Financeurs

  • Le site MediEval4i propose aux patients de noter les médecins sur des critères non médicaux

    « Vous avez le droit de savoir qui vous soigne  », affiche le site MediEval4i, lancé le 15 avril 2019 par la société Medicine4i, qui propose aux patients d’évaluer leurs médecins sur 5 critères non-médicaux : accueil, ponctualité, explication, écoute, temps consacré.

    Les patients souhaitant participer à l’évaluation doivent créer leur profil sur la plateforme avec une adresse électronique ou par le biais d’un compte Gmail ou Facebook, une démarche gratuite. Ils peuvent ensuite chercher dans le moteur de recherche la fiche du médecin qu’ils veulent noter, et cocher un à cinq cœurs pour chaque critère, ce qui donne une « note globale » également sur cinq. Sur cette page qui évoque celle d’un hôtel ou d’un restaurant sur Tripadvisor, l’utilisateur doit laisser un avis d’ « au moins 100 caractères » avec un titre. MediEval4i permet aussi de préciser les conditions de la prise de rendez-vous ou la raison pour laquelle elle a été impossible.

    « Au vu de l’utilisation de mes données personnelles sans mon consentement, vous êtes en infraction avec le RGPD, proteste sur Twitter Bertrand Legrand, secrétaire général de la CSMF 59-62. Je vous remercie de me retirer immédiatement de votre base de données. Ma notoriété ne sera pas votre publicité. » Le généraliste propose sur sa page Facebook à l’intention de ses confrères une lettre demandant à MediaEval4i le retrait de leur profil sous « un délai maximal de deux mois ». Le docteur Jérôme Marty (UFML-S) « invite » pour sa part « tous les médecins à rappeler les bases même du RGPD » à Medieval4i et à « demander le retrait de leur fiche personnelle de ce site, exploitée sans leur autorisation ». « Cette ‘société’ ne fera pas son beurre de l’exploitation des données des médecins », commente-t-il.

    Médecins et patients partagés

    « Les difficultés d’accès aux soins génèrent des problèmes relationnels entre médecins et patients mais ce n’est pas la bonne méthode car si c’est le défouloir, cela va envenimer encore les relations », déclare le Dr Luc Duquesnel, président du syndicat Les Généralistes-CSMF (source : Le Quotidien du médecin). « Quand c’est ok, Personne ne note, Mais quand un patient est fâché, il note forcément », fait observer le kinésithérapeute Gildas Ribot. Président de la section éthique et déontologie du Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom), Jean-Marie Faroudja, estime de son côté que ce service risque « d’altérer la relation de confiance entre le médecin et le patient ».

    Alain-Michel Ceretti, président de France Assos Santé, qui fédère 85 associations de patients, juge au contraire que « c’est légitime de noter une structure où notre vie est en jeu ». « Quand les médecins savent qu’ils sont évalués, ça peut changer les choses », ajoute-t-il.

    M. Mattalah (Medicine4i), un « serial entrepreneur dans le domaine de la santé »

    MediEval4i est un service de la société Medicine4i, fondée et présidée par Mathias Mattalah. Ce dernier est le fondateur du cabinet de conseil spécialisé en santé Jalma, liquidé en 2018. Il a aussi fondé Smartsanté, éditeur de solutions e-santé spécialiste de l’accompagnement des malades chroniques, qui a développé Cardiosens, une solution de prévention du risque cardiovasculaire destinée aux salariés.

    Mathias Mattalah se présente sur le site de Medicine4i comme « un serial entrepreneur dans le domaine de la santé depuis près de 25 ans » dont les entreprises « ont permis aux consommateurs de santé de réduire le coût de leurs soins les moins bien remboursés par l’assurance (dentaire, optique, chirurgie, etc.) et d’investir de manière ciblée dans l’avenir de leur santé ». Il se fixe aujourd’hui comme objectif d’«accompagner les entrepreneurs et investisseurs de la médecine du futur », de « les aider à franchir les obstacles que les tenants de l’ordre établi vont dresser sur leur chemin » et d’ «anticiper les attentes des consommateurs de santé ».

