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  • Expérience patient : quel apport du numérique et quel impact pour les organisations ? (état des lieux, études, cartographies)

    Contexte de l’expérience patient : retour sur les dates clés et les enjeux de l’expérience patientHealth & tech Intelligence  met en lumière l’importance croissante de l’expérience patient dans les politiques de santé françaises à partir des années 2016. Notamment à travers la stratégie “Ma Santé 2022”, premier jalon de la mise en avant de l’expérience patient dans les organisations. Par ailleurs, l’intégration des mesures PROMs et PREMs pour évaluer la qualité des soins et la satisfaction des patients vise à renforcer la transparence et l’autonomie des décisions des usagers. L’initiative du “patient traceur” est présentée comme une méthode pour évaluer et améliorer les pratiques de soins, en se basant sur les retours et perceptions des patients pour une prise en charge optimisée et centrée sur leurs besoins.

    👉 Dans cet article, H&TI fait le point sur :

    • la définition de l’expérience patient et celle du patient traceur ;
    • les dates clés en France ;
    • les enjeux de l’expérience patient.

    Mesure de la satisfaction et de l’expérience patient : regards croisés de la HAS, de l’OCDE et du Leem

    Dans un entretien accordé à Health & Tech Intelligence, Dr Laetitia May souligne que pour maximiser l’impact d’e-Satis, il est important de promouvoir une participation accrue des patients à tous les niveaux de soins, avec une implication de corps médical et paramédical. Cela nécessite une sensibilisation continue et un engagement des équipes pour assurer une réponse adéquate aux questionnaires pour la qualité des soins et le bien-être des patients.

    👉 Dans cet article, H&TI fait le point sur :

    • le regard de la HAS à travers le questionnaire e-Satis ;
    • le rapport du Leem (2022) et la perspective de l’industrie pharmaceutique sur l’expérience patient ;
    • et le rapport de l’OCDE à travers une étude européenne sur l’enjeu de l’échange des données.

    Focus solution : l’utilisation de l’IA pour l’analyse des verbatims

    Health & Tech Intelligence a assisté à la présentation par Daniel Ritter lors de la journée “Quel impact du numérique dans la filière industrielle du DM”, où il a présenté la solution Better World. La solution est spécialisée dans la collecte, l’analyse et l’exploitation des retours patients.

    👉 Dans cet article, H&TI fait le point sur :

    • la nature de la solution ;
    • ses principales fonctionnalités.

    Etude : une standardisation nécessaire des méthodologies de mesure de l’expérience patient

    Cette étude scientifique rédigé par Anna Lena Friedel et al, vise à éclairer les méthodologies et l’importance de ces mesures malgré les défis de comparabilité entre pays et les problèmes méthodologiques. En examinant les données provenant de pays tels que l’Allemagne, la Suède, le Royaume-Uni et les États-Unis, l’étude cherche à identifier des opportunités pour améliorer la collecte, la publication et l’utilisation des commentaires, avis et évaluations que les patients fournissent sur leur expérience de soins.

    👉 Dans cet article, H&TI fait le point sur :

    • la difficulté des comparaisons ;
    • les standards internationaux ;
    • et la distinction entre expérience et satisfaction patient.

    Cartographies

    Cartographie des solutions de l’expérience patient :

    Les PREMs et les PROMs  sont promus par la HAS pour enrichir la compréhension de l’expérience des patients et intégrer leurs retours dans l’amélioration continue des soins. Des solutions comme Zedoc, MyPath, et Awell health jouent un rôle clé dans la personnalisation des traitements et l’amélioration de l’expérience patient en temps réel. D’autres solutions comme EntendsMoi ou Better World permettent d’analyser les verbatims des patients.

    👉 Dans cet article, une analyse de l’offre existante aujourd’hui et une cartographie des innovations disponibles.

    Cartographie des acteurs de l’expérience patient :

    Les associations cherchent à recentrer la prise en charge sur le patient, promouvant son rôle actif dans son parcours de soins. En France et à l’international, des initiatives telles que celles portées par France Assos Santé et l’association Shared Patient Experience œuvrent pour intégrer l’expérience patient, tandis que l’Institut français de l’expérience patient (Ifep) et des outils comme e-Satis de la HAS encouragent les établissements de santé à améliorer la satisfaction et l’accompagnement des patients tout au long de leur séjour.

    👉 Cette cartographie H&TI permet de comprendre les articulations entre ces différentes organisations.

    Comparaison internationale des initiatives autour de l’expérience patient selon les pathologies de l’institut Ichom à travers le monde :

    Le panorama met en lumière une diversité d’initiatives internationales visant à améliorer l’expérience des patients à travers 45 pathologies. On note une concentration notable dans des spécialités comme la psychiatrie, la neurologie, l’oncologie, et la cardiologie. Les États-Unis dominent le paysage des initiatives avec 273 projets en cours, tandis que la France, en comparaison, affiche un retard marqué avec seulement 9 initiatives.

    👉 Cette comparaison H&TI permet de visualiser la maturité des initiatives à travers le monde à travers le prisme des 45 pathologies.

     

    Données clés de l’étude Expérience Patient @ H&TI
  • Comparaison internationale des initiatives autour de l’expérience patient selon les pathologies

    Un nombre d’initiatives variable en fonction des pathologies

    Le travail de l‘International consortium for health outcomes measurement (Ichom) permet de voir que des initiatives pour l’amélioration de l’expérience des patients sont amorcées dans la quasi-totalité des pathologies. Au total, ce sont 45 pathologies qui sont concernées par ces initiatives. H&TI les a regroupés en 17 spécialités médicales, allant de la cardiologie à la nutrition, en passant par la médecine générale et la psychiatrie.

