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  • Entretien : « L’accompagnement humain au changement est essentiel pour favoriser l’adoption de l’IA » (Nicolas Leblanc, président SNSP)

    La pertinence des outils industrialisables

    Quelles sont les promesses de l’IA en matière de santé publique ? Et quels sont vos retours d’expérience quant à sa maturité ?

    L’IA va permettre d’améliorer plusieurs aspects dans la gestion de la santé : le ciblage des populations à risque, l’analyse des comportements de santé, le diagnostic, le suivi des programmes de prévention, la gestion administrative, la sécurité des soins et des traitements, ainsi que le suivi avant et après la maladie. Toutefois, il est important de préciser que l’IA ne se substituera pas aux professionnels de santé, elle servira plutôt à les outiller.

    Aujourd’hui, cette technologie est plus facilement déployable dans des processus industrialisables, comme l’analyse des bilans ou la gestion des phases en amont et en aval des prises en charge hospitalières. Elle se révèle très utile pour automatiser des tâches, comme les diagnostics courants sur des pathologies aiguës ou les prescriptions. Par exemple, en cas de phénomène épidémique, des questionnaires bien conçus peuvent permettre à l’IA de produire des probabilités diagnostiques. Mais son efficacité repose surtout sur des situations standardisées et, encore une fois, industrialisables.

    Des contrôles de qualité, notamment en pré et post-analytique, restent cependant nécessaires. De la même manière que le biologiste révise aujourd’hui les résultats fourni par l’analyseur de son laboratoire, le médecin devra vérifier les diagnostics et les décisions à prendre.

    Quelles perspectives voyez-vous pour les applications de l’IA dans la prévention, notamment pour les priorités de santé publique identifiées en France, telles que les maladies chroniques, neurodégénératives ou la santé mentale ?

    L’IA a un large spectre d’application, notamment en médecine générale, mais son potentiel est particulièrement prometteur dans les spécialités. Par exemple, elle peut contribuer à intégrer les connaissances médicales dans les pratiques cliniques, ce qui représente une grande opportunité pour les médecins. Mais il est important de noter qu’intégration ne signifie pas forcément adoption : la relation humaine reste le meilleur vecteur pour accompagner le changement, que ce soit la reconnaissance d’une maladie, l’adaptation à un nouveau mode de vie ou l’adhésion à un traitement.

    En matière de prévention, l’IA peut être utile, particulièrement dans la prévention secondaire. Elle peut aider d’un point de vue médico-technique, par exemple pour le suivi et la modification des comportements, ainsi que pour améliorer le ciblage des populations. Cependant, je reste sceptique sur l’impact de la technologie pour provoquer un changement comportemental profond, notamment chez les populations les plus vulnérables. Le changement de comportement est un changement de vie, ce qui est beaucoup plus facile à dire qu’à faire. La technologie peut être un facilitateur, mais elle ne peut pas tout résoudre toute seule.

    L’enjeu d’un accompagnement au changement

    L’impact de l’IA en prévention peut-il différer en fonction des tranches d’âge et des groupes démographiques ?

    En effet, l’adoption de ces technologies dépend beaucoup de la capacité des individus à s’approprier les nouveautés, comme le fait d’être né dans une époque digitale ou non. C’est similaire à ce qu’on observe dans d’autres secteurs avec des logiciels d’entreprise, par exemple. Comme pour tout projet d’accompagnement au changement, il est essentiel d’identifier les leviers pour favoriser cette adoption.

    Malheureusement, dans le secteur de la santé, l’accompagnement au changement est souvent un impensé, notamment pour les professionnels de santé. Prenez l’exemple de la Carte Vitale, dont l’adoption par les médecins généralistes a pris du temps. Un accompagnement au changement est donc clé pour permettre aux professionnels de santé de s’approprier ces outils.

    Pour conclure, quel sera selon vous l’avenir de l’IA dans la santé ?

    Comme toute rupture technologique, l’IA s’inscrira dans les usages sans remplacer totalement les pratiques classiques. Elle viendra s’intercaler, modifier certains comportements et redistribuer les rôles et les produits. Dans dix ans, je pense que les professionnels de santé, les médiateurs sociaux, et bien d’autres, utiliseront l’IA de la même manière qu’on utilise aujourd’hui des applications qui n’existaient pas il y a une décennie.

    La particularité de ces technologies réside dans leur rapidité et leur ampleur croissantes. Cela implique une adaptation nécessaire de l’environnement réglementaire, qui suivra naturellement l’innovation, comme cela a été le cas, par exemple, pour les glucomètres connectés.

    Il y a également des innovations de rupture à prévoir, notamment dans les dispositifs médicaux. Toutefois, cela soulève des questions : quel avenir pour le remboursement et le tiers payant dans ce contexte ? Les organisations de santé doivent impérativement prendre en compte ces innovations et la mutation des métiers et des usages qu’elles entraînent. De la même manière, ces évolutions devraient être au cœur des discussions importantes, comme celle de la convention médicale.

     

  • Prévention : AIS et HCSP appellent à une ambition politique coordonnée de financement des actions soutenues par le numérique

    Des défis de santé publique de plus en plus complexes

    Le Think Tank Health&Tech a accueilli le Pr Didier Lepelletier, président du Haut conseil de la santé publique (HCSP), et le Dr Lise Alter, directrice générale (DG) de l’Agence de l’innovation en santé (AIS) à l’occasion d’une rencontre le 12 septembre à ParisantéCampus. Les échanges orchestrés par Anne-Marie Armanteras, présidente du Think Tank, a porté sur l’importance d’une politique de prévention en appui de la stratégie d’accélération de l’innovation en prévention, récemment dévoilée par l’AIS.

    Didier Lepelletier a d’abord mis en avant l’ampleur des travaux du HCSP en 2023, avec 50 saisines réparties sur plusieurs domaines : la santé environnementale, les maladies infectieuses, l’évaluation des plans de santé publique, la prévention et la promotion de la santé, ainsi que la santé de l’enfant ou encore les produits biologiques. Il a, par ailleurs, souligné que les défis de santé publique à venir sont complexes, exacerbés par plusieurs facteurs, tels que les évolutions démographiques, les changements environnementaux, les innovations technologiques et les inégalités sociales. Parmi les principaux enjeux qu’il a ainsi identifiés :

    • le vieillissement de la population et l’augmentation des maladies chroniques ;
    • le risque de pandémies et la persistance des maladies infectieuses ;
    • les inégalités sociales et l’accès aux soins ;
    • la santé mentale ;
    • l’impact des changements climatiques sur la santé environnementale ;
    • la transformation numérique et la cybersécurité en santé ;
    • l’innovation et l’éthique en santé ;
    • et la résilience des systèmes de santé.

