VERDU BISSI Alexandre

  • Données de santé : le HDH lance le premier AMI sur le catalogue du SNDS (04/05)

    Accélérer l’usage des données de santé pour l’innovation

    Cet appel à manifestation d’intérêt (AMI) s’adresse aux structures académiques, aux entreprises et aux acteurs institutionnels ayant pour ambition de développer des solutions à fort impact médical, sociétal et économique.

    Dans le cadre de cet AMI, les projets retenus profiteront d’un dispositif d’accompagnement global, intégrant à la fois des ressources technologiques, un encadrement méthodologique et un soutien financier. L’accès aux bases du catalogue du système national des données de santé (SNDS) sera simplifié grâce à un accompagnement technique et réglementaire personnalisé, permettant aux lauréats de naviguer dans l’écosystème complexe de la donnée de santé.

    En complément, les bénéficiaires auront la possibilité de réaliser leurs analyses dans un environnement sécurisé mis à disposition sur la plateforme du Health Data Hub, garantissant ainsi la protection des données sensibles et la conformité aux réglementations en vigueur. Pour favoriser la réussite des projets, chaque initiative sélectionnée recevra un financement pouvant atteindre 100 000 €, réparti sur une durée maximale de 24 mois.

    Des lauréats qui bénéficieront d’un financement et d’un accompagnement réglementaire :

    Le Health Data Hub assure un soutien étendu aux porteurs de projets en leur fournissant une assistance sur plusieurs aspects clés. Outre l’accès aux infrastructures de traitement et d’hébergement des données, les lauréats bénéficieront d’un accompagnement réglementaire, notamment sur les autorisations d’accès aux données et le respect des bonnes pratiques en matière de protection des informations de santé.

    Sur le plan méthodologique, un appui sera également apporté aux équipes de recherche pour structurer leurs projets, optimiser l’exploitation des bases de données et garantir la qualité scientifique des résultats obtenus.

    Le financement octroyé sous forme de subvention sera versé de manière progressive, en fonction de l’atteinte des objectifs définis dans le cadre de chaque projet. L’utilisation des fonds devra être justifiée par des dépenses éligibles couvrant les frais de personnel, les prestations externes et l’acquisition de ressources nécessaires à la conduite des travaux de recherche.

    Comment participer à l’AMI ?

    Critères d’éligibilité :

    Le projet doit être conforme aux critères d’éligibilité suivants :

    Dossier

    • Formation d’un dossier de candidature complet et conforme au format imposé . En particulier, tous les paragraphes, tableaux et onglets devront être renseignés, et les marges et tailles des polices respectées.
    • Soumission du dossier, dans les délais, sous forme électronique sur le site démarches-simplifiées.fr

    Projet

    • Projet utilisant les données d’au moins l’une des bases sélectionnée pour l’AMI, appariée ou non à la base principale du SNDS ;
    • Présentation d’une demande avec un budget d’environ 100 000 euros. Les travaux associés à la demande d’aide ne doivent pas avoir commencé avant l’annonce des lauréats ;
    • Proposition d’une assiette éligible de travaux qui ne fait pas ou n’a pas fait l’objet de financements publics hors du cadre du présent appel à manifestation d’intérêt : par l’État, les collectivités territoriales, l’Union européenne ou leurs agences ;
    • Déroulement sur une durée ne dépassant pas 24 mois à compter de la date de la signature de la convention de collaboration ;
    • Formulation d’une demande d’accompagnement par le Health Data Hub cohérente avec les accompagnements proposés ;
    • Prévoir le partage en open source de programmes et de documentations ayant un potentiel de réutilisation. En contribuant à ce partage, les acteurs participent à la mutualisation des efforts dans le développement d’outils fiables d’analyse des données de santé, au bénéfice de tous. Le partage se fait via des licences permissives.

    Porteur(s) du projet

    • Le porteur doit être une personne morale enregistrée en France ;
    • Les porteurs de projet devront être à jour de leurs obligations fiscales et sociales.

    Les projets ne respectant pas l’un des critères d’éligibilité sont écartés du processus de sélection, sans recours possible.

    Critères de selection des projets :

    La sélection des projets s’appuiera prioritairement sur les critères suivants :

    Bénéfices attendus

    • Justification de l’intérêt du projet et de son livrable (motivation de la recherche, mise en exergue de l’enjeu social et/ou sanitaire et/ou environnemental sous-jacent, bénéfices médico/économiques prévisionnels explicites)
    • Pertinence du projet vis-à-vis de la thématique sélectionnée.
    • Problématique claire : définition de la pathologie, population ciblée.
    • Caractère innovant du projet : Positionnement et valeur ajoutée par rapport à l’état de l’art.
    • Faisabilité et réalisme technique du projet
    • Vision cible claire et jalonnée
    • Description détaillée de l’approche algorithmique et méthodologique
    • Réalisme du budget et adéquation avec les jalons
    • Principaux postes de dépenses clairement détaillés
    • Maîtrise des risques associés au projet et mitigations associées
    • Capacité du(des) porteur(s) du projet à porter le projet et maturité du projet
    • Expérience et implication de l’équipe projet
    • Adéquation de l’équipe avec l’ambition du projet
    • La présence de premiers résultats déjà disponibles attestant de la crédibilité du projet est un plus
    • Compréhension et avancement dans les démarches réglementaires
    • Openscience
    • Caractère réutilisable des éléments proposés en partage en open source avec licence permissive
    • Dimensionnement et pertinence de l’accompagnement demandé

    Processus de candidature et calendrier :

    • Ouverture de l’AMI : 10 mars 2025.
    • Date limite de dépôt des candidatures : 4 mai 2025 à minuit.
    • Sélection des dossiers et auditions : juin 2025.
    • Annonce des lauréats : été 2025.

    Les candidatures doivent être déposées sur la plateforme dédiée : https://www.demarches-simplifiees.fr/commencer/appel-a-manifestation-d-interet-catalogue-du-snds 

    👉 Un webinaire dédié au dossier de candidature est également organisé le 16 avril. Vous pouvez vous y inscrire en clinquant sur ce lien.

    📩 Pour toute question relative à l’AMI, contactez : ami.catalogue@health-data-hub.fr.

  • Financement : Sofinnova Partners lève 1,2 milliard d’euros pour continuer à soutenir l’innovation en science de la vie

    Une stratégie d’investissement globale et diversifiée

    Dans un contexte où les avancées en biotechnologie et en medtech redéfinissent les standards de la santé et du développement durable, Sofinnova Partners, acteur majeur du capital-risque en Europe, franchit une nouvelle étape stratégique. La société vient d’annoncer une levée de 1,2 milliard d’euros pour soutenir la prochaine génération d’entreprises innovantes dans les sciences de la vie. Ce financement, obtenu au cours de l’année écoulée, dont 1 milliard rien que sur le dernier trimestre, porte les actifs sous gestion de Sofinnova à plus de 4 milliards d’euros.

    Depuis plus de 50 ans, Sofinnova Partners accompagne les entrepreneurs en santé, medtech et biotechnologies industrielles. Avec ses sept stratégies d’investissement, allant de l’incubation aux phases avancées de croissance, l’entreprise se positionne comme un catalyseur essentiel pour les startups et les scale-ups du secteur. « Ces nouveaux fonds nous permettront de financer entre 50 et 60 nouvelles entreprises, favorisant ainsi l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs capables de relever les défis mondiaux de la santé et du développement durable », explique Antoine Papiernik, président et managing partner de Sofinnova.

    L’intelligence artificielle au service du capital-risque :

    Dans un secteur en constante évolution, la capacité à détecter et à accompagner les innovations de rupture est cruciale. Pour optimiser ses décisions d’investissement, Sofinnova a développé une plateforme d’intelligence artificielle en interne depuis plus de cinq ans. Grâce à des outils d’analyse avancée de données et de machine learning, cette technologie permet d’identifier les opportunités à fort potentiel et d’accompagner les entreprises de manière plus agile et efficace.

