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  • Etude : le numérique pour optimiser l’usage des antimicrobiens (The Lancet)

    Un enjeu mondial pour la santé publique

    La résistance aux antimicrobiens représente l’un des plus grands défis de santé publique à l’échelle mondiale. L’optimisation de l’utilisation de ces molécules grâce aux technologies de santé numérique émerge comme une approche prometteuse pour améliorer le diagnostic, le traitement et la surveillance des infections bactériennes.

    Pour que ces technologies puissent atteindre leur plein potentiel, il est cependant indispensable de définir les données nécessaires à la prise de décision et d’assurer leur collecte et leur partage de manière optimale. Cet article de The Lancet, le premier d’une série consacrée à l’utilisation des dispositifs innovants pour combattre la RAM, examine les variables clés et les obstacles à surmonter pour une adoption mondiale équitable.

    Facteurs influençant les résultats du traitement antimicrobien chez l'individu et sources de données associées que les technologies numériques peuvent fournir - @ The Lancet
    Facteurs influençant les résultats du traitement antimicrobien chez l’individu et sources de données associées que les technologies numériques peuvent fournir – @ The Lancet

    L’importance des données pour l’optimisation des prescriptions :

    Les nouvelles technologies offrent un potentiel significatif pour améliorer les traitements antimicrobiens, mais leur efficacité est limitée par des défis liés à la collecte et la gestion des données. Parmi les obstacles majeurs figurent les exigences de données non standardisées, l’absence de liens entre les différentes bases de données, et le risque de biais qui pourrait amplifier les inégalités dans les résultats de santé. Le succès des outils numériques repose sur la capacité à recueillir des données pertinentes sur trois aspects : l’hôte, le pathogène et l’antibiotique. Ces données permettront d’ajuster les traitements en fonction des spécificités de chaque patient, d’éviter les effets secondaires et de limiter l’impact sur la résistance antimicrobienne.

    Les variables clés pour une prise de décision optimisée :

    Les décisions de prescription d’antimicrobiens sont influencées par un ensemble complexe de variables, qui varient selon le contexte local, les croyances des cliniciens et les données disponibles. Les technologies médicales doivent pouvoir intégrer des informations sur les pathogènes, l’immunité de l’hôte, les comorbidités et les interactions médicamenteuses, mais aussi sur les conditions environnementales. De plus, des données robustes sur l’exposition aux médicaments et leur efficacité sont cruciales pour éviter les risques d’effets secondaires et de résistance. Malheureusement, les solutions actuelles ne capturent pas encore toutes ces informations de manière systématique.

    La variabilité de l’exposition au médicament est un facteur déterminant :

    Une des clés de l’efficacité du traitement réside dans l’exposition adéquate du patient aux antimicrobiens. Il existe une relation directe entre la concentration du médicament dans le corps, l’efficacité du traitement, l’apparition de toxicités et le développement de la résistance. Cependant, cette exposition varie considérablement d’un patient à l’autre, et les tests de concentration du médicament sont souvent limités aux antibiotiques à faible indice thérapeutique. Les outils numériques peuvent jouer un rôle majeur en permettant une surveillance continue et en fournissant des données précises qui pourraient être utilisées pour ajuster le traitement en temps réel.

    Des défis liés à la surveillance des résistances et des effets secondaires :

    L’évaluation des résistances et des effets secondaires des antimicrobiens constitue un autre défi majeur. Les outils numériques actuelles peinent à capturer de manière systématique et fiable les données sur l’émergence de la résistance et la gestion des effets indésirables, comme les toxicités rénales ou gastro-intestinales. Bien que les technologies de surveillance, telles que les dispositifs portables, offrent des perspectives intéressantes pour suivre l’évolution de l’état des patients, elles nécessitent une meilleure intégration des données cliniques et environnementales pour être pleinement efficaces.

    Une approche “One Health” pour une stratégie globale

    Pour que ces nouvelles technologies atteignent leur potentiel, il est nécessaire d’adopter une approche « One Health », prenant en compte l’interconnexion entre la santé humaine, animale et environnementale. Cela inclut la collecte de données environnementales, telles que les niveaux de contamination dans les eaux usées, qui peuvent influencer la propagation de la RAM. Une stratégie mondiale visant à optimiser l’utilisation des antimicrobiens doit donc inclure des solutions numériques accessibles à l’échelle mondiale, tout en garantissant l’équité d’accès et la durabilité des technologies déployées.

    Les considérations stratégiques pour une adoption mondiale des nouvelles technologies :

    L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a mis en place une stratégie mondiale sur la santé numérique pour 2020-2025, soulignant l’importance d’une adoption universelle des technologies de santé. Cependant, pour que ces technologies soient véritablement efficaces dans la lutte contre la RAM, il est essentiel de définir des cadres de données standardisés et reproductibles. Les innovations doivent être capables d’intégrer une variété de données, notamment issues de l’intelligence artificielle (IA), des dispositifs portables et des tests génomiques, et être déployées dans des contextes locaux spécifiques tout en minimisant les biais.

    Vers une transformation numérique de la lutte contre la RAM

    Les technologies de santé numérique représentent une avancée significative dans la gestion de la RAM, avec des applications potentiellement révolutionnaires pour optimiser l’utilisation des antimicrobiens. Toutefois, pour que ces outils atteignent leur pleine efficacité, il est crucial de surmonter les défis liés à la collecte, à la gestion et à l’analyse des données. En développant des solutions adaptées à tous les pays, qu’ils soient riches ou à revenu intermédiaire, et en renforçant la collaboration entre secteurs public et privé, la santé numérique pourrait jouer un rôle clé dans la lutte mondiale contre la résistance antimicrobienne.

     

     

    * Using digital health technologies to optimise antimicrobial use globally

    Timothy M Rawson, Nina Zhu, Ronald Galiwango, Derek Cocker, Mohammad Shahidul Islam, Ashleigh Myall, et al.

    2024/12/01 – The Lancet Digital Health

     

  • Autonomie : la CNSA vote son budget 2025 sans loi de financement

    Des crédits d’investissement en hausse pour réhabiliter les établissements

    Dans le cadre de son budget 2025, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) met un accent particulier sur l’amélioration des conditions de vie des personnes âgées et en situation de handicap. Des efforts qui visent à moderniser les infrastructures et à soutenir les projets innovants pour un meilleur accueil et accompagnement des résidents :
    • l’effort déjà entrepris pour la réhabilitation des Ehpad et des résidences autonomie sera poursuivi avec des crédits de 143,5 millions d’euros ;
    • en faveur des personnes handicapées, 56,5 millions d’euros seront consacrés aux établissements et aux investissements technologiques ;
    • un nouvel appel à projets pour l’habitat inclusif sera lancé auprès des départements en 2025.

    Hausse des crédits pour les MDPH et les SPDA

    Les maisons départementales du handicap (MDPH) verront leurs crédits augmenter de 4 millions d’euros, dans l’objectif d’amélioration de la qualité de service et des délais de réponse.

    Un budget de 4,2 millions d’euros est consacré à la généralisation des services publics départementaux de l’autonomie (SPDA), pour financer l’ingénierie du projet, ainsi que l’animation et la coordination locales qui y sont liées.

