Découvrez notre cartographie interactive des solutions Gen AI présentes en France (PDF)
Pour le moment, les pays de l’Union européenne n’ont pas encore mis en place au sein de leur législation nationale des règles concernants le périmètre d’utilisation de l’intelligence artificielle générative. C’est l’AI Act – qui a été définitivement adopté le 13 mars 2024 par les eurodéputés – qui met en place les “premières règles contraignantes et complètes au monde pour une IA fiable” dans la zone de l’Union européenne. Même si le texte doit encore être approuvé en avril 2024 par les 27 membres de l’UE, avant d’être publié au journal officiel de l’UE en mai ou en juin, cette adoption de règles pour les systèmes d’IA est une première mondiale. Ces nombreuses règles seront celles qui régiront la législation française sur l’IA générative, lorsque la loi européenne sera transposée à l’échelle nationale. Plus qu’un ensemble de règles pour les fournisseurs de systèmes d’intelligence artificielle européens, l’IA Act a vocation à s’appliquer aussi aux fournisseurs non européens qui traitent sur le marché de l’UE.
Après l’adoption de l’IA Act par le Parlement européen le 13 avril dernier – 523 eurodéputés sur 618 ont votés pour -, le Parlement a expliqué que ce règlement “établit des obligations pour les systèmes d’IA en fonction de leurs risques potentiels et de leur niveau d’impact”.
Pour différencier les systèmes d’IA et décider des règles qui leurs seront applicables, l’AI Act décompose sa réglementation en deux niveaux :
Pour l’IA générative, les fournisseurs de ces systèmes devront respecter des règles de transparence – comme la rédaction et mise à jour du processus d’entraînement et d’essai du modèle aux autorités et fournisseurs ultérieurs, ainsi qu’un résumé détaillé des données d’entraînement du modèle – qui sont applicables même aux fournisseurs de modèles à “usage général”, mais aussi :
Après sa publication au Journal officiel de l’UE, l’AI Act sera pleinement effectif dans l’Union européenne dans les 24 mois après son entrée en vigueur, sauf l’interdiction des pratiques interdites (6 mois après la date d’entrée en vigueur), les codes de pratique (9 mois après), les règles concernant l’IA à usage général (12 mois après ), et les obligations pour les systèmes à haut risque (36 mois après).
Les règles de l’IA Act qui concernent l’IA générative seront donc applicables en France dès 2026. Mais avant ça, le Gouvernement français compte bien mettre en place certaines mesures qui vont lui permettre de rester dans la course à l’IA générative face à l’énorme concurrence américaine et chinoise. Dans le cadre de la deuxième phase de la stratégie nationale pour l’IA lancée en novembre 2022, la France a prévu de consacrer 2,22 milliards d’euros pour la diffusion des technologies d’IA au sein de l’économie et l’IA générative est de la partie.
Le 5 avril 2024, le Gouvernement a lancé l’appel à projets (AAP) “accélération des usages de l’IA générative dans l’économie” qui a pour objectif de “permettre le développement d’outils d’IA générative performants et diffusant dans l’ensemble de l’économie” et fait suite à l’AAP “communs numériques pour l’intelligence artificielle générative”, qui a clôt le 24 octobre 2023 et visait au développement de briques technologiques communes pour l’économie sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’IA générative “afin de stimuler le développement de produits ou services innovants”. Ces AAP s’inscrivent dans les recommandations faites par la Commission de l’intelligence artificielle au Président de la république qui mettent l’accent sur l’investissement dans l’IA générative.
L’Union européenne est donc parvenue a mettre en place les premières règles contraignantes pour l’utilisation et la conception des systèmes d’IA générative. Pourtant, le 30 octobre 2023, le président américain se félicitait d’être à la tête du premier pays à réguler l’intelligence artificielle générative. En effet, Joe Biden a signé ce jour un décret qui impose des obligations aux géants du secteur comme Google, OpenAI ou encore Microsoft. Cependant, ce décret ne contient que des engagements de la part de ces géants et ne comportent pas réellement de règles contraignantes, puisque la Maison blanche ne peut pas édicter des règles législatives car ce pouvoir revient au Congrès américain dont nombre de représentants et de sénateurs bloquent la promulgation de lois contraignantes sur le sujet de l’IA générative.
Par ce décret, la Maison blanche a obtenu des 15 signataires :
Bien que les 15 géants de la tech aient signé ce décret, aucune sanction n’a été prévue dans celui-ci en cas de non-respect des obligations fixées. Les points du décret tiennent donc à l’unique bon vouloir des entreprises qui développent ces modèles d’IA générative.
Pour aller plus loin dans la réglementation de l’IA générative, la Maison blanche a décidé de mettre en place un groupe de travail composé de parlementaires pour rédiger un rapport. Au sein de ce rapport se trouveront des principes directeurs, ainsi que des recommandations pour permettre aux États-Unis de tirer profit de l’IA générative et de limiter ces risques pour les citoyens américains. C’est un premier pas vers la réglementation de la technologie dans le pays qui déploie le plus de systèmes d’IA générative et qui comporte le plus d’investisseurs dans le secteur. Comme partout dans le monde, cette réglementation est nécessaire, mais ne doit pas être trop contraignante pour permettre un bon développement de la technologie.