    Un réseau international au cœur des écosystèmes d’innovation

    Avec plus de 80 experts, dont 25 Investment Partners, Sofinnova Partners s’appuie sur une équipe internationale répartie entre Paris, Londres et Milan, et connectée aux hubs technologiques mondiaux. Cette implantation stratégique permet d’accéder aux innovations émergentes et d’accompagner leur développement à grande échelle.

    En attirant des investisseurs institutionnels de premier plan, des fonds souverains, ainsi que des family offices et grandes entreprises, Sofinnova démontre une fois de plus sa capacité à fédérer des acteurs majeurs autour des avancées médicales et environnementales de demain. Avec cette nouvelle levée de fonds, Sofinnova Partners se positionne comme un acteur incontournable du financement en sciences de la vie, prêt à soutenir la prochaine vague de révolutions médicales et technologiques.

    Plusieurs gros investissements en 2024 :

    Dans le cadre de sa mission d’accompagnement des innovations de rupture, Sofinnova Partners a récemment soutenu plusieurs levées de fonds majeures dans des domaines stratégiques. La société a investi dans Bioptimus, qui a levé 76 millions de dollars pour développer un modèle d’IA révolutionnaire appliqué à la biologie. Elle a également participé au financement de Freya Biosciences, une entreprise spécialisée en santé féminine, qui a obtenu 10,4 millions de dollars pour accélérer ses recherches. Purespring Therapeutics, dédiée au traitement des maladies rénales, a levé 105 millions de dollars, tandis qu’Asceneuron a sécurisé 100 millions de dollars pour développer des traitements contre les maladies neurodégénératives. Ces investissements confirment la volonté de Sofinnova de soutenir les solutions médicales les plus innovantes et de répondre aux défis majeurs de la santé mondiale.

  • Thérapies numériques : chiffres clés et tendances du marché DTx en 2025

    État des lieux des définitions des DTx

    Les thérapeutiques numériques (DTx) ont émergé au cours des dernières décennies comme une réponse innovante aux défis posés par les maladies chroniques et les besoins de soins de santé personnalisés. La montée en puissance des DTx coïncide avec l’essor des technologies numériques et l’augmentation de la demande pour des solutions de santé plus efficaces et accessibles.

    Évolution et standardisation des définitions :

    La Food and drug administration (FDA) a été l’une des premières à reconnaître et à approuver des produits DTx. Selon la FDA, les DTx sont des dispositifs médicaux logiciels destinés à fournir des interventions thérapeutiques fondées sur des preuves pour traiter ou gérer des maladies. Ces produits doivent passer par des essais cliniques rigoureux pour prouver leur efficacité et leur sécurité avant d’être approuvés.

    L’ European medicines agency (EMA) reconnaît également les DTx comme des dispositifs médicaux logiciels qui doivent être évalués pour leur efficacité et leur sécurité avant de recevoir une autorisation de mise sur le marché. L’EMA insiste sur l’importance des preuves cliniques et de l’évaluation continue des produits DTx pour garantir leur intégration efficace dans les systèmes de santé européens.

    Selon la Digital therapeutics alliance (DTA), les thérapies numériques (DTx) sont des interventions thérapeutiques fondées sur des données probantes, pilotées par un logiciel, destinées à prévenir, gérer ou traiter un trouble ou une maladie médicale. Ces thérapies utilisent divers outils numériques, tels que des appareils mobiles, des applications, des capteurs, la réalité virtuelle, l’Internet des objets, et d’autres technologies pour encourager les changements de comportement chez les patients. La DTA a publié une liste de 10 principes pour qualifier une thérapie numérique :

    Les 10 Principes pour qualifier une DTx selon la Digital Therapeutics Alliance (DTA) - @ Health & Tech Intelligence
    Les 10 Principes pour qualifier une DTx selon la Digital Therapeutics Alliance (DTA) – @ Health & Tech Intelligence

    Définitions de la DTA et FDA comme référence :

    Les définitions proposées par la DTA et la FDA sont actuellement les plus reconnues et utilisées dans l’industrie. La précision et la rigueur des critères définis par ces organisations, notamment la nécessité de validation par des essais cliniques et l’approbation par les autorités de santé, en font des normes de référence pour les entreprises du secteur.

    L’absence de standardisation globale, notamment de la part d’organisations comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS), crée des obstacles à l’adoption et à l’évaluation réglementaire. Une harmonisation des définitions et des critères de validation pourrait faciliter l’acceptation et le remboursement des DTx par les assureurs, tout en renforçant la confiance des utilisateurs.


    État des lieux du marché des thérapie numériques

    Considéré comme l’un des domaines les plus innovants de la santé numérique, l’écosystème DTx a connu des progrès accélérés au cours des dernières années. Estimé à 8,3 milliards de dollars en 2024, le marché des DTx pourrait atteindre 41,4 milliards de dollars d’ici 2033, avec un taux annuel d’augmentation de 18 %, selon Straits Research. Cette croissance est alimentée par des initiatives gouvernementales visant à soutenir les progrès technologiques et par l’augmentation de la demande pour des solutions de santé plus rentables et efficaces.

    Évolution du marché DTx entre 2024 et 2033 - @Health&Tech Intelligence
    Prévision de l’évolution du marché DTx entre 2024 et 2033 – @Health & Tech Intelligence

    Un marché détenu presque en majorité par les États-Unis :

    L’Amérique du Nord domine de plus en plus le marché des DTx. Alors que ce continent détenait 41 % du marché en 2022, les chiffres de 2024 montrent une augmentation de sa part de marché. Avec un marché américain estimé à plus de 4 milliards de dollars (dont plus de 3 milliards pour les États-unis), l’Amérique du Nord possède 49,17 % de parts de marché. Cette dominance est attribuée à une amélioration progressive des structures de remboursement et à une augmentation des investissements dans les DTx. Aux États-Unis, l’incidence élevée des maladies chroniques, telles que le diabète et les maladies cardiovasculaires, pose un défi majeur au système de santé et stimule fortement la demande pour des solutions de thérapeutiques numériques.

    L’Europe, en retard, mais pas sans reste :

    Malgré un retard flagrant par rapport aux États-Unis, l’Europe reste quand même le marché qui se situe en deuxième position derrière les USA en termes de taille de marché avec un marché de 1,94 milliard de dollars en 2024, soit près d’un tiers du marché mondial. Cependant, ce marché européen est fragmenté, avec d’un côté l’Allemagne, bon élève européen, et de l’autre, les autres pays du continent. En effet, ce pays est le seul qui possède, depuis 2019, un système de remboursement effectif pour les solutions de thérapies digitales prescrites par les médecins. En France, ce marché représentait environ 300 millions d’euros en 2023, avec une croissance attendue pour atteindre 1,2 milliard d’euros d’ici 2030. La feuille de route pour le numérique en santé 2020-2022 a été un catalyseur majeur de cette croissance, en soutenant l’innovation et l’adoption de solutions numériques pour améliorer la qualité des soins et l’efficacité des services de santé. En revanche, à l’exception de l’Allemagne, le marché européen du DTx reste fragmenté et accuse un retard par rapport aux États-Unis en termes d’adoption et de prescription. Dans la plupart des pays, les patients ne sont pas disposés à payer eux-mêmes pour des produits de santé. Ce qui représente une barrière d’accès au marché pour les acteurs des DTx. 

    L’Asie est le continent qui a le marché qui progresse le plus rapidement :

    Malgré son retard sur les Etats-Unis et l’Europe, le marché asiatique est celui qui progresse le plus rapidement de tous les marchés, avec un taux de progression annuel qui se rapproche des 25 % et qui pourrait lui permettre de dépasser le marché européen en 2028, en atteignant les 3 470,31 millions de dollars d’ici 2028, contre 767,23 millions de dollars en 2021, selon Business market insights. Les investissements gouvernementaux massifs, notamment en Chine, au Japon et en Inde, ainsi que la prévalence croissante des maladies chroniques, stimulent cette croissance rapide. La mise en place de normes pour les dossiers de santé électroniques et le développement d’applications hospitalières basées sur le cloud sont des exemples des initiatives visant à renforcer la digitalisation des soins de santé dans cette région​.

