Nabil

  • Août 2025 : 5 nouvelles commissions au CNRS, 7 nominations dans la santé publique (Journal Officiel)

    Création de cinq commissions interdisciplinaires au CNRS

    JO n°189 – 15 août 2025 – Texte 1
    Un arrêté du 17 juillet 2025 crée cinq commissions interdisciplinaires (CI 50 à 54) au sein du Comité national de la recherche scientifique. Ces instances, compétentes sur des domaines scientifiques transversaux, sont composées de 21 membres et exerceront les missions des sections du Comité. Cette mesure vise à mieux articuler les savoirs face aux enjeux complexes comme l’environnement, les technologies, et les données.

    Nomination de nouveaux responsables dans la santé publique et hospitalière en août 2025

    JO n°176 – 31 juillet 2025 – Texte 97
    Mme Véronique Solere, inspectrice générale de la santé publique vétérinaire, est nommée directrice générale de l’Agence régionale de santé (ARS) de Bretagne. Cette nomination prendra effet à partir du 25 août 2025, par décret du Président de la République, sur proposition du gouvernement.

    JO n°176 – 31 juillet 2025 – Texte 98
    Mme Mathilde Marmier est nommée directrice générale de l’Agence régionale de santé (ARS) de Bourgogne-Franche-Comté. Sa nomination, également effective à partir du 25 août 2025, a été décidée par décret présidentiel, après avis du gouvernement.

    JO n°183 – 8 août 2025 – Texte 77
    Mme Virginie Valentin, directrice d’hôpital de classe exceptionnelle, est nommée directrice générale du CHU de Rennes (Ille-et-Vilaine). Ce décret, signé par le Président de la République le 7 août 2025, s’appuie sur l’article L. 6143-7-2 du code de la santé publique.

    JO n°190 – 17 août 2025 – Texte 24
    M. Fabrice Masi est nommé directeur régional de la direction régionale et interdépartementale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS) d’Île-de-France. Sa prise de fonction est fixée au 25 août 2025, pour une durée de quatre ans, avec une période probatoire de six mois.

    JO n°191 – 19 août 2025 – Texte 31
    Par arrêté du 8 août 2025, le professeur Philippe Berthelot est nommé suppléant au Conseil supérieur des personnels médicaux, odontologistes et pharmaceutiques des établissements publics de santé, en remplacement du professeur Pascale Guiraud.

    JO n°195 – 23 août 2025 – Texte 24
    M. Ahmed El-Bahri, directeur d’hôpital hors classe, est nommé directeur général du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Guyane. Ce décret présidentiel, daté du 21 août 2025, acte cette nomination dans le cadre de l’article L. 6143-7-2 du code de la santé publique.

    JO n°195 – 23 août 2025 – Texte 25
    Par arrêté du 24 juillet 2025, M. Didier Lepelletier est nommé membre du conseil d’administration de l’Agence nationale de santé publique. Il succède à M. Grégory Emery en tant que représentant du ministre chargé de la santé et de l’action sociale.

    France Simplification : des freins sanitaires identifiés dans les territoires

    Circulaire n°6498-SG du 25 juillet 2025 – France Simplification

    Le dispositif France Simplification, piloté par la Direction interministérielle de la transformation publique, vise à lever les blocages réglementaires ou procéduraux rencontrés localement. En parallèle des politiques environnementales, plusieurs freins à la conduite de projets de santé publique ont été signalés dans le cadre de France Simplification, dont certains concernent directement les enjeux sanitaires et médico-sociaux. La réutilisation des eaux usées traitées fait partie des sujets signalés, avec des normes sanitaires jugées inadaptées aux objectifs de réemploi. D’autres dossiers concernent la lutte contre le logement insalubre, ou encore les procédures de prévention des incendies et des inondations, qui impactent la santé publique. Dans la majorité des cas, les préfets demandent des ajustements réglementaires ou doctrinaux, plutôt qu’une réforme législative. Ces propositions seront instruites au niveau interministériel.

  • IA et santé aux États-Unis : un été sous le signe d’investissements, d’IPO, et d’un assouplissement réglementaire

    ⚖️Incitations, infrastructures, et assouplissement réglementaire

    Le gouvernement américain a publié en août son AI Action Plan, un document d’orientation politique qui vise à renforcer la position des États-Unis en matière de diplomatie et de sécurité liées à l’intelligence artificielle. Le plan promeut une approche favorable à l’expérimentation et à l’investissement, axée sur la déréglementation, les incitations fiscales et le développement massif d’infrastructures numériques.

    Le plan prévoit notamment :

    • La suppression des lois locales ou étatiques restrictives sur l’IA, avec la possibilité de retirer les financements fédéraux aux États qui adoptent des régulations jugées trop contraignantes.
    • La mise en place de « regulatory sandboxes » publics, espaces encadrés pour expérimenter de nouvelles technologies sans frein juridique immédiat.
    • Des incitations fiscales pour la construction de centres de données, la production de semi-conducteurs et l’expansion du réseau électrique.

    Détails des mesures dans notre article du 25 juillet : US : l’administration Trump publie un plan de 90 mesures pour affirmer la domination technologique 

    • Un plan autour de trois axes : innovation, infrastructures et sécurité.
    • Lancement de regulatory sandboxes pilotés par la FDA.
    • Création de centres d’excellence sectoriels, dont un dédié à la santé.
    • Promotion d’une culture du try-first dans les établissements de soins.
    • Création d’un AI Workforce Research Hub pour suivre les impacts métiers.
    • Plateformes cloud pour expérimentations médicales (ex : criblage, modélisation).
    • Mesure des gains de productivité sur des cas d’usage concrets (diagnostic, hôpital, recherche…).

    L’absence de mesures sur la sécurité suscite l’inquiétude

    Ces mesures sont accueillies favorablement par une partie de l’écosystème santé. L’orientation pro-innovation, combinée à un soutien à la normalisation des échanges de données, est perçue comme une opportunité. Mais en parallèle, plusieurs voix alertent sur des angles morts dans le document. Notamment Ahmed Elsayyad, PDG d’Ostro (solutions d’engagement IA pour les sciences de la vie), déplore l’absence totale de mention de la sécurité des systèmes d’IA. Selon lui, cette question est pourtant essentielle dans les discussions actuelles du secteur, et fait l’objet de travaux structurés chez OpenAI ou Anthropic, ou encore dans des organisations comme la Coalition for Health AI. Même constat pour Adam Farren, PDG de Canvas Medical, qui plaide pour l’instauration d’indicateurs de performance obligatoires et d’évaluations de la sécurité clinique des systèmes. Il rappelle que les outils d’IA sont probabilistes par nature, et qu’ils nécessitent des mécanismes continus de validation, notamment lorsqu’ils sont utilisés pour assister à des diagnostics ou recommander des traitements.

    Omission de l’ONC et manque de cadre fédéral

    Autre oubli pointé par les experts : l’absence de toute mention de l’Office of the National Coordinator for Health IT (ONC), pourtant régulateur principal de la santé numérique aux États-Unis. Cette lacune est d’autant plus marquante que les applications d’IA les plus déployées actuellement, à l’image des ambient scribes utilisés pour transcrire les consultations médicales, relèvent directement du périmètre de l’ONC.

    L’utilisation des données personnelles pour entraîner ou alimenter des algorithmes, ou encore la transparence sur le rôle de l’IA dans une décision médicale, restent des zones grises non couvertes par le plan. Certains États américains ont déjà pris des initiatives pour combler ce vide, au risque de créer une mosaïque réglementaire difficile à gérer pour les acteurs du secteur.

    Vers une innovation accélérée mais incomplète

    En l’état, l’AI Action Plan est perçu comme une avancée partielle. Il crée un environnement plus favorable au déploiement des solutions d’IA, mais néglige des enjeux critiques liés à la sécurité, à l’équité et à la confiance. Pour les professionnels du secteur, notamment en santé, un cadre fédéral cohérent sur les usages, la responsabilité et les droits des patients apparaît indispensable.

