MAACHETarek

  • « Le financement intelligent : moteur de la transformation numérique en santé » (Zakaria Jghab, Siemens)

    Vers un « fil numérique » ?

    Les technologies numériques et basées sur l’intelligence artificielle (IA) améliorent, de manière de plus en plus tangible, l’efficacité des soins et l’accès aux services de santé, qu’il s’agisse de la gestion des patients, de la productivité clinique ou de l’usage du site hospitalier. Ceci améliore la qualité des soins et permet des résultats plus fiables et plus rapides. Pour Health & Tech Intelligence, Zakaria Jghab explique que le secteur fait face à des défis financiers dans l’acquisition des technologies et des infrastructures nécessaires pour mener à bien la transition numérique.

    La plupart des services de santé se sont déjà lancés dans la transformation numérique, ajoute-il. Ils recherchent désormais à accélérer le déploiement numérique, tout en fournissant des preuves de résultats tangibles. Et ce, afin de “convaincre les responsables du budget et de maintenir leur élan dans ce parcours de transformation numérique”. Il existe de nombreux exemples concrets qui démontrent actuellement l’impact positif des nouvelles technologies : une plus grande productivité pour les radiologues grâce à l’IA, la télésanté, l’autogestion des patients, la téléchirurgie, etc.

    Le président de Siemens Financial services France souligne que l’approche stratégique de la transformation numérique consiste à “établir un « lien/fil numérique » qui traverse les organisations et les systèmes de santé”. Cela permet de connecter les capacités numériques tout au long du parcours du patient, ce qui entraîne des améliorations significatives des résultats et de l’efficacité clinique, ainsi que la réduction des coûts, comme le soulignent des analystes universitaires et gouvernementaux du secteur.

    Le rôle de la finance intelligente

    Globalement, l’investissement dans les technologies de la santé est significatif, tout comme sa croissance prévue au cours des prochaines années. Cependant, ces investissements ne peuvent généralement pas être financés par les budgets disponibles pour les services de santé: “Cela concerne à la fois le remplacement et la mise à niveau des équipements vieillissants, ainsi que les nouvelles technologies sur le marché dont les avantages ne sont apparus que récemment”.

    Pour Zakaria Jghab, afin d’augmenter la disponibilité des capitaux indispensables pour effectuer cette transformation, “le secteur de la santé doit se tourner vers des financements privés”. Ceux-ci permettront donc “une transition numérique, commerciale, clinique et durable”. Le financement provenant du secteur privé (généralement des financiers spécialisés ayant une expertise approfondie de la technologie et de ses applications), aurait un rôle important à jouer “en soutenant le développement et la numérisation des systèmes de santé dans le monde entier”, offrant deux fonctions de soutien essentielles :

    ➡️ le remplacement ou mise à niveau de la technologie existante et des bâtiments / infrastructures cliniques vieillissants – dans un cycle de remplacement naturel (ou accéléré) pour obtenir des gains de productivité et d’efficacité : cela permet également de soutenir l’économie circulaire en termes de modernisation, de rénovation et de relocalisation des équipements et des technologies ;

    ➡️ et l’investissement dans des technologies nouvelles et émergentes qui entraîneront une amélioration radicale des soins de santé, de l’économie des services de santé et des résultats pour les patients.

    Pour illustrer l’éventail des défis d’investissement auxquels le secteur de la santé est confronté, le graphique ci-dessous (réalisé par Siemens en se basant sur plusieurs sources d’analyse) montre à la fois la taille du marché et le taux de croissance prévu pour un certain nombre de technologies médicales clés. Chacune présente “un défi d’investissement nécessitant un financement du secteur privé – qu’il s’agisse de faire face au volume de remplacement/renouvellement, à la croissance rapide des nouvelles technologies ou aux deux”. Le financement sur-mesure permettrait ainsi d’investir tout en gardant les budgets sous contrôle, grâce à un échelonnement adapté.

    Taille du marché des équipements de santé par rapport à la croissance - @ Siemens Financial Services France
    Taille du marché des équipements de santé par rapport à la croissance – @ Siemens Financial Services France

    Passer à l’action

    La nécessité d’améliorer la base technologique existante dans le domaine de la santé va de pair avec le besoin tout aussi urgent d’adopter les technologies numériques émergentes. Pour Zakaria Jghab, une telle transformation ne peut pas être financée uniquement par des fonds publics : “Le financement privé joue un rôle essentiel et permet aux organisations de santé de réaliser des changements radicaux, basés sur des données et des preuves grâce à la transformation numérique”. Cela pourrait se traduit par :

    • une amélioration des résultats pour les patients ;
    • une réduction des coûts à court terme ;
    • et une utilisation plus efficace des compétences cliniques et médicales rares, à long terme.

    👉 Pour aller plus loin :

    L’étude intitulée « Transformation numérique des services de santé. Finance intelligente : relever le défi de l’investissement », publiée par Siemens Financial Services en 2023, est accessible ici.

     

  • Etude : une standardisation nécessaire des méthodologies de mesure de l’expérience patient (Healthcare)

    La difficulté des comparaisons internationales

    L’expérience et la satisfaction des patients concernant leur parcours de soin et leur traitement deviennent des indicateurs de qualité de plus en plus importants pour les systèmes de santé à travers le monde. La mesure de ces paramètres fait cependant face à de nombreux défis, méthodologiques notamment. Cette étude comparative des approches européennes et américaines vise à expliquer les processus de mesure, de publication et d’utilisation des données sur l’expérience, ainsi qu’à déterminer des pistes d’amélioration. Elle porte sur les articles publiés entre 2000 et 2021 à propos des retours et témoignages des patients sur les réseaux sociaux mais aussi de l’influence des caractéristiques sociodémographiques et hospitalières sur leur satisfaction. Ses résultats montrent que bien que la collecte de données soit efficace, la diversité des questionnaires rend la comparaison internationale difficile.

    L’étude recommande l’utilisation de questionnaires plus uniformisés et mis à jour régulièrement pour améliorer la comparabilité et la validité des résultats. Elle souligne, par ailleurs, que les réseaux sociaux sont considérés comme une source de plus en plus importante de retours des patients. Malgré les efforts déjà en place, il existe un potentiel d’amélioration significatif dans la collecte et l’utilisation des données sur l’expérience et la satisfaction des patients. Des initiatives internationales visant à unifier les méthodes de mesure devraient être poursuivies pour obtenir des résultats plus comparables et exploitables.

    Résultats

    L’étude examine la mesure de l’expérience et de la satisfaction des patients dans des pays avec des systèmes de santé très développés en Europe (Allemagne, Suède, Finlande, Norvège, Royaume-Uni) et aux États-Unis. Ses principaux résultats sont les suivants :

    📌 Collecte de données :

    Tous les pays étudiés collectent bien les données sur la satisfaction et l’expérience des patients et les rendent disponibles publiquement. Cependant, les différents questionnaires utilisés rendent la comparaison des résultats difficile et les conséquences tirées de ces données restent en grande partie floues.

    📌 Problèmes de comparabilité :

    La diversité des approches et des mandats des systèmes de santé entraîne des différences de validité et de fiabilité des enquêtes existantes (comme HCAHPS, PPE-15, et PEQ). Cela complique la comparaison des résultats entre les pays.

    📌 Améliorations suggérées :

    L’utilisation de questionnaires plus unifiés et régulièrement mis à jour aiderait à résoudre certains des problèmes mentionnés. De plus, les plateformes de médias sociaux devraient être considérées comme une source de plus en plus importante pour élargir la gamme de retours des patients.