    Le conventions tripartites CNSA – ARS – départements

    Le Conseil de la CNSA a adopté la trame des conventions tripartites 2025-2028 qui devront être élaborées dans chaque département en 2025, en étant spécifiées selon le contexte local.

    Ces conventions permettront de fixer des objectifs communs aux différents acteurs dans le champ des personnes âgées (MDPA) et du handicap (MDPH), établissant le cadre commun de leur collaboration.

    Pour ce qui concerne ses différentes interventions, le budget voté de la CNSA se situe également dans le cadre des objectifs de sa convention d’objectifs et de gestion, qu’il s’agisse notamment du développement des plateformes d’information et de service, du financement de la recherche et de l’innovation (nouveaux projets et partenariats, missions du centre de ressources et de preuves), ou des actions de modernisation, de professionnalisation et de soutien au secteur.

     

  • Health&Tech Summit 2024 : vers une évaluation harmonisée des DMN en Europe

    De g. à dr. : Aude Rochereau, Sarah Zohar, Magali Boers, Corinne Collignon, Barbara Hoefgen, Louisa Stuwe - @ Health&Tech Intelligence
    De g. à dr. : Aude Rochereau, Sarah Zohar, Magali Boers, Corinne Collignon, Barbara Hoefgen, Louisa Stuwe – @ Health&Tech Intelligence

    État des lieux de l’accès au marché des DMN

    Lors du Health&Tech Summit organisé du 17 au 19 décembre à Parisanté Campus par Care Insight, plusieurs experts internationaux ont présenté les travaux en cours pour l’harmonisation de l’évaluation des dispositifs médicaux numériques. Modérée par Louisa Stuwe, directrice de projet Innovation et Europe au ministère de la Santé, cette session a réuni : Magali Boers, responsable de la Digitalisation au ministère de la Santé et de la Sécurité sociale du Luxembourg, Corinne Collignon, responsable de la mission numérique en santé à la Haute autorité de santé (HAS), Sarah Zohar, directrice de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), Jérôme Fabiano, directeur adjoint d’EIT Health France, Barbara Höfgen, responsable de l’unité Digital health and nursing applications à l’Institut fédéral des produits pharmaceutiques et médicaux (BfArM), ainsi que le Dr Sonja Fulmer, directrice adjointe au Digital health center of excellence à la Food and Drug Administration (FDA) et le Pr Peter Pitts, président au Center for Medicine in the Public Interest.

    Les DMN révolutionnent la santé en combinant des algorithmes complexes et en générant directement des données de santé électroniques. Bien que leur utilisation progresse, leur accès reste inégal à travers l’Union européenne en raison de l’absence de cadres d’évaluation institutionnalisés dans plusieurs États membres. Cette fragmentation freine leur intégration dans les systèmes de santé.

    Une taskforce européenne pour l’harmonisation

    Face à ces disparités, la Taskforce européenne pour l’évaluation harmonisée des DMN (EvalEUDMD) a été mise en place. Son objectif : classer les DMN et aligner leurs procédures d’évaluation des technologies de santé (HTA) afin d’harmoniser les processus nationaux de remboursement.

    Les travaux sont organisés en trois axes majeurs :

    • Classification commune des DMN (work package 1) : développer une grille européenne commune basée sur les fonctionnalités et les catégories d’évaluation.
    • Exigences en matière de preuves (work package 2) : déterminer la quantité, la qualité et le type de données nécessaires pour l’évaluation des DMN.
    • Évaluation sociétale et intégration dans les systèmes de santé (work package 3) : élaborer un cadre pour évaluer l’impact sociétal et l’implémentation des DMN.

    Un comité consultatif externe apporte des perspectives multisectorielles et partage des exemples concrets pour enrichir les recommandations finales.

    La “matrice d’évaluation”, un outil d’aide à la décision :

    Une matrice d’évaluation (evidence matrix) des preuves est proposée pour structurer les processus décisionnels lors du développement et de l’évaluation des DMN. Basée sur le modèle EUnetHTA (HTA Core Model), elle contextualise les exigences en matière de preuves cliniques, techniques, économiques et sociétales. Cette matrice permet de mieux guider les agences nationales d’HTA et d’encourager des discussions interétatiques.

    Utilisé pour produire et partager des informations sur l’évaluation des technologies de santé, le HTA Core Model est un cadre méthodologique qui repose sur trois composantes principales :

    • des questions standardisées (ontologie) : structure hiérarchique pour définir les questions de recherche ;
    • un guide méthodologique : pour aider à répondre aux questions ;
    • et une structure de rapport commune : présentation des résultats sous forme de paires question-réponse.

    Son utilisation est gratuite mais régie par une licence spécifique.

    Le HTA Core Model - @ EUnetHTA
    Le HTA Core Model – @ EUnetHTA

    Défis et opportunités dans la régulation de l’IA

    Lors de son intervention, Peter J. Pitts a partagé une réflexion sur l’impact croissant de l’IA dans le secteur de la santé du XXIe siècle. Il a souligné que cette technologie, bien qu’elle génère de grandes quantités de données, ne doit pas être perçue comme une simple collecte d’informations, mais comme un outil essentiel pour améliorer la prise de décision clinique et la surveillance des produits médicaux commercialisés.

    Selon lui, les systèmes réglementaires actuels doivent évoluer pour s’adapter à cette nature itérative et adaptative de l’IA, en mettant l’accent sur l’interopérabilité et la standardisation des outils afin de favoriser une gestion plus efficace des risques et une innovation plus rapide. Il a aussi souligné que, même si l’IA peut traiter des volumes massifs de données, elle ne doit pas remplacer l’intuition humaine dans la prise de décisions critiques, notamment en matière de sécurité des patients et de validation des informations. Enfin, il a évoqué le rôle essentiel des autorités comme la FDA dans la mise en place de programmes éducatifs pour les experts réglementaires, afin d’améliorer leur capacité à évaluer des produits intégrant des algorithmes avancés.

    La vision de la FDA et ses efforts pour une harmonisation internationale

    Lors de son intervention, Sonja Fulmer de la FDA a présenté la stratégie américaine d’autorisation des DMN et les efforts d’harmonisation internationale. L’agence se concentre sur l’innovation responsable en matière de santé numérique, couvrant des produits allant des prothèses auditives en vente libre aux dispositifs de diagnostic du cancer de la peau assistés par IA. Elle applique une approche réglementaire basée sur le risque, ciblant les logiciels destinés au diagnostic et au traitement spécifiques, tout en excluant les applications axées sur la gestion quotidienne de la santé. Un outil interactif, le “Digital Health Policy Navigator“, guide les développeurs dans la détermination du statut réglementaire de leurs logiciels.

    En outre, le Dr Sonja Fulmer a tenu à mettre en avant les opportunités des dispositifs dotés d’IA (précision, personnalisation…), tout en soulignant des défis qui restent à relever tels que les biais algorithmiques et la transparence. Avant de conclure en évoquant les efforts de coordination internationale avec des agences comme Health Canada et la Medicines and Healthcare products Regulatory Agency (MHRA) britannique autour des principes de bonnes pratiques en apprentissage machine (GMLP) et des futures directives sur la gestion du cycle de vie des dispositifs d’IA.

