VERDU BISSI Alexandre

  • Panorama des acteurs du numérique en santé en Suède

    Un écosystème dynamique pour une santé numérique interconnectée

    La Suède, en quête de solutions durables et innovantes pour son système de santé, a mis en place un cadre numérique de santé cohérent, réunissant un ensemble d’acteurs publics et privés. Dans un contexte où les défis du vieillissement démographique et de la hausse des coûts de santé sont omniprésents, l’innovation numérique se présente comme un levier stratégique pour améliorer l’efficacité et l’accessibilité des soins. Le pays se distingue par un modèle collaboratif entre institutions publiques, agences de santé, entreprises privées et start-ups du secteur numérique.

    Le système de santé numérique en Suède repose sur une coordination étroite entre plusieurs acteurs clés qui contribuent à l’innovation, à la gouvernance et à la mise en œuvre des technologies de santé. Ces acteurs peuvent être classés en trois catégories : institutions publiques et agences de régulation, entreprises privées et start-ups, ainsi que partenaires internationaux.

    Le rôle clé de l’Agence suédoise pour la santé numérique

    Pionnière dans l’utilisation de l’IA en santé en Suède :

    En Suède, l’Agence suédoise pour la santé numérique (eHälsomyndigheten) est l’acteur central dans le domaine du numérique en santé. Fondée en 2014, cette agence a pour mission de coordonner et de soutenir les initiatives nationales en matière de santé numérique, en mettant l’accent sur l’amélioration de l’interopérabilité des systèmes de santé et la facilitation de l’échange de données entre les différents acteurs du système. Elle joue un rôle majeur dans l’intégration des nouvelles technologies et de l’innovation numérique pour la santé, tout en garantissant une sécurité optimale des données de santé des citoyens suédois. L’une de ses initiatives phares est la mise en place et le développement du dossier de santé électronique (DSE), un système qui permet à chaque patient de disposer d’un dossier numérique accessible par les professionnels de santé à travers tout le pays (comme Mon espace santé en France). Cette initiative a considérablement facilité l’accès aux soins et amélioré la continuité des soins entre différents prestataires, en permettant un suivi médical plus fluide et une gestion centralisée des données de santé.

    L’Agence suédoise pour la santé numérique a également joué un rôle déterminant dans la promotion de l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) et des dispositifs médicaux connectés dans les soins. En soutenant des projets pilotes et des partenariats avec des start-ups et entreprises privées, elle contribue à l’intégration de ces technologies innovantes dans les pratiques cliniques, avec l’objectif d’améliorer l’efficacité des traitements et la qualité des soins, notamment pour les maladies chroniques. L’agence a aussi facilité la mise en place de solutions de télémédecine, qui ont connu un essor considérable ces dernières années, notamment avec l’augmentation de la demande liée à la pandémie de COVID-19.

    Une étroite collaboration avec les institutions du pays :

    En complément de son rôle central dans l’innovation numérique, l’agence travaille en étroite collaboration avec d’autres institutions publiques, telles que le ministère de la Santé et des Affaires Sociales (Socialdepartementet), qui supervise la politique de santé publique et des soins. Ce ministère s’assure que les initiatives numériques soient alignées avec les objectifs de santé publique du pays, tout en régulant et soutenant les développements technologiques via ses agences spécialisées.

    L’une de ces agences est la National Board of Health and Welfare (Socialstyrelsen), qui définit les normes, les lignes directrices et les réglementations pour les services de santé et sociaux en Suède. Cette institution joue un rôle clé dans la gestion des données de santé nationales, ainsi que dans l’élaboration de politiques basées sur des preuves scientifiques. En supervisant des bases de données et des registres de santé nationaux, Socialstyrelsen facilite l’échange d’informations entre les prestataires de soins et soutient le système de santé dans l’amélioration de la qualité des services.

    Un autre acteur majeur est la Public Health Agency of Sweden (Folkhälsomyndigheten), qui veille à la promotion de la santé publique, notamment à travers des programmes et des conseils sur la prévention des maladies et la gestion des crises sanitaires. Elle joue également un rôle dans les initiatives numériques de prévention en utilisant les données numériques pour identifier les tendances en matière de santé et promouvoir des comportements préventifs au niveau national.

    Enfin, la Swedish Agency for Health Technology Assessment and Assessment of Social Services (SBU) complète ce tableau en évaluant les technologies utilisées dans les soins. Elle évalue non seulement les méthodes thérapeutiques et les dispositifs médicaux, mais aussi les technologies numériques, afin de garantir leur efficacité et leur pertinence dans l’amélioration des soins . Ces évaluations permettent d’intégrer les technologies numériques de manière réfléchie et mesurée, assurant leur contribution positive au système de santé suédois.