    « Il est temps de faire évoluer les comportements »

    « Il est temps de faire évoluer les comportements », se défend l’entrepreneur dans Le Parisien : il se fonde sur un sondage qu’il a commandé à Harris Interactive selon lequel « seuls 17 % des sondés ont reçu à chaque fois que nécessaire une information sur les effets secondaires des médicaments prescrits ». Il prévoit de financer son site gratuit par un « comparateur d’offres en optique » rémunéré par les opticiens, et de lancer par la suite « un site de recommandations médicales à partir de sources indiscutables ».

    Les sites de notation des praticiens ont jusqu’ici tous dû fermer en France

    La notation des médecins est banale aux États-Unis, où les sites spécialisés abondent. Un des plus connus est RateMDs.com, qui revendique 2,5 millions d’évaluations et affiche sur sa page d’accueil un classement des meilleurs praticiens (« Best Doctors ») par spécialité. Les sites qui se sont lancés en France sur ce créneau (Note2bib.com, Notetondoc.com et Demica.com) ont tous dû fermer.

  • Trophées de la e-santé 2019 : derniers jours pour l’envoi des candidatures

    Le dossier de candidature pour participer aux Trophées de la e-santé 2019 doit être envoyé à trophees@universite-esante.com avant le 18 avril 2019 à minuit.
    Organisé dans le cadre de l’Université d’été de la e-santé, qui se tiendra à Castres du 2 au 4 juillet, le concours est ouvert à toutes les parties prenantes de l’écosystème de l’innovation en e-santé (entrepreneurs, chercheurs, professionnels de santé, étudiants, patients) ayant développé il y a moins de 2 ans une solution dans le domaine de la e-santé, soit une solution technologique ou de service, en cours d’étude ou ayant fait l’objet d’une mise sur le marché à partir de janvier 2017. Contrairement aux éditions précédentes, il n’y a pas de catégorie.

    « Les Trophées de la e-santé ont pour objectif de favoriser les usages du numérique dans les systèmes de santé, du soin, de l’autonomie et du bien-être », indiquent les organisateurs sur le site officiel du challenge.

    Calendrier :
    • 18 avril 2019 à minuit : date limite de dépôt des dossiers de candidature ;
    • du 22 avril au 19 mai 2019 : étude des dossiers de candidature et présélection des dossiers ;
    • 21 mai 2019 : annonce des finalistes sélectionnés ;
    • 2 juillet 2019 : présentation orale des 12 projets finalistes, délibération du jury et sélection des 6 super-finalistes ;
    • 2 et 3 juillet 2019 : présentation orale des 6 super-finalistes, délibération du jury et remise des prix lors d’une cérémonie organisée en fin de journée à Castres à l’école d’ingénieurs ISIS (campus universitaire, rue Firmin Oulès).
    En cas d’absence des gagnants lors de la remise des prix, « le jury se réserve le droit d’attribuer le dit trophée au dossier arrivé en 2ème position », précisent les organisateurs.

    Modalités de candidatures :

    • les dossiers doivent comporter l’intégralité des pièces justificatives demandées ;
    • ils peuvent être rédigés en français ou en anglais ;
    • tout dossier incomplet ou illisible sera rejeté.

    4 axes d’évaluation des projets

    Chaque dossier sera noté sur la base des 4 axes d’évaluation suivants (une note de 0 à 5 sera attribuée pour chacun de ces axes, 5 étant la meilleure note) :

    Axe 1 : identification du besoin et connaissance du marché

    • Préciser la problématique identifiée, son impact et ses conséquences en matière de santé publique ainsi que les acteurs et solutions déjà en place pour y répondre.

    Axe 2 : proposition de valeur et description de l’innovation

    • Préciser les bénéfices que l’innovation apporte par rapport à la concurrence ainsi que la perception de valeur qui en est faite par l’utilisateur, qu’il soit un patient, un professionnel de santé, un aidant, un chercheur, etc. ;
    • réaliser la description précise de la solution innovante afin de faire apparaitre clairement sa différenciation ;
    • indiquer la mention des brevets et des certifications obtenus ou à venir.

    Axe 3 : modèle économique et stratégie

    • Préciser les étapes clés (passées et à venir) pour le développement de la solution innovante ;
    • réaliser une présentation claire du modèle économique pour démontrer la viabilité économique du projet ;
    • faire apparaître les projections « plausibles » pour l’entreprise dans 3 ans en termes de part de marché, chiffre d’affaires et ressources humaines.

