VERDU BISSI Alexandre

  • Encadrer l’IA, simplifier les démarches d’exercice des droits… la Cnil publie son plan stratégique 2025-2028

    4 axes pour “protéger les données de chacun”

    L’essor des technologies comme l’intelligence artificielle (IA), l’Internet des objets (IoT) ou les identités numériques bouleverse les usages tout en générant de nouvelles vulnérabilités. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) s’inquiète de l’intensification des cyberattaques et des violations de données, qui menacent autant les particuliers que les organisations. Dans son plan stratégique pour la période 2025-2028 publié le 16 janvier 2025, la Cnil révèle que 61 % des Français déclarent avoir été victimes d’une cyberattaque au cours de l’année écoulée, et que 67 % des vols de données restent indétectés pendant plus de 100 jours. Face à ces chiffres, la Commission a, entre 2022 et 2024, effectué 1 006 contrôles, engagé 495 mises en demeure et prononcé 150 sanctions pour un montant cumulé de 245 669 800 euros.

    Quelques chiffres clés du bilan 2022-2024 de la Cnil - @Cnil
    Quelques chiffres clés du bilan 2022-2024 de la Cnil – @Cnil

    “Encadrer l’IA” comme recommandation de la Cnil :

    Le plan stratégique 2025-2028 de la Cnil s’articule autour de quatre axes majeurs, chacun porteur d’objectifs spécifiques pour répondre aux enjeux de la protection des données dans un monde numérique en rapide mutation. Le premier axe vise à renforcer les droits des personnes, en mettant l’accent sur la simplification des démarches pour exercer leurs droits et sur une sensibilisation accrue à la gestion des données personnelles. Le deuxième axe ambitionne d’accompagner les acteurs publics et privés dans leur conformité aux règles de protection des données, en proposant des outils pratiques et en favorisant l’intégration du respect de la vie privée dès la conception des projets.

    Le troisième axe met en avant la sécurisation des usages numériques. La Cnil s’engage à encourager l’adoption de mesures de cybersécurité robustes et à soutenir les initiatives technologiques garantissant la confidentialité des données. Enfin, le quatrième axe est dédié à l’innovation et à l’anticipation des défis émergents : il propose d’encadrer les nouvelles technologies telles que l’intelligence artificielle et les identités numériques, tout en participant activement à l’élaboration de régulations européennes adaptées aux réalités technologiques. Ces axes, complémentaires, traduisent la volonté de la Cnil de conjuguer protection des droits, accompagnement des acteurs et soutien à l’innovation responsable.

    Développer des solutions technologiques respectueuses de la vie privée des patients

    Le secteur de la santé, particulièrement exposé aux cybermenaces, constitue une priorité stratégique pour la Cnil. L’interconnexion croissante entre dispositifs médicaux, hôpitaux et bases de données génère des opportunités mais aussi des risques majeurs. Une fuite de données de santé peut avoir des conséquences désastreuses, à la fois pour la confidentialité des patients et pour la continuité des soins.

    Pour répondre à ces enjeux, la Cnil soutient le développement de solutions technologiques respectueuses de la vie privée, comme les Privacy Enhancing Technologies (PETs), et encourage l’adoption de bonnes pratiques dès la conception des outils numériques. Elle insiste également sur l’importance de renforcer la sensibilisation des professionnels de santé, souvent en première ligne face aux cyberattaques, et des patients, qui doivent être informés des risques liés à la gestion de leurs données personnelles.

    Faire de chaque citoyen, un acteur de la cybersécurité

    L’un des objectifs clés de ce plan stratégique est de transformer chaque individu et organisation en acteur de la cybersécurité. Dans ce sens, Cnil prévoit de :

    • Développer des outils pédagogiques pour les petites entreprises et collectivités locales, souvent les plus vulnérables aux attaques ;
    • Continuer de contrôler et de sanctionner les acteurs négligents pour faire respecter les normes de sécurité ;
    • Participer à l’élaboration de standards européens pour intégrer les exigences de protection des données dans les certifications.

    Dans le secteur de la santé, la CNIL met l’accent sur la nécessité de créer des solutions innovantes capables de sécuriser les informations sensibles tout en facilitant l’accès et l’usage des données pour les professionnels et les patients.

  • Bilan 2024 des levées de fonds en santé numérique : Aqemia, Alan et Bioptimus dans le top 10 des plus gros montants levés

    Top 10 des levées de fonds de l’année 2024

    🥇 Alan lève 173 millions pour accélérer son développement à l’international :

    La licorne française Alan, spécialisée dans l’assurance santé, a levé 173 millions d’euros lors d’un tour de table mené par la banque belge Belfius en septembre 2024. Cette levée, qui porte le montant levé par la société à 400 millions d’euros, fait passer la valorisation d’Alan à 4 milliards d’euros. Alan prévoit d’accélérer son expansion internationale et de développer des outils basés sur l’IA, tout en maintenant son objectif de rentabilité d’ici 2026.

    🥈 Aqemia lève 66,2 millions d’euros en deux levées de fonds :

    Avec ses deux levées de fonds de 36,2 et de 30 millions d’euros au cours de l’année 2024, la techbio parisienne a franchi la barre des 100 millions de dollars levés et débute son expansion mondiale, avec l’ouverture d’un bureau à Londres en janvier 2025. Aqemia utilisera également ces fonds pour poursuivre l’avancement de sa plateforme qui transforme la découverte de médicaments en concevant des médicaments innovants et surs, plus efficacement.

    🥉 TRICares lève 46 millions d’euros our le développement de sa valve tricuspide :

    TRiCares a annoncé en juillet 2024 avoir levé un financement de 50 millions de dollars (46M€) lors d’un tour de série D, destiné à soutenir le développement de sa valve tricuspide. Ce capital servira à franchir les prochaines étapes cliniques aux États-Unis et en Europe pour son système de remplacement de la valve tricuspide par voie transfémorale (TTVR). Parmi ces étapes figurent la finalisation d’une étude de faisabilité précoce (EFS) aux États-Unis, le lancement d’un essai pivot en Europe, ainsi que l’élargissement de la gamme de tailles de valves pour le système Topaz TTVR et la mise au point d’un système de délivrance de nouvelle génération.

    4️⃣ Uromems lève 44 millions d’euros pour son implant contre l’incontinence urinaire sévère :

    La start-up grenobloise, Uromems, a levé 44 millions d’euros pour financer les études cliniques de son implant destiné à traiter l’incontinence urinaire sévère. Ce dispositif mécatronique, protégé par 150 brevets, se distingue par un sphincter artificiel permettant un contrôle facilité des fuites urinaires. Cette levée de fonds soutiendra le développement jusqu’aux agréments de la FDA et de l’Union européenne, avec une commercialisation prévue après des essais cliniques en 2025. Le marché cible inclut des millions de patients en Europe et aux États-Unis.