    Les partenariats public-privé, levier de l’innovation

    Plusieurs plateformes numériques phares ont été créées par des entreprises privées :

    Pour ce qui est du secteur privé, il joue lui aussi un rôle clé dans l’essor de la télémédecine et de l’innovation technologique en santé. Des entreprises comme Kry, Doctrin, et Min Doktor sont des exemples emblématiques de ce phénomène. Kry (qui possède Livi en France et au Royaume-Uni), fondée en 2014, est aujourd’hui l’un des principaux acteurs de la télémédecine en Suède. Elle permet aux patients d’avoir des consultations médicales à distance via une application mobile, une solution qui a gagné en popularité notamment pendant la pandémie de COVID-19. Min Doktor, une autre entreprise pionnière dans ce domaine, offre également des services de consultations en ligne, en plus de ses collaborations avec les établissements de santé traditionnels pour améliorer l’accès aux soins. Doctrin, quant à elle, a développé une plateforme qui permet aux professionnels de santé de gérer les consultations à distance tout en optimisant les processus administratifs et en réduisant les coûts. Cette solution est utilisée par plusieurs établissements de santé, ce qui démontre l’efficacité de l’intégration des outils numériques dans le système de santé suédois. Ces entreprises ne se contentent pas de développer des technologies innovantes, elles collaborent également avec des institutions publiques pour rendre la télémédecine accessible à un plus grand nombre de citoyens et améliorer les processus de soin.

    Le soutien de l’écosystème entrepreneurial suédois, particulièrement des hubs d’innovation comme HealthTech Nordic et Startup Stockholm, est essentiel à cette dynamique. Ces organisations soutiennent les start-ups du numérique en santé en leur offrant des services de mentorat, de financement et de mise en réseau, et en facilitant leur intégration dans des projets collaboratifs avec le secteur public et des entreprises privées. Par exemple, HealthTech Nordic est un réseau d’entrepreneurs, d’investisseurs et d’acteurs du secteur public qui œuvre pour faire de la Suède un leader mondial dans le domaine de la santé numérique. Ce réseau aide les entreprises à entrer en contact avec des partenaires potentiels dans le secteur public, ouvrant ainsi la voie à des collaborations qui favorisent l’adoption de solutions numériques dans les hôpitaux et les cliniques.

    Des projets menés avec les institutions publiques :

    Plusieurs entreprises suédoises se sont également engagées dans des projets avec des agences publiques, comme l’Agence suédoise pour la santé numérique (eHälsomyndigheten), pour intégrer des technologies de santé dans des projets à grande échelle. Un exemple de collaboration est l’initiative 111 000, qui permet aux patients d’accéder à des consultations en ligne et à des services de santé via un portail unique. Les entreprises telles que Kry et Min Doktor participent activement à ce projet en fournissant leurs plateformes et leurs technologies, tout en contribuant à la mise en œuvre de solutions numériques dans les soins primaires et spécialisés.

    En outre, des projets comme celui du comté de Scanie, une des plus grandes régions suédoises, ont permis à des start-ups comme Voluntas de participer à des initiatives locales visant à améliorer les soins aux patients grâce à la télémédecine. Cette dernière, par exemple, a développé une solution d’IA pour analyser les symptômes des patients et recommander des traitements, un projet qui a été intégré aux systèmes de santé régionaux pour optimiser les soins à distance.

    Le secteur privé bénéficie également de partenariats avec des entreprises de technologies plus larges. Par exemple, Ericsson, en collaboration avec plusieurs start-ups de santé, participe à des projets qui intègrent la 5G dans la télémédecine et les dispositifs médicaux connectés, permettant une gestion des soins à distance plus rapide et plus sécurisée. Ces innovations contribuent à renforcer le système de santé en Suède en rendant les soins plus accessibles et plus efficaces, tout en ouvrant la voie à de nouvelles opportunités pour les entreprises du secteur.

    L’engagement du secteur privé, facilité par ces réseaux d’innovation et soutenu par des partenariats stratégiques avec le secteur public, permet non seulement l’émergence de nouvelles solutions technologiques en santé, mais aussi leur adoption à grande échelle dans le système de santé suédois. Ce modèle collaboratif entre public et privé positionne la Suède comme un leader dans l’intégration des technologies numériques dans les soins.

    Un acteur clé dans le numérique en santé à l’échelle européenne

    La Suède a également su établir des partenariats européens et internationaux pour soutenir le développement de la santé numérique. Le pays est un acteur clé dans des projets collaboratifs financés par l’Union européenne, notamment dans le cadre de Horizon Europe, un programme qui soutient la recherche et l’innovation. Ces collaborations permettent de connecter la Suède à un réseau de partenaires européens, facilitant le partage de bonnes pratiques et l’accès à des financements pour la recherche en santé numérique.

    Ces collaborations internationales sont également renforcées par la présence d’acteurs suédois dans des initiatives mondiales telles que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et des réseaux de santé numérique comme HIMSS (Healthcare Information and Management Systems Society), où les experts suédois apportent leur expertise en matière de régulation et de gestion des technologies de santé.

