VERDU BISSI Alexandre

  • Contexte et chiffres clés : bientôt un dispositif de télésurveillance médicale remboursée pour les patients atteints d’insuffisance cardiaque ?

    💸 Contexte : bientôt le remboursement effectif d’un DM pour la télésurveillance des insuffisants cardiaques ?

    Si en juillet 2023, le remboursement de la la télésurveillance médicale pour l’insuffisance cardiaque (et d’autres pathologies) était entrée dans le droit commun, jusqu’alors, aucune avancée n’avait été constatée et aucune solution n’avait obtenu un avis positif pour être inscrit à la LATM pour la télésurveillance des insuffisants cardiaques. Mais le 11 mars 2024, la Commission nationale d’évaluation des dispositifs médicaux et des technologies de santé (CNEDiMTS) de la HAS a laissé aux ministres en charge de la Santé et de la Sécurité sociale le choix d’inscrire la première solution pour la télésurveillance des insuffisants cardiaques à la liste des activités de télésurveillance médicale en vue de son remboursement.

    En effet, NP Medical, dont la solution Satelia Cardio est déjà inscrite à la LATM de manière générique, a demandé l’inscription de son dispositif phare pour la télésurveillance des insuffisants cardiaques, afin que les patients puissent obtenir un meilleur remboursement de la part de l’Assurance maladie. Après avoir souligné que l’intérêt de Satelia Cardio pouvait également être apprécié au regard de son impact clinique, notamment par la réduction de la mortalité, la commission ne s’est pas prononcée sur son inscription à la LATM pour la télésurveillance des insuffisants cardiaques. Elle a toutefois laissé cette décision aux ministres en charge de la Santé et de la Sécurité sociale, en leur recommandant d’inscrire ce dispositif médical à la LATM au plus tard jusqu’en juin 2026, date correspondant à la fin de la prise en charge de la ligne générique pour la télésurveillance de l’insuffisance cardiaque, laquelle doit faire l’objet d’une réévaluation d’ici fin 2025.

    📊 Les chiffres clés de la cardiologie

    Les maladies cardiovasculaires sont la principale cause de décès dans le monde et sont à l’origine d’environ 17,9 millions de décès chaque année d’après les derniers chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ce chiffre regroupe un ensemble d’affections du cœur et des vaisseaux sanguins, notamment les maladies coronariennes, les maladies cérébrovasculaires et les cardiopathies rhumatismales. Plus de 4 décès sur 5 consécutifs à une maladie cardiovasculaire sont liés à des crise cardiaques et à des accidents vasculaires cérébraux (AVC), et un tiers de ces décès surviennent prématurément chez des personnes de moins de 70 ans.

    En France, ces maladies sont la deuxième cause de mortalité derrière le cancer, et la première pour les personnes âgées de plus de 85 ans. Chaque année, elles provoquent le décès de 140 000 personnes. En 2022, 5,6 millions de personnes étaient traitées pour une maladie cardio-neurovasculaire, dont plus de 430 000 pour maladie aigüe (chiffres de la Caisse nationale de l’assurance maladie)

    5,4 millions de Français touchés par une maladie cardio-neuro-vasculaire :

    Lors de sa dernière campagne de sensibilisation à l’insuffisance cardiaque de novembre 2024, la Cnam a indiqué que cette pathologie touche 1,5 million de Français, notamment les plus de 60 ans. Elle a aussi expliqué qu’avec le vieillissement de la population, ce chiffre pourrait croître de 25 % tous les 4 ans, mais aussi que malgré sa progression dynamique, cette maladie et ses symptômes restent peu connus de la population et qu’entre 400 000 et 700 000 Français en souffrent sans le savoir.

    Sur la plateforme « Data pathologies » de la Cnam, les données montrent que les maladies cardio-neuro-vasculaires (dont fait partie l’insuffisance cardiaque) touchaient 5,4 millions de personnes en 2022 (dernières données à ce jour), ce qui représente 7,80 % de la population de cette année, pour des dépenses à hauteur de 19,75 milliards d’euros, soit une augmentation des dépenses de l’Assurance maladie de près de 25 % depuis 2015 (15,81 milliards d’euros).

    Le nombre de cardiologues pour 100 000 habitants en baisse depuis 2022 :

    Alors que les chiffres du Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom) de 2022 indiquaient que la France comptait 7 335 cardiologues ce qui représentait 10,9 cardiologues pour 100 000 habitants, les derniers chiffres du Cnom (janvier 2025) montrent une baisse du nombre de cardiologues, qui ne sont désormais plus que 6 347, ce qui représente 7,86 médecins pour 100 000 habitants (contre 7,9 en 2024). Il est important de noter qu’il y a une disparité du nombre de cardiologues en fonction des différentes régions.

    La ville de Paris est le département français qui compte le plus de cardiologues pour 100 000 Français (23,3). À l’inverse, la Lozère est le département qui compte le moins de cardiologues pour 100 000 habitants (uniquement 1,3 %), alors qu’il était plutôt bien classé en 2010, avec ses 7,8 médecins pour 100 000 Français. Ces chiffres ont aussi montré que l’âge moyen des cardiologues est légèrement supérieur à celui des médecins Français (52 ans contre 51) et que la cardiologie est l’une des spécialités où la féminisation est la plus importante puisque 71 % des praticiens sont des femmes contre 49 % des médecins Français.

    Répartition des cardiologues en France en 2025 - @ Conseil national de l'ordre des médecins
    Répartition des cardiologues en France en 2025 – @ Conseil national de l’ordre des médecins

    En plus de cela, les derniers chiffres de la Cnom ont également mis l’accent sur la proportion des cardiologues en fonction de leur mode d’exercices qui a bien évolué depuis 2010 : l’atlas de la démographie médicale en France montre les proportions de cardiologues qui sont salariés hospitaliers (+ 14,9 %) et qui sont salariés mixtes (+ 6,8 %) ont augmenté depuis 2010, alors la proportion des cardiologues en activité régulière a fortement baissé pour les autres modes d’exercices. La proportion des salariés hors hospitaliers a baissé de 53,1 %, quand la proportion des libéraux a baissé de plus de 6 % en 15 ans. Les cardiologues se distinguent donc par leur modes d’exercices : alors que le mode d’exercice le moins préféré par les médecins est le mode d’exercice mixte avec seulement 10,6 % des médecins en 2025, 24,17 % des cardiologues (1 534) ont choisis ce mode d’exercice, ce qui faisait des cardiologues salariés hospitaliers les moins représentés dans la fonction. Le mode d’exercice libéral est leur mode préféré avec 44,3 % (2 814), ce qui ne diffère pas de la moyenne globale des médecins (42,4 %).

