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  • Etude : de quels facteurs dépend l’engagement des enfants et des ados avec la e-santé ?

    La santé plus accessible pour les plus jeunes grâce au numérique ?

    Visant à modifier les comportements et améliorer les résultats de santé, les solutions numérique sont de plus en plus utilisées au service de la santé des plus jeunes. Ayant un potentiel évident d’améliorer l’accès et l’engagement des enfants et des adolescents de plus en plus connectés, ma e-santé présente cependant le risque de creuser le fossé entre les publics qui peuvent accéder à la technologie et sont soutenus pour s’engager dans une démarche de santé numérique et ceux qui ne le sont pas.

    Cette revue systématique se concentre sur l’accès et l’engagement des enfants et des adolescents avec les outils de santé numérique. Ces derniers, à l’image des applications mobiles, des serious games et des plateformes en ligne, sont de plus en plus utilisées pour promouvoir la santé et le bien-être de ces groupes démographiques.

    Les auteurs de l’étude ont inclus des études publiées entre janvier 2010 et août 2022, consacrées aux problématique d’accès et d’engagement des enfants et des adolescents avec les solutions de santé numériques.

    Résultats

    Les résultats de l’étude ont révélé que l’accès des enfants et des adolescents aux outils de santé numérique variait en fonction de plusieurs facteurs, tels que l’âge, le sexe, le niveau d’éducation et l’accès aux technologies. Ainsi :

    • les adolescents sont plus susceptibles d’utiliser ces solutions que les jeunes enfants ;
    • et les garçons semblent être plus enclins à s’engager avec elles que les filles.

     

    En ce qui concerne l’engagement, les résultats ont montré que les enfants et les adolescents étaient plus susceptibles de s’engager avec la e-santé lorsqu’ils étaient motivés par des facteurs tels que :

    • la convivialité de l’interface ;
    • la personnalisation du contenu ;
    • et les incitations ludiques.

     

    Cependant, certains obstacles à l’engagement ont également été identifiés, notamment le manque de temps, de compétences numériques et de soutien parental.

    Des spécificités de l’enfance à prendre en considération :

    Les résultats de cette étude soulignent l’importance de prendre en compte les caractéristiques spécifiques des enfants et des adolescents lors de la conception et de la mise en œuvre de dispositifs de santé numérique. Par exemple, les concepteurs doivent tenir compte des préférences des adolescents en matière d’interface utilisateur et de contenu pour maximiser leur engagement.

    De plus, cette étude met en lumière le besoin de stratégies visant à surmonter les obstacles à l’engagement, tels que le renforcement des compétences numériques chez les enfants et les adolescents et le soutien parental. En intégrant ces considérations dans la conception des solutions de e-santé, les auteurs concluent qu’il est possible d’améliorer leur accessibilité et leur efficacité pour ce groupe démographique sensible.

     

     

    * The Report of Access and Engagement With Digital Health Interventions Among Children and Young People: Systematic Review

    Whitehead L, Robinson S, Arabiat D, Jenkins M, Morelius E

    JMIR Pediatr Parent 2024;7:e44199

    doi: 10.2196/44199PMID: 38231560PMCID: 10831666

  • Numérique et santé de l’enfant : des avancées majeures mais un retard encore à rattraper

    État des lieux de la santé de l’enfant en France : besoins, offres et chiffres clés

    Près de 10 % des enfants souffrent d’asthme et environ 20 000 sont atteints de diabète de type 1 : en France, la pédiatrie fait face à des défis croissants dans la gestion des maladies chroniques chez les enfants, tels que l’asthme, le diabète et la santé mentale. Dans cet article Health and Tech Intelligence présente un état des lieux de la pédiatrie en France.

    👉 Une analyse de tous les chiffres et données collectés est à retrouver ici.

    Etude : de quels facteurs dépendent l’accès et l’engagement des enfants et des jeunes avec la e-santé ?

    Les adolescents plus susceptibles d’utiliser des solutions de santé numérique que les enfants plus jeunes, et les garçons plus enclins à s’engager avec elles que les filles : c’est en tout cas ce que révèle une étude* intitulée “The Report of Access and Engagement With Digital Health Interventions Among Children and Young People: Systematic Review“, publiée en janvier 2024 dans le JMIR Pediatric and Parenting.

    👉 Une synthèse des résultats de cette revue systématique est accessible via ce lien.

    Pédiatrie : l’application Malo offerte à 200 familles en Sarthe

    Améliorer l’accès aux soins et la qualité du suivi santé des enfants, tel est l’objectif de la commune sarthoise de Champagné, qui offre à 200 familles résidant sur son territoire l’application Malo. Cette solution permet de suivre en temps réel vaccination, consultations et conseils médicaux personnalisés, afin de renforcer le suivi de la santé des familles.

    👉 Retrouvez ici l’article H&TI consacré à ce sujet.

    Le numérique, levier d’amélioration des soins pédiatriques ? (Financements et orientations stratégiques)

    Historiquement sous-représentée dans l’innovation de santé, l’innovation dans le champ de la santé de l’enfant commence à attirer de plus en plus d’investissements aux USA. Des recommandations de Rock Health pour innover dans ce domaine aux orientations des assises de la pédiatrie : le numérique peut-il être un levier pour améliorer les soins pédiatriques ?

    👉 Les détails de cet article sont à consulter en suivant ce lien.

    Cartographie des acteurs de l’écosystème de la santé de l’enfant en France :

    Acteurs du soin, associations, syndicats, acteurs de la prévention… De nombreux acteurs interviennent dans le réseau complexe et interconnecté de la pédiatrie, chacun ayant un rôle et des missions spécifiques. Cet article explore l’articulation de ces différent intervenants dans l’écosystème français et propose une cartographie des principaux acteurs impliqués.

    👉 Découvrez notre analyse des acteurs de la pédiatrie en France ici.

