VERDU BISSI Alexandre

  • OMS / Europe : une initiative des partenaires stratégiques pour les données et la santé numérique

    Une transformation collaborative des soins

    Alors qu’elle devait normalement débuter en février 2024, le lancement de cette initiative des partenaires stratégiques pour les données et la santé numérique, portée par la branche européenne de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a été repoussé au 13 juin 2024 par un texte amendé le 13 février. Dans le but de dresser un état des lieux des écosystèmes de santé numérique européens pour les améliorer et combler leurs lacunes, cette initiative sera rejointe par “plus de 100 représentants d’États membres, d’organisations intergouvernementales, gouvernementales et non gouvernementales, de centres collaborateurs de l’OMS pour les données et la santé numérique, du secteur privé et d’établissements universitaires”.

    L’OMS voit dans cette initiative un moyen d’améliorer les soins dans toute la région européenne grâce aux technologies, aux données et à tous les outils du numérique en santé. L’organisation explique que les travaux de cette initiative “seront motivés par les priorités des États membres et s’appuieront sur les recherches scientifiques les plus récentes et sur des pratiques actuelles fondées sur des données probantes, et seront en cohérence avec la Stratégie mondiale de l’OMS sur la santé numérique 2020-2025 et le Plan d’action régional pour la santé numérique dans la Région européenne de l’OMS 2023– 2030.”

     

    La mise en place de 4 groupes de travail

    Dans son rapport qui annonce le futur lancement de cette initiative pour les données et la santé numérique publié en juin 2023, l’OMS indiquait que les partenaires stratégiques européens impliqués seront répartis en 4 groupes de travail :

    •  un premier groupe sera consacré à l’« alignement des politiques d’utilisation des données de santé et de la santé numérique dans les pays” et cela après examen des facteurs contribuant à la réussite de la transformation numérique des systèmes de santé européens ;
    •  un deuxième groupe sera consacré au “renforcement des capacités des pays afin de mieux gérer la transformation numérique dans le secteur de la santé”, par le biais de l’examen des approches visant à renforcer la capacité des pays à financer, à acheter et à gérer des solutions de données et de santé numérique, ainsi que des approches visant à “accroître la littératie numérique du personnel de santé” ;
    •  un troisième groupe sera consacré à la mise en place de collaborations “entre partenaires, parties prenantes et grand public pour augmenter l’adoption de solutions de santé numérique sûres et inclusives” ;
    •  le dernier groupe sera consacré à l’exploration des méthodes permettant de recueillir des preuves démontrant l’efficacité et la fiabilité des solutions de santé numérique afin de “renforcer la confiance” des européens qu’ils soient patients ou professionnels de santé.

     

    Objectifs de l’initiative portée par l’OMS en Europe :

    La mise en place de ces 4 groupes de travail devrait permettre d’atteindre les objectifs clés fixés pour l’initiative des partenaires stratégiques. Il s’agit :

    • de déterminer les principales difficultés et les mesures à prendre pour que la santé numérique soit plus facilement acceptée dans les pays et qu’elle soit sûre et équitable ;
    • de faciliter les collaborations qui promeuvent la solidarité en matière de soins de santé numériques ;
    • d’assurer aux États membres un « refuge » indépendant pour qu’ils puissent apprendre à explorer les données et les solutions de santé numérique et collaborer avec des partenaires externes à cet effet ;
    • et d’élaborer des scénarios pour la prestation des soins de santé et l’utilisation de données dans la Région européenne, sur lesquels on pourra s’appuyer pour poursuivre la transformation des systèmes de santé et le reprofilage des personnels de santé.
  • Pneumo : Quinten Health et Constances collaborent pour développer des jumeaux numériques

    Des jumeaux numériques pour accélérer les essais cliniques

    La collaboration entre Quinten Health et Constances est née du besoin de thérapies pour de nombreux patients atteints d’affections respiratoires. Les deux partenaires expliquent que “bien que de nombreuses options thérapeutiques pour l’asthme et la BPCO soient commercialisées, il existe encore de forts besoins non satisfaits dans les sous-groupes de patients importants, chez les mauvais répondeurs ou les patients diagnostiqués tardivement, ainsi qu’une prise en charge inefficace avec des médicaments biologiques coûteux”.

