Nabil

  • US : La start-up Monarch lance une solution tech en santé des femmes pour les médecins indépendants

    Autonomie, numérique et soins centrés sur les femmes

    La startup américaine Monarch s’adresse aux professionnels de la santé des femmes qui souhaitent créer un cabinet indépendant, en rupture avec le modèle traditionnel. Elle s’inscrit dans une double dynamique : répondre à la détresse professionnelle des praticiens et proposer une alternative numérique à un système de soins jugé inadapté aux besoins spécifiques des femmes.

    Fondée par Anna Lohrfink, également Chief Product Officer, Monarch repose sur une technologie qui permet aux médecins de retrouver la maîtrise de leur pratique. La plateforme intègre la gestion de patientèle, la définition de la stratégie de soins, les outils de communication avec les patientes, et un espace de formation pour les équipes. Les praticiens conservent la propriété de leur structure et Monarch ne détient aucune participation dans les cabinets.

    Tarifs, offre, outils : Monarch laisse aux médecins la main sur leur pratique

    La solution propose un accompagnement complet : analyse de la patientèle, outils d’aide à la décision, support au démarrage (immobilier, identité visuelle, stratégie de tarification, campagnes d’e-mailing), mais aussi maintenance opérationnelle continue. Des webinaires, des sessions interactives et une plateforme de support viennent renforcer l’adoption du modèle par les patientes.

    Les praticiens conçoivent leur offre sur mesure : téléconsultation optionnelle, prestations en métabolisme, ménopause, santé osseuse ou gestion du poids. Les tarifs mensuels, fixés par les médecins, dépendent du profil de la patientèle et du marché local. Le premier cabinet opérant sous ce modèle est implanté à Los Angeles. Monarch rejoint une mouvance portée par des acteurs comme Hint Health (médecine générale) ou Headway (santé mentale), en proposant des outils technologiques pour autonomiser les praticiens.

     

  • OSA IA : « une « oreille augmentée » pour les soignants du médicosocial

    Alertes en temps réel : des capteurs connectés pour renforcer la vigilance nocturne

    La sécurité des personnes âgées et en situation de handicap est une préoccupation majeure du personnel, à laquelle l’IA apporte une solution. OSO IA est un outil créé par une start-up brestoise qui renforce la sécurité des personnes hébergées par la reconnaissance intelligente des sons.

    La surveillance des personnes en perte d’autonomie par les soignants repose généralement sur des appels par sonnerie ou sur des rondes régulières effectuées systématiquement dans les chambres. Ces pratiques se heurtent au fait qu’on estime que 15% des personnes ne sont pas en mesure d’appeler elles-mêmes, ainsi qu’au manque de personnel, notamment la nuit, pour effectuer des rondes suffisamment fréquentes.

    OSO AI dispense des alertes en temps réel par l’analyse de l’environnement. Chaque chambre est équipée d’un capteur sonore connecté en wifi, qui détecte un large spectre d’alertes, en fonction des événements se produisant dans les chambres. Tous les sons d’une chambre sont traités par l’IA, qui détermine s’ils sont alarmants. S’ils ne le sont pas, rien ne se passe. S’ils le sont, les soignants reçoivent une alerte sur leur smartphone avec le numéro de la chambre et une première analyse de la nature du bruit : appel de confort (« j’ai soif », « j’ai chaud »), vomissement, cris, détresse respiratoire, choc inquiétant (de type chute). Le personnel intervient rapidement et à bon escient, ce qui est facteur de confort et de sécurité pour le résident et évite d’éventuelles complications en cas d’intervention tardive.

    L’IA détecte les changements d’habitudes chez les résidents et donne une évolution de l’activité sur le long terme

    Les données conservées en mémoire par OSO IA permettent un suivi en continu des habitudes de la personne et des changements qui interviennent : la fréquence des déplacements, une télévision à plus fort volume, moins de contacts sociaux, etc. ‍Les modifications, si elles sont durables, peuvent alerter sur un problème de santé, physique ou psychologique, qui sera éventuellement porté à la connaissance du médecin et de la famille.