    Cartographie des solutions numériques au service de la pédiatrie en France :

    Gestion du parcours de soin, accompagnement de la vie quotidienne, du développement de compétences et de connaissances, aide à la décision et au diagnostic… Dans cette cartographie qui recense au moins 32 solutions numériques dédiées, le “serious game” se démarque comme un moyen efficace d’intervention chez l’enfant.

    👉 Un panorama des solutions recensées par H&TI est à découvrir sur ce lien.

     

  • Santexpo : « la transition de l’IA classifiante à l’IA générative change l’univers des possibles pour l’hôpital » (Dr Morquin, CHU de Montpellier)

    4 axes d’intégration de l’IA dans un CHU

    Quelle est la démarche du CHU de Montpellier pour réussir une intégration fonctionnelle de l’IA ? Et qu’en est-il la Gen AI ?

    Quand on parle d’IA dans un CHU, il est essentiel de distinguer ses domaines d’application car les besoins qu’ils impliquent, surtout en termes de compétences diffèrent. Le traitement des données médicales, par exemple, nécessite des approches spécifiques et des mesures de sécurité rigoureuses différentes de celles des ressources humaines ou des achats. De plus, chaque domaine a ses propres enjeux et défis.

    Un premier axe se concentre sur l’exploitation des données. Il s’agit de comprendre comment enrichir les données disponibles et améliorer leur qualité, notamment grâce à l’exploitation des données textuelles par les techniques de traitement automatisé du langage (NLP). L’objectif est d’exploiter ces données pour le pilotage stratégique et la valorisation d’une part, et pour la recherche clinique et le partage de données rares d’autre part. Un autre objectif est de développer des approches de médecine personnalisée et prédictive.

    Le deuxième axe concerne les outils de traitement de l’information au quotidien du travail des soignants. Nous devons réfléchir aux outils qui permettent une meilleure saisie et visualisation des informations. Par exemple, la reconnaissance de voix associée à un traitement par l’IA en mobilité peut grandement améliorer l’efficacité des professionnels de santé, en facilitant l’acquisition mais aussi la structuration et l’organisation des données.

    Le troisième axe porte sur la productivité individuelle en dehors des activités cliniques. Il est indispensable de former et d’équiper les professionnels de santé pour qu’ils puissent utiliser l’IA générative dans leur travail quotidien. Cela inclut la gestion de projets, la rédaction d’articles scientifiques, la conception de formations et d’autres tâches importantes qui ne sont pas directement liées aux soins, mais qui sont essentielles au bon fonctionnement de l’hôpital.

    Le dernier axe se focalise sur l’assistance à gestion hospitalière. Cela inclut des domaines comme les achats, les finances, la logistique, la planification des ressources et la décarbonation. L’IA peut y apporter des améliorations significatives en optimisant les processus et en réduisant les coûts.

    Au CHU de Montpellier, nous avons déjà réalisé une première grande transformation. Un poste de directeur médical en charge de la stratégie de gouvernance des données a été formalisé pour permettre d’assurer une cohérence, une mutualisation et un alignement de toutes les ressources.

    Des modèles économiques encore à construire

    Quels seraient les freins au passage à l’échelle de solutions d’IA au CHU et comment les lever ?

    De manière général en France, l’hôpital fait face à des défis financiers majeurs, qui rendent très difficile les investissements qui seraient nécessaires pour ces technologies. Afin de pouvoir expérimenter et valider ces innovations, il faut aller chercher des financements auprès de l’industrie ou de l’État. Les besoins concernent les compétences dans toute l’ingénierie logicielle pour entrainer et adapter des modèles d’IA mais aussi les infrastructures d’hébergement et les solutions permettant de réaliser des calculs haute performance, ce qui est indispensable pour garantir la souveraineté du traitement des données et diminuer notre dépendance vis-à-vis des prestataires externes.

    Pour autant, la multiplication et la diversification des partenariats sont essentielles pour un CHU tant les besoins de nouveaux métiers en lien avec ces technologies sont forts. Nous travaillons avec différents acteurs, comme Microsoft, pour bénéficier de leurs services tout en essayant de contrôler les coûts et d’assurer une certaine indépendance. Nous venons, par exemple, d’annoncer un nouveau partenariat de mécénat avec Dell pour des infrastructures de calcul haute performance.

    Comment ces nouvelles technologies devront-elles être financées et quels sont, selon vous, leurs modèles économiques les plus pertinents ?

    Les modèles économiques restent à inventer et de nombreuses questions vont se poser : qui paiera le coût de ces technologies ? Le remboursement par l’Assurance maladie, qui représente la grande majorité des recettes d’un hôpital, ne prendra pas en considération ces coûts sans un processus très long d’évaluation du service médical rendu. Si les bénéfices deviennent évidents, qui garantira l’équité d’accès aux soins et l’absence de perte de chance ? Enfin les coûts d’usage sont à ce jour très difficiles à évaluer car nous sommes dans une situation instable avec une évolutivité majeure.

    L’intégration de l’IA dans les hôpitaux nécessite une approche multifacette, incluant l’exploitation des données, l’amélioration des outils de traitement de l’information, l’augmentation de la productivité individuelle et l’optimisation des processus de gestion. Pour réussir cette transformation, il est crucial de trouver les financements adéquats, de former les professionnels et de développer des partenariats stratégiques.

    La Gen AI pour réinventer l’hôpital de demain

    Quelles seraient les transformations nécessaires de l’hôpital pour bénéficier de ces technologies ?

    Nos systèmes de santé travaillent depuis plus de 40 ans avec la Pharma, et depuis plus de 20 ans avec les éditeurs de logiciels en santé. Nous avons maintenant quelques années pour trouver la bonne façon de travailler avec les nouveaux entrants que sont les acteurs de l’IA au sein du monde des technologies de l’information.