    Le difficile accès au marché Etats-unien

    Les jeunes entreprises européennes du numérique en santé continuent de viser les États-Unis malgré la baisse globale des investissements mondiaux pour la deuxième année consécutive. Mais les barrières restent nombreuses : réglementation complexe, achat fragmenté, nécessité de preuves cliniques locales, selon plusieurs témoignages recueillis à HLTH Europe.

    📌La directrice des CDC, Susan Monarez, limogée après des tensions sur la politique vaccinale de l’administration Trump

    La directrice des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), Susan Monarez, a été limogée par l’administration Trump sur fond de désaccords persistants autour de la politique vaccinale menée par le ministre de la santé, Robert Kennedy Jr. Nommée en juillet après l’échec d’une première candidature ouvertement vaccinosceptique, Monarez est accusée par ses avocats d’avoir été « prise pour cible » pour son refus de valider des directives jugées « non scientifiques ». Son départ précipité intervient alors que plusieurs hauts responsables des CDC dénoncent des pressions politiques et démissionnent à leur tour. En parallèle, la nouvelle administration multiplie les mesures contraires au consensus scientifique, comme la réduction de l’accès aux vaccins contre le Covid-19 ou la suppression de financements. Ce climat délétère fait craindre un affaiblissement des institutions de santé publique américaines.

    📲Plus de 60 entreprises, dont Google, Apple et UnitedHealth, participent à un nouveau programme américain de partage de données médicales, centré sur le diabète, l’obésité et l’intelligence artificielle conversationnelle.

    L’administration Trump a annoncé le lancement d’un système national permettant aux citoyens américains de partager volontairement leurs données médicales avec des applications et plateformes technologiques privées. L’objectif affiché : faciliter l’accès aux dossiers médicaux et améliorer le suivi de pathologies chroniques telles que le diabète ou l’obésité. Plus de 60 entreprises, parmi lesquelles figurent Google, Apple, Amazon, UnitedHealth Group et CVS Health, ont accepté de participer. Le programme vise à centraliser des données jusque-là éparpillées : résultats d’examens, prescriptions, consultations, mais aussi données issues d’applications mobiles ou de dispositifs connectés. Ces informations seront mobilisées pour proposer des outils numériques, tels que des QR codes pour les rendez-vous médicaux ou des applications capables de recommander un traitement ou d’optimiser un programme de perte de poids.

    Parmi les entreprises impliquées, Noom, un service d’abonnement dédié à la perte de poids, prévoit d’utiliser les dossiers médicaux pour alimenter des analyses par IA. Les données pourraient provenir, par exemple, d’Apple Health ou d’autres plateformes concurrentes. L’accès à ces données sera soumis au consentement explicite des patients, précisent les responsables des Centres pour Medicare et Medicaid Services (CMS), qui superviseront le dispositif.  L’administration Trump avait déjà tenté en 2018 de lancer un programme similaire, sans l’appui massif des grands groupes technologiques. Cette fois, le projet s’inscrit dans une stratégie plus large portée par le secrétaire à la Santé, Robert F. Kennedy Jr., favorable à une forte utilisation des objets connectés, à la télémédecine, et à l’analyse de vastes bases de données médicales, notamment pour la recherche sur l’autisme et la sécurité vaccinale.

    🧬Alphabet abandonne les dispositifs médicaux de Verily pour recentrer sa stratégie sur l’IA santé

    Le portefeuille matériel de Verily est supprimé au profit de solutions logicielles comme Lightpath, axées sur l’analyse de données de santé.

    Verily officialise l’abandon de ses produits matériels, marquant une réorientation vers les infrastructures logicielles de santé de précision. Ce recentrage s’inscrit dans une dynamique plus large entamée dès 2023, avec la vente de Granular et une série de restructurations destinées à réduire les coûts et à accélérer la mise sur le marché. Alphabet ferme donc les projets de montre d’étude clinique, de caméra rétinienne et les chaînes de fabrication associées. Les cycles longs de validation clinique et les investissements réglementaires sont jugés peu compatibles avec les attentes de rentabilité dans un contexte de taux élevés et de compétition accrue sur les objets connectés.

    Désormais, l’offre se concentre sur Lightpath, une plateforme logicielle intégrant dossiers médicaux, données de laboratoires et algorithmes d’apprentissage automatique pour le suivi des maladies métaboliques, notamment l’obésité. Le système permet une analyse en temps réel des biomarqueurs, sans recours à des dispositifs propriétaires.

    💰6,4 Md$ pour la santé numérique au S1 2025 : l’IA capte 62 % des fonds, les IPO redémarrent

    Alors que le marché semble stabilisé, les startups santé numérique orientées IA ont levé 4 Md$ sur les 6,4 Md$ collectés au premier semestre ; deux IPO majeures et un boom des fusions-acquisitions témoignent d’un nouveau cycle d’investissements.

    Selon un rapport publié par Rock Health, 62 % des fonds levés ont été captés par des startups orientées IA, avec une moyenne de 34,4 millions de dollars par levée, soit une prime de 83 % par rapport aux entreprises non-IA. Ces jeunes pousses développent principalement des outils pour les flux de travail cliniques, les tâches administratives non cliniques et l’infrastructure de données. Neuf des onze méga-levées (plus de 100 M$) du semestre concernent des acteurs IA. La société Abridge, spécialisée dans la documentation clinique, a levé 250 M$ en février, puis 300 M$ supplémentaires en juin. D’autres entreprises telles qu’Innovaccer, Hippocratic AI, Qventus ou Truveta ont également dépassé les 100 M$.

    Adoption rapide côté établissements de santé : Les solutions IA dédiées à la documentation ou aux référentiels médicaux sont massivement adoptées : certains hôpitaux rapportent des taux d’usage allant jusqu’à 90 %, selon Rock Health. L’intuitivité des interfaces, l’intégration dans les systèmes existants et les résultats mesurables contribueraient à lever les réticences historiques des professionnels de santé.

    Deux IPO très attendues et des signaux de maturité : Deux sorties en bourse très attendues ont marqué ce semestre : Hinge Health et Omada Health. Ces entreprises, actives depuis plus de dix ans, ont misé sur des modèles de soins pérennes intégrant l’IA. Leur entrée en bourse pourrait relancer la confiance des investisseurs et ouvrir la voie à un nouveau cycle de financement.

    Le M&A en forte hausse, dopé par le private equity : Le rapport souligne que la majorité des sorties passent par des opérations de fusion-acquisition, avec 107 deals enregistrés sur les six premiers mois de l’année. Si la tendance se poursuit, 2025 pourrait doubler le volume de 2024. Le capital-investissement joue un rôle structurant en combinant des acteurs historiques de la santé avec des startups IA pour gagner en efficacité et en échelle.

    Des incertitudes politiques à surveiller : Malgré cette dynamique, des incertitudes pèsent sur la croissance du secteur. La récente adoption du One Big Beautiful Bill Act, avec ses nouvelles conditions d’accès à Medicaid et ses ajustements des marchés ACA, pourrait réduire la population assurée, limitant ainsi le marché accessible et accentuant les tensions financières pour les prestataires.

    Appel à l’alignement stratégique des startups : Rock Health recommande aux startups santé de se positionner dès maintenant sur les priorités fédérales, notamment autour des maladies chroniques et de l’IA dans les parcours de soins, afin de sécuriser leur développement dans un environnement réglementaire en mutation.