    Perspectives futures et prochaines étapes

    En Europe, les prochaines étapes incluent la création d’un forum annuel sur l’évaluation des DMN et l’intégration des travaux au sein d’événements comme HIMSS 2025 à Paris. Un financement via la Coopération européenne dans le domaine de la recherche scientifique et technique (Cost) est également envisagé.

    À partir de janvier 2025, l’accent sera mis sur l’évaluation conjointe des médicaments orphelins et anticancéreux, avant d’étendre la coopération aux DMN de classes IIb et III d’ici 2026. Un cadre réglementaire uniformisé pourrait voir le jour dès 2030.

    Pour maximiser le potentiel des DMN, les experts de la taskforce européenne présents au Health&Tech Summit considèrent essentiel de développer des cadres d’évaluation clairs et harmonisés. L’initiative EvalEUDMD constitue une avancée majeure vers une évaluation commune, ouvrant la voie à un accès élargi et équitable aux innovations numériques en santé à travers l’Europe.

     

  • Anapath : 77 % des pathologistes misent sur l’IA pour réduire les délais et alléger leur charge de travail

    Un secteur sous tension

    Dans son nouveau rapport, la biotech franco-américaine spécialisée en IA, Owkin, a interrogé 312 médecins pathologistes et oncologues (112 en France, 100 en Grande-Bretagne et 100 aux Etats-Unis) pour identifier les défis liés à la transformation numérique et à l’intégration de l’IA dans le diagnostic. Bien que la numérisation et l’IA soient perçues comme prometteuses, leur adoption varie selon les régions. Le rapport détaille les besoins, sentiments et réserves des utilisateurs.

    Les premiers résultats montrent que les pathologistes et oncologues subissent une pression grandissante : 55 % d’entre eux signalent un niveau élevé de stress et d’épuisement professionnel, principalement à cause de la complexité accrue des diagnostics et de la charge de travail excessive. Cette situation affecte directement les soins aux patients, comme l’ont admis plus d’un tiers des répondants.

    La pénurie de professionnels, due aux départs en retraite et à une faible relève, aggrave cette situation. Les délais d’obtention des résultats d’examens pathologiques s’allongent, laissant certains patients dans l’attente prolongée de leurs diagnostics.

    65 % des réponses mentionnent des problèmes liés aux opérations, à la charge de travail, aux méthodes de travail, à l’épuisement professionnel et au stress - @ Owkin
    65 % des réponses mentionnent des problèmes liés aux opérations, à la charge de travail, aux méthodes de travail, à l’épuisement professionnel et au stress – @ Owkin

    L’IA, levier essentiel pour des diagnostics plus rapides :

    Malgré ce constat préoccupant, l’étude révèle un optimisme marqué envers l’IA :

    • 77 % des professionnels pensent qu’elle peut réduire les délais de diagnostic ;
    • 74 % estiment qu’elle pourrait accélérer les diagnostics oncologiques ;
    • 82 % des pathologistes interrogés font confiance aux outils alimentés par l’IA ;
    • et 70 % pensent que leurs patients accepteraient leur utilisation.

    L’IA permettrait de prioriser les cas urgents, d’automatiser les tâches répétitives et d’améliorer la précision des diagnostics. Cependant, les professionnels insistent sur le rôle complémentaire de ces technologies, qui doivent renforcer et non remplacer l’expertise humaine.

    Plus des 2/3 des médecins interrogés estiment que la mise en œuvre de l'IA en pathologie réduira les délais d'attente et soulagera les professionnels - @ Owkin
    Plus des 2/3 des médecins interrogés estiment que la mise en œuvre de l’IA en pathologie réduira les délais d’attente et soulagera les professionnels – @ Owkin

    Un impact direct sur les patients

    L’essor de la pathologie numérique et de l’IA promet des avancées significatives pour les patients, notamment en termes de rapidité et d’accès aux diagnostics. Actuellement, 47 % de la population mondiale n’a pas accès aux tests médicaux de base, un enjeu critique identifié, en octobre 2021, par la Lancet Commission on Diagnostics. Grâce à l’IA, les téléconsultations et l’analyse automatisée des échantillons standard, comme les coupes colorées à l’hématoxyline et l’éosine (H&E), pourraient réduire cette inégalité en rendant les tests plus accessibles et abordables.

    Moins d’ambiguïtés et des résultats plus précis :

    L’enquête d’Owkin rapporte, par exemple, que 65 % des spécialistes interrogés pensent que l’IA peut diminuer les ambiguïtés dans les résultats de tests. Cela s’avère essentiel pour des pathologies complexes comme le cancer du sein, où l’évaluation de biomarqueurs, tels que l’indice Ki-67, bénéficie déjà de recommandations basées sur l’IA.
    Pour les évaluations Ki-67 pour le cancer du sein, les pathologistes sont ouverts à l’utilisation des recommandations de l’IA pour les décisions critiques et ambiguës - @ Owkin
    Pour les évaluations Ki-67 pour le cancer du sein, les pathologistes sont ouverts à l’utilisation des recommandations de l’IA pour les décisions critiques et ambiguës – @ Owkin

    Cependant, l’acceptation de ces technologies par les patients reste un défi. Selon une étude publiée en 2022 par le Pew Research Center, 38 % des Américains pensent que l’IA améliorera les résultats médicaux, mais ils sont plus confiants lorsque l’IA agit en soutien des médecins plutôt qu’en les remplaçant. Une meilleure information sur le rôle de l’IA pourrait renforcer cette confiance :

    • 50 % des personnes bien informées sur l’IA se disent à l’aise avec son utilisation dans leurs soins ;
    • contre seulement 30 % de celles qui en savent peu ou rien.

    Ces perceptions soulignent l’importance d’une adoption centrée sur les besoins et les attentes des patients.

    Les freins technologiques et financiers ralentissent l’adoption

    Les obstacles à l’intégration de l’IA sont nombreux. Parmi eux, les médecins participants à cette enquête citent principalement :

    • l’insuffisance des infrastructures informatiques (43 %) ;
    • le coût élevé des technologies (23 %) ;
    • et le manque de financements (23 %).

    Pour surmonter ces freins, l’étude recommande des investissements ciblés dans la numérisation, la formation et la mise en place de protocoles standardisés. Owkin souligne, par ailleurs, la nécessité de campagnes de sensibilisation et de collaborations entre institutions médicales et entreprises technologiques, afin promouvoir l’adoption de l’IA.

     

  • Europe : pénuries de soignants, vieillissement et nouvelles technologies au cœur des priorités (rapport OCDE)

    Une crise des soignants sans précédent

    Selon la nouvelle édition du rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dédié à la santé, l’Europe enregistrait en 2022 un déficit de 1,2 million de professionnels de santé, principalement des médecins, infirmiers et sages-femmes. La principale cause de ce déficit est le “double vieillissement” :

    • d’une part, la population vieillit, augmentant les besoins en soins ;
    • et d’autre part, un tiers des médecins européens ont plus de 55 ans et approchent de la retraite.
    En moyenne, plus d'un tiers des médecins et un quart des infirmières dans les pays de l'UE étaient âgés de plus de 55 ans en 2022 - @ OCDE
    En moyenne, plus d’un tiers des médecins et un quart des infirmières dans les pays de l’UE étaient âgés de plus de 55 ans en 2022 – @ OCDE

    Des chiffres alarmants :

    • 20 pays de l’UE manquent de médecins et 15 de personnels infirmiers.
    • 72 % d’augmentation des recrutements d’infirmiers formés à l’étranger en 2022 par rapport à 2019.
    • Le secteur médical a atteint un niveau d’emploi record en 2022, mais cela reste insuffisant face à l’augmentation des besoins en raison du vieillissement démographique.