    Accessibilité, rentabilité et résultats probants :

    Les DTx offrent des solutions rentables et efficaces pour gérer des maladies chroniques telles que le diabète, les maladies cardiovasculaires et les troubles de la santé mentale. Les avancées technologiques permettent aux DTx de fournir des interventions thérapeutiques fondées sur des preuves en utilisant des appareils mobiles, des applications, des capteurs, et des technologies émergentes comme la réalité virtuelle et l’Internet des objets. En 2022, le segment des applications liées aux traitements et soins a capturé la plus grande part de marché. Cette dominance est attribuée à l’augmentation des coûts des soins de santé et à la prévalence croissante des maladies chroniques. 

    Réglementation et standardisation comme principaux freins :

    Malgré leur potentiel prometteur, les entreprises de DTx sont confrontées à plusieurs défis : 

    ➡️ la réticence des patients à adopter ces technologies, souvent due à un manque de familiarité et de confiance ; 

    ➡️ l’instabilité des modèles de paiement nécessite le développement de cadres de remboursement appropriés par les assureurs et les systèmes de santé ;

    ➡️ la non-standardisation des définitions des DTx empêche une évaluation et une approbation réglementaires efficaces, ne facilite pas l’acceptation et le remboursement par les assureurs, et entrave la confiance des utilisateurs ;

    ➡️ et le manque de sensibilisation et d’accès aux programmes de thérapie numérique dans les pays en développement qui limite la croissance globale du marché.


    Le marché des solutions curatives progresse plus vite que celui des solutions de prévention

    Le marché mondial des DTx se divise en solutions préventives et curatives, avec une nette domination du segment des traitements. Cette prédominance s’explique par la capacité des DTx à proposer des interventions ciblées, fondées sur des preuves cliniques, répondant à des pathologies spécifiques grâce à des solutions personnalisées, évolutives et validées cliniquement. En s’intégrant efficacement aux parcours de soins existants, ces traitements améliorent les résultats cliniques, l’observance thérapeutique et l’efficacité globale du système de santé.

    L’augmentation des maladies chroniques et des troubles de santé mentale stimule la demande pour les DTx, qui offrent des alternatives innovantes aux traitements traditionnels. Ces solutions permettent aux patients de mieux gérer leur condition tout en fournissant aux professionnels de santé des données en temps réel, facilitant une prise en charge plus réactive et personnalisée. L’essor des thérapies numériques basées sur l’intelligence artificielle et la gamification renforce encore ce segment en améliorant l’engagement des patients et leur adhésion sur le long terme.

    Par exemple, EndeavorRx, développé par Akili Interactive Labs, illustre parfaitement la suprématie du segment curatif. Premier jeu vidéo thérapeutique approuvé par la FDA pour le TDAH pédiatrique, il utilise des algorithmes adaptatifs et des techniques de stimulation cognitive pour offrir une alternative non médicamenteuse qui améliore l’attention et les fonctions exécutives des enfants. Avec l’adoption croissante de modèles de soins hybrides et l’intégration des thérapies numériques dans les protocoles médicaux, le marché des DTx curatifs est voué à une croissance exponentielle, portée par les avancées technologiques, les validations cliniques accrues et l’évolution du cadre réglementaire.


    Défis financiers et structurels

    Les défis financiers et structurels restent toutefois significatifs. La faillite de Pear therapeutics en 2023, malgré le succès clinique de ses produits et leur approbation par la FDA, illustre ces obstacles. Les principales difficultés de Pear therapeutics ont été :

    1️⃣ la sécurisation de modèles de remboursement stables ;

    2️⃣ l’attrait de nouveaux investissements ;

    3️⃣ et faire face à l’hypercompétitivité du secteur.

    Ces difficultés ont entraîné une augmentation des coûts de marketing et de développement sans garantie de retour sur investissement à court terme. En France, le marché des DTx est principalement composé de petites start-ups, vulnérables aux mêmes pressions financières et structurelles. Le cadre réglementaire et les modèles de remboursement évoluent mais nécessitent encore des ajustements pour soutenir l’innovation de manière durable.

  • Cartographie des DTx disponibles en France : les solutions pour les troubles mentaux et les maladies chroniques sont les plus représentées

    42 solutions réparties entre la santé mentale et la santé somatique

    Les solutions de thérapie digitale en France se concentrent principalement sur deux grands pans : la santé mentale et la santé somatique. Ces thérapies numériques permettent d’accompagner les patients dans la gestion de pathologies variées en s’appuyant sur des technologies innovantes. Estimé à 8,3 milliards de dollars en 2024, le marché des DTx pourrait atteindre 41,4 milliards de dollars d’ici 2033, selon Straits Research. En France, le programme Pecan permet une compensation financière pouvant atteindre 780 euros par patient et par an pour certaines de ces solutions.

    Les DTx offrent plusieurs avantages, notamment une prise en charge plus personnalisée et continue, une meilleure accessibilité et la capacité d’exploiter des données en temps réel pour optimiser les soins. Elles permettent aux médecins d’adapter les traitements en fonction des retours des patients et des analyses issues des dispositifs connectés. Cependant, plusieurs défis subsistent, notamment l’adhésion des professionnels de santé, la sécurisation des données et la nécessité d’études cliniques rigoureuses pour valider leur efficacité.

    19 solutions pour la santé mentale

    Une prise en charge numérique adaptée pour les troubles mentaux :

    Les troubles mentaux comme la dépression, l’anxiété ou les troubles du sommeil bénéficient d’un accompagnement numérique de plus en plus précis. Qolibri, développé par Appthera, propose un accompagnement digital pour la gestion du stress et du bien-être mental. Music Care intègre la musicothérapie dans ses protocoles pour la gestion du stress et des douleurs chroniques. EndeavorRx, développé par Akili, propose une approche innovante dans la gestion du TDAH.

    Des outils pour accompagner le sevrage :

    Les DTx sont également utilisées pour accompagner les patients dans leur lutte contre les addictions, qu’il s’agisse de la dépendance à l’alcool, aux drogues ou aux jeux d’argent. C2Addict de C2Care propose un accompagnement basé sur la réalité virtuelle pour aider les patients à surmonter leurs addictions par exposition progressive à des situations à risque. Quitoxil, développé par Klava Innovation, propose une approche comportementale et personnalisée pour le sevrage tabagique. Sobero, conçu par Kwit, accompagne les patients dans une gestion plus responsable de leur consommation d’alcool.

    Améliorer les fonctions cérébrales grâce à la stimulation cognitive :

    Les solutions numériques destinées à la stimulation cognitive visent à renforcer la mémoire, l’attention et d’autres capacités essentielles. Poppins cible les enfants et adultes atteints de TDAH ou de dyslexie en leur proposant un programme d’entraînement sur mesure. HappyNeuron et C2Brain développent des outils interactifs destinés à améliorer la plasticité cérébrale, notamment pour les personnes âgées ou en rééducation après un traumatisme. ExoStim, conçu par Global Stim, propose des exercices personnalisés pour renforcer les capacités cognitives des patients souffrant de pathologies neurologiques.

    La gestion des troubles psychologiques :

    C2Phobia, développé par C2Care, propose des protocoles de thérapie par exposition en réalité virtuelle pour traiter diverses phobies. C2Hypno offre des séances d’hypnose immersive pour la relaxation et la gestion de l’anxiété. C2Comp utilise un compagnon virtuel pour stimuler les patients souffrant d’anhédonie. Mood Tracker, conçu par Cephalgo, permet un suivi avancé de l’humeur basé sur des analyses EEG. Petit Bambou propose un accompagnement basé sur la méditation et la pleine conscience pour la gestion du stress.

    23 solutions pour la santé somatique

    Des solutions pour un suivi optimisé des maladies chroniques :

    Les patients atteints de maladies chroniques bénéficient également des DTx pour mieux gérer leur condition au quotidien. Diabeloop propose une solution numérique avancée pour l’autogestion du diabète, avec un suivi personnalisé et des recommandations en temps réel. Theraxium Platform, développée par Voluntis, s’intègre dans la prise en charge de plusieurs pathologies chroniques comme le diabète et l’oncologie. Joe, développé par Ludocare, accompagne les enfants atteints d’asthme et de mucoviscidose dans la gestion de leur traitement. Helpilepsy et MigraineManager, conçus par Neuroventis, ciblent respectivement la gestion de l’épilepsie et des migraines.