    5️⃣ Cintoo obtient 37 millions d’euros de financement pour améliorer sa plateforme SaaS :

    Avec ce nouveau financement, Cintoo prévoit d’améliorer sa plateforme SaaS en élargissant son portefeuille d’intégrations et va doubler ses investissements pour fournir des applications de pointe pour les secteurs de la construction et de l’industrie. Il s’agira notamment de s’appuyer sur sa toute nouvelle expérience de métavers industriel et sur ses capacités de marquage automatique des actifs. Ces efforts favoriseront sa croissance internationale aux États-Unis et en Europe.

    Cintoo est spécialisée dans la transformation de données de scan laser 3D volumineuses en maillages 3D haute résolution 10 à 20 fois plus petits sans sacrifier la précision. Sa plateforme SaaS permet aux organisations utilisant des scanners terrestres, mobiles ou des drones de gérer, partager et collaborer efficacement sur leurs données de Reality Capture.

    6️⃣ Créée par Owkin en 2024, la start-up Bioptimus lève 32,4 millions d’euros :

    Créer des grands modèles de langages (LLM) afin d’accélérer la découverte de médicaments : telle est l’ambition de Bioptimus, la start-up créée par les dirigeants d’Owkin, qui va s’appuyer sur l’expertise de cette dernière en termes de recherche de nouvelles thérapies par l’intelligence artificielle (IA) pour développer des modèles d’IA prédictive. La start-up qui est logée au même siège social qu’Owkin, dans le 9e arrondissement de Paris, a levé 32,4 millions d’euros pour développer le premier modèle d’IA générative spécialisé pour la biologie.

    7️⃣  Resilience lève 23,1 millions d’euros pour devenir le leader européen de la prise en charge à distance des patients atteints de maladies chroniques :

    Après un financement d’amorçage de 5 millions d’euros puis une série A de 40 millions d’euros, Resilience, société pionnière de la télésurveillance médicale en oncologie, a levé 23,1 millions d’euros (25M$) en 2024. Cette injection financière vise à soutenir son expansion à l’international et sa diversification dans d’autres domaines médicaux, notamment les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, après avoir obtenu un remboursement pour sa solution par la sécurité sociale en 2023.  La société vise à devenir le leader européen de la prise en charge à distance des patients atteints de maladies chroniques.

    8️⃣ May Health lève 23 millions d’euros pour son traitement innovant contre l’infertilité liée au SOPK :

    Dans un tour de table mené par Bpifrance et Trill Impact Ventures, May Health a levé 23 millions d’euros en série B. Ce financement soutiendra l’étude pivot “rebalance”, visant à évaluer le traitement de rééquilibrage ovarien de la société pour les femmes souffrant d’infertilité due au syndrome des ovaires polykystiques (SOPK).

    9️⃣ Nabla lève 22 millions d’euros pour accélérer le déploiement de Nabla Copilot aux USA :

    Dans un tour de table mené par Cathay Innovation et Zebox Ventures, le spécialiste français de la génération automatique des comptes-rendus médicaux, Nabla, a levé 24 millions de dollars (environ 21,95 millions d’euros) en série B en janvier 2024. Après une levée de fonds à hauteur de 17 millions d’euros en 2021 pour diffuser son application dédiée à la santé de la femme et personnalisée grâce à l’IA, cette nouvelle levée de fonds lui permet d’atteindre une valorisation de 180 millions de dollars.  La start-up parisienne a utilisé les fonds récoltés pour continuer de faire évoluer son logiciel Nabla Copilot et d’accélérer son déploiement aux États-Unis, ainsi que dans d’autres pays “où l’IA peut aider à relever les défis auxquels les systèmes de santé sont confrontés”.

    Cartographie des 10 plus grosses levées de fonds de 2024 :

    * Vous pouvez accéder aux fiches des entreprises avec un clic droit “ouvrir le lien dans un nouvel onglet” sur leur logo.

  • CES 2025 : 2 solutions françaises primées, plusieurs innovations et partenariats dévoilés… (bilan)

    49 solutions de santé numériques récompensées d’un award

    Lors de cette édition 2025 du CES, 47 dispositifs du numérique en santé ont obtenu un “innovation award – honoree” et seulement deux ont reçu un prix “best of innovation“. Ces deux solutions sont Hormometer d’Eli Health et la thérapie digital TD Square développée par l’université sud-coréenne d’Hanyang.

    ➡️ Pour ce qui est du Hormometer développé par la société canadienne, Eli Health, c’est un dispositif qui permet de fournir des informations en temps réel sur la santé hormonale grâce à l’analyse de la salive sur le smartphone du patient, grâce à un écouvillon. En trois étapes seulement, les utilisateurs peuvent collecter un échantillon de salive, scanner le test avec l’application Eli, et recevoir immédiatement des résultats détaillés sur leur smartphone. Ces résultats sont accompagnés d’analyses et de recommandations en temps réel pour équilibrer efficacement les niveaux hormonaux. Les premiers tests disponibles mesureront le cortisol, un marqueur clé du stress, et la progestérone, essentielle à la santé reproductive, avec d’autres hormones prévues à l’avenir. Accessible et facile d’utilisation, le Hormometer ambitionne de faire du suivi hormonal une routine aussi simple et courante que la vérification de sa fréquence cardiaque. Cette innovation ouvre la voie à une ère nouvelle de santé personnalisée, où les hormones deviennent un pilier central de l’optimisation du bien-être.

    ➡️ Pour ce qui est de la thérapie digital TD Square (TD2), il redéfinit le traitement des acouphènes en combinant thérapie cognitive, intelligence artificielle et réalité virtuelle (VR) pour offrir une alternative non médicamenteuse et sans effets secondaires. Ce dispositif utilise des systèmes de retour auditif, visuel et tactile, associés à des environnements immersifs en VR, pour réduire et contrôler les symptômes d’acouphènes grâce à des sons stéréophoniques générés par l’IA. Contrairement aux traitements traditionnels basés sur des médicaments souvent accompagnés d’effets indésirables, le TD2 propose une approche personnalisée. Dans l’environnement VR, les utilisateurs sont exposés à des stimuli sonores qui aident leur cerveau à réévaluer la perception des acouphènes, favorisant ainsi une diminution progressive des symptômes. Ce dispositif ouvre la voie à une gestion plus efficace et mieux tolérée des acouphènes, une condition qui touche environ 10 à 15 % de la population mondiale. En intégrant les technologies immersives et les algorithmes d’IA, le TD2 offre une solution prometteuse pour améliorer la qualité de vie des patients souffrant de cette affection souvent invalidante.

