, selon une logique de parcours et de filières, et des professionnels, avec un enjeu d’attractivité et de fidélisation.

    Huit thématiques traduites en ambitions puis en actions

    Le projet est structuré en huit thématiques, définies au cours d’ateliers collectifs de travail, puis traduites en ambitions et en actions. Des projets issus des travaux du projet médico-soignant les illustrent. Chaque thématique s’incarne dans un défi qui engage la communauté hospitalière à se l’approprier :

    • Expérience agent : incarner et valoriser le CHU en tant qu’employeur.
    • Expérience patient : s’emparer de la parole du patient partenaire.
    • Éco-conception des soins : rendre des soins de qualité tout en réduisant ses impacts.
    • Transformation des organisations : agir et donner du sens à l’action;
    • Intelligence artificielle et innovation : se saisir des enjeux du champ de l’innovation.
    • Performance et attractivité : répondre aux besoins de santé du territoire avec efficience.
    • Parcours patient : assurer les conditions d’un parcours patient fluide et sans rupture.
    • Positionnement territorial : décliner la responsabilité populationnelle du CHU.

    D’après le sondage effectué lors du séminaire de lancement du projet médico-soignant, le 5 septembre 2024, les deux thématiques jugées prioritaires par les hospitaliers sont l’expérience agent et l’expérience patient. Elles constituent les marqueurs du projet d’établissement 2025-2030.

    Une cellule Santé IA, Big Data et une gouvernance de l’innovation

    Sur le volet intelligence artificielle et innovation, l’établissement prévoit de structurer un dispositif de gouvernance, de créer une cellule Santé IA – Big Data et de fluidifier le parcours des porteurs de projet.

    Le déploiement de solutions d’IA passe par la structuration des bases de données et la sécurisation de la data, le renforcement des terrains d’expérimentation, la détection et le déploiement d’outils opérationnels, le recrutement de compétences expertes et le maintien d’un niveau d’équipement requis.

    Le CHU entend aussi repérer l’expertise locale en IA (services, interlocuteurs, porteurs), former le personnel aux enjeux de cette technologie et valoriser l’expertise locale et territoriale.

    Plusieurs actions issues du projet médico-soignant traduisent ces orientations. Le département de pathologie cellulaire et tissulaire numérise ses lames microscopiques à l’aide de scanners dédiés, ce qui ouvre la voie au diagnostic anatomopathologique numérique et à l’utilisation d’outils d’IA.

    Le département de radiologie déploie le projet Oncology Assistant (OA), plateforme logicielle d’analyse automatisée et prédictive des scanners TAP en imagerie oncologique. La direction recherche clinique et innovation (DRCI) met en place un système de reconnaissance textuelle semi-automatisée à des fins de revalorisation du codage. Le service de pharmacologie-toxicologie développe une plateforme intégrée de médecine personnalisée, combinant dosages thérapeutiques de haute précision et analyses pharmacogénétiques (PGx), pour optimiser les traitements en oncologie et en psychiatrie. La thématique performance et attractivité prévoit par ailleurs de poursuivre les travaux sur le recours à l’IA pour le codage de l’activité.

    Portail patient, ordonnancement des lits et télémédecine

    Le numérique irrigue aussi le parcours patient.

    La direction des services numériques lance le projet de portail patient, avec un accès à l’application mobile « Connect’CHU » pour le patient et un portail de coordination pour les soignants, l’établissement programme un séjour ou un rendez-vous. Le CHU prévoit de mettre à disposition des établissements du territoire un logiciel d’ordonnancement des lits et de créer une cellule d’ordonnancement à l’échelle du territoire.

    Le service de néphrologie-dialyse-transplantation structure le parcours « maladie rénale chronique », du diagnostic à la prise en charge de la suppléance, avec un développement de la télémédecine. Le département de médecine d’urgence installe un dispositif d’information en temps réel sur le temps d’attente au SAU, en salle d’attente et dans les couloirs, tandis que le pôle Anesthésie Samu Urgences Réanimation (ASUR) met en place un suivi en temps réel du parcours du patient, de son entrée à sa sortie du bloc opératoire. Le pôle Biologie-Pathologie développe la génomique, avec de nouveaux outils numériques et une activité de recours pour le territoire.

    La sobriété numérique fait l’objet d’une action dédiée : le « Watt’Challenge ! », porté par la direction des services numériques au titre de l’éco-conception des soins, vise à faire prendre conscience aux professionnels de l’impact énergétique des pratiques numériques quotidiennes, l’envoi d’un mail ou d’une photo ayant une consommation d’énergie.

    Un suivi confié au Comité opérationnel jusqu’en 2030

    Au-delà du livrable, les actions du projet d’établissement s’incarneront en feuilles de route qui guideront l’action des directions, des programmes transversaux et des groupes de travail sur les cinq ans à venir. Le Comité opérationnel sera chargé du suivi et de l’évaluation du projet pour la période, sur la base d’indicateurs définis, et s’en fera le relais auprès des instances de l’établissement.