    Les spécialités avec le plus d’initiatives sont :

    • la psychiatrie (173) ;
    • la neurologie (153) ;
    • l’oncologie (121) ;
    • et la cardiologie (120).

    Loin devant les autres spécialités, telles que la néphrologie (19) et l’urologie (16). Mais si l’on compare chaque pathologie entre elles, l’écart devient beaucoup moins grand, même si la fibrillation auriculaire et ses 33 initiatives est loin devant la cataracte et ses tout juste 10 initiatives. Le nombre médian d’initiatives par pathologie est quant à lui de 24 initiatives avec 7 pathologies dont le nombre d’initiatives en cours  pour faire évoluer l’expérience patient est de 30 ou plus : il s’agit des maladie des valves cardiaques (30), du diabète, des troubles alimentaires, des cardiopathies congénitales (32), de la fibrillation auriculaire, des troubles neurodéveloppementaux et du covid-19 (33).

    Les USA bons premiers, la France en retard

    Pour ce qui est du nombre d’initiatives par pays : les États-Unis arrivent en tête du classement et loin devant. Alors que le Royaume-Uni conforte sa deuxième place avec ses 164 initiatives en cours, les USA sont à l’origine de 273 initiatives, soit plus d’un quart des initiatives en cours pour faire progresser l’expérience du patient lors de sa prise en charge. C’est l’Australie qui vient compléter le podium avec ses 90 initiatives. La France apparaît quant à elle loin derrière avec seulement 9 initiatives en cours, dont deux pour la thrombose veineuse profonde, et une pour chacune de ces pathologies : la maladie inflammatoire de l’intestin, la santé des adultes, la santé des nouveau-nés prématurés et hospitalisés, la dépression et l’anxiété chez les enfants et les adolescents, la démence, le cancer de la prostate et l’arthrite inflammatoire.

    A l’inverse de la France, les USA ont amorcé des initiatives pour améliorer l’expérience patient dans presque toutes les pathologies présentes sur la cartographie de l’Ichom. Les pathologies dans lesquelles les USA sont le plus impliqués sont le cancer de la prostate avec 12 initiatives en cours, suivi du cancer colorectal, de l’autisme et de la maladie de l’artère coronaire avec pour chacune de ces maladies 11 initiatives en cours.

    Répartition des initiatives selon les aires thérapeutiques @ H&TI

     

     

  • Panorama des principaux acteurs de l’écosystème de l’expérience patient

    Recentrer la prise en charge sur le patient

    Si le patient est la personne qu’il faut traiter lors de la prise en charge, avec l’évolution scientifique des technologies qui permettent cette prise en charge, le patient est passé en second plan lors de son propre parcours de soins, l’intérêt ayant été déporté vers sa maladie. Pourtant, chaque patient est unique et le traitement d’une même maladie peut varié d’un malade à l’autre. C’est pourquoi les associations de patients prônent en France et dans d’autres pays, comme l’Espagne, les bienfaits de l’expérience patient qui permet de recentrer la prise en charge sur le patient, qui va devenir lui-même un acteur de son propre parcours de soins.

    C’est le cas notamment de France assos santé qui collabore souvent avec d’autres associations et organismes pour promouvoir l’investissement des représentants d’usagers dans l’expérience patient en coopération avec les membres de la commission des usagers et les autres usagers qui sont dans l’établissement, qu’ils soient des patients partenaires, ou des représentants d’association de patients ou de familles présentes dans l’établissement. C’est le cas aussi de l’association SPX qui organise régulièrement des séminaires et des événements pour faire des propositions relatives à l’expérience patient.

    Plus que la promotion de l’expérience patient, certaines associations développent des plateformes comme celle de Cancer contribution qui permet aux aidants et aux patients de s’informer sur les enjeux du cancer, mais aussi d’aider les autres à travers de leur partage d’expérience et donc “être acteur du changement”.

    Des instituts français et internationaux dédiés

    À une échelle plus large, l’Institut français de l’expérience patient (Ifep) a vocation à contribuer à “faire de l’expérience patient un levier de transformation du système de santé en France” et de “porter une mission d’intérêt général en résonance avec les attentes de la population”. Il fait parti des acteurs qui souhaitent que l’expérience du patient lors de son parcours de soins soit plus pris en compte de sorte à ce qu’il soit la cible privilégiée du traitement et que l’on considère non pas comme un simple patient, mais comme une personne à part entière “avec sa personnalité, ses préoccupations, ses attentes”. Dans son dernier baromètre, l’institut explique que l’expérience patient est un concept avec lequel les professionnels de santé ne sont pas encore familiers.

    Créé en 2016, l’Ifep s’inspire des structures qui ont vu le jour avant lui hors de la France pour faire de l’expérience patient un concept qui doit être pris en compte par les professionnels de santé lors de la prise en charge du patient. Le Beryl institute de Nashville (USA) fait partie des structures qui ont inspiré la création de l’Ifep. Dès 2010, cet institut a mis un point d’honneur a transformer l’expérience humaine dans le domaine des soins en offrant un accès à des recherches, à des pratiques éprouvées, des opportunités de réseautage et de développement professionnel ainsi qu’un espace sûr et neutre pour échanger des idées et apprendre pour améliorer l’expérience des patients lors de leur prise en charge.