    🚀 Été 2025 : Levées de fonds aux US sur l’IA en santé

    • Abridge – Series E de 300 millions de dollars
    • Truveta – Series C de 320 millions de dollars
    • Ambience Healthcare – Series C de 243 millions de dollars
    • Aidoc – 110 millions de dollars

    Trois levées de fonds illustrent la dynamique actuelle de l’intelligence artificielle appliquée à la santé aux États-Unis. Abridge, spécialiste de la documentation clinique automatisée, a levé 300 millions de dollars en juin 2025, quelques mois après un tour précédent de 250 millions, portant sa valorisation au-delà de 5 milliards de dollars. L’entreprise équipe désormais de nombreux établissements de santé avec sa technologie d’“IA scribe”, intégrée aux consultations. De son côté, Truveta a levé 320 millions de dollars au premier semestre pour développer sa plateforme d’analyse de données cliniques et génomiques, utilisée notamment pour accélérer la recherche pharmaceutique. Enfin, Ambience Healthcare, également positionnée sur la transcription automatisée des échanges patient-médecin, a annoncé en août un tour de table de 243 millions de dollars, avec la participation du fonds d’OpenAI. Ces opérations traduisent une forte demande pour des solutions d’IA pour réduire la charge administrative

     

  • Bilan de l’été 2025 (AI Act en vigueur, CNIL renforcée) : entre régulation européenne et mesures nationales, le cadre réglementaire santé se précise

    • AI Act : obligations pour les modèles d’IA à usage général effectives depuis le 2 août 2025.
    • Apps médicales : l’UE impose aux plateformes d’identifier et encadrer les logiciels dispositifs médicaux.
    • CNIL : checklists et arbre de décision obligatoires dès nov. 2025 dans les demandes via Health Data Hub.
    • Biogroup & Agoria Santé : autorisation inédite de croiser données de biologie médicale avec le SNDS.

     

    ⚖️AI Act : les obligations pour les modèles d’IA à usage général sont officiellement entrées en vigueur dans l’UE

    Depuis le 2 août, les fournisseurs de modèles d’IA à usage général doivent se conformer à des obligations strictes, notamment en matière de transparence, de droits d’auteur et de documentation technique.

    Après une première entrée en vigueur en février 2024, l’AI Act franchit une nouvelle étape. Depuis le 2 août 2025, les obligations spécifiques aux modèles d’intelligence artificielle à usage général (GPAI) s’appliquent dans l’Union européenne. Ces modèles, conçus sans finalité précise et pouvant être intégrés dans divers contextes (santé, éducation, industrie…), sont désormais soumis à un ensemble de règles visant à encadrer leur déploiement et leur utilisation. Selon les lignes directrices publiées par la Commission européenne le 18 juillet, un modèle est considéré comme GPAI s’il mobilise une capacité de calcul supérieure à 10²³ FLOPs lors de l’entraînement. Pour les modèles dépassant le seuil de 10²⁵ FLOPs cumulés, un régime renforcé s’applique : ils sont classés comme à risque systémique.

    Dans tous les cas, les fournisseurs doivent désormais fournir :

    • Une documentation technique exhaustive destinée aux intégrateurs et, sur demande, aux autorités nationales ou au Bureau européen de l’IA.
    • Un résumé standardisé des données d’entraînement.
    • Une politique de respect des droits d’auteur, conforme au droit européen.

    Toute entreprise mettant un modèle d’IA sur le marché européen est considérée comme fournisseur, même si le développement initial a eu lieu hors UE. Les entités modifiant un modèle avec plus d’un tiers de la puissance de calcul utilisée lors de son entraînement d’origine entrent elles aussi dans ce statut réglementaire. Les modèles en open source bénéficient de certaines exemptions (notamment en cas d’absence de monétisation et de collecte de données personnelles), mais ces dérogations ne s’appliquent pas si le seuil de risque systémique est franchi.

    Les fournisseurs d’IA auront jusqu’à 2027 pour s’adapter aux nouvelles obligations

    Malgré leur entrée en vigueur en août 2025, les obligations ne seront effectives qu’en août 2026 pour les nouveaux modèles, et en août 2027 pour ceux déjà commercialisés. Cette progressivité vise à laisser aux acteurs le temps d’adapter leurs processus et leur documentation. Un code de bonnes pratiques a été publié en parallèle, proposant un cadre de conformité allégé pour les fournisseurs qui choisissent d’y adhérer. Plusieurs acteurs majeurs, dont Google, Microsoft, OpenAI ou Mistral, y ont souscrit. Meta, en revanche, a décliné, évoquant des incertitudes juridiques.

    Chaque État membre doit désigner une autorité nationale chargée de superviser la mise en œuvre du règlement. En France, la CNIL est pressentie pour jouer un rôle, en lien avec des régulateurs sectoriels comme l’Arcom ou l’Anssi. Les sanctions prévues en cas de non-conformité peuvent atteindre 15 millions d’euros ou 3 % du chiffre d’affaires mondial des entreprises concernées.

    🇪🇺 L’Union européenne encadre la mise à disposition des logiciels médicaux sur les plateformes d’applications

    Les plateformes d’apps doivent désormais distinguer clairement les logiciels qualifiés dispositifs médicaux, assurer la conformité réglementaire de leurs contenus et faciliter les obligations d’information prévues par le MDR, l’IVDR et le DSA.

    La Medical Device Coordination Group (MDCG) a publié une nouvelle guidance destinée à encadrer la mise à disposition des applications de logiciels dispositifs médicaux (MDSW) sur les plateformes numériques. Ce document clarifie les responsabilités des fournisseurs de plateformes au regard des règlements MDR, IVDR et du Digital Services Act (DSA), et détaille les obligations d’information à respecter. Deux configurations réglementaires possibles. Selon la nature des services proposés, un fournisseur de plateforme d’apps peut être considéré :

    • Soit comme un simple intermédiaire au sens du DSA, hébergeant des contenus tiers sans les modifier.
    • Soit comme distributeur ou importateur de dispositifs médicaux, notamment s’il héberge et distribue des logiciels qu’il détient ou importe depuis un pays tiers.

    Les plateformes doivent trier, informer et se conformer : L’UE impose d’identifier clairement les logiciels à visée médicale

    Dans le premier cas, les fournisseurs ne sont pas considérés comme opérateurs économiques, mais doivent répondre à plusieurs obligations issues du DSA, telles que :

    • Un mécanisme de notification et de retrait des contenus illégaux.
    • La mise à disposition transparente d’informations sur les fabricants.
    • Et, pour les très grandes plateformes, la mise en œuvre d’évaluations annuelles de risques systémiques, notamment en lien avec les contenus illégaux ou non conformes.

    Dans le second cas, les plateformes endossent des responsabilités renforcées au titre du MDR et de l’IVDR : elles doivent s’assurer de la conformité des logiciels mis en ligne, coopérer avec les autorités compétentes et, si nécessaire, être considérées comme importateur en l’absence d’un fabricant basé dans l’UE.

    La guidance détaille les informations que les plateformes doivent rendre accessibles aux utilisateurs finaux lorsque des MDSW sont proposés à la vente ou en téléchargement. Celles-ci incluent notamment :

    • Les données d’identification du fabricant (nom, adresse, contact, SRN).
    • Les caractéristiques du dispositif (nom, finalité, avertissements, lien vers les instructions d’utilisation, UDI-DI).
    • Les éléments de conformité réglementaire (représentant autorisé, numéro de l’organisme notifié, certificat).
    • Et les conditions d’utilisation techniques (prérequis matériels, connexions, sécurité…).

    Les plateformes doivent également veiller à distinguer clairement les applications relevant d’un usage médical de celles destinées au bien-être ou à la santé générale, via une catégorisation explicite dans leurs interfaces.

    Les très grandes plateformes d’apps soumises à des audits annuels de risques systémiques

    En tant qu’intermédiaires numériques, les plateformes sont tenues de vérifier la présence et la fiabilité des informations fournies par les fabricants avant toute mise en ligne. Une vérification aléatoire régulière via des bases de données officielles est également attendue. Pour les plateformes désignées comme “Très Grandes”, une obligation supplémentaire s’ajoute : évaluer les risques systémiques liés à leur fonctionnement et mettre en œuvre des mesures d’atténuation efficaces. La MDCG rappelle que toute application mise à disposition sur le marché européen doit être conforme à l’ensemble des législations européennes applicables. Ce document d’orientation vise donc à harmoniser les pratiques des plateformes et à sécuriser l’accès des patients à des outils numériques médicaux sûrs et réglementairement conformes.