    Gestion de la douleur et des maladies spécifiques :

    La douleur chronique représente un défi médical majeur, et plusieurs entreprises ont développé des DTx pour répondre à ce besoin. Butterfly Therapeutics, Deepsen, Remedee Labs, Lumeen et Hypno VR proposent des solutions basées sur la réalité virtuelle et la neurostimulation pour soulager la douleur. Bliss, une solution de Butterfly Therapeutics, utilise des expériences immersives pour soulager la douleur des patients hospitalisés. Lyv Endo (Lyv) propose une prise en charge spécifique des patientes souffrant d’endométriose, en facilitant le suivi des symptômes et l’adaptation des traitements. Endocare, anciennement Lucine et repris par Butterfly Therapeutics, complète l’offre pour cette pathologie.

    Des solutions pour des besoins médicaux ciblés :

    Urologie et gynécologie :

    Les troubles urologiques et gynécologiques bénéficient également des avancées numériques. Kranus Mictera, développé par Kranus Health, accompagne les patientes souffrant d’incontinence urinaire en proposant un programme numérique de rééducation. Kranus Lutera cible les troubles de la vidange vésicale, souvent liés à l’hypertrophie bénigne de la prostate, et propose un suivi personnalisé. Kranus Edera, quant à lui, s’adresse aux patients atteints de dysfonction érectile, avec un programme structuré de rééducation et de conseils adaptés. Emy, conçu par Fizimed, est un dispositif connecté dédié au renforcement du plancher pelvien, aidant les patientes à prévenir ou traiter l’incontinence urinaire.

    Cancérologie :

    Dans le domaine de l’oncologie, Moovcare Lung, développé par Moovcare, est une solution numérique spécialement conçue pour le suivi des patients atteints de cancer du poumon. L’application permet une détection précoce des rechutes en analysant les données de santé des patients, facilitant ainsi une intervention rapide et adaptée.

    Ophtalmologie :

    Les pathologies visuelles sont également concernées par les thérapies numériques. OdySight, conçu par Tilak Healthcare, propose un suivi de l’acuité visuelle en intégrant des tests et exercices spécifiques. Cette solution permet aux patients et aux professionnels de santé de surveiller l’évolution des troubles ophtalmologiques et d’adapter les traitements en conséquence.

    Dermatologie :

    En dermatologie, les solutions numériques se développent pour améliorer la prise en charge des maladies de peau. Digital Skin Optimizer, développé par Xantial DTx, propose un suivi avancé des affections dermatologiques chroniques telles que l’eczéma et le psoriasis. Grâce à cette solution, les patients bénéficient d’un accompagnement personnalisé pour optimiser la gestion de leurs traitements et surveiller l’évolution de leur état de santé cutané.


    Cartographie des solutions de DTx utilisées en France :

    Cartographie des solutions DTx utilisées en France en 2025 - @Health & Tech Intelligence
    Cartographie des solutions DTx utilisées en France en 2025 – @Health & Tech Intelligence
  • IA Gen : des agents de plus en plus spécialisés, des solutions au coeur de la stratégie de nombreuses entreprises… 4 tendances sur les agents d’IA pour 2025 (Rapport CB Insights)

    Quatre tendances clés à surveiller pour les agents d’IA en 2025 :

    En l’espace de quelques mois, les mentions des agents d’intelligence artificielle dans les communications financières des entreprises ont été multipliées par quatre au dernier trimestre 2024, et cette tendance devrait encore doubler ce trimestre. Bien plus que de simples copilotes, ces agents basés sur des modèles de langage avancés (LLM) sont capables d’exécuter des tâches complexes de manière autonome, qu’il s’agisse de prospection commerciale ou de prise de décision en matière de conformité. Le marché des infrastructures et des applications d’agents d’IA explose, avec plus de la moitié des entreprises du secteur ayant vu le jour après 2023. Cette effervescence se reflète également dans les financements, qui ont presque triplé en 2024, confirmant l’intérêt croissant des investisseurs pour ces technologies capables de transformer en profondeur le fonctionnement des entreprises.

    Les levées de fonds des entreprises qui développent des agents d'IA depuis 2020 - @CB Insights
    Les levées de fonds des entreprises qui développent des agents d’IA depuis 2020 – @CB Insights

    Selon le rapport CB Insights “What’s next for AI agents?“, quatre grandes tendances structureront leur développement en 2025 : la domination des big techs sur le marché des agents généralistes, la spécialisation des acteurs privés, la structuration d’une infrastructure dédiée aux AI Agents, et le passage de l’expérimentation à l’implémentation à grande échelle dans les entreprises.

    1️⃣ La domination des big techs sur les agents d’IA généralistes :

    Les grandes entreprises technologiques et les principaux développeurs de grands modèles de langage (LLM) dominent désormais le marché des agents conversationnels généralistes. Des acteurs comme OpenAI, Google et Microsoft disposent d’un avantage considérable, grâce à des canaux de distribution massifs et une adoption rapide par les utilisateurs. OpenAI, par exemple, compte déjà 400 millions d’utilisateurs actifs par semaine.

    Dans le secteur de la santé, cette domination des géants technologiques pose une double problématique. D’une part, elle garantit un accès facilité à des outils d’intelligence artificielle performants, capables d’améliorer la prise en charge des patients et d’optimiser les flux hospitaliers. D’autre part, elle entraîne une dépendance accrue des établissements de santé à ces solutions propriétaires, soulevant des questions de sécurisation des données, d’interopérabilité et de souveraineté numérique. Les systèmes hospitaliers et les gouvernements devront donc arbitrer entre l’accessibilité et la puissance des solutions développées par les big techs, et le besoin de préserver une maîtrise locale des données sensibles.

    2️⃣ Une spécialisation croissante des agents d’IA privés :

    Face à l’hégémonie des grandes plateformes, les entreprises spécialisées dans l’intelligence artificielle misent sur la spécialisation pour se différencier. Depuis 2020, la moitié des levées de fonds en capital-risque dans l’IA concernent les AI Agents, mais seuls ceux ayant une véritable valeur ajoutée réussissent à s’imposer. Dans le domaine de la santé, cette spécialisation se traduit par des agents dédiés à des usages précis. Certains sont conçus pour assister au diagnostic médical, en analysant en temps réel les dossiers médicaux et les images. D’autres se concentrent sur la gestion des patients en automatisant les suivis post-opératoires et les rappels de traitement. Enfin, certains agents sont optimisés pour fluidifier les flux hospitaliers en ajustant la gestion des ressources en fonction des pics d’affluence.

    Les solutions adaptées aux besoins des professionnels de santé sont celles qui ont le plus fort potentiel d’adoption en 2025. Plus ces outils seront capables d’intégrer les données cliniques et les spécificités des métiers de la santé, plus ils s’imposeront comme des alliés indispensables dans la transformation des établissements médicaux.

    3️⃣ Une infrastructure de plus en plus structurée :

    Jusqu’ici, l’écosystème des agents d’IA était marqué par une fragmentation des solutions, avec des outils dispersés et une absence de standardisation claire. En 2025, un nouvel écosystème plus structuré émerge, avec des solutions spécialisées qui couvrent l’ensemble du développement des AI Agents. La gestion et la curation des données deviennent un enjeu majeur pour alimenter les modèles d’IA avec des informations fiables et exploitables. L’intégration web et les outils de recherche permettent aux agents d’IA d’accéder à des bases de connaissances actualisées, tandis que l’évaluation et la supervision assurent leur fiabilité et limitent les erreurs.

    Dans la santé, cette structuration des infrastructures d’intelligence artificielle est des plus importantes : elle garantit que les données médicales traitées respectent les normes de confidentialité et de sécurité, tout en assurant une interopérabilité avec les systèmes d’information hospitaliers existants. L’évolution vers des plateformes AI unifiées et conformes aux contraintes réglementaires jouera un rôle clé dans l’adoption de ces technologies par les établissements médicaux.