    💊 Les médicaments et les DM les plus remboursés (Cnam)

    Les médicaments les plus prescrits et remboursés :

    En 2021, la molécule la plus prescrite en cardiologie était l’Amiodarone, notamment le générique produit par Viatris (ex Mylan) avec presque 1 millions de boîtes remboursées par l’Assurance maladie, et plus de 6 millions d’euros de dépenses prises en charge.

    Amiodarone :

    • boîtes remboursée : 2 550 205 ;
    • montant remboursé : 17 536 003 €.

    Dans le détail :

    • Amiodarone Viatris : 926 437 boîtes remboursées et 6 377 463 € remboursés ;
    • Amiodarone Biogaran : 894 032 boîtes remboursées et 6119 482 € remboursés ;
    • Amiodarone Zentiva : 398 152 boîtes remboursées et 2 765 202 € remboursés ;
    • Amiodarone Teva : 331 584 boîtes remboursées et 2 273 856 € remboursés.

    Les DM les plus prescrits et remboursés en 2021 :

    Parmi les DM les plus prescrits, on retrouve principalement deux types de produits :

    1️⃣ les guides de mesures de la Fraction du flux de réserve coronarien, utilisé pour les coronarographies :

    • 6 625 prescrits ;
    • 2 643 296 € remboursés ;

    2️⃣ les ballons actifs à élution de paclitaxel; un système de dilatation coronaire qui permet de délivrer
    une drogue antiproliférative pour diminuer la resténose (rétrécissement d’un tissu artérielle préalablement traité) :

    • 1 571 prescrits ;
    • 761 233 € remboursés.
    @H&TI _ Cardiologie
  • Elsan : « La robotique est un levier d’innovation, d’attractivité territoriale et d’amélioration continue du soin »  (M. Combes)

    Quel est l’objectif du programme robotique lancé par Elsan?

    Myriam Combes : Notre stratégie médicale repose sur plusieurs piliers : l’accessibilité et la proximité, la qualité des soins mesurée objectivement, la formation continue des praticiens, et la construction de la santé de demain. Le programme robotique s’inscrit pleinement dans cette vision.

    Il y a d’abord une phase d’équipement, avec un plan d’acquisition ambitieux : 16 robots sur 2024-2025, 6 supplémentaires en 2026, et potentiellement 3 autres en 2027. Mais l’objectif n’est pas uniquement technologique : il est aussi évaluatif. Nous voulons mesurer de façon rigoureuse l’impact de la robotique sur la qualité du geste, la récupération des patients, et l’efficience médico-économique. 

    Comment Elsan garantit-il l’accessibilité à la chirurgie robotique sur tout le territoire ?

    M.C : Elsan est un acteur de santé de proximité : 60 % de nos établissements sont situés dans des villes moyennes, et deux Français sur trois vivent à moins de 40 km d’un établissement Elsan. Cette logique de maillage territorial guide aussi notre déploiement robotique.

    Nous avons implanté des robots dans chaque grande région où nous sommes présents, y compris dans des villes comme Roanne ou Le Puy-en-Velay. Nous favorisons les robots multi-spécialités, pour maximiser leur utilité. C’est un enjeu d’accès aux soins, de qualité des soins, mais aussi d’attractivité médicale pour les territoires : proposer un plateau technique moderne est un levier fort pour attirer et fidéliser les praticiens. 

    Quels sont les usages cliniques actuels et les perspectives par spécialité ?

    M.C : Historiquement, la chirurgie robotique s’est développée en urologie, mais d’autres disciplines prennent le relais. La chirurgie digestive est en plein essor, notamment chez les jeunes praticiens qui se forment déjà avec ces outils. Ensuite viendront la gynécologie, le thoracique, et les spécialités orthopédiques comme les remplacements prothétiques du genou, de la hanche ou de l’épaule. 

    Nous distinguons deux approches complémentaires : 

    • Des robots multi-spécialités, utilisés dans plusieurs disciplines dans un même établissement. 
    • Des robots d’hyper-spécialité, comme Loop-X ou Mazor, déployés dans des centres selon les besoins médicaux locaux. 

    Vous menez aussi des études cliniques. Quels en sont les objectifs ?

    M.C : La recherche est essentielle our améliorer nos pratiques cliniques. Nous avons, par exemple, lancé une étude multicentrique sur le cancer de la prostate, comparant trois approches : chirurgie à ciel ouvert, coelioscopie, et chirurgie robotique. 1 400 patients ont été inclus, les premiers résultats sont attendus d’ici la fin de l’année.

    Au total, 27 établissements participent à ces études. Leur force, c’est qu’elles sont représentatives de la pratique libérale en territoire, avec un niveau d’exigence méthodologique très élevé. Cela nous permet de mesurer l’impact en vie réelle, ce qui est essentiel pour l’amélioration des pratiques. 

    « Ce que nous voulons valider, ce n’est pas seulement une perception clinique, mais une réalité mesurable : moins de complications, moins de douleur, récupération plus rapide. »

    Des partenariats industriels soutiennent aussi votre démarche. Quels sont leurs bénéfices ?

    M.C : Nous collaborons avec plusieurs fabricants de robots, dont Moon Surgical (Maestro) et Medtronic (Mazor, robot rachidien). Ces partenariats nous permettent d’être primo-utilisateurs de certaines technologies et d’observer leur impact concret sur les pratiques. 

    Par exemple, Maestro est un assistant robotique. Et la polyclinique Franche-Comté (Elsan, Besançon) a été un des 2 premiers sites pilotes européens de cet assistant robotique : nous y regardons son impact sur la prise en charge du patient et le confort du praticien et de l’équipe du bloc opératoire, sachant que sa sécurité a déjà été validée. 

    La formation est-elle un enjeu pour accompagner cette transition ? 

    C’est un point essentiel. Nous avons mis en place, avec des industriels comme Intuitive, un programme de formation dédié aux praticiens d’Elsan. Il répond à deux besoins : 

    1. Former ceux qui découvrent la robotique. 
    1. Améliorer en continu les pratiques de ceux déjà expérimentés. 

    Mais il faut aller plus loin : la robotique est un travail d’équipe. Nous formons aussi les soignants (infirmiers, aides opératoires, etc.), car toute la chaîne doit maîtriser les outils. C’est une culture de la pratique robotique que nous construisons. 