    Réduire l’écart entre espérance de vie et espérance de vie sans incapacité :

    En France, un des objectifs majeurs en matière de santé publique, selon Didier Lepelletier, est de réduire l’écart entre l’espérance de vie (EV) et l’espérance de vie sans incapacité (EVSI), cela signifie non seulement prolonger la vie, mais surtout améliorer sa qualité de vie pour les individus, en leur permettant de vivre en bonne santé le plus longtemps possible. C’est là que la prévention peut jouer un rôle clé, car elle vise notamment à éviter l’apparition ou l’aggravation de maladies chroniques ou invalidantes.

    Evolution de l'espérance de vie en France, chez les hommes et les femmes - @ InseeEvolution de l’espérance de vie en France, chez les hommes et les femmes – @ Insee

    Renforcer la prévention permettrait également de limiter les hospitalisations inutiles, en anticipant les problèmes de santé avant qu’ils ne nécessitent une intervention médicale lourde. Cela s’inscrit dans une approche globale de la santé publique, visant à réduire la pression sur les hôpitaux et à promouvoir des soins de proximité plus efficaces et personnalisés.

    Mener une politique interministérielle de prévention est un des virages importants que le HCSP appelle fortement pour rendre le système de santé soutenable. Parmi les indicateurs à infléchir, il partage notamment les données publiées récemment par l’Assurance maladie en termes de coûts du système de santé.

    Effectifs, dépenses moyennes par patient et dépenses totales en 2019 pour chaque catégorie de pathologies, traitements chroniques ou épisodes de soins - @ Assurance maladie
    Effectifs, dépenses moyennes par patient et dépenses totales en 2019 pour chaque catégorie de pathologies, traitements chroniques ou épisodes de soins – @ Assurance maladie

    👉 Pour aller plus loin :

    L’Innovation au cœur de la stratégie de prévention

    Lise Alter a, de son côté, mis en avant la pertinence de la stratégie d’accélération de l’innovation en prévention. Elle a expliqué que de nombreux projets innovants échouent à atteindre leur plein potentiel en raison d’un modèle économique inadéquat, et a insisté sur le rôle central des acteurs locaux et régionaux dans la prévention, précisant que les start-ups seules ne peuvent pas porter cet enjeu. Lise Alter a d’ailleurs rappelé que l’AIS travaille sur un projet de jumeau numérique au niveau national, développé avec l’Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria) : un exemple de modélisation des impacts des projets en matière de santé publique.

    C’est dans ce sens que s’inscrit l’appel à projet (AAP) “Challenge prévention”, qui vise à encourager l’innovation dans ce domaine, notamment par le numérique, “avec ou sans intelligence artificielle”. Afin d’anticiper les difficultés et maximiser les bénéfices collectifs de cet AAP, la DG de l’AIS a insisté sur l’importance de l’accompagnement méthodologique dont bénéficieront les porteurs des projets qui seront sélectionnés.

    👉 Pour aller plus loin :

    Le numérique et l’IA pour une prévention personnalisée

    Au HCSP comme à l’AIS, le numérique et l’IA sont perçus comme des leviers pour adapter la prévention aux spécificités des populations, contrairement aux approches “égalitaires” traditionnelles, qu’ils viennent compléter et non remplacer. Didier Lepelletier prend l’exemple des actions de vaccination pour démontrer qu’une approche personnalisée peut coexister avec des mesures universelles comme des campagnes à grande échelle. Le “Domiscore”, un outil destiné à évaluer les risques à domicile, intégré dans la Stratégie nationale de santé (SNS), en est un exemple concret. Tout ceci justifie l’importance accrue qui est accordée à la recherche en santé publique et à l’exposome (un concept englobant l’ensemble des expositions à des facteurs environnementaux que subit un organisme humain, depuis sa conception jusqu’à sa fin de vie).

    Quels financements pour les innovations en prévention ?

    Pour Lise Alter, le financement des innovations en santé est un véritable “nerf de la guerre”. Beaucoup de modèles de financement actuels sont centrés sur les actes thérapeutiques, “sans prendre en compte l’impact préventif d’éviter des maladies”. Il est donc indispensable, selon elle, de mettre en place des modèles de financement spécifiques pour ces nouveaux enjeux.

    Pour y répondre, l’AIS propose des modalités de financement transitoires et adaptées, “comme cela se fait déjà pour les médicaments, afin de soutenir les innovations, telles que l’IA, qui offrent une valeur ajoutée significative”.

    La nécessité d’un cadre politique incitatif :

    En réponse à une dernière question d’Anne-Marie Armanteras, les deux intervenants se sont accordés à dire que la prévention et l’innovation en santé exigent une mobilisation coordonnée des acteurs, des territoires et un cadre politique incitatif, afin de financer efficacement ces initiatives décisives pour l’avenir de la santé publique : inciter les acteurs du secteur, donc, notamment les industriels, à accompagner et à investir dans projets et initiatives de prévention.

    “Cette synergie permettra, conclut Didier Lepelletier, de personnaliser la prévention, d’améliorer la surveillance épidémiologique et de mieux cibler les interventions de santé. La convergence entre industriels et Recherche est également déterminante pour accélérer le virage préventif. Les outils numériques facilitent la collecte et l’analyse des données pour améliorer la prévention, la recherche oriente ces innovations en identifiant les priorités et en validant leur efficacité. Il souligne également “l’ attention particulière” qu’il faut porter “aux enjeux d’éthique, de biais et d’accessibilité”.

     

    👉 La présentation du Pr Didier Lepelletier lors de ce rendez-vous du Think Tank peut être consultée ici.

  • Téléconsultation : comment réduire l’écart entre le dynamisme de l’innovation et son intégration dans les pratiques ?

    Bien que la téléconsultation ait été rapidement adoptée en réponse à la crise sanitaire, son intégration durable et structurée reste incertaine, surtout dans les établissements de santé publics. En effet, malgré le remboursement des consultations par la Caisse nationale d’Assurance maladie (Cnam), plusieurs obstacles freinent son développement.

    D’une part, les plateformes de téléconsultation revendiquent la possibilité de facturer des frais supplémentaires, ce qui introduit un débat sur l’accessibilité et l’équité des soins, d’autant plus que la Cnam s’y oppose fermement. D’autre part, les initiatives innovantes comme les cabines de téléconsultation suscitent des questions quant à leur acceptabilité, leur efficacité clinique et leur impact sur la relation patient-soignant.