    Axe 4 : capacité entrepreneuriale

    • Préciser comment l’équipe portant le projet est composée :
      • mettre en avant les compétences internes, leur complémentarité et la cohérence globale pour mener à bien le projet ;
    • présenter les partenariats externes et leur impact sur la solution et la stratégie.

    Récompenses :

    En plus du Trophée, les lauréats recevront la dotation en numéraires qui lui est associée :

    • un Grand Prix : 6 000 euros ;
    • un 2ème Prix : 3 000 euros ;
    • un 3ème prix : 1 500 euros.

    « Les candidats sélectionnés par le jury bénéficieront également d’une visibilité accrue sur l’ensemble des supports de communication de l’Université d’été de la e-santé 2019, avant, pendant et après l’évènement », ajoutent les organisateurs, soit :

    • 2 pass pour les 2 journées de l’Université d’été de la e-santé 2019 ;
    • une exposition sur le corner des « finalistes » au sein du village start-ups pendant les 2 jours ;
    • une communication sur les réseaux sociaux de l’évènement ;
    • une campagne d’e-mailing ;
    • la mise en place de communiqués de presse ;
    • l’affichage dans le livret programmation ;
    • l’affichage sur le site internet de l’évènement ;
    • une exposition sur une web TV e-santé.

    Contact

    Pour toute information complémentaire, contacter Yann Peter, responsable « innovation » à Castres-Mazamet Technopole, au 05 63 73 51 09.

  • La région Île-de-France lance son challenge « AI for Health » 2019

    Dans le cadre du plan IA 2021, la Région Île-de-France lance son deuxième « Challenge AI ». Selon les termes du communiqué mis en ligne le 11 avril 2019, ce projet vise à lever des verrous scientifiques et technologiques dans des domaines prioritaires pour la Région, « grâce à la mise à disposition de données et à la mobilisation d’experts scientifiques et industriels internationaux ».

    « AI For health » est l’un des 3 challenges de cette édition, dotés chacun d’environ 1,5 million d’euros, avec « AI For industry » et « AI For citizens ». En plus de cette récompense, les candidats mèneront un projet collaboratif avec l’institut Gustave-Roussy, partenaire de l’opération.

    Leur défi : « utiliser l’intelligence artificielle afin d’apporter des réponses à 2 problématiques scientifiques liées au cancer » :
    • développer un algorithme basé sur l’analyse de données multiples afin de quantifier le risque de rechute chez les patientes présentant un cancer du sein localisé ;
    • mettre en évidence un biomarqueur pronostique à partir de clichés d’imagerie scanner et ultrasons afin de sélectionner le traitement le plus adapté pour chaque patient.  

    Calendrier :
    • 29 mars 2019 : ouverture des candidatures, qui doivent être réalisée sur la plateforme Aichallenge.parisregion.eu ;
    • 23 mai 2019 : ouverture de l’accès aux données ;
    • 1er juillet 2019 : clôture du challenge  ;
    • octobre 2019 : annonce des gagnants.

    Contact : aichallenge@parisregion.eu

    Qui peut candidater ?

    Le concours est ouvert aux start-ups et PME françaises et européennes, seules, à plusieurs ou associées à un laboratoire de recherche, à condition qu’elles soient implantées en Île-de-France ou qu’elles aient un projet d’implantation à court terme dans la région.

    Lors de la 1ère édition en 2018, 104 start-ups avaient candidaté, dont presque un tiers étaient étrangères.

    Composition du jury

    Le jury du concours est constitué de professeurs en oncologie de rang mondial (Pr Fabrice André, Nathalie Lassau, Jean-Yves Scoazec), de spécialistes de l’intelligence artificielle appliquée aux domaines de la santé issus de l’Inria et de CentraleSupélec (Émilie Chouzenoux ou Véronique Letort), ainsi que de représentants d’institutions du secteur de la santé, comme Medicen et Cancer Campus.

    Il devra déterminer quels sont les projets « les plus scientifiquement aboutis » et  « présentant les potentialités économiques les plus importantes ».