    📌 Impact économique :

    Les retours des patients influencent également le remboursement et la réputation des hôpitaux dans certains systèmes de santé, ce qui en fait un facteur économique important.

    📌 Mesures standardisées :

    Les mesures des résultats rapportés par les patients (PROMs) et des expériences rapportées par les patients (PREMs) sont couramment utilisées pour évaluer la vue des patients sur les soins reçus. L’étude suggère que des améliorations dans la standardisation des enquêtes et la prise en compte des retours via les médias sociaux pourraient aider à mieux comprendre et utiliser les données sur la satisfaction et l’expérience des patients.

    Des standards internationaux et une culture du changement ?

    Selon les auteurs de cette étude, une standardisation des recommandations pour la collecte et la publication des données sur l’expérience des patients serait nécessaire. Et ces recommandations devraient être obligatoires. Les résultats résumés devraient être fournis de manière transparente pour l’orientation des patients, tandis que des données plus détaillées et longitudinales devraient être facilement accessibles aux chercheurs pour des comparaisons nationales et internationales.

    En outre, les résultats des enquêtes patients gagneraient, selon les chercheurs, à être exploités par les structures de gestion du changement pour que les modifications planifiées et réalisées pour améliorer les soins aux patients soient facilement accessibles au public. Une telle approche pourrait favoriser une culture dynamique du changement dans la santé, coconçue par les patients et les prestataires de soins, et ainsi fournir des réponses plus complètes aux questions sur les méthodologies et objectifs de ces travaux.

    Distinguer expérience et satisfaction des patients

    Les auteurs proposent des perspectives dépassant les frontières nationales pour l’expérience patient, visant à fournir une base pour améliorer l’utilisation des données recueillies. Ils suggèrent que les efforts internationaux pour unifier les méthodes de mesure de l’expérience des patients, comme cela a déjà été fait avec le développement du Norpeq (the nordic patient experiences questionnaire), devraient être généralisés. Car, bien que la distinction entre l’expérience et la satisfaction des patients soit déjà une étape essentielle vers une évaluation systématique, les questionnaires devraient, selon eux, être améliorés pour refléter cette distinction et obtenir une meilleure comparabilité des résultats.

     

     

    * Measuring Patient Experience and Patient Satisfaction-How Are We Doing It and Why Does It Matter? A Comparison of European and U.S. American Approaches.

    Friedel AL, Siegel S, Kirstein CF, Gerigk M, Bingel U, Diehl A, Steidle O, Haupeltshofer S, Andermahr B, Chmielewski W, Kreitschmann-Andermahr I.

    Healthcare (Basel). 2023 Mar 8;11(6):797. doi: 10.3390/healthcare11060797. PMID: 36981454; PMCID: PMC10048416.

     

  • Qualité des soins : quels outils pour recueillir efficacement les indicateurs patients ? (L. May-Michelangeli, HAS / études Leem et OCDE)

    🗣️ Des efforts pour améliorer l’expérience patient (L. May-Michelangeli)

    Laetitia May-Michelangeli - @ DR
    Laetitia May-Michelangeli – @ DR

    Dans un entretien exclusif avec Health & Tech Intelligence, le Dr Laetitia May-Michelangeli, cheffe du service Évaluation et outils pour la qualité et la sécurité des soins à la HAS, revient sur le programme e-Satis qui vise à évaluer et à améliorer l’expérience des patients dans les établissements de santé. Mais  aussi sur la définition et la mesure de l’expérience patient à travers des questionnaires standardisés, ainsi que les défis rencontrés et les perspectives d’avenir pour renforcer l’utilisation et l’impact de ces évaluations dans le système de santé français.

    L’apport du questionnaire e-Satis :

    La HAS, à travers son programme e-Satis, définit l’expérience patient comme une évaluation objective du parcours de soins vécu par les patients dans les établissements de santé. Cette approche vise à compléter la mesure de la satisfaction en capturant les dimensions spécifiques de leur expérience. Initialement développé à partir de l’ancien programme Compaqh (coordination pour la mesure de la performance et l’amélioration de la qualité hospitalière), le questionnaire e-Satis est conçu en collaboration avec des groupes de travail pour s’assurer qu’il couvre toutes les étapes critiques de la prise en charge médicale. Cette méthodologie rigoureuse garantit que les questionnaires sont métrologiquement validés et adaptés aux divers contextes de soins.

    Au fil des années, e-Satis, d’abord conçu pour les patients hospitalisés plus de 48h en médecine chirurgie et obstétrique, a étendu sa portée pour inclure différents types de séjours hospitaliers tels que la chirurgie ambulatoire et les soins de suite et de réadaptation (SSR). Les récentes améliorations incluent l’automatisation du recueil des données via une interface de programmation d’application (API) développée par l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (ATIH), facilitant ainsi la collecte et l’analyse des réponses des patients. De plus, l’intégration de commentaires libres dans les résultats permet une évaluation plus approfondie et qualitative ainsi qu’une meilleure compréhension des besoins et des attentes des patients.

    Laetitia May-Michelangeli souligne plusieurs actions de la HAS liées au programme e-Satis, qui montrent son évolution et son engagement pour la mesure et l’amélioration de l’expérience patient à travers le système de santé français :

    • développement du questionnaire e-Satis : questionnaire e-Satis, initialement lancé pour les patients hospitalisés plus de 48 heures en médecine, chirurgie et obstétrique (MCO), a été progressivement étendu à d’autres secteurs du soin ;
    • publications et validation métrologique : pour assurer la fiabilité des questionnaires e-Satis, ainsi que leur adaptation aux spécificités des différents secteurs de soins ;
    • déploiement : un déploiement progressif du questionnaire e-Satis dans les établissements de santé à travers la France, ainsi que les campagnes nationales de mesure de l’expérience patient ;
    • intégration de nouvelles technologies : mise en place d’une API par la ATIH pour automatiser la collecte et le traitement des questionnaires e-Satis, facilitant ainsi leur gestion par les établissements de santé ;
    • ajout d’une information à la main des établissements pour préciser le niveau d’exploitation (service, UF, pôle) ;
    • améliorations continues : des efforts continus pour améliorer la collecte des données, intégrer les commentaires des patients et faire face aux défis spécifiques comme ceux rencontrés avec l’hospitalisation à domicile (HAD), ou la santé mentale.

    Quels progrès dans la mesure de l’expérience patient ?

    L’ambition de la HAS est d’enrichir et de diversifier les mesures de l’expérience patient, en adaptant ses méthodologies et ses outils pour répondre aux besoins spécifiques des différents secteurs de la santé. Un de ses objectifs est de fournir des résultats permettant la comparaison entre les établissements de santé. Cela vise à informer sur la qualité des soins à travers un score global, tout en permettant une analyse plus détaillée pour identifier des axes d’amélioration spécifiques à chaque service. L’ATIH a introduit, dans ce sens, une colonne supplémentaire pour que les établissements précisent comment ils souhaitent utiliser ces résultats, facilitant ainsi leur exploitation au niveau du service, unité fonctionnelle ou pôle.

    Des expérimentations en santé mentale et sur l’hygiène des mains :

    La HAS a été sollicitée par la DGOS pour créer un e-Satis spécifique en santé mentale. Malgré les difficultés rencontrées sur le terrain, un nouveau questionnaire d’expérience pour les adultes pris en charge est actuellement en phase d’expérimentation. Les résultats seront évalués pour validation métrologique, en septembre 2024, avant de le déployer à l’échelle nationale pour établir une classification.