    Deux solutions françaises récompensées par un “innovation award – honoree” :

    Parmi les 47 solutions a avoir obtenu un “innovation award – honoree“, deux sont françaises :

    ➡️ le BPM Pro 2 de Withings, qui est le premier tensiomètre cellulaire conçu pour transformer la surveillance à distance des patients. Alliant technologie de pointe et suivi personnalisé, cet appareil offre trois fonctionnalités principales : des mesures cardiovasculaires avancées, des informations patients contextualisées et des recommandations de santé personnalisées.

    Le BPM Pro 2 permet aux utilisateurs de mesurer leur tension artérielle et permettra, dès 2025, d’effectuer des électrocardiogrammes (ECG) directement depuis le dispositif. La fonctionnalité “Patient Insights” enrichit ces mesures en contextualisant les données grâce aux réponses des patients. Les équipes médicales peuvent poser des questions spécifiques via l’appareil pour mieux comprendre l’état de santé général, l’efficacité des traitements ou encore la qualité de vie des patients.

    Avec les Personalized Health Nudges, le BPM Pro 2 va plus loin en délivrant des messages motivationnels et des rappels personnalisés directement sur l’écran de l’appareil. Cette approche proactive soutient l’engagement des patients dans leur suivi médical, tout en facilitant la communication avec les professionnels de santé ;

    ➡️ les lunettes Nuance Audio OTC Hearing Aid d’EssilorLuxottica qui offrent une solution inédite aux personnes souffrant d’une perte auditive légère à modérée, tout en répondant à leurs besoins visuels. Ce dispositif révolutionnaire se situe à l’intersection de la vue et de l’audition, permettant à ses utilisateurs de bénéficier d’une expérience sonore optimale grâce à la technologie de formation de faisceau. Celle-ci capte les conversations avec une clarté surprenante, tout en filtrant les bruits de fond. Les lunettes Nuance Audio ne se contentent pas de corriger la vision et l’audition, elles redéfinissent la manière dont ces deux sens peuvent être améliorés simultanément, offrant ainsi une nouvelle liberté et un confort au quotidien.

    De nombreuses annonces pour le numérique en santé :

    Plusieurs grandes annonces dans le suivi :

    Parmi les grandes annonces, Withings a présenté l’Omnia Health Screening Mirror, un miroir intelligent capable d’analyser la santé cardiaque, pulmonaire, et bien d’autres paramètres, en combinant des capteurs de pointe et une interface vocale intuitive. Abbott a dévoilé Lingo, un capteur de glycémie portable pour mieux comprendre les facteurs influençant les pics de glucose et aider à prévenir le diabète.

    Le Digital Health Summit, précédent le CES, a également été l’occasion d’annoncer des partenariats stratégiques : Withings s’associe à Amazon Alexa pour intégrer le suivi vocal dans ses dispositifs connectés, tandis que Philips collabore avec BioIntelliSense pour intégrer des capteurs de surveillance continue dans ses solutions de télésanté.

    3 innovations robotiques présentées :

    Le CES 2025 a aussi mis en avant des solutions robotiques pensées pour améliorer l’autonomie et alléger le travail des soignants. German Bionic a dévoilé son exosquelette Apogee+, conçu pour aider les professionnels de santé à réduire les efforts physiques, tandis que Biomotum Spark a présenté un dispositif robotique révolutionnaire pour restaurer la mobilité des personnes ayant des troubles de la marche.

    Dans le domaine de l’assistance personnelle, BODY and More a révélé switleBODY, un outil permettant de laver les patients immobilisés sans mouiller les draps, une innovation pensée pour les soins à domicile et les hôpitaux.

    La santé mentale aussi à l’honneur :

    La santé mentale était également à l’honneur avec des dispositifs comme le Moonbuddy, conçu pour aider les enfants à gérer leur anxiété grâce à des exercices de respiration tactile, ou le pendentif PieX AI, intégrant une intelligence artificielle embarquée pour accompagner les utilisateurs dans leur bien-être émotionnel et psychologique.

    De nombreuses technologies médicales avancées présentées :

    Des innovations marquantes ont également émergé dans le domaine médical. Apneal propose une solution basée sur l’IA pour diagnostiquer l’apnée du sommeil via un simple smartphone, tandis que Netri révolutionne la recherche pharmaceutique avec ses mini-organes humains sur puce, permettant de prédire les effets secondaires des médicaments.

    Dans un autre registre, L’Oréal a dévoilé Cell BioPrint, un dispositif analysant la protéomique de la peau pour prédire son vieillissement et évaluer la réactivité aux ingrédients actifs. Enfin, EssilorLuxottica a annoncé le rachat de Pulse Audition, renforçant sa position sur le marché des lunettes connectées intégrant des solutions auditives de pointe.

    Des dispositifs non invasifs, comme ELIXIR pour l’analyse sanguine ou le tensiomètre connecté sans brassard d’Accurate Meditech, ont montré comment la technologie peut simplifier les diagnostics et rendre les soins plus accessibles. NeuroClues, pour sa part, utilise le suivi oculaire basé sur l’IA pour diagnostiquer rapidement des maladies neurodégénératives.

    Dassault Systèmes a, quant à lui, marqué le CES avec son expérience interactive sur les jumeaux virtuels, illustrant comment cette technologie pourrait transformer la prévention, le traitement et la santé publique. Dans le même esprit, MoveR a présenté une thérapie immersive 3D pour la rééducation des troubles liés à la neurodiversité, sans casque VR ni capteurs.

     

  • Ministère de la santé : G. De Vitry et M. Cohen, de nouveau à la tête du cabinet de la ministre

    Geoffroy de Vitry qui continue son bout de chemin au Gouvernement

    Diplômé du double cursus Sciences Po – HEC Paris en Corporate & Public Management en 2014, Geoffroy de Vitry a évolué pendant près d’une décennie au sein du Gouvernement. Après des débuts comme administrateur à la Commission des finances de l’Assemblée nationale (2015-2020), où il a accompagné des réformes budgétaires majeures, il a réussi à s’imposer dans les ministères.