    Solutions proposées par l’OCDE :

    • Améliorer les conditions de travail et les salaires.
    • Former davantage de soignants. L’UE n’enregistre qu’une croissance annuelle de 0,5 % du nombre de diplômés en soins infirmiers.
    • Miser sur l’innovation : IA et technologies numériques pour automatiser certaines tâches et libérer du temps pour les soins directs.

    Vieillir en bonne santé pour alléger le système de soins

    En 2023, 21 % des Européens avaient plus de 65 ans. Une proportion qui atteindra 29 % d’ici 2050. Par ailleurs, l’espérance de vie à 65 ans dépasse désormais 20 ans, mais plus de la moitié de ces années sont marquées par des maladies chroniques et des incapacités.

    Espérance de vie et années de vie en bonne santé à 65 ans, par sexe, 2022 - @ OCDE
    Espérance de vie et années de vie en bonne santé à 65 ans, par sexe, 2022 – @ OCDE

    Chiffres clés :

    • 45 % des cas de démence pourraient être évités en traitant 14 facteurs de risque modifiables.
    • Seulement 22 % des personnes âgées pratiquent une activité physique régulière.
    • Moins de la moitié de la vie après 65 ans est vécue sans incapacité.

    3 priorités politiques selon l’OCDE :

    • Promouvoir la prévention.
    • Soutenir la santé mentale.
    • Encourager la gestion autonome de la santé.

    Des inégalités de santé persistantes et de nouveaux défis sanitaires

    L’espérance de vie dans l’UE a augmenté de plus de quatre ans depuis 2000, passant de 77,3 ans en 2000 à 81,5 ans en 2023. Bien qu’elle ait chuté de plus d’un an entre 2019 et 2021 en raison de la pandémie de Covid-19, elle a commencé à remonter en 2022 et a retrouvé son niveau d’avant la pandémie en 2023 dans la plupart des pays de l’UE. Les femmes vivent en moyenne 5,3 ans de plus que les hommes (84,2 ans contre 78,9 ans en 2023), mais cet écart s’est réduit de 1,5 an depuis 2000, l’espérance de vie des hommes ayant augmenté plus rapidement.

    Les inégalités en espérance de vie en bonne santé dans l’UE sont marquées par des disparités géographiques et socio-économiques. En 2022, Malte avait les meilleurs résultats, tandis que le Danemark, la Lettonie et la Slovaquie étaient en bas du classement. Les écarts selon le niveau d’éducation sont également importants : les moins éduqués vivent jusqu’à 9 ans de moins sans incapacité, particulièrement en Estonie, Hongrie et Lituanie.

    Autre fait marquant : les femmes vivent plus longtemps que les hommes, mais passent une plus grande part de leur vie avec des limitations d’activités : à 65 ans, elles peuvent espérer 21,1 années supplémentaires, mais moins de la moitié sans incapacité, contre presque autant d’années sans limitation pour les hommes (sur 17,7 ans).

    Espérance de vie à la naissance, par sexe, 2023 (ou année la plus proche) - @ OCDE
    Espérance de vie à la naissance, par sexe, 2023 (ou année la plus proche) – @ OCDE

    La santé mentale des jeunes en difficulté

    L’enfance et l’adolescence sont des phases de vie essentielles pour développer de bonnes habitudes de santé mentale. Pourtant, enfants et adolescents européens voient l’apparition de nombreux troubles psychologiques. En 2022, plus de 40 % des filles et 30 % des garçons de 11 ans ont signalé des problèmes de santé multiples (maux de tête, insomnie, irritabilité), un taux qui augmente avec l’âge, surtout chez les filles : à 15 ans, 68 % des filles et 37 % des garçons sont concernés.

    Les causes citées dans le rapport de l’OCDE incluent le déclin de l’activité physique, l’usage problématique des réseaux sociaux et le cyberharcèlement. Le bien-être mental est également lié au statut socio-économique, les jeunes de familles aisées rapportant une meilleure santé mentale. D’un autre côté, la pandémie de Covid-19 a aggravé ces problèmes, incitant les gouvernements à renforcer le soutien psychologique de leurs jeunesses :

    • la France a lancé le programme « Mon Soutien Psy » en 2021, étendu depuis à tous les âges ;
    • l’Espagne a adopté un plan d’action en santé mentale 2022-2024 ;
    • tandis que l’UE a introduit le Digital Services Act pour protéger les mineurs en ligne.
    Score de bien-être mental, 11 et 15 ans, 2022 - @ OCDE
    Score de bien-être mental, 11 et 15 ans, 2022 – @ OCDE

    Transformation numérique : des progrès et des défis

    En 2023, l’accès aux dossiers de santé électroniques (DSE) a progressé dans l’Union européenne, atteignant en moyenne 79 % (+8 points). Des avancées notables ont été réalisées en Slovaquie, France, Portugal et Irlande, tandis que la Finlande et Chypre ont connu des baisses dues à des révisions stratégiques et des lacunes technologiques.

    L’intégration des données de santé reste inégale : le Danemark et la Norvège offrent un accès complet à dix types de données clés, tandis que des pays comme la Tchéquie, la Suède et la Finlande utilisent des identifiants uniques pour lier plus de 90 % de leurs bases de données. Cependant, l’Allemagne et l’Irlande sont à la traîne en matière de liaison régulière des données.

    Pour renforcer l’accès sécurisé et le partage des informations, l’Espace européen des données de santé (EHDS), mis en place en 2024, vise à faciliter les échanges pour les soins, la recherche et les politiques publiques, avec un déploiement progressif prévu entre 2026 et 2028.

    Accès aux dossiers médicaux électroniques, 2022 et 2023 - @ OCDE
    Accès aux dossiers médicaux électroniques, 2022 et 2023 – @ OCDE

     

  • Silver économie : le contrat de filière 2024-2027 fait une large place aux nouvelles technologies

    Des acteurs de niveau national et des réseaux territoriaux

    Parmi les partenaires historiques, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) et la Caisse des Dépôts confirment leur engagement dans le contrat de la filière. Ils sont rejoints par Business France pour l’international et le réseau Future4Care, alliance d’Orange, Capgemini, Generali et Sanofi pour les usages numériques au service des seniors.

    De nouveaux acteurs entrent dans la filière :

    • Pour l’adaptation des logements : les fédérations professionnelles concernées : la Fédération Française du Bâtiment, la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB), l’Union Sociale pour l’Habitat, ainsi que l’Association nationale française des ergothérapeutes ;
    • Pour la mobilité des seniors : L’Union des transports publics et ferroviaires (UFTPF).