  • Doctochrono suspend son activité de vente de RDV après la saisine du Cnom par le Dr J. Marty (UFML)

    Doctochrono a suspendu son activité et l’accès à son site internet après que le Dr Jérôme Marty, président de l’UFML-S, s’est élevé début avril 2019 sur Twitter contre cette « conciergerie » qui promet à ses clients de leur négocier des rendez-vous médicaux prioritaires. Le médecin dénonce ce « parasite qui se nourrit sur les patients et les soignants », organisant « une sorte de marché noir » . La société explique avoir suspendu son service « dans l’attente de l’étude des allégations sur [son] activité ».

    Fondé en 2018, Doctochrono propose sur son site d’obtenir en 24 heures un examen d’IRM ou de scanner ou rapidement une consultation avec un spécialiste, « sans perdre de temps au téléphone ou à chercher sur les sites de rendez-vous en ligne » pour un tarif de 30 à 40 euros selon la spécialité médicale : « Vous ne payez que si nous trouvons », indique l’entreprise.

    Cette polémique intervient alors que selon une étude de la Drees publiée en octobre 2018, dans certaines spécialités médicales, les délais d’attente moyens avant consultation sont supérieurs à 2 mois :  61 jours en dermatologie ; 80 jours en ophtalmologie et 50 jours chez le cardiologue.

    Selon le Dr Jérôme Marty, Doctochrono « marchandise le soin »

    Le Dr Jérôme Marty estime que Doctochrono « marchandise le soin », rendant « de fait inégalitaire la prise de rendez-vous et l’obtention d’un délai court d’examen ou de consultation » et/ou orientant vers « la création d’un réseau de soin caché ». Il redoute la mise en place d’un engrenage, comme il le précise au Généraliste : « Plus DoctoChrono va acheter des pools de rendez-vous, moins il y en aura de disponibles pour les patients. Ils auront donc plus de difficultés et donc encore plus besoin de cette société ».

    Saisi, le Cnom va réaliser une instruction plus approfondie

    Saisi par le Dr Jérôme Marty, Jacques Lucas, délégué général au numérique du Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom), affirme sur Twitter avoir transmis cette « interrogation » aux services concernés du Cnom « pour une instruction plus approfondie ».

    Doctochrono estime pratiquer des tarifs raisonnables et aider « de nombreuses personnes »

    Doctochrono s’est défendu sur les réseaux sociaux, estimant  « pratiquer des tarifs raisonnables «  pour un service qui « a aidé de nombreuses personnes qui préfèrent payer un coordinateur pour se charger de recherches à leur place », notamment  « des personnes âgées, des patients qui n’ont pas d’entourage pour les aider.

    La start-up communiquait cependant sur Linkedin en direction des « entrepreneurs, cadres, dirigeants » pour qui il est difficile de « prendre soin de soi dans (des) vies chargées », visant également les « Français vivant à l’étranger » pour leur indiquer qu’« un passage en France peut être une bonne opportunité pour consulter un spécialiste, réaliser un examen ou même faire un checkup médical ».

    « Comment Doctochrono peut-il vous obtenir un rendez-vous aussi rapidement ? Rien de magique, mais le résultat de 15 ans de pratique dans le secteur de la santé », explique la société sur son site. Les dirigeants de Doctochrono, son président Stéphane Roy et son directeur général Nicolas Broussard, étaient en effet déjà associés depuis 2003 au sein de la société Simplify, qui propose un service de secrétariat téléphonique médical (aide à la prise de rendez-vous, transcription pour la saisie de comptes rendus, envoi postal des courriers et comptes rendus médicaux).

    La start-up affirme qu’elle « a pu ainsi développer des partenariats privilégiés avec les centres de santé et d’imagerie médicale et les cabinets de spécialistes sur l’ensemble du territoire », ce qui lui permet aujourd’hui d’avoir « accès en temps réel aux créneaux encore libres et aux nouvelles possibilités de rendez-vous dues aux désistements ».  

  • FASN Cancérologie : création de nouveaux métiers et transformation des pratiques (2/04/19)

    De nombreux aspects de la cancérologie sont aujourd’hui impactés par la transformation numérique et représentent des opportunités et des défis pour les acteurs de santé. Les évolutions de la prise en charge et de l’organisation des soins induites par les progrès de la recherche et les nouvelles thérapies ouvrent la porte à de nouveaux métiers mais invitent avant tout les professionnels à faire évoluer leurs pratiques et donc les métiers existants.