    Pour répondre à ce besoin, ce partenariat vise à développer et utiliser des jumeaux numériques de patients en vie réelle, créés grâce à l’IA. Le but étant de “réduire les risques et accélérer les essais cliniques de phase 3”. Grâce à une cohorte de 220 000 patients mise en place par Constances, les données de santé récoltées permettront à Quinten Health de créer des jumeaux numériques qui simuleront les caractéristiques des patients, afin de tester de nouvelles molécules et “d’anticiper leur impact médical et économique dans la vie réelle”. Ces tests permettront de déterminer s’il est pertinent de développer ces molécules à destination des patients qui ne parviennent pas à se soigner avec les traitements disponibles sur le marché.

    Une réponse à la variabilité de la progression des maladies

    Alors que toutes les solutions thérapeutiques ne conviennent pas à tous les patients, notamment en raison de “l’hétérogénéité et de la variabilité de la progression des maladies, ainsi que de la complexité des parcours de soins”, le président de Quinten Health, Alexandre Templier, indique que cette collaboration et l’utilisation des jumeaux numériques créés à partir de bases de données robustes permettront de “modéliser et simuler cette complexité” pour :

    • réduire les coûts et la durée du développement ;
    • faciliter l’approbation et l’adoption ;
    • et maximiser l’impact pour chaque patient.

     

  • EHDS : un accord provisoire trouvé en le Parlement européen et le Conseil de l’UE

    Le Parlement européen est arrivé avec un texte qui portaient notamment sur le consentement à la réutilisation et la localisation des données. Si le texte a subi quelques ajustements, un accord provisoire a finalement été scellé et sera soumis à un vote des ambassadeurs des États membres de l’UE, le 22 mars, avant un vote final en séance plénière au Parlement en avril prochain.

    Un accord trouvé sur le droit d’opt-out

    Le principal point de discorde lors de la séance du 7 mars, entre les différentes institutions invitées à la table des négociations, était la présence dans le texte d’un droit d’opt-out. En effet, les précédentes séances s’étaient soldées sans accord parce que le Parlement souhaitait que tous les pays européens intègrent un droit d’opposition à la réutilisation de leurs données pour les patients, tandis que le Conseil préférait que chaque État membre puisse décider de mettre en place ou non un tel droit à l’échelle nationale.

    Finalement, le Parlement a proposé une solution qui a été acceptée par tous, après quelques petites modifications : le droit d’opt-out concernera tous les patients de l’Union européenne, qui pourront donc s’opposer à l’utilisation secondaire de leurs données de santé, mais avec certaines exceptions.

    Les États membres de l’UE pourront outrepasser ce droit d’opposition des citoyens lorsqu’une utilisation des données – qui sera demandée par une “institution publique” ou une “institution privée chargée d’exécuter des tâches publiques” – se fera dans le but de contribuer à :

    • la recherche scientifique pour des raisons importantes d’intérêt public ;
    • des “activités de protection contre les menaces transfrontalières graves pour la santé ;
    • ou encore des activités visant à garantir des niveaux élevés de qualité et de sécurité des soins de santé.

     

    Le stockage hors UE possible sous conditions

    Pour ce qui est du stockage des données, le texte prévoit que dans le cas de l’EHDS, “les organismes d’accès aux données de santé, les détenteurs de données uniques et le service d’accès aux données de l’Union doivent stocker et traiter les données de santé électroniques personnelles dans l’Union européenne lorsqu’ils effectuent des opérations de pseudonymisation, d’anonymisation et toute autre opération de traitement de données personnelles”.

    Il est toutefois prévu que ces données “peuvent être stockées et traitées dans un pays tiers, un territoire ou un ou plusieurs secteurs spécifiés au sein de ce pays tiers”, lorsque la Commission a décidé que “le pays tiers, un territoire ou un ou plusieurs secteurs spécifiés au sein de ce pays tiers, ou l’organisation internationale en question” assurent un niveau de protection adéquat.