    Autre sujet ancien mais hautement important pour les établissements, et qui a été ouvert pour compléter voire remplacer l’indicateur actuel sur les consommations hydro-alcooliques : l’hygiène des mains. Il concerne les questionnements des patients concernant l’hygiène des mains des professionnels de santé. De nouvelles méthodes ont été développées pour analyser ces résultats et établir des indicateurs d’expérience. Le recueil des données a été finalisé et le groupe de travail va analyser, d’ici la fin de 2024, les qualités métrologiques du questionnaire et proposer une restitution en indicateur.

    Outre cela, afin d’améliorer l’exploitation des verbatims pour mieux comprendre les retours des patients et renforcer l’implication des établissements dans l’amélioration continue de l’expérience patient, une interface de restitution des commentaires libres des patients est annoncée pour septembre 2024. Une phase pilote qui a débuté les intégrera dans la plateforme e-Satis.

    Utilisation des résultats d’e-Satis et évolutions futures (certification, MES, IA…) :

    Malgré ses succès, e-Satis rencontre plusieurs défis, parmi lesquels l’exploitation efficace des verbatims des patients pour en tirer des enseignements concrets au niveau des établissements de santé. Il est essentiel que ses résultats soient pleinement intégrés dans les pratiques d’amélioration continue pour avoir un impact significatif sur la qualité des soins. La certification des établissements les intègre désormais, incitant les professionnels de santé à analyser les commentaires pour identifier des axes d’amélioration.

    La HAS envisage, à l’avenir, d’étendre e-Satis à de nouveaux domaines tels que les urgences et la maternité, tout en explorant la piste de l’intégration des résultats avec des plateformes numériques, comme Mon Espace Santé (MES), pour une collecte de données plus fluide et une participation accrue des patients dans l’évaluation de leur expérience de soins. À long terme, elle vise à améliorer l’expérience patient dans tous les établissements de santé, y compris en médecine de ville.

    Par ailleurs, les nouvelles technologies telles que l’intelligence artificielle (IA) et les applications mobiles joueront un rôle dans l’amélioration de la collecte et de l’analyse des données sur l’expérience patient. L’IA est actuellement exploitée pour la gestion des commentaires libres.

    💊 La perspective de l’industrie pharmaceutique

    Selon une enquête du Leem (dont les résultats ont été publiés en janvier 2022 et repartagés en mars 2024 à la suite d’un webinaire dédié à la compréhension des “questionnaires patients et leurs usages dans le médicament”), les industriels de la Pharma définissent les deux principaux indicateurs patients identifiés comme suit :

    • les PROMs (patient-reported outcomes measures) sont des indicateurs de résultat selon la perspective propre au patient, sans interprétation par un acteur tiers. Ils sont mesurés via des questionnaires standardisés de qualité de vie, remplis directement par le patient ou l’aidant. Ces questionnaires peuvent être génériques ou spécifiques à une pathologie.
    • les PREMs (patient-reported experience measures) capturent la perception du patient sur l’expérience de soins ou le service reçu. Ils sont mesurés par divers indicateurs, souvent non validés, et recueillis via des questionnaires ou enquêtes. Exemples : temps d’attente, accès aux services, implication dans la décision, qualité de la communication, etc.

    La définition des PROMs par les industriels est en accord avec celle des autorités de santé. Les PROMs sont perçus comme un outil clairement intégré, surtout au cours de la phase d’évaluation. Ils sont collectés et évalués à différents niveaux, de la demande d’accès précoce à la mise sur le marché des médicaments. Quant à la définition des PREMs, elle est moins claire pour les industriels et perçue comme plus large que celle proposée par les autorités de santé. Ils voient les PREMs comme difficiles à transposer au médicament dans les usages et définitions actuelles des autorités. Toutefois, les PREMs peuvent fournir des informations utiles sur le fardeau de la maladie, l’expérience avec le traitement, les modalités d’administration et les solutions connectées.

    L’intégration des PROMs et PREMs dans l’écosystème français actuel :

    L’usage des PROMs et PREMs est variable au cours du cycle de vie du médicament. Les PROMs apparaissent comme intégrés tout au long du cycle de vie du médicament et de façon formalisée, du niveau européen au niveau national. A l’inverse, les PREMs sont mesurés en bout de course et à l’échelle du système de soins principalement. Pour le médicament, ils sont principalement recueillis de façon informelle par les industriels avant la mise en place des essais cliniques pour définir les besoins des patients, y compris par des indicateurs non structurés.

    En France, la Haute Autorité de Santé (HAS) HAS ise en place des études post-inscription. Dans ce cadre, les degrés de prise en compte de la perspective patient sont variables mais sans impact explicite direct sur l’évaluation et la prise en charge des médicaments. Des éléments de détails sont retrouvés dans le Tableau 1.

    Usage des indicateurs patients au long du cycle de vie du médicament :

    Bien que des indicateurs patients soient remontés tout au long du cycle de vie du médicament, leur degré de maturité, leur niveau d’intégration et leur impact sur le processus décisionnel des autorités de santé est aujourd’hui limité. L’usage des PREMs et autres indicateurs non structurés fait l’objet d’initiatives non systématiques de la part d’industriels avec des degrés de structuration variable. En janvier 2022, le Leem tirait les conclusions suivantes concernant l’usage des indicateurs patients à chaque étape du cycle de vie du médicament :

    • essais cliniques : il s’agit d’une phase centrale de recueil de données qui conditionnent les futures évaluations, cependant un certain nombre d’indicateurs (PREMs ou indicateurs non structurés) sont recueillis en amont afin de définir les besoin et priorités des patients ;
    • accès précoce : la définition des besoins et indicateurs qui comptent pour les patients a été intégrée par les autorités qui attendent une prise en compte et un recueil pour bénéficier d’un accès précoce ;
    • Autorisation de mise sur le marché (AMM) : ces données n’impactent que peu ou pas l’obtention d’une AMM car l’évaluation se fait principalement sur des CROMs ;
    • demandes de remboursement : bien que la collecte de données de qualité de vie soit une exigence clairement établie par les autorités de santé, la prise en compte de ces données lors de la décision de remboursement au terme de l’évaluation reste minime et peu explicite – le poids implicite des contributions d’associations dans la décision n’est pas détaillé et semble ainsi variable dans le vote de la décision finale ;
    • négociation de prix : la place de la perspective patient dans la négociation de prix n’est pas clairement établie ;
    • études de suivi post-AMM : l’intégration de la perspective patient par les industriels du médicament répond principalement à des demandes des autorités, mais ces indicateurs patients peuvent également être remontés si un besoin précis a été identifié par le laboratoire ;
    • pratique courante : les indicateurs recueillis en pratique courante dépendent fortement des contextes médicaux et des produits et sont souvent le fruit d’initiatives industrielles non systématisées ou publiées avec un degré variable de structuration.
    Maturité des usages des indicateurs patients dans le cycle de vie du médicament - @ Leem, janvier 2022
    Maturité des usages des indicateurs patients dans le cycle de vie du médicament – @ Leem, janvier 2022

    Recommandations du Leem :

    Les recommandations du Leem concernant l’intégration et la valorisation des PROMs et des PREMs dans le domaine pharmaceutique visent à améliorer leur définition, leur reconnaissance et leur utilisation dans le cycle de vie des médicaments, en impliquant toutes les parties prenantes et en simplifiant les processus administratifs et méthodologiques. Cela devrait permettre une meilleure prise en compte des expériences et des résultats rapportés par les patients, améliorant ainsi la qualité des soins et la valorisation des thérapies. Ces recommandations ont été élaborées pour répondre aux principales limites du développement des indicateurs patients, qui s’articulent autour de 5 thématiques :

    1️⃣ Manque de définition consensuelle :

    Les différentes parties prenantes (autorités de santé, industriels, patients) ne sont pas alignées sur la définition des PREMs et des autres indicateurs non structurés. Le Leem recommandait :

    • de créer une définition commune des PREMs avec les autorités de santé, les représentants des usagers et les industriels, de préférence au niveau européen ;
    • et de développer des supports de formation communs pour les entreprises, basés sur les filières académiques existantes.