    La territorialisation du contrat s’appuie sur un réseau d’acteurs locaux engagés, notamment les collectivités territoriales et les gérontopôles pour la formation et la recherche.

    Enfin, les usagers feront connaître leurs priorités à travers une étude du CREDOC qui paraîtra en 2025. Elle livrera aussi une évaluation économique des budgets nécessaires structurés autour de cinq piliers : parcours résidentiel, mobilité, santé, inclusion sociale, aidants.

    Les 5 axes du contrat de filière

    Le nouveau contrat 2024-2027 est structuré autour de cinq axes :

    • 1️⃣ structurer et organiser la filière an niveau national et territorial ;
    • 2️⃣ comprendre et anticiper les problèmes, en les objectivant de manière scientifique ;
    • 3️⃣ favoriser l’innovation (technologique, sociale et sociétale) ;
    • 4️⃣ expérimenter les solutions et les diffuser ;
    • 5️⃣ communiquer auprès des décideurs publics et privés et du grand public.

    Ces cinq axes sont déclinés en objectifs, avec des pilotes désignés et un calendrier, afin de constituer la feuille de route de la filière avec des ambitions fortes. Des objectifs propres au domaine technologique figurent dans ces différents axes :

    • Objectif 2.3 : Anticiper les conséquences économiques et en termes d’innovation
    • Objectif 3.4 : Doter la filière d’un « centre de preuves » permettant de qualifier les solutions technologiques du secteur
    • Objectif 3.6 : Éclairer la filière et ses acteurs sur les potentialités de l’intelligence artificielle (IA)
    • Objectif 4.3 : Faciliter et massifier le recours aux aides techniques et technologiques, au service de l’autonomie à domicile
    • Objectif 4.7 : Permettre au parcours résidentiel de prendre le virage des nouvelles technologies
    • Objectif 4.16 : Lutter contre la connotation négative de la Silver économie en garantissant un cadre éthique

    Focus sur les nouvelles technologies :

    📌 Objectif 2.3 : Anticiper les conséquences économiques et en termes d’innovation

    « La filière s’est donnée pour mission de faire évoluer le modèle français de prise en compte du vieillissement, d’un format curatif et médico-social vers un modèle préventif et global ». Ce qui suppose une « filière d’innovation, technique et sociale » afin de soutenir les acteurs innovants.

    Descriptif de l’action :

    • Pérenniser le Livre blanc de la Silver économie et la cartographie qui présente l’offre entrepreneuriale, avec ses forces et ses manques ;
    •  Lancer une étude permettant la modélisation de la filière d’ici 2030 (poids économique, emplois, formations, etc.), afin de favoriser la lisibilité et l’attractivité de cet écosystème ;
    • Mener une étude d’impact économique, permettant de quantifier les coûts et bénéfices d’une politique de santé tournée vers la prévention (pour l’ensemble des parties prenantes).

    🏁 Pilote : Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb)

    📌 Objectif 3.4 : Doter la filière d’un « centre de preuves » permettant de qualifier les solutions technologiques du secteur (usage, innovation, modèle économique)

    Dans un marché complexe et foisonnant, il est nécessaire, en « s’appuyant sur l’expérience d’acteurs de la filière (clusters, living labs, gérontopôles), de définir les différentes ‘preuves’ à prendre en considération et structurer un outil permettant de qualifier l’innovation sur la base de critères pertinents et objectifs ».

    Descriptif de l’action :

    • Cartographier les différents types de preuves à prendre en compte avec des acteurs disposant d’une expérience (scientifique, usage, modèle économique…).
    • Créer un véritable « centre de preuves », rassemblant l’ensemble des ressources permettant de qualifier les innovations. Celui-ci devrait alors s’articuler avec le centre de ressources et de preuves de la CNSA.

    🏁 Pilotes à définir.

    📌 Objectif 3.6 : Éclairer la filière et ses acteurs sur les potentialités de l’intelligence artificielle (IA)

    « La filière doit apporter un état des lieux des usages, en fonction des acteurs et secteurs, puis engager une démarche prospective autour du développement de l’IA dans le champ de la Silver économie. »

    Descriptif de l’action

    • Établir un état des lieux des usages de l’IA en fonction de leur usage, des acteurs et des secteurs d’activité ;
    • Confier une mission prospective sur les perspectives de l’IA dans le secteur de la Silver économie.

    🏁 Pilotes : Silver Valley, Future4Care.

    📌 Objectif 4.3 : Faciliter et massifier le recours aux aides techniques et technologiques, au service de l’autonomie à domicile

    Les aides techniques, les robots domestiques contribuent au maintien à domicile, mais il faut les diffuser et accompagner leur appropriation.

    En complément des Centres d’information et de conseils sur les aides techniques (CICAT), dont le maillage territorial est considéré comme insuffisant, la filière propose de s’« appuyer sur les prestataires de services et distributeurs de matériel (PSDM), répartis sur le territoire, en partenariat avec les ergothérapeutes et les prestataires de soins à domicile (PSAD) ».

    Descriptif de l’action :

    • S’appuyer sur les prestataires de services et distributeurs de matériel, afin de faire tester les aides techniques ;
    • Expérimenter l’acceptabilité des ‘robots domestiques’ grand public (aspirateur, nettoyage des vitres, enceinte connectées, etc.) à domicile pour les seniors et leurs aidants.

    🏁 Pilotes : Associations d’ergothérapeutes, Union des PSAD indépendants (UPSADI).

    📌 Objectif 4.7 : Permettre au parcours résidentiel de prendre le virage des nouvelles technologies

    L’objectif de la filière est « d’objectiver l’impact positif » sur différents critères (conditions de travail, qualité de vie des résidents, sobriété et économies) des nouvelles technologies dans le parcours résidentiel.

    Descriptif de l’action :

    • Mener une étude sur l’impact économique des technologies en établissement (sobriété, économies, confort, conditions de travail) ;
    • Monitorer le taux de pénétration des technologies et de l’innovation dans les établissements ;
    • Sur la base des conclusions, contribuer à la création d’un fond permettant l’investissement dans ces technologies.

    🏁 Pilotes : Industries du génie numérique énergétique et sécuritaire (Ignes), Fédération hospitalière de France (FHF).

    📌 Objectif 4.16 : Lutter contre la connotation négative de la Silver économie en garantissant un cadre éthique

    Pour une filière respectueuse et éthique, « France Silver Eco mandate le Technopôle Alpes Santé à Domicile et Autonomie (TASDA) pour mener une étude sur l’intégration de l’éthique dans les pratiques des structures de la Silver économie. Cette étude vise à évaluer les impacts de l’éthique sur la qualité des services offerts aux seniors, en mettant en lumière les meilleures pratiques et les défis rencontrés par les acteurs du secteur ».

    Descriptif de l’action :

    • Lancer une mission autour des enjeux d’éthique comme levier de croissance et de développement.

    🏁 Pilotes : Technopôle Alpes santé à domicile et autonomie (TASDA), Apave, pour le contrôle de mise en œuvre du label Haute Sécurité Santé (HS2).