L’autre pays qui est fortement dans la course de l’intelligence artificielle générative, c’est la Chine. La plus grande puissance économique asiatique a adopté, le 23 mai 2023, les mesures provisoires pour l’administration des services d’intelligence artificielle générative. On les nomme “mesures provisoires”, parce que les lois chinoises préexistantes sur le sujet prévalent sur ces dernières. Ce texte de 24 articles qui concerne “la technologie d’intelligence artificielle générative pour fournir au public sur le territoire de la République populaire de Chine le service de génération de texte, d’images, d’audio, de vidéo et d’autres contenus” est entré en vigueur le 15 août 2023.
En vérité, ces mesures ne sont pas très contraignantes. Déjà, elles ne concernent pas les systèmes d’IA générative développés et utilisés par les entreprises, les établissements d’enseignement et de recherche scientifique, ou encore les établissements culturels publics et qui ne fournissent pas leurs services d’intelligence artificielle générative au public national. Seule l’IA générative accessible au grand public est concernée par ces mesures. Ensuite, aucune sanction pécuniaire n’est prévue en cas de non respect de ces mesures, alors qu’un premier projet de mesures avaient instaurés une amende de 100 000 yuans (12 600 euros). Cette mesure a été abandonnée pour ne pas décourager l’innovation des entreprises chinoises développant ces systèmes d’IA générative.
Sur les 24 articles, seuls quelques uns établissent des règles à direction des fournisseurs des systèmes d’IA générative. Parmi ces règles, on retrouve :
Cabinets de conseil, organisations mondiales, groupes de travail, académies… aux 4 coins du globe des acteurs ont émis des recommandations pour palier le manque de réglementation sur l’IA générative et permettre à toutes les parties prenantes de tirer le meilleur de cette technologie, que ce soit dans le secteur de la santé ou de manière plus générale.
Dans le cadre de son indicateur sur l’intelligence artificielle générative, Health & Tech Intelligence dresse un état des lieux des principales recommandations formulées depuis l’émergence de cette technologie en fin d’année 2022. Dans ce panorama, les recommandations pour l’usage de l’IA générative en santé sont traitées avant celles plus générales sur la GenAI. Elles sont également divisées en fonction de leur portée et de leur périmètre : France, Europe, Etats-Unis et monde.
Les gouvernements devraient :
Les développeurs de LMM doivent veiller à ce que :
Pour l’entraînement des modèles :
Pour l’inférence :
Pour l’intégration des IA génératives :
Pour accompagner les entreprises dans la gestion des risques et la régulation :
Pour piloter et optimiser l’empreinte environnementale :
Pour accélérer la montée en compétence afin de favoriser l’adoption de l’IA générative :
1) Sur les enjeux éthiques
Les transformations technologiques, notamment celles liées à l’IAG, suscitent à la fois espoirs et craintes dans la société. Cependant, la société a du mal à anticiper pleinement les conséquences de ces avancées, soulevant ainsi des questions éthiques et sociales dans les débats sur leur réglementation.
Le CNPEN recommande :
Par ailleurs, le CNPEN identifie 7 problématiques éthiques pour lesquels il élabore 12 préconisations :
Rapport à la vérité et absence de signification :
Manipulation de l’utilisateur sans responsabilité :
Maintien des distinctions :
Projection de qualités humaines :
Comportements émergents :
Multilinguisme et dominance d’une langue :
Éducation et conséquences sur l’apprentissage humain :
Question de libre accès et de logiciel ouvert :
2) Sur les enjeux juridiques
Les règles juridiques imposées aux systèmes d’IAG et aux modèles de fondation :
Le RGPD en lien avec les systèmes d’IAG :
Le droit d’auteur en lien avec les systèmes d’IAG :
3) Sur les enjeux écologiques et environnementaux
Impact environnemental de l’IAG :
Recommandations pour les chercheurs :
Recommandations pour les organismes de recherche
Recommandations aux organismes de financement de la recherche
Alors que les dispositifs médicaux, comme les seringues ou les sondes, peuvent être sujets à des vols à l’hôpital ou à des falsifications qui entraîneraient un mauvais traitement des patients, les deux sociétés françaises Linxens et Clayens ont décidé de s’associer pour mettre au point un tag NFC qui va être incorporé directement à la matière du dispositif médical pour éviter d’utiliser tout DM falsifié ou qui serait périmé.
Le plus souvent, les informations critiques du dispositifs médicales telles que la date de péremption, le numéro de lot et les informations de dosage, sont contenues dans des tag NFC qui sont directement apposés par adhésif ou assemblage sur des éléments extérieurs au DM, tels que des étiquettes. Une façon de faire qui ne garantit pas la bonne traçabilité des produits. Les étiquettes peuvent être jetées ou se dégrader à cause de l’humidité, de la chaleur ou en réaction aux produits chimiques, des phénomènes assez fréquents dans un environnement médical.