    712 alertes détectées par OSO IA au CHU de Brest en 2025

    98 % des chutes repérées et 100 % des appels détectés

    Le CHU de Brest a expérimenté en 2018 le dispositif OSO IA, d’abord pour 30 lits d’USLD et d’unité de vie protégée, puis l’a généralisé en 2024 aux 198 patients de ces services. En janvier 2025, le CHU donne le chiffre de 712 alertes comptabilisées, dont 237 appels de confort pour un étage (60 résidents). La fondation Saint Hélier a implanté OSO IA dans la chambre de 290 résidents de ses trois Ehpad et pour 30 personnes âgées à domicile suivies dans le cadre du centre de ressources territorial (CRT). 

    Selon ces utilisateurs, OSO IA apporte des améliorations notables :

    Des résidents plus sécurisés et mieux respectés dans leur intimité.

    • Des familles rassurées et plus satisfaites.
    • Une qualité de travail améliorée pour les soignants, soulagés de la charge mentale de la surveillance et des rondes systématiques, qui peuvent ainsi consacrer plus de temps à la relation. 

    Selon les chiffres communiqués par OSO : 

    • 100% des appels sont détectés.
    • 98% des chutes repérées.
    • 99% de taux d’acceptation par les résidents et soignants. 

     

  • IA hospitalière : efficacité opérationnelle, priorité pour 80 % des établissements (rapport de la FHF)

    57 % des usages IA en santé dédiés à l’imagerie et au diagnostic

    En septembre, la Fédération hospitalière de France (FHF) publie un état des lieux sur l’adoption de l’intelligence artificielle dans les établissements publics de santé et médico-sociaux. À l’appui d’un baromètre mené auprès de 110 structures, l’étude confirme une dynamique engagée, portée par l’ambition présidentielle d’un investissement de 109 milliards d’euros, complété par 200 milliards à l’échelle européenne.

    Près des deux tiers des établissements interrogés ont déjà déployé des solutions d’IA en production. L’aide au diagnostic et à la décision clinique reste l’usage principal (57 %), notamment en imagerie médicale. Viennent ensuite le pilotage stratégique, la gestion des flux et la rédaction automatisée de comptes-rendus médicaux.

    Trois priorités émergent : améliorer l’efficacité opérationnelle (80 %), renforcer la qualité des soins (67 %), et accroître la satisfaction des soignants et des patients (42 %). L’optimisation des coûts (38 %) est perçue davantage comme une conséquence que comme un objectif premier.

    Des freins identifiés : budget, compétences, qualité des données

    Appel à une gouvernance structurée : seuls 48 % des établissements ont un référent dédié

    Le rapport souligne l’importance d’une gouvernance structurée. Aujourd’hui, seuls 48 % des établissements disposent d’un référent ou d’un comité IA. Pourtant, les risques sont identifiés : fragmentation des projets, inégalités d’accès aux outils, perte de contrôle sur les données, ou encore dépendance technologique. La FHF recommande une stratégie d’établissement intégrée, assortie d’une feuille de route, d’indicateurs de performance, et d’un dispositif de « Garantie Humaine » tel que défini dans la norme AFNOR SPEC 2213.

    Les obstacles au déploiement sont nombreux : manque de financements (83 %), pénurie de compétences internes (66 %), complexité réglementaire (34 %), mais aussi qualité insuffisante ou faible interopérabilité des données hospitalières. À cela s’ajoute une résistance au changement exprimée par certains professionnels, en lien avec la crainte d’une perte d’autonomie ou de sens clinique.

    4 chantiers 2025-2028 : de la rédaction à la planification automatisée

    Entre 30 000 et 50 000 € par application d’IA en santé

    Quatre axes structurent les projets à venir :

    • Généralisation des LLM pour la documentation médicale.
    • Optimisation du codage PMSI.
    • Prévision des besoins RH.
    • Et automatisation des tâches administratives.

    Ces transformations nécessitent un investissement conséquent, difficilement soutenable pour de nombreuses structures. Le coût annuel d’un service d’IA s’élève en moyenne à 30 000–50 000 € par application, sans compter les infrastructures et la formation.

    Sans données interopérables, pas d’IA fiable selon la FHF

    Les CHU et GHT apparaissent comme des catalyseurs d’une IA territoriale. Ils mutualisent les achats, hébergent les données en conformité avec la réglementation, et offrent une échelle pertinente pour les tests, la gouvernance et la formation. L’initiative « soignant augmenté » en Bourgogne-Franche-Comté, la prédiction des flux hospitaliers ou les simulateurs pédagogiques comme DocSimulateur montrent la diversité des usages en cours d’expérimentation.