    A court terme, nous devons nous concentrer sur l’acculturation et la formation précoce des professionnels de santé et sur l’identification de filières universitaires spécialisées pour préparer les futures générations à ces transformations. Si ces questions ne sont pas anticipées, le risque est de se retrouver face à un système construit par des acteurs différents (par les Gafam notamment, avec des biais dans les modèles de données, dans les valeurs intégrées dans les algorithmes et le fonctionnement de l’IA) de ceux qui l’utilisent, créant des incohérences à long terme. Nous devons également valoriser les compétences indispensables à cette transition. Cela pourrait nécessiter des changements législatifs pour reconnaître officiellement ces rôles et intégrer ces compétences dans les fiches de poste des professionnels de santé.

    Pour l’hôpital de demain, l’intégration de technologies de plus en plus puissantes et intelligentes pose des défis à tous les niveaux : stratégique, opérationnel et individuel. Il y a une certaine difficulté à appréhender de façon collective la transformation que cela impliquera. Les dernières publications soulèvent de nombreuses questions sur l’évolution de la médecine, notamment avec l’IA multimodale qui combinera l’imagerie, les dossiers médicaux et la génétique pour définir et surveiller des stratégies de prise en charge. L’hôpital devra évoluer lorsque ces innovations prouveront leur efficacité et leur supériorité par rapport aux dispositifs actuels. Par ailleurs, nous n’avons pas encore mesuré la transition entre l’IA classifiante que nous connaissons depuis une quinzaine d’année, qui justifie un apprentissage sur un grand volume de donnée pour accomplir une ou deux tâches, et l’IA générative dont les modèles, une fois entraînés, peuvent réaliser un nombre illimité de tâches, ce qui change profondément l’univers des possibles et les conséquences pour les hôpitaux. Je ne pense pas que nous puissions nous contenter d’être de simples spectateurs. Nous devons, au contraire, mettre en œuvre intelligemment ces innovations pour en tirer pleinement parti.

     

  • IA et excellence opérationnelle : quel impact sur l’organisation et l’évolution des personnels de santé ? (état des lieux, entretiens, panorama des cas d’usage et des solutions…)

    Analyses

    📌 État des lieux des besoins des établissements et des métiers en mutation

    Une étude de la Brookings institution estime que l’intelligence artificielle peut effecteur 40 % des tâches non cliniques dans les hôpitaux et 33 % des tâches cliniques à la place des employés. Avec la progression de l’IA et de son utilisations dans les hôpitaux, la manière de travailler de leurs employés est sur le point de changer et de nouveaux emplois risquent de voir le jour prochainement.

    👉 A consulter en suivant ce lien.

    📌 Etude : une révolution organisationnelle et opérationnelle à l’ère de la “santé 4.0”

    L’intégration des technologies de l’industrie 4.0 et des principes d’excellence opérationnelle dans le secteur de la santé le transforme en profondeur. Une revue systématique, publiée en septembre 2023 dans l’International Journal of Lean Six Sigma, examine les recherches actuelles sur la relation entre l’excellence opérationnelle dans les établissements de soins et la “santé 4.0”.

    Cette revue de la littérature sur l’interface entre les nouvelles technologies et l’excellence opérationnelle offre un cadre conceptuel à la transformation numérique du secteur, tout en insistant sur la nécessité d’une recherche continue pour maximiser les bénéfices des innovations technologiques dans les établissements de santé. L’IA et l’automatisation offrent un potentiel énorme pour transformer les services de soins, mais leur réussite repose sur une mise en œuvre réfléchie et une gestion attentive des changements qu’elles induisent.

    👉 A consulter en suivant ce lien.

    📌 USA : en quoi consiste l’agent conversationnel pour le standard téléphonique de Parlance ?

    Permettre aux patients d’être orienté plus rapidement vers le bon service lorsqu’ils appellent un établissement de santé, tout en réduisant l’effort des équipes hospitalières et les coûts pour l’établissement : telle est l’ambition de la solution d’intelligence artificielle (IA), développée par Parlance, qui redirige les patients automatiquement vers le bon professionnel hospitalier.

    👉 A consulter en suivant ce lien.

     

    Entretiens

    📌 Hichame Chehade (Optacare) : 2 cas d’usage de l’IA pour améliorer l’excellence opérationnelle dans les hôpitaux

    Améliorer l’efficacité des processus et optimiser la gestion des flux et des ressources grâce à des solutions d’intelligence artificielle (IA) d’excellence opérationnelle : dans un entretien exclusif, Hicham Chehade, CEO d’Optacare, nous présente des cas d’usage démontrant comment ces solutions répondent aux défis opérationnels dans les services d’urgence et pour la gestion des stocks.

    Avec ses solutions organisationnelles, Predict et Stock, Optacare est un acteur de l’excellence opérationnelle dans les hôpitaux français. Pour Health & Tech Intelligence, Hicham Chehade présente deux cas d’usage de l’IA dans des établissements comme le CHRU de Nancy et l’hôpital de Troyes, démontrant ainsi le potentiel et les bénéfices concrets pour la gestion et l’efficience des établissements de santé. L’entreprise, dont le siège social est situé à la Technopole de l’Aube en région Grand Est, est présente au salon Santexpo (21-23 mai 2024), au stand H47, hall 7.2.

    👉 A consulter en suivant ce lien.

    📌 Guillaume Mercy (Fonds FHF) : « Favoriser les collaborations entre start-ups et établissements »

    Pilotage et gestion des établissements, grand âge, handicap, santé mentale… Au total, 8 thématiques sont mises à l’honneur à l’Espace Innovation du Fonds FHF, lors du salon Santexpo (21-23 mai 2024). Dans un entretien exclusif, Guillaume Mercy, directeur du Fonds FHF, nous parle de la démarche et des objectifs de cet espace, présenté comme un “lieu de référence pour découvrir des solutions novatrices” du secteur de la santé.

    “Dans la catégorie pilotage et gestion des établissements, nous avons privilégié le prisme de la transition écologique. Cela répond à des enjeux actuels tels que la réduction des coûts énergétiques pour les établissements de santé, qui sont de gros consommateurs d’énergie. Des solutions comme le générateur d’oxygène sur place permettent de réduire l’importation d’oxygène et donc de diminuer le bilan carbone, bien que cela puisse augmenter la consommation énergétique locale.”