De plus, il arrive que certains fournisseurs vendent aux hôpitaux ou laboratoires des lots de dispositifs médicaux qui comporte une quantité de faux DM. Ce qui n’est pas facilement vérifiable lorsque les tags NFC sont apposés en dehors du dispositif. Leur intégration dans la matrice même du produit permet aux professionnels d’avoir à portée de mains toutes les informations nécessaires et de s’assurer que leur DM n’a pas été falsifié.
Clayens et Linxens, qui sont respectivement pionnières dans la transformation de polymères, composites et pièces métalliques de précision et dans la conception et la fabrication de composants électroniques, ont le projet de mettre au point un double surmoulage pour permettre un maintien du tag NFC à l’intérieur du dispositif médical, peu importe l’environnement extérieur. Il s’agit d’une encapsulation : le tag NFC est d’abord recouvert par un moulage qui est lui-même moulé à l’intérieur du DM.
Les deux entreprises partenaires ont indiqué que cette nouvelle technique “est strictement conforme aux normes réglementaires relatives aux dispositifs médicaux et aux seringues, notamment à la directive européenne sur la contrefaçon de médicaments, garantissant une parfaite compatibilité avec les systèmes d’inventaire ou de traçabilité existants”.
Elles ont par ailleurs expliqué que cette manière de lier les dispositifs médicaux à leur tag NFC utilise les avancées technologiques de pointe, garantissant ainsi “une fiabilité, une sécurité renforcée et une traçabilité inégalée dans l’administration des traitements”.
L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) est l’un des organismes européens ayant à cœur de créer un environnement sain pour l’utilisation de l’IA en général, et dans le secteur de la santé en particulier. Son objectif est de faire profiter ce dernier de tous les bienfaits de cette technologie. Avant ce rapport publié en janvier 2024, l’OCDE avait déjà publié ses principes sur l’IA en 2019, créé en 2020 le Réseau d’experts en IA de l’OCDE (ONE.AI), et mis au point un cadre pour la classification des systèmes d’IA en 2022. En 2023, elle a créé la base de données AI Incidents Monitor (AIM) pour “aider les décideurs politiques, les praticiens de l’IA et les parties prenantes du monde entier à obtenir des informations précieuses sur les dangers qui concrétisent les risques liés à l’IA”.
Dans ce nouveau rapport, l’OCDE explique que la santé est très en retard sur l’adoption de l’IA par rapport à d’autres secteurs économiques critiques, comme l’aéronautique ou la finance. Pourtant, le premier dispositif médical (DM) alimenté par l’IA approuvé par la Food & Drug Administration (FDA), aux Etats-Unis, l’a été en 1995 et a été utilisé pour aider les pathologistes dans la reconnaissance de cellules anormales lors de frottis cervicaux.
Malgré cette présence en santé depuis plus de 30 ans, l’IA n’arrive pour autant pas à tirer son plein potentiel. L’OCDE explique que ce retard est dû au manque d’environnement permettant d’utiliser et de développer une intelligence artificielle responsable et que ce manque représente un réel frein pour l’utilisation du plein potentiel actuel de l’IA. En effet, les promesses de l’IA sont actuellement entravées par de nombreuse barrières telles que “la faiblesse des bases numériques et des données, caractérisées par une gouvernance inégale des données de santé, un manque de preuves, une adoption incohérente des normes technologiques et des ressources limitées pour concevoir, mettre en œuvre, maintenir et surveiller de nouvelles solutions”.
De plus, l’OCDE a relevé plusieurs risques de l’IA sur le secteur de la santé et qui renforcent la nécessité de la mise en place d’actions collectives pour créer un environnement permettant un usage responsable de l’IA en santé. Si l’OCDE n’invente là rien de nouveau, elle étaye son propos en expliquant que l’IA peut être dangereuse pour le secteur de la santé parce que :
Dans son rapport, l’OCDE préconise 4 types d’actions pour permettre un usage responsable de l’IA en santé :
L’un des principaux freins à l’utilisation de l’IA en santé est le manque de confiance qui est présent, tant du côté des professionnels de santé que du côté des patients : plusieurs sondages ont montré que près de deux tiers des patients ne sont pas à l’aise avec le fait d’être traité grâce à des outils dotés d’intelligence artificielle.
L’OCDE propose donc plusieurs actions pour augmenter la confiance en l’IA dans le secteur de la santé, notamment :
L’OCDE explique que pour que l’utilisation de l’IA soit centrée sur l’humain, il est nécessaire de renforcer les capacités du personnel de santé à participer à la conception et à l’utilisation de l’IA, aux décideurs politiques de guider et de superviser leur mise en œuvre, et aux professionnels de développer, déployer, exploiter et faire évoluer les solutions d’IA.
L’organisation propose donc plusieurs actions pour renforcer les capacités des personnes utilisant l’IA, notamment :
L’OCDE explique qu’il est important pour les patients, les cliniciens et les décideurs politiques de santé de “comprendre comment évaluer et mettre à jour au mieux les solutions d’IA sur la base de nouvelles informations et du progrès techniques et qu’il est préférable de coordonner ces activités d’évaluation au-delà des frontières pour partager des informations et les méthodes pour déployer à l’échelle des innovations responsables en matière d’IA.