    Quelles résistances avez-vous pu observer dans l’adoption de la robotique ?

    M.C : Il existe un effet générationnel. Les jeunes chirurgiens, en urologie ou en digestif, se forment directement sur le robot. Pour eux, c’est un prolongement naturel de leur pratique. D’autres, plus expérimentés, peuvent être plus réticents : certains s’y mettent avec curiosité, d’autres préfèrent rester sur des techniques éprouvées, comme la coelioscopie. 

    Mais attention : la chirurgie robotique est une autre façon de pratiquer. Ce n’est pas une simple extension de la coelioscopie. C’est un mode opératoire très différent, plus proche dans son geste de la chirurgie à ciel ouvert, avec un champ opératoire plus focalisé, plus précis. 

    Vers quelles évolutions va-t-on, notamment avec l’IA ou la réalité augmentée ?

    M.C : Les briques technologiques sont déjà là. Par exemple, des outils permettent de reconstruire un organe en 3D et de l’intégrer dans le champ opératoire. À terme, l’IA pourra : 

    • bloquer l’accès à des zones dangereuses (vaisseaux, nerfs, etc.), 
    • guider le chirurgien par étapes, en l’obligeant à identifier certaines structures avant de poursuivre. 

    C’est le début d’une standardisation intelligente du geste, qui améliore la sécurité tout en gardant l’expertise humaine au centre. 

    Quels sont les projets à venir pour Elsan dans ce domaine ?

    M.C : D’ici 2027, nous allons continuer à étendre notre maillage robotique, avec de nouvelles spécialités intégrées, en miroir de ce que l’on observe à l’international. L’orthopédie va prendre une place croissante, avec des robots spécifiquement conçus pour la chirurgie articulaire. 

    Et surtout, nous allons poursuivre la déclinaison territoriale de notre programme, pour que chaque patient, où qu’il vive, puisse bénéficier des technologies de demain. 

    « La robotique, c’est un levier d’innovation, de formation, d’attractivité territoriale et d’amélioration continue du soin. »

    👉 La chirurgie robotique sera l’un des thèmes abordés  lors de la soirée du 1er avril, le live d’innolab accessible en digital sur inscription gratuite ici : https://my.weezevent.com/accelerer-le-deploiement-des-innovations-technologiques-digital

  • Cartographie des acteurs du numérique en santé en Chine 

    Un essor permis grâce à une collaboration public-privé

    En Chine, la santé numérique est un secteur en plein développement, soutenu par une collaboration stratégique entre le public et le privé. Alors que le pays continue de relever les défis liés à la croissance démographique et à l’urbanisation rapide, l’intégration des technologies numériques dans le système de santé permettra de garantir que les services médicaux sont accessibles à tous, indépendamment de leur localisation.

    À travers des initiatives telles que “Internet + Healthcare” et des projets de télémédecine à grande échelle, la Chine s’assure de l’efficacité de son système de santé, tout en facilitant l’accès aux soins dans ses régions rurales et moins desservies. Ce modèle intégré, fondé sur l’innovation et la collaboration, pourrait bien positionner la Chine comme un leader mondial de la santé numérique dans les années à venir.

    Le rôle moteur des institutions publiques chinoises

    Les institutions publiques chinoises jouent un rôle essentiel dans l’impulsion et la régulation des solutions de santé numérique, même si à l’inverse de la France et de son Agence du numérique en santé, aucune institution n’a été spécifiquement dans le but de réguler le numérique en santé en Chine. À la tête de cette transformation, la Commission nationale de la santé (NHC) est l’acteur principal de la stratégie numérique de santé du pays. Sous sa direction, des initiatives telles que l’intégration des systèmes de santé numériques ont été mises en place pour améliorer la gestion des données de santé et garantir leur interopérabilité. En ce sens, la NHC a supervisé la mise en place de systèmes de télémédecine et de plateformes de santé électroniques accessibles à travers toute la Chine, y compris dans les régions les plus reculées.

    Mais ce n’est pas la seule institution impliquée. Le Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies (CDC), par exemple, utilise des technologies numériques pour surveiller et contrôler la propagation des maladies à l’échelle nationale. L’épidémie de COVID-19 a mis en lumière l’importance de ces outils numériques dans la gestion de la crise sanitaire, avec des systèmes de traçage des contacts et des outils de surveillance développés en collaboration avec des entreprises privées pour permettre une gestion plus rapide et plus sécurisée des informations de santé.

    D’autres institutions, comme l’Administration nationale de l’assurance maladie (NHSA), ont joué un rôle tout aussi important dans l’introduction de l’assurance santé électronique, facilitant ainsi l’accès aux soins numériques pour des millions de Chinois. Ces agences se sont toutes alignées sur un même objectif : construire un environnement numérique dans lequel les technologies de santé peuvent s’épanouir et répondre aux besoins d’une population en pleine expansion.

    Les géants technologiques chinois, moteurs de l’innovation

    La réussite de la santé numérique en Chine repose également sur l’innovation menée par des géants technologiques comme Ping An Good Doctor, AliHealth, et Tencent Health. Ces entreprises ne se contentent pas d’investir dans des technologies numériques, elles sont à la pointe de la révolution de la télémédecine. Ping An Good Doctor, par exemple, offre des consultations médicales en ligne à travers une application mobile, connectant les patients à des médecins en quelques minutes. Ce modèle a trouvé une résonance particulière pendant la pandémie de COVID-19, où l’accès aux soins en ligne a permis de maintenir une continuité des soins tout en réduisant les risques de contamination.

    AliHealth, filiale de Alibaba, joue également un rôle central en Chine, en proposant des services de santé en ligne qui incluent des consultations à distance, la gestion des prescriptions, ainsi que la vente de médicaments en ligne. Ce modèle permet non seulement d’atteindre une clientèle large dans les zones urbaines, mais aussi d’offrir des services de santé dans les régions moins desservies.

    Tencent Health, autre acteur majeur, exploite des outils d’intelligence artificielle et de big data pour améliorer les diagnostics et le suivi des patients. L’entreprise a développé des applications qui permettent aux utilisateurs de prendre en charge leur santé, en mesurant divers paramètres médicaux et en optimisant les traitements grâce à l’analyse des données en temps réel.

    Ces entreprises privées, en intégrant des solutions numériques innovantes, collaborent aussi avec les institutions publiques pour garantir que la santé numérique soit accessible et bénéfique à l’ensemble de la population chinoise, quel que soit son emplacement géographique.