    Notre étude propose d’analyser non seulement les défis logistiques et économiques que pose la téléconsultation, mais aussi les enjeux éthiques et organisationnelles qu’elle implique, en interrogeant la pérennité de ce modèle de soins dans un système de santé centré sur l’hôpital public. Comment, dans ce contexte, la téléconsultation peut-elle se développer sans compromettre l’universalité et la qualité des soins, tout en répondant aux exigences de modernisation et de rationalisation des services hospitaliers ? 

    Analyses

    Contexte : entre promesses de l’innovation et incertitudes sur une intégration durable dans le parcours de soins en France

    En 2023, la téléconsultation représente 2,7 % des dépenses de soins des généralistes, 0,5 % des soins spécialisés et 33 % des actes médicaux en France. Cela témoigne d’un écart entre l’innovation et son intégration concrète dans les pratiques médicales. L’utilisation croissante des plateformes de téléconsultation souligne cependant le potentiel d’adaptation et de diversification des soins.

    👉 Un état des lieux et les chiffres clés de l’environnement de la téléconsultation est accessible dans cet article.

    Evolutions réglementaires de la téléconsultation : limiter le risque d’une “ubérisation” de la médecine ?

    Qualité des soins, erreurs médicales, remboursement, risque d’une médecine à deux vitesses : l’essor récent de la téléconsultation a amené des interrogations et des impératifs de régulation. Depuis la convention médicale du 26 août 2016, qui en pose les bases, la réglementation continue de s’adapter pour encadrer cette pratique.

    👉 Cet article revient sur les différents enjeux éthiques et réglementaire autour de la téléconsultation, avec une synthèse des initiatives et des positions de différentes institutions et acteurs du secteur de la santé.

    Review : quelle efficacité de l’examen physique virtuel pendant une téléconsultation ?

    Malgré certaines inquiétudes exprimées, patients et professionnels de santé sont globalement satisfaits des examens physiques virtuels réalisés pendant une téléconsultation. C’est en tout cas ce que rapporte une nouvelle review* réalisée par une équipe de chercheurs australiens, avec des résultatys positifs pour la plupart des examens virtuels (oculaires, respiratoires et musculosquelettiques).

    👉 Pour consulter la synthèse de cette étude de la portée sur les examens physiques virtuels (EPV), veuillez suivre ce lien.

    Entretien expert avec Jean-Pascal Piermé, président du LET :

    “Des parcours hybrides et une étroite collaboration avec les territoires pour améliorer l’accessibilité des soins”. Dans un contexte de pénurie de ressources expertes au niveau des territoires, la téléconsultation suscite toujours des interrogations quant à son intégration dans les pratiques. A quels défis les opérateurs de la téléconsultation sont-ils confrontés et quelles sont les solutions envisageables pour lui garantir un avenir durable et efficace ? Entretien avec Jean-Pascal Piermé, président du LET.

    👉 Cet entretien, publié le premier octobre 2024, est accessible sur ce lien.

    Visualisation

    Cartographie de 37 entreprises de téléconsultation présentes en France :

    Plateformes généralistes (Medaviz, Qare) ou spécialisées en santé mentale (Eutelmed), gynécologie (Ginger) ou pédiatrie (Doudoucare) et cabines connectée (Tessan, Medadom) : en France, au moins 37 entreprises investissent le marché de la téléconsultation. Si cette innovation de parcours s’impose comme une solution aux déserts médicaux, plusieurs interrogations se posent sur son modèle économique.

    👉 L’article consacré à la compréhension du marché de la téléconsultation et la cartographie des entreprises présentes en France est disponible ici.

    Les investissements dans la téléconsultation se restructurent après une période post-Covid record

    Les années 2023 et 2024 enregistrent un recul dans le financement du marché de la télémédecine, dont la téléconsultation reste le segment la plus actif. Elle concentre près de la moitié des levées de fonds, réalisées majoritairement aux Etats-Unis.

    👉 Dans cet article, un tour d’horizon international des principales opérations menées en 2023 et 2024.

    Panorama des partenariats entre organismes assureurs et plateformes de téléconsultations :

    24h/24 et 7j/7, les assureurs, mutuelles et complémentaires santé proposent quasiment tous des prestations de téléconsultation pour leurs assurés (indépendants, PME/TPE, grands groupes, familles). Leurs offres sont plutôt homogènes en termes de services (facilité d’usage, zéro reste à charge, disponibilité), et rencontrent un grand succès. Tour d’horizon des offres et des partenariats.

    👉 Un benchmarking synthétique des différentes initiatives des organismes d’assurance de santé est accessible via ce lien.

     

  • Review : quelle efficacité de l’examen physique virtuel pendant une téléconsultation ?

    L’importance de l’examen physique pour poser le bon diagnostic

    La téléconsultation, définie comme la prestation de soins de santé à distance via des moyens électroniques, a connu un fort développement dans de nombreux pays, depuis la pandémie de Covid-19. Cependant, l’adoption des examens physiques virtuels (EPV) soulève toujours des questions. Certains patients préfèrent éviter la télésanté lorsque des examens physiques sont nécessaires. Or, ces derniers représentent jusqu’à 20 % des données essentielles au diagnostic. Ainsi, lors d’une téléconsultation, la réalisation d’EPV fournit des informations clés pour le diagnostic.

    Cette scoping review (étude de la portée), qui sera publiée en novembre 2024 dans l’International Journal of Medical Informatics, porte sur les études en langue anglaise avec des données de recherche primaire collectées entre décembre 2019 et janvier 2023. Elle a pour objectif :

    • d’aider à comprendre comment les EPV ont été réalisés pendant la pandémie, mais aussi de relever les défis rencontrés et de réaliser les adaptations nécessaires ;
    • d’éclairer d’autres disciplines médicales sur les obstacles et les leviers d’une mise en place réussie des EPV ;
    • et de mieux comprendre les expériences des patients et des cliniciens.

    Au bout de leur processus de sélection des études éligibles, les chercheurs ont retenu 25 études au total, couvrant des EPV réalisés par des professionnels de santé de 15 spécialités différentes (médicales, chirurgicales et de réadaptation). Les trois principaux types d’EPV inclus dans l’étude sont les examens musculosquelettiques, les examens de la tête et du cou et les examens du thorax.