    Lors des 36h chrono de la cancérologie, qui se sont tenues le 2 avril 2019, Christelle Galvez, directrice des soins et des parcours de santé du Centre Léon Bérard à Lyon, a animé le lab sur la transformation des métiers de la cancérologie. « Nous avons surtout échangé sur l’évolution de nos métiers en lien avec le numérique. Pour les nouveaux métiers, nous avons réfléchi sur comment les intégrer, déterminer des cotations et trouver le langage commun », indique-t-elle à Health & Tech Intelligence.

    En effet, si le troisième plan cancer intègre les nombreux atouts de la santé numérique dans la prise en charge et l’organisation des soins, il reste silencieux sur la création de métiers liés directement au numérique. Unicancer va plus loin en appelant à l’accompagnement des nouveaux métiers liés au développement des données de santé (bio-informaticiens et data managers) et à la création d’une filière de formation.

    La santé numérique, pas encore vraiment une priorité

    De nombreux aspects de la cancérologie sont aujourd’hui impactés par la transformation numérique et représentent des opportunités et des défis pour les acteurs de santé. Outre les évolutions de la prise en charge et de l’organisation des soins induites par les progrès de la recherche et les nouvelles thérapies, de nouveaux métiers apparaissent et d’autres évoluent.

    Le troisième plan cancer intègre les nombreux atouts de la santé numérique dans la prise en charge (outils pour garder le lien avec l’école, l’université…) et l’organisation des soins (dossier patient informatisé, dossier communicant de santé…). Il intègre, dans son objectif 4, la reconnaissance de nouveaux métiers en cancérologie, comme l’infirmier clinicien, devenu depuis l’infirmier de pratique avancée, le radiophysicien et le dosimétriste. Pour autant, il n’évoque pas les métiers liés directement au numérique.

    Unicancer, qui appelle à un nouveau plan cancer, avait adressé une série de propositions aux candidats aux élections présidentielles de 2012. Parmi elles, l’accompagnement de l’émergence de nouveaux métiers en cancérologie dont ceux liés au développement des données de santé (bio-informaticiens et data managers). La fédération des centres invite également à la création d’une filière de formation et d’émergence des futurs métiers de la e-santé et du big data concernant le traitement du langage, l’analyse sémantique, etc.

    Le programme Ma Santé 2022, quant à lui, voit surtout dans le numérique, l’opportunité « d’améliorer les organisations, dégager du temps médical et offrir un bouquet de services numériques aux professionnels de santé ». Dans les faits, le développement de ces nouveaux métiers est donc encore au stade des expérimentations, notamment au regard de l’hétérogénéité du niveau de développement du numérique, évoqué par le Pr Gilles Calais, président de la FHF Cancer, dans une interview accordée à H&TI.

    L’évolution des métiers de la recherche

    Le premier axe du lab qui s’est déroulé lors des 36h chrono de la cancérologie a insisté sur la croissance des métiers de la recherche en cancérologie depuis 2004. Dans les CHU, en 2016, ils représentait plus de 5 000 employés équivalant temps plein. Le champs de la recherche regroupe ainsi 9 métiers reconnus depuis 2008, de l’assistant de recherche clinique au coordinateur mais aussi le gestionnaire de données médicales et le bioinformaticien.

    Pour Marie Lang, directrice du comité national de coordination de la recherche « la transformation attendue de la médecine doit faire repenser l’organisation de la recherche alors que la révolution numérique percutent les frontières entre recherche, santé, prévention et le parcours patient ».

    L’arrivée massive du numérique inquiète certains professionnels sur la valorisation de leur plus-value et donc sur la pérennité de leurs postes, qui sont déjà liés à la durée des projets de recherche et essais cliniques. Cette précarisation aboutit a un turnover important ainsi qu’à une difficulté de recrutement pour les métiers d’assistants ou techniciens de recherche clinique et de chefs de projets à compétence cancérologique, une fuite des talents et une démotivation.

    L’évolution de ces métiers à l’ère du numérique doit être accompagné d’une démarche pour les rendre plus attractifs et fidéliser ces professionnels.

    La création d’une direction des data

    Il y a environ 2 ans, une direction des data a été ouverte à l’Institut Curie, sous la direction du Pr Alain Livartowski pour « valoriser ces données accumulé depuis des années pour la recherche et pour la santé en utilisant notamment les algorithmes de l’intelligence artificielle », a indiqué à H&TI le professeur. Au sein de cette direction, plusieurs métiers sont représentés pour accompagner la transformation numérique.