    2️⃣ Faible valorisation par les autorités de santé :

    Les autorités de santé ne valorisent pas suffisamment les indicateurs patients dans l’évaluation des médicaments. Le Leem recommandait :

    • d’étendre les indicateurs patients acceptés, même ceux moins structurés, pour les intégrer à une gamme plus large de thérapies ;
    • de créer une grille de lecture claire des impacts de l’intégration des indicateurs patients dans les évaluations des médicaments ;
    • de promouvoir l’utilisation des indicateurs patients au-delà de l’évaluation initiale, en incluant des modalités de paiement à la performance ;
    • et de systématiser les auditions des représentants des patients dans les processus décisionnels pour donner plus de visibilité aux décideurs.

    3️⃣ Difficultés liées à la collecte de données :

    Alors que le manque de connaissances et de communication limite la collecte d’indicateurs patients, la lourdeur administrative décourage la collecte de ces données. Le Leem recommandait :

    • de sensibiliser patients et professionnels de santé à l’importance des indicateurs patients via des actions de communication ;
    • de mettre en place des outils numériques de collecte pour optimiser le temps et améliorer les taux de réponse ;
    • et de simplifier et accélérer les processus de collecte et d’accès aux données.

    4️⃣ Complexité des processus internes :

    Les processus internes des entreprises pharmaceutiques pour la collecte et l’intégration des indicateurs sont souvent mal définis et non uniformisés. Le Leem recommandait de formaliser une approche centrée sur le patient dans chaque laboratoire, impliquant les patients dès les phases de recherche et développement.

    5️⃣ Alignement international :

    Difficultés d’alignement entre les filiales locales et les équipes globales des entreprises pharmaceutiques. Le Leem recommandait d’harmoniser les indicateurs recommandés par les autorités selon des standards internationaux pour faciliter les échanges globaux et améliorer la communication entre filiales et agences de régulation.

    📊 L’enjeu de l’échange des données selon l’OCDE

    Les résultats préliminaires de l’enquête Patient reported indicator surveys (PaRIS), réalisée par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et publiée à l’occasion de réunion ministérielle sur la santé de janvier 2024, révèlent que l’échange efficace de données améliore le vécu des patients qui, lorsqu’ils pensent bénéficier de soins primaires de qualité, se sentent en meilleure santé et ont une plus grande confiance dans le système de santé. Cette enquête porte sur 60 000 patients et 1 200 cabinets médicaux répartis dans 15 pays de l’OCDE.

    Selon le rapport résumant ces résultats, intitulé “La santé du point de vue des patients. La prochaine génération d’indicateurs de résultats des soins de santé” :

    • 78 % des patients des pays de l’OCDE font confiance à leurs prestataires de soins primaires ;
    • les personnes estimant bénéficier de soins primaires de qualité se sentent en meilleure santé, même lorsqu’elles souffrent de plusieurs maladies chroniques ;
    • un vécu positif des soins primaires par le patient est corrélé à une plus grande confiance de sa part dans le système de santé, en particulier dans les maladies chroniques.

    🏨 Impact de l’expérience patient sur les organisations de santé

    En conclusion, l’expérience patient peut avoir un impact significatif sur les organisations de santé, et ce à plusieurs niveaux :

    • sur la qualité des soins : l’expérience patient améliore la qualité des soins en identifiant les domaines à améliorer grâce aux PREMs, cela permet aux organisations de santé d’ajuster leurs pratiques cliniques pour mieux répondre aux besoins des patients.
    • sur la prise en charge personnalisée : les PROMs facilitent une prise en charge plus personnalisée en suivant les résultats rapportés directement par les patients, cela renforce la communication patient-soignant et favorise les décisions médicales partagées.
    • sur la conformité et la gestion des risques : intégrer l’expérience patient assure la conformité aux normes de qualité des soins et aux exigences réglementaires, essentielles pour maintenir les accréditations et certifications nécessaires.
    • sur la réputation de l’établissement et la fidélité des patients : une expérience positive renforce la réputation d’un établissement et fidélise les patients, assurant une continuité des soins et une stabilité financière accrue.
    • sur le plan économique : une meilleure expérience patient réduit les coûts associés aux erreurs médicales, optimisant ainsi l’utilisation des ressources et soutenant des modèles de remboursement basés sur la performance.
    • sur l’innovation et et la recherche : l’écoute des patients stimule l’innovation et guide la recherche clinique, améliorant l’efficacité des nouvelles thérapies et solutions numériques.

     

     

    * Résultats de l’enquête sur l’utilisation des PROMs en ville ou en établissements de santé (accessible ici)

    Haute autorité de santé, avril 2023

  • Campagne tarifaire et budgétaire 2024 : 2,3 Mds€ dédiés à la recherche et l’innovation

    2,3 Mds€ pour à la recherche et l’innovation

    D’après la première circulaire de la campagne tarifaire et budgétaire et un arrêté du ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités, publié le 16 juin au Journal officiel détaillant les dotations régionales pour l’année 2024, le montant total de la délégation de crédits des établissements de santé s’élève à 28,104 milliards d’euros. L’objectif national des dépenses d’assurance maladie des établissements de santé (Ondam ES) pour 2024 a, lui, été fixé à 105,6 milliards d’euros, soit une augmentation 3,2 % par rapport à 2023.

    Pour soutenir la recherche et l’innovation, un budget de 2,3 milliards d’euros est prévu, dont :

    • 2 milliards d’euros pour la dotation socle des missions d’enseignement, de recherche, de référence et d’innovation (Merri) ;
    • et 260 millions d’euros pour le financement des actes hors nomenclature.

    La circulaire mentionne aussi :

    • 1 milliard d’euro pour le financement des études médicales ;
    • 1 milliard d’euro pour des mesures et plans de santé publique, dont notamment :
      • 409 millions pour couvrir service d’aide médicale urgente (Samu) ;
      • 191 millions pour le plan maladies rares ;
      • et 10 millions pour des mesures en faveur des personnes âgées.

    EDS, interopérabilité et numérisation

    Pour ce qui est des investissements hospitaliers, la campagne 2024 annonce les financements suivants :

    • 7,5 millions d’euros en autorisations de crédit non reconductible sont alloués aux établissements sélectionnés pour l’appel à projets (AAP) “Accompagnement et soutien à la constitution d’entrepôts de données de santé” (EDS) ;
    • 3,1 millions d’euros pour des projets d’interopérabilité ;
    • et 3 millions d’euros pour le programme national Simphonie qui accompagne les établissements de santé dans leur démarche de simplification administrative (accueil, facturation, recouvrement, gestion de trésorerie), grâce au numérique (dématérialisation des échanges d’informations et automatisation des tâches).