    Les travaux à venir de la filière

    Le calendrier des actions n’est pas défini à ce stade. Il sera précisé par les travaux de la filière, ainsi organisés :

    • Des groupes de travail, avec des acteurs de terrain, réunis par les pilotes et la gouvernance ;
    • Le Conseil exécutif, « dont la composition doit refléter la diversité thématique et territoriale de la filière », qui se réunit une fois par trimestre et suit la feuille de route ;
    • Le conseil national de la Silver économie, lieu d’échange entre acteurs, « permettant de mettre en avant les initiatives, de créer du lien, de partager les actualités et enjeux » avec l’apport d’experts pour élargir le champ et se projeter. Il se réunit bimestriellement.

     

  • Rapport : 127 déterminants numériques de santé au cœur des enjeux du XXIe siècle (OMS/Europe)

    Comprendre les déterminants numériques de la santé

    Cette nouvelle étude, réalisée conjointement par l’OMS/Europe et la London School of Economics (LSE), en collaboration avec plusieurs institutions internationales, propose un cadre conceptuel novateur de la santé publique : elle identifie les facteurs numériques affectant directement ou indirectement la santé, en réinventant les relations traditionnelles avec les déterminants sociaux, politiques et économiques. Cela inclut des aspects bien connus jusque-là, comme l’accès à Internet ou les équipements technologiques, mais des éléments plus abstraits aussi, tels que la transparence algorithmique et la régulation des contenus nuisibles en ligne. Ce travail met en lumière les mécanismes complexes par lesquels la numérisation influence la santé, tant au niveau individuel que collectif.

    Un écosystème numérique des déterminants de santé :

    Le cadre conceptuel élaboré illustre les relations entre la santé et les déterminants sociaux, économiques, politiques et numériques, ainsi que leur manifestation au sein de différentes composantes de l’écosystème digital. Cela peut être schématisé comme suit :

    • au centre : la santé est entourée d’un spectre intégré de déterminants fortement interconnectés, qui l’influencent directement et indirectement ;
    • une première couche : les déterminants individuels sont classés en catégories sociales, économiques, politiques et numériques ;
    • une couche extérieure : l’interaction des déterminants dans un écosystème reliant les mondes physique et numérique.

    Cette dernière couche montre aussi comment la transformation digitale perturbe et redéfinit les déterminants traditionnels tout en créant un domaine entièrement nouveau : les déterminants numériques.

    Cadre conceptuel des déterminants numériques - @ OMS/Europe
    Cadre conceptuel des déterminants numériques – @ OMS/Europe

    127 déterminants, 30 urgences prioritaires :

    Le rapport recense 127 déterminants numériques classés en cinq catégories :

    • déterminants individuels : accès à Internet, compétences digitales, disponibilité des appareils numériques ;
    • déterminants communautaires : capacités numériques locales, soutien social ;
    • facteurs liés aux technologies : transparence algorithmique, sécurité des données ;
    • déterminants politiques : stratégies numériques et législation ;
    • et enjeux économiques et culturels : culture des données, fractures numériques.

    Parmi eux, 30 ont été qualifiés de “hautement urgents” à traiter. Par exemple, la validation des algorithmes et la régulation des contenus nuisibles ont été jugées essentielles pour éviter la désinformation et renforcer la confiance dans les technologies de santé.

    👉 Un tableau détaillant les 30 déterminants prioritaires peut être consulté aux pages 18 et 19 du rapport du projet, en suivant ce lien.

    Le défi des fractures numériques

    Dans son rapport, l’OMS/Europe met en exergue une double fracture numérique :

    • la première concerne l’accès aux technologies de base, accentuant les inégalités préexistantes ;
    • la seconde, liée à l’adoption de technologies avancées comme l’intelligence artificielle (IA) ou la blockchain, approfondit ces disparités.

    Par ailleurs, les groupes les plus vulnérables – personnes âgées, migrants, handicapés –, qui pourraient bénéficier de solutions numériques, sont souvent exclus de l’usage de ces outils, par manque d’accès ou de compétences. Le Dr David Novillo Ortiz, responsable de l’unité Data et santé numérique de l’OMS/Europe, avertit : « Le paysage numérique évolutif peut exacerber les inégalités si des politiques inclusives ne sont pas mises en œuvre ».

    Vers une gouvernance équitable et inclusive

    Un autre enjeu majeur pour les systèmes de santé est souligné dans le rapport : la gouvernance des données. L’OMS/Europe insiste sur le rôle clé de l’inclusion des parties prenantes non médicales (concepteurs technologiques, régulateurs…) pour créer un écosystème numérique favorable à la santé publique. Des politiques solides doivent garantir la confidentialité, l’interopérabilité des systèmes et une utilisation éthique des données de santé.

    D’un autre côté, des innovations prometteuses comme l’IA nécessitent des politiques adaptées pour limiter les biais et garantir une transparence totale. « Une collaboration interdisciplinaire est essentielle pour éviter que l’innovation numérique ne devienne source d’inégalités », explique le Dr Robin van Kessel de la LSE.

    Des recommandations pour une santé équitable

    Le rapport lance enfin un appel à l’action : la santé numérique doit être pensée comme un outil d’équité. Réduire les fractures numériques, garantir un accès universel et aligner les technologies sur les objectifs de santé publique sont des impératifs pour construire un avenir où le numérique renforce, plutôt qu’il n’affaiblisse, la santé des populations.

    Pour répondre à tous ces défis, l’OMS/Europe émet ainsi plusieurs recommandations, qui peuvent être résumés en quatre axes :

    • investir dans des infrastructures numériques inclusives ;
    • former les populations vulnérables aux compétences numériques ;
    • promouvoir la transparence des technologies et la modération des contenus ;
    • et sensibiliser les décideurs aux nouvelles fractures numériques.

     

  • Régulation des produits de santé : la Cour des comptes alerte sur le fonctionnement du CEPS

    Une régulation maîtrisée malgré une hausse des dépenses de santé

    Le CEPS joue un rôle crucial dans le système de santé français en négociant les tarifs des médicaments et dispositifs médicaux avec les industriels. Ses décisions influencent directement l’équilibre des comptes sociaux, l’accès aux soins et la souveraineté industrielle. Cette mission est menée sous la supervision des ministres de la Sécurité sociale, de la Santé, de l’Économie et de l’Industrie.

    Dans son dernier rapport sur cet organisme, la Cour des comptes a émis ses “observations définitives” concernant les exercices 2019-2023. Elle estime qu’entre 2011 et 2021, la régulation assurée par le CEPS a permis de contenir l’augmentation des dépenses liées aux produits de santé à +12 %, contre +27 % pour l’ensemble des dépenses de santé. Toutefois, l’arrivée de médicaments innovants et coûteux a récemment fait repartir ces dépenses à la hausse.

    Des moyens humains insuffisants :

    Malgré l’importance de ses missions, le CEPS souffre d’un manque chronique de moyens humains. Pourtant, entre 2011 et 2019, les dépenses de médicaments ont augmenté de +14 %, en raison de l’arrivée sur le marché de médicaments innovants et coûteux. Depuis 2018, les renforts apportés à son secrétariat général sont restés insuffisants pour pallier ses faiblesses structurelles. Le Comité dépend encore largement de l’expertise de ses membres issus de diverses administrations. La Cour des comptes recommande une réorganisation complète, incluant la mise en place de procédures internes claires et l’adoption d’un nouveau règlement intérieur. Le renforcement des règles déontologiques applicables aux membres et agents du CEPS est également jugé indispensable.

