L’année 2024 a vu une hausse marquée des sanctions prononcées par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), qui sont passées de 21 en 2022 à 87 en 2024, pour un montant cumulé de 55,2 millions d’euros d’amendes. Parmi ces sanctions, 72 incluaient des amendes, dont 14 accompagnées d’injonctions sous astreinte, et 8 concernaient des liquidations d’astreinte pour non-respect d’obligations antérieures émises par la Commission.
Les sanctions de la Cnil en 2024 – @Cnil
L’augmentation significative des mises en demeure (180 en 2024, contre 168 en 2023 et 147 en 2022) traduit également la volonté de la Cnil d’agir en amont des sanctions, notamment en incitant les organismes à se conformer aux règles de protection des données avant d’engager des actions plus lourdes.
Des sanctions marquantes sur les données de santé
Le secteur de la santé a fait l’objet d’une attention particulière en 2024. La Cnil a rendu plusieurs décisions essentielles concernant l’anonymisation des données de santé et la gestion des entrepôts de données hospitaliers (EDSH). L’un des points clés soulevés concerne la qualification des données utilisées : même si elles sont collectées à grande échelle par des organismes ignorant l’identité des patients, elles restent pseudonymes et non anonymes dès lors qu’elles sont reliées entre elles par un identifiant. Par conséquent, elles restent soumises à la réglementation sur les données personnelles, nécessitant un niveau de protection élevé.
Cette distinction est particulièrement importante alors que les établissements de santé développent de plus en plus leurs propres entrepôts de données pour la recherche et le suivi des patients. La Cnil rappelle ainsi que toute tentative de ré-identification, même involontaire, constitue un manquement au RGPD et peut donner lieu à des sanctions.
Parmi les sanctions marquantes de 2024, on note l’amende de 800 000 euros infligée à la société Cegedim Santé pour avoir traité des données de santé sans autorisation appropriée. L’entreprise, éditrice de logiciels de gestion pour les médecins, a été sanctionnée pour avoir collecté et utilisé des données pseudonymisées, mais non anonymes, à des fins d’études et de statistiques, sans respecter les exigences légales en matière de protection des données de santé.
La sécurité des dossiers patients sous surveillance :
L’accès et la gestion des dossiers patients informatisés (DPI) ont également été une préoccupation majeure pour la Cnil en 2024. Plusieurs établissements de santé ont été mis en demeure pour ne pas avoir pris les mesures adéquates garantissant que seules les personnes autorisées puissent consulter les dossiers des patients.
Ces rappels à l’ordre font suite à une augmentation des incidents signalés, notamment des accès non justifiés à des données médicales sensibles. La Cnil insiste sur la nécessité de mettre en place des contrôles d’accès stricts, des journaux de connexion détaillés et une formation des professionnels de santé pour éviter les fuites d’informations.
Vers une protection renforcée des données de santé :
Au-delà des sanctions, la Cnil continue d’accompagner les acteurs de la santé pour améliorer la gestion et la sécurisation des données. Elle recommande notamment :
une meilleure anonymisation des données utilisées dans les entrepôts hospitaliers ;
un contrôle renforcé des accès aux dossiers patients ;
une sensibilisation accrue des professionnels de santé aux enjeux du RGPD.
Avec une multiplication des cyberattaques et une croissance exponentielle des volumes de données de santé collectées, la CNIL entend poursuivre son action en 2025 pour garantir un cadre sécurisé et conforme aux exigences légales.
Les IQSS : un processus manuel complexe, mais essentiel à la qualité des soins
Les IQSS sont des outils clés pour mesurer et améliorer la qualité des soins dispensés dans les hôpitaux et cliniques en France. Actuellement, ces indicateurs sont recueillis à partir des dossiers patients, un processus manuel long et coûteux en ressources humaines. Dans un contexte de tension sur les effectifs hospitaliers, cette charge administrative représente un défi pour les établissements. L’idée de la Haute autorité de santé (HAS) est donc d’exploiter les entrepôts de données de santé hospitaliers (EDSH), qui stockent des données cliniques structurées et informatisées, pour automatiser ce calcul et faciliter la collecte des informations essentielles à l’évaluation des soins.
Un projet pilote pour tester la faisabilité d’une automatisation :
Pendant 24 mois, les CHU de Lille, de Bordeaux, ainsi que l’AP-HP, ont travaillé avec la HAS pour explorer comment les EDSH pourraient être utilisés pour mesurer certains indicateurs de qualité. Deux expérimentations ont été menées : la première sur la mesure du délai de prise en charge des AVC et la seconde sur la capitalisation des travaux menés sur l’indicateur de prise en charge de la douleur. Les résultats montrent que si les EDSH constituent une source précieuse pour suivre la qualité des soins, plusieurs obstacles techniques et organisationnels demeurent.
Des résultats prometteurs, mais des obstacles techniques et réglementaires
Les travaux menés montrent que les EDSH offrent une ressource précieuse pour mesurer la qualité des soins. En permettant d’exploiter une large quantité de données en temps réel, ils peuvent faciliter le suivi des indicateurs et améliorer la réactivité des établissements dans l’adoption des bonnes pratiques. Cependant, plusieurs freins limitent encore leur plein potentiel.
Tout d’abord, la structuration des données dans les EDSH est hétérogène et parfois insuffisante. Il n’existe pas encore d’algorithme unique capable de calculer directement un IQSS à partir de ces bases de données. Chaque établissement possède son propre mode d’organisation des données, ce qui complique leur standardisation. Ensuite, des questions réglementaires se posent quant à l’exploitation de ces données sensibles. L’accès aux EDSH est strictement encadré par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) et suppose des autorisations spécifiques, ce qui peut ralentir les projets d’automatisation.
L’étude souligne également des défis organisationnels. Pour intégrer efficacement les EDSH dans la mesure des IQSS, il est nécessaire de mobiliser des compétences variées : cliniciens, experts en informatique médicale, ingénieurs en données… Une coopération étroite entre ces différents acteurs est indispensable pour garantir la qualité des données et la pertinence des analyses.
Une expérimentation qui ouvre la voie à de nouvelles perspectives
Malgré ces défis, la HAS considère que l’automatisation des IQSS via les EDSH est une piste prometteuse pour l’avenir. L’étude a notamment permis d’identifier plusieurs leviers pour améliorer l’exploitation de ces bases de données. Parmi eux : une meilleure structuration des informations dans les dossiers patients, l’utilisation d’outils d’intelligence artificielle pour traiter les données non structurées, ou encore le développement d’un cadre réglementaire plus adapté à ces nouveaux usages.