    En juillet 2020, il devient le conseiller chargé des lois financières auprès du ministre délégué aux Comptes publics avant de gravir les échelons au sein du ministère du Travail, devenant successivement directeur adjoint puis directeur de cabinet pour la première fois en 2023, lorsqu’Olivier Dussopt était le ministre du Travail, du Plein emploi et de l’Insertion. Son passage éclair comme Haut-commissaire à l’enseignement et à la formation professionnels (mars-sept. 2024) a également marqué les esprits par sa volonté de dynamiser les parcours d’apprentissage. Après cette expérience, il est de nouveau nommé directeur de cabinet du ministre du Travail à 3 reprises, au sein de Gouvernement Attal, Barnier puis Bayrou. Par un arrêté publié au journal officiel le 11 janvier 2025, il est nommé directeur du cabinet de la ministre du Travail et de la Santé, Catherine Vautrin, ministre avec qui il avait déjà collaboré de janvier à septembre 2024, sous le Gouvernement Attal.

    Mathis Cohen, un profil tourné vers l’innovation

    Diplômé de Sciences Po, Mathis Cohen a débuté sa carrière au sein du Gouvernement en 2015, en rejoignant l’équipe d’Emmanuel Macron alors ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique. Affecté au cabinet du ministre, il a participé à l’élaboration et au suivi de plusieurs réformes économiques stratégiques, notamment autour de l’ouverture des professions réglementées et de la modernisation de l’économie française. Cette expérience marquante lui a permis de développer un sens aigu des politiques publiques, tout en cultivant une méthodologie rigoureuse adaptée aux hautes sphères décisionnelles.

    Après cette première immersion dans l’appareil d’État, Mathis Cohen s’est orienté vers le secteur privé, où il s’est fait un nom dans l’innovation et l’entrepreneuriat. En 2017, il co-fonde Loumi, une start-up dédiée aux solutions numériques pour simplifier la gestion locative. Loumi visait à repenser l’expérience utilisateur dans le secteur immobilier grâce à des outils intuitifs et performants. Le succès de cette entreprise a attiré l’attention de Garantme qui la rachète en 2020. Il rejoint ensuite Aircall, une scale-up spécialisée dans les solutions cloud de téléphonie. Pendant deux ans (2022 à 2024), il contribue à structurer les outils de gestion de produit, jouant un rôle clé dans l’amélioration de l’expérience client et dans l’expansion internationale de l’entreprise. Son goût pour les technologies de pointe le conduit ensuite à intégrer Kinetix, une start-up pionnière dans l’intelligence artificielle appliquée à l’animation 3D. En tant que product manager, il pilote le développement de solutions basées sur le machine learning, permettant de démocratiser l’animation 3D en automatisant des processus complexes. Cette expérience renforce son expertise dans la traduction de l’innovation technique en produits à forte valeur ajoutée.

    C’est pour ses connaissances dans le secteur de l’innovation qu’il est choisi par Astrid Panosyan-Bouvet, ministre du Travail et de l’Emploi sous le Gouvernement Barnier, pour devenir le chef de son cabinet. Comme Geoffroy de Vitry, il récupère sa place au sein du Gouvernement Bayrou en devenant, le 11 janvier 2025, chef du cabinet de la ministre auprès de Catherine Vautrin, nouvelle ministre du Travail et de la Santé.

     

  • Cyber : la Cour des comptes recommande d’instaurer des audits périodiques des établissements de santé (Rapport)

    Des infrastructures vieillissantes qui n’aident pas dans un paysage de menaces croissantes

    Depuis plusieurs années, la Cour des comptes s’intéresse aux systèmes d’information hospitaliers (SIH), notamment avec un rapport en 2016 sur leur modernisation et une analyse des groupements hospitaliers de territoire (GHT) en 2020. Son rapport publié en janvier 2025 concerne la sécurité informatique des SIH et dresse des observations sur les exercices 2019 à 2023. Ce rapport intervient aussi dans un contexte marqué par l’intensification des cyberattaques, comme celles ayant touché les centres hospitaliers de Cannes et d’Armentières en 2024.

    Le rapport s’ouvre sur un constat : en 2023, les hôpitaux représentaient 10 % des victimes de rançongiciels en France, une proportion alarmante. Parmi les causes de l’augmentation des cyberattaques en direction des systèmes d’informations hospitaliers, la Cour des comptes pointe des infrastructures numériques vieillissantes, avec plus de 20 % des équipements informatiques obsolètes. Les budgets alloués au numérique, représentant seulement 1,7 % des dépenses d’exploitation des établissements de santé (contre 9 % dans le secteur bancaire), accentuent la vulnérabilité. Ces failles engendrent des interruptions de service prolongées, des vols de données sensibles et des coûts financiers importants, jusqu’à 10 millions d’euros par crise, auxquels s’ajoutent 20 millions d’euros de pertes de recettes dans certains cas.

    La Cour qui salue une réponse qu’elle qualifie de tardive :

    Après avoir dresse l’état des SIH en France, la Cour explore les mesures nécessaires pour renforcer la réponse nationale face à ces menaces. Elle met en lumière l’évolution récente du cadre juridique européen, notamment avec la directive NIS 2, qui impose des standards élevés de cybersécurité aux établissements de santé. En France, une réorganisation de la gouvernance a été amorcée, mais le rapport insiste sur la nécessité de la parachever.

    Le programme quinquennal, baptisé Care, qui a été lancé pour financer la modernisation des infrastructures numériques des hôpitaux et qui vise à renforcer la résilience des systèmes jusqu’en 2027 est salué par la Cour. Elle souligne cependant qu’il intervient tardivement et que des axes d’amélioration, notamment dans la coordination des audits techniques et la pérennisation des financements doivent être déployés au-delà de cette échéance. Le rapport appelle ensuite à une stratégie nationale d’audit et de certification renforcée. La montée en puissance d’un volet numérique dans la certification des établissements, piloté par la Haute Autorité de santé (HAS) et l’Agence du numérique en santé (ANS), est saluée, mais il reste nécessaire d’harmoniser les démarches d’audit à l’échelle nationale.

    Faire évoluer les pratiques des établissements :

    Dans un deuxième temps, le rapport examine les leviers permettant d’améliorer la cybersécurité au niveau local et régional. Une action clé est d’harmoniser les interventions des agences régionales de santé (ARS) et des groupements régionaux d’appui au développement de l’électronique en santé (Grades). Actuellement, ces réponses varient fortement selon les régions, certaines ARS étant bien mieux équipées en compétences et ressources que d’autres.