    📜CNIL : la checklist devient obligatoire dans les demandes d’autorisation dès novembre 2025

    Un arbre de décision et des checklists intégrées au starter kit doivent désormais être joints aux dossiers soumis au Health Data Hub. Leur absence sera un motif de rejet à compter du 6 novembre 2025.

    Le starter kit destiné à accompagner les porteurs de projets dans leurs démarches d’accès aux données de santé auprès de la CNIL intègre désormais de nouveaux outils : des checklists détaillées et un arbre de décision. Ces documents ont pour objectif de faciliter l’évaluation de l’éligibilité d’un projet à une procédure simplifiée (MR-004, MR-007 ou MR-008), évitant ainsi, dans certains cas, le dépôt d’une demande d’autorisation formelle.

    La non-fourniture d’une checklist entraînera le rejet du dossier

    Plusieurs procédures simplifiées permettent aux chercheurs, organismes ou entreprises d’accéder à des données de santé sans autorisation préalable, à condition de respecter des conditions strictes. En l’absence d’éligibilité à l’une de ces procédures, les porteurs doivent déposer une demande d’autorisation auprès du Health Data Hub, guichet unique, qui transmet le dossier au CESREES pour avis, avant instruction par la CNIL. Pour sécuriser cette étape, le starter kit mis à disposition a été enrichi de documents pédagogiques. Les nouvelles checklists permettent d’identifier rapidement les exigences réglementaires applicables à un projet et de vérifier leur conformité. Elles constituent aussi un appui à l’analyse de la CNIL en cas de non-conformité partielle, en mettant en évidence les écarts à documenter.

    Un arbre de décision complète le dispositif afin d’aider les porteurs de projet à choisir la checklist la plus adaptée aux caractéristiques de leur étude ou évaluation. Dès à présent, la checklist correspondante doit être complétée et jointe à tout dossier soumis au Health Data Hub. Toutefois, une période de tolérance est prévue jusqu’à la séance du CESREES du 6 novembre 2025. Les dossiers transmis avant la date limite du 15 octobre pourront encore être examinés sans cette pièce, mais après cette échéance, son absence constituera un motif de non-complétude, entraînant le rejet du dossier.

    Réaliser sa demande d’autorisation auprès de la CNIL | Health Data Hub

    📊Biogroup et Agoria Santé autorisés à croiser données de biologie médicale et SNDS : une première pour la CNIL

    La CNIL valide pour la première fois l’appariement de données issues de dossiers de biologie médicale avec le SNDS, dans le cadre de la plateforme Agoria Santé, élargissant ainsi les possibilités de recherche académique et industrielle.

    Par délibération du 12 juin 2025, la CNIL autorise le consortium Agoria Santé (Docaposte, AstraZeneca, Impact Healthcare, Takeda) à enrichir sa plateforme de données avec celles de 28 laboratoires du réseau Biogroup. Centralisées par BPO-Bioépine, ces données issues des dossiers médicaux de biologie seront pseudonymisées, versées dans l’entrepôt, puis appariées avec le SNDS.

    C’est la première autorisation d’un tel croisement en France. Les données concernées couvrent notamment les identifiants internes, données démographiques, résultats d’analyses, actes NABM, et lieux de soin (code FINESS).

    Neuf axes de recherche concernés

    Neuf programmes scientifiques sont associés à ce traitement, notamment en :

    • Maladies cardio-vasculaires
    • Fibrose hépatique
    • Diabète
    • Oncologie
    • Fertilité
    • Infections sexuellement transmissibles
    • Virus respiratoires (grippe, Covid-19, VRS)
    • Dysthyroïdie

    Ces travaux sont ouverts à des porteurs de projets académiques ou industriels. L’accès aux données reste encadré : exclusion des personnels à risque, limitation des usages géographiques, masquage des identifiants établissements, et contrôle renforcé sur la finalité des traitements. L’information des patients est adaptée selon leur situation (suivi en cours ou non, coordonnées disponibles ou non). La CNIL confirme ainsi l’évolution des usages possibles autour des données de santé, en encadrant un élargissement inédit du périmètre du SNDS.

    ⚕️Rentrée 2025 : trois autres nouvelles mesure dans le secteur santé

    Dès septembre, le dépistage néonatal est élargi, les conditions du don du sang sont allégées, et un formulaire unique devient obligatoire pour les arrêts de travail papier.

    Dépistage néonatal élargi : Trois maladies s’ajoutent au programme national de dépistage à la naissance : DICS, amyotrophie spinale et VLCAD. Désormais, 16 pathologies sont systématiquement dépistées pour permettre une prise en charge rapide. Le déploiement est assuré par les centres régionaux, en lien avec les ARS et le Centre national de coordination, dans le cadre du 4e plan maladies rares 2025–2030.

    Don du sang : critères assouplis : À partir du 1er septembre, le délai d’attente après un tatouage, un piercing ou certains actes médicaux invasifs passe de 4 à 2 mois. L’implantologie dentaire avec substituts osseux n’est plus une contre-indication. Ces évolutions figurent dans le nouveau questionnaire médical.

    Nouveau formulaire pour les arrêts de travail : Un formulaire Cerfa papier officiel, fourni par la CPAM, devient obligatoire pour tout arrêt non transmis par voie dématérialisée. Tout autre support sera rejeté. Cette mesure vise à renforcer la lutte contre la fraude à l’Assurance maladie.

  • Bilan de l’été 2025 : rentrée active pour les medtechs entre financements, acquisitions et partenariats IA

    • Nabla lève 70 M$ en série C pour accélérer en Europe et transformer son assistant médical IA en plateforme agentique.
    • Median Technologies lève 23,9 M€ pour lancer aux États-Unis Eyonis, son logiciel d’IA de dépistage précoce du cancer du poumon.
    • MagIA Diagnostics prépare une levée de 7 à 10 M€ pour industrialiser son test portable multi-infections (VIH, hépatites, syphilis).
    • DESKi lève 5,2 M€ pour déployer HeartFocus, son logiciel d’échocardiographie IA validé par la FDA.
    • Dreampath Diagnostics accueille Summit Partners à son capital pour accélérer l’automatisation des laboratoires d’anatomopathologie.
    • Austral Dx lève 2,5 M€ pour industrialiser sa caméra sans contact de diagnostic cardio-pulmonaire.
    • Norgine acquiert Theravia et renforce son portefeuille dans les maladies rares en Europe, Australie et Nouvelle-Zélande.

     

    • Servier entre en négociations exclusives avec BC Partners pour céder Biogaran.
    • Cegedim supprime 100 postes dans son activité logicielle dédiée aux pharmacies en France.
    • Gleamer déploie ses solutions d’IA Copilot auprès des 500 radiologues du réseau France Imageries Territoires.
    • Enovacom lance ORTIF³, la plus vaste plateforme régionale de télésanté en Europe, pour le compte de SESAN.
    • CHU de Nice et GE Healthcare s’allient pour innover en imagerie médicale et dépistage du cancer du poumon.

    💰Nabla lève 70 M$ pour accélérer en Europe et muscler son assistant médical IA

    La startup française Nabla, spécialisée dans l’IA médicale, a levé 70 millions de dollars en série C, portant son financement total à 120 millions depuis sa création en 2018. Après avoir misé sur le marché américain, où elle a ouvert un bureau à New York, l’entreprise veut désormais accélérer en Europe, alors que moins de 5 % de son activité est réalisée en France. Son assistant médical, déjà utilisé par 85 000 soignants dans 130 établissements et 55 spécialités, automatise la rédaction des comptes rendus de consultation et permet de réduire de moitié le temps administratif, contribuant ainsi à limiter l’épuisement des professionnels de santé. Cette levée, menée par HV Capital avec la participation de Highland Europe, Cathay Innovation, DST et Tony Fadell, doit permettre à Nabla de renforcer ses équipes tech et de faire évoluer son assistant vers une plateforme agentique intégrant des modules avancés de codage et de contextualisation pour optimiser les workflows cliniques.