    Les institutions comme boussole

    Les institutions de l’état prennent aussi le sujet de l’expérience du patient très à cœur. C’est le cas notamment de l’Agence nationale de la performance sanitaire et médico-sociale (Anap) qui explique qu’il est important de recueillir le besoin des patients et leur perception de leur parcours de soins afin « d’adapter les modes de prise en charge et de mettre en place un parcours plus performant et confortable ».

    Pour aider les hôpitaux à prendre en compte l’expérience de leurs patients, l’agence nationale propose un guide propose pour mettre en place des méthodes de recueil de l’expérience des patients et usagers afin de « faire émerger des pistes de travail et identifier des solutions d’amélioration ».

    L’outil e-Satis déployé par la Haute autorité de santé (HAS) à la même vocation que le guide de l’Anap : celui de mettre en place des solutions visant à prendre en compte à plus grande échelle l’expérience du patient lors de son passage à l’hôpital. Depuis 2016, cet outil sert à mesurer la satisfaction du patient lors de son séjour. Envoyé deux semaines après son passage à l’hôpital, cet outil se présente sous la forme de questionnaires qui « portent sur des dimensions qui suivent les étapes importantes du parcours de soins ». D’autres initiatives ont été mises en place pour recueillir l’expérience des patients lors de leur séjour en établissement de santé, comme la méthode Amppati développé par la Structure d’appui régionale à la qualité des soins et à la securité des patients d’Île-de-France.

    Une intégration grandissante dans les établissements

    Influencés par la tendance qui se dessine en France à propos de la prise en compte de l’expérience du patient, les établissements de santé commencent eux même à devenir des acteurs de l’expérience patient.

    Dès 2017, l’AP-HP a déployé le label « hospitalité » pour améliorer l’expérience du patient de son entrée à la sortie de l’hôpital. Et en 2024, dans le cadre de son plan « 30 leviers pour agir ensemble » , le plus grand CHU de France a mis en place 10 engagements pour l’expérience patient, notamment par la facilitation de la prise de rendez-vous et du premier contact avec l’hôpital, l’amélioration de la qualité des séjours à l’hôpital, mais aussi la prise en compte de l’avis des patients dans les décisions et cela à tous les niveaux.

    Et l’AP-HP n’est pas le seul hôpital à prendre en compte l’expérience patient. Les Hospices civiles de Lyon (HCL) déploient aussi le dispositif Peps (pour Partenariat et expérience patient en santé) qui a pour objectif de prendre l’avis des patients et des aidants construire des réponses adaptées à leurs besoins dans le cadre de la prise en charge.

    Cartographie des acteurs – @ H&TI

     

  • NLP : en quoi consiste la solution de Better World pour l’analyse des verbatims des patients ?

    Un transfert d’expertise du secteur automobile à la santé

    Better World concentre aujourd’hui la majeure partie de ses activités dans le secteur de la santé (plus de 60 %). Cependant, c’est dans l’industrie automobile que l’entreprise française a initialement développé sa solution. Daniel Ritter, président et cofondateur de Better World, explique que les ingénieurs automobiles ne communiquent pas avec les utilisateurs et se basent sur des groupes de discussion limités, ce qui ne reflète pas les avis de millions d’utilisateurs rencontrant des problèmes quotidiens avec leur voiture. En 2017, Better World a donc eu l’idée de recueillir tous les retours des clients sur leurs voitures à partir des millions de témoignages disponibles sur internet et notamment en s’appuyant sur les forums spécialisés. C’est en 2019, que des acteurs du secteur de la santé se sont intéressé à la solution développée par Better Word et ont suggéré que cette méthode pourrait s’appliquer à l’expérience patient.

    Aujourd’hui, Better World est le leader en France dans l’analyse des verbatims patients par l’intelligence artificielle (IA). L’entreprise collabore avec plus de 600 établissements de santé et médico-sociaux. En moyenne, cela représente entre 5000 à 10 000 verbatim par établissement et par an, mais pour des grands groupes d’hospitalisation privés, cela peut aller jusqu’à plusieurs centaines de milliers de verbatim

    Leur solution est notamment déployée dans les groupes privés (Elsan, Vivalto Santé, Almaviva Santé, EHPAD du Groupe Colisée, Hôpital des 15-20, l’Hôpital Foch). À ce jour, sur les 101 établissements où la solution Better World est déployée, ce sont 700 000 verbatim patients qui ont pu être analysés.

    De la collecte à l’analyse d’informations

    Notons que l”évènement du SNITEM  : “Quelle est la place du  numérique dans le secteur industriel du dispositif médical ?” en date du 17 juin, a été l’occasion pour l’entreprise Better World de présenter cette solution devant les acteurs du DM.

    Better Wolrd se base sur plusieurs sources afin de collecter le maximum d’avis clients :

    • grâce au dispositif national e-SAtis de la Haute autorité de santé (HAS) permettant de mesurer en continu la satisfaction et l’expérience des patients qui ont été hospitalisés, dans le public comme dans le privé ;
    • dans les propres enquêtes que font les établissements et au travers notamment du questionnaire de sortie ;
    • les feedbacks présents sur le web que les patients rédigent, notamment au travers des avis Google ;
    • grâce au QR codes placés par l’entreprise dans des lieux stratégiques du parcours patient (les chambres, les lieux d’accueil).