Dans cette optique, la HAS prévoit de poursuivre ses travaux, notamment en approfondissant l’étude sur la mesure des délais de prise en charge des AVC. Elle souhaite également explorer d’autres indicateurs et renforcer la coopération avec les établissements de santé pour généraliser ces méthodes d’automatisation.
L’intelligence artificielle (IA) a connu une progression fulgurante ces deux dernières années, impactant en profondeur le secteur de la santé. Parmi les avancées les plus notables, le traitement du langage naturel (NLP) et la reconnaissance vocale se sont considérablement perfectionnés, offrant aux professionnels de santé et aux patients des outils toujours plus performants. Ces innovations transforment la gestion des données médicales, réduisent la charge administrative et améliorent l’expérience des soins.
De nombreux progrès dans l’analyse du langage médical
Les progrès récents dans le domaine de l’IA, en particulier avec des modèles comme GPT-4, BERT et Mistral, ont permis une amélioration significative de la compréhension du langage médical. Grâce à ces modèles avancés, les solutions NLP peuvent aujourd’hui analyser des conversations complexes et extraire des informations médicales pertinentes avec une précision accrue.
Des outils comme Nabla, Suki AI et DeepScribe exploitent ces avancées pour transformer la parole en texte structuré, permettant ainsi aux médecins de se concentrer sur leurs patients plutôt que sur la prise de notes. Ces solutions ne se contentent plus de transcrire la voix : elles comprennent le contexte clinique, résument les consultations et intègrent directement les données dans les dossiers médicaux électroniques des patients. D’autres technologies comme Hyro et Verbit optimisent les interactions entre les établissements de santé et les patients en automatisant la gestion des rendez-vous et l’accès aux informations médicales via des assistants conversationnels intelligents.
Un gain de temps dans la constitution des comptes rendus médicaux
La documentation médicale représente un défi majeur pour les professionnels de santé, consommant un temps précieux qui pourrait être consacré aux patients. L’IA a apporté une réponse à cette problématique grâce à des solutions de transcription et de reconnaissance vocale avancées.
Des plateformes comme Nuance Dragon Medical et 3M™ M*Modal Fluency for Transcription transforment radicalement la façon dont les médecins dictent leurs comptes rendus médicaux. Ces outils permettent une reconnaissance vocale extrêmement précise, capable de différencier les termes médicaux complexes et de structurer automatiquement les notes.
En parallèle, Notable Health automatise la saisie des données cliniques et réduit le besoin de saisie manuelle, tandis que Medtra Speaking (Axess) facilite la transcription des consultations en médecine du travail.
Ces avancées permettent non seulement de gagner du temps, mais aussi d’améliorer la qualité des dossiers médicaux en réduisant les erreurs humaines.
Des outils qui améliorent aussi l’expérience patient
L’IA ne bénéficie pas uniquement aux professionnels de santé : elle révolutionne également l’expérience des patients en leur offrant des outils interactifs et intelligents pour mieux gérer leur santé.
Des applications comme Ada Health et K Health utilisent le NLP pour analyser les symptômes des patients et fournir des recommandations médicales personnalisées. Ces solutions permettent aux utilisateurs d’obtenir des conseils de santé avant de consulter un professionnel, facilitant ainsi l’accès aux soins et la prise de décision.
D’autres outils, comme Amazon Alexa et Voiceitt, apportent une assistance précieuse aux personnes en situation de handicap ou ayant des troubles de la parole. Ces assistants vocaux facilitent la communication et offrent des solutions adaptées à leurs besoins spécifiques.
Enfin, l’intégration d’outils de reconnaissance vocale dans des dispositifs comme Ava Accessibility permet une transcription en temps réel des consultations pour les patients malentendants, garantissant ainsi une meilleure inclusion dans le parcours de soins.
Des progrès réels mais qui ne sont pour le moment pas extraordinaires
Une des solutions NLP les plus connues et utilisée dans le secteur de la santé est Dragon Ambient eXperience (DAX), développée par Nuance Communications, une société de Microsoft. Elle génère une note clinique en « écoutant » la conversation entre un clinicien et un patient lors de la consultation.
Atrium Health, un grand système de santé académique multisite, a été le premier à utiliser le DAX Copilot. Il a donc mené une évaluation des résultats de l’utilisation de DAX dans les contextes de soins primaires afin de déterminer si l’utilisation de DAX améliore l’efficacité des cliniciens (mesurée par des indicateurs d’utilisation des dossiers médicaux électroniques) et les performances financières du système de santé. Leur étude longitudinale incluait 112 cliniciens en soins primaires utilisant DAX et un groupe témoin de 103 cliniciens ne l’utilisant pas. Deux sous-groupes ont été identifiés : les utilisateurs actifs (ayant transféré ≥25 % des notes via DAX) et les utilisateurs intensifs (ayant transféré ≥60 % des notes via DAX).
Les résultats de leur étude ont été publiés le 22 novembre 2024 dans le NEJM AI et montrent seulement de très légères améliorations dans des sous-groupes :
Aucune différence statistiquement significative n’a été observée entre les groupes de cliniciens.
Les utilisateurs intensifs de DAX ont connu une diminution globale d’environ 7 % des heures de documentation par rapport au groupe témoin.
Les cliniciens qui voyaient peu de patients ont passé environ 9 % de temps en moins sur la documentation par rapport au groupe témoin.
Les médecins qui voyaient beaucoup de patients ont vu une augmentation moyenne de 2,62 % dans leurs rendez-vous complétés. Disposer de plus de temps par consultation (grâce à la documentation simplifiée) leur permettait sans doute de gérer plus de rendez-vous sans compromettre la qualité de la prise en charge.
Au vu de ses résultats, se pose la question sur les espoirs mis dans l’ambient listening. Les auteurs de cette étude tiennent en tout cas à souligner que « l’engouement et la nouveauté des outils d’IA d’écoute ambiante ont dépassé les preuves nécessaires pour soutenir ou réfuter les affirmations selon lesquelles ces outils seraient transformateurs en termes de gain de temps et d’efficacité. Par conséquent, les systèmes de santé, qui fonctionnent déjà avec des marges faibles dans des environnements hypercompétitifs, risquent de payer plus cher sans réaliser les bénéfices escomptés. »
Un espoir de lutte contre l’épuisement professionnel :
Cependant, ces résultats mettent tout de même en évidence des situations où de tels outils d’IA apportent un bénéfice. Notamment chez les cliniciens avec un volume élevé de patients ou chez les généralistes, où les consultations sont souvent variées et administrativement lourdes. L’automatisation de la rédaction des comptes-rendus pourrait dans ces cas « réduire la charge cognitive et libérer de l’énergie mentale et du temps pour se concentrer davantage sur la gestion des rendez-vous et la clôture rapide des dossiers ». En outre, les auteurs de l’étude font le pari que « les gains d’efficacité offerts par la documentation assistée par IA pourraient se traduire par une diminution des marqueurs d’épuisement professionnel pour un sous-ensemble de cliniciens, et peut-être de manière plus large lorsque l’adoption de DAX atteint un niveau plus élevé. » D’autant que certains cliniciens ont utilisé le gain de temps non pas pour voir plus de patients mais pour dormir davantage et passer moins de temps à travailler chez eux.