  • US : une dotation de 100 M$ consacrée à la recherche en santé des femmes

    Objectif : lutter contre un manque de connaissances

    “Bien qu’elles constituent plus de la moitié de la population, les femmes ont toujours été sous-étudiées et sous-représentées dans la recherche sur la santé”, déclarait Jill Biden, le 13 novembre 2023, lors du lancement de la première initiative de la Maison-Blanche sur la recherche en matière de santé des femmes. Une action censée “stimuler l’innovation dans la santé des femmes et combler les lacunes en matière de recherche”, expliquait le président américain lors de la signature du document ordonnant aux ministères et agences fédérales américaines de se pencher sur la question.

    6 mois plus tard, la Première Dame des États-Unis annonce une dotation de 100 millions de dollars pour amorcer cette mission de recherche et de développement consacrée à la santé des femmes. Au moment de cette nouvelle annonce, Jill Biden a souligné l’existence de “grandes lacunes dans la recherche – notamment le manque de connaissances sur la santé des femmes par les femmes elles-mêmes – ce qui peut entraîner des conséquences potentiellement graves”. Cette initiative devrait donc permettre de “placer les femmes au centre d’un système de soins, où leurs avis et leurs expériences vécues seront pris en compte”, afin qu’elles ne se contentent pas de “survivre avec des maladies chroniques, mais qu’elles mènent une vie longue et saine”.

    Les start-ups de la femtech premières bénéficières :

    Les 100 millions de dollars alloués seront utilisés dans un premier temps pour investir dans la recherche sur la santé des femmes, mais aussi pour soutenir des jeunes pousses de la femtech qui développent des solutions intéressantes. Ces entreprises ont généralement du mal à trouver les financements dont elles ont besoin auprès d’entreprises privées.

    Des initiatives similaires attendues en France

    L’annonce de cette dotation a fait réagir de nombreux acteurs de la santé des femmes en France. Parmi eux, Juliette Mauro, CEO de la start-up My S Life, a salué l’initiative dans un post Linkedin. Elle espère voir ce genre de projet “plus près de [la France]”.

    Si le gouvernement français n’a pas encore pris d’initiative de cette ampleur, on peut enregistrer quelques avancées dans ce secteur. Malgré l’absence de fonds dédié à ce secteur en France (alors que les USA et le UK en sont dotés), la difficulté persistante à levée des fonds et le manque de données médicales, des actions pour faire avancer la santé des femmes commencent à voir le jour. A l’image de la validation scientifique par la Haute autorité de santé d’un test diagnostique salivaire de l’endométriose développé par Ziwig, alors que l’endométriose accuse encore un retard moyen de diagnostic de 7 ans dans l’Hexagone.

    Par ailleurs, de nombreuses start-ups de la femtech ont été créées ces dernières années. Qu’elles ciblent la santé des femmes ou leur bien-être, leur multiplication montre une réelle envie de faire avancer la recherche sur le sujet. Health & Tech Intelligence a dressé un panorama des solutions françaises de la femtech à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes. A retrouver en cliquant sur ce lien.

  • Cancer : Posos et Rofim s’allient pour faciliter la coordination des parcours de soins

    Une coordination difficile entre les différents praticiens

    Si plus de 380 000 nouveaux cas de cancer sont recensés chaque année par l’Institut national du cancer (Inca), beaucoup de patients rapportent qu’il y a souvent un manque de coordination entre les différents praticiens qu’ils voient tout au long de leur parcours de soin. Ce dernier commence dès le diagnostic de leur cancer et se poursuit après la chirurgie ou la thérapie au travers d’un suivi post-traitement. En effet, 47 % des patients indiquent qu’ils ont rencontré “au moins un problème de coordination entre les médecins et les autres professionnels qui les suivent à l’hôpital ou en ville”, comme l’expliquait la Ligue contre le cancer dans l’un de ses rapports paru en 2022.

    La solution développée par Rofim et Posos en direction des CLCC devrait permettre de résoudre ces problèmes grâce à l’alliance des outils créés par les deux start-ups françaises. Les CLCC pourront ainsi utiliser ce nouveau dispositif pour améliorer la coordination entre les différents acteurs du parcours de soins. Pour Emmanuel Bilbault, CEO et cofondateur de Posos, ce partenariat va marquer “un tournant décisif dans la modernisation des processus de soins en CLCC”.