    Une satisfaction globale mais variable selon le type d’examen

    La majorité des patients trouvent que les examens virtuels les aident à mieux évaluer leur état de santé et à faciliter la compréhension de leurs maladies par leurs soignants à distance. Tandis que les soignants estiment collecter assez de données cliniques pertinentes pour prendre leurs décisions cliniques dans les évaluations neurologiques.

    Résultats :

    📌 Supports technologiques : la majorité des études (64 %) ont utilisé des outils technologiques pour les EPV (otoscopes connectés, stéthoscopes électroniques, plateformes numériques pour l’auscultation, examen oculaire…).

    📌 Comparaison entre examen virtuel et examens en personne : la plupart des études (86 %) ont montré des résultats positifs, surtout pour les examens oculaires, respiratoires, musculosquelettiques et de la peau. Certains examens, articulaires notamment, ont cependant eu des résultats moins favorables.

    📌 Expérience patient : seules 28 % des études s’y sont intéressées, rapportant une satisfaction globale des patients, particulièrement pour les examens musculosquelettiques et neurologiques. Certains patients ont tout de même exprimé des préoccupations concernant la durée des examens et la précision de certains tests, comme ceux en neuro-ophtalmologie.

    📌 Expérience des cliniciens : seules 36 % des études l’ont évoquée, rapportant une acceptabilité de 56 %. Les professionnels de santé ont estimé que les EPV fournissaient suffisamment d’informations pour la prise de décision, tout en soulignant la difficulté de réaliser virtuellement certains examens, comme les réflexes et les ophtalmoscopies.

    📌 Obstacles et leviers : les principaux obstacles identifiés étaient liés à la technologie (mauvaise qualité des images, connexions internet instables, manque de compétences techniques chez les patients…), d’autres à l’état de santé des patients (problèmes neuromusculaires, difficultés cognitives, déficiences auditives…) et d’autres encore au manque de formation des cliniciens en télémédecine ou encore au remboursement. Les solutions potentielles proposées par les différents chercheurs se concentrent sur :

    • l’amélioration des outils technologiques ;
    • l’élaboration de standards et de lignes directrices pour les plateformes de téléconsultation ;
    • l’utilisation de dispositifs adaptés aux handicaps ;
    • ainsi que l’amélioration de la connectivité et de la littératie numérique dans les communautés marginalisées.

    Une configuration prometteuse

    Selon les auteurs de cette scoping review, la virtualisation de certains examens serait prioritaires pour l’avenir, en raison de leur importance pour la santé publique dans le monde. Il s’agit des examens respiratoires et cardiovasculaires et musculosquelettiques. Le rôle des dispositifs médicaux connectés innovants est par ailleurs souligné, les premiers résultats de leurs usages s’avérant globalement favorables.

    Sur le plan de la généralisation de cette configuration des examens physiques et leur accessibilité, des questions relatives à la connectivité se posent, en particulier dans les pays et régions moins bien desservis en internet. La majorité des EPV utilisent en effet des vidéos en temps réel, alors que dans certains contextes, les téléconsultations se font principalement par téléphone.

    L’adoption des examens virtuels dépendra aussi de la formation des professionnels de santé aux outils de la téléconsultation pour optimiser leur confort et renforcer leur confiance. Mais aussi de l’éducation des patients à la santé numérique. Les auteurs concluent que des recherches supplémentaires sur l’expérience patient demeurent indispensables : une meilleure compréhension de la perspective des patients faciliterait la mise en œuvre des EPV pour, in fine, des soins de meilleure qualité.

     

     

    * Virtual physical examination in teleconsultation: A scoping review

    Shuk Y.K. Tong, Tim M. Jackson, Annie Y.S. Lau

    International Journal of Medical Informatics, Volume 191, 2024, 105561, ISSN 1386-5056,

    https://doi.org/10.1016/j.ijmedinf.2024.105561.

     

  • Recherche paramédicale : une première étude clinique publiée par Vivalto Santé

    Le parti pris de la recherche paramédicale

    Déjà investi dans la recherche médicale depuis 2012, Vivalto Santé, un des acteurs majeurs de l’hospitalisation privée en Europe, s’est engagé il y a 3 ans dans la recherche paramédicale : un axe de développement complémentaire qui s’inscrit dans la stratégie du groupe, entreprise à mission depuis 2021. Stéphanie Durel-Pinson, directrice de la Recherche chez Vivalto Santé, parle de la volonté du groupe de valoriser la recherche paramédicale, “non seulement pour le bien de nos patients, mais également au bénéfice de toutes nos équipes soignantes”.

    Les équipes soignantes investies :

    Complémentaire à la recherche médicale, la recherche paramédicale relève du rôle des infirmiers et des professionnels paramédicaux (ergothérapeutes, psychomotriciens, manipulateurs d’électroradiologie médicale, techniciens de laboratoire médical, etc.). Elle vise à faire progresser la qualité des soins et la prise en charge des patients par l’amélioration des pratiques.

    Pour impliquer ses équipes, le groupe Vivalto Santé a mené différentes actions internes de communication et de pédagogie. Les sujets de recherche paramédicale proviennent, quant à eux, principalement du terrain et du quotidien des soignants eux-mêmes. Ils peuvent concerner des problématiques de prise en charge des patients ou d’organisation du travail et des soins. Le recherche se présente ainsi comme un levier pour fédérer les équipes autour de projets collaboratifs et utiles.

    La recherche comme levier d’attractivité :

    La recherche paramédicale devient ainsi peu à peu une composante essentielle des métiers paramédicaux. A titre d’exemple, la formation des infirmiers de bloc opératoire (Ibode) intègre désormais des modules et des stages pratiques de recherche.

    Tout en renforçant son attractivité en tant qu’employeur, Vivalto Santé démontre sa volonté de faire partie cette évolution à travers son investissement dans la recherche paramédicale mais aussi en accueillant des étudiants dans le cadre de leurs stages de recherche.

    De nombreux projets en cours et à venir

    C’est dans un tel contexte que le groupe privé publie aujourd’hui sa toute première étude clinique paramédicale, portant sur “la durée optimale du refroidissement du cuir chevelu pour prévenir l’alopécie pendant la chimiothérapie adjuvante du cancer du sein”. Cette technique peut être utilisée pour réduire la perte de cheveux – effet secondaire courant de la chimiothérapie et pouvant être pénible pour les patientes -, mais la durée optimale du refroidissement n’est pas claire. L’objectif de l’étude menée par l’équipe de Vivalto Santé était de déterminer si l’augmentation de cette durée améliorait la préservation des cheveux.