    👉 A consulter en suivant ce lien.

     

    Cartographies

    📌 Panorama des cas d’usage de l’IA au service de l’excellence opérationnelle à l’hôpital

    82 % des cas d’usage de l’intelligence artificielle (IA) au service de l’excellence opérationnelle dans les hôpitaux sont destinés à la gestion des flux, des ressources et des processus. Tandis que la gestion médico-économique, financière et des achats représente les 18 % restants. Dans cet article, un panorama de 22 cas d’usage et un guide stratégique de priorisation pour les établissements.

    👉 Le panorama des cas d’usage répertoriés est accessible ici.

    📌 Cartographie des solutions d’IA au service de l’excellence opérationnelle dans les établissements de santé

    Avec 66 solutions recensées, dédiées à des tâches administratives, à la logistique ou aux ressources humaines, l’intelligence artificielle (IA) se démarque comme un atout prometteur au service de l’excellence opérationnelle. Confrontés à des défis sans cesse croissants, les établissements de santé cherchent constamment à optimiser leurs opérations et à accroître leur efficacité.

    👉 La cartographie H&TI des solutions repérées est accessible ici.

    📌 Comment identifier les axes prioritaires d’excellence opérationnelle pour un établissement de santé ?

    L’adoption de l’intelligence artificielle (IA) représente un virage stratégique majeur. Pourtant, choisir les bons projets d’IA et les bonnes solutions à déployer pour améliorer l’excellence opérationnelle de son établissement nécessite un arbitrage méticuleux basé différents critères clés. Ces derniers contribuant à évaluer la faisabilité et l’impact potentiel de chaque initiative.

    👉 Les 4 critères de priorisation proposée par H&TI sont à retrouver ici.

     

    Communauté

    📢 Participez à la discussion

    Un groupe de discussion H&TI est dédié à la thématique de l’excellence opérationnelle : actualité, retours d’expérience, questions, échange… N’hésitez pas à rejoindre la conversation, en suivant ce lien.

     

  • Comment identifier les axes prioritaires d’excellence opérationnelle pour un établissement de santé ?

    4 critères principaux proposés

    L’intégration de l’IA dans les systèmes d’information des établissements de santé est cruciale pour réussir leur évolution vers une excellence opérationnelle. Elle nécessite une sélection minutieuse des projets basée sur 4 critères :

    ➡️ La maturité d’un cas d’usage se mesure à travers les trois critères suivants : son niveau d’adoption, son degré d’intégration dans les pratiques établies et sa stabilité à long terme.

    ➡️ La complexité de mise en œuvre dépends des compétences requises, de l’organisation interne, des technologies nécessaires, de l’architecture du système, ainsi que des coûts et délais associés à sa mise en œuvre.

    ➡️ Le retour sur investissement englobe divers aspects tels que : l’amélioration de la qualité des soins, l’amélioration des conditions de travail, la performance globale, l’augmentation de l’activité et la réduction des coûts opérationnels.

    ➡️ L’utilité de ces initiatives se mesurent à leur capacité à répondre aux besoins spécifiques, objectifs stratégiques ainsi qu’à leur capacité à générer des avantages tangibles et durables pour l’ensemble des parties prenantes.

    🔎 Point sur la maturité des solution

    La maturité de ces solutions destinées à l’excellence opérationnelle en santé varie, mais beaucoup de ces technologies sont en phase avancée de développement et d’adoption :

    • les systèmes de gestion des ressources humaines et les solutions logistiques montrent une maturité élevée avec des preuves tangibles de leur efficacité ;
    • les solutions administratives, bien qu’avancées, continuent de bénéficier d’améliorations pour atteindre une adoption plus large et une performance optimale.

     

    Les établissements de santé qui investissent dans ces technologies innovantes peuvent s’attendre à des gains substantiels en termes d’efficacité opérationnelle et de qualité des soins.

     

  • Etude : une révolution organisationnelle et opérationnelle à l’ère de la « santé 4.0 »

    Les opérations et les organisations transformées

    L’excellence opérationnelle vise à améliorer les processus organisationnels pour atteindre une efficacité maximale. Dans le secteur de la santé, cela inclut l’optimisation des chaînes d’approvisionnement, la gestion des flux de travail et l’amélioration de la qualité des soins aux patients. L’Industrie 4.0 introduit des technologies avancées telles que les objets connectés (IoT), l’intelligence artificielle (IA), la robotique, et la blockchain dans les systèmes de santé, transformant ainsi la manière dont les opérations sont menées et comment les services sont gérés.

    Les auteurs ont réalisé une revue systématique de 102 documents publiés entre 2011 et 2022, provenant de la base de données Scopus. En plus des tendances de publication et de la répartition géographique des recherches, leur analyse a permis d’identifier quatre clusters thématiques et de proposer des orientations pour de futures recherches.

    Résultats

    La recherche sur l’excellence opérationnelle et la santé 4.0 a connu une croissance significative, bien que certaines régions du monde soient sous-représentées.

    • La majorité des publications proviennent d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Asie, tandis que l’Afrique et l’Amérique du Sud sont moins représentées :
    Distribution géographique des publications - @ Detwal et al. (2023)
    Distribution géographique des publications – @ Detwal et al. (2023)
    • Les publications ont augmenté de manière exponentielle après 2015, illustrant un intérêt croissant pour le sujet :
    Tendances des publications sur le numérique et l'excellence opérationnelle entre 2011 et 2022 - @ Detwal et al. (2023)
    Tendances des publications sur le numérique et l’excellence opérationnelle entre 2011 et 2022 – @ Detwal et al. (2023)

    Clusters thématiques identifiés :

    📌 Technologies et outils :

    • L’IA est principalement utilisée pour l’analyse prédictive, l’aide à la décision et l’automatisation des processus cliniques.
    • L’IoT permet la surveillance à distance des patients et la gestion des dispositifs médicaux.
    • La blockchain assure la sécurité et la transparence des données de santé.