    Un système d’information obsolète :

    Le rapport de la Cour souligne que le système d’information utilisé par le CEPS constitue un frein majeur à son efficacité. Obsolète pour les médicaments et inopérant pour les dispositifs médicaux, il est source d’erreurs et ralentit l’élaboration des arrêtés ministériels. Malgré un projet de refonte amorcé depuis 2017, des retards importants ont été accumulés. Un prestataire a été sélectionné en 2024, et la mise en œuvre doit désormais être priorisée, y compris en comblant rapidement le poste vacant chargé de superviser ce projet.

    Des orientations ministérielles imprécises à clarifier

    Enfin, la Cour des comptes souligne le manque de directives claires et priorisées de la part des ministères. Cette carence complique l’action du CEPS, d’autant plus qu’il ne dispose ni d’autonomie fonctionnelle ni de personnalité juridique. Pour améliorer son efficacité, une meilleure définition des objectifs stratégiques et un soutien renforcé de l’État sont essentiels.

    3 recommandations de la Cour des comptes :

    La modernisation du système d’information du CEPS et le renforcement de ses moyens humains constituent ainsi des priorités absolues. Pour maintenir son efficacité face aux défis croissants de la régulation des produits de santé, la Cour des comptes estime que des ajustements rapides et structurels s’imposent et émet trois recommandations :

    • le renforcement des effectifs : augmenter l’effectif du secrétariat général du CEPS pour lui permettre d’assumer ses nouvelles missions – cette recommandation est adressée au CEPS, à la DSS et à la Cnam ;
    • l’adoption d’un nouveau cadre réglementaire : un nouveau règlement intérieur couvrant l’ensemble des activités du comité pour améliorer son fonctionnement – cette recommandation est adressée au CEPS ;
    • la simplification des processus : simplifier les processus d’élaboration et de publication des arrêtés d’inscription et des avis de prix en remplaçant ces arrêtés par des décisions administratives regroupant l’inscription, le prix et le taux de remboursement des produits – cette troisième recommandation est adressée à la DSS, la DGS, la DGOS ainsi qu’au CEPS.

     

  • eHälsa 2025 : quelle stratégie de la Suède pour devenir le leader mondial de la santé numérique ?

    Pourquoi la Suède mise sur la santé numérique

    Aujourd’hui reconnue comme un leader en santé numérique, la Suède est en bonne voie pour atteindre son objectif de leadership mondial d’ici 2025 grâce à ses infrastructures avancées et à ses projets d’innovation ambitieux.

    Depuis les années 2000, le pays a investi massivement dans la numérisation de son système de santé. Les premières initiatives concernaient la gestion électronique des dossiers médicaux et l’intégration de plateformes numériques. En 2016, face à la nécessité de coordonner ces efforts, le gouvernement suédois et l’Association des autorités locales et régionales (Salar) ont lancé la stratégie nationale « Vision for eHealth 2025 », aussi appelée “eHälsa 2025”.

    Grandes étapes de la transformation numérique en santé :

    • 2012 : Développement des premières plateformes numériques pour la gestion des maladies chroniques.
    • 2016 : Lancement officiel de la stratégie “Vision for eHealth 2025”, avec des “points de départ communs” pour la numérisation des services sociaux et des soins de santé.
    • 2019 : Déploiement de projets IA dans les hôpitaux pour optimiser les diagnostics et les flux de patients.
    • 2020 : Multiplication des consultations numériques (+300%) dues à la pandémie de COVID-19.
    • 2023 : Expansion des plateformes interopérables et intensification des projets de recherche en santé numérique.

    Une stratégie pour moderniser les services de santé et de protection sociale

    4 axes stratégiques :

    L’objectif principal de la stratégie “eHälsa 2025” est de faire de la Suède “le meilleur pays au monde dans l’utilisation du numérique pour améliorer la santé publique”. Quatre axes stratégiques structurent cette vision :

    👤 Des citoyens maîtres de leur parcours de soins :

    L’individu comme co-créateur. La stratégie place le patient au cœur du système de santé. Chaque citoyen doit pouvoir gérer ses informations de santé, prendre des décisions éclairées et accéder à des services numériques personnalisés. Des initiatives comme les portails de santé interactifs permettent la prise de rendez-vous, le suivi médical et la gestion des prescriptions.

    📊 Des données fiables pour un meilleur diagnostic :

    Des informations et connaissances pertinentes. Les professionnels de santé doivent disposer d’informations actualisées pour offrir des soins de qualité. Cela inclut le développement de systèmes de gestion des données de santé interopérables et sécurisés, facilitant les décisions médicales fondées sur des données probantes.

    🛡️ Sécurité renforcée pour des services de confiance :

    Traitement sécurisé de l’information. La stratégie accorde une priorité absolue à la sécurité des données de santé. Les infrastructures numériques sont conçues pour éviter les violations de données tout en garantissant la confidentialité et l’accès contrôlé aux informations sensibles.

    🌐 Innover tout en transformant les pratiques médicales :

    Développement et transformation numérique simultanés. Les évolutions technologiques doivent s’accompagner d’une transformation organisationnelle. Cela implique la formation continue des professionnels de santé et l’intégration de solutions numériques dans les processus de travail.

    3 conditions fondamentales pour la réussite de la stratégie :

    L’harmonisation des cadres réglementaires et la standardisation des systèmes numériques sont essentielles pour moderniser durablement les services sociaux et de santé. Par ailleurs, une coordination nationale renforcée permettra un échange d’informations plus fluide et sécurisé. Ainsi, pour garantir un déploiement efficace de sa stratégie “eHälsa 2025”, la Suède a identifié trois notions fondamentales :

    • Un cadre réglementaire adapté : la gestion des données personnelles sensibles exige un équilibre entre la protection de la vie privée et l’accès à des informations essentielles aux soins. les acteurs doivent identifier les besoins d’évolution réglementaire et proposer des ajustements pour garantir la sécurité des données et faciliter la transformation numérique.
    • Des standards et une interopérabilité : l’adoption de standards communs à l’échelle nationale et internationale assure un échange fluide des données sans interventions supplémentaires. les parties prenantes doivent maintenir un cadre d’interopérabilité commun et participer activement à la standardisation internationale.
    • Une terminologie uniformisée : une utilisation cohérente des termes et classifications est essentielle pour structurer les informations et faciliter leur réutilisation dans la recherche et les statistiques. une transition vers un système de gestion de l’information harmonisé est en cours, offrant l’occasion de standardiser concepts et termes.
    Stratégie nationale e-santé "eHälsa 2025" - @ Health&Tech Intelligence
    Stratégie nationale e-santé “eHälsa 2025” – @ Health&Tech Intelligence