    💰Median Technologies lève 23,9 M€ pour lancer son logiciel de dépistage précoce du cancer aux États-Unis

    La medtech française Median Technologies a annoncé une levée de fonds de 23,9 millions d’euros, destinée à financer le lancement commercial d’Eyonis, sa solution d’imagerie médicale par IA pour le dépistage précoce du cancer du poumon, et à prolonger sa trésorerie jusqu’en 2026. Cette opération, réalisée auprès d’investisseurs institutionnels européens et américains, ouvre aussi la voie au tirage d’une première tranche de 19 M€ d’un financement de 37,5 M€ accordé par la Banque européenne d’investissement. Fondée en 2003 et basée à Sophia Antipolis, Median cible à la fois les hôpitaux et les laboratoires pharmaceutiques avec sa suite Eyonis, qui analyse automatiquement les nodules pulmonaires pour améliorer la précision des diagnostics et réduire les faux positifs. La société prévoit une première commercialisation aux États-Unis fin 2025, après validation de la FDA, avant un marquage CE attendu en 2026 pour l’Europe. Face à des géants comme Siemens Healthineers et GE Healthcare, la startup mise sur la performance de ses algorithmes et l’intégration fluide de ses logiciels dans les systèmes hospitaliers pour se différencier.

    💰MagIA Diagnostics prépare une levée de 7 à 10 M€ pour lancer à grande échelle son test mobile multi-infections

    La medtech grenobloise veut finaliser le marquage CE et viser la préqualification OMS pour son test portable détectant VIH, hépatites et syphilis en 15 minutes.

    MagIA Diagnostics, startup deeptech issue de l’écosystème grenoblois, prépare une levée de fonds de 7 à 10 millions d’euros pour soutenir l’industrialisation et la mise sur le marché de son dispositif de diagnostic rapide mobile. Cette solution point-of-care, capable de détecter en 15 minutes plusieurs infections (VIH, hépatites B et C, syphilis), répond aux enjeux d’accessibilité au dépistage dans des contextes à faible infrastructure médicale. La technologie de MagIA repose sur l’intégration du micromagnétisme à des tests biologiques dans une cartouche unique, lisible via un appareil portable. Trois avantages principaux sont mis en avant : rapidité du résultat, mobilité du dispositif, et capacité à détecter simultanément plusieurs pathogènes. L’interface ne requiert qu’une goutte de sang et permet un traitement automatisé sans recours à un laboratoire central.

    La startup a déjà réalisé plusieurs tours de financement depuis sa création. Des investisseurs privés, des business angels et des partenaires comme Wiseed, BNP Paribas, Banque Populaire ou Bpifrance ont accompagné les étapes : conception des prototypes, industrialisation initiale, et lancement des premiers essais. En 2020, un financement de 3 M€ a permis l’installation de la ligne de production et la structuration de l’équipe. La levée de fonds actuelle vise trois objectifs :

    • L’obtention du marquage CE.
    • La préqualification OMS.
    • Et le lancement d’une stratégie de déploiement international.

    💰DESKi lève 5,2 M€ pour déployer son IA de diagnostic cardiaque validée par la FDA

    HeartFocus, logiciel d’échocardiographie assistée par IA, vise à rendre le diagnostic cardiaque accessible hors de l’hôpital, y compris en soins primaires et en zones sous-dotées.

    La startup bordelaise DESKi a annoncé une levée de fonds de 5,2 millions d’euros pour déployer HeartFocus, son logiciel de diagnostic cardiaque assisté par IA. Cette solution, récemment approuvée par la FDA, donne accès à l’échocardiographie au-delà des centres hospitaliers, en particulier dans les cabinets de médecine générale, les services d’urgence ou les territoires en tension médicale. Dans un contexte de pénurie mondiale de cardiologues et de techniciens en imagerie, HeartFocus ambitionne de permettre à tout professionnel de santé, après une formation courte, de réaliser des échographies cardiaques cliniquement exploitables. Le logiciel guide la main de l’opérateur en temps réel, identifie les vues diagnostiques pertinentes et produit une interprétation automatisée. La solution repose sur une base d’apprentissage de plus de 10 millions de points de données et a fait l’objet d’une validation clinique.

    La levée de fonds est menée par Racine2, fonds à impact, aux côtés de BNP Paribas Développement, Épopée Gestion, Good Only Ventures, Better Angle et du fonds régional NACO, conseillé par M Capital. Selon Léa Zaslavsky, partner chez Racine2. HeartFocus s’attaque à l’un des plus grands défis actuels : rendre le diagnostic vital accessible hors des murs de l’hôpital.

    📈Dreampath Diagnostics accueille Summit Partners pour accélérer son expansion mondiale dans l’automatisation des laboratoires

    Avec plus de 250 millions d’échantillons déjà gérés dans 500 laboratoires, Dreampath sécurise un financement (confidentiel) de croissance pour étendre sa technologie d’automatisation du flux de travail en anatomopathologie.

    La medtech strasbourgeoise Dreampath Diagnostics annonce un investissement de croissance, d’un montant non communiqué, par le fonds américain Summit Partners, qui fait son entrée au capital de l’entreprise. Ce soutien financier vise à accompagner l’expansion internationale de Dreampath, à renforcer ses capacités industrielles et à élargir sa gamme de produits. Deux représentants du fonds rejoignent également le conseil d’administration. Fondée en 2012, Dreampath s’est spécialisée dans l’automatisation de la gestion des échantillons tissulaires dans les laboratoires d’anatomopathologie. Elle cible un maillon encore peu transformé du diagnostic médical, alors même que les laboratoires doivent faire face à une hausse continue du volume d’analyses, à une pénurie de techniciens spécialisés et à des exigences accrues de traçabilité.

    Sa Surface Motion Camera (SMC) repose sur un système en boucle fermée, associant scanners, logiciels propriétaires et consommables. Cette architecture permet une automatisation complète du cycle de vie des échantillons, de l’archivage à la récupération, avec interopérabilité sur les infrastructures existantes. La technologie Dreampath est déployée dans près de 500 laboratoires dans 40 pays, avec une réduction moyenne de 83 % du temps d’archivage observée dans les établissements équipés.

    Avec ce financement, Dreampath prévoit :

    • L’extension de sa capacité de production.
    • L’élargissement de sa gamme de solutions.
    • Le renforcement de son réseau de partenaires hospitaliers et industriels.

    💰Austral Dx lève 2,5M€ pour industrialiser son dispositif de diagnostic cardio-pulmonaire sans contact

    Développée depuis 2021, la technologie Surface Motion Camera d’Austral Dx permet d’ausculter cœur et poumons en moins de deux minutes, sans contact. La version 2 sera testée fin 2025.

    La medtech française Austral Dx, fondée en 2021, vient de finaliser une levée de fonds seed soutenue notamment par Paris Business Angels (PBA). Objectif : accélérer le développement et la mise sur le marché de la Surface Motion Camera (SMC), un dispositif de diagnostic cardio-pulmonaire non invasif fonctionnant par ultrasons aéroportés. Cette technologie permet d’évaluer à distance les vibrations du thorax pour détecter des troubles cardiaques ou respiratoires en moins de deux minutes. La SMC vise à offrir un diagnostic rapide et sans contact, adapté à ces contextes critiques. Développée pour une utilisation en première ligne, la technologie cible les services d’urgence hospitaliers, avec un premier essai de preuve de concept mené au CHU de Caen. L’analyse complète des résultats est en cours et donnera lieu à des publications scientifiques. Paris Business Angels, qui a participé à cette levée, motive son soutien par la valeur ajoutée de la technologie, la qualité de l’équipe fondatrice et le potentiel d’impact sur le diagnostic précoce des pathologies cardio-pulmonaires.