    Selon Julien Guérin, directeur des données à l’Institut Curie, la transformation numérique est à la fois une modernisation des parcours de prise en charge clinique, avec notamment le développement de moyens de communication vers les patients et le développement d’outils innovants pour l’accompagnement diagnostique et théranostique (contraction de thérapie et diagnostic) ou des projets de recherche (entrepôts de données, IA). L’accompagnement au changement est une clé du succès pour tirer partie de toutes les énergies. « Il faut partir des idées reçues et montrer le bénéfice notamment de remettre l’humain comme valeur essentielle, commente Julien Guérin. L’outil n’est pas là pour contrôler mais pour aider. » Le numérique fait évoluer les métiers mais ne les remplace pas dans un contexte d’activité toujours plus tendu et à effectif constant.

    Les actions à faible plus-value (impression papier, transmission de documents, etc.) seront remplacées par de nouvelles actions à meilleure plus-value (contrôle qualité, temps pour la recherche, amélioration continue des processus). Par exemple, les assistantes médicales, dont l’activité était jusque là concentrée sur la saisie pourraient être inquiètes du développement des outils qui l’automatise. L’accompagnement au changement consiste à à leur redonner une valeur ajoutée et les faire évoluer dans leur métier. « Il s’agit d’ailleurs plus de l’évolution d’une équipe que des métiers », observe Julien Guérin.         

    Personnaliser la prise en charge avec le numérique

    L’apprentissage principal de ce lab est donc bien que la santé numérique, avant la création de nouveaux métiers, fait évoluer les métiers actuelles. La recherche menée par Julien Edeline, oncologue médical au Centre Eugène Marquis à Rennes, en est un bon exemple. Il réaliste actuellement une étude sur 5 centres pour recueillir les symptômes des patients, en s’appuyant sur les infirmières pour mieux organiser l’hôpital de jour (HDJ). Cette personnalisation anticipée de la prise en charge en HDJ est basée sur un recueil des données via un outil numérique et une évaluation clinique réalisée par une infirmière de pratiques avancées (IPA).

    Le tout nouveau métier d’IPA, dont le décret est paru en juillet 2018, croise ainsi le développement de la santé numérique. L’algorithme permet d’anticiper et authentifier les actions à mettre en place lors de la venue des patients selon le recueil. L’IPA est ainsi intégrée pleinement et a sa place dans l’organisation. Grâce à l’outil numérique, elle participe à rendre plus efficace le temps passé en hôpital de jour.

  • Bayer Challenges 2019 : Grant4Apps lance un appel à collaboration avec des start-ups e-santé

    Le groupe pharmaceutique allemand Bayer lance via son accélérateur G4A (Grants4Apps) un appel à partenariats adressé aux sociétés innovantes pour des collaborations de long terme dans une série de spécialités en e-santé.  

    Bayer a publié au début du mois d’avril 2019 le détail des projets auxquels il propose aux start-ups de collaborer, dans 10 domaines allant de la cardiologie à la radiologie. Les dossiers de candidatures peuvent être envoyés jusqu’au 31 mai 2019 via le site en lien ici.

    Les candidats présélectionnés seront recontactés au mois d’août pour des prises de contact avec les équipes de Bayer. Les accords définitifs seront signés à Berlin au début du mois d’octobre.

    G4A Partnerships : combinaison des programmes Accelerator, Dealmaker et Generator

    Bayer « franchit une nouvelle étape », souligne le communiqué daté du 21 mars 2019 : « au lieu de programmes de démarrage uniques », le groupe « se concentre désormais sur des domaines spécifiques », comme les e-thérapies numériques, l’IA appliquée à la découverte de médicaments et les plateformes d’engagement des patients.

    Pour ce faire, les 3 programmes existants de Bayer (Accelerator, Dealmaker et Generator) ont été combinés pour former G4A Partnerships, une initiative conjointe destinée aux jeunes entreprises du secteur de la santé, quel que soit leur stade de développement.

    Des challenges métier spécifiques ont été définis avec mission pour les start-ups de proposer leurs solutions, et les projets sélectionnés seront développés dans des équipes constituées en commun avec le groupe Bayer.