    Une enveloppe de 400 millions d’euros est, par ailleurs, consacrée à d’autres mesures d’accompagnement financier, dont 300 millions en soutien aux établissements en difficulté financière et 65 millions de dotation de responsabilité territoriale pour les hôpitaux de proximité.

     

  • Conseil des ministres : généralisation de « Mon bilan prévention » au cours des prochains mois

    Une transformation en profondeur du système de santé

    Lors du Conseil des ministres du 12 juin 2024, Frédéric Valletoux, ministre délégué auprès de la ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités, chargé de la Santé et de la Prévention, a présenté une communication relative au déploiement de la prévention en santé. Y occupant une place de plus en plus importante, la prévention transforme le système de santé. Il s’agirait désormais pour le gouvernement de “franchir une nouvelle étape en prenant en compte, pour toute la population, et tout au long de la vie, un maximum des déterminants de la santé : des facteurs personnels, familiaux, sociaux, économiques et environnementaux qui conditionnent l’état de santé des individus ou des populations”.

    Plusieurs actions de prévention déjà lancées :

    Puisque “prévenir coûte toujours moins cher que guérir”, le ministère de la Santé exprime son ambition d’inscrire son action dans la continuité des efforts fournis ces dernières années, à l’instar de :

    📌 la vaccination et le dépistage :

    • les campagnes de vaccination, comme celle contre la bronchiolite et le HPV, continuent de protéger la population. Le traitement préventif contre la bronchiolite a réduit les hospitalisations, et la vaccination HPV a débuté pour les élèves de cinquième ;
    • les dépistages néonataux seront étendus à la drépanocytose dès l’automne ;
    • es dépistages organisés pour le cancer du sein, colorectal, et du col de l’utérus se poursuivent avec un objectif de 10 millions de dépistages par an d’ici 2025 ;

    📌 la lutte contre le tabac :

    • le Programme national de lutte contre le tabac (PNLT) 2018-2022 a montré des résultats prometteurs avec une baisse significative de la consommation de tabac ;
    • le nouveau PNLT (2023-2027) introduira des mesures supplémentaires, telles que l’interdiction des produits de vapotage à usage unique et l’augmentation du prix des cigarettes ;

    📌 la santé sexuelle et menstruelle des jeunes :

    • préservatifs et dépistages des infections sexuelles transmissibles (IST) : en 2023, 17 millions de préservatifs masculins ont été pris en charge intégralement ;
    • le dépistage des IST pour les moins de 26 ans est désormais remboursé par l’assurance maladie ;
    • protections menstruelles réutilisables : les protections menstruelles réutilisables seront remboursées pour les femmes de moins de 26 ans et pour les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S) ;

    📌 la prévention pour les personnes âgées :

    • le programme de détection précoce de la perte d’autonomie des plus de 60 ans (programme ICOPE) sera généralisé dès l’an prochain, après une phase d’expérimentation commencée en 2022.

    “Mon bilan prévention”, pilier d’une stratégie globale

    Le dispositif “Mon bilan prévention” vise ainsi à changer le rapport des Français à leur santé. Il permet à chaque citoyen adulte d’accéder à une nouvelle offre personnalisée pour prendre le temps, lors d’un échange avec un professionnel de santé de faire le point sur sa santé et ses habitudes de vie.

    En cours de déploiement, il “va être généralisé au cours des prochains mois”, accompagné de plans de communication en direction des professionnels de santé concernés et du grand public. Les 20 millions de personnes concernées par le dispositif sur l’année à venir recevront une invitation directement de l’Assurance maladie. L’objectif de cette généralisation est “que chaque Français puisse bénéficier de quatre rendez-vous au cours de sa vie”.

    Plus de 120 000 personnes déjà engagées :

    Pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie, sans avance de frais, “Mon bilan prévention” est accompagné d’une stratégie “d’aller-vers” qui sera mise en œuvre afin de “de ramener vers le système de santé les personnes qui en sont les plus éloignées” et de faire de chaque patient un “acteur de sa propre santé”. En amont de son rendez-vous de prévention, le patient est invité, s’il le souhaite, à remplir un auto-questionnaire adapté à sa tranche d’âge, une démarche possible via la plateforme “Mon espace santé“. Le ministère rapporte plus de 120 000 personnes qui ont déjà rempli leurs auto-questionnaires.

    Les 3 étapes de Mon bilan prévention - @ L'Assurance maladie
    Les 3 étapes de “Mon bilan prévention” – @ L’Assurance maladie

    8 thématiques de prévention prioritaires :

    En lien avec le Haut conseil de la santé publique, des thématiques de prévention ont été définies comme prioritaires pour ces bilans de prévention et dans les auto-questionnaires :
    • activité physique ;
    • sédentarité ;
    • vaccins et dépistage ;
    • sommeil ;
    • habitudes alimentaires ;
    • addictions (tabac, alcool, cannabis, autres drogues, jeux, écrans…) ;
    • bien-être mental et social ;
    • et santé sexuelle et reproductive. 

    Un plan dédié à l’infertilité chez les plus jeunes :

    En effet, les consultations des 18-25 ans seront ainsi l’occasion d’aborder avec les jeunes qui le souhaitent les questions d’infertilité, qui feront par ailleurs l’objet d’un plan national dédié afin de soutenir tous celles et ceux qui ont un désir d’enfant dans leur projet parental. Ce plan portera une attention particulière :
    • à l’amélioration de l’information ;
    • au développement d’une recherche dédiée ;
    • au renforcement de la formation des professionnels de santé ;
    • et à l’amélioration de l’offre et des parcours d’assistance médicale à la procréation. 

    Une feuille de route sur l’obésité à venir :

    Ces rendez-vous de prévention devront également permettre de lutter contre l’obésité, véritable épidémie qui touche aujourd’hui 8,5 millions de nos concitoyens. Une feuille de route sur l’obésité sera prochainement déployée et sera territorialisée, avec une attention particulière pour les départements et régions d’outre-mer.

    Autres actions de prévention présentées

    Prévention en santé de l’enfant :

    • La feuille de route 2024-2030 pour la santé de l’enfant vise à ce que 100 % des enfants bénéficient d’un dépistage en maternelle d’ici 2027. Un nouvel examen obligatoire à 6 ans est instauré pour renforcer le suivi médical des enfants. L’accès direct aux orthophonistes est facilité pour améliorer la détection des troubles.
    • Le rôle des maisons des adolescents sera amplifié grâce à des partenariats plus systématiques avec d’autres structures et à la formation du personnel aux premiers secours en santé mentale.

    Protection maternelle et infantile (PMI) :

    • En 2025, le rôle de la PMI sera renforcé par une nouvelle contractualisation entre l’assurance maladie, les agences régionales de santé et les départements, avec des objectifs de santé publique et des moyens supplémentaires dédiés.
    • La santé à l’école sera consolidée, permettant aux médecins de l’éducation nationale d’exercer en libéral. Une concertation sera ouverte pour rénover les missions et l’organisation des acteurs de la santé scolaire.

    Santé mentale des jeunes :

    • La santé mentale des jeunes est une priorité, avec des données alarmantes montrant que plus d’un tiers des 18-24 ans néglige leur santé mentale.
    • Le dispositif “Mon Soutien Psy” sera rénové pour devenir plus attractif pour les psychologues et plus accessible aux patients. Le tarif des séances sera revalorisé à 50 euros, la condition d’adressage par un médecin ou une sage-femme sera supprimée, et le nombre de séances remboursées passera de 8 à 12 par an.