    Le financement permettra de finaliser la version 2 du dispositif, dont les performances seront améliorées tout en réduisant les coûts de fabrication. Des tests sont prévus d’ici fin 2025. Parallèlement, Austral Dx prévoit l’ouverture de nouveaux centres de tests en 2026. Des financements complémentaires, dilutifs et non dilutifs, sont déjà à l’étude pour soutenir cette phase d’industrialisation.

    La startup prévoit également :

    • La mise en place de son système de management de la qualité (SMQ).
    • L’obtention d’une certification ISO 13485.
    • La préparation d’un essai multicentrique en services d’urgence, en lien avec des urgentistes référents.

    🏢Norgine acquiert Theravia pour renforcer son portefeuille dans les maladies rares 

    L’intégration de Theravia permet à Norgine d’étendre son accès à des traitements pour maladies rares en Europe, Australie et Nouvelle-Zélande.

    Le laboratoire pharmaceutique Norgine a annoncé, le 14 août 2025, la finalisation de l’acquisition de Theravia, société internationale spécialisée dans les traitements pour maladies rares et débilitantes. Par cette opération, Norgine poursuit sa stratégie de croissance axée sur l’élargissement de son portefeuille dans des domaines où les besoins médicaux demeurent non satisfaits. L’acquisition désormais finalisée, Norgine entame un processus d’intégration structuré visant à harmoniser les opérations, les systèmes et les équipes des deux entités. Theravia devient ainsi une filiale à part entière de Norgine. Cette acquisition permettra d’élargir l’accès aux traitements de Theravia dans des régions ciblées à savoir : l’Europe, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Le groupe ambitionne d’y diffuser davantage de solutions thérapeutiques pour des pathologies à forte charge médicale, et de fournir des médicaments dans des aires thérapeutiques où l’offre reste limitée.

    🤝Servier entre en négociations exclusives avec BC Partners pour la cession de Biogaran

    Le fonds BC Partners pourrait acquérir Biogaran pour en accélérer le développement vers les biosimilaires et produits de santé grand public.

    Le 30 juillet 2025, le groupe Servier et le fonds d’investissement européen BC Partners ont annoncé être entrés en négociations exclusives en vue d’un projet de cession de Biogaran, spécialiste des médicaments génériques. Les modalités financières de la transaction ne sont pas rendues publiques. Selon Olivier Laureau, président de Servier, cette opération permettrait au laboratoire de se recentrer sur ses priorités stratégiques, notamment dans les traitements innovants en oncologie et en neurologie. Le groupe insiste également sur la continuité de création de valeur en France, condition essentielle du projet.

    Le fonds d’investissement BC Partners ambitionne d’accompagner Biogaran dans cette nouvelle phase, en s’appuyant sur son expérience dans le secteur pharmaceutique. Le groupe revendique des antécédents dans le domaine du générique avec des investissements dans des entreprises telles que Pharmathen et Synthon. Pour Cédric Dubourdieu, Partner et responsable France, Biogaran présente un potentiel de développement solide dans un secteur clé pour l’accès aux soins. Le projet reste conditionné à la signature des accords définitifs, à la consultation des instances représentatives du personnel et à l’obtention des autorisations réglementaires. Servier est accompagné par Lazard et Dentons dans cette opération, tandis que BC Partners s’appuie sur Rothschild & Cie, Kirkland & Ellis, Gide Loyrette Nouel et Eight Advisory.

    ⚠️Cegedim annonce la suppression d’une centaine de postes dans son activité logicielle dédiée aux pharmacies

    Affecté par le recul de son activité auprès des pharmaciens en France, Cegedim met en œuvre un PSE dans sa branche ; logiciels de gestion d’officine.

    Dans un communiqué sur les résultats semestriels, l’éditeur de logiciels Cegedim a annoncé un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) concernant environ 100 postes dans son activité dédiée aux logiciels de gestion des officines de pharmacie en France. L’entreprise justifie cette décision par un recul de ses activités auprès des pharmaciens, impactant significativement sa croissance dans l’Hexagone. Cegedim précise avoir obtenu l’homologation d’un accord négocié avec les instances représentatives du personnel à l’issue de la clôture des comptes du premier semestre. Une provision correspondant à ce plan sera intégrée dans les comptes semestriels 2025. Au premier semestre, le groupe a enregistré un chiffre d’affaires de 322,5 M€, soit une hausse de 1,1 % (+2,8 % à périmètre et taux de change constants). Il prévoit une croissance annuelle de 2 % à 4 % en 2025, et anticipe une progression de son résultat opérationnel courant, dans le prolongement des tendances de 2024.

    La branche Logiciels & services, qui représente 45 % des ventes de Cegedim, a subi un repli de 5,1 % en chiffre d’affaires publié, à 144 M€, en raison de la déconsolidation d’INPS au Royaume-Uni, intervenue le 10 décembre 2024 à la suite de son placement en administration judiciaire. Le groupe conserve néanmoins des perspectives positives sur ses autres segments, notamment en assurance et ressources humaines.

    🤝Partenariat : Le réseau France Imageries Territoires adopte les solutions IA de Gleamer dans tous ses centres

    Plus de 500 radiologues du réseau FIT bénéficieront des outils d’aide au diagnostic de Gleamer Copilot, dans le cadre d’un accord stratégique signé le 10 juillet 2025.

    Gleamer a officialisé un partenariat stratégique avec le réseau France Imageries Territoires (FIT) en vue du déploiement généralisé de ses solutions d’intelligence artificielle Gleamer Copilot dans l’ensemble des centres du réseau. Cette collaboration vise à intégrer un soutien décisionnel basé sur l’IA dans les pratiques des 500 radiologues de FIT, réunis autour d’un modèle de gouvernance piloté par les praticiens.

    L’accord prévoit l’équipement progressif de tous les sites FIT avec les solutions Copilot, qui couvrent aujourd’hui la radiographie, la mammographie, la tomodensitométrie (scanner) et l’IRM. Au-delà du déploiement technologique, le partenariat engage les deux parties dans la redéfinition des flux cliniques autour de l’IA, avec pour objectifs une meilleure efficacité des examens et une homogénéité des pratiques. Une feuille de route a également été définie pour le co-développement de nouveaux modules cliniques, en lien avec les besoins exprimés par les radiologues du réseau.

    🚀Enovacom déploie ORTIF³, la plus vaste plateforme régionale de télésanté en Europe, pour le compte de SESAN

    Près de 2,6 millions de prises en charge sont déjà enregistrées via ORTIF en Île-de-France ; la nouvelle version ORTIF vise à renforcer les usages grâce à l’IA, l’interopérabilité et une ergonomie repensée.

    Enovacom, filiale d’Orange Business, a été sélectionné par le GRADeS SESAN pour assurer le déploiement de la nouvelle version de la plateforme régionale de télésanté ORTIF (Outil Régional de Télésanté d’Île-de-France). Ce projet constitue à ce jour le programme régional de télésanté le plus important en Europe, en nombre de structures équipées et d’actes réalisés. La nouvelle version ORTIF intègre plusieurs évolutions :

    • Une ergonomie revue pour améliorer l’expérience utilisateur.
    • Une interopérabilité étendue avec les systèmes d’information et la facturation des actes.
    • De nouvelles fonctionnalités pour le portail Ville-Hôpital.
    • Des intégrations prévues avec des outils d’intelligence artificielle (aide au diagnostic, génération de comptes rendus structurés).
    • La téléconsultation assistée avec transmission automatique des paramètres vitaux via dispositifs médicaux connectés.
    • Une application centrée patient (prise de rendez-vous, visioconsultation sécurisée, partage de documents).
    • Un nouveau module d’interprétation EEG compatible avec la majorité des viewers du marché.

    🤝Le CHU de Nice et GE Healthcare s’allient pour accélérer l’innovation en imagerie médicale et dépistage du cancer

  • Note aux abonnés : Pause estivale et reprise des publications le 1er septembre 2025, avec un bilan des faits marquants, et notre étude sur l’IA en ophtalmologie

    Chers abonnés,

    L’équipe Health & Tech Intelligence vous souhaite d’excellentes vacances !