Parmi les actions que l’OCDE propose dans cette partie :
Pour l’OCDE, la mise en place d’actions collectives qui intègrent toutes les parties prenantes permettra d’atténuer le risque d’élargissement de la fracture numérique qui peut être causée par le développement de “solutions d’IA sur mesure des établissements de santé et uniquement disponibles pour des clients fortunés sans plan ni capacité de s’étendre à des populations plus larges à l’intérieur et au-delà des frontières”.
L’OCDE propose donc plusieurs actions collectives :
Priorité de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis sa première conférence ministérielle européenne sur le sujet en 2005, la santé mentale est en danger et son niveau mondial se dégrade d’année en année. C’est ce que montre la dernière édition 2023 de l’étude réalisée par Axa en partenariat avec Ipsos sur 16 000 participants interrogés dans 16 pays différents (1 000 participants par pays), dont la France, les États-Unis, le Mexique, le Japon, la Turquie et l’Espagne.
Au cours de la dernière année, que la santé mentale s’est globalement détériorée, et ce sur la quasi-totalité de ces composantes : une baisse des personnes épanouies, une augmentation du nombre de personnes souffrant d’au moins un problème de santé mentale, une augmentation du nombre de personnes actives qui rencontrent des problèmes psychologiques en raison de leur travail…
Cette étude s’est appuyée sur l’indice Mind Health Index (MHI) qui est un outil proactif d’évaluation et de promotion du bien-être mental. Il consiste en un questionnaire (50 questions) qui permet de classer l’individu dans l’une des quatre catégories suivantes : “en difficulté mentale”, “en langueur” (languishing en anglais), “qui s’en sort”, et “épanoui”. L’étude d’Axa montre ainsi que, dans le monde, la part des personnes “en langueur” est restée au même niveau en 2023 qu’en 2022 (28 %), mais que les parts des personnes qui s’en sortent et qui sont épanouis ont baissé (respectivement de 35 % à 33 % et de 25 % à 24 %) , alors que celles des personnes en difficulté mentale a progressé de 3 points en un an (de 12 % à 15 %). En France, la proportion des personnes en difficulté mentale progresse de 6 points, passant de 10 à 16 %.

Dans le détail, cette augmentation du nombre de personnes en difficulté mentale se caractérise par une évolution du nombre de personnes qui souffrent d’anxiété et de dépression sévères, voire très sévères, ainsi que par la baisse de 7 points des personnes qui déclarent n’avoir aucun problème de santé mentale (de 70 % à 63 %). En outre, plus de 3/4 de la population active (76 %) déclarent endurer des difficultés mentales ou psychologiques sur le lieu de travail (fatigue, troubles du sommeil, perte d’intérêt et stress), et 61 % envisagent une ou plusieurs actions de désengagement à l’égard de leur travail pouvant aller jusqu’à la démission.
L’un des rares points positifs du rapport est la baisse du niveau global de stress, passant de 67 % à 62 % des personnes interrogées.

Le questionnaire du MHI investigue également les moyens et méthodes de traitement adoptées par les personnes sondées, ainsi que leur propre perception de leur santé mentale. Ces questions permettent de constater une tendance à la surévaluation de la santé mentale, ainsi qu’une mauvaise prise en charge des personnes qui se plaignent de détérioration de leur état ou qui indiquent souffrir de difficultés mentales.
En effet, l’étude montre que seulement 11 % des participants qualifie leur santé mentale de “mauvaise”, alors que 23 % déclarent souffrir d’anxiété, de stress ou de dépression à des niveaux sévères. Ces réponses illustrent une surévaluation du niveau de santé mentale, qui entraîne un mauvais traitement des difficultés mentales, ce qui peut expliquer leur aggravation par la suite.
Par ailleurs, 40 % des participants expliquent qu’ils gèrent leurs difficultés mentales tout seuls et seulement 43 % d’entre eux déclarent avoir recours à une aide professionnelle, contre 50 % en 2022.
En France, ces niveaux sont encore plus alarmants : 43 % des personnes interrogées indiquent gérer leur problèmes de santé mentale seules (14 points de plus par rapport à l’année 2022), et seulement 42 % indiquent avoir recours à une aide professionnelle (contre 56 % en 2022).

Le dispositif DPI du Couloir Hôpital du Ségur du numérique en santé a pour objectif de réguler les DPI français. Il vise également à créer un cadre afin que chaque DPI référencés Ségur obéisse à certaines règles qui permettent la sécurité des données des patients et une interopérabilité avec les différents services qui utilisent les données du dossier, que ce soit Pro Santé Connect ou MSSanté.
L’Agence du numérique en santé (ANS) décrit le DPI comme “la fonction d’un système d’informations hospitalier (SIH) qui a vocation à stocker l’ensemble des documents liés au parcours de soins du patient au sein de l’établissement”. Dans le Ségur du numérique en santé, le ministère en charge de la Santé et l’ANS y consacrent un volet distinct.