    Innovation et prévention :

    • En lien avec l’Agence de l’innovation en santé (AIS), la feuille de route dédiée à la prévention dans le cadre de France 2030, dotée de 170 millions d’euros, visera à mobiliser l’innovation pour améliorer la santé et la qualité de vie. L’objectif des financement et de faire “émerger des innovations de rupture qui permettront de repenser nos stratégies de prévention et d’agir plus efficacement pour développer des environnements favorables à la santé”. Cela se fera via deux axes principaux : l’intensification de la recherche en prévention et la démonstration de la valeur clinique des dispositifs innovants.
  • HDH : les 8 lauréats de l’AAP P4DP visant à créer le premier EDS national de médecine de ville

    Exploiter les données de médecine de ville pour développer la recherche

    Le 11 juin, lors de l’événement Campus Live organisé par Parisanté Campus, le Collège national des généralistes enseignants (CNGE), le Collège de la médecine générale (CMG) et le Health Data Hub (HDH) ont dévoilé les huit lauréats de l’appel à projets (AAP) P4DP (Platform for Data In Primary Care). Lancée dans le cadre du plan d’investissements d’avenir France 2030, cette initiative vise à créer le premier entrepôt national de données de santé en médecine générale, en réunissant les principaux acteurs français du numérique et de la recherche en soins primaires.

    Considérées comme des outils stratégiques pour améliorer l’efficacité du système de santé, les données issues de la médecine de ville restent encore largement sous-exploitées en France. Pour y remédier, le HDH, le CNGE et le CMG souhaitent mobiliser la communauté médicale autour de ces enjeux. Cet AAP qu’ils ont lancé ensemble, le premier du genre en France, a suscité un grand intérêt, avec 45 candidatures reçues.

    Les 8 projets lauréats

    Les projets sélectionnés, dont chacun bénéficiera d’un financement de 100 000 euros, sont portés par des équipes de soins et de recherche issues de structures publiques et privées, ambulatoires et hospitalières, distribuées sur l’ensemble du territoire national. Le HDH leur fournira, en plus, un accompagnement technique et humain pour une durée de 24 mois, avec l’aide du CNGE et du CMG.

    1️⃣ Cascadeuse :

    Mené par le département de médecine générale de l’université de Nantes, le département de Santé publique de l’université de Bordeaux et l’université de Toronto, ce projet vise à étudier la cascade de prescriptions d’un diurétique de l’anse pour traiter la survenue d’œdèmes des membres inférieurs causés par un inhibiteur calcique dihydropyridine (ICDH).

    2️⃣ Indigo :

    L’équipe recherche en soins primaires de Rennes, CIC Inserm 1414, et PELyon ont lancé ce projet dans le but de comparer les résultats cliniques et la consommation de soins ainsi que les coûts associés, dans une cohorte de patients avec un diagnostic précoce de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) par rapport à une cohorte de patients avec un diagnostic tardif de BPCO.

    3️⃣ Epice :

    Avec l’ambition de décrire la prescription des inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 (IPDE5), en lien avec la prévalence de la dysfonction érectile et l’évolution des comorbidités associées, ce projet est porté par l’AP-HP et le département de médecine générale de l’université Paris Cité).

    4️⃣ Obsantico :

    Ce projet a pour objectif d’obtenir une vision exhaustive des conséquences hémorragiques et des récidives thrombotiques lors de l’exposition d’un patient aux anticoagulants. Il a été lancé par le CNRS en partenariat avec le CHU Grenoble Alpes.

    5️⃣ Pathocarto :

    Ipso Santé ambitionne, à travers ce projet, de confronter les algorithmes de détection des pathologies développés par la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam) avec les diagnostics de pathologies établis par les médecins généralistes.

    6️⃣ Tarir :

    Ce projet, porté par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), le département de médecine générale de l’université Lyon 1, le Centre Léon Bérard et les Hospices civils de Lyon (HCL), vise à étudier l’impact des tensions d’approvisionnement en antibiotiques sur la prise en charge ambulatoire des infections respiratoires aiguës.

    7️⃣ Stip :

    Améliorer la surveillance des infections bactériennes sexuellement transmissibles et à mieux décrire l’observance des patients et les pratiques des médecins généralistes, tel est l’objectif de ce projet lancé par Institut Pierre Louis d’épidémiologie et de santé publique (Iplesp), le département de médecine générale de l’université Paris Cité, Sentinelles, l’Inserm, Santé Sorbonne université, Santé publique France, le Centre national de référence (CNR) et Antibioclic.

    8️⃣ Teleconso :

    Avec ce projet, les départements de médecine générale des universités Paris-Est Créteil et Limoges, en partenariat avec l’Inserm unités Cepia et Viesanté, visent à comparer les potentielles différences de prescriptions entre une téléconsultation ou une consultation en cabinet de médecine générale.

     

  • Hypertension artérielle : quel apport du numérique aujourd’hui ? (Etat des lieux, cartographies, cas d’usage de l’IA)

    Etat des lieux de l’HTA et des innovations disponibles

    État des lieux de l’hypertension artérielle : épidémiologie, facteurs de risques, médicaments remboursés…

    1 adulte sur 3 est atteint d’hypertension artérielle (HTA) en France, selon le panorama 2023 de Santé publique France, soit 17 millions de personnes. Parmi eux, plus de 6 millions ignorent leur maladie. Facteur de risque majeur pour les maladies cardiovasculaires, l’HTA serait responsable de 62 % des AVC. Etat des lieux de ce “tueur silencieux”, fardeau pour les systèmes de santé du monde.

    👉 Dans cet article, H&TI fait le point sur :

    • les chiffres clés de l’hypertension artérielle en France et dans le monde ;
    • ses facteurs de risques de la maladie ;
    • sa prise en charge et les recommandations récentes de traitement ;
    • les coûts et les médicaments remboursés.

    Numérique et hypertension artérielle ? Une dynamique naissante mais une adoption encore faible

    Résistance au changement des professionnels et manque d’appétence des patients : pour le Pr Xavier Girerd, président de la Fondation de recherche sur l’hypertension artérielle (FRHTA), telles sont les premières causes de la très faible utilisation des outils numériques dédiés à l’hypertension artérielle (HTA).

    👉 Quelles opportunités le numérique offre-t-il aux patients et aux médecins pour la gestion de l’HTA ? Réponse dans cet article.

    Le dispositifs numériques “cuffless” pour la mesure de la pression artérielle : une solution d’avenir ?

    Pour la prévention, le diagnostic, le suivi, la mesure de la tension est primordiale, et doit pouvoir être facilement réalisée. A côté de la mesure de référence (brassard), de nouvelles techniques, en particulier sans brassard dites “cuffless“, cherchent à émerger.

    👉 Pour en savoir plus sur ces innovations, cliquez ici.

    IA : un bracelet connecté d’Aktiia pour le suivi continu de la pression artérielle

    Une surveillance moins invasive et plus fiable, contribuant à une meilleure qualité de vie pour le patient et à une réduction des risques associés à l’hypertension artérielle : la solution de la start-up suisse Aktiia, dédié au suivi de la pression artérielle, permet aux professionnels de santé de mieux comprendre et gérer cette maladie complexe.

    👉 Un focus sur la solution d’Aktiia est accessible sur ce lien.