    Une fois la collecte d’informations réalisée, l’objectif sera de d’analyser l’information, cette analyse se déroule en 3 temps :

    L’analyse par la classification :

    Grâce au traitement automatisé du langage (NLP) qui est l’une des deux principales branches de l’IA, englobant à la fois l’analyse d’images et l’analyse de textes. Cette étape consiste à catégoriser les remarques des patients. “Cela consiste à savoir, à partir d’une remarque comme ‘le personnel est très attentif’, que l’on parle du niveau d’écoute et d’attention. Cette étape est ce que l’on appelle la classification”, explique Daniel Ritter ;

    L’analyse du sentiment :

    L’IA détermine si les patients parlent de manière positive ou négative, et avec quelle intensité. Cette analyse aide à comprendre le ton général des retours patients et à identifier les domaines nécessitant des améliorations. Cette étape permet d’identifier les sentiments et de prioriser les interventions en fonction de la gravité des problèmes perçus.

    Segmentation des retours sous forme de mapping @ Better World

    L’échantillonnage :

    Pour garantir la fiabilité, Better World procède par échantillonnage, en demandant à des humains de catégoriser des extraits de verbatims et de les situer sur une échelle de sentiments. Les résultats humains sont ensuite comparés à ceux de l’IA pour s’assurer de la précision. Daniel Ritter précise, “L’objectif est de s’assurer que les résultats fournis par la machine soient toujours représentatifs statistiquement, c’est-à-dire supérieurs à 90 % dans la justesse de l’analyse du sentiment et dans la classification.”

    Notons que toutes les informations recueillies n’ont cependant pas la même importance stratégique : “dans la plupart des établissements, le moment de la sortie du patient est crucial car c’est il est souvent source de mauvaises expériences : soit parce que l’on ne sort pas au moment où on l’avait prévu, soit parce qu’on arrive pas à avoir un taxi en partant, soit parce qu’on a pas reçu son ordonnance. C’est un moment de stress”.
    La solution développée par Better World représente également une opportunité pour les fabricants de dispositifs médicaux en ce qu’elle pourrait les aider à concevoir des dispositifs plus adaptés aux patients cela grâce à la collecte et l’analyse des avis.
  • HDH : quels sont les 5 projets lauréats du 2e AAP sur la recherche en santé-environnement ?

    Une collaboration renouvelée pour répondre aux enjeux “santé-environnement”

    Fort de son succès lors de la première édition, l’appel à projet (AAP) “La donnée pour la recherche et l’innovation en santé – environnement” a été reconduit en décembre 2023. Cette initiative, portée par le Green data for health (CGDD) et le Health data hub (HDH), vise à répondre à l’engouement croissant pour les enjeux de santé-environnement.

    Un engagement pour la santé et l’environnement :

    Cet AAP s’inscrit dans les priorités du 4e Plan National Santé Environnement ainsi que dans celles de France Nation Verte. Il cible des initiatives dans des domaines prioritaires tels que le changement climatique et la santé publique, dans une démarche “Une seule santé” (One Health). Les cinq projets lauréats illustrent cette ambition.

    Soutien et financement :

    Les cinq équipes lauréates bénéficieront d’un accompagnement humain et technique pour une durée de 18 mois, ainsi que d’un financement maximal de 115 000 euros par projet.

    Une collaboration bénéfique pour la santé publique

    Cette collaboration renouvelée vise à mobiliser les données pour éclairer l’action publique, particulièrement dans les domaines de la prévention en santé et de l’adaptation au changement climatique. Pour Thomas Cottinet, responsable de l’Ecolab au Commissariat général au développement durable (MTECT-Mer), les résultats des projets sélectionnés “seront cruciaux pour déterminer les actions concrètes à entreprendre pour relever les défis environnementaux et sanitaires, notamment dans nos territoires.” L’objectif ultime qu’ils produisent “des résultats significatifs et bénéfiques pour la santé publique”, afin de renforcer “notre résilience aux changements climatiques”.

    De son côté, Stéphanie Combes, directrice du Health data hub, souligne que “ces actions s’inscrivent dans les recommandations de la mission Marchand-Arvier pour améliorer la coopération entre hubs de données, un objectif au cœur de la démarche portée par le GD4H et le HDH.”

    Les 5 projets lauréats

    ➡️ Hhavoc : ce projet évalue les liens entre vagues de chaleur et hospitalisations en France, ainsi que la vulnérabilité du bâti à la chaleur.

    📌 Porteurs du projets :

    ➡️ E-rises : ce projet consiste en le développement d’un modèle de prédiction en temps réel des consultations pour exacerbation d’asthme ou de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) par les services d’urgence en Nouvelle-Aquitaine.

    📌 Porteurs du projet :

    ➡️ Child-environment & development : il s’agit d’une étude de l’impact de l’exposome sur le développement psychomoteur et la santé mentale des enfants.

    📌 Porteurs du projet :

    • Inserm ;
    • UMRAE ;
    • et l’Institut pour l’avancée des biosciences.

    ➡️ Orbe : ce projet est une évaluation de l’impact de l’aménagement urbain sur la santé cardiovasculaire et ses interactions avec les vagues de chaleur.

    📌 Porteurs du projet :

    ➡️ Expothyr : une étude du lien entre l’incidence de l’hypothyroïdie périphérique et les déterminants environnementaux en France.