Lors de la vague 1, plusieurs règles ont été édictées pour venir mettre en place un périmètre logiciel et fonctionnel du dispositif DPI. La vague 2 a pour but de moderniser davantage les SIH en généralisant le partage fluide et sécurisé des données de santé. Notamment grâce à des solutions qui respectent certaines exigences techniques, fonctionnelles et ergonomiques.
La prépublication du dispositif DPI Vague 2 permet de voir dès maintenant les nouvelles règles qui régiront les DPI à l’avenir.
Les règles de la vague 1 du dispositif DPI sont conservées et cette prépublication semble indiquer que les nouvelles exigences du référencement Ségur ne concernent que le périmètre fonctionnel du DPI :
Le périmètre logiciel devrait donc rester le même à l’issue de la vague 2 et avoir l’obligation pour les DPI :
Du côté du périmètre fonctionnel, 6 nouveaux groupes d’exigences ont été ajoutés :
Pour la Commission sur l’IA, le retard de la France s’explique notamment par :
Pour lever ces freins, la commission a été créée en septembre 2023 avec pour mission de “contribuer à faire de la France un pays à la pointe de la révolution de l’IA”. Elle a réuni 30 personnes aux compétences variées (expertise internationale, connaissances dans la formation, recherche et technologie, connaissance du service public et de la fonction publique…) qui ont mené plus de 600 auditions auprès d’experts et de parties prenantes de l’écosystème de l’IA, et tenu 23 séances de travail plénières. Lors de leur audition au Sénat le 26 mars 2024, les deux co-présidents de la Commission, Phillipe Aghion et Anne Bouverot, ont insisté sur la richesse de la France en talents malgré son retard.
La Commission de l’IA indique qu’il est nécessaire de mettre en place un plan pour faire de la France et de l’Europe des acteurs majeurs du succès de l’intelligence artificielle (IA), déjà en retard par rapport à la Chine et aux États-Unis. Actuellement, les entreprises majeures du numérique sont américaines et l’un des marchés le plus important est le marché européen : la Commission craint donc qu’un plus grand retard dans le secteur de l’IA entraîne entérine cet écart.

La commission estime le coût des investissements nécessaires à plus de 5 milliards d’euros par an sur 5 ans, soit 27 milliards d’euros au total. Un investissement qu’elle appelle “Plan IA” et qui ne représenterait que 0,3 % des dépenses publiques totales. Il permettrait, selon ce rapport, un retour sur investissement à moyen terme, puisque le déploiement et la maîtrise de l’IA “devrait augmenter la prospérité collective contribuer à l’amélioration de la qualité du travail et à la réduction des inégalités” et favoriserait la croissance économique annuelle de la France, grâce à l’automatisation de certaines tâches. Au bout de dix ans, “la hausse de PIB serait comprise entre 250 et 420 milliards d’euros”, mais cette hausse serait temporaire : “une fois l’IA adoptée par l’ensemble du tissu économique, il n’y aurait plus de gains de productivité à attendre”.
A plus long terme, la Commission explique qu’il y aurait probablement un lien entre l’IA et l’accélération de l’innovation qui pourrait permettre à la France de continuer à profiter de cet investissement sur plusieurs dizaines d’années, grâce à la potentielle émergence de nouvelles innovations, de nouveaux produits, ou de nouvelles formes d’organisation.
Dans ce sens, un cercle vertueux dans le rapport montre que des éléments tels que les usages de l’IA, les ressources qui leur sont allouées, le développement technologique, la confiance, et les bénéfices économiques et sociaux s’alimentent les uns les autres.

Depuis l’avènement des outils d’IA générative, de nombreux acteurs, français comme internationaux, ont mis au point des solutions basées sur ses modèles. La Commission y consacre une partie de son rapport. Elle souligne, là encore, que la France et l’Europe accusent un retard important sur les États-Unis, et formule deux recommandations pour réussir à exploiter au mieux cette technologie :
La Commission de l’IA souligne aussi que l’IA générative n’est pas la dernière étape de l’histoire de l’intelligence artificielle, mais que dans les mois et années à venir, le monde devrait connaître de “nouvelles avancées rapides et de grande ampleur”. Selon elle, les modèles d’IA générative seront “progressivement capables d’être factuels, de mener des raisonnements, de comprendre le monde physique” et accompagneront les personnes “en continu et dans toutes leurs tâches”.
Dans son rapport remis au président de la République, la Commission de l’IA a formulé 25 recommandations pour les pouvoirs publics dans le but de faire de la France un leader en matière d’intelligence artificielle et de rattraper son retard sur les grandes puissances numériques. Ces recommandations se divisent en 5 grandes catégories :

Parmi ces 25 recommandations, 7 sont considérées comme prioritaires. Par ailleurs, certaines d’entre elles nécessitent un budget allant jusqu’à plus de 5 milliards d’euros sur 5 ans. C’est le cas notamment du renforcement de la capacité technique et l’infrastructure du numérique public (5,5 Mds€), ou encore de l’accélération de l’émergence d’une filière européenne de composants semi-conducteurs adaptés aux systèmes d’IA (7,7 Mds€).