     

    Combiner téléexpertise et recommandation thérapeutique

    La solution qui se veut être le vecteur d’une amélioration de la prise en charge des patients, de la réduction des séquelles et de la prévention des cancers, “grâce à une approche coordonnée et sécurisée”, est une plateforme connectée multifonctions. Elle propose :

    • un outil de téléexpertise ;
    • l’outil de gestion des réunions de concertation pluridisciplinaires (RCP) de Rofim ;
    • et les modules de conciliation médicamenteuse et de retranscription des ordonnances de Posos.

    L’alliance entre les deux entreprises s’inscrit dans le sillage de ce que Rofim réalise depuis plusieurs années, à savoir la mise en place d’outils visant à “accélérer le diagnostic et la prise en charge des patients”, que ce soit dans les CLCC ou dans les services d’oncologie des CH et CHU. Gustave Roussy, qui est l’un des partenaires de Rofim, pourra être l’un des premiers établissements à déployer cette nouvelle solution.

  • IA : Sanofi et MIS lancent un outil pour le pré-diagnostic rapide de 270 maladies rares

    Jusqu’à 15 ans d’errance diagnostic

    Selon les chiffres dévoilés par les ministères des Solidarités et de la Santé et de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, dans le cadre du Plan national Maladies rares 2018 – 2022, le délais pour leur diagnostic se situe entre 2 et 3 ans pour la majorité des patients atteints d’une des 7 000 maladies rares existantes en France. Et, pour 25 % d’entre eux, cette errance diagnostique peut durer entre 5 et 15 ans, ce qui les obligent à consulter environ 5 médecins avant que le bon diagnostic ne soit posé. Et pour cause, le manque de connaissance concernant certaines maladies. 

    L’outil d’IA développé par Sanofi et MIS doit permettre aux médecins de diagnostiquer plus facilement et plus rapidement les patients atteints de maladies rares (pour l’instant l’outil permet la détection de 270 d’entre elles). Sanofi déclare avoir pour objectif de réduire l’errance diagnostique qui « constitue une réelle perte de chance pour [les] patients [car] plus la prise en charge médicosociale est tardive, plus le risque d’aggravation de la maladie et de la qualité de vie croît ». 

    Un pré-diagnostic disponible en 5 minutes 

    La solution codéveloppée par la start-up français MIS et le géant de la pharmacie est une plateforme gratuite, accessible via le site web accelrare.com.

    Le médecin peut y rentrer plusieurs informations sur son patient : symptômes, signes cliniques, antécédents personnels et familiaux et examens médicaux. Grâce à son IA, accelRare analyse les informations saisies et dresse un premier bilan en 5 à 10 minutes : l’outil identifie ainsi « le risque de maladie(s) rare(s) », et fournit « une fiche descriptive de la ou des maladies suspectées ». Il propose aussi de lister « les examens complémentaires que le médecin pourrait prescrire en milieu libéral pour renforcer le niveau de suspicion ». 

    Pour accompagner davantage le médecin dans sa prise de décision, accelRare recommande la ou les filières de santé maladies rares qui peuvent diagnostiquer cette maladie et oriente le patient  vers centre expert le plus proche.

    Un besoin clinique d’aide à la détection des maladies rares  

    Le 29 février 2024, à l’occasion de la journée internationale des maladies rares, Sanofi a publié les résultats d’une étude réalisée par l’Ifop sur le recours à l’IA pour le diagnostic et le traitement des maladies rares. 600 médecins ont été interrogés. 

    Les résultats ont montré que : 

    • 92 % des médecins estiment que le diagnostic d’une maladie rare est difficile ;
    • 73 % aimeraient bénéficier d’un meilleur accompagnement pour le diagnostic et le traitement des maladies rares ;
    • 78 % des médecins généralistes et 85 % des pédiatres déclarent qu’ils pourraient avoir recours à au moins une technologie pour le diagnostic d’une maladie rare ;
    • dans 81 % des cas, les médecins pensent que l’utilisation des systèmes d’IA pourrait aider à améliorer le diagnostic des maladies rares ;
    • et, dans 74 % des cas, ils estiment que l’IA peut améliorer la qualité de vie des patients atteints de maladies rares en fournissant un suivi médical personnalisé.
  • Cardiologie : le nombre de patients atteints d’insuffisance cardiaque télésurveillés devraient augmenter (contexte et chiffres clés)