     

    📌 Défis organisationnels :

    • La résistance au changement, le manque de formation et les préoccupations en matière de confidentialité sont des obstacles majeurs à l’intégration de nouvelles technologies dans les systèmes existants.
    • Les organisations doivent adapter leurs structures et processus pour tirer pleinement parti des technologies H4.0.

     

    📌 Impact sur les soins :

    • Les technologies numériques contribuent à des diagnostics plus précis, une meilleure gestion des maladies chroniques et une réduction des erreurs médicales.
    • Elles permettent également une personnalisation accrue des soins et une meilleure satisfaction des patients.

     

    📌 Cadres théoriques :

    • Les cadres proposés incluent des modèles d’évaluation de l’impact technologique et des stratégies de gestion du changement.
    • Ces cadres aident les décideurs à planifier, mettre en œuvre et évaluer les initiatives de transformation numérique.

     

    Des implications théoriques et managériales

    ➡️ Sur le plan théorique :

    • Il est crucial de développer des méthodologies robustes pour évaluer l’impact des nouvelles technologies sur l’excellence opérationnelle.
    • L’accent doit être mis sur la recherche interdisciplinaire pour combiner des perspectives technologiques et organisationnelles.

     

    ➡️ Sur le plan managérial :

    • La communication efficace et la transparence sont essentielles pour surmonter la résistance au changement.
    • Les dirigeants doivent investir dans la formation continue et le développement des compétences pour préparer le personnel aux nouvelles technologies.
    • Il est également recommandé de mettre en place des systèmes de retour d’information pour évaluer et améliorer continuellement les processus.

     

    Cette revue de la littérature sur l’interface entre les nouvelles technologies et l’excellence opérationnelle offre un cadre conceptuel à la transformation numérique du secteur, tout en insistant sur la nécessité d’une recherche continue pour maximiser les bénéfices des innovations technologiques dans les établissements de santé. L’IA et l’automatisation offrent un potentiel énorme pour transformer les services de soins, mais leur réussite repose sur une mise en œuvre réfléchie et une gestion attentive des changements qu’elles induisent.

     

     

    * Revolutionizing healthcare organizations with Operational Excellence and Healthcare 4.0: a systematic review of the state-of-the-art literature

    Pankaj Kumar Detwal, Rajat Agrawal, Ashutosh Samadhiya, Anil Kumar, Jose Arturo Garza-Reyes

    International Journal of Lean Six Sigma, 28 Septembre 2023

    ISSN: 2040-4166

     

  • Ségur du numérique : entrée en vigueur des dispositifs DPI et PFI de la vague 2

    De nouveaux horizons pour le Ségur du numérique

    La vague 2 du programme Ségur s’annonce comme une extension ambitieuse de la première qui l’a précédée, avec des objectifs encore plus ambitieux. Elle vise ainsi à :

    • simplifier l’accès aux données médicales via Mon Espace Santé pour les professionnels ;
    • faciliter l’intégration des documents médicaux via la messagerie MSSanté ;
    • renforcer la cybersécurité des infrastructures informatiques ;
    • optimiser des pratiques cruciales telles que la qualification de l’identifiant national de santé (INS) et l’alimentation systématique du dossier médical partagé (DMP) ;
    • et élargir le spectre des logiciels concernés à trois nouvelles spécialités : Sage-femme, Chirurgien-dentiste, et Paramédical.

     

    L’Agence du numérique en santé (ANS) précise que cette nouvelle phase ne requiert pas nécessairement d’avoir été référencé dans la Vague 1 pour participer, mais elle exige le respect des normes techniques et fonctionnelles établies dans cette première étape.

    2 dispositifs pour les logiciels des établissements de santé

    Concernant le dispositif DPI du Couloir Hôpital :

    L’arrêté du 16 mai 2024 relatif à un programme de financement destiné à encourager l’équipement numérique des structures hospitalières, fonction « dossier patient informatisé » (DPI), explique que les opérateurs informatiques ayant conclu une convention peuvent prétendre à un financement pour la réalisation d’opérations informatiques au profit de professionnels, d’établissements ou de services éligibles.

    Les bénéficiaires de l’opération informatique doivent respecter les règles applicables lors de la commande de cette opération à l’opérateur informatique. L’arrêté souligne par ailleurs que la résiliation de la convention entraîne automatiquement la perte du droit d’accès au programme de financement pour l’opérateur éditant la solution logicielle et pour tout distributeur de cette solution.

    Calendrier du dispositif DPI Vague 2 :

    • Dépôt du dossier administratif à l’ANS : possible jusqu’au 19/11/2024 à 12h
    • Dépôt d’un dossier complet de preuves de conformité : possible jusqu’au 18/06/2025 à 12h
    • Echanges avec l’ANS pour validation du dossier de référencement : possible jusqu’au 17/09/2025 à 12h
    • Dépôt des demandes de financement et de paiement de l’avance : possible jusqu’au 17/12/2025 à 12h
    • Réalisation des Prestations Ségur de mise à jour DPI Vague 2 : possible jusqu’au 17/06/2026 à 12h
    • Dépôt des demandes de paiement du solde : possible jusqu’au 16/09/2026 à 12h

     

    Concernant le dispositif PFI du Couloir Hôpital :

    L’arrêté du 16 mai 2024 établit également un programme de financement pour promouvoir l’équipement numérique des structures hospitalières dans le cadre de la fonction « plateforme d’intermédiation » (PFI).

    Ce programme vise à encourager la mise à jour des logiciels PFI des structures hospitalières. Les financements seront attribués aux opérateurs publics et privés du développement numérique en santé, en échange d’opérations informatiques bénéficiant aux structures hospitalières. L’ANS gérera ces financements selon des critères définis dans l’arrêté, “sans favoritisme ni exclusivité”.