    Cartographies

    Les acteurs spécialisés dans l’hypertension artérielle (centres, associations nationales et internationales…)

    19 centres d’excellence en hypertension artérielle, une fondation spécialisée, des sociétés savantes nationales et internationales… Différents acteurs œuvrent pour que les patients soient mieux pris en charge et les interventions des médecins plus efficaces. En France, les patients concernés se rendent chez le médecin 10 fois par an en moyenne.

    👉 Cette cartographie H&TI permet de comprendre les articulations entre ces différentes organisations dont les actions sont destinées au patient, au médecin ou aux deux en même temps.

    Panorama des solutions numériques de diagnostic, de suivi et de prise en charge de l’hypertension artérielle

    Appareils “cuffless”, “face video processing“, thérapies numériques (DTx)… Au moins 14 solutions numériques peuvent être recensées dans le domaine de l’hypertension artérielle, dont 12 sont dédiées au diagnostic et au suivi de la maladie.

    👉 Dans cet article, une analyse de l’offre existante aujourd’hui et une cartographie des innovations disponibles.

    Quels cas d’usage de l’IA dans la prévention et la prise en charge de l’hypertension artérielle ?

    De la prévention à la gestion de la maladie, en passant par la prédiction de son évolution : au moins 10 cas d’usage de l’intelligence artificielle (IA) peuvent être recensés dans le domaine de l’hypertension artérielle (HTA).

    👉 Dans cette cartographie, sont détaillées les applications de l’IA à différents étapes du parcours de soins de cette pathologie.

     

  • Le dispositifs numériques « cuffless » pour la mesure de la pression artérielle : une solution d’avenir ?

    Actuellement, la méthode de référence pour la mesure de la pression artérielle est réalisée, au cabinet ou au domicile, par mesure de variation de pressions. En comprimant puis relâchant la pression sur l’artère à l’aide d’un brassard, on peut mesurer la contre-pression artérielle en écoutant les variations de bruit induites. Les tensiomètres utilisent différentes méthodes : en cabinet, automesure, auscultatoire automatisée… Les tensiomètres automatiques sont tous validés et leur usage est recommandé par la Société européenne d’hypertension (ESH), la Société européenne de cardiologie (ESC) et la Haute autorité de santé (HAS) depuis deux décennies.

    Le cuffless et la photopléthysmographie

    La photopléthysmographie (PPG),  terme proposé pour représenter les changements volumétriques de la vascularisation au niveau de la peau, est une technique de mesure optique non invasive permettant de détecter les variations locales du volume sanguin capillaire dans les tissus.

    Ces variations sont dues à la nature pulsatile du système circulatoire. La PPG génère une onde pulsatile, très similaire à celle obtenue lors de la prise de tension par analyse des variations de pression. La PPG en fait une technique connue depuis longtemps, mais pour obtenir des pressions, y a été associé des algorithmes, voire de l’intelligence artificielle, de la gestion, de la data. Différents types de capteurs sont utilisés pour réaliser ces mesures de PPG : bague, bracelet, montre, webcam…

    D’après le Pr Xavier Girerd, président de la Fondation de recherche sur l’hypertension artérielle (FRHTA), tous ces appareils n’en sont pas au même stade de la validation, et/ou de la commercialisation en 2024. C’est, d’après lui le bracelet Aktiia qui est le plus avancé, mais ses concepteurs doivent encore résoudre quelques points pour leur bon fonctionnement. Les montres connectées (même de marques très connues – Google a arrêté de proposer ce dispositif pour la tension) sont encore loin derrière concernant leur validation.

    Intérêt de la PPG :

    Le Pr Girerd voit plusieurs intérêts à cette technique de mesure (en particulier le bracelet AKTIIA qu’il a testé) qui permet :

    • une facilité d’utilisation ;
    • des mesures aujourd’hui fiables ;
    • des mesures quasi continues pendant des jours, semaines ou mois ;
    • de vraies mesures nocturnes (sans réveiller le patient) : c’est une nouvelle donnée particulièrement importante :
      • L’hypotension nocturne est une donnée importante du pronostic cardiaque ;
      • Les données nocturnes sont mal connues, c’est un nouveau domaine à explorer ;
    • le suivi précis de l’effet d’un nouveau traitement antihypertenseur.

    Mais restent des aspects à adresser :

    • la complexité de la calibration mensuelle du système (qui reste dédié à un seul patient) ;
    • pas de mesure possible pendant le sport, pendant les mouvements du bras ou des doigts ;
    • la lassitude des patients qui ressentent au bout d’un moment le système comme un fil à la pate ;
    • pas d’accès aux données sources…

    Une technique pas encore suffisamment validée

    En 2023 les experts Européens de l’ESH ont considéré que ces tensiomètres de nouvelle génération (les montres, les bracelets, les bagues, les caméras de visage) n’entraient pas encore dans la catégorie des « appareils médicaux validés » pour la mesure de la pression artérielle. Leur usage n’est donc pas actuellement recommandé pour réaliser le diagnostic ou la surveillance d’une hypertension artérielle. Pour le Pr Girerd, ces techniques de mesure pourraient devenir la norme dans une dizaine d’années.

    Des validations complémentaires seront nécessaires avant de pouvoir en recommander l’usage pour le soin médical.

    Peut être l’IA pourra-t-elle apporter des solutions de validation et calibrage plus solides que celles actuellement utilisées.

    Exemple de système cuffless : la bracelet Aktiia 

    Le kit Aktiia est composé du bracelet, d’un brassard pour calibrer le bracelet au patient utilisateur, et d’une app lisible sur son mobile.

    La calibration est nécessaire, pour mettre à l’échelle la courbe de volume (obtenue par PPG), et la courbe de pression, référence obtenue avec le brassard. Cette calibration reste complexe, en particulier chez les hypertendus, et est des points d’attention des sociétés savantes.

    👉 Un focus sur la solution d’Aktiia est accessible sur ce lien.

     

  • Numérique et hypertension artérielle : une dynamique naissante mais une adoption encore faible

    Quelles opportunités du numérique dans l’HTA ?

    Seulement 1 % des sujets avec une HTA traitée déclare utiliser une application dédiée à la prise en charge de cette maladie, selon une enquête de la Fondation de recherche sur l’Hypertension Artérielle(FRHTA) datant de 2022. Pourtant, de nombreuses applications mobiles dédiées existent. Souvent disponibles en anglais, certaines de ces solutions affichent de très hauts taux de chargement.

    Que pourrait aujourd’hui apporter le numérique aux patients hypertendus, au-delà des brassards de tension connectés, largement utilisés ? Quelles sont les applications et outils disponibles qui font sens ? La FRHTA a cherché à répondre à ce point et a développé avec l’éditeur Solutions santé digitale un certain nombre d’outils numériques, qu’a décrit le Pr Xavier Girerd dans un entretien exclusif avec Health & Tech Intelligence.

    Les différentes solutions proposées

    📌 Suivi des patients :

    Les solutions mettent à disposition des patients et des professionnels des solutions simples et didactiques, numérisant les outils existants (échelle de Girerd pour l’observance avec EvalObs et EvalObs Pro, évaluation de risques d’hypertension avec PredictHTA), mais aussi chatbot pour apporter des réponses aux patients, et de nombreuses vidéos en ligne pour apporter une information qualifiée aux patients et professionnels.

    L’application Suivi HTA permet d’accompagner le patient au quotidien dans le suivi de sa pathologie et la prise de tension correcte, avec conseils adaptés.