    📊 Les chiffres clés de la cardiologie

    Les maladies cardiovasculaires sont la principale cause de décès dans le monde et sont à l’origine d’environ 17,9 millions de décès chaque année. Ce chiffre regroupe un ensemble d’affections du cœur et des vaisseaux sanguins, notamment les maladies coronariennes, les maladies cérébrovasculaires et les cardiopathies rhumatismales. Plus de 4 décès sur 5 consécutifs à une maladie cardiovasculaire sont liés à des crise cardiaques et à des accidents vasculaires cérébraux (AVC), et un tiers de ces décès surviennent prématurément chez des personnes de moins de 70 ans.

    En France, ces maladies sont la deuxième cause de mortalité derrière le cancer. Chaque année, elles provoquent le décès de 140 000 personnes. En 2018, le ministère de la Santé rapportait qu’environ 4,1 millions d’assurés étaient traités pour des maladies cardiovasculaires, dont 360 000 de façon aiguë.

     

    Insuffisance cardiaque : 1,5 million de personnes touchées en France

    L’insuffisance cardiaque (IC) touche 2,3 % des français. Chez les plus de 60 ans, ce chiffre grimpe à 12 %, rapporte la Cnam (plateforme « Data pathologies »).

    • prévalence de l’insuffisance cardiaque en France : 1,5 million de personnes.
    • chaque année, on recense en moyenne 100 000 personnes supplémentaires touchées par l’IC, et 200 000 hospitalisations dues à cette maladie chronique.

     

    10,9 cardiologues pour 100 000 habitants :

    D’après les chiffres du Conseil national de l’Ordre des médecins, la France comptait 7 335 cardiologues ce qui représente 10,9 cardiologues pour 100 000 habitants, en sachant qu’il y a une disparité du nombre de cardiologues en fonction des différentes régions. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur compte par exemple 14,8 % des cardiologues français, soit 1085 praticiens, alors que Mayotte qui est la région avec le moins de cardiologues n’en comptant que 66. Ces chiffres ont aussi montré que l’âge moyen des cardiologues est légèrement supérieur à celui des médecins Français (52 ans contre 51) et que la cardiologie est l’une des spécialités où la féminisation est la plus importante puisque 71 % des praticiens sont des femmes contre 49 % des médecins Français.

    Les cardiologues se distinguent aussi par leur modes d’exercices : alors que le mode d’exercice le moins préféré par les médecins étaient le mode d’exercice mixte avec seulement 24 % des médecins en 2022, 29 % des cardiologues avaient choisis ce mode d’exercice ce qui faisait des cardiologues salariés hospitaliers les moins représentés dans la fonction (26 %). Le mode d’exercice libéral est leur mode préféré avec 45 %, ce qui ne change pas de la moyenne globale des médecins (44 %).

     

    💊 Les médicaments et les DM les plus remboursés (Cnam)

    Les médicaments les plus prescrits et remboursés :

    En 2021, la molécule la plus prescrite en cardiologie était l’Amiodarone, notamment le générique produit par Viatris (ex Mylan) avec presque 1 millions de boîtes remboursées par l’Assurance maladie, et plus de 6 millions d’euros de dépenses prises en charge.

    Amiodarone :

    • boîtes remboursée : 2 550 205 ;
    • montant remboursé : 17 536 003 €.

     

    Dans le détail :

    • Amiodarone Viatris : 926 437 boîtes remboursées et 6 377 463 € remboursés ;
    • Amiodarone Biogaran : 894 032 boîtes remboursées et 6119 482 € remboursés ;
    • Amiodarone Zentiva : 398 152 boîtes remboursées et 2 765 202 € remboursés ;
    • Amiodarone Teva : 331 584 boîtes remboursées et 2 273 856 € remboursés.

