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  • Guy Vallancien : « Plus la médecine devient technologique, plus elle a besoin d’humanité »

    « De plus en plus de tâches techniques seront déléguées aux machines, aux robots, à des techniciens intermédiaires ou des ingénieurs. La biologie ou la radiologie sont notamment appelées à disparaître. Mais paradoxalement, plus la médecine devient technologique, plus elle aura besoin d’humanité »

    Guy Vallancien, chirurgien, professeur d’urologie et membre de l’Académie Nationale de Médecine dresse le portrait du médecin de demain, véritable conseiller, plus proche des patients dans son ouvrage « La médecine sans médecin, le numérique au service du malade » (Collection Le Débat, Gallimard).

    En quoi l’informatique cognitive aide-t-elle la médecine aujourd’hui ?

    La machine fonctionne sur des algorithmes, exactement comme mon cerveau. Mais la différence se situe au niveau de l’accès à l’information et de la capacité de traitement. La machine est meilleure que moi sur ce point et est très efficace pour effectuer des diagnostics: elle a accès à un savoir beaucoup plus vaste que le mien. En croisant ce savoir et les données du patient, elle m’aidera dans mes décisions en me fournissant des informations que je ne possède pas ou que je n’ai plus en mémoire.

    Il y a aussi un avantage thérapeutique, notamment sur des pathologie comme le cancer où l’on génotype les tumeurs. Je ne peux pas analyser à moi seul les milliards de bases de données que cela représente ! La machine, elle, en est capable.

    Ne risque-t-on pas de voir disparaître le médecin?

    De plus en plus de tâches techniques seront déléguées aux machines, aux robots, à des techniciens intermédiaires ou des ingénieurs, c’est certain. La biologie ou la radiologie sont notamment appelées à disparaître. Mais paradoxalement, plus la médecine devient technologique, plus elle aura besoin d’humanité. La relation entre le patient et le médecin va se renforcer et le médecin deviendra non pas généraliste mais global. Nous aurons toujours besoin d’un professionnel pour remettre en perspective ce qui arrive. On a tendance à oublier ce rôle fondamental du médecin. Ce dernier sera spécialisé dans la prise en charge et dans l’information du patient. Les gens ont quasiment accès à la même information que le médecin aujourd’hui. Nous devrons donc jouer le rôle de « reader’s digest » en quelque sorte. Enfin, j’insiste sur la communication et l’empathie dont nous devons faire preuve.

    Cela veut-il dire que les médecins devront acquérir de nouvelles compétences ?

    Il y a beaucoup à faire au niveau de la formation des médecins en effet. Les étudiants en médecine ne sont pas confrontés aux réalités du monde d’aujourd’hui. On ne leur apprend pas la communication par exemple ! On doit leur transmettre autre chose et leur apprendre à lever le nez de leur écran.

    En quoi est-ce une révolution ?

    Ce n’est pas une révolution, c’est une véritable mutation, un changement profond de société ! La science avance inexorablement. C’est dans sa nature de chercher à en savoir toujours plus. Et il y a fort à parier que nous irons trop loin, que nous créerons un monstre un jour ou l’autre. Mais c’est dans l’ordre des choses. C’est pour cette raison qu’il est très important que ce débat soit ouvert dès aujourd’hui au sein de la société. C’est le sens de notre propre humanité qui est en question !

    Qu’en est-il au niveau des institutions ?

    Nous vivons dans un monde où la technique évolue à une vitesse inimaginable. En même temps, tout est figé au niveau social et institutionnel. Les structures se crispent et se referment sur elles-mêmes. Le pays souffre d’un manque de souffle.

    L’État doit cesser d’essayer de tout contrôler à priori. Son rôle est de laisser agir et de jouer son rôle d’arbitre quand les choses débordent. Il ne doit pas essayer de gérer mais de garantir à tous l’accès à une santé de qualité.

  • Le développement de la vente en ligne « inéluctable » pour 41,3 % des pharmaciens (Direct Medica)

    L’enquête met en lumière l’inquiétude des pharmaciens quant à l’évolution de leur profession dans les 10 prochaines années.

    20 % des titulaires se déclarent prêts à se mettre à la vente en ligne d’ici 2025. Par ailleurs, ils sont 28% à penser que le conseil en ligne fera partie prenante de leur activité dans 10 ans. Mais c’est la perte du monopole officinal qui les inquiète le plus.

    80% des pharmaciens se déclarent inquiets pour l’avenir de leur métier, notamment face au phénomène d’ubérisation et la menace de l’entrée sur le marché des GAFA.