    Sans données interopérables, pas d’IA fonctionnelle. Le rapport insiste sur la nécessité d’adopter le standard HL7 FHIR pour rendre les systèmes communicants. Le cloisonnement actuel reste un frein majeur, tant pour le développement que pour l’évaluation des outils.

    Une commission FHF pour accompagner et réguler

    La FHF a mis en place en 2025 une commission dédiée, réunissant experts hospitaliers, cliniciens, ingénieurs et représentants d’usagers. Objectif : observer, structurer et documenter les usages de l’IA dans le service public. Ce travail collectif doit permettre de dégager des bonnes pratiques.

     

  • VBHC : VBP.O, un projet pour structurer une norme européenne des achats médicaux fondés sur la valeur

    Chirurgie orthopédique : 20 % d’actes jugés inutiles, UniHA expérimente un modèle fondé sur la valeur

    Avec le vieillissement de la population et la progression de pathologies chroniques, les arthroplasties de hanche et de genou pourraient doubler en Europe d’ici 2050. Certains pays comme la France ou le Danemark enregistrent des taux d’intervention supérieurs à la moyenne européenne. À cette hausse s’ajoute le fait que 20 % des patients ne seraient pas satisfaits des résultats, selon l’OCDE, tandis que 20 % des interventions seraient jugées non pertinentes.

    Dans ce contexte, le projet Value-Based Procurement Orthopedics (VBP.O), coordonné par UniHA, propose une refonte des pratiques d’achat hospitalier dans le domaine des implants orthopédiques. Sélectionné dans le cadre de l’appel à projets Flagships Call 2025 d’EIT Health, il bénéficie d’un financement d’1 million d’euros, dont 200 000 euros pour les établissements français.

    Coordonné par UniHA, premier groupement d’achat public en santé en France, le consortium VBP.O réunit des partenaires hospitaliers et institutionnels comme le CHU de Lille, CHU de Toulouse, CHU de Nice, RENACOT, CNP-COT, l’Hôpital Infanta Leonor de Madrid et Servicio Madrileño de Salud – SERMAS, l’Hôpital de Vejle et Région Sud Danemark.

    Orthense, l’outil de Digikare au cœur d’un projet européen de réforme des achats médicaux

    Le projet VBP.O repose sur une approche d’achat fondée sur la valeur, intégrant à la fois les résultats cliniques et l’expérience des patients dans les critères de sélection des dispositifs médicaux. Actuellement, la majorité des hôpitaux sont encore financés à l’acte, un modèle quantitatif qui ne prend pas en compte la qualité des soins prodigués. Le consortium s’appuie notamment sur la plateforme Orthense développée par la start-up toulousaine Digikare, déjà utilisée pour le suivi de plus de 9 millions de dossiers. Cet outil SaaS permet la collecte de données en vie réelle, à partir de scores standardisés (CROM, PROM, PREM), mesurant l’état fonctionnel, les résultats rapportés par les patients et leur expérience.

    Orthense sera déployée dans les systèmes de santé de trois pays partenaires du projet — France, Espagne, Danemark — pour adapter le modèle d’achat à des contextes différents et tester sa transférabilité.

    Quatre objectifs pour structurer la transformation

    Fin 2025 : premiers résultats attendus pour une réforme des achats orthopédiques à grande échelle

    Le projet VBP.O s’est donné quatre objectifs :

    • Améliorer la satisfaction des patients : environ 400 000 patients devraient bénéficier de soins mieux ciblés dans les établissements participants.
    • Optimiser les coûts : les économies attendues, grâce à une meilleure structuration de la chaîne d’approvisionnement et des politiques tarifaires, sont estimées entre 8 % et 20 %, soit jusqu’à 300 millions d’euros.
    • Harmoniser les pratiques chirurgicales : en facilitant les échanges de bonnes pratiques et le perfectionnement technique des équipes.
    • Renforcer l’innovation MedTech : en favorisant des technologies évaluées sur des critères de performance et non uniquement sur leur coût.

    Au-delà des expérimentations, VBP.O ambitionne d’établir une norme scientifique commune pour permettre un déploiement élargi des achats par la valeur. L’objectif est d’éviter toute discrimination liée au profil des patients ou tout biais technologique dans la sélection des fournisseurs. Les résultats préliminaires sont attendus d’ici la fin de l’année 2025. UniHA espère ensuite étendre ce modèle à la moitié des hôpitaux français via son réseau, en l’intégrant dans les politiques d’achat.