     

    Les DM les plus prescrits et remboursés en 2021 :

    Parmi les DM les plus prescrits, on retrouve principalement deux types de produits :

    1️⃣ les guides de mesures de la Fraction du flux de réserve coronarien, utilisé pour les coronarographies :

    • 6 625 prescrits ;
    • 2 643 296 € remboursés ;

     

    2️⃣ les ballons actifs à élution de paclitaxel; un système de dilatation coronaire qui permet de délivrer
    une drogue antiproliférative pour diminuer la resténose (rétrécissement d’un tissu artérielle préalablement traité) :

    • 1 571 prescrits ;
    • 761 233 € remboursés.

     

    Les dépenses de l’Assurance maladie en cardiologie :

    Les dépenses liées aux maladies cardio-neuro-vasculaires en France, se situent en 3ème position après les dépenses liées aux hospitalisations ponctuelles et aux cancers en 2020, indique la Cnam (plateforme « Data pathologies ») :

    • elles concernent 7,9 % de la population avec une dépense moyenne par patient de 3 448 euros ;
    • au total, la somme des dépenses pour les maladies cardiovasculaire pour 2020 s’élèvent à 17 848 ;
    • 619 795 € pour tous les postes de dépenses (hôpital + ville).

     

    3 pathologies représentent plus des deux tiers des dépenses :

    • la maladie coronaire ;
    • les accidents vasculaires cérébraux ;
    • et l’insuffisance cardiaque.

     

    Les formes chroniques constituent l’essentiel des effectifs et des dépenses :

    • les dépenses ont augmenté de manière continue entre 2015 et 2019 de 3,0 % par année, principalement à cause de l’augmentation du nombre de patients ;
    • le coût de la prise en charge de l’insuffisance cardiaque augmente régulièrement chaque année sur la même période de 2,1 % par an en moyenne.

     

    Le coût des dépenses pour l’insuffisance cardiaque s’élevait à plus de 3 milliards d’euros (3 031 164 690 €) en 2020 (Data pathologies).

  • IA : la Grande-Bretagne publie 2 textes visant à réguler l’utilisation et la création des algorithmes

    Une approche sectorielle et pro-innovation de la régulation de l’IA

    En mars 2023, le gouvernement britannique avait publié un document nommé “AI White Paper” dans lequel il présentait une première approche de sa stratégie de régulation de l’intelligence artificielle et expliquait qu’il souhaitait que cette régulation se fasse par le biais d’une approche sectorielle et pro-innovation. Cette prise de position a été confirmée lors de la publication, le 6 février 2024, de sa réponse à la consultation lancée suite à la publication du white paper en 2023.

    Dans cette réponse portée par la secrétaire d’État à la Science à l’Innovation et à la Technologie du Royaume-Uni, Michelle Donelan, le gouvernement britannique confie la régulation des systèmes d’IA aux régulateurs sectoriels et les soutient dans ces nouvelles responsabilités avec l’allocation d’un financement d’un montant de 11,7 millions d’euros pour permettre à ces régulateurs sectorielles de mettre en place des stratégies de régulation. Le Royaume-Uni enjoint aux régulateurs sectoriels de publier leur propre approche sur la régulation de l’IA d’ici le 30 avril 2024 en se basant sur cinq principes phares :

    • la sûreté des systèmes ;
    • la transparence des systèmes ;
    • la conformité des systèmes aux lois existantes ;
    • la responsabilité des systèmes ;
    • la contestabilité des systèmes.

     

    Pas de mesure concrète pour les systèmes d’IA avancés

    Dans sa réponse à la consultation lancée suite à la publication du white paper de mars 2023, le gouvernement britannique a indiqué qu’il “prévoit d’élaborer des règles spécifiques pour les entreprises travaillant sur des systèmes d’IA générale à plus long terme”. Cependant, aucune mesure concrète n’a été annoncé à cette occasion, même si le Royaume-Uni indique qu’un comité de pilotage sera lancé au printemps pour “soutenir une structure de coordination des régulateurs au sein du gouvernement”.