    Le rôle des start-ups et des hubs d’innovation :

    En dehors des grands noms comme Ping An et Alibaba, une multitude de start-ups chinoises sont aussi acteurs de l’essor de la santé numérique en Chine. Ces entreprises agiles et souvent plus innovantes contribuent à la mise en œuvre de technologies de pointe, comme l’intelligence artificielle et les dispositifs médicaux connectés. Des sociétés comme WeDoctor et JD Health utilisent des plateformes numériques pour offrir des consultations à distance et simplifier la gestion des soins de santé au quotidien. Ces start-ups sont souvent soutenues par des hubs d’innovation et des incubateurs comme HealthTech China, qui facilitent leur développement et leur intégration dans le système de santé chinois.

    À l’image de Medlinker et Haodaifu, des start-ups innovantes dans le domaine de la télémédecine en Chine, ces entreprises transforment la manière dont les soins sont administrés. Elles utilisent des technologies avancées telles que l’intelligence artificielle, le big data et la télémédecine pour offrir des consultations à distance, améliorer l’efficacité des diagnostics et gérer plus efficacement les maladies chroniques. Ces entreprises, tout comme Health 360 et Lifesense, qui développent des solutions de suivi de la santé basées sur des appareils connectés, garantissent une médecine plus préventive et personnalisée, répondant aux besoins de santé spécifiques de chaque patient.

    Ces initiatives sont renforcées par des partenariats public-privé stratégiques, permettant de faire émerger des solutions novatrices à grande échelle. Grâce à ces collaborations, la Chine réussit à créer un écosystème de santé numérique intégré, où chaque acteur contribue à une meilleure accessibilité et efficacité des soins.

    Des acteurs qui collaborent dans un environnement international

    Bien que la Chine soit un acteur clé dans la santé numérique, elle ne travaille pas seule. Les partenariats internationaux sont aussi impliqués dans son développement. Le pays collabore activement avec des entreprises mondiales, telles que Microsoft et IBM, pour intégrer des technologies avancées dans le secteur de la santé. Le pays participe également à des initiatives mondiales, comme celles menées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), pour partager ses expériences et renforcer l’échange de bonnes pratiques à l’échelle internationale.

    De plus, les acteurs chinois sont impliqués dans des projets collaboratifs en Europe et en Asie, notamment via “Horizon Europe”, un programme qui soutient l’innovation dans le secteur de la santé. Ces initiatives permettent à la Chine de se connecter à un réseau mondial de partenaires, facilitant l’adoption de nouvelles technologies et l’amélioration des systèmes de santé.

    Cartographie des acteurs du numérique en santé en Chine

    Cartographie des acteurs du numérique en santé en Chine 
    Cartographie des acteurs du numérique en santé en Chine
  • IA & handicap : 13 cas d’usage de l’IA pour l’accessibilité des personnes en situation de handicap

    5 catégories de cas d’usage de l’IA pour l’accessibilité des personnes en situation de handicap

    L’intelligence artificielle est devenue un levier majeur pour l’accessibilité des personnes en situation de handicap. Qu’il s’agisse de reconnaissance visuelle, de transcription automatique, d’aide à la mobilité ou de stimulation cognitive, l’IA transforme la manière dont les individus interagissent avec leur environnement. Cette étude explore les principaux cas d’usage de l’IA pour l’accessibilité et met en avant les solutions les plus innovantes dans chaque domaine.

    5 catégories de cas d’usage ont été relevés :

    • Aide à la perception visuelle et à la lecture ;
    • Mobilité et assistance à la navigation ;
    • Communication et accessibilité auditive ;
    • Interfaces cerveau-machine et rééducation motrice ;
    • Aide aux troubles cognitifs et neurologiques.

    Aide à la perception visuelle et à la lecture

    1.1. Reconnaissance et description d’images pour les malvoyants :

    L’IA permet aux personnes malvoyantes ou aveugles d’obtenir une description sonore de leur environnement. La vision par ordinateur couplée au traitement du langage naturel (NLP) identifie objets, couleurs, textes et visages pour faciliter la navigation autonome.

    1.2. Lecture de texte en temps réel pour les malvoyants :

    L’OCR (Reconnaissance Optique de Caractères) associé au NLP convertit les textes écrits en format audio. Cela permet aux malvoyants de lire des documents, des panneaux ou des étiquettes de produits.

    Mobilité et assistance à la navigation

    2.1. Aide à la navigation en milieu urbain pour les malvoyants :

    Les modèles d’IA embarquée et de machine learning permettent une navigation autonome en analysant l’environnement et en guidant l’utilisateur.

    2.2. Exosquelettes et assistance biomécanique pour les personnes à mobilité réduite :

    L’IA facilite la rééducation motrice et la récupération d’une mobilité partielle grâce à des exosquelettes adaptatifs.

    Communication et accessibilité auditive

    3.1. Transcription en temps réel pour les personnes sourdes et malentendantes :

    Les modèles Speech-to-Text convertissent instantanément les conversations orales en texte.

    3.2. Accessibilité téléphonique pour les malentendants :

    Certaines applications transcrivent en temps réel les conversations téléphoniques.

    3.3. Assistance vocale personnalisée pour les personnes ayant des troubles de la parole :

    Des algorithmes avancés permettent de reconnaître et transcrire les voix affectées par des troubles du langage.

    3.4. Synthèse vocale personnalisée :

    Les avancées en deep learning et speech synthesis permettent de recréer la voix d’un utilisateur pour la synthétiser. Interfaces cerveau-machine et rééducation motrice

    4.1. Contrôle d’ordinateurs et de dispositifs par la pensée :

    Les interfaces cerveau-machine (BCI) utilisent des signaux neuronaux pour commander des appareils.

    4.2. Rééducation neurologique assistée par IA :

    La combinaison de l’IA et de la réalité virtuelle permet une rééducation cognitive et motrice.

    Aide aux troubles cognitifs et neurologiques

    5.1. Stimulation et évaluation des capacités cognitives :

    L’IA analyse les performances cognitives et propose des exercices personnalisés.

    5.2. Assistance aux enfants avec des troubles du développement :

    Les algorithmes d’IA adaptent les interactions aux enfants atteints de troubles du spectre autistique.

    5.3. Assistance conversationnelle pour les personnes âgées et atteintes de troubles cognitifs :

    Des assistants IA interactifs accompagnent les personnes souffrant de solitude ou de troubles cognitifs.