    4️⃣ De l’expérimentation à l’implémentation massive :

    Après plusieurs années de tests et d’expérimentations, 2025 marque un tournant décisif avec le passage à un déploiement à grande échelle des agents d’IA dans les entreprises et les établissements de santé. Selon CB Insights, 63 % des entreprises interrogées considèrent ces outils comme un élément central de leur stratégie dans les douze prochains mois. Cependant, plusieurs défis subsistent, notamment en matière de fiabilité, de sécurité et d’intégration dans les flux de travail existants.

    Dans le secteur de la santé, ces préoccupations sont d’autant plus importantes que ces outils peuvent avoir un impact direct sur la prise en charge des patients. L’adoption des agents d’IA dans les hôpitaux et les cliniques devra être encadrée par une supervision humaine rigoureuse, afin d’éviter les erreurs médicales. La sécurisation des données sensibles sera également un enjeu clé, face aux risques croissants de cyberattaques. Enfin, la formation des professionnels de santé à ces nouvelles technologies sera essentielle pour garantir une utilisation optimale et éviter toute mauvaise interprétation des recommandations générées par l’IA. Les établissements capables de relever ces défis bénéficieront pleinement des gains de productivité et de précision offerts par ces agents intelligents. Ils pourront ainsi améliorer la gestion des soins, affiner les diagnostics et offrir une expérience patient optimisée, tout en assurant un cadre sécurisé et éthique pour l’utilisation de l’intelligence artificielle en santé.

    L’intelligence artificielle au cœur de la transformation de la santé

    Le salon Himss 2025 l’a montré : les agents d’IA ne sont plus une simple tendance technologique, mais un véritable levier de transformation pour les entreprises et les établissements de santé. Leur évolution repose sur quatre piliers clés : la montée en puissance des big techs, la spécialisation des acteurs privés, la structuration de l’infrastructure technologique et le passage à l’implémentation massive. Dans la santé, ces agents ont le potentiel de révolutionner la gestion des soins, d’améliorer la prise en charge des patients et de réduire la charge administrative des soignants. Mais leur adoption nécessitera une approche éthique, sécurisée et intégrée, pour garantir une intelligence artificielle au service des professionnels et non en substitution de leur expertise. L’année 2025 marquera donc un tournant dans la démocratisation de ces outils, avec des déploiements à grande échelle qui façonneront le futur des systèmes de santé.

  • Endométriose : une étude montre que Lyv Endo permet de réduire l’anxiété et la dépression chez les patientes qui l’utilisent (JMIR)

    Un programme structuré autour de la gestion des symptômes et du bien-être mental

    L’étude récente publiée en mars 2025 dans JMIR Formative Research s’est penchée sur l’impact d’un programme numérique dédié à la gestion de l’endométriose via l’application Lyv Endo de Lyv, développée pour accompagner les patientes dans le suivi et le soulagement de leurs symptômes. Cette étude a été menée par une équipe de chercheurs spécialisés en santé numérique et en gynécologie, dans le but d’évaluer l’efficacité de cet outil sur la qualité de vie des femmes atteintes d’endométriose. En utilisant une approche basée sur la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) et des outils de suivi des douleurs, les scientifiques ont cherché à comprendre dans quelle mesure une solution digitale pouvait améliorer la prise en charge quotidienne de cette maladie chronique. L’objectif était de mesurer l’impact de cet accompagnement digital sur la qualité de vie des patientes et la gestion de leurs symptômes, en s’appuyant sur des indicateurs de référence comme l’Endometriosis Health Profile (EHP-5) et l’EQ-5D, des échelles d’évaluation utilisées pour mesurer la qualité de vie en lien avec l’état de santé. Le programme a été conçu pour une durée de trois mois, période durant laquelle les participantes ont pu accéder à du contenu éducatif, des conseils en gestion de la douleur et du stress, ainsi que des exercices personnalisés. En parallèle, un groupe témoin de femmes atteintes d’endométriose n’ayant pas suivi le programme a été constitué afin de comparer les résultats.

    Des résultats significatifs sur la gestion des douleurs et la santé mentale

    L’étude a inclus 92 participantes recrutées par différentes voies, dont certaines via des assurances santé employeurs et d’autres en accès direct. Le groupe témoin comprenait 404 femmes, dont 149 ont été sélectionnées pour correspondre au profil des participantes en termes de douleurs initiales. L’évaluation des symptômes a été réalisée au début et après trois mois d’utilisation du programme.

    Les résultats montrent une amélioration notable dans plusieurs domaines clés. Après trois mois, les participantes ont signalé une réduction significative de leur charge globale de symptômes, notamment en matière de douleurs neuropathiques, de dysménorrhée (douleurs menstruelles sévères), de fatigue chronique et de ballonnements. Par rapport au groupe témoin, les patientes utilisant le programme numérique ont constaté une diminution plus marquée de leur anxiété (-1,1 points contre +0,2 dans le groupe témoin) et de leur dépression (-0,9 contre 0,0). L’amélioration des douleurs neuropathiques (-1,0 contre -0,1) et des ballonnements (-0,9 contre -0,3) était également significative. En plus des symptômes physiques, la perception de la maladie et la connaissance de l’endométriose ont progressé de manière significative dans le groupe ayant suivi le programme numérique. Cette meilleure compréhension de leur pathologie a permis aux patientes de mieux anticiper et gérer leurs douleurs, et d’interagir de façon plus éclairée avec les professionnels de santé.

    Une meilleure qualité de vie et une approche complémentaire aux soins médicaux :

    L’impact positif du programme ne s’est pas limité aux seuls symptômes douloureux. L’étude a également mesuré l’évolution de la qualité de vie des patientes à l’aide de l’EHP-5 et de l’EQ-5D. Dans le groupe utilisant le programme numérique, une amélioration notable de la qualité de vie a été observée, avec une différence statistiquement significative par rapport au groupe témoin. La capacité à accomplir les tâches quotidiennes, la gestion de la douleur et l’équilibre émotionnel ont progressé au fil des semaines, validant ainsi l’efficacité d’un accompagnement numérique structuré et personnalisé.

    Plus d’études nécessaires pour une intégration plus large des outils numériques dans la prise en charge de l’endométriose

    Cette étude met en lumière le potentiel des solutions numériques pour compléter la prise en charge de l’endométriose, une maladie encore trop souvent mal diagnostiquée et sous-estimée dans ses impacts quotidiens. En offrant aux patientes un accompagnement accessible, personnalisé et validé scientifiquement, ces outils peuvent pallier certaines lacunes du système de soins traditionnels, en particulier en matière de suivi et de soutien psychologique.

    Toutefois, bien que les résultats soient encourageants, des études plus larges et de plus longue durée sont nécessaires pour confirmer ces bénéfices à grande échelle. L’intégration de ces programmes dans des parcours de soins structurés pourrait permettre à terme de proposer une approche plus globale et plus efficace aux millions de femmes concernées par cette pathologie. L’essor de la santé numérique ouvre ainsi des perspectives prometteuses, en combinant l’expertise médicale, les avancées technologiques et l’intelligence artificielle pour mieux comprendre et traiter des maladies chroniques comme l’endométriose. Une évolution qui pourrait transformer profondément la prise en charge des patientes, en leur redonnant un rôle actif dans la gestion de leur santé.

  • AAP : la région Île-de-France lance la 6e édition des Prix des Innovateurs (candidatures jusqu’au 20 mai 2025)

    Encourager l’innovation en santé en Île-de-France

    La région Île-de-France lance la 6ème édition du “Prix des Innovateurs” afin de mettre à l’honneur les chercheurs, cliniciens et ingénieurs engagés dans la valorisation de leurs résultats de recherche en santé. Cette initiative vise à récompenser les innovations ayant un impact médical et sociétal exceptionnel. représente une opportunité unique pour les chercheurs engagés dans la valorisation de leurs travaux. En récompensant les projets les plus prometteurs, la Région entend stimuler l’esprit entrepreneurial et renforcer l’attractivité du territoire en matière de recherche et d’innovation.