    📌 Rendez-vous dès le lundi 1er septembre pour la reprise de la couverture quotidienne du numérique en santé.

    Au programme de la rentrée :

    • 🔎 Pour ne rien manquer du secteur, la reprise des publications s’ouvrira par une rétrospective des faits marquants de l’été (actualités, opérations de marché, nominations, textes au Journal Officiel, rapports).
    • 👁️ Les prochaines études :
      • L’impact du numérique en santé en Ophtalmologie (3 septembre)
      • L’intelligence artificielle aux urgences (10 septembre)
      • IA et prévention : Cap santé populationnelle (17 septembre)

    D’ici là, votre plateforme H&TI reste accessible pour consulter l’ensemble des contenus :

    • Les derniers articles.
    • Les études thématiques.
    • Les bases de données et les cartographies.

    🙏 Vous êtes de plus en plus nombreux à nous suivre , et toute l’équipe vous remercie chaleureusement pour votre fidélité.

    Passez un été agréable et ressourçant ☀️

    À très bientôt,

    L’équipe Health & Tech Intelligence, by Care Insight

    L’occasion de (re)découvrir les dernières études thématiques :

    🤖 Le développement de la robotique chirurgicale en France 👉 Robotique chirurgicale : transformations, enjeux et perspectives de la robotique et de l’intelligence artificielle en France

    L’intégration de la robotique et de l’IA accélère la transformation du paysage chirurgical français, en quête de performance, d’accessibilité et de souveraineté technologique. Malgré des progrès prometteurs, de nombreux défis persistent : disparités d’accès, coût élevé, encadrement juridique, et formation des professionnels. S’appuyant sur des initiatives nationales telles que « France 2030 » et des avancées internationales, Health & Tech Intelligence examine les transformations structurelles, les enjeux organisationnels, économiques et éthiques.

    ❤️L’usage l’intelligence artificielle dans l’hypertension 👉Hypertension : De nombreux cas d’usage existants mais peu de solutions utilisées en France

    L’hypertension artérielle (HTA) représente un enjeu de santé publique en France avec près de 17 millions d’adultes concernés, dont plus de 6 millions ignorent encore leur maladie. Cette pathologie silencieuse, première maladie chronique du pays, demeure souvent diagnostiquée tardivement, entraînant chaque année 55 000 décès et générant des coûts substantiels pour le système de santé. L’émergence de solutions innovantes comme l’intelligence artificielle (IA), le diagnostic sans contact via caméra ou analyse vocale, ainsi que l’utilisation de jeux sérieux pour l’éducation thérapeutique, laisse entrevoir une nouvelle ère pour le dépistage et le suivi des hypertendus. 

    💶 Analyse des dernières levées de fonds du numérique en santé 👉Levées de fonds du second semestre : 191,1 millions de financement, +76% par rapport au T1 2025

    Au T2 2025, les levées de fonds en healthtech française atteignent 191,1 M€ (+76 %), portées par l’IA (96 % des investissements, Nabla : 60 M€, Wandercraft : 65,5 M€). Côté Fusacq Life & Soft est racheté par SeqOne, et côté difficultés financières Carmat, Livmed’s, Quantum Genomics font face à des manques très importants de liquidités.

    🌍Après l’hexagone, faites un tour d’horizon du numérique en santé en Afrique 👉 Santé numérique : comment le Rwanda, le Sénégal et l’Afrique du Sud posent les bases d’un modèle continental ?

    En Afrique subsaharienne, la santé numérique passe à la vitesse supérieure. Trois pays se démarquent : le Rwanda, le Sénégal et l’Afrique du Sud. Portés par la connectivité mobile et l’émergence d’écosystèmes innovants, ils posent les fondations d’un système de soins plus connecté.

    🚶Dans quelle mesure le numérique impact-t-il la prise en charge de l’obésité ?👉 Près d’un Français sur cinq touché : l’obésité, un enjeu de santé publique à réinventer par le numérique et l’IA

    L’obésité touche 18% des adultes en France, générant un coût de 12,7 milliards d’euros. L’IA et les solutions digitales facilitent la prévention et le suivi, mais leur déploiement est freiné par le manque de formation et de coordination.

    🚨Les prochains événements à ne pas manquer 

    📅 29 août – RDV annuel des Datatransformeurs – Saison 3

    🕘 9h – 17h30 | 📍 Hôpital des Quinze-Vingts, Paris

    La 3ᵉ édition réunira experts, porteurs de projets, patients, start-ups et institutions pour construire l’avenir des données de santé.
    Au programme :

    • 4 ateliers thématiques
    • Retours terrain inspirants
    • Idées concrètes à activer

    👉 Il reste que quelques places : inscrivez vous dès maintenant !

    📅 25 septembre – Conférence « Vérités contre Idées reçues »

    🕔 17h – 20h | 📍 Société de Géographie, 184 boulevard Saint-Germain, Paris 6ᵉ
    🍸 Suivi d’un cocktail dînatoire

    Proposée par AIA Life Designers et l’Association des Alumni et Amis de l’AP-HP (3A), cette conférence ouvre un espace de réflexion et de dialogue autour des grands enjeux actuels de la santé :

    • Architectures pour un monde en mutation
    • Regards intellectuels, politiques et sociétaux
    • Propositions technologiques, environnementales et organisationnelles efficientes

    🎟️ Inscription gratuite mais obligatoire : S’inscrire ici

  • AMI IA publique : ArKhn, Gleamer et Nabla retenus pour transformer la documentation et le diagnostic médical

    Sélectionnées pour moderniser le service public

    L’appel à manifestation d’intérêt (AMI) « Solutions d’intelligence artificielle pour le public », conduit au printemps 2025 par la Direction générale des Entreprises (DGE) et la Direction interministérielle du Numérique (Dinum), avait pour objectif d’identifier des solutions déjà opérationnelles et intégrables aux systèmes d’information des administrations. Parmi les lauréats, plusieurs entreprises du numérique en santé illustrent la dynamique de l’écosystème français :

    • ArKhn -Arkhn Assistant : solution applicative hébergeable en SecNumCloud et on‑premise, destinée à automatiser la rédaction médicale pour améliorer la qualité des documents et libérer du temps soignant.
    • Gleamer – Gleamer Copilot : suite applicative d’IA pour accélérer les diagnostics sur radiographie, scanner et IRM, basée sur la vision par ordinateur et la prédiction.
    • Nabla Technologies – Assistant médical IA Nabla : assistant applicatif d’IA conçu pour automatiser la documentation médicale grâce à des fonctionnalités de synthèse, résumé et interface conversationnelle.

    Enjeux pour les établissements de santé

    • Réduction de la charge administrative : ArKhn et Nabla ciblent l’automatisation des comptes rendus médicaux et la documentation clinique.
    • Amélioration des diagnostics : Gleamer propose une suite IA pour l’imagerie, destinée à accélérer et fiabiliser les évaluations.
    • Sécurité et souveraineté : Arkhn offre une compatibilité avec un hébergement SecNumCloud ou on‑premise, critère clé pour les données de santé.

    Septembre 2025 : administrations et lauréats se réunissent pour définir les cas d’usage de l’IA en santé

    En septembre 2025, une rencontre entre administrations et lauréats permettra d’identifier les cas d’usage prioritaires et les modalités de déploiement. La Mission French Tech et la Direction des achats de l’État accompagneront les entreprises pour faciliter leur intégration au sein des services publics de santé. La DGE documentera les retours d’expérience et la Dinum poursuivra le recensement des besoins d’IA dans le système de santé.

  • Etude américaine : ChatGPT réduit le temps de revue des critères d’éligibilité aux essais cliniques

    De 40 minutes à 3 minutes : ChatGPT accélère la revue des dossiers 

    L’équipe du UT Southwestern Medical Centre aux États-Unis a testé les modèles ChatGPT 3.5 et 4.0 sur les dossiers de 35 patients déjà inclus dans un essai de phase 2 en oncologie, ainsi que sur un échantillon de 39 patients non éligibles.