    Cartographie des cas d’usage de l’IA pour l’accessibilité des personnes en situation de handicap :

    Cartographie des cas d'usage de l'IA pour l’accessibilité des personnes en situation de handicap - ©Health & Tech Intelligence
    Cartographie des cas d’usage de l’IA pour l’accessibilité des personnes en situation de handicap – ©Health & Tech Intelligence
  • IA & handicap : 25 solutions utilisées en France

    5 types d’IA utilisés pour aider les personnes en situation de handicap

    L’intelligence artificielle (IA) transforme de nombreux domaines, et celui de l’accessibilité pour les personnes en situation de handicap ne fait pas exception. En France, plusieurs solutions basées sur l’IA sont déjà utilisées pour améliorer l’autonomie des individus. Qu’il s’agisse de vision par ordinateur, de traitement du langage naturel (NLP), de reconnaissance vocale ou encore d’interfaces cerveau-machine, l’IA permet d’ouvrir de nouvelles perspectives dans l’inclusion sociale et professionnelle. Avec cette étude, Health & Tech Intelligence explore les technologies actuellement accessibles en France, en les classant selon le type d’IA qui les sous-tend.

    5 types d’IA sont utilisés pour aider les personnes en situation de handicap : le deep learning, le machine learning, le traitement de langage naturel, la reconnaissance vocale et la vision par ordinateur. La majorité des solutions utilisées en France combinent plusieurs types d’IA pour offrir des fonctionnalités avancées et adaptées aux besoins spécifiques des personnes en situation de handicap. C’est le cas, par exemple, de Seeing AI combine deep learning, NLP et la vision par ordinateur. Les deux types d’IA les plus utilisées sont le NLP, qui est intégré dans 11 des 23 solutions d’IA pour les personnes en situation de handicap, et le machine learning, intégré aussi dans 11 solutions. Le deep learning est intégré dans 10 solutions, la vision par ordinateur dans 9 et la reconnaissance vocale dans 4.


    Le deep learning créé un “oeil numérique” au service des déficiences visuelles

    Les avancées en deep learning appliquées à la vision par ordinateur ont permis de rendre accessibles de nombreux services pour les personnes atteintes de déficiences visuelles. Seeing AI, développé par Microsoft, est une application disponible en France qui analyse l’environnement en temps réel et fournit une description vocale des objets, textes et visages détectés. Sur un principe similaire, Envision AI et Lookout de Google exploitent l’IA pour lire des documents et identifier des éléments du quotidien, facilitant ainsi la vie des non-voyants.

    OrCam MyEye, une solution matérielle portable, utilise également des réseaux neuronaux pour identifier les objets et lire des textes en temps réel. Ce dispositif compact et embarqué est une avancée majeure, notamment pour les déplacements en autonomie. Une alternative française, Sonar Vision, propose une IA embarquée capable de guider les malvoyants en analysant leur environnement et en signalant les obstacles à l’aide de retours sonores.

    Enfin, Lysa, une technologie de navigation intelligente, va encore plus loin en combinant vision par ordinateur et machine learning. Son objectif est d’apporter une assistance en temps réel pour la mobilité en ville, en identifiant les trottoirs, les passages piétons et les obstacles en hauteur, un défi auquel de nombreux outils existants ne peuvent pas répondre avec précision.

    Le NLP et la reconnaissance vocale utilisée pour augmenter l’accessibilité sonore

    Les technologies de traitement du langage naturel (NLP) et de reconnaissance vocale sont devenues un pilier essentiel pour améliorer l’accessibilité des personnes sourdes et malentendantes. Ava, une application largement adoptée en France, permet la transcription en temps réel des conversations, facilitant la communication dans des contextes variés, du cadre professionnel aux interactions du quotidien.

    Dans le domaine des appels téléphoniques, RogerVoice se distingue par son IA capable de retranscrire instantanément les échanges, permettant ainsi aux personnes sourdes d’accéder aux services téléphoniques de manière autonome. Live Transcribe de Google et Otter.ai complètent cet écosystème en proposant des outils de retranscription avancés, adaptés aux conférences et aux réunions professionnelles.

    Le deep learning aussi utilisées pour les personnes qui ont du mal à communiquer :

    Ces outils sont également bénéfiques pour les personnes souffrant de troubles moteurs affectant la parole. Voiceitt, un programme d’IA utilisant des modèles de deep learning, apprend à reconnaître la voix de personnes ayant des troubles de l’élocution, traduisant ensuite leurs propos en texte clair ou en synthèse vocale. De son côté, Dragon NaturallySpeaking (Nuance) exploite des modèles de machine learning pour convertir la voix en texte, offrant ainsi un accès simplifié aux ordinateurs et autres appareils numériques.

    Une innovation récente développée par Apple, Live Speech, intègre un modèle avancé de deep learning et de synthèse vocale. Il permet aux personnes atteintes de maladies neurodégénératives de sauvegarder leur voix et de continuer à s’exprimer via une interface qui imite leur timbre vocal. Cette avancée est particulièrement prometteuse pour les personnes risquant de perdre leur capacité d’expression.

    Mieux se déplacer grâce au machine learning et aux interfaces cerveau-machine

    Les interfaces cerveau-machine (BCI) représentent l’un des développements les plus ambitieux de l’IA appliquée au handicap moteur. En France, le projet BCI WIMAGINE, mené par Clinatec, permet aux personnes tétraplégiques de contrôler des exosquelettes ou des dispositifs informatiques par la pensée. Ce système repose sur l’apprentissage automatique pour interpréter les signaux cérébraux et les convertir en commandes exploitables par un ordinateur ou une prothèse.

    Dans le domaine de la rééducation motrice, des solutions comme ReWalk et Ekso Bionics s’appuient sur des algorithmes de machine learning pour adapter leurs mouvements aux besoins spécifiques de chaque utilisateur. Izar, développé par Mindmaze, utilise une combinaison de neurosciences computationnelles et d’apprentissage profond pour offrir une rééducation immersive basée sur la réalité virtuelle.

    Interagir avec un écran ou un ordinateur sans utiliser les mains :

    Pour ceux qui ne peuvent pas utiliser des interfaces classiques, HeadMouse Nano (Origin Instruments) permettent de contrôler un ordinateur avec les mouvements de la tête, tandis que Tobii Dynavox Eye Gaze (Tobii) repose sur la reconnaissance du regard pour permettre aux personnes atteintes de paralysie sévère d’interagir avec un écran sans utiliser leurs mains.