    Trois prix seront attribués aux lauréats sélectionnés :

    • Un premier prix de 50 000 €, dont 10 000 € en gratification personnelle et 40 000 € dédiés au développement du projet au sein de l’équipe de recherche ;
    • Deux prix de 25 000 €, dont 5 000 € en gratification personnelle et 20 000 € dédiés au projet collectif.

    Ces financements permettront aux chercheurs et à leurs équipes de poursuivre leurs travaux et d’accélérer le transfert de leurs innovations vers le marché.

    Comment participer à ce prix des innovateurs ?

    Processus de candidature et calendrier :

    • Lancement de l’appel à projets : 21 février 2025.
    • Date limite de dépôt des candidatures : 20 mai 2025 à 17h00.
    • Sélection des dossiers : juin 2025.
    • Vote des élus régionaux : septembre 2025 (sous réserve).
    • Remise des prix : octobre 2025.

    Les candidatures doivent être déposées via la plateforme officielle : https://mesdemarches.iledefrance.fr/.

    Critères d’éligibilité :

    Les candidats doivent remplir les conditions suivantes :

    • Être chercheur, clinicien ou ingénieur de recherche âgé de moins de 45 ans au 31 décembre 2025.
    • Être rattaché à un établissement public ou privé à but non lucratif en Île-de-France.
    • Avoir mené des travaux ayant permis ou pouvant permettre l’émergence d’une innovation médicale ou technologique à fort impact.

    Une prolongation de 12 mois par enfant est accordée aux candidates ayant pris un congé de maternité.

    Critères de sélection :

    Les dossiers seront évalués sur les bases suivantes :

    • Qualité et pertinence de l’innovation.
    • Impact médical, sociétal et économique.
    • Niveau de reconnaissance nationale et internationale.
    • Perspectives de développement et de valorisation.
    • Stratégie d’utilisation des fonds alloués pour le projet collectif.

    Documents à soumettre :

    Les candidats doivent fournir les éléments suivants :

    • Formulaire de candidature décrivant l’innovation et son impact.
    • Publications et brevets en lien avec le projet.
    • Liste des distinctions et financements obtenus.
    • Lettre de soutien de l’établissement de rattachement.
    • Curriculum vitae du candidat (2 pages max).
    • Attestation de récupération ou de non-récupération de la TVA.
    • Relevé d’Identité Bancaire (RIB) du chercheur.
    • Charte régionale des valeurs de la République et de la laïcité signée (pour les établissements privés).

    📩 Pour toute question relative à l’appel à candidatures, contactez : transferttechno@iledefrance.fr.

  • IA & perte d’autonomie : 79 % des Français pensent que l’IA risque d’isoler davantage, en diminuant leurs interactions sociales avec le personnel aidant (étude Abilitis)

    Du champ de la médecine à celui du médicosocial

    L’intelligence artificielle (IA) représente aujourd’hui aux yeux de tous un grand potentiel dans différents domaines d’application de la médecine, qu’il s’agisse de la recherche médicale ou pharmaceutique, de la médecine prédictive, de l’aide au diagnostic ou à la personnalisation des traitements, etc. ; le champ est immense, bien que cela ne soit pas sans soulever des questions éthiques. Dans le secteur médicosocial, pour les personnes en situation de perte d’autonomie, du fait de l’âge ou du handicap, les avancées sont moins nombreuses mais néanmoins prometteuses.

    Les services attendus de l’IA pour le maintien à domicile selon Abilitis :

    Stéphane Bridel, directeur général du fonds de dotation Abilitis, qui succède au fonds Handicap & Société, estime que « face aux enjeux liés à la perte d’autonomie, résultant notamment du vieillissement de la population, et aux problématiques de recrutement dans les secteurs du soin et de l’accompagnement, nous ne pouvons pas faire l’impasse de cet allié de choix pour le maintien à domicile. Cependant, il nous faut garantir que l’utilisation de l’IA se fera dans un cadre éthique et accessible, au service des plus vulnérables ».

    L’intelligence artificielle est perçue par les experts comme porteuse d’espoir pour améliorer le quotidien des personnes en perte d’autonomie, qu’ils soient âgés ou en situation de handicap, mais également pour faciliter la tâche des aidants et leur laisser plus de temps pour la relation humaine avec les personnes aidées.

    Pour les personnes en perte d’autonomie, l’IA est considérée comme un moyen de :

    • maintenir le plus longtemps possible leur autonomie : par exemple, la domotique et la robotique peuvent aider à l’accomplissement des gestes du quotidien, ou encore la télésurveillance peut assurer un suivi à distance de leur état de santé ;
    • améliorer leur sécurité : des outils de médecine prédictive peuvent par exemple permettre d’anticiper les risques de santé, ou encore des détecteurs de chute peuvent alerter les secours en cas d’accident ;
    • rompre leur isolement : l’IA permet d’envisager la conception de robots de compagnie, capables de détecter les baisses de moral et proposer des activités pour stimuler les personnes.

    Pour le soutien aux aidants, l’IA est vue comme un moyen de :

    • les soulager dans le suivi des personnes en perte d’autonomie : l’IA peut aider à la réalisation des comptes rendus de visite ou encore aider à la gestion des plannings de passage ;
    • améliorer la qualité de l’aide apportée l’IA peut aider à l’identification des profils les plus à risque, à la personnalisation des interventions ou encore à la détection plus fine des besoins.

    L’essor de l’IA dans le secteur du médico-social, qui promet les avancées technologiques importantes comme celles qui viennent d’être citées, n’est cependant pas sans soulever certaines questions, notamment sur le risque de déshumanisation de la relation d’aide, sur la protection des données personnelles ou encore sur le risque de fracture numérique, qui exclurait de fait les personnes les plus vulnérables. Ce sont ces interrogations qui font l’objet du sondage qu’a fait effectuer le fonds Abilitis.

    Le public sondé exprime espoir et craintes à l’égard de l’IA

    Le livre blanc présente les résultats du sondage que le fonds Abilitis a fait effectuer par Viavoice en novembre 2024 auprès d’un échantillon de 1000 personnes, représentatif de l’ensemble des Français.La question de la perte d’autonomie préoccupe, de près ou de loin, 63% des personnes interrogées. Les trois quarts des personnes expriment des craintes quant au niveau de l’aide apportée ou susceptible de l’être, tant au plans médical, administratif que psychologique. Les proches estiment à 72% que les personnes aidées souffrent de solitude, malgré le recours aux auxiliaires de vie, trop absorbées dans leur tâche. Le recours à l’IA pourrait apporter un appui technique au maintien à domicile. 87% des personnes seraient favorables par exemple à la mise en place de dispositifs pour la surveillance de la prévention des chutes et 76% à la télémesure des données vitales. Cependant, le public interrogé exprime très majoritairement, à 79%, la crainte que, dans le domaine de la santé et de l’aide aux personnes en perte d’autonomie, l’IA, si elle permet d’améliorer effectivement leur suivi, risque aussi de les isoler davantage, en diminuant leurs interactions sociales avec le personnel aidant. En outre, 79% des sondés expriment des craintes sur la confidentialité des données recueillies et 52% d’entre eux estiment même que globalement l’IA présente plus de risques que de bénéfices.

    Les craintes exprimées peuvent être rattachées à leur grand manque d’information. Un travail de pédagogie est donc nécessaire pour lever les doutes au sujet de l’IA, ce à quoi souhaite s’employer le fonds Abilitis, au travers de propositions destinées à faire de l’IA un levier accessible et éthique au service des personnes en perte d’autonomie.

    Les propositions d’Abilitis pour l’IA dans la dépendance :

    Abilitis émet 6 propositions pour transformer l’IA en un outil stratégique, qui réponde aux besoins des personnes en perte d’autonomie :

    1️⃣ La stratégie nationale pour l’IA doit s’appliquer au handicap et à la perte d’autonomie avec les actions suivantes :

    • Lancement d’un appel à projets axé sur le handicap et la perte d’autonomie ;
    • Création d’un fonds public pour financer les initiatives liées à l’IA destinées au maintien à domicile des personnes en perte d’autonomie ;
    • Mise en place d’une gouvernance interministérielle dédiée, afin de coordonner les dispositifs.