Dans son dernier observatoire consacré aux applications et solutions numériques au service des personnes en situation de handicap, Health & Tech Intelligence faisait annonce d’un AAP lancé par le fonds Handicap & Société sur l’IA au service de l’autonomie. Depuis, les lauréats ont été nommés et certains projets ont bien évolués. Dans le cadre de la mise à jour de cet observatoire, H&TI revient sur les 3 lauréats de cet AAP.
Soutenir les projets les plus pertinents en matière de nouvelles technologies d’intelligence artificielle (IA) qui permettent l’accompagnement et l’amélioration de la vie de la personne à domicile, leurs aidants ou les professionnels : tel était l’objectif de la deuxième édition de l’AAP lancé en 2022 par le fonds Handicap & Société sur le thème “Maintien à domicile : l’IA au service de l’autonomie”.
Pour l’occasion, le fonds Handicap & Société avait étudié des projets basés en France métropolitaines et dans les départements et régions d’outre-mer (Drom) portés par des organismes à but non lucratif et les organismes publics : association, collectif d’usagers, établissement médico-social, établissement public, coopérative, organisme d’habitat, organisme de recherche scientifique, collectivité locale ou territoriale. Si le budget maximal de cet AAP était de 60 000 euros à se partager entre les différents lauréats, le financement final n’a été que de 50 000 euros répartis entre 3 lauréats : 20 000 euros pour les deux premiers lauréats et 10 000 euros pour le troisième.
Les 3 lauréats de cet AAP sont :
Dans le cadre de cet AAP, Familles Solidaires a été financé à hauteur de 10 000 euros pour son projet Marcel, qui est, lui aussi, devenu une entreprise à part entière (SAS) depuis 2023. L’entreprise Familles Solidaires a développé le dispositif Marcel, “le miroir connecté” qui se présente sous la forme d’une tablette géante qui peut être installée “dans n’importe quel domicile, individuel ou partagé” et qui va permettre aux personnes atteintes de troubles cognitifs de répondre “à tous les besoins rencontrés dans des habitats : gestion des objets connectés (domotique), partage d’informations entre habitants et aidants (particuliers et professionnels) et assistance personnalisée (communication adaptée, prévention des risques, pédagogie pour les gestes éco citoyens…)”.
Depuis l’obtention de ce lauréat, le projet Marcel est donc devenu une SAS dont le principal produit est ce miroir connecté. La nouvelle start-up a intégré l’incubateur Semia en janvier 2023, afin de perfectionner son produit et renforcer son modèle économique : elle a bénéficié, dans le cadre de cette accompagnement, du soutien de BNP Paribas et Malakoff Humanis grâce au programme « Place de l’émergence ». Ce soutien financier va permettre à l’entreprise de “mettre en œuvre des expérimentations en habitats inclusifs et en ehpad” afin de “collaborer étroitement avec les utilisateurs finaux pour perfectionner [la] solution, en tenant compte de leurs besoins spécifiques et en construisant une solution qui répond véritablement à leurs attentes”.
En décembre 2023, elle a aussi été choisie comme lauréate de la bourse French Tech et a obtenu un financement de plusieurs dizaines de milliers d’euros (jusqu’à 90 000 €) pour continuer “de poursuivre son développement au service des personnes vulnérables”, a-t-elle déclaré sur son site internet à l’annonce de cette consécration.
Le deuxième lauréat a avoir obtenu 20 000 euros est un projet de développement de neuroprothèses innovantes porté par le CNRS, qui est soutenu entres autres par la Fondation pour la recherche médicale. Ce projet a permis le développement d’une interface cerveau-machine (ICM) ou neuroprothèse, chez la souris : connectée à une prothèse virtuelle, cette ICM permet de décoder “l’activité du cerveau pour contrôler la prothèse” et permettre aux patients amputés ou tétraplégiques de restaurer leur autonomie “en connectant une interface cerveau-machine à une prothèse de bras dotée de moteurs et de capteurs”.
Le financement a été utilisée pour poursuivre cette étude qui vise à étudier “l’impact de la latence entre le contrôle moteur et ce retour sensoriel, sur l’apprentissage du contrôle de cette prothèse”. Dans une publication scientifique publiée en septembre 2023, les derniers résultats de cette étude ont montré que l’apprentissage de l’interface cerveau-machine est facilité par une structuration spécifique du feedback cortical distribué.

Le premier lauréat à avoir bénéficié d’un financement de 20 000 euros de la part du fonds Handicap & Société est le projet Emobot, porté par CentraleSupélec. Bien qu’il ait pour objectif d’aider les personnes à leur domicile en détectant les signes avant-coureurs de la dépression chez les patients grâce à l’intelligence artificielle, il n’a pas vocation à être utilisé de manière directe par les personnes atteintes de handicap. Nous nous contenterons donc de décrire le projet et la solution qui en a découlé.