    Les résultats ont montré qu’un refroidissement de longue durée augmentait l’inconfort des patientes sans pour autant être efficace. Le casque de refroidissement du cuir chevelu pourrait donc être portée moins longtemps pour permettre aussi à un plus grand nombre de malades de bénéficier de cette innovation technologique lors des traitements.

    Parallèlement à cette première publication, plusieurs études sont en cours au sein du groupe qui explore “une multitude de sujets” : “L’augmentation croissante du nombre d’études cliniques au sein de Vivalto Santé témoigne de notre dynamisme et de notre volonté de contribuer activement à l’avancée de la recherche paramédicale”, souligne Stéphanie Durel-Pinson. Parmi les études cliniques actuellement en cours :

    • une étude organisationnelle au sein du territoire Ile-de-France, portant sur la délégation des tâches des équipes soignantes afin que ces dernières puissent se recentrer sur leur cœur de métier ;
    • une étude sur les soins de supports dans le cadre de prises en charge en cancérologie, avec l’introduction de l’hypnose médicale par réalité virtuelle (VR) lors des traitements ;
    • et une étude multidisciplinaire sur le parcours patient dans le cadre d’une chirurgie des tumeurs ORL.

     

     

    * Effectiveness of increasing the scalp cooling duration to prevent alopecia during adjuvant chemotherapy for breast cancer: a randomized pilot study

    Carton E, Blas AM, Perret C, Le Bihan M.

    Support Care Cancer. 2024 Jun 5;32(7):410. doi: 10.1007/s00520-024-08579-z. PMID: 38839667; PMCID: PMC11153286.

     

  • Note aux abonnés : le prochain RDV du Think Tank avec L. Alter (AIS) et D. Lepelletier (HCSP)

    Chers abonnés,

    Le Think Tank Health&Tech vous invite à assister à son événement exclusif qui se tiendra le 12 septembre, de 8h30 à 10h00, à Parisanté Campus.

    Une discussion avec le Pr Didier Lepelletier, président du Haut conseil de la santé publique (HCSP), et le Dr Lise Alter, directrice générale de l’Agence de l’innovation en santé (AIS), animée par la présidente du Think Tank, Anne-Marie Armanteras, portera sur les des nouvelles perspectives en matière de santé publique, à la lumière de la stratégie d’accélération dédiée à l’innovation en prévention, récemment dévoilée par l’AIS.

    L’objectif principal de cette stratégie est d’opérer une transition majeure dans le système de santé, passant d’une approche curative à une approche préventive, personnalisée et fondée sur des preuves. Elle vise ainsi à intégrer le numérique dans la prévention, afin de répondre aux besoins actuels et futurs de notre système de santé. L’occasion de réfléchir aux priorités et enjeux émergents auxquels il est confronté.

    👉 Si vous souhaitez participer à cette réflexion collective, nous vous invitons à confirmer votre inscription à cet événement – gratuite pour les membres de la communauté Health & Tech Intelligence -, en cliquant ici.

    L’équipe H&TI, by Care Insight

    Le RDV du Think Tank, septembre 2024
    Le RDV du Think Tank Health&Tech, le 12/09/2024 à Parisanté Campus

     

  • Hôpital public : la FHF appelle à des solutions durables après un été sous tension

    Un été 2024 marqué par des difficultés croissantes

    Le 3 septembre 2024, la Fédération hospitalière de France (FHF) a organisé une conférence de presse pour dresser le bilan de la situation estivale des hôpitaux publics et appeler à la prise des mesures pérennes. Constatant une augmentation des difficultés rencontrées, elle souligne la nécessité de poursuivre les efforts de recrutement et de fidélisation des professionnels pour éviter une répétition annuelle des mêmes problèmes.

    La FHF appelle aussi les pouvoirs publics à agir rapidement pour assurer la pérennité de l’hôpital public et des Ehpad. Selon son président, Arnaud Robinet, sans mesures adéquates, ces institutions risquent de ne plus pouvoir assurer leurs missions de service public, mettant ainsi en danger l’accès aux soins pour tous les Français.

    L’été 2024 a été particulièrement difficile pour les hôpitaux publics, qui continuent d’assurer la majorité des passages aux urgences en France. La FHF rapporte que seulement 46 % des établissements ont constaté une stabilité et 39 % une dégradation par rapport à l’été précédent. Les principaux problèmes  identifiés sont :

    • la capacité d’accueil en médecine, en soins de réadaptation, et en psychiatrie ;
    • ainsi que les tensions sur les effectifs, tant médicaux que non médicaux.

    Pour faire face à ces défis, les hôpitaux ont largement recours aux heures supplémentaires et à l’intérim. Afin que ces difficultés “cessent de se répéter d’année en année”, la FHF demande :

    • d’une part, une meilleure orientation des patients entre médecine de ville et hôpital public, avec la poursuite du déploiement des Sas sur tout le territoire ;
    • et d’autre part, une meilleure contribution de tous les acteurs de santé des territoires, en particulier en matière de permanence des soins en établissement de santé.

    RH : des signaux positifs, mais des tensions persistantes :

    La FHF a également présenté les résultats d’une grande “enquête sur la situation des ressources humaines (RH) hospitalières pour l’année 2023”. Malgré quelques signaux encourageants en matière d’attractivité des métiers, notamment pour le personnel non médical, des difficultés majeures persistent. Le taux de vacance des postes diminue, et l’absentéisme est en baisse, mais le recrutement reste problématique, particulièrement pour le personnel médical, où 98 % des établissements rapportent des difficultés dans au moins une spécialité.

    Alors que deux tiers des établissements déclarent avoir recours à la prime de solidarité territoriale et devoir fermer des lits temporairement, ces difficultés de recrutement génèrent, dans 3 établissements sur 4 :

    • une augmentation du volume de temps de travail additionnel ;
    • une augmentation du recours aux praticiens à diplôme hors Union Européenne (Padhue) ;
    • et un recours à l’intérim.

    Dans les métiers du numérique, 55 % des établissements observent des difficultés “pour recruter suffisamment”, dont 17 % qui ont dû faire évoluer soit l’organisation au sein de leurs équipes, soit leur offre de soins.

    2 sur 3 établissements observent des difficultés de recrutement concentrées sur certains métiers - @ FHF

    2 sur 3 établissements observent des difficultés de recrutement concentrées sur certains métiers - @ FHF
    Personnel hospitalier non médical : 2/3 des établissements observent des difficultés de recrutement concentrées sur certains métiers – @ FHF

    Un appel urgent à des financements adaptés

    La FHF rappelle que la clé de la survie de l’hôpital public est budgétaire. Elle demande des financements supplémentaires de 2,4 milliards d’euros pour 2024 et une augmentation des financements de 3,9 milliards d’euros pour un objectif national des dépenses de l’Assurance maladie (Ondam) pour 2025 réévaluer à 111,9 milliards d’euros.