    Le rapport insiste également sur la nécessité de mutualiser les compétences dans les groupements hospitaliers de territoire (GHT). Cela inclut l’unification des directions des systèmes d’information et la généralisation des bonnes pratiques, comme la segmentation des réseaux ou la sécurisation des accès. La mise en place de dossiers patients informatisés mutualisés, tout en augmentant l’efficacité, doit être accompagnée d’une gestion rigoureuse des risques liés à la convergence des systèmes.

    La formation et la sensibilisation du personnel hospitalier sont identifiées comme des priorités. La rareté des ressources humaines compétentes en cybersécurité appelle à des efforts accrus pour attirer et former des talents.

    L’instauration d’audits périodiques obligatoires dans les établissements de santé parmi les 4 recommandations de la Cour

    Après avoir alerté sur l’urgence de renforcer la sécurité informatique des hôpitaux pour garantir la continuité des soins et protéger les données des patients et la nécessité de mettre en oeuvre des initiatives prometteuses par le biais de coordinations accrues entre les acteurs nationaux et locaux, un financement pérenne et une mobilisation collective, la Cour des comptes formule quatre recommandations prioritaires pour renforcer la sécurité des SIH.

    1️⃣ Elle propose la création d’un groupe national d’expertise, chargé d’évaluer les pertes de recettes en cas de cyberattaques majeures et de développer des mécanismes d’accompagnement financier pour les hôpitaux les plus touchés. Cette structure permettrait d’assurer un soutien rapide et adapté en cas de crise.

    2️⃣ Le rapport insiste également sur la nécessité de pérenniser le programme Care qui prévoit une enveloppe de 750 millions d’euros sur cinq ans pour moderniser les infrastructures numériques des établissements de santé. La Cour recommande de garantir ce financement jusqu’en 2027, afin de maintenir la dynamique engagée.

    3️⃣ La troisième recommandation porte sur l’instauration d’audits périodiques obligatoires dans les établissements de santé. Ces audits viseraient à évaluer systématiquement leur niveau de cybersécurité et à intégrer leurs résultats dans les critères de certification de la HAS. Cette approche permettrait de renforcer la transparence et d’encourager des efforts constants en matière de protection informatique.

    4️⃣ Enfin, la Cour préconise un renforcement de la gouvernance des groupements hospitaliers de territoire. En dotant les GHT de la personnalité morale, il serait possible de faciliter la mutualisation des ressources et d’accélérer la convergence des systèmes d’information, encore marqués par une hétérogénéité importante.

    La nécessité d’une coordination européenne :

    Le rapport souligne également l’importance d’une mobilisation collective pour relever les défis croissants de la cybersécurité dans les établissements de santé. Il insiste sur l’opportunité offerte par la transposition de la directive européenne NIS 2, qui pourrait permettre de rehausser les standards de protection et de mieux coordonner les efforts à l’échelle nationale et européenne.

  • La FDA publie 7 directives pour encadrer l’utilisation de l’IA dans le développement de médicaments

    7 directives pour cadrer l’usage de l’IA

    Depuis quelques années – et encore plus depuis l’émergence de l’IA générative -, l’intelligence artificielle s’impose comme un atout important dans le cycle de vie des produits pharmaceutiques, notamment grâce à la découverte de molécules ou aux essais numériques permettant de tester virtuellement l’efficacité d’un médicament. Son potentiel d’amélioration du développement, de la fabrication et de la surveillance post-commercialisation des médicaments est salué, grâce, entre autres, à sa capacité à traiter d’énormes ensembles de données. Toutefois, cette adoption rapide n’est pas sans poser des défis. Les modèles d’IA, bien qu’efficaces, peuvent produire des résultats biaisés ou imprécis, avec des implications graves sur les décisions prises.

    La Food and drug administration (FDA), qui a reçu depuis 2016 plus de 500 soumissions de médicaments dont la découverte a été permise grâce à l’IA, est consciente de ces enjeux. C’est pourquoi elle a publié, en ce début d’année 2025, un projet de directives sur l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le développement de médicaments. Ce document s’inscrit dans une démarche proactive visant à répondre à l’accélération de l’usage de l’IA dans les soumissions réglementaires de médicaments, tout en assurant la sécurité et l’efficacité des produits médicaux.

    Un guide allant de la question d’intérêt de l’IA à l’adéquation du modèle :

    Le guide de la FDA propose une approche méthodique, reposant sur sept directives, pour sept étapes clés, afin d’établir la crédibilité des modèles d’IA. Il débute par la définition de la question d’intérêt, qui consiste à préciser le problème ou la décision que le modèle doit adresser. Par exemple, un modèle peut être utilisé pour identifier les patients les plus à risque de développer des effets secondaires graves liés à un médicament.

    1️⃣ La première étape consiste à définir la question d’intérêt. Cela signifie identifier précisément le problème ou la décision que le modèle doit traiter. Par exemple, un modèle peut être conçu pour analyser les données de patients atteints d’une pathologie chronique afin de prédire ceux qui risquent de développer des complications graves suite à un traitement particulier. Cette étape est cruciale, car elle détermine la finalité du modèle et oriente les choix méthodologiques qui suivront.

    2️⃣ Ensuite, il est essentiel de délimiter le cadre d’utilisation du modèle. Ce cadre inclut la description de son rôle, son champ d’application, et la manière dont il interagira avec d’autres sources d’information, comme les bases de données cliniques ou les outils statistiques déjà en place. Par exemple, un modèle utilisé pour évaluer l’efficacité d’un traitement spécifique doit être adapté aux caractéristiques de la population concernée, que ce soit des patients atteints de cancer à un stade avancé ou des patients pédiatriques. Il doit également être compatible avec les systèmes de gestion des données hospitalières, afin d’assurer une intégration fluide dans les processus existants.

    3️⃣ L’évaluation des risques est une étape clé du processus. Cette évaluation porte sur les conséquences potentielles d’une erreur du modèle et sur son influence dans le processus décisionnel. Si un modèle d’IA est utilisé pour des tâches secondaires, comme le classement de données administratives, les risques associés à une erreur seront relativement faibles. En revanche, lorsqu’un modèle intervient dans des décisions cliniques critiques, telles que l’adaptation d’une dose de chimiothérapie en fonction de paramètres biologiques, les risques sont considérablement amplifiés. Une erreur pourrait entraîner des complications graves pour le patient, nécessitant une supervision humaine renforcée et une validation rigoureuse des algorithmes.