    Les principales dispositions de l’arrêté comprennent la définition des exigences pour les logiciels, les modalités de référencement, les conventions entre les opérateurs et l’ANS, ainsi que les conditions de contrôle et de sanctions en cas de non-respect des engagements. L’ANS assurera la gestion technique, administrative et financière du programme, rendant compte régulièrement à l’État. Les documents associés à cet arrêté sont disponibles sur ce lien.

    Calendrier du dispositif DPI Vague 2 :

    • Dépôt du dossier administratif à l’ANS : possible jusqu’au 19/11/2024 à 12h
    • Dépôt d’un dossier complet de preuves de conformité : possible jusqu’au 19/03/2025 à 12h
    • Echanges avec l’ANS pour validation du dossier de référencement : possible jusqu’au 18/06/2025 à 12h
    • Dépôt des demandes de financement et de paiement de l’avance : possible jusqu’au 17/09/2025 à 12h
    • Réalisation des Prestations Ségur de mise à jour DPI Vague 2 : possible jusqu’au 18/03/2026 à 12h
    • Dépôt des demandes de paiement du solde : possible jusqu’au 17/06/2026 à 12h

     

  • Santexpo : « Favoriser les collaborations entre start-ups et établissements » (G. Mercy, Fonds FHF)

    Rassembler et inspirer décideurs et professionnels de la santé

    Pourriez-vous d’abord nous parler de la démarche du Fonds FHF en termes d’innovation à travers cet Espace dédié à Santexpo ?

    Cela fait trois ans que nous mettons en avant les innovations à Santexpo. En 2022, nous avons commencé par les blocs opératoires avec six innovations dédiées. L’année dernière, nous avons consacré l’espace à “l’hôpital de demain” avec dix-sept thématiques regroupant chacune quatre ou cinq solutions, couvrant tout le parcours d’un patient. Cette année, nous continuons à promouvoir l’innovation, en élargissant notre focus pour inclure les établissements innovants, et en changeant les modalités de sélection, avec  des auditions réalisées par un jury d’experts pour identifier 3 solutions finalistes, les plus pragmatiques, dans chacune des huit catégories retenues, pour annoncer le lauréat de chaque catégorie durant le salon.

    L’Espace Innovation s’étend sur une surface de 910 m², incluant une zone institutionnelle, un bloc opératoire et des zones d’exposition pour les huit thématiques. Par exemple, pour le bloc opératoire, nous présenterons des solutions telles que des robots chirurgicaux et des systèmes de gestion vidéo. La zone institutionnelle regroupera des sponsors et partenaires tels que l’Agence de l’innovation en santé (AIS), l’Agence du numérique en santé (ANS), UniHA, France Biotech, etc.

    Les 8 catégories sélectionnées pour Santexpo 2024 :

    (Les solutions retenues pour chaque catégories sont à retrouver à la fin de cet article.)

    Grand âge : cette catégorie inclut toutes les solutions répondant aux besoins spécifiques des personnes âgées, visant à améliorer leur qualité de vie, leur prise en charge médicale et leur bien-être général.
    Handicap : cette catégorie regroupe les solutions destinées à améliorer l’autonomie, l’inclusion sociale et la qualité de vie des personnes en situation de handicap.
    Santé de la femme : les solutions de cette catégorie se concentrent sur l’amélioration de la santé et du bien-être des femmes, en proposant des innovations axées sur la prévention, le diagnostic et le traitement des problématiques spécifiques aux femmes.
    Santé mentale & neurosciences : cette catégorie met en avant les innovations pour le diagnostic, le traitement et le soutien des troubles mentaux, ainsi que les initiatives prometteuses dans le domaine des neurosciences.
    Radiologie & imagerie : les solutions de cette catégorie présentent des avancées technologiques significatives, des méthodes diagnostiques novatrices et des solutions visant à améliorer la précision et l’efficacité des examens d’imagerie médicale.
    Pharmacie et biologie : cette catégorie concerne les solutions liées à la distribution pharmaceutique, la gestion des traitements, les diagnostics biologiques, les nouvelles thérapies et toute initiative visant à améliorer l’efficacité et la sécurité des interventions pharmaceutiques.
    Transition écologique et gestion de l’établissement : cette catégorie regroupe les solutions facilitant le pilotage et la gestion des établissements de santé, en mettant l’accent sur la transition écologique et les pratiques durables.
    Coordination territoriale (lien ville-hôpital / responsabilité populationnelle) : cette catégorie englobe toutes les solutions permettant de gérer la santé d’une population à l’échelle d’un territoire, tout en favorisant le développement du lien entre la ville et l’hôpital.

    L’enjeu du pilotage et de la gestion des établissements

    Parmi les 8 catégories choisies cette année, on retrouve celle concernant le pilotage et la gestion de l’établissement, mais sous le prisme de la transition écologique spécifiquement. Pourquoi avoir choisi cet angle et quel est son importance aujourd’hui au sein des établissements de soins ?

    Dans la catégorie pilotage et gestion des établissements, nous avons privilégié le prisme de la transition écologique. Cela répond à des enjeux actuels tels que la réduction des coûts énergétiques pour les établissements de santé, qui sont de gros consommateurs d’énergie. Des solutions comme le générateur d’oxygène sur place permettent de réduire l’importation d’oxygène et donc de diminuer le bilan carbone, bien que cela puisse augmenter la consommation énergétique locale.

    Parmi les candidatures reçues, il y avait aussi des solutions non centrées sur la transition écologique, comme Apitrak, qui utilise la géolocalisation pour gérer le matériel des établissements de santé. La gestion des plannings et des flux reste un besoin essentiel, mais le déploiement de nouvelles solutions peut être complexe à cause des processus actuels et des résistances au changement. Pourtant, le bénéfice de ce type de solution n’est pas centré que sur les établissements, mais concerne aussi la qualité de vie des professionnels et des patients, et donc la qualité de soins.