Des travaux supplémentaires doivent donc être menés pour identifier les situations précises dans lesquelles l’ambient listening apporte un bénéfice substantiel. Cependant, une étude antérieure, parue en avril dans le JAMIA, avait conclu que DAX n’avait aucun effet quantifiable sur la sécurité des patients.
Cartographie de 36 solutions de NLP et reconnaissance vocales utilisées dans la santé :
Cartographie de 36 solutions de NLP et reconnaissance vocales utilisées dans la santé – @Health&Tech Intelligence
Lors de la conférence annuelle “Les grandes tendances de la e-santé” organisée par Interaction Healthcare et qui s’est tenue le 28 janvier 2025, les dynamiques émergentes et les grands enjeux du secteur du numérique en santé pour les années à venir ont été mis en lumière. Parmi les points clés abordés par Romain Bonfillon, rédacteur en chef de Mind Health, et Ludmila Potiron, cheffe du pôle “Export Santé” chez Business France Amérique du nord, lors de la dernière session de la matinée, voici les dix grandes tendances qui redéfiniront la santé numérique en 2025 :
1️⃣ Les jumeaux numériques, leviers de la médecine personnalisée :
L’un des développements les plus prometteurs dans le domaine de la santé numérique est celui des jumeaux numériques. Ces modèles virtuels d’organes ou de patients entiers permettent de simuler des traitements et d’adapter les soins à chaque individu. Lors de la conférence, plusieurs experts ont souligné l’importance croissante des jumeaux numériques dans la médecine personnalisée, notant que leur développement est indissociable d’une gestion optimisée des données de santé, notamment au travers de “référentiels spécifiques à l’oncologie, à la psychiatrie et à d’autres pathologies.”
2️⃣ IA générative : quelles régulations après les premiers déploiements ?
L’intelligence artificielle (IA) générative a fait ses preuves dans plusieurs domaines de la santé, notamment en recherche médicale et en gestion des données. Cependant, après les premiers déploiements, une question essentielle demeure : quelles régulations mettre en place pour encadrer ces technologies ? Les intervenants ont évoqué le besoin d’une gouvernance claire pour garantir la qualité et la sécurité des données traitées par l’IA, soulignant que la mise en place d’une “stratégie nationale” pour les données santé est primordiale.
3️⃣ Les thérapies digitales ont-elles trouvé leur modèle ?
L’un des sujets centraux de la conférence a été la place des thérapies digitales dans les parcours de soin. Si leur efficacité ne fait plus de doute, la question de leur modèle économique reste ouverte. Les débats ont porté sur la pérennisation des financements, les acteurs de terrain et le rôle crucial de l’accompagnement des patients. De plus, le recours à la “souveraineté des données” a été mentionné pour assurer la protection des utilisateurs.
4️⃣ Comment l’IA transforme les essais cliniques en accélérant le recrutement des patients ?
L’IA se distingue particulièrement dans le domaine des essais cliniques, où elle permet de cibler plus efficacement les patients éligibles, réduisant ainsi le temps et les coûts associés. La conférence a abordé la question de l’optimisation des “entrepôts de données de santé”, facilitant ainsi l’accès rapide et sécurisé aux profils de patients, ce qui pourrait accélérer de manière significative le recrutement.
5️⃣ Santé mentale : face aux besoins immenses, le marché healthtech décolle-t-il ?
Le secteur de la santé mentale, avec ses besoins grandissants, bénéficie d’une attention particulière dans le cadre des innovations en healthtech. Lors de la conférence, il a été souligné que la mise en place de “thérapies digitales” adaptées pourrait jouer un rôle clé dans la prise en charge à distance, tout en mettant en avant l’importance de l’adaptation des modèles en fonction des “besoins spécifiques en psychiatrie.”
6️⃣ Comment la prévention s’ancre dans les parcours de soins ?
La prévention devient un axe stratégique dans les parcours de soins, notamment grâce aux technologies numériques. Lors des échanges, il a été rappelé qu’intégrer la prévention dans le parcours de soins global nécessite de faciliter l’accès aux “données disponibles” et d’assurer l’interopérabilité des systèmes, en vue d’une prise en charge préventive plus fluide.
7️⃣ Biomarqueurs digitaux : les nouvelles voies du diagnostic
Les biomarqueurs digitaux sont en passe de révolutionner les méthodes diagnostiques, en permettant une détection plus précise et en temps réel de certaines pathologies. Les intervenants ont mis en avant l’utilisation des “données artificielles” pour renforcer ces approches, en particulier dans des domaines complexes comme la cancérologie, où la gestion des données d’imagerie est essentielle.
8️⃣ Financements : le temps des incertitudes
Bien que de nombreuses innovations en santé numérique aient vu le jour, la question des financements reste une problématique majeure. Comme mentionné lors de la conférence, la pérennisation de ces financements est indispensable, notamment pour maintenir les projets d’envergure qui nécessitent des investissements lourds, sans pour autant compromettre la qualité des soins.
9️⃣ EDS : les enjeux de leur développement
Les entreprises de santé digitale sont en pleine croissance, mais leur développement doit faire face à de nombreux défis. L’un des points soulevés lors de la conférence est la question de l’interopérabilité des systèmes et de la gouvernance des données. Pour réussir, il est nécessaire de “fédérer les acteurs de terrain” et d’assurer une gestion collaborative des données à travers des “référentiels communs.”
🔟 La médecine de précision en oncologie
La médecine de précision, notamment en oncologie, est l’un des domaines les plus avancés grâce au numérique. L’utilisation des données génomiques et des jumeaux numériques permet d’optimiser les traitements en fonction des caractéristiques individuelles des patients. Les experts de la conférence ont souligné que la mise en place d’une “stratégie de référentiels dédiés à l’oncologie” serait un facteur clé pour accompagner cette évolution.