    📌 Porteurs du projet :

     

  • Hypertension artérielle : quel apport du numérique aujourd’hui ? (Etat des lieux, cartographies, cas d’usage de l’IA)

    Etat des lieux de l’HTA et des innovations disponibles

    État des lieux de l’hypertension artérielle : épidémiologie, facteurs de risques, médicaments remboursés…

    1 adulte sur 3 est atteint d’hypertension artérielle (HTA) en France, selon le panorama 2023 de Santé publique France, soit 17 millions de personnes. Parmi eux, plus de 6 millions ignorent leur maladie. Facteur de risque majeur pour les maladies cardiovasculaires, l’HTA serait responsable de 62 % des AVC. Etat des lieux de ce “tueur silencieux”, fardeau pour les systèmes de santé du monde.

    👉 Dans cet article, H&TI fait le point sur :

    • les chiffres clés de l’hypertension artérielle en France et dans le monde ;
    • ses facteurs de risques de la maladie ;
    • sa prise en charge et les recommandations récentes de traitement ;
    • les coûts et les médicaments remboursés.

    Numérique et hypertension artérielle ? Une dynamique naissante mais une adoption encore faible

    Résistance au changement des professionnels et manque d’appétence des patients : pour le Pr Xavier Girerd, président de la Fondation de recherche sur l’hypertension artérielle (FRHTA), telles sont les premières causes de la très faible utilisation des outils numériques dédiés à l’hypertension artérielle (HTA).

    👉 Quelles opportunités le numérique offre-t-il aux patients et aux médecins pour la gestion de l’HTA ? Réponse dans cet article.

    Le dispositifs numériques “cuffless” pour la mesure de la pression artérielle : une solution d’avenir ?

    Pour la prévention, le diagnostic, le suivi, la mesure de la tension est primordiale, et doit pouvoir être facilement réalisée. A côté de la mesure de référence (brassard), de nouvelles techniques, en particulier sans brassard dites “cuffless“, cherchent à émerger.

    👉 Pour en savoir plus sur ces innovations, cliquez ici.

    IA : un bracelet connecté d’Aktiia pour le suivi continu de la pression artérielle

    Une surveillance moins invasive et plus fiable, contribuant à une meilleure qualité de vie pour le patient et à une réduction des risques associés à l’hypertension artérielle : la solution de la start-up suisse Aktiia, dédié au suivi de la pression artérielle, permet aux professionnels de santé de mieux comprendre et gérer cette maladie complexe.

    👉 Un focus sur la solution d’Aktiia est accessible sur ce lien.

    Cartographies

    Les acteurs spécialisés dans l’hypertension artérielle (centres, associations nationales et internationales…)

    19 centres d’excellence en hypertension artérielle, une fondation spécialisée, des sociétés savantes nationales et internationales… Différents acteurs œuvrent pour que les patients soient mieux pris en charge et les interventions des médecins plus efficaces. En France, les patients concernés se rendent chez le médecin 10 fois par an en moyenne.

    👉 Cette cartographie H&TI permet de comprendre les articulations entre ces différentes organisations dont les actions sont destinées au patient, au médecin ou aux deux en même temps.

    Panorama des solutions numériques de diagnostic, de suivi et de prise en charge de l’hypertension artérielle

    Appareils “cuffless”, “face video processing“, thérapies numériques (DTx)… Au moins 14 solutions numériques peuvent être recensées dans le domaine de l’hypertension artérielle, dont 12 sont dédiées au diagnostic et au suivi de la maladie.

    👉 Dans cet article, une analyse de l’offre existante aujourd’hui et une cartographie des innovations disponibles.

    Quels cas d’usage de l’IA dans la prévention et la prise en charge de l’hypertension artérielle ?

    De la prévention à la gestion de la maladie, en passant par la prédiction de son évolution : au moins 10 cas d’usage de l’intelligence artificielle (IA) peuvent être recensés dans le domaine de l’hypertension artérielle (HTA).

    👉 Dans cette cartographie, sont détaillées les applications de l’IA à différents étapes du parcours de soins de cette pathologie.

     

  • Cartographie des acteurs spécialisés dans l’hypertension artérielle (centres, associations nationales et internationales…)

    Des centres dédiés à la prise en charge des patients

    Dans le cadre de l’hyper tension artérielle (HTA), les patients n’ont pas uniquement besoin d’être pris en charge par des cardiologues, mais aussi par des spécialistes de la médecine cardiovasculaire, de la médecine interne, de la néphrologie et de l’endocrinologie. Pour répondre à cette demande, des centres dits “d’excellence” en hypertension artérielle ont été mis en place pour réunir au sein d’un même lieu, toutes les personnes nécessaires et tous les outils nécessaires pour prendre en charge le patient atteint de HTA de la meilleure des manières. Depuis 2006, la Société européenne de l’hypertension (ESH) a décidé de commencer à reconnaître et d’attribuer un certificat à tous les centres européens d’excellence en hypertension artérielle. À l’heure actuelle, l’ESH a reconnu 19 centres français comme étant d’excellence en matière de HTA. C’est le cas notamment de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, de l’Hôtel-Dieu, ou encore de l’hôpital de la Croix-Rousse qui fait partie des Hospices civils de Lyon (HCL).