    4️⃣ Une fois ces bases posées, la FDA recommande l’élaboration d’un plan détaillé de validation. Ce document doit expliquer en profondeur comment les données seront sélectionnées, comment le modèle sera entraîné, et quelles méthodes de test seront employées pour garantir sa fiabilité. Par exemple, si le modèle est conçu pour prédire les réactions indésirables à un médicament, il devra être entraîné sur un ensemble de données représentatives de la diversité des patients susceptibles de recevoir ce traitement, en tenant compte des variables comme l’âge, le sexe, ou des antécédents médicaux.

    5️⃣ Après la mise en œuvre du plan, l’étape suivante est l’exécution de ce plan. Cette étape consiste à appliquer rigoureusement les méthodologies prévues, en testant le modèle sur des données d’entraînement et de validation, tout en analysant ses performances. Toute divergence par rapport au plan initial doit être consignée et expliquée pour garantir une transparence totale.

    6️⃣ L’étape suivante est la documentation des résultats obtenus. Un rapport exhaustif doit être produit, décrivant les performances du modèle, ses limites éventuelles, et tout écart par rapport au plan initial. Cette transparence permet aux régulateurs d’évaluer si le modèle remplit les critères de sécurité et de pertinence définis au préalable.

    7️⃣ Enfin, une fois toutes ces étapes réalisées, il est impératif d’évaluer l’adéquation du modèle à son usage prévu. Cela implique de vérifier qu’il répond bien aux besoins identifiés dans le cadre d’utilisation et qu’il est capable de fournir des résultats fiables et reproductibles. Par exemple, un modèle qui aurait montré une précision élevée dans des essais préliminaires, mais qui échoue à maintenir ce niveau dans des environnements réels, pourrait ne pas être jugé adapté pour une autorisation réglementaire.

    Cette approche globale permet, selon la FDA, de réduire les risques associés à l’utilisation de l’IA dans un domaine aussi sensible que celui des médicaments. Elle constitue une feuille de route claire pour s’assurer que ces technologies émergentes soient utilisées de manière éthique, efficace et sécurisée.

    Un point d’attention donné aux risques liés à l’IA

    L’utilisation des modèles d’IA dans des environnements aussi sensibles que celui des médicaments comporte des risques significatifs. Les biais algorithmiques, liés à des données d’entraînement non représentatives ou mal équilibrées, peuvent entraîner des résultats inéquitables, excluant certaines populations ou faussant les conclusions cliniques. Une erreur dans un modèle d’IA utilisé pour recommander des traitements pourrait exposer les patients à des effets secondaires inutiles ou réduire l’efficacité du traitement.

    La FDA insiste donc sur l’importance de surveiller les performances des modèles déployés tout au long de leur cycle de vie. Les données évoluent constamment, et des changements contextuels, comme l’introduction de nouveaux traitements ou des évolutions dans les protocoles médicaux, peuvent affecter la fiabilité des modèles. Une maintenance régulière, incluant des mises à jour des algorithmes et des revalidations périodiques, est donc indispensable.

    La FDA encourage les collaborations

    Le guide encourage les développeurs et sponsors à engager des discussions précoces avec l’agence pour définir les attentes en matière d’évaluation. Ces échanges, qui peuvent avoir lieu à différents stades du développement des modèles, permettent de garantir que les méthodologies adoptées sont alignées avec les exigences réglementaires.

    Ce cadre proposé par la FDA constitue une avancée importante pour intégrer l’IA dans la régulation des médicaments. En assurant la crédibilité et la sécurité des modèles, il ouvre la voie à une adoption plus large de ces technologies, tout en garantissant que les décisions prises reposent sur des bases fiables et robustes.

     

  • Une correction des biais et de meilleurs cadres réglementaires pour une meilleure utilisation de l’IA en santé (rapport Bipartisan House Task Force)

    La transparence et l’inclusion humaine pour une maximisation des bénéfices de l’IA

    L’intelligence artificielle (IA) se positionne comme une technologie phare capable de redéfinir les contours des politiques publiques et des secteurs stratégiques tels que la santé, l’économie, et la sécurité nationale, du moins, c’est ce que souligne la Bipartisan House Task Force dans son rapport sur l’IA publié en décembre 2024. Pour la task force, cette technologie a la capacité de transformer la société en améliorant la productivité, en accélérant l’innovation et en permettant des solutions plus rapides et moins coûteuses à des problèmes complexes. Toutefois, elle indique que cette révolution technologique s’accompagne de risques majeurs, notamment des biais algorithmiques, des atteintes potentielles à la vie privée et des risques de discrimination.

    Pour maximiser les bénéfices de l’IA tout en limitant ses dangers, la task force propose une gouvernance responsable basée sur des principes tels que la transparence, la protection de la vie privée, et l’inclusion humaine dans les processus automatisés. Cette approche repose sur une flexibilité permettant de s’adapter à l’évolution rapide des technologies tout en assurant que leur déploiement reste centré sur l’humain et ses besoins. L’objectif est de poser les bases d’une adoption éthique et durable de l’IA, alignée sur les priorités économiques et sociétales des États-Unis​.

    Un potentiel dans tous les pans de la santé

    Le rapport explore plusieurs domaines, de la propriété intellectuelle à l’usage gouvernemental, en passant par l’agriculture et l’éducation. Dans le domaine de la santé, il explore en profondeur les avantages, les défis et les opportunités offerts par l’intelligence artificielle. Pour la task force, l’IA s’annonce comme un catalyseur de transformation pour les systèmes de soins, en introduisant des avancées significatives à chaque étape du parcours médical, de la recherche clinique aux soins directs aux patients. Grâce à sa capacité à analyser rapidement de vastes quantités de données, l’IA permet une meilleure précision dans les diagnostics, améliore l’efficacité des processus médicaux et accélère la découverte de traitements innovants. Sur 20 pages, cette partie du rapport montre le potentiel que pourrait avoir une utilisation de l’IA en santé, en explorant plusieurs pans comme le diagnostic, l’usage administratif, la décision clinique, ou encore le développement de dispositifs médicaux.

    L’un des exemples les plus marquants présents dans le rapport est le potentiel de l’IA à optimiser le développement de nouveaux médicaments. En analysant des données massives issues d’essais cliniques et de bases de données génétiques, les systèmes d’IA peuvent identifier des candidats prometteurs plus rapidement que les méthodes traditionnelles. La task force s’est basée sur une étude récente qui montre que ces dernières années, de plus en plus de molécules ont été découvertes grâce à l’IA (67 en 2023) et que désormais certaines ont été lancées sur le marché, alors que précédemment elles se contentaient de participer à des essais cliniques.