    Lancée dans sa première version en 2020, l’application SuiviHTA en est, en 2023 à plus de 180 000 téléchargements et 100 000 utilisateurs actifs. Didactique et simple d’utilisation, elle permet :

    • de réaliser une automesure ou l’autotest de la tension, selon les bonnes pratiques ;
    • de recevoir des conseils adaptés ;
    • de disposer d’une analyse et d’un rapport sur sa tension ;
    • d’envoyer le rapport de tension (en pdf) à son médecin par messagerie ;
    • et de conserver l’historique des données sur sa tension.

    Une demande pour l’inscription de SuiviHTA au catalogue de Mon Espace Santé a été déposée en 2022.

    📌 Téléexpertise :

    Utilisant l’outil Omnidoc, le Pr Xavier Girerd propose des téléexpertises aux professionnels. Il constate que cette pratique, très peu utilisée il y a quelques années (quelques téléexpertises par an) monte actuellement en puissance (quelques téléexpertises par semaine) du fait de la difficulté de l’accès aux spécialistes dans certaines régions de France.

    📌 Intelligence artificielle (IA) :

    Le Pr Girerd attend beaucoup de l’IA, utilisée avec les tensiomètres automatiques, pour synthétiser les données du patient, et faire gagner du temps aux professionnels.

    📌 Autres exemples :

    D’autres solutions ont été développées et proposées par des professionnels de santé, comme Hy-Résult (numérisation des feuilles de suivi de l’hypertension avec adaptation et personnalisation (8 paramètres) des seuils de normalité aux patients). Des solutions pour l’observance (rappels sms par exemple) ont également été expérimentées.

    👉 Pour accéder à la cartographie H&TI des solutions numériques destinées à l’HTA, cliquez ici.

    Attendre la maturité des acteurs ?

    Pour le Pr Girerd, il faut attendre une trentaine d’année pour que habitudes changent, et que l’adoption de nouveaux outils passent réellement dans la pratique.  L’arrivée de solutions très conviviales et personnalisées, utilisant l’IA pourrait peut être aider à accélérer ces usages, restent à valider également les modèles financiers associés.

     

  • ARS Grand Est : lancement d’un AAP pour renforcer l’accès aux soins par la téléconsultation

    Une baisse de 43 % des téléconsultations en Grand Est

    Au 31 décembre 2023, le bilan de la Feuille de route télémédecine Grand Est #1 a permis à l’ARS de faire deux constats concernant les professionnels de santé sur ses territoires. Si ces derniers sont à l’initiative de nombreux projets de téléconsultations (assistées seulement ou augmentées avec des objets connectés), ils se heurtent toutefois à au moins deux problématiques principales :

    • l’absence de médecins effecteurs disponibles sur leurs territoires pour assurer des téléconsultations ;
    • et une tendance des médecins à réserver la téléconsultation à leur patientèle et à ne la pratiquer qu’en situation de crise comme alternative au présentiel, plutôt que comme une pratique intégrée.

    En effet, en région Grand Est, le nombre de téléconsultations réalisées par les médecins libéraux a baissé de 43 % entre 2021 et 2023. Pour y remédier, un cadre expérimental d’actions – dont cet AAP – est mise en place dans le cadre de la Feuille de route télémédecine, pour les années 2024-2026.

    Les organisations de proximité pour renforcer la téléconsultation :

    Afin de renforcer, grâce à la téléconsultation, l’accès à des praticiens requis en médecine générale et en médecine de spécialité dans la région, l’ARS entreprend de soutenir le développement de solutions organisationnelles territoriales. Ces organisations doivent permettre à ces patients rencontrant des difficultés d’accès aux soins :

    • d’être pris en charge compte tenu de leurs besoins en soins ;
    • d’accéder à un médecin par le biais de téléconsultations, en présence si besoin d’un tiers de confiance qui leur garantira des conditions optimales de qualité, sécurité et efficacité ;
    • et, dans un second temps, de désigner un médecin traitant pour les patients qui n’en ont pas, pour ainsi les réintégrer dans le cadre du parcours de soins coordonné.

    L’AAP a également pour objectif de concourir à apporter une réponse médicale aux sites requérants en téléconsultation identifiés dans le cadre de la Feuille de route.

    Il s’agit donc, pour l’ARS, de soutenir le développement de modèles d’organisations de proximité proposant une offre de téléconsultation intégrée à l’offre de soins du territoire et au parcours de soins.

    Critères d’éligibilité

    Les projets candidats doivent être portés par une ou plusieurs structure(s) opérant dans le Grand Est, qu’elles soient :

    • des associations portant un projet de santé territorialisé (CPTS…) ;
    • des structures juridiques porteuses d’une structure d’exercice collectif (MSP ou centre de santé) ou d’un cabinet de groupe ;
    • des établissements de santé et/ou des établissements et services médico-sociaux (ESMS) ;
    • ainsi que des dispositifs d’appui à la coordination.

    L’ARS précise que les sociétés commerciales de téléconsultation sont exclues des bénéficiaires potentiels de la subvention.

    Cadrage général du projet :

    Les projets candidats à cet AAP doivent :

    • être cohérent avec le Projet régional de santé (PRS) et proposer une offre de service au bénéfice des publics et des territoires prioritaires ;
    • établir un projet territorial d’accès aux soins à l’échelle du bassin de vie sur lequel l’organisation interviendra, s’appuyant sur un diagnostic territorial des besoins de santé/problématiques qui justifient le projet ;
    • et expliquer en quoi le recours à la télémédecine permet d’apporter une valeur ajoutée dans les prises en charge et les parcours.

    Financements et dépenses éligibles

    Une enveloppe de 750 000 euros est réservé aux projets qui seront retenus au titre de cet AAP, sur le Fonds d’intervention régional (Fir) 2024. Ces projets bénéficieront d’une subvention ponctuelle pouvant aller jusqu’à 50 000 euros pour 12 mois d’expérimentation, ou 100 000 euros pour 24 mois d’expérimentation maximum.

    Le versement de la subvention sera fractionné comme suit :

    • 70 % à la signature de la convention de financement ;
    • 30 % sur présentation du rapport intermédiaire d’activité réalisé sur la première année de l’expérimentation.

    Dépenses éligibles :

    La subvention versée par l’ARS permettra au porteur de couvrir tout ou partie du montant du financement demandé au sein du budget prévisionnel. Les dépenses liées au pilotage et à l’amorçage du projet sont éligibles à ce financement. Elles recouvrent :

    • les coûts d’ingénierie et de pilotage du projet : prestataires extérieurs, temps de chef de projet et de mobilisation des membres de l’équipe projet pour cadrer, construire et mettre en place l’organisation ;
    • les coûts de formation ;
    • les coûts de communication ;
    • les dépenses d’investissement logiciel/matériel (acquisition ou location) nécessaires à la mise en œuvre du projet et non déjà prises en charge par le droit commun.

    Calendrier et modalités de participation

    👉 Les dernier délai d’envoi des candidatures est fixé au 10 octobre 2024. Les candidats intéressés sont invités à soumettre leurs candidatures sur ce lien.

    Un webinaire de présentation de l’AAP est prévu le 20 juin 2024 à 11h00. L’instruction et la sélection des projets se feront jusqu’au 25 octobre 2024, et les candidats retenus seront notifiés au plus tard le 31 octobre 2024.

    Le cahier des charges de cet AAP est disponible ici.