    Mais ces centres d’excellence ne sont pas les seuls à se préoccuper de la bonne prise en charge des patients atteints de HTA puisque l’association France HTA défend elle aussi la bonne prise en charge de ces derniers. Cette association a pour objet de “représenter et de défendre les intérêts et les préoccupations des patients atteints de HTA, d’initier ou participer à toute action visant à améliorer la prise en charge de l’HTA en France et d’initier ou soutenir toute action d’information et de communication autour de cette pathologie pour l’ensemble de la population manifestant un intérêt pour ce thème”. Parmi ses missions, on retrouve l’accompagnement des patients et de leur entourage pour soutenir leur implication dans l’acceptation du traitement et de son suivi.

    Des solutions numériques de la Fondation

    En plus de la prise en charge, l’accompagnement des patients atteints de HTA peut se faire aussi par le partage d’une information sûre sur le sujet. C’est le rôle de deux instances principales présentes dans l’hexagone : la Fondation hypertension et le Comité français de lutte contre l’hypertension artérielle (CFLHTA). La première est une fondation reconnue d’utilité publique par les ministères de tutelle français et la seconde est une association a but non lucratif. Agissant dans une optique de partage de l’information sur l’HTA au grand public, ces deux entités s’adressent à la fois aux patients et aux médecins et peuvent apporter des solutions à ces deux profils.

    De plus, la Fondation hypertension s’est aussi donnée pour missions de concevoir des outils de diagnostic et de suivi de l’hypertension (e-santé, télésanté, téléexpertise), d’organiser des actions de dépistage et d’information sur l’hypertension et les maladies associées et de soutenir la recherche sur l’hypertension artérielle en finançant des projets réalisés en France. Pour ce qui est des outils numériques de diagnostic et de suivi, ils ont été conçus en collaboration avec la société Solutions santé digitale et certains sont propres au suivi du patient – comme un outil dédié à l’observance – quand d’autres ont été créés pour faciliter le médecin dans le suivi de son patient.

    👉 Pour accéder à la cartographie H&TI des solutions numériques destinées à l’HTA, cliquez ici.

    Des sociétés savantes en soutien aux médecins

    Pour s’assurer de la meilleure prise en charge des patients, les médecins doivent pouvoir avoir accès à un maximum de connaissances ainsi qu’aux technologies les plus avancées. C’est dans ce cadre qu’interviennent les sociétés savantes françaises et internationales consacrées à l’HTA. Parmi ces sociétés savantes, on retrouve la Société française d’hypertension artérielle (SFHTA), mais aussi la Société européenne d’hypertension (ESH), la Société internationale d’hypertension (ISH), ainsi que la Ligue mondiale contre l’hypertension (WHL). Comme toutes les sociétés savantes, leurs principales missions consistent à soutenir la recherche, la diffusion des connaissances et l’enseignement supérieur. En France, c’est la SFHTA qui s’occupe de ces missions.

    En plus des sociétés savantes, des organismes ont été créés pour fournir le plus d’informations possibles sur les dispositifs médicaux les plus adaptés et les plus performants pour que les médecins puissent avoir toutes les cartes en main pour la prise en charge du patient. Parmi ces organismes, on retrouve Medaval et Dabl Educational Trust.

     

  • Panorama des solutions numériques de diagnostic, de suivi et de traitement de l’hypertension artérielle

    Plus d’un tiers des solutions utilisent de l’IA

    L’intelligence artificielle (IA) est présente dans de nombreuses solutions pour la détection, la prévention, le suivi et la prise en charge de nombreuses pathologies, et l’HTA ne fait pas bande à part. En effet, plus d’un tiers des solutions recensées dans notre cartographie utilisent cette technologie. Pour l’HTA, l’IA est presque exclusivement présente dans les solutions de détection de la pathologie, ainsi que celles de suivi, qui sont en réalité souvent les mêmes, puisque la détection de l’HTA peut être utilisée pour la mesurer de manière périodique pour une personne qui en souffre.

    Les solutions numériques d’HTA qui utilisent l’IA sont des solutions dîtes de “face video processing” ou de détection de la pathologie par le biais d’une vidéo. Pour quatre d’entre ces solutions – dont celle du canadien Nuralogix (Anura) -, ce sont des applications mobiles qui permettent de détecter l’HTA chez le patient grâce à un selfie vidéo de plusieurs dizaines de secondes : les capteurs du smartphone, de la tablette ou de la webcam vont analyser les flux sanguins du visage des patients grâce à la lumière et aux longueurs d’onde qui sont réfléchies dans les différentes couches sous la peau pour calculer la mesure de leur pression artérielle (PA). D’autres solutions fonctionnent un peu différemment. C’est le cas de la seule a avoir reçu le marquage CE pour une application de monitoring de la pression artérielle sur smartphone : OptiBP de Biospectal. Cette solution développée sous la forme d’une application mobile va utiliser la caméra du téléphone pour enregistrer le flux sanguin d’un individu au bout de son doigt et déterminer sa pression artérielle.

    Des solutions qui présentent des limites :

    À la fin du mois de janvier 2024, la Société européenne d’hypertension (ESH) a publié une recommandation dans laquelle elle recommande de ne pas utiliser des appareils dits “cuffless” qui ne mesurent pas la tension artérielle grâce à un brassard relié à un tensiomètre, même si ce dernier “fournit des valeurs de PA instantanées dans des conditions statiques et ignore la nature dynamique de la PA, c’est-à-dire sa variabilité en réponse aux différents défis et activités au quotidien” indique la Société.