  • 19ème édition des Trophées de la e-santé : l’appel à candidatures est ouvert jusqu’au 25 septembre 2025

    Équité, souveraineté, durabilité : les axes 2025 des Trophées de la e-santé

    La Technopole de Castres-Mazamet a lancé le 18 août 2025 l’appel à candidatures de la 19e édition des Trophées de la e-santé. Organisé dans le cadre de l’Université de la e-santé, ce concours national distingue des innovations numériques susceptibles de transformer les parcours de soins. Les projets – en cours de développement ou commercialisés depuis janvier 2023 – peuvent être déposés jusqu’au 25 septembre à minuit.

    Cette 19e édition abordera trois thématiques : équité dans l’accès aux soins, souveraineté européenne du numérique en santé, et durabilité de l’innovation, en lien avec les problématiques de financement et d’impact environnemental.

    Six prix pour distinguer les solutions numériques les plus prometteuses

    Six récompenses seront attribuées en novembre :

    • Quatre trophées thématiques (Patients ; Prévention, bien-être et bien vieillir ; Structures et professionnels de santé ; Traitement, valorisation et sécurisation des données de santé)
    • Ainsi que deux prix spéciaux – le Grand Prix du Jury et le Trophée des internautes.

    Les candidatures seront évaluées selon six critères incluant la pertinence de la problématique adressée et la solidité du modèle économique.

    Remise des prix les 5 et 6 novembre

    Depuis sa création, la compétition a mis en lumière plus de 100 projets, dont plusieurs ont bénéficié d’une croissance rapide après leur participation comme :

    Pour les lauréats, le passage par les Trophées représente une opportunité de visibilité et de mise en réseau. Étienne Formstecher, CEO de GMT Science, souligne l’impact de cette reconnaissance dans les discussions avec investisseurs et partenaires. Sylvain Dal-Mas, fondateur d’Alia Santé, insiste sur la dynamique de collaboration que permet l’intégration à cet écosystème.

    Les projets finalistes seront présentés lors de sessions de pitchs publiques le 5 novembre à l’école d’ingénieurs ISIS de Castres. La remise des prix se tiendra le lendemain en clôture de l’Université de la e-santé.

  • US : Validation par la FDA d’un outil d’IA pour le pronostic du cancer de la prostate localisé

    Plus de 1 000 patients de l’essai STAMPEDE analysés par ArteraAI

    Développé par la société américaine Artera, ArteraAI Prostate repose sur une intelligence artificielle multimodale (MMAI) capable d’analyser à la fois les données cliniques et les images numériques issues de biopsies. L’objectif : prédire l’évolution à long terme de la maladie et orienter le choix thérapeutique, notamment l’intérêt d’un traitement hormonal.

    En analysant les lames histologiques et les données cliniques de milliers de patients, l’algorithme a été validé dans plusieurs essais de phase 3, dont les résultats de l’étude STAMPEDE, présentés à l’ASCO 2025. Cette étude avait montré un bénéfice en survie à ajouter l’abiratérone au traitement standard, mais au prix d’effets indésirables supplémentaires. Grâce aux analyses d’ArteraAI sur les images de plus de 1 000 patients de l’essai, les chercheurs ont pu identifier les patients les plus susceptibles de bénéficier de l’abiratérone, par rapport à ceux répondant déjà au traitement standard (hormonothérapie et radiothérapie).

    Vers une généralisation en anatomopathologie numérique

    L’autorisation de la FDA qualifie ArteraAI Prostate en tant que dispositif médical (SaMD) utilisable dès le diagnostic dans les laboratoires de pathologie agréés aux États-Unis. Elle entraîne également la création d’une nouvelle catégorie de produits réglementaires, dédiée aux outils d’analyse de risque basés sur l’IA pour l’anatomopathologie numérique. Pour Andre Esteva, PDG et cofondateur d’Artera, cette validation « marque un tournant dans l’intégration de l’IA dans la prise en charge du cancer ». L’entreprise avait déjà obtenu le statut de Breakthrough Device de la FDA pour cette solution.