    Un lieu de rencontre et de partage

    Quels sont les objectifs stratégiques de l’Espace Innovation, cette année ?

    Notre objectif est de faire découvrir un maximum d’innovations à tous les professionnels du secteur, qu’ils soient directeurs d’établissements, médecins, paramédicaux ou d’autres fonctions supports. Nous voulons montrer que l’innovation ne se limite pas au champ médical mais s’étend à toute l’organisation des établissements de santé. Cette année, nous mettons à l’honneur des thématiques souvent oubliées comme le grand âge, le handicap et la santé mentale, mais aussi d’autres thématiques très importantes comme la pharmacie, la radiologie et la coordination territoriale.

    Nous organisons sur le stand de l’Espace plusieurs événements, dont une chirurgie cardiaque en live, avec plusieurs start-ups et un chirurgien, pour parler de la question de l’urgence et de la gestion de l’urgence. Se tiendront également des cérémonies de remise de trophées et des agoras sur divers sujets comme la robotique et le management de l’innovation.

    Par ailleurs, les centres d’innovation se relaieront, l’objectif étant de permettre à différents établissements de santé de promouvoir leurs initiatives aux visiteurs de l’espace thématique. Et pour les start-ups, un espace “camp fire” est mis à leur disposition pour qu’elles puissent présenter leurs solutions et échanger avec les établissements de santé. Nous espérons que l’espace innovation sera un lieu de rencontre et de partage, favorisant les collaborations entre start-ups et établissements de santé. L’objectif est de voir émerger des projets concrets grâce aux rencontres faites sur notre espace.

    Les finalistes de l’Espace Innovation 2024

     

    La liste des 24 solutions sélectionnées par le Fonds FHF pour l'Espace Innovation de Santexpo 2024
    La liste des 24 solutions sélectionnées par le Fonds FHF pour l’Espace Innovation de Santexpo 2024 – @ Fonds FHF

     

  • Recherche clinique : vers un encadrement des nouvelles méthodologies (GT AIS/F-Crin)

    Des méthodologies alternatives ou complémentaires

    Avec l’augmentation des données cliniques et le développement de l’intelligence artificielle (IA) et des traitements personnalisés, les essais cliniques pourraient bénéficier de nouvelles méthodologies de recherche. L’AIS et l’infrastructure de recherche clinique, F-Crin, travaillent à définir leur cadre d’utilisation : elles publient ainsi les premiers résultats de leurs groupes de travail ainsi que leurs deux premiers rapports. Elles annoncent par ailleurs une phase opérationnelle à venir pour évaluer ces nouvelles méthodologies et un colloque international, le 24 juin au CHU de Lille, durant lequel ces réflexions seront discutées (plus de détails dans ce agenda H&TI).

    Afin d’obtenir des informations supplémentaires, la recherche clinique utilise de plus en plus des méthodologies alternatives ou complémentaires aux essais contrôlés randomisés. De nombreux outils et méthodes, déjà disponibles, ont le potentiel d’accélérer le développement des produits de santé, notamment dans les domaines où la preuve d’efficacité est difficile à obtenir (maladies rares, antibiorésistance…) ou lorsque les essais classiques sont complexes (pédiatrie, personnalisation génétique…).

    De quelles nouvelles méthodologies parle-t-on ?

    Les nouvelles méthodologies recouvrent à la fois de nouvelles façons de concevoir et de réaliser les essais cliniques :

    📌 Pour la conception des essais :

    • l’extension du recours aux designs modernes avec des méthodologies adaptatives telles que les essais “baskets” ou “umbrella”, les essais plateforme (ou pérennes), les essais combinés, etc. ;
    • l’utilisation des données de vie réelle (RWD) notamment issues des registres, cohortes, entrepôts de données de santé, etc. ;
    • et des essais dits in silico via le recours aux modélisations de processus biologiques et la mise en place des bras de contrôle synthétiques.

    📌 Pour la réalisation des essais :

    Ces nouvelles méthodologies sont censées fixer également des objectifs opérationnels pour des essais cliniques décentralisés (DCT), qui “peuvent nécessiter des adaptations en matière de suivi, de circuits ou de réglementation”, dans le prolongement des travaux menés par la Commission nationale pour les recherches impliquant la personne humaine (CNRIPH) sur le sujet.

    Résultats des premiers travaux

    Les premiers résultats d’analyse et éléments de recommandation des groupes de travail de l’AIS et de F-Crin sont synthétisés dans deux documents publiés le 16 mai 2024 :

     

    En plus de ces travaux, une phase plus opérationnelle est annoncé pour bientôt. Son objectif sera de faciliter et d’encadrer le déploiement des nouvelles approches méthodologiques en question, afin de garantir l’efficacité et la sécurité des patients.

     

    Un AMI en préparation pour le suivi de cas pilotes :

    Si ces publications définissent les nouvelles méthodologies et recommandations pour l’utilisation des données de santé, la mise en œuvre opérationnelle de ces dernières reste limitée. L’AIS annonce qu’un appel à manifestation d’intérêt (AMI) est en préparation afin de suivre des “cas pilotes” de démonstration. Ceux-ci permettront de définir le niveau de preuve, les modalités d’utilisation et d’évaluation de ces nouveaux outils et approches.

     

    Les 18 recommandations du groupe de travail (GT) “Données”

    Selon le rapport, les 18 recommandations sur l’utilisation des données de vie réelle dans la recherche, présentées dans la publication du du GT AIS/F-Crin, sont divisés suivants 6 axes et “n’ont d’intérêt que si elles sont suivies d’effet et effectivement appliquées”. Elles mettent l’accent sur l’importance des bases de données existantes, leur qualité, leur interopérabilité, et leur utilisation.