    Un financement initial unique de 50 000 à 100 000 euros

    Les start-ups recevront un financement initial unique (de 50 000 à 100 000 euros), ainsi que des financements supplémentaires lorsque des objectifs définis conjointement seront atteints.

    « L’écosystème e-santé a mûri au fil des ans et il existe des jeunes entreprises très bien développées à différents stades. Nous voulions simplifier leurs possibilités de coopération avec Bayer et mettre en œuvre ensemble des solutions innovantes plus rapidement », commente Eugène Borukhovich, responsable mondial de la santé numérique à Bayer.

    « Il s’agit avant tout de développer de nouvelles solutions à même de changer la façon dont la santé est vécue, ajoute le Dr Zsuzsanna Varga, responsable des partenariats en santé. Nous sommes convaincus que des collaborations à long terme avec des sociétés d’e-santé partageant la même passion et la même vision sont le meilleur moyen d’y parvenir.

  • L’APF France Handicap lance APFLab-LeHub pour connecter numérique et inclusion

    APF France Handicap lance APFLab-Le Hub. Cette structure se fixe l’objectif d’ »évaluer le potentiel des technologies émergentes, des nouveaux produits et services susceptibles de compenser un handicap ou un déficit sensoriel [et de] faire connaître ces mêmes technologies au plus grand nombre, en informant et formant les aidants et les bénéficiaires ». Elle remplace le Centre d’expertise et de ressources nouvelles technologies et communication (C-RNT).

    Le lancement a été célébré le 5 avril 2019 à l’imaginarium Plaine Images de Tourcoing (Nord) en présence de Sophie Cluzel, la secrétaire d’État en charge des Personnes handicapées, de Gérald Darmanin, du ministre de l’Action et des Comptes publics etex-maire de Tourcoing (2014-2017), et de Marie-Anne Montchamp, présidente de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA).

    Le C-RNT était installé depuis sa création en 1996 à l’Institut d’éducation motrice (IEM) Christian Dabbadie, à Villeneuve-d’Ascq. Il a rejoint en juin 2018 la Plaine images, écosystème de 125 entreprises dédié aux industries créatives (animation, audiovisuel, jeux vidéo, marketing digital) afin de promouvoir l’innovation dans son domaine.

    800 fiches pratiques à disposition

    APFLab-LeHub se veut « l’interlocuteur privilégié de toute personne physique ou morale à la recherche de solutions innovantes d’accessibilité [ou qui] cherche à approfondir sa connaissance des usages numériques des personnes en situation de handicap », précise APF France Handicap. Il publie sur son site internet quelque 800 fiches pratiques dans 7 domaines : contacteurs, ordinateurs, logiciels et appli, jeux et loisirs, aide à la communication, mobilité et domotique.

    Une collaboration avec des chercheurs et des industriels

    Parallèlement à cette mission d’information, le Hub ambitionne de collaborer avec des chercheurs et des industriels pour « s’assurer que les besoins des personnes en situation de handicap sont intégrés dès les phases de conception ».

    La Plaine image : un hébergeur de start-ups

    Saluant de son côté les entrepreneurs qui « font bouger les lignes en proposant des solutions adaptées », La Plaine image donne l’exemple d’une start-up qu’elle héberge, Wivy, connue grâce à son application professionnelle d’animation en Ehpad.

  • L’ARS Pays de la Loire lance un AAP : innovation en santé et prise en charge de la douleur

    L’Agence régionale de santé (ARS) des Pays de la Loire souhaite soutenir des projets porteurs d’innovation permettant d’améliorer l’accès aux soins et la prise en charge de la douleur chez les personnes atteintes de cancer sur l’ensemble du territoire, en permettant à plus de patients d’avoir accès aux techniques innovantes tout en assurant un suivi de proximité.

    Cet appel à projet (AAP) dispose d’une enveloppe de 100 000 euros et est ouvert à l’ensemble des professionnels, établissements et associations du champ concerné. L’ARS sera attentive aux collaborations proposées : établissements de santé, entreprises et start-ups, sociétés savantes, laboratoires, associations, living lab….  

    Le dossier de candidature doit être envoyé au plus tard le 30 juin 2019 :
    • par courrier électronique : chantal.boudet.ars44@ars.sante.fr
    • ET par voie postale, en 2 exemplaires, en courrier recommandé avec accusé de réception ou remise en main propre à l’adresse suivante :
    ARS Pays de la Loire
    CS 56233
    44262 NANTES cedex 2.