    Optimisation des flux de travail en anatomopathologie grâce à l’IA

    Outre son application en clinique, le logiciel pourrait alléger la charge de travail des pathologistes, notamment dans les régions en tension sur l’accès aux services spécialisés. Des organisations comme TruCore, axées sur la pathologie numérique, voient également dans cet outil un levier pour accélérer les délais d’analyse, améliorer les flux de travail et renforcer la qualité des soins. Selon son fondateur, le Dr Adam Cole, « l’intégration de ce type de solution permet de mieux personnaliser l’interprétation et de gagner en efficacité à grande échelle ».

  • Un chatbot pour mieux détecter les troubles cognitifs post-cancer : lancement du Cogitoscope à Lyon

    Repérage précoce des troubles cognitifs liés au cancer

    Un outil numérique interactif est désormais accessible aux patients atteints de cancer pour repérer plus tôt les troubles cognitifs liés aux traitements, grâce au Cogitoscope, un projet soutenu par l’appel à projets PAIR. Déployé depuis août 2025 aux Hospices Civils de Lyon, le Cogitoscope est un agent conversationnel conçu pour accompagner les patients confrontés aux troubles cognitifs liés au cancer, aussi appelés « brouillard cognitif » (CRCI). Ces troubles concernent entre 40 % et 72 % des patients sous traitement et peuvent persister jusqu’à cinq ans après le diagnostic, impactant vie personnelle et professionnelle.

    Un chatbot conçu avec les patients : IA et expertise médicale réunies dans un outil d’accompagnement personnalisé

    Le Cogitoscope est le fruit d’une collaboration entre professionnels de santé, chercheurs en neurosciences, experts en intelligence artificielle et une patiente partenaire. Il est co-porté notamment par le Dr Laurence Have, le Pr Sophie Jacquin-Courtois, Karen Reilly (CRNL), Lydie Catalano (IA Médical) et Laurie Panse. Son développement a été financé via l’appel à projets PAIR 2023, coorganisé par les Hospices Civils de Lyon et la Métropole de Lyon, dans le cadre d’une stratégie territoriale de soutien à l’innovation en santé.

    Le chatbot s’adresse aux patients, mais aussi à leurs proches et aux professionnels de santé. Sans se substituer à une évaluation clinique, il propose des réponses personnalisées à partir de plaintes quotidiennes fréquentes : troubles de la concentration, oublis répétés, difficultés à faire deux choses à la fois, etc. Il fournit des informations validées sur ces symptômes et des pistes pour mieux y faire face.

    Détection, orientation, adaptation

    L’outil est conçu pour intervenir dès les premières étapes du parcours de soins, avec pour objectif de faciliter la reconnaissance des troubles et d’orienter les patients vers des stratégies de compensation adaptées. Il s’appuie sur une interface interactive, accessible à tout moment.

    Pour les soignants, le Cogitoscope permet de sensibiliser à une prise en charge systématique des troubles cognitifs dès les premières consultations. Il facilite également l’orientation vers des parcours adaptés et le repérage des facteurs de vulnérabilité cognitive. Le dispositif pourrait, à terme, être élargi à d’autres pathologies générant des troubles similaires : COVID long, maladies auto-immunes ou neurologiques. Il ouvre également la voie à une meilleure quantification du phénomène à travers la collecte de données partagées avec les patients et leurs aidants.

  • Cancers de la peau : la SFD alerte sur les dépistages par IA sans encadrement médical

    Applications, bornes, pharmacies : la SFD met en garde contre les dépistages sans supervision

    Alors que les solutions se multiplient pour détecter les cancers cutanés, la Société Française de Dermatologie (SFD) tire la sonnette d’alarme. Elle alerte sur l’usage de ces outils en dehors de tout cadre médical, notamment dans des lieux publics ou via des applications non validées scientifiquement. Ces dérives préoccupent la communauté dermatologique qui appelle à une régulation urgente.

    La SFD constate que certaines pratiques de dépistage, proposées en libre-service, échappent à toute supervision dermatologique. Elles sont parfois accessibles dans des pharmacies ou centres commerciaux, et fonctionnent sans intégration dans un parcours de soins coordonné. Les risques pour les patients sont multiples : mésusage des outils, diagnostics erronés, fausse sécurité, recommandations non accompagnées, ou encore anxiété injustifiée. Le Professeur Saskia Oro, présidente de la SFD, rappelle que la technologie « doit rester au service du soin » et souligne la nécessité de préserver l’examen clinique complet réalisé par un dermatologue.