    Des fonds nécessaires, d’après Cécile Chevance, responsable du pôle Offres, et Marc Bourquin, conseiller stratégie à la FHF, pour compenser l’impact de l’inflation et corriger les désavantages fiscaux subis par rapport au secteur privé. Un décalage entre les besoins de l’hôpital public et les ressources allouées qui mettrait directement en danger sa capacité à assumer ses missions de service public.

    Pour éviter un tel scénario, la FHF plaide ainsi pour “une stratégie claire, assumée et pluriannuelle” afin de sortir de la gestion à court terme qui fragilise le système de santé. Elle appelle les pouvoirs publics “à la responsabilité” et propose une liste de priorités pour le PLFSS 2025 :

    • le soutien aux missions de l’hôpital public pour réduire le sous-recours aux soins ;
    • une loi de programmation en santé ciblée sur l’investissement public et la recherche ;
    • la révision des modes de régulation de l’Ondam ;
    • la sanctuarisation du financement de l’investissement public ;
    • l’encadrement des centres de soins non programmés ;
    • et enfin, le soutien financier des mesures de réorientation des urgences vers des solutions plus adaptées aux besoins des patients.

    Un plan de sauvetage urgent requis pour les Ehpad :

    La FHF a également alerté sur la situation des Ehpad publics, dont 85 % sont en déficit. Le cumul des déficits pour 2022-2023 atteint 1,3 milliard d’euros, ce qui menace l’existence de nombreuses structures. La FHF demande un plan de sauvetage pour les établissements les plus en difficulté, ainsi qu’une correction des inégalités socio-fiscales avec le secteur privé, mais aussi :

    • la libération de 134 millions d’euros de la réserve prudentielle et l’utilisation des excédents pour soutenir l’investissement ;
    • pour 2025, une augmentation d’au moins 6 % de l’Objectif global de dépenses (OGD) médico-social pour permettre la création de places et d’emplois dans les Ehpad ;
    • et une loi de programmation sur le Grand âge, soulignant l’urgence de créer 50 000 postes dans le secteur d’ici 2030 pour répondre à la transition démographique.

     

  • Prévention : une nouvelle stratégie nationale (170 M€) et un premier AAP lancés

    Vers un système de santé “préventif”

    Avec le plan Innovation Santé 2030, volet santé de France 2030, quatre priorités ont bénéficié d’une stratégie dédiée : biothérapies et bioproduction, maladies infectieuses émergentes et menaces nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques (NRBC), santé numérique et dispositifs médicaux (DM) innovants.

    Lors d’une conférence de presse organisée l’Hôtel de Cassini, le 28 août 2024, des représentants de l’Agence de l’innovation en santé et de différentes autres agences et directions du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, du ministère de la Santé et de la Prévention ainsi que de celui en charge de l’Industrie, sont revenus sur quelques enjeux majeurs pour la santé publique et le système de santé français :

    • 24 millions de patients en France souffrent de maladies chroniques ;
    • 100 000 décès évitables enregistrés chaque année, d’où la nécessité d’agir sur des déterminants de santé (alcoolo-tabagisme, activité physique…) à l’origine des grandes pathologies les plus coûteuses pour l’Assurance maladie ;
    • des évolutions épidémiologiques (vieillissement…) et divers risques environnementaux ;
    • ainsi qu’une recherche d’efficience, de qualité et de performance du système de santé.

    Afin de répondre à ces enjeux, une nouvelle stratégie d’accélération dédiée à l’innovation en prévention est lancée. Avec un premier appel à projets (AAP) qui en découle, elle a pour ambition, non seulement de renforcer l’innovation en santé, mais aussi de transformer le système de santé, passant d’une approche curative à une approche plus préventive, personnalisée, et fondée sur des preuves concrètes

    Une enveloppe de 170 M€ :

    Pilotée par l’Agence de l’innovation en santé, en lien avec les administrations concernées, cette stratégie est dotée de 170 millions d’euros, dans le cadre de France 2030. Elle s’inscrit dans une approche intersectorielle des déterminants de santé des populations, dans leurs différents environnements de vie (école, entreprise, foyer familial, etc.), et visent toutes les cibles démographiques : des enfants aux personnes âgées. Ceci en cohérence avec la vision one health (une seule santé) et les objectifs de santé publique de la stratégie nationale de santé.

    Ce budget se divise en trois parties, correspondant chacune à un des trois axes de la stratégie.

    Une stratégie structurée autour de 3 axes

    La nouvelle stratégie d’innovation en prévention a pour objectif de promouvoir et soutenir le développement de dispositifs innovants dont l’efficacité est démontrée. Cela concerne des produits et technologies au service de la prévention, issus de collaborations entre les trois secteurs : santé, recherche, industrie.

    S’inscrivant “dans l’amont et dans l’aval de la prévention”, elle est structurée ainsi autour de trois axes principaux, afin d’agir tout au long de la chaîne de valeur d’une intervention préventive :

    📌 Axe 1 « Recherche » (50 M€) :

    Dans la logique du “continuum de la recherche” et visant à aider à comprendre l’impact sur la santé des facteurs environnementaux au sens large (chimiques, biologiques, physiques, comportementaux, etc.), à structurer et fédérer la communauté médicale, mais aussi à mieux coordonner les efforts des différents acteurs, cet axe est dédié à la recherche en prévention, notamment au travers d’un programme piloté par l’Inserm et des programmes des équipements prioritaires de recherche (PEPR).

    📌 Axe 2 « Démonstration de la valeur » (100 M€) :

    Opéré par Bpifrance, l’APP « Challenge prévention : démonstration de la valeur des innovations en vie réelle » porte sur l’enjeu d’apporter la preuve que les actions menées sont utiles et de présenter un modèle économique attractif pour le système de santé. Il représente également une opportunité de mobiliser les professionnels de santé hospitaliers et de ville, afin d’être au plus des patients sur les territoires, avec des innovations technologiques accessibles à tous.

    📌 Axe 3 « Industrialisation » (20 M€) :

    Piloté par la Direction générale des entreprises (DGE), cet axe consiste en l’accompagnement et le soutien, via l’AAP « Industrialisation et capacité santé 2030 », de projets visant le développement de technologies innovantes ayant fait leurs preuves, permettant de sécuriser sur le territoire national les filières industrielles d’intérêt dans le domaine de la prévention, notamment dans les domaines du diagnostic et du dépistage.