     

    La GB reconnaît qu’il y a peu de règles en matière de régulation de l’IA

    Après la publication de cette réponse, la Grande-Bretagne a publié, le 12 février 2024, un rapport nommé “Introduction to AI assurance” qui contient de nouvelles orientations visant à permettre aux entreprises de se préparer et d’évaluer la fiabilité de leurs systèmes d’IA. Par le biais de ces recommandations, le gouvernement britannique demande aux entreprises qui développent et utilisent des systèmes d’intelligence artificielle :

    • de se renseigner sur les règles en vigueur, même si le gouvernement reconnaît qu’il y en a peu ;
    • de faire monter leur organisation en compétences ;
    • d’examiner la gouvernance interne et la gestion des risques ;
    • de se préparer aux nouvelles orientations réglementaires ;
    • de s’impliquer sur le volet de la normalisation de l’IA.
  • La fonction de « bed manager » encore immature dans la majorité des établissements français

    Une disparité entre les région

    L’étude, réalisée à partir des réponses de 545 établissements sièges de service d’urgences français (sur les 623 présents sur le territoire) pour calculer l’indice de maturité du bed management (IMBM), montre un indice de maturité moyenne de 49 %. Une disparité a toutefois été constatée entre les différentes régions françaises, avec une maturité variable entre 35 et 62 % (35 % étant la maturité moyenne des services corses et 62 % la maturité celle constatée au seul service d’urgence présent à Mayotte).

    Pour mesurer ce niveau de maturité, l’observatoire régional des urgences (ORU) d’Occitanie a créé un questionnaire composé de 36 questions qui portent sur 6 thématiques “essentielles dans la gestion des lits” :

    • la fonction de bed manager ;
    • le pilotage ;
    • les outils ;
    • les leviers internes ;
    • les leviers parcours ;
    • et les procédures.

     

    La particularité de ce questionnaire accessible à tout moment sur l’espace professionnel de l’ORU est qu’il est dynamique : en fonction de l’évolution de la maturité du bed management, les équipes des services d’urgences peuvent améliorer ou aggraver les notes qu’ils ont auparavant saisi. La première relève des notes données par le personnel des services d’urgence français a eu lieu en novembre 2023 et présentée par l’Agence nationale de la performance sanitaire et médico-sociale (Anap) et la Fédération des observatoires régionaux des urgences (Fedoru), en février 2024.

    La France en retard sur la gestion des lits et son pilotage

    Les résultats de cette étude montrent également que la France et ses services d’urgences sont en avance en matière d’outils servant au bed management avec une maturité moyenne de 66 %, mais qu’ils étaient en difficulté sur la fonction de bed manager (maturité moyenne de 40%), ainsi que sur son pilotage (maturité moyenne de 43%).

    Ce retard s’expliquerait par :

    • une faible maturité de la fonction de bed manager pour la gestion des hospitalisation non programmées : seulement 21% des services d’urgences ont une solution mature ;
    • une période d’opérationnalité de cette fonction qui est faible : seulement 11% des fonctions existantes sont disponibles 24/7 et 69% ne sont pas déployées en week end ;
    • un faible niveau de présence de commissions des admissions non programmées (ou équivalent) dans les services d’urgences : 61% des services n’en possèdent pas ;
    • une faible utilisation d’outils permettant le calcul de la prévision du besoin journalier minimal en lits (BJML) : 68%  des établissements n’utilisent pas ou peu la prévision du BJML ;
    • ainsi qu’une fréquence de réactualisation de l’outil intra-établissement de visualisation des lits encore trop faible : 48% des outils n’actualisent pas cette information en temps réel (<1h).

    Des travaux annoncés pour y remédier

    Après la publication de cette étude, le ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités a indiqué qu’il conduira, au cours de l’année 2024, “plusieurs travaux relatifs à l’aval des urgences, pilotés par la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) et associant étroitement les professionnels et leurs représentants ainsi que les agences régionales de santé (ARS) : dans ce cadre, l’Anap et la Fedoru seront amenés à proposer, dans les prochains mois, une évolution des critères de l’IMBM pour le rendre plus complet tout en préservant les éléments de comparaison annuels”.

    Une évolution des questions de l’indice est aussi prévue, même si l’Anap et la Fedoru expliquent que “cette évolution devra limiter l’impact sur la notation afin de permettre une comparaison des résultats entre les différentes sessions de recueil de l’indice tout en permettant de recueillir des informations utiles et complémentaires”.