    La SFD en appelle directement aux autorités pour instaurer un cadre clair et concerté.

    Pour éviter de faux diagnostics, la SFD demande une évaluation indépendante des dispositifs d’IA en dermatologie

    7 recommandations pour un usage sécurisé

    Pour encadrer le recours à l’intelligence artificielle dans le dépistage des cancers cutanés, la Société Française de Dermatologie émet sept recommandations :

    • Intégrer les solutions numériques dans un réseau territorial impliquant des dermatologues.
    • Encadrer les plateformes d’IA et de téléexpertise par des règles claires et opposables.
    • Former les professionnels non spécialistes à l’utilisation raisonnée de ces outils.
    • Recruter davantage de dermatologues pour assurer un maillage territorial.
    • Améliorer la lisibilité du parcours dermatologique pour les patients.
    • Évaluer les dispositifs numériques via des instances indépendantes.
    • Actualiser les règles déontologiques à l’ère du numérique.

    L’organisation insiste sur l’importance de remettre l’expertise médicale au cœur du processus de dépistage. Elle plaide également pour un meilleur adressage des patients vers les dermatologues, afin d’éviter les parcours inefficients et la surcharge des consultations spécialisées.

    « Il est urgent que les pouvoirs publics prennent pleinement la mesure de l’impact des réseaux sociaux sur la santé de la peau »

    Début juillet, la société savante avait déjà dénoncé les effets délétères de la désinformation dermatologique sur les réseaux sociaux, particulièrement chez les plus jeunes. Elle alerte sur la diffusion de contenus pseudo-scientifiques, de conseils d’automédication dangereux, et de discours rejetant les traitements médicamenteux au profit de prétendues alternatives naturelles.

  • Santé publique France renouvelle son Comité d’orientation et de dialogue : candidatures ouvertes jusqu’au 30 septembre

    Des profils pour orienter le dialogue avec la société

    Santé publique France lance un appel à candidatures pour recomposer son Comité d’orientation et de dialogue (COD) pour la période 2026-2029, dans un contexte de redéfinition de ses priorités en lien avec les enjeux sociétaux et technologiques. Créé dès la préfiguration de Santé publique France en 2015, le COD incarne la volonté de l’agence d’intégrer la société civile dans l’élaboration de ses actions.

    Ce comité est l’une des quatre instances de gouvernance de l’agence, aux côtés du Conseil d’administration, du Conseil scientifique et du Comité d’éthique et de déontologie. Le rôle du COD est d’apporter un regard sociétal sur les activités de l’agence, en particulier dans la construction de sa stratégie de dialogue avec les citoyens et les parties prenantes. Il contribue à éviter toute déconnexion entre les politiques de santé publique et les préoccupations exprimées dans la société.

    Inégalités sociales, changement climatique et outils numériques ; de nouveaux enjeux pour la mandature 2026-2029

    Le renouvellement du COD intervient alors que Santé publique France adapte sa programmation pour mieux répondre aux évolutions contemporaines. Trois axes majeurs sont mis en avant :

    • Les inégalités sociales et territoriales de santé.
    • Les impacts sanitaires du changement climatique.
    • Et les leviers offerts par le numérique pour améliorer la santé des populations.

    Ces priorités s’inscrivent dans le cadre du Contrat d’objectifs et de performance 2024-2028, dont l’axe 3 vise à faire de l’agence une structure d’expertise ouverte et connectée aux réalités territoriales. Les personnes intéressées sont invitées à soumettre leur dossier avant le 30 septembre 2025, à l’adresse suivante : CandidaturesCOD@santepubliquefrance.fr.

    Le dossier doit inclure une lettre de motivation, un curriculum vitae, et une déclaration publique d’intérêts, à remplir via le portail ministériel DPI Santé. Le document complet détaillant les missions du COD et les conditions de candidature est disponible au téléchargement sur le site de Santé publique France.

  • IA et autonomie : la CNSA lance 36 actions pour transformer les politiques publiques d’ici 2026

    Une stratégie pour répondre aux enjeux du vieillissement et du handicap

    36 actions opérationnelles seront lancées en 18 mois pour intégrer l’IA dans les politiques publiques du grand âge et du handicap.