    Ouverture d’un premier AAP “Challenge prévention”

    Dans le but de mobiliser l’innovation au service de la prévention “afin d’améliorer l’état de santé et la qualité de vie des citoyens, en cohérence avec la Stratégie nationale de santé 2023-2033”, cet AAP est opéré pour le compte de l’État par Bpifrance.

    Grâce à l’enveloppe totale de 100 millions d’euros, les projets retenus seront financés sur une période allant de 12 à 48 mois maximum, pour une assiette de dépenses prévue entre 5 et 10 millions d’euros :

    ➡️ pour les entreprises : la modalité d’attribution de l’aide respecte la répartition forfaitaire suivante :

    • 60 % maximum de l’aide attribuée sous la forme de subventions ;
    • 40 % de l’aide attribuée sous la forme d’avances remboursables ;
    • le montant des avances remboursables ne pourra pas être inférieur à 100 000 euors par partenaire.

    ➡️ pour les établissements de recherche : l’aide sera apportée sous forme de subventions.

    8 enjeux prioritaires de santé publique visés :

    Pour répondre aux enjeux de santé publique identifiés, huit priorités ont été déterminées à la suite d’une concertation interministérielle, en se basant notamment sur :

      • la charge globale de la maladie (global burden of disease) en termes de mortalité, morbidité, etc. ;
      • les principales causes de mortalité en France ;
      • le part des dépenses pour l’Assurance maladie selon son rapport Charges et produits ;
      • ainsi que des priorités politiques (le “réarmement démographique” proposé par le Président de la République).

    Ainsi, à travers la démonstration de la valeur de projets d’envergure, ce dispositif devra permettre de “faire émerger ou identifier des modèles économiques permettant la prise en charge pérenne de la prévention” autour des huit enjeux prioritaires suivants :

    • 1️⃣ la lutte contre l’infertilité ;
    • 2️⃣ la santé de l’enfant ;
    • 3️⃣ la santé mentale ;
    • 4️⃣ la prévention de la perte d’autonomie ;
    • 5️⃣ les maladies chroniques (cancers, diabètes, maladies cardio-neurovasculaires et cardiométaboliques, maladies neurodégénératives …) ;
    • 6️⃣ la promotion des comportements favorables à la santé, éducation à la santé, alimentation, activité physique (incluant l’APA), addictions (tabac, alcool, drogues…), sommeil, écrans, éducation à la vie affective et santé sexuelle ;
    • 7️⃣ la vaccination et la prévention des maladies infectieuses ;
    • 8️⃣ ainsi que les maladies rares et notamment dépistage néonatal et diagnostic des maladies rares.

    3 grandes typologies de projet identifiées :

    Ce dispositif s’adresse à des projets préférentiellement portés par des consortia public-privé, qui proposeront des combinaisons d’innovations (techniques, biotechnologiques, numériques, organisationnelles ou interventionnelles) prêtes à être mises sur le marché. Un périmètre qui concerne donc tout type de DM, DMN et DMDIV, qu’il soit à usage individuel ou collectif, système d’information (SI) ou application, ainsi que les différents types d’interventions : en éducation ou en promotion de la santé.

    Lise Alter, directrice générale de l’AIS, précise que 3 grandes typologies de projet sont identifiées :

    • Des projets qui portent sur une innovation qui s’inscrit dans une organisation connue et éprouvée. Par exemple : l’amélioration de tests de dépistage dans une organisation déjà existante.
    • Des projets qui nécessitent la mise en place d’une nouvelle organisation ou l’évolution d’une organisation existante. Par exemple: un DM de dépistage de maladies qu’on ne dépiste pas encore aujourd’hui.
    • Des projets complexes où l’on agit sur des comportements (alcoolo-tabagisme, activité physique…), nécessitant un temps long, et dont les innovations pourraient permettre de raccourcir ces délais. Par exemple : des données synthétiques.

    Priorité pour la mise en place d’un “parcours prévention” :

    Les projets présélectionnés seront accompagnés d’un protocole détaillé permettant de démontrer la valeur apportée par leurs dispositifs en vie réelle.

    Ils doivent porter sur de l’innovation primaire, secondaire ou tertiaire, avec l’instauration de « parcours de prévention », impliquant divers acteurs de terrain. L’impact à mesurer sera multidimensionnel : sur la population, sur la santé publique et sur le système de santé.

    4 relèves prévues d’ici 2026 :

    L’AAP est officiellement ouvert jusqu’à fin 2028, avec 4 relèves intermédiaires déjà programmées d’ici 2026 :

    • le 10 décembre 2024 à 12h00 ;
    • le 17 juin 2025 à 12h00 ;
    • le 20 janvier 2026 à 12h00 ;
    • et le 16 juin 2026 à 12h00.

    Afin de répondre aux questions des porteurs de projets intéressés et de leur présenter en détail le dispositif, deux webinaires vont être organisés dans les semaines qui viennent, un premier fin septembre et le second dans le courant du mois d’octobre.

    👉 Le dépôt des candidatures pour la première relève sera ouvert du 9 septembre au 10 décembre 2024 à 12h00, sur la plateforme Picxel de Bpifrance.

    👉 Le cahier des charges de l’AAP est disponible sur ce lien.

     

  • Note aux abonnés : bilans de l’été, revue de nos études 2024, prochain RDV du Think Tank (12/09)

    Chers abonnés,

    Nous espérons que vous avez passé de belles vacances ! Après une pause estivale olympique, toute l’équipe de Health & Tech Intelligence est heureuse de reprendre son service pour vous apporter une veille sur les informations et les analyses les plus pertinentes autour de la santé numérique.

    ☀️ Un bilan des fait marquants de l’été 2024

    Le dossier de mercredi 28 août sera exceptionnellement consacré aux “bilans de l’été 2024”. Nous avons ainsi le plaisir de vous proposer une synthèse des faits marquants de l’été avec :

    📌 Les nominations dans le secteur ;

    📌 le résumé des principaux textes publiés au Journal officiel

    📌 la synthèse de rapports institutionnels ;

    📌 et la synthèse des principales annonces institutionnelles internationales.

    Mais encore :

    📌 le bilan des levées de fonds récentes ;

    📌 les opérations récentes du marché ;

    📌 et les partenariats clés conclus autour de la santé numérique.