Une feuille de route 2025 tournée vers l’innovation et l’interopérabilité
Lors de la 7e édition du D4Evolution, son événement annuel qui a rassemblé plus de 300 clients et 14 partenaires, Dedalus a levé le voile sur ses priorités stratégiques pour 2025. À travers une conférence animée par Guillem Pelissier, directeur général France, et Frédéric Vaillant, directeur général délégué, l’éditeur de solutions numériques pour la santé a affirmé son ambition : accompagner les établissements dans leur transformation et renforcer leur efficience opérationnelle.
Depuis son arrivée à la tête de Dedalus France il y a un an, Guillem Pelissier a mis en place une dynamique visant à optimiser la performance des structures de soins. L’année 2025 marquera une accélération de cette stratégie, avec une approche résolument tournée vers l’innovation et l’interopérabilité. L’entreprise mise notamment sur la convergence des dossiers patients informatisés avec Care4U, un projet déjà en cours dans plusieurs groupements hospitaliers de territoire (GHT) et qui devrait s’étendre à quinze nouveaux sites. Autre avancée majeure, le déploiement en France du Command Center, une solution de pilotage hospitalier basée sur l’analyse de données, qui sera inaugurée au CHU de Nancy après un premier succès en Espagne.
Dedalus continue également d’innover dans le domaine du diagnostic avec l’InVitro Diagnostic Cloud, un service qui a déjà séduit des laboratoires de premier plan tels qu’Unilabs, Biogroup et Xlab. La cybersécurité, la dématérialisation des tâches administratives et la gestion des données de santé font aussi partie des axes prioritaires, avec des investissements conséquents dans des solutions comme HYDMédia.
L’intelligence artificielle au cœur de la transformation
Si l’IA est aujourd’hui omniprésente dans les discours technologiques, Dedalus entend se démarquer par une approche concrète et pragmatique. Contrairement à de nombreuses entreprises qui affichent l’intelligence artificielle comme une promesse d’avenir sans réelle application, Dedalus l’intègre pleinement dans sa stratégie et dans ses solutions.
Un choix qui se reflète directement dans son organisation interne au niveau monde : le responsable de l’IA est l’un des premiers interlocuteurs du directeur général, Andrea Calcagno, preuve que cette technologie est considérée comme un levier essentiel de développement et non comme un simple outil technique relégué en arrière-plan. L’entreprise a d’ailleurs fait le choix de concentrer ses efforts sur deux applications prioritaires : l’amélioration des processus internes, notamment via l’automatisation du codage, et l’enrichissement des services aux clients grâce à des outils prédictifs performants.
Depuis quatre ans, Dedalus développe Clinalytix, une suite de solutions basées sur des algorithmes prédictifs. C Ces outils certifiés et opérationnels en Europe pour le marché germanophone et suisse (DACH) permettent d’identifier des évènements ou complications avec un impact fort sur le pronostic vital comme la septicémie ou l’insuffisance rénale aigue et devraient être étendus à 20, puis 50 pathologies dans les années à venir. Loin des effets d’annonce, Dedalus préfère une approche de terrain, en collaborant étroitement avec les établissements de santé pour développer des solutions adaptées à leurs besoins réels.
Grâce à cette expertise, l’IA chez Dedalus ne se limite pas à une prouesse technologique : elle vise à faciliter le quotidien des professionnels de santé, améliorer la précision des diagnostics et optimiser les parcours de soins. En misant sur des applications concrètes et éprouvées, Dedalus s’impose comme un acteur clé de la transformation numérique du secteur hospitalier.
Un écosystème en expansion pour un leadership consolidé
Dedalus ne se contente pas de développer ses propres solutions : l’entreprise entend aussi renforcer l’interopérabilité et la collaboration avec l’ensemble des acteurs du secteur. Le projet ARIANES, visant à améliorer le partage des données en radiologie, illustre cette volonté de construire un écosystème connecté au service des patients et des soignants.
L’entreprise est également un partenaire clé du Ségur de la Santé, contribuant activement à la modernisation des systèmes d’information hospitaliers. Dans le domaine de l’imagerie, Dedalus continue d’innover avec SMART PACS, Care4U RIS et DRIMBox, des outils qui simplifient le travail des radiologues et fluidifient la gestion des examens.
Avec un chiffre d’affaires dépassant les 120 millions d’euros en 2024, une croissance de près de 10 % et l’embauche de 200 nouveaux collaborateurs, Dedalus confirme son leadership sur le marché du numérique en santé. En plaçant l’innovation et l’intelligence artificielle au cœur de sa stratégie, l’entreprise s’impose comme un partenaire clé des établissements de santé, leur offrant des solutions adaptées aux défis de demain.
La majorité des solutions concernent les maladies cardiaques et chroniques
La télésurveillance des maladies chroniques connaît une accélération sans précédent en France avec 33 dispositifs, portée par des solutions innovantes qui permettent un suivi précis des patients à distance. Loin d’être un simple outil complémentaire, elle devient une composante essentielle de la prise en charge, notamment pour l’insuffisance cardiaque, le diabète et les pathologies respiratoires.
16 dispositifs de suivi pour les maladies cardiaques :
L’insuffisance cardiaque figure parmi les premières pathologies à bénéficier de la télésurveillance. Il est aussi le type de pathologie qui possède le plus de solutions de télésurveillance médicale, avec 16 dispositifs, dont ceux qui permettent le suivi de prothèses cardiaques implantables. Des solutions comme Medtronic CareLink, implantées dans des établissements de référence tels que le CHU de Toulouse, l’Hôpital cardiologique Louis Pradel à Lyon et le CHU de Lille, permettent de suivre en temps réel l’état des patients porteurs de dispositifs cardiaques implantables. Dans la même dynamique, Biotronik Home Monitoring est aujourd’hui utilisé par des structures majeures comme l’Hôpital européen Georges-Pompidou, le CHU de Nancy, et la clinique Pasteur de Toulouse, facilitant une détection précoce des anomalies et limitant les hospitalisations inutiles.
D’autres dispositifs viennent compléter cet écosystème : Boston Scientific Latitude, en service au CHU de Rennes et au CHU de Nantes, ainsi que Merlin.net d’Abbot, utilisé à l’Hôpital Nord du CHU de Marseille, garantissent un suivi efficace des patients porteurs de prothèses cardiaques implantables. Par ailleurs, des solutions comme CardioRenal, déployée au CHU de Bordeaux, à l’Institut Cœur Effort Santé de Clermont-Ferrand, ainsi qu’à la clinique Pasteur de Toulouse, offrent une alternative performante pour le suivi de l’insuffisance cardiaque.
Avec des plateformes comme Satelia Cardio (NP Medical) et Implicity Insuffisance Cardiaque, l’objectif est de structurer un parcours de soins plus fluide et réactif. Des initiatives comme 1 Minute pour mon cœur (NewCard) et la plateforme CareLine IC (CareLine) participent également à cette transformation, en proposant des solutions adaptées aux besoins des patients insuffisants cardiaques.