    Périmètre de l’appel à projet

    Les porteurs peuvent proposer :

    • des modalités d’interventions innovantes afin d’améliorer l’accès de la prise en charge de la douleur à proximité du lieu de vie des personnes.
    • des nouveaux outils, nouvelles pratiques des professionnels ou dispositifs d’accompagnement ayant un impact sur l’organisation de la prise en charge.
    • des nouveaux outils, nouvelles pratiques des professionnels ou organisation favorisant l’autonomie des patients.

    Les projets devront s’inscrire dans un objectif d’application concrète.

    Critères de recevabilité des projets :

    • dossier complet et régulier ;
    • projet sur 24 mois maximum ;
    • un montant inférieur à 50 000 euros pour l’aide demandée, demande de financement uniquement sur des dépenses non récurrentes et exclusivement liées à la mise en œuvre du projet ;
    • le coût complet doit être supérieur au montant de l’aide, le projet doit faire l’objet d’un cofinancement.

    Critères d’éligibilité des projets : 

    • entrer dans le champ de l’AAP et être réellement innovant ;
    • ne pas porter pas atteinte à un droit de propriété intellectuelle caractérisant une contrefaçon au sens de la propriété intellectuelle ;
    • avoir un projet fondé sur un modèle économique assurant sa pérennité ;
    • préciser les indicateurs d’évaluation et les modalités de réalisation de l’évaluation.
  • FASN Cancéro : Hospitalink remporte le start-up challenge (2/04/19)

    Hospitalink remporte le start-up challenge des Rencontres nationales de la santé numérique, qui se tiennent ce mardi 2 avril 2019. L’événement est organisé par la société Care Insight dans le cadre de la campagne #FASN (Faire avancer la santé numérique) sur le thème de la cancérologie à l’ère du numérique, en partenariat avec Unicancer, afin d’accompagner la transformation numérique et organisationnelle de l’offre de soins.

    Fondé en 2016, Hospitalink propose une application mobile permettant d’optimiser la communication entre le patient hospitalisé et le personnel soignant. La solution est actuellement en fin de phase d’expérimentation dans plusieurs centres de soins et ne génère du chiffre d’affaire que depuis 2019. La société a jusqu’à présent bénéficié de subventions publiques pour mener à bien ses expérimentations et son développement R&D.

    Les 2 autres finalistes du concours étaient :
    • Anamnèse : propose aux professionnels de santé un assistant virtuel capable de mener un entretien médical avec le patient ;
    • Health for People : met l’intelligence artificielle au service de l’éducation à la santé et se propose de renforcer le niveau de littératie des patients et la maîtrise de leur santé à chaque étape de leur vie.

  • Les solutions de ExactCure, Posos et Vidal mises en avant par le Collectif « Bon usage du médicament »

    Les projets portés par ExactCure, Posos et Vidal Group font partie des solutions mises en avant par le Collectif « Bon usage du médicament » à l’occasion de son colloque annuel, qui s’est tenu fin mars 2019 au sein du ministère des Solidarités et de la Santé.

    L’événement a été organisé dans le cadre d’un contexte politique fort, la pertinence des soins étant l’un des objectifs clés affichés de la stratégie Ma Santé 2022. « Le bon usage du médicament s’impose dans la réflexion nationale comme un levier majeur pour répondre à cet enjeu », indique le collectif.

    « Mauvais dosage, mauvaise prise, non-respect du traitement prescrit, interaction entre plusieurs médicaments… les causes d’un accident lié à un médicament sont multiples et la plupart d’entre elles pourraient être évitées, explique le collectif. Le bon usage du médicament est un véritable enjeu de santé publique, puisqu’au-delà des conséquences sur le patient, qui peuvent aller jusqu’au décès, un bon usage du médicament entre dans l’objectif de pertinence des soins, et représente des économies non négligeables pour l’Assurance maladie. »

    Après un tour d’horizon des expériences internationales, 12 projets innovants destinés à favoriser le bon usage des médicaments ont été mis en avant devant l’auditoire au cours du colloque.

    Voici 4 exemples de projets innovants sur un plan technologique, numérique et médico-économique présentés par le collectif :