    Nombre de molécules découvertes par les entreprises de biotechnologie basées sur l'IA et qui sont entrées dans les essais cliniques - @ResearchGate
    Nombre de molécules découvertes par les entreprises de biotechnologie basées sur l’IA et qui sont entrées dans les essais cliniques – @ResearchGate

    Plusieurs obstacles à surmonter : le manque de normes, de confidentialité, les biais…

    Malgré ces avantages, le rapport met en lumière plusieurs défis qui freinent l’adoption généralisée de l’IA dans le secteur de la santé. L’un des principaux obstacles est l’absence de normes harmonisées pour les données médicales et les algorithmes, ce qui limite l’interopérabilité entre les systèmes et complique le partage des informations essentielles. Cette fragmentation freine l’intégration fluide des solutions d’IA dans les infrastructures de santé existantes. De plus, la confidentialité des données des patients demeure une préoccupation majeure, exacerbée par la complexité croissante des systèmes d’IA. Les biais algorithmiques sont également un risque sérieux, susceptibles d’aggraver les inégalités dans les soins si les modèles sont mal conçus ou entraînés sur des données non représentatives.

    Pour surmonter ces défis, le rapport insiste sur plusieurs mesures stratégiques. Il recommande de promouvoir des normes rigoureuses pour garantir que les systèmes d’IA soient sécurisés, efficaces et équitables. La gestion des risques associés à ces technologies doit inclure des mécanismes pour identifier et corriger les biais, protéger les données sensibles et prévenir les résultats discriminatoires. Par ailleurs, un soutien accru à la recherche sur l’IA médicale est essentiel pour développer des applications innovantes et améliorer les solutions existantes. Le rapport propose également de clarifier les cadres réglementaires pour déterminer les responsabilités légales en cas de dysfonctionnement ou d’usage inapproprié des systèmes d’IA dans le domaine de la santé.

    La task force soutient que si les recommandations du rapport sont mises en œuvre, l’IA pourrait devenir un pilier central de la transformation des systèmes de santé, renforçant la qualité des soins tout en maintenant la confiance des patients et des professionnels de santé dans ces outils novateurs​.

  • Grandes tendances de la e-santé : Gen AI, EDS, marché healthtech santé mentale parmi les 10 tendances pour 2025

    Lors de la conférence annuelle “Les grandes tendances de la e-santé” organisée par Interaction Healthcare et  qui s’est tenue le 28 janvier 2025, les dynamiques émergentes et les grands enjeux du secteur du numérique en santé pour les années à venir ont été mis en lumière. Parmi les points clés abordés par Romain Bonfillon, rédacteur en chef de Mind Health, et  Ludmila Potiron, cheffe du pôle “Export Santé” chez Business France Amérique du nord, lors de la dernière session de la matinée, voici les dix grandes tendances qui redéfiniront la santé numérique en 2025 :

    1️⃣ Les jumeaux numériques, leviers de la médecine personnalisée :

    L’un des développements les plus prometteurs dans le domaine de la santé numérique est celui des jumeaux numériques. Ces modèles virtuels d’organes ou de patients entiers permettent de simuler des traitements et d’adapter les soins à chaque individu. Lors de la conférence, plusieurs experts ont souligné l’importance croissante des jumeaux numériques dans la médecine personnalisée, notant que leur développement est indissociable d’une gestion optimisée des données de santé, notamment au travers de “référentiels spécifiques à l’oncologie, à la psychiatrie et à d’autres pathologies.”

    2️⃣ IA générative : quelles régulations après les premiers déploiements ?

    L’intelligence artificielle (IA) générative a fait ses preuves dans plusieurs domaines de la santé, notamment en recherche médicale et en gestion des données. Cependant, après les premiers déploiements, une question essentielle demeure : quelles régulations mettre en place pour encadrer ces technologies ? Les intervenants ont évoqué le besoin d’une gouvernance claire pour garantir la qualité et la sécurité des données traitées par l’IA, soulignant que la mise en place d’une “stratégie nationale” pour les données santé est primordiale.

    3️⃣ Les thérapies digitales ont-elles trouvé leur modèle ?

    L’un des sujets centraux de la conférence a été la place des thérapies digitales dans les parcours de soin. Si leur efficacité ne fait plus de doute, la question de leur modèle économique reste ouverte. Les débats ont porté sur la pérennisation des financements, les acteurs de terrain et le rôle crucial de l’accompagnement des patients. De plus, le recours à la “souveraineté des données” a été mentionné pour assurer la protection des utilisateurs.

    4️⃣ Comment l’IA transforme les essais cliniques en accélérant le recrutement des patients ?

    L’IA se distingue particulièrement dans le domaine des essais cliniques, où elle permet de cibler plus efficacement les patients éligibles, réduisant ainsi le temps et les coûts associés. La conférence a abordé la question de l’optimisation des “entrepôts de données de santé”, facilitant ainsi l’accès rapide et sécurisé aux profils de patients, ce qui pourrait accélérer de manière significative le recrutement.

    5️⃣ Santé mentale : face aux besoins immenses, le marché healthtech décolle-t-il ?

    Le secteur de la santé mentale, avec ses besoins grandissants, bénéficie d’une attention particulière dans le cadre des innovations en healthtech. Lors de la conférence, il a été souligné que la mise en place de “thérapies digitales” adaptées pourrait jouer un rôle clé dans la prise en charge à distance, tout en mettant en avant l’importance de l’adaptation des modèles en fonction des “besoins spécifiques en psychiatrie.”

    6️⃣ Comment la prévention s’ancre dans les parcours de soins ?

    La prévention devient un axe stratégique dans les parcours de soins, notamment grâce aux technologies numériques. Lors des échanges, il a été rappelé qu’intégrer la prévention dans le parcours de soins global nécessite de faciliter l’accès aux “données disponibles” et d’assurer l’interopérabilité des systèmes, en vue d’une prise en charge préventive plus fluide.

    7️⃣ Biomarqueurs digitaux : les nouvelles voies du diagnostic

    Les biomarqueurs digitaux sont en passe de révolutionner les méthodes diagnostiques, en permettant une détection plus précise et en temps réel de certaines pathologies. Les intervenants ont mis en avant l’utilisation des “données artificielles” pour renforcer ces approches, en particulier dans des domaines complexes comme la cancérologie, où la gestion des données d’imagerie est essentielle.

    8️⃣ Financements : le temps des incertitudes

    Bien que de nombreuses innovations en santé numérique aient vu le jour, la question des financements reste une problématique majeure. Comme mentionné lors de la conférence, la pérennisation de ces financements est indispensable, notamment pour maintenir les projets d’envergure qui nécessitent des investissements lourds, sans pour autant compromettre la qualité des soins.