Depuis l’AAP, Emobot est devenue une start-up de CentraleSupélec et développe un robot connecté qui porte son nom. Ce robot a “la capacité de détecter les signes avant-coureurs de dépression” en analysant “l’évolution du tonus émotionnel de la personne. Il est capable de détecter des évolutions imperceptibles liées à la perte de dynamisme, au changement de comportement et à la diminution d’intérêt que la personne manifeste” lorsqu’elle est assise sur son canapé.
En fonction de la définition retenue pour considérer une personne comme étant atteinte d’un handicap, il y a en France entre 2,6 et 8 millions de personnes de 5 ans et plus qui sont handicapées ou dépendantes à domicile. Parmi ces personnes, on retrouvait en 2021, 6,8 millions de personnes de 15 ans ou plus (13 %) déclarent avoir au moins une limitation sévère dans une fonction physique, sensorielle ou cognitive et 3,4 millions (6 %) déclarent être fortement restreintes dans des activités habituelles, en raison d’un problème de santé indique la Drees dans son panorama “le handicap en chiffres” publié en 2023. Ces chiffres peuvent être complétés par les 140 000 personnes de 16 ans ou plus hébergées en établissement spécialisé dans la prise en charge du handicap.
Pour les personnes de plus de 15 ans, le handicap se caractérise plus par une limitation fonctionnelle sévère que par une forte restriction globale dans les activités que les gens font habituellement, même si la part de cette restriction augmente avec l’âge. Ainsi, pour les 15-59 ans, le principal handicap constaté en 2021 était la difficulté à marcher 500 mètres sur un terrain plat ou monter un étage d’escalier, suivi de la limitation concernant la vue, même après correction. Pour les personnes âgées de plus de 60 ans, le principal handicap reste le même, mais il est cette fois-ci suivi de la difficulté à entendre même après correction. Alors qu’avant 59 ans, les Français n’ont quasiment pas besoin d’une aide technique ou d’un aménagement de logement à cause d’un handicap (seulement 3,1 % des Français de cette tranche d’âge), ces besoins bondissent avec le vieillissement, puisque 18,5 % des plus de 60 ans en ont besoin.

Au-delà des personnes de plus de 15 ans, de nombreux enfants français sont aussi touchés par le handicap. Le rapport de la Drees montre qu’en France, 4,8 % des enfants de 5 à 14 ans vivant à domicile sont handicapés, soit 400 000 personnes. Parmi ces enfants, la majorité (4,2 % des 5-14 ans) reçoit une aide à domicile de la part d’un professionnel ou d’une personne de son entourage, pour l’assister dans sa limitation sensorielle, physique ou cognitive sévère, ou pour soulager sa forte restriction dans les activités de la vie quotidienne.
Les restrictions cognitives sensorielles sont les handicaps les plus courants chez les enfants puisque 3,4 % des 5-14 ans sont atteints d’au moins une limitation cognitive sensorielle : la plus courante d’entre elle est la difficulté à se concentrer plus de 10 minutes à cause de son handicap (2,4 %), suivie de l’impossibilité à prendre des décisions adaptées dans la vie de tous les jours (1,7 %), puis de la difficulté à comprendre les autres ou se faire comprendre des autres (1,2 %).

Si le handicap peut avoir un impact sur la scolarisation des enfants, on remarque que lors de l’année scolaire 2021-2022, 75 % des 212 400 élèves en situation de handicap scolarisés dans les établissements du premier degré étaient en classe ordinaire, même si 141 600 élèves, bénéficiaient d’une aide humaine, conformément à leur projet personnalisé de scolarisation (PPS). Pour ce qui est des 197 000 élèves scolarisés dans le second degré, 72 % l’étaient eux-aussi dans une classe ordinaire.
Cependant, les chiffres de la Drees montrent que 8 % des enfants handicapés âgés de 6 à 15 ans n’étaient pas scolarisés et la majorité d’entre eux étaient des enfants atteints d’une déficience intellectuelle (9 % des enfants atteints) ou les polyhandicapés (70 % d’entres eux).

Si le pourcentage de la population atteinte d’au moins une limitation fonctionnelle, qu’elle soit physique, sensorielle ou cognitive, augmente avec l’âge des Français, les limitations physiques sont celles qui augmentent le plus et le plus rapidement. En effet, pour les plus de 85 ans, près de 50 % sont atteints d’au moins une limitation physique, alors que les limitations cognitives ne représentent qu’environ 20 % de cette tranche d’âge et 30 % de cette même tranche sont atteint d’une limitation sensorielle. 20 % de la partie de la population qui a entre 75 et 84 ans est concerné par ce type de limitation alors qu’à peine 5 % sont atteints par une limitation cognitive.

Ce graphique montre aussi que les femmes sont plus souvent concernées par une limitation physique sévère que les hommes, mais qu’elles sont moins concernées par une limitation sensorielle.