Le diabète sous haute surveillance grâce aux nouvelles technologies :
Le diabète est un autre domaine où la télésurveillance apporte une révolution dans le suivi des patients. En France, 3 solutions sont utilisées par les médecins. MyDiabby, largement adopté dans des établissements comme les CHU de Bordeaux et de Toulouse permet aux soignants d’adapter en temps réel les traitements en fonction des données transmises par les patients. Une autre solution, Glooko, déjà intégrée au CHU de Montpellier, à la clinique Pasteur de Toulouse et à l’Hôpital Européen Georges-Pompidou, joue un rôle clé dans le suivi glycémique et l’optimisation des prises en charge.
4 solutions pour l’insuffisance rénale :
L’insuffisance rénale, et en particulier la prise en charge des patients sous dialyse, bénéficie également des avancées en télésurveillance. Nexadia (B. Braun), solution de télésurveillance à domicile, est aujourd’hui déployée au centre de dialyse NephroCare, apportant une réponse efficace pour les patients nécessitant une prise en charge à distance. Le programme 1 Minute pour mes Reins (NewCard) et la plateforme eNephro (Equasens) offrent également des outils adaptés pour assurer un suivi médicalisé en temps réel.
Améliorer la prise en charge des pathologies respiratoires grâce au suivi à distance :
L’essor de la télésurveillance se retrouve également dans le domaine des pathologies respiratoires chroniques, où des solutions comme Airview de Resmed permettent un accompagnement efficace des patients atteints de BPCO ou d’apnée du sommeil. Utilisée dans plusieurs établissements, dont l’hôpital européen Georges-Pompidou et le CHU de Montpellier, cette solution améliore le suivi à distance et optimise les ajustements thérapeutiques. Bora Flow (Biosency) et Vestalis Vision de Srett complètent cet arsenal de pourvue de 3 solutions en facilitant la surveillance continue des patients atteints d’insuffisance respiratoire.
Un suivi personnalisé pour les patients atteints de cancer
La télésurveillance s’impose également comme un outil essentiel dans le suivi des patients atteints de cancer, en leur permettant de bénéficier d’une prise en charge à distance tout en restant en contact avec leurs équipes soignantes. Grâce à ces dispositifs, il devient possible d’anticiper les complications liées aux traitements, d’ajuster les soins en temps réel et d’améliorer la qualité de vie des patients tout au long de leur parcours thérapeutique.
Deux solutions dédiées à l’oncologie sont utilisées en France : Resilience Pro (Betterise) accompagne les patients dans la gestion des effets secondaires de la chimiothérapie et des traitements anticancéreux, tout en favorisant une communication fluide avec les professionnels de santé. Cureety Techcare (Cureety) propose également une plateforme de suivi à distance permettant aux équipes médicales de mieux évaluer l’état des patients entre deux consultations et d’optimiser leur prise en charge.
Ces outils offrent un suivi en continu, réduisant le besoin de déplacements fréquents à l’hôpital et permettant aux patients de signaler leurs symptômes en temps réel. Une avancée majeure pour une médecine plus proactive et adaptée aux besoins des personnes atteintes de pathologies oncologiques.
Cartographie des 33 solutions de télésurveillance médicale utilisées en France :
Un comité d’où sont sorties 52 propositions pour l’intégration en droit français du règlement sur l’EHDS
Nous y sommes : le Conseil de l’Union européenne a enfin adopté le règlement sur l’Espace européen des données de santé (EHDS) le 22 janvier 2025 et il entrera en vigueur 20 jours après sa publication au Journal officiel de l’Union européenne. Au même moment au Jardin des plantes, la quatrième édition des assises citoyennes du numérique en santé a eu lieu et avait cette année comme question “dans le cadre de l’intégration dans le droit français du règlement européen sur les données de santé, quelles sont les règles et conditions de mise en œuvre propres à la France qui permettront une bonne utilisation de ces données tout en générant la confiance des citoyens ?”.
Organisé par l’Agence du numérique en santé (ANS), cet événement annuel vient faire le bilan du troisième comité citoyen qui s’est déroulé durant 3 week-ends du mois d’octobre et de novembre 2024 et qui a réuni 30 citoyens, ainsi que 36 acteurs du numérique en santé – dont les deux responsables de la Délégation du numérique en santé (DNS), Hela Ghariani et David Sainati -, qui sont intervenus à tour de rôle pour éclairer les citoyens, en vue de réaliser des propositions concernant l’intégration dans le droit français du règlement européen sur l’EHDS.
Au cours des 3 saisons, les comités citoyens ont réuni 90 citoyens, représentants toutes les tranches d’âge, toutes les régions françaises et toutes les catégories socio-professionnelles. Pour cette édition, les 30 acteurs du comité en sont arrivés à 52 propositions réparties en 7 thématiques, allant de la souveraineté à l’impact environnemental des données de santé, et passant par la sensibilisation et les moyens de sécurité et de contrôle des données de santé.
Rendre publics les projets utilisant des données de santé ainsi que leurs résultats parmi les propositions
Parmi les priorités identifiées, la souveraineté technologique occupe une place de choix. Le Comité préconise la création d’infrastructures souveraines, soutenues par des financements nationaux et européens, pour assurer la maîtrise des données sensibles. Par exemple, il recommande de localiser les données en priorité au sein de l’Union européenne (proposition 5) et d’instaurer des audits réguliers pour évaluer la conformité des services de stockage aux normes de sécurité (proposition 4).
En matière de sécurité, le Comité appelle à un contrôle renforcé des entreprises gestionnaires de données. Cela passe par des audits systématiques, mais aussi par des sanctions dissuasives pour les acteurs en infraction (proposition 8). Parallèlement, des systèmes d’incitation, comme des récompenses pour les signalements de failles de sécurité, pourraient encourager une vigilance accrue (proposition 7).
Pour permettre aux citoyens de mieux maîtriser leurs données, le Comité propose des outils pratiques et accessibles. L’idée phare est la création d’une plateforme centralisée où chacun pourrait consulter les usages faits de ses données, modifier ses autorisations ou même visionner des vidéos explicatives pour mieux comprendre les implications de ses choix (proposition 11). Il insiste également sur la nécessité de garantir le pseudonymat dans les recherches médicales (proposition 12) afin de protéger la vie privée des citoyens tout en facilitant les travaux scientifiques.