    📑 Nos études 2024

    En septembre :

    Découvrez dès maintenant les thèmes des prochaines études à paraître chaque mercredi en septembre :

    • le 04/09 : stratégie e-santé et data des Etats-Unis ;
    • le 11/09 : place de la téléconsultation dans le système de santé ;
    • le 18/09 : IA & prévention (étude premium) ;
    • et le 25/09 : numérique et santé des personnes âgées.

    Quelles études H&TI avez-vous ratées en 2024 ?

    22 études déjà publiées, dont 3 études Premium, consacrées à diverses des thématiques innovantes, sont accessibles sous l’onglet DATA sur votre page d’accueil.

    Parmi ces études, vous pourrez toujours (re)lire :

    📆 Le RDV du Think Tank (12/09)

    Nous avons le plaisir de vous inviter au prochain Rendez-vous du Think Tank le  12 septembre, de 8h30 à 10h, à PariSanté Campus :“Innovations en santé, prévention et Santé Publique : quelles convergences aujourd’hui ?”.

    Cet événement, qui s’inscrit dans le cycle de conférences du Think Tank Health & Tech, sera animé par Anne-Marie Armanteras, présidente du Think Tank, et accueillera deux intervenants :

    👉 L’inscription est gratuite pour les membres H&TI – et payante pour les non-membres. Vous pouvez réserver votre place dès maintenant en suivant ce lien.

    Le RDV du Think Tank Health & Tech, le 12/09/2024 à Parisanté Campus
    Le RDV du Think Tank Health & Tech, le 12/09/2024 à Parisanté Campus

    Nous vous remercions pour votre fidélité et restons mobilisés pour vous fournir les informations et les analyses les plus pertinentes autour de la santé numérique.

    Bien cordialement,

    L’équipe H&TI

  • VR : les CH d’Ajaccio et de Bastia déploient la solution de Healthy Mind pour réduire la douleur et l’anxiété des patients

    L’ARS de Corse appuie le projet

    Testée depuis deux ans avec succès dans le service de Réanimation de l’hôpital d’Ajaccio, les casques de réalité virtuelle, fournis par les sociétés Gamida et Healthy Mind, permettent de créer une distraction immersive pour les patients durant divers soins médicaux, allant de la pose de perfusions à la gestion de la douleur. Les environnements immersifs, accompagnés de sons et d’images apaisantes, leur font ainsi vivre une expérience hospitalière moins douloureuse et moins anxiogène.

    Avec le concours de l’ARS de Corse, cette initiative concerne les hôpitaux d’Ajaccio et de Bastia, qui se dotent ainsi d’un casque de réalité virtuelle chacun. Les patients qui le souhaiteront pourront désormais tester ce dispositif afin de diminuer leur stress mais aussi la sensation de douleur avant, pendant ou après un soin médical.

    Un dispositif qui coûte près de 7 000 € :

    Au vu des bienfaits de la solution de Healthy Mind, qui coûte près de 7 000 euros, l’ARS a accepté de mettre deux casques à la disposition des deux hôpitaux corses. La formation du personnel soignant ainsi que le déploiement complet des casques dans les établissements ont été programmés pour cet été.

    Afin de réduire leur état de stress, les casques pourront également être utilisés par les soignants eux-mêmes, dans l’exercice de leur métier. Mais également dans d’autres services hospitaliers, notamment pour les soins palliatifs, les interventions chirurgicales mineures, et les soins pédiatriques. En effet, outre les environnements immersifs du dispositif, les jeux ludiques qu’ils proposent peut aider à sensibiliser plus facilement les enfants. La VR a le potentiel d’induire un état d’hypnose légère, diminuant ainsi la perception de la douleur.

    L’offre de Healthy Mind pour les hôpitaux

    Gamida, une entreprise spécialisée dans le matériel de bloc opératoire, collabore avec la start-up parisienne Healthy Mind pour fournir ces casques de VR. Une technologie marquée CE, conçue spécialement pour l’usage médical et visant à améliorer le bien-être des patients en situation de stress ou de douleur.

    Dispositif médicale de classe I, cette solution combine l’immersion par la réalité virtuelle, l’hypnose médicale et des principes de psychologie avancés afin de réduire la douleur et l’anxiété.

    Composantes de l'offre Healthy Mind - @ Healthy Mind
    Composantes de l’offre Healthy Mind – @ Healthy Mind

    2 options personnalisées proposées :

    Healthy Mind VR propose des offres sur mesure pour accompagner les établissements de santé dans l’intégration complète de son dispositif médical. Ces offres incluent tout le matériel nécessaire ainsi qu’un package de services d’accompagnement dont une formation du personnel utilisateur, une maintenance et des mises à jour régulières.

    Deux options principales sont disponibles pour les établissements de santé :

    • la location : une licence d’utilisation ainsi que tout le matériel nécessaire sont fournis et prêts à l’emploi pour une période d’un an ;
    • et l’achat : une licence d’utilisation valable à vie, permettant un usage illimité du dispositif et un accompagnement pour une durée de trois ans.

    14 études cliniques publiées et une trentaine en cours :

    Healthy Mind rapporte que des “bénéfices sont observés pour différents niveaux d’anxiété et de douleur en complément des soins standards reçus par le patient”. Une efficacité revendiquée dans “des cas d’application très variés”, qui pourrait encourager les soignants à inscrire ce DM dans l’arsenal thérapeutique de divers services médicaux.

    Sur les 14 études publiées, dont la plus récente date de 2024 et porte sur la réduction de l’anxiété dans les soins dentaires (A. Protin et al., Journal of Oral Medicine and Oral Surgery), deux ont été réalisées dans le champ du bloc opératoire :

    📌 Amélioration de l’inconfort des patients gravement atteints à l’aide d’appareils de relaxation électronique (Critical Care, 2022) :

    • réduction significative de l’inconfort global avec l’utilisation de Healthy Mind ;
    • diminution significative de la réponse au stress ;
    • réduction de l’intensité de la douleur de 0,8 points par rapport à la relaxation standard ;
    • diminution de l’anxiété de 0,8 points par rapport à la relaxation standard.

    📌 Efficacité de la réalité virtuelle sur la réduction de l’anxiété et la douleur lors de la chirurgie de la scoliose idiopathique en pédiatrie (SFAR, 2021) :

    • réduction de l’anxiété chez les enfants ;
    • maintien de la réduction de l’anxiété à J+1 et J+4 en postopératoire ;
    • diminution de la consommation médiane de morphine jusqu’à 0,21mg/kg/24h (contre 1,2mg/kg/24h pour le groupe contrôle).