    Accompagner le handicap invisible avec le machine learning et le deep learning

    Les troubles cognitifs, comme l’autisme, la dyslexie ou la maladie d’Alzheimer, nécessitent des approches adaptées pour améliorer l’autonomie des personnes concernées. Cognifit, une plateforme de stimulation cognitive basée sur le machine learning, analyse les performances cérébrales et propose des exercices personnalisés pour renforcer la mémoire et l’attention.

    MindMaze, déjà mentionné pour la rééducation motrice, est également utilisé pour le suivi des patients atteints de troubles neurologiques. En combinant deep learning et neurosciences computationnelles, cette technologie s’adapte aux spécificités de chaque individu, offrant ainsi une prise en charge plus efficace.

    Les enfants autistes bénéficient également de solutions comme Leka, un robot interactif qui apprend à s’adapter aux besoins spécifiques de chaque utilisateur grâce à l’intelligence artificielle. Son objectif est d’améliorer les interactions sociales et d’aider au développement des capacités cognitives. Enfin, les assistants intelligents comme Elliq utilisent des modèles de traitement du langage naturel et de machine learning pour interagir avec les personnes âgées ou atteintes de troubles cognitifs, leur rappelant de prendre leurs médicaments, stimulant leur mémoire et les aidant à lutter contre l’isolement social.


    Cartographie des solutions d’IA pour les personnes en situation de handicap utilisées en France :

    Cette cartographie classe les solutions d’IA pour les personnes en situation de handicap utilisées en France en fonction de leur type d’IA.

    Cartographie des solutions d'IA pour les personnes en situation de handicap utilisées en France - ©Health & Tech Intelligence
    Cartographie des solutions d’IA pour les personnes en situation de handicap utilisées en France – ©Health & Tech Intelligence
  • UK : comité de supervision de l’IA, collaboration entre les acteurs, application rigoureuse des législations sur la protection des données… le gouvernement britannique dévoile son AI Playbook

    Un cadre structurant pour l’intégration de l’IA 

    L’IA représente une opportunité considérable pour améliorer la productivité et optimiser les services publics. Cependant, son adoption nécessite un cadre rigoureux, garantissant à la fois transparence, supervision humaine et conformité réglementaire. Le AI Playbook du gouvernement britannique définit des principes directeurs qui imposent une maîtrise complète des outils d’IA, afin d’en exploiter le potentiel sans compromettre la protection des données ou l’équité des décisions automatisées. 

    L’un des points clés de ce playbook repose sur la transparence. Toute utilisation de l’IA doit être expliquée de manière claire et accessible, avec une documentation détaillée sur son fonctionnement et son impact. La supervision humaine est un élément central : aucune décision critique ne doit être laissée à une IA sans validation par un agent public. Ce principe vise à éviter les erreurs algorithmiques et à garantir que les systèmes restent alignés avec les valeurs du service public.

    L’IA ne peut être utilisée sans respecter un cadre réglementaire strict. Les législations sur la protection des données et la lutte contre les biais doivent être appliquées avec rigueur, notamment pour éviter les discriminations induites par certains modèles algorithmiques. En parallèle, l’adoption de l’IA doit répondre à une approche éthique, prenant en compte les impacts à long terme sur la société et les individus. 

    Des applications concrètes pour moderniser les services publics 

    Le gouvernement britannique a déjà commencé à déployer des applications d’IA dans plusieurs domaines clés. Dans les services aux citoyens, les chatbots et les systèmes d’analyse automatique facilitent le traitement des demandes administratives, réduisant ainsi les délais de réponse.  

    Dans le secteur hospitalier, des algorithmes optimisent la gestion des flux de patients et la planification des ressources médicales, permettant un accès plus rapide aux soins. La cybersécurité bénéficie également des capacités de l’IA, avec des systèmes capables de détecter et de prévenir en temps réel les menaces informatiques ciblant les infrastructures publiques. 

    L’automatisation des tâches administratives constitue un autre levier d’efficacité. En réduisant la charge de travail répétitive, l’IA permet aux fonctionnaires de se concentrer sur des missions à forte valeur ajoutée, améliorant ainsi la qualité du service public. L’enjeu est d’intégrer ces technologies de manière fluide dans les processus existants, en veillant à leur compatibilité avec les outils déjà en place. 

    Une gouvernance renforcée pour encadrer l’usage de l’IA 

    Le AI Playbook insiste sur la nécessité d’une gouvernance structurée pour accompagner le déploiement de l’IA. La création d’un comité de supervision est recommandée afin de garantir le respect des principes définis et d’orienter les administrations vers les meilleures pratiques. Une stratégie d’adoption claire doit être élaborée, alignée avec les objectifs de transformation numérique du gouvernement. L’évaluation et le contrôle des systèmes IA doivent être renforcés, avec des audits réguliers pour mesurer leur efficacité et détecter d’éventuelles dérives. 

    L’un des piliers de cette gouvernance repose sur la collaboration. Le gouvernement britannique encourage les administrations à travailler étroitement avec les universités, les entreprises technologiques et la société civile pour développer des solutions adaptées aux besoins spécifiques des services publics. Cette approche partenariale permet de tirer parti des innovations tout en s’assurant que leur mise en œuvre respecte les valeurs du service public. 

    L’IA comme levier de modernisation du secteur public 

    Le Royaume-Uni mise sur l’IA pour moderniser ses services publics, mais dans un cadre rigoureux garantissant un équilibre entre innovation et responsabilité. Le AI Playbook offre une feuille de route claire, guidant les administrations vers une adoption maîtrisée de ces technologies. En structurant leur approche, en veillant à la transparence et en instaurant une gouvernance solide, les institutions publiques peuvent exploiter pleinement les bénéfices de l’IA tout en évitant les dérives. 

    L’intégration réussie de ces outils dans les processus gouvernementaux ne se fera pas sans relever plusieurs défis. La formation des agents, la gestion des données et l’acceptabilité sociale restent des enjeux majeurs. Cependant, avec une approche méthodique et encadrée, l’IA pourrait bien devenir un moteur clé de l’efficacité et de l’accessibilité des services publics au Royaume-Uni. 