Sur le plan national, une meilleure coordination entre les systèmes d’information des hôpitaux, des médecins et de l’assurance maladie est jugée essentielle (proposition 13). À l’échelle européenne, le Comité plaide pour une harmonisation des normes de sécurité et la mise en place d’un comité éthique européen (propositions 17 et 18), chargé de superviser les usages des données dans tous les États membres.
Le Comité accorde également une attention particulière à l’information des citoyens. Il propose d’utiliser un langage simplifié et pédagogique pour vulgariser des notions complexes comme l’utilisation primaire ou secondaire des données de santé (proposition 27). De plus, il suggère de rendre publics les projets utilisant des données de santé ainsi que leurs résultats, dans un souci de transparence (proposition 31).
Enfin, l’enjeu environnemental n’a pas été oublié. Le Comité recommande, par exemple, d’obliger les entreprises gérant des données de santé à publier un rapport d’impact écologique (proposition 46) et d’optimiser l’utilisation des données pour éviter les doublons inutiles (proposition 51).
L’importance de convertir ses propositions en des actions
Lors de cette édition des assises citoyennes du numérique en santé, Hela Ghariani a mis l’accent sur l’importance de convertir ses propositions en des actions. Elle a indiqué que les propositions émises par les citoyens lors de ce comité sont là pour que ce règlement européen ne soit pas “une règle de plus qui descend de Bruxelles”, mais qu’il puisse être traduit en droit national, grâce aux citoyens et à leurs avis. Lors des deux premiers comités citoyens, la majorité des propositions ont été converties en actions : sur les 64 propositions de la première édition, 78 % ont été intégrés, ainsi que 55 % des 44 propositions de la deuxième édition du comité.
Des solutions qui vont du dispositif médical au casque de réalité augmenté
Les 5 géants de la tech, appelés aussi Gamam (anciennement Gafam), pour Google (Alphabet), Amazon, Microsoft, Apple et Meta, investissent massivement dans le numérique en santé depuis plusieurs années, même si la part d’investissement varie en fonction des entreprises. Grâce à une combinaison de technologies avancées, d’intelligence artificielle (IA), de cloud et d’objets connectés, ils souhaitent redéfinir le parcours de soin, tout en nouant des partenariats stratégiques avec des institutions de santé. Ces collaborations, qu’elles soient avec des hôpitaux, des entreprises pharmaceutiques ou des chercheurs, renforcent l’impact de leurs solutions et accélèrent leur adoption dans le domaine médical.
Les Gamam et leurs filiales possèdent au total 24 solutions numériques pour la santé. Les plateformes numériques sont les plus représentés (11), – One Medical (Amazon), Microsoft Cloud for Healthcare (Microsoft), Onduo (Google)… -, suivi de près par les solutions d’IA (7) – Med-Gemini (Google), Coach AI (Apple)… -. Les deux autres catégories de solutions sont les dispositifs connectés (4), tels que la Apple Watch ou l’Amazon Halo Band, puis les casques de réalités virtuels (2).
Les solutions de Google gravitent autour des données de santé
Google, via ses diverses filiales comme Verily Life Sciences et Google Health, joue un rôle central dans l’évolution de la santé numérique, en combinant des technologies de pointe et des partenariats stratégiques.
Verily Life Sciences et l’innovation dans la gestion des maladies chroniques :
Verily Life Sciences, une filiale d’Alphabet, développe des solutions technologiques avancées pour la gestion des maladies chroniques et la prévention. Une des solutions phare est the Verily Study Watch, un dispositif porté au poignet conçu pour surveiller la santé cardiovasculaire et collecter des données en temps réel. En complément, Verily a créé des solutions pour la gestion du diabète avec the Continuous Glucose Monitoring System (CGM), un capteur capable de suivre en temps réel les niveaux de glucose dans le sang, offrant aux patients un suivi précis sans piqûres répétées.
En plus de ces dispositifs, Verily propose des solutions pour la gestion des maladies cardiovasculaires avec des outils permettant de mesurer en continu des indicateurs comme la fréquence cardiaque et la pression artérielle. Ces technologies visent à offrir une surveillance proactive des maladies chroniques, permettant aux utilisateurs et aux professionnels de santé de suivre de près leur état de santé.
Fitbit et l’intégration des objets connectés dans la santé préventive :
Fitbit, acquis par Google, propose des dispositifs connectés comme des montres intelligentes et des bracelets d’activité, mais également des solutions numériques destinées à la prévention et au suivi de la santé. Une des solutions phares est Fitbit Premium, un service d’abonnement qui offre des programmes de santé personnalisés. Ce service utilise des algorithmes d’intelligence artificielle pour fournir des conseils personnalisés sur l’activité physique, le sommeil, et l’alimentation. Les utilisateurs peuvent suivre leurs progrès, définir des objectifs et recevoir des recommandations adaptées à leurs besoins de bien-être.
Fitbit propose également un dispositif de surveillance de la santé cardiaque avec des fonctionnalités comme l’ECG (électrocardiogramme) intégré à certains de ses modèles, comme la Fitbit Charge 5. Ce dispositif aide à détecter des problèmes cardiaques tels que la fibrillation auriculaire, une condition qui peut être détectée à l’aide de l’ECG et signalée pour un suivi médical plus approfondi. En outre, les appareils Fitbit peuvent être connectés à des professionnels de santé via des plateformes de données pour un suivi à distance, favorisant ainsi la santé connectée.
Med-Gemini et l’IA pour une gestion des soins améliorée :
Med-Gemini, une initiative de Google Health, utilise l’intelligence artificielle pour optimiser la gestion des données de santé. Cette solution permet une analyse approfondie des dossiers médicaux électroniques (DME) et de données provenant de dispositifs connectés. Elle aide les professionnels de santé à prédire les évolutions des maladies et à prendre des décisions plus éclairées. En intégrant des outils d’IA, Med-Gemini améliore la prise en charge des patients, en facilitant la détection précoce des maladies et en optimisant la personnalisation des traitements.
Med-Pix et l’IA au service de la recherche médicale :
Google Health a mis en place des partenariats pour exploiter l’intelligence artificielle dans le domaine de la recherche médicale. En collaborant avec des institutions comme St. Jude Children’s Research Hospital, Google utilise l’IA pour analyser des milliers d’images médicales, contribuant ainsi à la détection précoce de maladies comme le cancer et d’autres affections. Ces initiatives ouvrent de nouvelles possibilités pour le diagnostic et le traitement des maladies graves.
Amazon comme acteur important de la télésanté
Amazon est devenu un acteur incontournable de la santé numérique, principalement avec des solutions comme Amazon Care, Amazon Pharmacy, Amazon HealthLake et son acquisition de One Medical, tout en s’associant à divers partenaires pour étendre son impact.