    Face à la croissance du nombre de personnes âgées en perte d’autonomie et à la complexité croissante des parcours des personnes en situation de handicap, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) engage une stratégie de transformation par l’intelligence artificielle (IA). La CNSA insiste sur une approche éthique, inclusive et respectueuse des normes, notamment le RGPD et le futur AI Act. L’objectif est d’intégrer l’IA comme un levier de soutien aux pratiques.

    Réduction des délais, lutte contre la fraude, simplification : les cinq axes IA de la CNSA

    L’IA interviendra via des outils de préremplissage automatique, d’analyse prédictive ou de standardisation des processus d’évaluation. Des interfaces numériques plus intuitives doivent également permettre de fluidifier les parcours des personnes accompagnées. La stratégie s’organise autour de cinq priorités :

    • Gagner du temps pour l’accompagnement humain grâce à la réduction des tâches administratives répétitives (préremplissage, aide à la saisie, analyse prédictive).
    • Accélérer le traitement des demandes en automatisant certaines étapes et en fluidifiant les circuits de validation.
    • Harmoniser les pratiques territoriales pour réduire les écarts d’interprétation réglementaire et standardiser certains processus.
    • Simplifier les démarches via des interfaces numériques personnalisées et plus intuitives.
    • Développer la proactivité pour repérer les situations de non-recours et renforcer la détection de la fraude.

    De l’identification à la pérennisation, six leviers mobilisés

    • Identifier les cas d’usage prioritaires : Les professionnels de terrain et les personnes concernées seront sollicités pour repérer les processus à optimiser. Un catalogue de cas d’usage, enrichi en continu, guidera les futures intégrations de l’IA dans les systèmes d’information de la CNSA.
    • Expérimenter avant déploiement : Les projets pilotes seront testés sur des périmètres restreints avec les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), les conseils départementaux et les ARS. La CNSA s’appuiera sur des partenariats scientifiques et des solutions mutualisées.
    • Acculturation et formation : Un plan de formation et de communication accompagnera le changement. Un réseau d’ambassadeurs aura pour mission de diffuser les bonnes pratiques et de remonter les retours d’expérience.
    • Exploiter les données existantes : La CNSA prévoit la constitution d’un catalogue de données et l’amélioration de leur qualité pour alimenter les algorithmes d’IA dans le respect des règles de sécurité et d’éthique. Certaines données seront mises à disposition via le portail data-autonomie.cnsa.fr.
    • Encadrer juridiquement et éthiquement : Une charte d’utilisation de l’IA et une charte d’achat (axée sur la souveraineté technologique et l’impact environnemental) seront élaborées. Les réflexions s’appuieront sur les travaux de l’Agence du numérique en santé.
    • Pérenniser la démarche : L’ensemble des expérimentations menées jusqu’en 2026 feront l’objet d’évaluations. Leurs résultats nourriront la préparation de la prochaine convention d’objectifs et de gestion (COG) et du futur schéma directeur des systèmes d’information.

    La feuille de route IA sera déployée en trois temps

    • 2e semestre 2025 : poser les bases — mise en place de la gouvernance, recensement des premiers cas d’usage, lancement des formations et premiers travaux sur la qualité des données.
    • 1er semestre 2026 : expérimenter — lancement des projets pilotes en partenariat avec les MDPH et les services départementaux.
    • 2e semestre 2026 : déployer et pérenniser — généralisation des cas d’usage jugés pertinents et préparation de la stratégie post-2026.

    Un bilan sera publié chaque semestre pour assurer transparence et suivi

    La CNSA prévoit la création d’une équipe interne dédiée au pilotage de la stratégie IA. Cette task force aura pour missions le cadrage, la priorisation, le suivi et l’évaluation des cas d’usage. Elle animera également un réseau d’ambassadeurs IA pour faciliter l’appropriation des outils par les professionnels. La gouvernance sera soutenue par quatre comités : sélection des cas d’usage, suivi des projets, comité stratégique trimestriel avec la direction générale, et comité des partenaires semestriel. Le Conseil de la CNSA et les partenaires sociaux seront associés à la démarche. Consciente des impacts environnementaux, la CNSA s’appuie sur le référentiel AFNOR de l’IA frugale.

    Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA). L’intelligence artificielle au service de la branche Autonomie – Feuille de route stratégique 2025-2026. Disponible en ligne : Intelligence artificielle : la CNSA publie la feuille de route stratégique IA 2025-2026 de la branche Autonomie | CNSA.fr