  • Silver : le Gérontopôle Pays de la Loire dévoile son outil Cart’âge pour faciliter l’observation et l’analyse des réalités du vieillissement sur le territoire de la région

    Un outil issu du programme de recherche ACOPA

    Cart’âge s’inscrit dans la continuité du programme de recherche Acopa (Accessibilité et opportunités de soins des personnes âgées dans la région Pays de la Loire), initié en 2020 par le Gérontopôle. Ce programme a été lancé pour répondre à plusieurs constats préoccupants. D’une part, les personnes âgées représentent une part importante des patients des structures médicales (entre 40 et 60 % en 2019), mais l’offre de soins reste inégalement répartie sur le territoire. D’autre part, l’Insee prévoit une hausse de 47 % du nombre de personnes âgées de 65 ans et plus d’ici 2040, ce qui accentuera les tensions sur le système de soins et nécessitera une réorganisation des modes d’accompagnement, entre domicile, établissements spécialisés et hôpitaux.

    Le programme est destiné à mesurer et comprendre les leviers et les freins (spatiaux, économiques, sociaux et organisationnels) relatifs à l’accès aux soins des personnes âgées dans les Pays de la Loire. Il s’articule autour de 4 objectifs : 

    • 1️⃣ évaluer les disparités territoriales de santé de la population âgée ; 
    • 2️⃣ identifier les leviers et les freins de l’accès et du parcours de soins des personnes âgées ; 
    • 3️⃣ anticiper les besoins gérontologiques à l’horizon 2030-2040 ; 
    • 4️⃣ développer des outils pour éclairer les politiques de planification de l’offre et du financement des structures et des services du domicile. 

    Pour y parvenir, le programme repose sur trois outils majeurs : un atlas numérique, une banque de données territorialisées et la plateforme de cartographie en ligne Cart’âge.

    Un outil d’analyse complet et évolutif :

    Cart’âge se distingue par sa richesse fonctionnelle et sa polyvalence. Il centralise plus de 2000 indicateurs, issus de sources ouvertes et de partenaires institutionnels, régulièrement mis à jour pour garantir la fiabilité des données. La plateforme propose une visualisation à différentes échelles géographiques, depuis les îlots statistiques (IRIS) jusqu’aux départements, en passant par les communes et les bassins de vie.

    L’outil couvre de nombreuses thématiques liées au vieillissement, telles que la démographie, les vulnérabilités, l’accès aux soins, l’habitat, la mobilité ou encore l’implication citoyenne des seniors. Il offre également des capacités avancées de restitution analytique, permettant de générer des cartes, des graphiques et des rapports détaillés. Les utilisateurs peuvent ainsi comparer les données selon les découpages territoriaux, éditer des rapports personnalisés et même importer des données externes pour les croiser avec celles de la plateforme.

    Des usages multiples pour des acteurs variés

    L’intérêt de Cart’âge réside dans son accessibilité et sa capacité à répondre aux besoins de différents publics. Pour les professionnels de santé et les acteurs médico-sociaux, il constitue un outil stratégique pour mieux comprendre les dynamiques territoriales du vieillissement et adapter l’offre de soins en conséquence. Il permet d’accompagner la mise en œuvre de politiques publiques et d’optimiser les stratégies territoriales en matière de santé et de services aux seniors.

    Les chercheurs et étudiants peuvent également l’utiliser pour approfondir leurs travaux sur les problématiques gérontologiques, tandis que les citoyens y trouvent une source d’information précieuse sur les enjeux liés au vieillissement de la population.

    La plateforme propose deux niveaux d’accès aux données : une version libre et gratuite, donnant accès à des indicateurs-clés sur des thématiques comme la démographie, l’offre médicale, l’économie et l’emploi, et une version réservée aux partenaires, offrant des données plus approfondies, notamment sur les projections jusqu’en 2040.

  • Cyber : le programme Care dévoile son nouveau plan de financement dédié à la stratégie de continuité et de reprise d’activité

    Un second volet dédié à la résilience et à la continuité des soins 

    Lancé en mars 2024, le premier volet du programme CaRE s’est concentré sur la réalisation d’audits techniques pour identifier les failles de cybersécurité des établissements de santé. Avec une enveloppe de 65 millions d’euros, cette première phase a permis de passer au crible les annuaires et l’exposition des structures sur internet, afin d’évaluer leur niveau de vulnérabilité. L’adhésion massive des établissements a souligné une prise de conscience généralisée des enjeux liés à la cybersécurité : 85 % d’entre eux ont participé aux évaluations, illustrant la nécessité de mieux se préparer face aux cyberattaques qui ciblent régulièrement le secteur hospitalier. 

    Un an après cette première initiative, le ministère de la Santé et de l’Accès aux soins vient d’annoncer le lancement du deuxième volet du programme, centré sur la continuité et la reprise d’activité en cas d’incident cyber. Ce nouveau chapitre, dévoilé le 11 mars 2025, a pour ambition de garantir que les hôpitaux et établissements de soins puissent continuer à fonctionner, même en cas d’attaque informatique paralysant leurs systèmes. L’enjeu est majeur : éviter l’interruption des soins et assurer la protection des données médicales sensibles, alors que les cybermenaces ne cessent de croître et de se sophistiquer. 

    Lancement d’un appel à financement à la fin du mois de mars 2025 

    Si ce second volet marque une avancée décisive dans la protection des établissements de santé, les défis restent nombreux. Le ministère de la Santé et de l’Accès aux soins a décidé de le lancer alors que les cyberattaques ciblant les hôpitaux se multiplient, compromettant l’accès aux dossiers médicaux, ralentissant les prises en charge et parfois même mettant en danger la vie des patients. En 2023, plusieurs établissements français ont été victimes de ransomwares, entraînant des interruptions de services et des pertes de données critiques. L’urgence est donc de mise : sans une résilience accrue, les conséquences de ces intrusions pourraient être dramatiques. 

    Avec ce deuxième volet du programme CaRE, la France compte renforcer son arsenal face aux cybermenaces qui pèsent sur son système de santé. Cette ambition se traduit notamment par le lancement d’un appel à financement dédié aux stratégies de sauvegarde et de continuité, prévu d’ici la fin du mois de mars. Ce dispositif vise à permettre aux établissements éligibles d’engager rapidement des actions concrètes pour renforcer leur capacité de résistance aux cyberattaques. 

    L’objectif est double : pallier le sous-investissement historique en cybersécurité, pointé du doigt par la Cour des comptes en janvier 2025, et inscrire la protection des systèmes hospitaliers dans une dynamique de long terme. Au-delà des aides immédiates, les autorités réfléchissent à des mécanismes de financement durables, conditionnés à des efforts continus en matière de cybersécurité. L’idée serait d’inciter les hôpitaux à allouer des ressources propres à cette problématique et à améliorer leurs pratiques de protection numérique au fil du temps. 