    2️⃣ Sensibiliser et former le public, tant pour réduire les craintes que pour développer les connaissances nécessaires au déploiement de l’IA dans le secteur des services à la personne, avec les actions suivantes :

    • Mise en place de programmes éducatifs labellisés par l’État ;
    •  Diffusion de campagnes nationales de sensibilisation ;
    • Création de modules spécifiques intégrés dans les formations sanitaires et médicosociales.

    3️⃣ Encourager l’usage éthique de l’IA, en posant un cadre règlementaire conforme aux dispositions de l’AI Act, dont l’entrée en application est prévue en 2026.

    4️⃣ Lutter contre la fracture numérique des personnes en perte d’autonomie par les actions suivantes :

    • Améliorer l’accessibilité et l’utilisation des services en ligne ;
    •  Faciliter l’accès aux équipements informatiques et à internet ;
    •  Instaurer des services d’accompagnement personnalisé.

    5️⃣ Développer des « Maisons de l’intelligence artificielle » dans chaque région, sur le modèle de la Maison intelligente de Blagnac. Ces plateformes permettraient de stimuler l’innovation, à la manière d’un incubateur, et de recenser les bonnes pratiques, en France et dans les pays en pointe sur les questions d’accompagnement des publics en perte d’autonomie.

    6️⃣ Afin de tirer le meilleur parti de l’IA au service des personnes en situation de perte d’autonomie, tout en réduisant le risque de leur isolement social, il est nécessaire de toujours associer l’IA avec l’intervention de personnes humaines.

    Un guide ANAP pour faciliter et sécuriser l’utilisation de l’IA en EHPAD

    Afin de « déployer l’IA en toute confiance » l’ANAP propose un guide à destination des gestionnaires et des utilisateurs dans les établissements de santé et médico-sociaux. Ce document donne des éléments techniques pour se repérer (un lexique, les avantages à considérer). Il insiste sur la gouvernance (comitologie interne à l’établissement, règles éthiques) et « les bonnes pratiques pour une mise en œuvre respectueuse des données » incluant le respect de la règlementation européenne.

    Le règlement 2024/1689 du 13 juin 2024 (dit « RIA »), pose les premières pierres de la réglementation applicable en Europe à l’IA. Il s’applique à tous les utilisateurs des outils d’IA et les établissements du secteur de l’autonomie entrent dans le champ d’application de ce règlement, même pour l’utilisation d’outils relativement simples, de type Copilot, ChatGPT, Mistral AI, etc.

    Si le RIA n’entrera pleinement en vigueur qu’en 2026, son application est progressive et certaines obligations sont applicables depuis le 2 février 2025, notamment en ce qui concerne les outils d’IA qui sont prohibés et l’obligation de formation des salariés. Un Ehpad faisant usage de l’IA devra donc être particulièrement vigilant sur le respect des obligations prévues dans le RIA, qui sont assorties de sanctions.

  • Cybersécurité : la DNS publie une instruction pour renforcer la sécurité des SI en santé

    Un cadre d’action structuré pour améliorer la sécurité des SI

    Cette instruction de la Délégation au numérique en santé s’inscrit dans le cadre du programme CaRE (Cybersécurité, Accélération et Résilience des Établissements), visant à protéger les infrastructures critiques de santé contre les menaces numériques croissantes. Elle repose sur sept actions majeures destinées à évaluer la maturité des établissements, améliorer leur préparation face aux incidents et renforcer l’identification des professionnels de santé. Ces mesures s’inscrivent dans la continuité des obligations de la directive européenne NIS 1 et anticipent l’application de la directive NIS 2, qui élargira prochainement les exigences en matière de cybersécurité pour les structures sanitaires​.

    Les sept actions prioritaires à mettre en œuvre :

    1️⃣ Anticiper les crises cyber avec des exercices annuels obligatoires :

    Chaque établissement doit désormais organiser un exercice de crise cybersécurité au moins une fois par an, impliquant la direction générale et les équipes informatiques, médicales et de communication. Cette simulation permet de tester les réactions face à une attaque, d’évaluer la coordination des équipes et d’identifier les points faibles à corriger. Un retour d’expérience doit être systématiquement formalisé et intégré dans un plan d’amélioration de la qualité. Pour assurer le suivi de ces exercices, chaque établissement doit déclarer leur réalisation sur la plateforme nationale dédiée aux systèmes d’information de santé.

    2️⃣ Évaluer régulièrement la maturité des établissements en cybersécurité :

    Les établissements sanitaires doivent auto-évaluer chaque année leur conformité aux mesures prioritaires de cybersécurité. Cette déclaration, inscrite sur la plateforme nationale, vise à établir un diagnostic précis des forces et faiblesses de chaque structure en matière de protection numérique. Les résultats doivent être utilisés pour ajuster les stratégies de cybersécurité et intégrer des actions correctrices dans le plan d’amélioration de la qualité de l’établissement.

    3️⃣ Des audits de sécurité renforcés pour détecter les failles :

    Les établissements doivent mettre en place un programme d’audits de sécurité récurrents pour identifier les vulnérabilités de leurs infrastructures informatiques. Cela inclut l’inscription au club SSI piloté par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi), l’utilisation du service SILENE de détection des menaces et la réalisation d’audits trimestriels des annuaires informatiques (Active Directory). Les rapports d’audit doivent être exploités pour déployer des mesures correctives et garantir un niveau de sécurité minimum, avec l’objectif d’atteindre un score de 2 d’ici septembre 2025 et un score de 3 d’ici mars 2026.

    4️⃣ Garantir la continuité et la reprise des activités en cas d’attaque :

    Pour limiter l’impact des cyberattaques sur la prise en charge des patients, chaque établissement doit élaborer un plan de continuité d’activité (PCA) et un plan de reprise d’activité (PRA) avant fin juin 2025. Un comité de pilotage doit être mis en place pour coordonner cette démarche et identifier les services critiques (urgences, laboratoires, pharmacie, imagerie). D’ici 2027, l’ensemble des services de soins, administratifs et logistiques devront être intégrés à cette planification, garantissant ainsi une reprise rapide des activités après un incident.

    5️⃣ Intégrer la cybersécurité dans la gestion des risques des établissements :

    La cybersécurité devient un enjeu structurant des politiques de qualité et de gestion des risques hospitaliers. Chaque établissement doit inclure dans son plan d’amélioration de la qualité (PAQ) l’ensemble des actions correctrices issues des audits, exercices de crise et stratégies de résilience. Ce suivi garantit une amélioration continue et une prise en compte systématique des enjeux cyber dans les décisions stratégiques.

    6️⃣ Sécuriser l’identification et l’authentification des professionnels de santé :

    Afin de prévenir les intrusions et l’usurpation d’identité, les établissements doivent se conformer aux référentiels d’identification et d’authentification définis par la PGSSI-S. Cela passe par l’utilisation de moyens d’identification électronique (MIE) sécurisés comme les cartes CPS ou Pro Santé Connect, ainsi que par la mise en place d’un authentification à double facteur (2FA). Les grandes structures, disposant de plus de 5000 utilisateurs accédant à des services sensibles, devront également déployer une solution de Single Sign-On (SSO) pour simplifier et sécuriser les accès.

    7️⃣ Un suivi budgétaire du numérique dans chaque établissement :

    Les établissements sanitaires doivent désormais calculer et déclarer la part de leur budget dédiée au numérique, ainsi que le nombre d’emplois consacrés à la cybersécurité. Cette donnée, transmise chaque année sur la plateforme nationale, permet d’évaluer les efforts financiers consacrés à la sécurisation des infrastructures informatiques. Pour les structures mutualisant certaines dépenses numériques, une répartition équitable entre établissements doit être effectuée en fonction de leur activité respective.

    Une réponse urgente face à une menace grandissante

    Les incidents récents ayant ciblé des établissements de santé en France et en Europe soulignent l’importance de ces mesures. Le renforcement de la cybersécurité est désormais une priorité pour éviter des interruptions critiques des services médicaux et protéger les données des patients. En appliquant ces sept actions, les établissements de santé seront mieux armés pour faire face aux attaques et garantir la continuité des soins en toutes circonstances. L’Instruction N° DNS/2025/12 marque ainsi une nouvelle étape vers une sécurisation accrue des infrastructures numériques de santé, dans un contexte où la menace cyber ne cesse de croître.