    Axe 1 – Référencer et documenter les bases de données existantes :

    1. Identifier et référencer au niveau national les bases et entrepôts de données accessibles, avec une caractérisation orientée « utilisateurs/chercheurs ».
    2. Impliquer les producteurs et utilisateurs de données dans la définition des critères minimums et des niveaux de preuve scientifique pour les projets menés.
    3. Standardiser la gouvernance et les aspects règlementaires pour le partage de données issues de plusieurs bases afin de favoriser l’accès aux innovations.
    4. Prioriser les financements publics de la recherche clinique pour inciter à l’utilisation de données de vie réelle, comme la construction de bras de contrôle externe.

    Axe 2 – Garantir la qualité, l’interopérabilité, la standardisation et la pertinence des données :

    5. Définir des critères d’appréciation de la qualité des données et vérifier leur utilisabilité via des tests préalables.
    6. Intégrer la mesure de la qualité des données de vie réelle dans la conception du label européen de qualité et d’utilité des données.
    7. Mettre en œuvre une standardisation syntaxique et sémantique compatible avec les standards internationaux.
    8. Développer la recherche sur les méthodologies de mise en qualité des données, intégrant l’identification et la neutralisation des biais.

    Axe 3 – Assurer la reconnaissance et le partage de la valeur dans la collecte et l’utilisation des données :

    9. Établir des principes d’échange et de tarification pour l’accès aux bases de données avec les partenaires privés.
    10. Établir des principes de partage de la propriété intellectuelle pour rémunérer le travail sur les données à leur juste valeur.

    Axe 4 – Améliorer les modes et circuits d’information du patient :

    11. Mettre en place des notices d’information simplifiées mentionnant la possibilité de réutiliser les données et l’adresse web du portail de transparence.
    12. Utiliser l’Espace Numérique Santé pour informer les patients et gérer leur opposition à la réutilisation de leurs données.

    Axe 5 – Inciter à la collaboration et au partage de données :

    13. Définir des modalités de recevabilité des données par les autorités pour garantir leur reconnaissance dans la recherche clinique.
    14. Mettre en place une instance dédiée à la construction de la doctrine relative à la constitution des bases de données, assurant une bonne représentativité des acteurs.
    15. Proposer un accompagnement personnalisé associant les régulateurs aux porteurs de projets souhaitant mettre en œuvre des essais innovants.
    16. Définir un modèle économique assurant le financement de la création et de la collecte de bases de données exhaustives et de qualité.

    Axe 6 – Assurer la dissémination des modes d’utilisation des données de santé en vie réelle en recherche clinique :

    17. Informer et former les membres des organismes validant l’utilisation des données de vie réelle dans les protocoles de recherche clinique.
    18. Intégrer des modules spécifiques sur les méthodologies innovantes d’utilisation des données de santé dans les formations diplômantes liées à la recherche clinique et aux données.

     

  • Vaccination : Syadem collabore avec Snomed International pour favoriser l’interopérabilité des données

    Un système terminologique complet

    Syadem et Snomed International détiennent et gèrent respectivement la nomenclature unifiée des vaccins (Nuva) et la terminologie médicale multilingue et globale Snomed CT qui permet de capturer les soins prodigués aux individus dans les dossiers de santé électroniques, facilitant le partage d’informations, le support à la décision et l’analyse pour un échange d’informations sur la santé sûr et efficace.

    Les deux organisation visent à intégrer le contenu de Nuva, qui est utilisée pour capturer, interpréter et traiter les enregistrements des vaccins administrés, en tant qu’extension dans le contenu de Snomed International. Ils définiront également les processus pour assurer leur harmonisation. Cela devrait offrir aux utilisateurs une flexibilité dans la sélection des codes, facilitant ainsi la mise en œuvre. Snomed précise que, le cas échéant, les concepts de Nuva seront inclus dans l’édition internationale de Snomed CT, qui est utilisée dans les systèmes de santé à travers le monde.

    L’objectif ultime de cette collaboration est de fournir “un système terminologique complet” aux organisations de santé, leur permettant de représenter avec précision les vaccins administrés.

    Deux terminologies complémentaires :

    La complémentarité entre les deux systèmes terminologiques réside dans le fait que Nuva fournit des codes pour les vaccins actuels et historiques, tandis que Snomed CT fournit des codes qui représentent les concepts fondamentaux pour contextualiser ces informations sur les vaccins. Snomed International reconnait que cette collaboration favorisera l’adoption d’une approche unifiée de la collecte d’informations sur les vaccins au fil du temps. De son côté, Syamed s’engage à faire de Nuva “un bien commun, accessible à tout utilisateur”, notamment à travers le transfert de sa propriété “à une communauté de parties prenantes dans un avenir proche”.

    Vers une carte de vaccination européenne

    Développé par des vaccinologues, Nuva est à la fois un vocabulaire et une base de connaissances complète. Son but est de capturer les informations sur les vaccins pertinentes pour la prise de décision clinique, quel que soit le format de l’enregistrement – numérique ou papier. Il agit ensuite comme un système de codage universel qui améliore la transcription et la transférabilité des informations sur les vaccins à travers diverses terminologies, “complétant plutôt que remplaçant les systèmes existants”.

    Syadem participe au projet européen “vaccination au-delà du Covid” (EUVABECO), cofinancé par la Commission européenne dans le cadre du programme EU4Health. À partir de mi-2026, EUVABECO élaborera des plans de mise en œuvre pour des pratiques de vaccination innovantes dans les États membres de l’UE. Les plans soutiendront l’opérationnalisation de plusieurs outils, dont une carte de vaccination européenne (CVE) portable.

    Dans ce cadre, Nuva documentera les vaccins administrés dans la CVE et aura pour mission de démontrer la portabilité de l’historique vaccinal entre des systèmes existants ou nouveaux, mis en œuvre par des partenaires dans différents pays européens (Luxembour, Belgique, Allemagne, Grèce, Portugal et Lettonie). Elle est par ailleurs utilisée comme base de métriques sur les codifications existantes dans les travaux de l’initiative sur la codification internationale des vaccins (IVCI).