Chose aussi importante à constater : le handicap a un impact sur la situation conjugale et professionnelle. Le rapport de la Drees montre que 19 % des personnes handicapées de plus de 16 ans vivent seuls contre 15 % dans l’ensemble de la population. De même, les personnes atteintes d’un handicap sont moins diplômées que l’ensemble des Français : seulement 7,8 % sont titulaires d’un diplôme d’un niveau supérieur à bac+2 contre 19,8 % pour l’ensemble de la population. De par leur handicap, il est parfois difficile pour eux de travailler, ce qui vient modifier la composition de leur revenu disponible : les revenus d’activité ne représentent que 76 % du revenu disponible, alors qu’ils constituent 95 % de l’ensemble des ménages. Cet écart est comblé par les prestations sociales (16 % de leurs revenus disponibles contre 7 % pour l’ensemble des ménages).
La composition du revenu disponible n’est pas la seule chose impactée par la difficulté à travailler des personnes en situation de handicap, puisque leur niveau de vie est aussi nettement inférieur à l’ensemble de la population : les derniers chiffres montrent que 28,9 % des personnes handicapées vivent dans un ménage pauvre en conditions de vie, contre 12 % dans l’ensemble de la population. Pour exemple, près de la moitié des personnes en situation de handicap (43 %) ne peuvent pas se payer une semaine de vacances une fois par an, ni remplacer les meubles hors d’usage (contre 22 % pour l’ensemble de la population pour ces deux restrictions).

Les derniers chiffres de la Drees montrent que le nombre d’établissements pour adultes handicapés a augmenté depuis 2006 (près de 30 % de nouveaux établissements), mais que le nombres de places n’est toujours pas suffisant puisque le nombre de personnes en situation de handicap à lui aussi augmenté dû au vieillissement de la population. Le rapport montre qu’il y a 293 980 adultes handicapés accompagnés dans des établissements pour 290 280 places.
Si l’on regarde en détails, on remarque cependant que parmi ces 293 980 adultes handicapés, seules 3 catégories d’établissements accueillent plus de personnes qu’ils n’ont de places : 125 650 personnes sont accompagnées dans des établissements et services d’aide pour le travail (Esat) qui ne comptent que 119 830 places, 29 310 personnes sont hebergées dans des maisons d’accueil spécialisées qui ne comptent que 29 300 places, et 55 820 personnes occupent des foyers occupationnels et foyers de vie pour adultes handicapé qui ne comptent que 53 710 places. Pour les foyers d’hébergement pour adultes handicapés, par exemple, il y a plus de places qu’il n’y a de personnes accompagnées.
L’atlas de la démographie médicale en France publié par le Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom) montre qu’il y a 4 704 médecins ophtalmologues, soit 5,7 médecins pour 100 000 habitants. Les chiffres du Cnom montrent une baisse du nombre d’ophtalmologues pour la quasi totalité des départements français depuis 2010. Certains départements comme la Creuse ont même subi une baisse de 100 % de leur médecins, ce qui fait qu’aucun ophtalmologues n’est disponible dans le département.
Les médecins ORL sont, eux, beaucoup moins nombreux que les ophtalmologues, car il n’y en a que 3 pour 100 000 habitants en France. S’il y a 2441 médecins aujourd’hui, ce nombre est dû à une baisse du nombre d’ORL depuis 2010, là aussi, dans la grande majorité des départements, même si pour ce cas, il n’y a pas d’aussi grande disparité que pour les ophtalmologues et le nombre moyen de médecins pour 100 000 habitants dans chaque département varie souvent entre 2 et 4 ORL.
Pour les handicaps cognitifs, il y a plusieurs spécialités médicales qui sont réunis : les psychiatres, les psychiatres de l’enfant et de l’adolescent, les neuro-psychiatres, les neurologues, et enfin les pédiatres pour les enfants. Si l’on réuni toutes ces spécialités, il y a 23 453 professionnels de santé qui s’occupent des personnes souffrants de handicaps cognitifs dont la majorité sont des psychiatres (12 626) et des pédiatres (7 693).
Contrairement aux professionnels pour les handicaps visuels et auditifs, le nombre des professionnels pour les handicaps cognitifs a augmenté depuis 2010, notamment les neurologues dont le nombre a explosé et a même été parfois multiplié par 2 dans certains départements (notamment la Meuse, le Morbihan et les Vosges). Leur nombre a été publié par presque 4 dans deux départements : la Guyane et la Nièvre.
Alors que la majorité des médecins ORL et ophtalmologues sont libéraux, les médecins spécialisés dans les handicaps cognitifs sont à majorité salariés, notamment les psychiatres avec 8 080.
La dernière étude “vie quotidienne et santé”, publiée par la Drees, indique que 9,3 millions de personnes déclarent apporter une aide régulière à un proche en situation de handicap ou de perte d’autonomie. Parmi ces 9,3 millions de personnes, on retrouve 8,8 millions d’adultes et 0,5 million de mineurs âgés de 5 ans ou plus qui sont proches aidants, ce qui représentent tout de même 1 personne sur 6 pour les adultes.
Un des principaux constats tirés de cette étude est que les aides sont de 3 types :
Peu importe les âges (sauf la tranche 75 ans et plus), les femmes sont celles qui apportent le plus d’aide régulière à un proche, même si les hommes sont plus nombreux à déclarer apporter une aide financière.