    Une gouvernance claire pour un déploiement réussi

    • Développement : Une coordination centralisée grâce à un “secrétariat de coordination”. Il s’agit d’une ressource indépendante responsable de la gestion des activités conjointes, de la communication et de l’organisation des réunions.
    • Mise en œuvre : Un pilotage opérationnel grâce un “groupe préparatoire” composé de représentants du gouvernement, de Salar, des régions et des municipalités. Le groupe coordonne à la fois les activités stratégiques et les activités opérationnelles.
    • Suivi et évaluation : Une supervision stratégique grâce à un “groupe de pilotage” composé de représentants politiques du gouvernement et de Salar. Ce groupe supervise la priorisation des travaux et le suivi de la mise en œuvre.
    • Panels nationaux : Les panels nationaux sont organisés chaque année pour maintenir un dialogue avec les acteurs des services sociaux et de santé, les représentants professionnels, les entreprises, les institutions académiques et les organisations de patients. Ils se concentrent sur les initiatives stratégiques et les questions générales. Le groupe préparatoire en assure l’organisation, avec la participation du groupe de pilotage si nécessaire.
    • Panel sur la standardisation : Un panel spécifique à la standardisation se tient annuellement, impliquant agences gouvernementales, organisations professionnelles et représentants des utilisateurs. Il vise à coordonner les développements stratégiques et à identifier de nouvelles initiatives communes.
    • Groupes de coopération et de travail : Le groupe préparatoire peut établir des groupes de coopération pour traiter des questions spécifiques ou des groupes de travail temporaires pour des missions définies. Leurs tâches, objectifs et responsables sont précisés dès leur création.
    • Allocation des responsabilités et financement : La stratégie respecte les responsabilités institutionnelles existantes entre les acteurs nationaux, régionaux et municipaux. Chaque organisation finance ses initiatives dans le cadre de son budget, à l’exception du secrétariat de coordination, financé conjointement par l’État et Salar.

    Des actions concrètes pour une e-santé performante

    Pour atteindre ces objectifs, la Suède a déjà déployé plusieurs initiatives :

    • une interopérabilité nationale des données de santé : des plateformes centralisées facilitent le partage sécurisé des informations médicales entre professionnels ;
    • des outils de  télésanté : développement d’applications de télésanté, et notamment de consultations virtuelles, pour réduire les délais de prise en charge ;
    • des projets pilotes en IA : déploiement de systèmes d’aide au diagnostic et à la gestion des soins basés sur l’IA.

     

  • Recherche : le partenariat entre Amgen, l’Institut Pasteur et Biolabs comme modèle pour accélérer l’innovation

    Des synergies stratégiques pour accélérer l’innovation

    L’alliance entre Amgen France, l’Institut Pasteur et Biolabs illustre la nécessité d’une coopération étroite pour relever les défis de la santé moderne. Pour ces trois acteurs, l’innovation ne se limite pas aux laboratoires. Elle repose de plus en plus sur des collaborations stratégiques visant à transformer les découvertes scientifiques en traitements accessibles aux patients. Ce modèle de recherche partagée apparaît comme une réponse efficace aux enjeux médicaux actuels. Dans ce sens, les partenaires développent, chacun de son côté, des projets innovants, avec des collaborations diverses :

    • Amgen France, par exemple, mène actuellement 25 essais cliniques dans l’Hexagone, dont près de la moitié en oncologie. Nathalie Varoqueaux, directrice médicale d’Amgen France, a précisé que ces essais portent sur des innovations thérapeutiques destinées à répondre à des besoins médicaux non encore couverts.
    • À l’Institut Pasteur, l’accent est mis sur le développement de projets scientifiques à fort potentiel. Son “Accélérateur de l’innovation” accompagne actuellement dix initiatives, allant de la recherche fondamentale à la création de technologies médicales appliquées. Nicolas Torno, directeur adjoint de la direction des applications de la recherche et des relations industrielles (Darri) de l’Institut, a expliqué que cet accompagnement vise à rapprocher les découvertes scientifiques du marché.
    • Biolabs soutient l’émergence de jeunes entreprises innovantes, notamment à travers son programme Golden ticket, qui leur permet d’accéder gratuitement à des laboratoires et à des conseils d’experts. Johanna Michielin, directrice Europe de Biolabs, a souligné que les dispositifs de l’incubateur international favorise la création de solutions de santé novatrices, en intégrant les start-ups directement dans l’environnement hospitalier, comme c’est déjà le cas à l’Hôtel-Dieu à Paris.

    Former la prochaine génération de chercheurs :

    Pour assurer un écosystème d’innovation durable, l’éducation scientifique reste un levier majeur. L’Institut Pasteur et la Fondation Amgen collaborent depuis 2015 à travers le programme Amgen Scholars, qui offre à des étudiants européens l’opportunité de travailler dans des laboratoires de recherche de renom.

    Selon Monica Sala, directrice de l’enseignement de l’Institut Pasteur, cette initiative vise à “préparer les talents scientifiques de demain en leur donnant accès à des projets multidisciplinaires dans des domaines clés comme la microbiologie, la génomique et l’immunologie.” Depuis sa création, plus de 80 % des participants ont poursuivi en doctorat dans des universités prestigieuses, tandis que les autres ont intégré des entreprises de biotechnologie.

    Stimuler la coopération scientifique :

    Les Rencontres Recherche & Innovations, qui ont suivi la conférence de presse, ont réuni plus d’une centaine d’experts du monde académique, industriel et institutionnel autour des thématiques de l’excellence de la recherche en France, l’intégration des patients dans le processus de recherche et l’exploitation des données de santé.

    L’événement a permis de présenter des projets soutenus par le Fonds Amgen France pour la Science et l’Humain, qui finance des recherches prometteuses dans divers domaines médicaux. Depuis 2018, 41 projets ont reçu des financements, représentant un investissement total de 4,5 millions d’euros.

    Les promesses de l’innovation ouverte

    Pour Amgen France, l’innovation repose sur trois axes : soutenir les start-ups, financer la recherche fondamentale et participer à des réflexions stratégiques à travers son think tank éphémère Innovation Days dont la prochaine édition sera consacrée à la thématique de la prévention. Depuis 2016, cinq start-ups françaises sont accompagnées chaque année par l’entreprise dans le cadre de projets collaboratifs. Pour la présidente du laboratoire américain en France, Corinne Blachier-Poisson, la collaboration entre acteurs publics et privés est essentielle pour accélérer le développement de solutions médicales innovantes et améliorer la santé publique de manière équitable et inclusive.

    De son côté, l’Institut Pasteur combine recherche fondamentale et transfert de technologie pour maximiser l’impact de ses découvertes. Depuis 1997, 35 start-ups ont vu le jour grâce à ses activités de valorisation scientifique, dont 26 sont toujours en activité. En 2023, l’institut a signé 235 contrats industriels, illustrant l’ampleur de son réseau de partenariats.

    Biolabs, un tremplin pour les start-ups de la santé :

    À travers ses sites en France et dans le monde, Biolabs accompagne le développement de projets innovants en biotechnologie et santé numérique. Depuis 2022, plus de 30 Golden tickets ont été attribués en Europe, dont 20 en France.

    La deuxième édition de son appel à projets, lancée en septembre 2024, permettra d’identifier les start-ups les plus prometteuses dans le secteur des sciences de la vie. Selon Johanna Michielin, soutenir ces jeunes entreprises permet de transformer des idées scientifiques en solutions médicales concrètes, répondant aux besoins de santé les plus pressants.