Amazon Care et l’essor des services de télémédecine :
Lancé initialement pour ses employés, Amazon Care a évolué pour devenir un service de télémédecine accessible aux entreprises partenaires. Grâce à des partenariats avec des sociétés comme Marathon Health, Amazon propose une gamme complète de soins à distance, incluant des consultations virtuelles et des visites à domicile. Ce modèle montre comment Amazon réussit à combiner sa technologie avec des services de santé personnalisés.
Amazon HealthLake et l’optimisation des données de santé avec le cloud :
Avec Amazon HealthLake, Amazon propose une plateforme de gestion des données médicales basée sur le cloud. Ce service permet aux hôpitaux et cliniques de stocker, d’analyser et de sécuriser les informations médicales des patients, en garantissant leur confidentialité. En s’associant à des entreprises comme Cerner et Epic Systems, deux leaders du secteur des dossiers médicaux électroniques (DME), Amazon facilite l’intégration de HealthLake dans les systèmes existants.
L’offre One Medical intègre les services Amazon Clinic et Amazon Pharmacy :
Avec l’acquisition de One Medical, un fournisseur de soins primaires offrant des services en personne et à distance, Amazon se positionne sur un modèle hybride de soins car ce dispositif numérique propose des téléconsultations, ainsi que des consultations en présentiel, qui sont accessibles au travers d’un abonnement mensuel. En plus de cela, l’offre One Medical a intégré la plateforme Amazon Clinic qui propose des téléconsultations, cette fois-ci, payantes “à l’unité”. Cela permet au patient de choisir entre un abonnement mensuel ou une consultation unique via le service One Medical.
Amazon Pharmacy qui permet aux utilisateurs d’Amazon d’acheter des médicaments en ligne, tout en bénéficiant de services de livraison à domicile, a aussi été intégré à l’offre One Medical pour que les patients qui utilise ce service n’aient pas à payer pour la livraison de leur médicament, s’ils sont passés par une consultation sur la plateforme One Medical.
Les solutions cloud et IA de Microsoft
Microsoft est un acteur majeur de la santé numérique, avec des solutions cloud comme Microsoft Cloud for Healthcare, des outils d’IA pour la santé et des partenariats solides avec le secteur médical.
Microsoft Cloud for Healthcare et la gestion des données de santé :
Microsoft Cloud for Healthcare permet aux établissements de santé de centraliser, d’analyser et de sécuriser les données médicales, tout en favorisant l’interopérabilité entre différents systèmes. Grâce à des partenariats avec des entreprises comme GE Healthcare, Cerner et Allscripts, Microsoft facilite l’intégration de ses solutions cloud dans les infrastructures existantes des hôpitaux et des cliniques.
L’acquisition de Nuance Communications et la révolution de la transcription médicale :
En 2021, Microsoft a acquis Nuance Communications, un leader de la reconnaissance vocale appliquée à la médecine. Ce partenariat permet à Microsoft d’intégrer les technologies d’IA de Nuance pour offrir des solutions de transcription médicale, améliorant l’efficacité des médecins et réduisant le temps passé à saisir des informations. Cela transforme la manière dont les professionnels de santé documentent les consultations et facilitent les échanges d’informations médicales.
Apple, pour une gestion proactive du bien-être
Apple est devenu un acteur majeur de la santé numérique, avec des produits comme l’Apple Watch et des plateformes comme HealthKit et ResearchKit. Ses partenariats avec des établissements de santé renforcent l’impact de ces technologies.
Apple Watch, des outils pour surveiller la santé cardiovasculaire et le bien-être :
L’Apple Watch propose des fonctionnalités comme le suivi de la fréquence cardiaque et l’électrocardiogramme (ECG), des outils qui permettent une surveillance proactive de la santé cardiovasculaire. En partenariat avec des institutions comme l’American Heart Association, Apple a utilisé l’Apple Watch pour détecter des maladies cardiaques comme la fibrillation auriculaire, une maladie qui peut être détectée précocement pour améliorer les traitements et sauver des vies.
Apple One, un coach IA pour une santé personnalisée :
En 2025, Apple s’apprête à révolutionner la gestion de la santé personnelle avec le lancement de Apple One, qui intégrera un coach IA. Ce service permettra de suivre les habitudes alimentaires, l’activité physique et le sommeil des utilisateurs, en leur offrant des recommandations personnalisées. L’objectif est de rendre la gestion de la santé plus interactive et accessible, avec une intégration fluide dans l’écosystème Apple, tel que l’Apple Watch et l’iPhone, pour un suivi complet et sécurisé.
Améliorer la santé mentale par la réalité virtuelle de Meta
Meta, anciennement Facebook est l’acteur des Gamam qui est le moins impliqué dans le numérique en santé, mais qui investit depuis plusieurs années investit dans la santé mentale en utilisant la réalité virtuelle pour offrir des thérapies immersives.
Reality Labs et les thérapies par réalité virtuelle pour traiter les troubles mentaux :
Reality Labs, la division de Meta dédiée à la réalité virtuelle, a développé des programmes de thérapie virtuelle pour aider les patients souffrant de troubles comme l’anxiété, le stress post-traumatique ou les phobies. Meta collabore avec des cliniques spécialisées et des psychologues pour évaluer l’efficacité de ces thérapies. Ces solutions offrent une alternative aux méthodes traditionnelles en permettant aux patients de se soigner dans un environnement contrôlé et immersif.
Cartographie des solutions numériques des GAMAM :
Cartographie des solutions numériques des GAMAM – @Health&Tech Intelligence
Dans cet article, Health&Tech Intelligence publie la cartographie des entrepôts de données de santé créés en 2024 :
Nom de l’entrepôt
Responsable de l’entrepôt
Description de l’entrepôt
RCAN GUYANE
Centre hospitalier de Cayenne
Il a pour but de réaliser un état des lieux de la situation épidémiologique de la Guyane concernant les cancers, par le recueil de tous les nouveaux cas à partir du 1er janvier 2003.
Il a pour but de réaliser des recherches, études ou évaluations dans le domaine de la santé et en particulier concernant l’amélioration des pratiques de soins en néo-natologie et pédiatrie.
SOG Health
Groupement pour l’Elaboration et la Réalisation de Statistique (GERS)
Il a pour but la collecte et la mise à disposition à des fins de recherche des données de vie réelle de ventes et de délivrances de produits aux clients de pharmacies partenaires.
THIN
Groupement pour l’Elaboration et la Réalisation de Statistique (GERS)
Il rassemble des données de vie réelle de suivi des patients, collectées chez les médecins libéraux de ville, à des fins de recherche et d’études non interventionnelle.