    L’ESH explique sa prise de position en indiquant que “les protocoles de norme universelle AAMI/ESH/ISO, utilisés pour valider les appareils de mesure de PA au brassard, ne sont pas adaptés pour les appareils sans brassard, ce qui signifie que leur précision reste à prouver” et que “la plupart des appareils de mesure de PA sans brassard nécessitent un étalonnage périodique à l’aide de valeurs de PA mesurées par un appareil standard à brassard”, ainsi que “des informations sur l’utilisateur, telles que l’âge, le sexe et d’autres caractéristiques”.

    Différents cas d’usage du numérique

    Mais l’IA n’est pas la seule technologie concernée pour la prise en charge des patients atteints de HTA et la détection de la maladie n’est pas le seul cas d’usage qu’elles permettent, même si les applications alimentées par l’IA sont les seules à permettre cette détection en dehors de l’utilisation d’un tensiomètre. La cartographie de H&TI montre que les solutions numériques sont aussi présentes dans les cas d’usage concernant le suivi, la prévention et la prise en charge de l’hypertension artérielle.

    Pour le suivi de l’HTA, les applications d’IA permettant la mesure de la pression artérielle peuvent être là aussi utilisés, mais d’autres solutions sont spécialisées dans le suivi et dans le partage de données au médecin du patient. C’est le cas d’Omron Connect, du japonais Omron Healthcare, qui est une application mobile qui se connecte au tensiomètre d’Omron pour récupérer les données et les envoyer au médecin du patient. Cette application sert aussi de journal de bord pour le patient et a aussi un objectif d’automédication : Omron explique qu’elle a pour but de faire comprendre au patient ses résultats et la manière dont il va pouvoir gérer son mode de vie pour faire baisser sa pression artérielle et éviter l’état d’HTA.

    Pour la prise en charge, une solution a été recensée : la solution du japonais CureApp. Cette solution se présente sous la forme d’une DTx sur smartphone qui fournit des conseils personnalisés d’hygiène de vie et de traitement (alimentation, activité physique, sommeil, etc.) au patient. Cette application possède aussi un second volet qui s’adresse lui au médecin et permet de suivre l’évolution quotidienne de la pression artérielle du patient et ainsi de gérer rapidement les changements de mode de vie nécessaires au contrôle de la maladie.

    L’application StopSel quant à elle est la seule application recensée par H&TI qui met en place une prévention pour le patient. Développée par Solutions santé digitale, en partenariat avec la Fondation sur la recherche de l’hypertension artérielle (FRHTA), cette application permet aux patients atteints d’HTA de suivre leur consommation de sel et d’éviter une consommation excessive qui pourrait entraîner une rétention d’eau et donc une élévation de la pression artérielle.

    Des solutions numériques reconnues à l’échelle régionales et mondiales

    Malgré les recommandations de l’ESH pour que les appareils de mesure de la PA sans brassard ne soient pas utilisés pour le diagnostic ou la prise en charge de l’HTA en pratique clinique, beaucoup d’entre elles ont montré leur utilité dans le cadre d’études et ont même été récompensées à l’échelle mondiale. C’est le cas notamment des solutions ObtiBP (Biospectal) et Caducy (i-Virtual) qui ont obtenu la certification CE. Le français i-Virtual a aussi été récompensé pour sa solution lors du CES 2023.

  • UK : lancement de la phase pilote du « bac à sable » réglementaire pour les DM basés sur l’IA

    Sécuriser le développement et le déploiement de l’IA

    L’initiative AI Airlock de la MHRA est une approche proactive, collaborative et agile, conçue pour soutenir le développement et le déploiement sécurisés des DM utilisant de l’IA, afin que leurs fabricants puissent garantir la viabilité de ces dispositifs dans le monde réel. Il s’agit d’un bac à sable réglementaire – espace isolé et protégé dans lequel des scripts ou programmes sont exécutés – qui permet aux entreprises :

    • de détecter les menaces et les comportements malveillants sans compromettre la sécurité du système hôte ;
    • et, dans ce contexte, d’explorer et d’expérimenter de nouveaux produits ou services, sous la supervision du régulateur.

    Ce projet a été mis en place par la MHRA après une analyse des réussites d’autres régulateurs utilisant des bacs à sable réglementaires. Ce qui le distingue, c’est la collaboration nécessaire entre diverses organismes de régulation, de gouvernance et de certification dans le secteur de la santé. En utilisant des produits de vie réelle, l’AI Airlock réunira l’expertise de la MHRA et de ses partenaires, y compris le National health service (NHS). Les résultats nourriront les prochaines phases du projet à court terme, ainsi que les futures directives et politiques de la MHRA à long terme, tout en explorant les limites des approches existantes pour évaluer la conformité réglementaire des solutions d’IA.

    La MHRA précise que le projet AI Airlock est déjà en cours, dans un format de “pilote”, et qu’un appel à candidatures pour les produits sera bientôt lancé.

    Une stratégie globale de la MHRA pour l’IA

    Le lancement du bac à sable réglementaire fait partie d’une approche stratégique plus globale de la MHRA pour l’IA. En avril 2024 le régulateur britannique a publié ses orientations dans un livret intitulé “Impact of AI on the regulation of medical products. Implementing the AI White Paper principles“. Cette stratégie vise à “identifier et relever les défis de la régulation des dispositifs médicaux autonomes à IA, en recherchant et en soutenant initialement quatre à six projets virtuels ou réels à travers des simulations”.