    Résultat : les temps de revue sont passés de 40 minutes en moyenne par dossier à 1,4 à 3 minutes avec ChatGPT 3.5, et de 7,9 à 12,4 minutes avec GPT‑4. Les coûts par patient se situent entre 0,02 $ et 0,03 $ pour GPT‑3.5, et 0,15 $ à 0,27 $ pour GPT‑4.

    20 % des essais cliniques du NCI échouent faute de recrutement

    Si GPT‑4 s’est révélé plus précis que GPT‑3.5, il reste plus lent et plus coûteux. Ces outils peuvent aider à identifier des patients pour les essais, surtout lorsque les critères sont flexibles, mais ne remplacent pas un contrôle humain, notamment lorsque toutes les conditions doivent être strictement respectées.

    Jusqu’à 20 % des essais cliniques affiliés au National Cancer Institute (NCI) échouent faute de patients recrutés. Outre des coûts supplémentaires et des retards, ces échecs compromettent la robustesse des résultats. Une partie du problème tient à la difficulté d’analyser les données non structurées contenues dans les dossiers médicaux électroniques, comme les notes cliniques. Les chercheurs estiment que les LLM pourraient aider à pré‑sélectionner les candidats avant une revue manuelle.

    Le même groupe travaille également sur GeoDL, un système de deep learning capable de générer en 35 millisecondes des estimations tridimensionnelles de doses de rayonnement à partir de scanners CT et de données de traitement. Cette technologie permettrait aux chirurgiens d’adapter en temps réel la radiothérapie pendant l’intervention.

  • France : 43 critères pour encadrer l’éthique des systèmes d’IA médicale

    43 critères pour garantir transparence et équité

    La Délégation au numérique en santé (DNS), via sa cellule Éthique et le groupe de travail GT3, publie un guide de 43 critères destinés aux fournisseurs de systèmes d’intelligence artificielle en santé. Il s’appuie sur trois ans de travaux collaboratifs (2023-2025), incluant analyses comparatives, concertation publique et alignement avec l’AI Act, entré en vigueur le 1er août 2024. Le but est de soutenir l’innovation tout en assurant la confiance des soignants et des patients.

    Chaque critère est rattaché aux valeurs du Cadre de l’éthique du numérique en santé (CENS) : bienfaisance, non-malfaisance, autonomie, justice/équité et écoresponsabilité.
    Le guide couvre toutes les étapes du cycle de vie d’un SIA : cadrage, collecte et traitement des données, construction et évaluation des algorithmes, déploiement, suivi et amélioration continue.

    Parmi les mesures phares :

    • Création d’un comité scientifique et éthique dès la phase de cadrage.
    • Collecte proportionnée des données, en veillant à leur représentativité et à la réduction de l’empreinte environnementale.
    • Explicabilité et traçabilité des décisions algorithmiques, avec possibilité de désactivation par l’utilisateur.
    • Dispositifs spécifiques pour prévenir les risques liés à l’IA générative (plagiat, hallucinations, restitution de données sensibles).

    Un guide aligné sur RGPD, MDR, UNESCO et OMS

    Le guide a été confronté aux principaux labels d’éthique de l’IA (Labelia, Ethical AI, Ethik-IA, Ekitia). Résultat : des taux de recouvrement variables, de 16 % à 82 %, révélant à la fois des convergences et des compléments. Il reprend aussi les exigences du RGPD, du Medical Device Regulation (MDR) et des recommandations de l’UNESCO et de l’OMS sur les grands modèles de langage. Au‑delà de la conformité, la DNS insiste sur l’élaboration de ressources pédagogiques co‑construites avec les utilisateurs finaux, pour favoriser une compréhension critique des outils d’IA et prévenir la dépendance. Le guide n’est pas juridiquement opposable, mais certains de ses critères pourraient être repris dans des référentiels sectoriels obligatoires, à l’image de ceux déjà déployés pour la téléconsultation.

    Délégation au numérique en santé (DNS). (2025, juillet). Guide d’implémentation de l’éthique dans les systèmes d’intelligence artificielle en santé (Travaux du GT3 de la cellule Éthique du numérique en santé). Ministère de la Santé et de la Prévention.

  • Santé publique France expérimente l’IA générative de Mistral AI pour ses missions de surveillance et de prévention

    Expérimenter l’IA générative pour améliorer la collecte et le traitement des données

    Santé publique France a engagé l’intégration de l’IA dans son programme de travail, avec l’objectif d’optimiser ses missions. L’agence expérimente actuellement le modèle développé par la société française Mistral AI pour renforcer la surveillance épidémiologique et améliorer la conduite des enquêtes en santé. Cet outil doit permettre d’accélérer la collecte, le traitement de données, et de produire des synthèses exploitables plus rapidement. Pour la directrice générale, Dr Caroline Semaille, cette collaboration s’inscrit dans une dynamique d’innovation plus large. Elle rappelle qu’un Lab Innovation a été lancé en parallèle, consacré à la surveillance, à la prévention et à l’évaluation des interventions de santé publique.

    L’IA de Mistral AI s’inscrit dans la modernisation des infrastructures technologiques de l’agence. Elle vise notamment à renforcer l’agilité opérationnelle face à des situations sanitaires complexes. « Cet outil nous fait gagner un temps précieux pour développer nos programmes analytiques », explique Johnny Platon, data scientist à la Direction DATA.

    Un déploiement encadré

    Santé publique France souligne que l’usage du Chat Mistral AI s’effectue dans un cadre sécurisé. Aucune donnée sensible n’est aujourd’hui mobilisée. Par ailleurs, l’agence prépare la mise en place de ses propres infrastructures de calcul haute performance. L’objectif est de garantir un hébergement local et souverain des modèles d’IA, afin d’assurer la confidentialité et la maîtrise des traitements appliqués aux données de santé publique.

  • Le Royal Marsden lance une plateforme nationale d’imagerie radiologique propulsée par l’IA, soutenue par le NIHR

    Première infrastructure d’IA radiologique pour la recherche en cancérologie

    Le Royal Marsden NHS Foundation Trust s’associe à NTT Data et CARPL.ai pour déployer une infrastructure au Royaume-Uni dédiée à la recherche en cancérologie par intelligence artificielle. Objectif : améliorer la précision des diagnostics et accélérer l’accès aux traitements.

    Le projet, présenté comme la première plateforme britannique à grande échelle d’analyse radiologique par IA dédiée à la recherche sur le cancer, est porté par le Royal Marsden en collaboration avec NTT Data Group, spécialiste de la transformation numérique, et CARPL.ai, acteur de l’intelligence artificielle appliquée à l’imagerie médicale. Il repose sur une infrastructure MLOps conçue par NTT Data, qui héberge la plateforme de CARPL.ai, déjà dotée d’un ensemble d’algorithmes d’analyse d’images médicales. Ce socle permettra aux équipes de recherche d’évaluer des modèles d’IA sur plusieurs localisations cancéreuses, dont les sarcomes, les cancers du poumon, du sein, du cerveau et de la prostate.

    Le Radiology and AI Research Hub lance deux projets sur les sarcomes et le cancer du sein

    Le développement de cette plateforme est financé via une subvention triennale accordée par le National Institute for Health and Care Research (NIHR). Elle sera utilisée à des fins de recherche au sein du Royal Marsden Hospital et de l’Institute of Cancer Research (ICR), avec pour finalité de soutenir les décisions cliniques et d’influencer les futurs standards de diagnostic et de prise en charge thérapeutique.

    L’ensemble s’inscrit dans le cadre du Radiology and Artificial Intelligence Research Hub du Royal Marsden, financé par la Royal Marsden Cancer Charity. Ce hub réunit cliniciens et chercheurs autour de projets visant à exploiter les données d’imagerie radiologique. Deux projets en cours s’y intègrent déjà : RADSARC-R, dédié à l’amélioration du diagnostic des sarcomes, et AI-BRACE, centré sur le cancer du sein.