EDS Cerba
Cerbaliance
Il a pour but de réaliser des recherches, études ou évaluations dans le domaine de la santé, de réalisation d’études de faisabilité et à des fins de pilotage de l’activité des laboratoires de biologie médicale du groupe Cerballiance.
L’entrepôt du CNRS
Centre national de la recherche scientifique (CNRS)
Déclaré conforme au référentiel EDS, l’entrepôt a pour but de réaliser des recherches, études ou évaluations concernant la trisomie 21 et les déficiences intellectuelles d’origine génétique.
L’entrepôt de l’Institut Jérôme Lejeune
Institut Jérôme Lejeune
Déclaré conforme au référentiel EDS, il a pour but de réaliser des recherches, études ou évaluations concernant la trisomie 21 et les déficiences intellectuelles d’origine génétique.
Déclaré conforme au référentiel EDS, il contient les données médicales et administratives des patients collectées lors de leur venue dans l’établissement, pour consultation ou hospitalisation et, selon les cas, des données provenant des études cliniques. Le but de l’entrepôt est de mener des études à grande échelle et faire avancer la recherche médicale, mais aussi d’améliorer l’organisation des soins et la prise en charge des patients en utilisant des données qui n’étaient pas collectées pour cette finalité initialement.
Contact
SOS Médecins
Il a pour but de l’amélioration des pratiques et de la prise en charge médicale, ainsi que le partage des données à des tiers à des fins de recherche en santé.
Il contient les données médicales et administratives des patients collectées lors de leur venue dans l’établissement, pour consultation ou hospitalisation et, selon les cas, des données provenant des études cliniques. Le but de l’entrepôt est de mener des études à grande échelle et faire avancer la recherche médicale, mais aussi d’améliorer l’organisation des soins et la prise en charge des patients en utilisant des données qui n’étaient pas collectées pour cette finalité initialement.
L’entrepôt du Groupe de Recherche en Réanimation Respiratoire du patient d’Onco-Hématologie (GRRR-OH)
Groupe de Recherche en Réanimation Respiratoire du patient d’Onco-Hématologie (GRRR-OH)
N.C
L’entrepôt de l’Université Sorbonne-Paris-Nord
Université Sorbonne-Paris-Nord
N.C
FREDD
Institut nationale de la santé et de la recherche médicale (Inserm)
Il a pour but de réaliser des recherches, études ou évaluations concernant les maladies rares de l’œil.
Il a pour but d’optimiser la recherche sur l’ostéosarcome et de proposer une prise en charge adaptée aux patients qui en sont atteints.
L’entrepôt du centre hospitalier de Saint-Denis
CH de Saint-Denis
N.C
Data – Life Sciences
France Tissue Bank
Il a pour but de réaliser des recherches, études ou évaluations dans le domaine de la santé et principalement dans le domaine de la cancérologie.
DAT’AIDS
DAT’AIDS
Il a pour but de réaliser des recherches, études ou évaluations concernant l’infection au virus de l’immunodéficience humaine (VIH) et autres infections sexuellement transmissibles.
eDOL
CHU de Montpellier
Il contient les données médicales et administratives des patients collectées lors de leur venue dans l’établissement, pour consultation ou hospitalisation et, selon les cas, des données provenant des études cliniques. Le but de l’entrepôt est de mener des études à grande échelle et faire avancer la recherche médicale, mais aussi d’améliorer l’organisation des soins et la prise en charge des patients en utilisant des données qui n’étaient pas collectées pour cette finalité initialement.
L’entrepôt du centre hospitalier Charles Perrens
CH Charles Perrens
N.C
L’entrepôt des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS)
Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS)
Il contient les données médicales et administratives des patients collectées lors de leur venue dans l’établissement, pour consultation ou hospitalisation et, selon les cas, des données provenant des études cliniques. Le but de l’entrepôt est de mener des études à grande échelle et faire avancer la recherche médicale, mais aussi d’améliorer l’organisation des soins et la prise en charge des patients en utilisant des données qui n’étaient pas collectées pour cette finalité initialement.
Encourager les collaborations interdisciplinaires en IA et Santé
S’inscrivant dans le cadre du programme régional, lancé et financé par la Région Occitanie, le nouvel appel à projet (AAP) d’amorçage « IA pour la Santé » souhaite renforcer l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) dans le domaine médical. Ce programme ambitionne de réunir les acteurs académiques, industriels et médicaux pour développer des innovations capables de répondre aux grands défis de la médecine de demain.
Cet APP cible le financement de projets interdisciplinaires associant chercheurs en IA et experts du domaine de la santé. Le livre blanc indique que les collaborations doivent :
➡️ s’appuyer sur des approches combinant numérique, santé et IA, avec un potentiel de montée en TRL (Technology Readiness Level) ;
➡️ permettre des avancées technologiques, comme l’amélioration des diagnostics, la personnalisation des traitements, ou le développement de dispositifs innovants ;
➡️ inclure une dimension scientifique claire avec des données de santé fiables et exploitées dans des cas d’usages précis ;
➡️ encourager la transversalité et les synergies entre acteurs locaux en Occitanie, avec un potentiel d’industrialisation des résultats à moyen terme.
Modalités de l’AAP
Modalités de financement :
Deux niveaux de subventions sont proposés :
1.Financement de base : jusqu’à 15 000 € pour les collaborations entre numérique et santé.
2.Bonus :
• +10 000 € pour les projets impliquant un ou plusieurs partenaires du défi-clé CeBBOc.
• +5 000 € pour les collaborations interrégionales au sein de l’Occitanie.
Critères d’éligibilité et conditions :
Sont éligibles :
• les laboratoires ou équipes de recherche évalués par l’HCERES, rattachés à des établissements d’enseignement supérieur ou de recherche, publics ou privés, en région Occitanie ;
• les projets doivent être co-portés par un acteur IA et un acteur santé, sur une durée de 12 mois ;
• le budget total est plafonné à 30 000 €, toutes aides incluses.
Les doctorants ne sont pas éligibles ; seuls les post-doctorants et chercheurs ayant un contrat couvrant la durée du projet peuvent candidater.
Calendrier et dépôt des candidatures :
• Date limite : 28 février 2025.
• Annonce des résultats : Mi-avril 2025.
• Début des projets : Mai/Juin 2025.
Les candidatures doivent être soumises via le formulaire disponible et envoyées à l’adresse : aapiasante@univ-toulouse.fr.
👉 Téléchargez le cahier des charges complet et soumettez votre dossier selon le modèle requis pour maximiser vos chances de succès.