    9️⃣ EDS : les enjeux de leur développement

    Les entreprises de santé digitale sont en pleine croissance, mais leur développement doit faire face à de nombreux défis. L’un des points soulevés lors de la conférence est la question de l’interopérabilité des systèmes et de la gouvernance des données. Pour réussir, il est nécessaire de “fédérer les acteurs de terrain” et d’assurer une gestion collaborative des données à travers des “référentiels communs.”

    🔟 La médecine de précision en oncologie

    La médecine de précision, notamment en oncologie, est l’un des domaines les plus avancés grâce au numérique. L’utilisation des données génomiques et des jumeaux numériques permet d’optimiser les traitements en fonction des caractéristiques individuelles des patients. Les experts de la conférence ont souligné que la mise en place d’une “stratégie de référentiels dédiés à l’oncologie” serait un facteur clé pour accompagner cette évolution.

  • Health&Tech Summit 2024 : Biosency, Diampark et Curecall parmi les 6 lauréats

    6 prix pour cette 7e édition

    Pour la septième édition du Health&Tech Summit qui se déroule à PariSanté Campus, Care Insight a décidé de renouveler son célèbre “Innovation Awards & Cocktail” et d’y introduit une petite nouveauté : le prix du public. Avec cet award, 6 catégorie sont mises à l’honneur cette année :

    • santé populationnelle ; 
    • excellence opérationnelle ; 
    • intelligence artificielle générative ;
    • prévention ;
    • recherche et innovation ; 
    • prix du public. 

    Des lauréats choisis par un jury international :

    En dehors du prix du public, un jury international a scrupuleusement analysé près d’une centaine de participants pour départager les lauréats de cette édition. Responsables de l’innovation dans leur entreprise ou établissement, ou encore directeurs scientifiques… ce jury est composé d’experts dans le numérique en santé :

    Pour le prix du public, 519 personnes ont voté pour leur solution préférée et plusieurs d’entre elles ont récoltées plus de 100 votes.

    Les 6 lauréats du Innovation Awards & Cocktail 2024 :

    Voici les 6 entreprises lauréates du Innovation Awards & Cocktail de la septième édition du Health&Tech Summit :

     

  • HTI Summit : « l’IA permet de développer les cyberattaques et les mécanismes de défense contre ces attaques » (W. Suarez)

    L’IA comme outil de prédiction de cyberattaques

    Dans cette session modérée par Jean-François Goglin (Himss), le docteur Walter Suarez, directeur “Health IT Strategy and Policy” chez Kaiser Permanente a indiqué que des hackers essayent de pénétrer les systèmes d’information hospitaliers (SIH) du groupe un milliard de fois par mois pour s’emparer des données de santé des plus de 30 millions de dossiers médicaux informatisés.

    Alors que le groupe américain a fait les frais d’une fuite de données de 13,4 millions de patients en avril 2024, Walter Suarez explique que l’IA permet de déjouer la grande majorité des attaques et même aller au-delà du simple fait de les déjouer : “les outils d’IA ne se contentent pas de détecter les cyberattaques, mais aussi de connaître leur source, ainsi que de savoir quand est ce que la prochaine attaque va arriver et de quel type d’attaque il s’agira”. Cependant, il reconnaît toutefois que l’intelligence artificielle peut parfois desservir les SIH puisque si elle est utilisée par les groupes hospitaliers pour se défendre, elle est aussi utilisée par les hackers pour créer des attaques toujours plus difficile à être détecter.

    C’est pourquoi, il insiste sur le fait que pour faciliter la gestion des données de santé au mieux et de se préparer de la meilleure des manières aux cyberattaques, il faut tout d’abord que les données de santé des patients soient stockées dans des clouds de data centers qui se trouvent dans le pays où elles sont récoltées et utilisées, dans le cas présent, aux États-Unis. Cela permet aux données de bénéficier d’une protection de la loi où elles sont conservées.

    La cybersécurité encore loin dans les priorités des hôpitaux

    De son côté, Christophe Mattler, directeur de projet à la Délégation au numérique en santé, reconnaît que l’utilisation de l’IA est très efficace pour renforcer la sécurité des SIH mais que ces hôpitaux ne se soucient que trop peu de la cybersécurité : pour illustrer son propos, il explique que la technologie de l’information (IT) ne représente que 1,6 % du budget des hôpitaux (publics, ainsi que quelques hôpitaux privés) et que le budget concernant la cybersécurité est compris dans ce pourcentage. Une information qui a été confirmée par le docteur Suarez, lui-même, qui avoue que Kaiser Permanente ne dédie que 4 % de son budget aux technologies de l’information, alors que cela est trois à quatre fois plus élevés dans les autres secteurs que celui de la santé.

    Une anticipation de l’informatique quantique nécessaire :

    Tenant compte de cette réalité, les deux intervenants ont ensuite été questionnés au sujet du risque cyber que pouvait représenter l’informatique quantique pour les hôpitaux et leurs données. Walter Suarez a expliqué que les outils d’IA utilisés actuellement et qui permettent de déjouer plusieurs milliards d’attaques par an, ne seront plus suffisantes pour protéger les SIH lors de l’avènement de cette nouvelle technologie.

    C’est pourquoi plusieurs groupes hospitaliers américains sont développent des protocoles de résistances au quantique (“quantum resisting protocol”), notamment la cryptographie post-quantique (“post-quantum cryptography”), pour se préparer au mieux à l’arrivée de cette technologie et garantir la sécurité de l’information face à une attaque venant d’une entité disposant d’un calculateur quantique. Parmi les projets en cours de développement, il y a celui de la Cleveland Clinic, cité par le docteur Suarez et développé par l’équipe du docteur Lara Jehi (présente elle aussi au Summit dans plusieurs sessions) qui devrait être finalisé en 2025.

    Christophe Mattler a quant à lui indiqué que s’il faut tout de même “accepté d’être dans un risque continuel de cyberattaque, qui pourrait se renforcer avec la venue des calculateurs quantiques”, il est important de prendre cette technologie comme un challenge et de penser avec 10 ans d’avance pour se préparer à son arrivée et pouvoir agir en conséquence lorsqu’elle sera là. Il a cité l’initiative de l’ Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria) qui possède une équipe interdisciplinaire dédiée au quantique qui a pour objectif de “développer à la fois des méthodes et des dispositifs expérimentaux assurant un traitement robuste de l’information quantique”.