  • Prévention : lancement de la septième édition de l’AAP Prevent2Care (20/04)

    Encourager l’innovation en prévention santé

    Le programme Prevent2Care, premier incubateur français dédié à l’innovation en prévention santé, lance l’appel à candidatures pour sa 7ᵉ édition. Porté par la Fondation Ramsay Santé et Pfizer Innovation France, en partenariat avec Elior Santé et opéré par INCO, ce programme vise à accompagner les startups et associations développant des solutions innovantes en prévention santé.

    Chaque année, 100 000 vies pourraient être sauvées grâce à une meilleure prévention en santé. Par ailleurs, une optimisation des stratégies de prévention permettrait d’économiser près de 5 milliards d’euros sur les dépenses de santé en France. Prevent2Care s’engage depuis six ans à soutenir les innovations qui favorisent l’accès aux soins, réduisent les inégalités et améliorent la santé publique.

    Les lauréats bénéficieront d’un programme d’incubation gratuit de 9 mois, incluant :

    • un diagnostic stratégique et un suivi individualisé ;
    • des ateliers collectifs sur les enjeux majeurs de la prévention santé ;
    • un accès à un réseau de plus de 250 experts de la santé et de l’innovation ;
    • un accompagnement à la levée de fonds ;
    • des événements de mise en réseau et de visibilité, tels que des Demo Days et des ateliers de co-développement.

    160 projets accompagnés en 6 ans :

    Depuis son lancement, Prevent2Care a accompagné 160 projets qui ont levé 113 millions d’euros et touché 6 millions d’utilisateurs. Parmi les alumni du programme, on retrouve Damae Medical (dépistage des cancers de la peau), Poppins (lecture assistée pour enfants dyslexiques) ou encore Ludocare (suivi de l’asthme infantile).

    Comment participer à l’AAP ?

    Critères d’éligibilité :

    L’appel à candidatures est ouvert aux start-ups et associations ayant développé des solutions répondant aux défis suivants :

    • Faciliter l’accès à la prévention santé pour tous, notamment dans les territoires confrontés à des difficultés d’accès aux soins.
    • Rendre le patient acteur de son parcours de soins grâce à des innovations technologiques.
    • Promouvoir une nutrition saine et lutter contre l’obésité.
    • Améliorer la santé mentale en apportant des solutions accessibles et efficaces.

    Les projets intégrant l’intelligence artificielle seront particulièrement valorisés.

    Calendrier de l’appel à candidatures :

    • Ouverture des candidatures : 12 mars 2025.
    • Date limite de dépôt des dossiers : 20 avril 2025.
    • Annonce des lauréats : printemps 2025.

    👉 Les dossiers doivent être déposés sur la plateforme dédiée .

    📩 Pour toute question sur l’appel à candidatures, contactez : margaux@mpeconseil.com.

     

  • EuroHPC AI Factory : la France intègre le programme avec son projet AI Factory France porté par Genci

    Une infrastructure de calcul européenne taillée pour l’IA

    Avec la sélection du projet AI Factory France – porté par l’infrastructure de recherche Genci (Grand équipement national de calcul intensif), en partenariat avec de nombreuses institutions françaises, tels que l’Inria et le CNRS – dans le cadre du programme EuroHPC AI Factory, la France renforce son rôle de leader en intelligence artificielle.

    Lancé sous l’égide du programme EuroHPC, l’AI Factory a pour ambition de créer un écosystème européen capable de rivaliser avec les puissances américaines et chinoises en matière de calcul haute performance appliqué à l’intelligence artificielle. Cette infrastructure a pour but de mettre à disposition des capacités de calcul souveraines, facilitant ainsi le développement d’algorithmes avancés et l’optimisation des modèles IA. La France rejoint donc un réseau européen d’acteurs de premier plan et met en avant son expertise en matière de calcul scientifique. Ce projet se distingue par son approche décentralisée, favorisant l’accès aux ressources informatiques pour les chercheurs, les start-ups et les grandes entreprises. La coopération entre acteurs académiques et industriels doit permettre d’accélérer le déploiement d’applications concrètes dans des domaines stratégiques comme la santé, l’aéronautique, l’énergie, ou encore la cybersécurité.

    Jean Zay et Alice Recoque, les deux supercalculateurs français stars du projet :

    Au cœur du projet AI Factory France, on retrouve Jean Zay, un supercalculateur déjà en service depuis 2019, conçu pour répondre aux exigences des chercheurs et des entreprises en IA. Ce puissant outil de calcul, hébergé par Genci, est utilisé pour entraîner des modèles d’intelligence artificielle avancés dans des secteurs tels que la santé, la météorologie ou encore la finance. Il permet notamment de traiter des volumes massifs de données, facilitant ainsi la simulation et la modélisation à grande échelle.

    Mais l’ambition française ne s’arrête pas là. En 2026, la France accueillera Alice Recoque, un supercalculateur exascale, capable d’effectuer plus d’un milliard de milliards d’opérations par seconde. Ce monstre de puissance viendra compléter les infrastructures existantes et renforcer la compétitivité du pays en matière de calcul scientifique. Grâce à cette montée en capacité, la France pourra non seulement accélérer ses propres travaux de recherche, mais aussi proposer ses services à l’ensemble de l’écosystème européen.

    Un projet structurant pour l’écosystème IA en Europe

    En intégrant AI Factory France dans le programme EuroHPC, la France mise sur une approche collaborative et fédératrice. L’objectif est de faciliter l’accès aux ressources de calcul pour un large éventail d’acteurs, des jeunes pousses innovantes aux grandes entreprises industrielles. Pour ce faire, plusieurs services seront déployés, parmi lesquels :

    • Un accès simplifié aux infrastructures de calcul pour les entreprises et les chercheurs.
    • Des formations et un accompagnement pour favoriser l’adoption des technologies IA.
    • Un soutien à l’innovation via des incubateurs et des financements ciblés.

    Les ministres Philippe Baptiste (Enseignement Supérieur et Recherche) et Clara Chappaz (déléguée à l’IA) saluent cette initiative comme un levier de souveraineté européenne en intelligence artificielle. Selon eux, ce projet permettra d’attirer des talents, de soutenir l’innovation et de structurer un écosystème compétitif face aux géants du numérique. En s’inscrivant pleinement dans la stratégie européenne de développement de l’IA, AI Factory France incarne l’ambition du pays d’être à la pointe de la recherche et de l’innovation, tout en consolidant son leadership sur la scène mondiale.