    En 2023, le gouvernement britannique avait déjà publié un livre blanc intitulé “Une approche pro-innovation de la régulation de l’IA“, que la MHRA a accueilli favorablement en prenant, au cours des 12 derniers mois, des mesures significatives pour adopter ses recommandations qui reposent sur cinq principes clés :

    • sécurité et robustesse ;
    • transparence et explicabilité appropriées ;
    • équité, responsabilité et gouvernance ;
    • et contestabilité et réparation

    Face à l’augmentation du nombre de DM innovants basés sur l’IA entrant sur le marché britannique, la MHRA estiment que les bénéfices potentiels d’une telle stratégie sont doubles :

    • des gains d’efficacité amélioreront l’accès sécurisé des patients britanniques aux produits médicaux plus tôt qu’auparavant ;
    • tandis que l’Agence pourra se concentrer davantage sur des priorités telles que l’innovation et l’engagement des patients.

    C’est dans ce sens que le lancement de AI Airlock pourrait “améliorer la compréhension collective et accélérer les solutions vers de nouveaux défis réglementaires, améliorant finalement l’expérience des patients”. Le bac à sable permettrait de tester et de clarifier certaines de ces problématiques qui risquent de freiner des cas d’usage plus ambitieux de l’IA, permettant ainsi aux éditeurs d’investir dans le développement de nouvelles technologies avec plus de confiance et au système de santé d’adopter ces technologies avec assurance.

    Quel rôle de l’IA dans la sécurité des patients ?

    La MHRA met actuellement en œuvre son propre programme de réforme réglementaire lié aux DM pilotés par l’IA. Dans les années à venir, l’IA pourrait devenir essentielle dans la régulation efficace des produits et la sécurité des patients. Il est donc indispensable pour l’Agence d’anticiper et de comprendre son impact, afin de rester un régulateur efficace et innovant.

    Par ailleurs, en se basant sur des travaux fondés sur des preuves produits par d’autres organismes, la MHRA collaborera avec le NHS AI Lab et le Département de la santé et des soins sociaux (DHSC). Les résultats de ce partenariat orienteront les futurs projets AI Airlock et pourront influencer les futures directives autour des DM basés sur l’IA au Royaume-Uni et à l’international.

     

  • Panorama des initiatives dans l’écosystème des thérapies numériques

    Un acteur mondial clé : la Digital Therapeutics Alliance

    Fondé en 2017, la Digital Therapeutics Alliance (DTA) est une association professionnelle qui regroupent des leaders et des CEO d’entreprises engagés dans le secteur des thérapies numériques. Cette organisation bien que basée aux Etats-Unis a une portée internationale dont l’objectif est de fournir aux patients, cliniciens, payeurs et décideurs politiques les outils nécessaires pour évaluer et utiliser les produits DTx. Elle porte plusieurs initiatives à travers le monde :

    • a établi la définition d’une thérapie numérique (DTx) et les principes de base auxquels tous les produits DTx doivent adhérer ;
    • assiste les décideurs politiques dans la reconnaissance des DTx au sein des cadres réglementaires nationaux et régionaux ;
    • informe les utilisateurs des solutions DTx, les patients, sur la valeur à court et à long terme des produits ;
    • travaille continuellement en collaboration avec les organisations membres et les parties prenantes afin d’optimiser l’impact de l’industrie des DTx.

    En 2020, durant la pandémie Covid-19, la DTA a collaboré avec de multiples gouvernements en Australie, Moyen-orient et en Europe afin de fournir des DTx validés avec des preuves cliniques.

    En Europe, la DTA souhaite développé une définition commune aux pays pour les DTx et aligner les cadres d’évaluation notamment la conformité au MDR et au RGPD. En Amérique du Nord la DTA mène des campagnes de politique publique pour étendre l’adoption, la couverture et l’accès aux DTx validés cliniquement.

    En France, la communauté DTx s’organise

    Des acteurs comme France Biotech et Techtomed portent des initiatives visant à promouvoir l’innovation, le développement et l’accès au marché des DTx en France. Avec le lancement d’une task force dédiée aux DTx en septembre 2023 et la signature d’un partenariat stratégique avec le Spitzenverband Digitale Gesundheitsversorgung (SVDG), France Biotech souhaite contribuer à préparer le terrain pour une adoption plus large des DTx dans le système de santé. Cette task force est portée par Alexandre Prihnenko, directeur général de Oviva et vise à structurer le secteur et à faciliter la mise en œuvre de ces DTx. Le partenariat avec la SVDG allemande vise à créer un environnement propice à l’émergence de nouveaux DTx :

    • en facilitant les échanges de bonnes pratiques ;
    • et en soutenant les start-ups et les projets innovants des deux côtés de la frontière.

    De son côté, Techtomed organise depuis 2022 le sommet DTx France. Cette conférence qui se tiendra le 2 juillet 2024 vise à faire le point sur l’état de l’accès au marché des DTx en France en abordant des sujets tels que la réglementation, le remboursement et les preuves clinique. L’événement réunira 31 speakers dont des institutionnels, des industriels et des hospitaliers.

    Panorama

    Le panorama ci-dessous vise à dresser un état des lieux des principales initiatives autour des DTx. Il regroupe des conférences/événements, des groupes de travails nationaux ou internationales et des partenariats stratégiques. En structurant le secteur, en stimulant l’innovation et en facilitant l’accès au marché, ces initiatives créent un écosystème favorable à l’essor des DTx.