    Pour rappel, selon l’Agence de l’Union européenne pour la cybersécurité (ENISA), entre janvier 2021 et mars 2023, 53 % des incidents de cybersécurité dans le secteur de la santé ont touché des prestataires de soins, en particulier des hôpitaux (42 %).

  • Bibliothèque ouverte d’algorithme de santé : ouverture de la huitième vague de l’AMI (23/04)

    Soutenir le développement et la validation d’algorithmes

    À l’occasion de cette 8e vague et pour permettre l’accélération du remplissage de la bibliothèque, visant à “s’assurer que les algorithmes répondent au besoin de l’écosystème”, les projets candidats devront “favoriser l’ouverture d’algorithmes de ciblage” selon 3 modalités :

    1️⃣ la documentation médicale et technique d’algorithmes de ciblage existants pour favoriser leur réutilisation large (thématique 1) ;
    2️⃣ la validation ou sophistication et la validation d’algorithmes développés par des institutions nationales de référence (thématique 2) ;
    3️⃣ développement, évaluation et validation de nouveaux algorithmes de ciblage (thématique 3).

    “Les algorithmes de ciblages dans le SNDS sont des méthodes permettant de repérer, sur la base des données disponibles, les personnes présentant une pathologie ou un trait de santé particulier, explique le HDH. Permettant de constituer des populations d’étude de manière reproductible, ces algorithmes sont des outils essentiels à l’analyse fiable des données mais leurs développement, validation et réutilisation restent souvent complexes.”

    Ces algorithmes de ciblage publiés “restent souvent fragmentaires, peu accessibles ou méconnus”, souligne le Health Data Hub, ajoutant que “peu d’entre eux sont validés, c’est-à-dire ont vu leurs performances évaluées sur un jeu de données tierces, car les processus de validation sont généralement complexes et coûteux”.

    Pour faire face à cette problématique a été développé le projet Boas. Son objectif est :
    • de soutenir et d’encourager le développement et la validation d’algorithmes ;
    • de mettre en place et d’alimenter une bibliothèque open source d’algorithmes de ciblage sur le SNDS.

    Objectif : “alimenter proactivement la bibliothèque” :

    L’AMI s’adresse aux projets portant sur le développement, la mise à jour ou la validation d’algorithme(s) de ciblage dans le SNDS, le but étant d’”alimenter proactivement la bibliothèque et [de] contribuer dès maintenant aux travaux de la communauté”.

    L’ensemble des éléments nécessaires à une réutilisation simple des algorithmes de ciblage développés ou validés devront être publiés en open source avec :
    • une licence permissive (non copyleft) ;
    • une implémentation opérationnelle ;
    • et une documentation complète de l’algorithme.

    Les dossiers de candidatures sont évalués par un jury constitué d’experts du numérique en santé qui proposeront ensuite au HDH une sélection des candidatures reçues.

    Les projets sélectionnés seront accompagnés tout au long de leur parcours par le Health Data Hub sur les différents aspects nécessaires à leur réussite :
    • accompagnement financier ;
    • appui dans la demande d’accès aux données ;
    • accompagnement technique ;
    • accompagnement scientifique.

    Un accompagnement financier de 100K€ maximum :

    Les algorithmes devront être :
    • “clairement documentés” ;
    • “décrits en langage naturel” ;
    • et “implémentés dans différents langages de programmation”, indique le Health Data Hub.

    Les algorithmes des lauréats devront par ailleurs pouvoir être ouverts à la revue et à l’amélioration par les pairs “dans un cadre collaboratif” et fourniront ainsi à la communauté “une boîte à outils facilitant le mutualisation des efforts et ainsi l’innovation en santé”, précise le HDH.

    Les lauréats pourront bénéficier d’un accompagnement financier d’un montant maximal de 100 000 euros, dans le respect de la réglementation liée aux aides d’État. Il leur est également proposé un accès à titre gratuit à un espace sécurisé d’analyse des données sur la plateforme du Health Data Hub “pour une durée déterminée”.

    Des algorithmes destinés à devenir open source :

    Comme les 25 lauréats des sept premières vagues de l’AMI Boas, les algorithmes lauréats de cette 8e vague sont destinés à devenir open source pour être mis à disposition de la communauté scientifique via la Bibliothèque ouverte d’algorithmes en santé. Pour le moment, 19 algorithmes sont déjà accessibles gratuitement sur la section dédiée du site du Health Data Hub.


    Un appel articulé en plusieurs vagues

    Les projets “Boas” sont sélectionnés depuis près de 4 ans à travers différentes vagues, sur une période allant de septembre 2021 à fin 2024.

    👉 Le formulaire de candidature est à remplir sur la plateforme www.demarches-simplifiees.fr, accessible via ce lien.

    📌 Contact pour toute question ou demande d’information : opensource@health-data-hub.fr.

    Contexte du projet “Boas” :

    Créé en 2016, le SNDS “correspond à l’importante base de feuilles de soin de l’Assurance maladie (Cnam), où les données sont déidentifiées à des fins de recherche”, rappelle le HDH, soulignant que cette base “un potentiel infini pour la recherche et l’innovation”.

    “Face à la complexité de cette base de prestations non initialement créée à des fins de recherche, les chercheurs et utilisateurs des données ont entrepris depuis des années de développer des outils d’exploration et d’analyse, ajoute le Health Data Hub. Parmi eux, les algorithmes de ciblage représentent un élément majeur puisqu’ils permettent d’identifier la population d’étude. Ils font et ont fait l’objet de nombreuses publications scientifiques au regard de l’importance de leur fiabilité pour la robustesse des analyses qui seront faites à partir de ces populations.”

    Cet enjeu est identifié de longue date ; le réseau ReDSiam, créé en 2014, constitue une initiative importante regroupant un grand nombre d’experts du SNDS qui analysent de manière critique ces algorithmes au sein de groupes de travail thématiques.

    En 2021, le Health Data Hub a lancé le projet Boas (Bibliothèque ouverte d’algorithmes en santé), en partenariat avec plusieurs structures dont le réseau Redsiam, le CépiDc, Bordeaux PharmacoÉpi, la Drees, l’Institut Pierre-Louis Épidémiologie et Santé Publique (iPLesp), l’Atih, PELyon et l’équipe Repères.

    Pour soutenir le développement et la validation de tels algorithmes, l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) Boas vise à constituer une bibliothèque ouverte d’algorithmes de ciblage qui bénéficiera à l’ensemble de la communauté.

    Les projets ciblés :

    • intérêt du projet : “le travail sur les algorithmes considérés doit présenter un intérêt public et scientifique fort, et apporter une valeur ajoutée intéressante par rapport à l’état de l’art” ;
    • pertinence de la méthodologie : la méthodologie retenue pour le projet doit permettre de développer, faire évoluer et/ou valider les algorithmes étudiés en assurant des résultats de qualité. Elle doit apporter une évaluation des performances de ces algorithmes” ;
    • faisabilité technique du projet : “dans le cadre de ce premier AMI, seront privilégiés des projets de complexité modérée, avec un certain degré de maturité et pouvant donc laisser espérer l’ouverture rapide de l’algorithme. Lorsque des données tierces sont nécessaires au projet, il s’agit donc de prendre en compte leur accessibilité et les étapes liées à l’appariement” ;
    • partage des résultats : “les algorithmes développés et/ou validés au cours du projet seront partagés à la communauté sur les principes de l’open source dans la bibliothèque Boas. Ce critère de partage concerne tous les éléments nécessaires à la réutilisation effective des algorithmes par la communauté, incluant une documentation adéquate et une implémentation concrète” ;
    • implication et expérience de l’équipe projet : “l’équipe projet doit disposer des capacités et des ressources pour mener à bien le projet, à la fois en termes de compétences SNDS, cliniques et méthodologiques, mais aussi en termes d’implication”.