    Des acteurs pour l’interconnexion des données de santé

    L’écosystème de la santé numérique en Suède est un modèle de collaboration entre les institutions publiques, les entreprises privées et les chercheurs. Cette interconnexion entre les acteurs du secteur a permis à la Suède de devenir un leader mondial dans l’intégration des technologies de santé innovantes. Grâce à une gouvernance partagée, le pays parvient à améliorer la qualité des soins tout en garantissant la sécurité des données et l’accessibilité des services de santé.

    Dans les prochaines années, la Suède poursuivra plusieurs projets ambitieux pour renforcer encore son leadership en santé numérique. Un des objectifs principaux est la consolidation de l’interconnexion des données de santé à l’échelle nationale. Le projet eHealth Sweden, lancé par l’Agence suédoise pour la santé numérique (eHälsomyndigheten), vise à harmoniser les systèmes de gestion des données de santé et à faciliter leur partage entre les différents acteurs du secteur. Cette initiative permettra de centraliser les informations de santé des patients, améliorant ainsi la coordination des soins et la prise en charge des patients à travers tout le pays.

    La Suède met aussi en place des projets pour étendre la télémédecine, notamment dans les zones rurales. Un exemple clé est le programme 1177 Vårdguiden, qui permet aux patients d’accéder à des consultations médicales à distance via une plateforme en ligne. Ce service est déjà largement utilisé pour des consultations de soins primaires et devrait se développer pour inclure davantage de spécialités médicales, facilitant l’accès aux soins pour les patients dans les régions les plus reculées.

    Pour un futur réseau fort dans le numérique en santé, la Suède poursuit son investissement dans la recherche et l’innovation à travers des initiatives telles que HealthTech Nordic, un réseau de start-ups dans le domaine de la santé numérique. Ce réseau soutient les entreprises innovantes dans l’intégration de leurs solutions dans le système de santé public, favorisant la collaboration entre les entreprises privées et les agences publiques pour développer des solutions de santé numériques adaptées aux besoins de la population.

     

  • Bibliothèque ouverte d’algorithmes en santé : le HDH dévoile les lauréats de la 7e vague

    25 projets lauréats en 3 ans

    Afin de soutenir le développement et la validation d’algorithmes de ciblage dans le Système national des données de santé (SNDS), créé en 2016 pour “dé-identifier” les données de l’importante base de feuilles de soins de l’Assurance maladie “à des fins de recherches”, le HDH a lancé en 2021 le projet “Bibliothèque ouverte d’algorithmes en santé” (Boas).

    Cette initiative a pour ambition de “constituer une bibliothèque ouverte d’algorithmes de ciblage qui bénéficiera à l’ensemble de la communauté”, les algorithmes du SNDS étant “des outils essentiels à l’analyse fiable des données” mais “leurs développement, validation et réutilisation restent souvent complexes”. C’est dans le but de remplir cette Boas que le HDH a déjà ouvert sept vagues de l’AMI qui ont permis la sélection de 25 lauréats jusque-là.

    Pour rappel, afin de “s’assurer que les algorithmes répondent au besoin de l’écosystème”, les projets candidats devaient “favoriser l’ouverture d’algorithmes de ciblage” selon 3 modalités :

    • la documentation médicale et technique d’algorithmes de ciblage existants pour favoriser leur réutilisation large (thématique 1) ;
    • la validation ou sophistication et la validation d’algorithmes développés par des institutions nationales de référence (thématique 2) ;
    • ainsi que le développement, l’évaluation et la validation de nouveaux algorithmes de ciblage (thématique 3).

    Dans cet article, H&TI revient sur les 3 lauréats de cette septième vague de l’AMI.

    La périnatalité parmi les cibles des algorithmes lauréats

    Nom du projet Porteur du projet Description du projet
    SNDS_GraftLoss CHU Dupuytren de Limoges Le projet a pour objectif de concevoir un algorithme permettant d’identifier les pertes de greffon rénal au sein de la base principale du SNDS. Pour garantir sa précision, cet algorithme sera validé à l’aide de données issues du registre CRISTAL, une base de référence gérée par l’Agence de la biomédecine et servant de standard d’excellence dans le domaine des transplantations.
    PerinatAlgoVal Santé publique France Le projet vise à évaluer la robustesse de plusieurs algorithmes dédiés à différentes pathologies périnatales, telles que le diabète gestationnel, l’hypertension gravidique et la dépression post-partum, sur une échelle nationale. La validation de ces algorithmes contribuera à renforcer le suivi de la santé des mères et des nouveau-nés dans la base principale du SNDS.
    PREDICT-EDI CHU de Toulouse Le projet vise à développer un algorithme capable de prédire l’Indice Européen de Défavorisation (EDI). Basé sur des méthodes d’apprentissage supervisé, cet algorithme analysera les données combinées de la base principale du SNDS et de la base APSoReN, qui centralise les informations hospitalières pseudonymisées des patients pris en charge pour traumatisme crânien au CHU de Toulouse. L’objectif est d’identifier des corrélations entre les variables socio-économiques, cliniques et les comportements de consommation de soins.

    Des algorithmes destinés à devenir open source

    Comme les 22 lauréats des six premières vagues de l’AMI Boas, ces trois algorithmes sont destinés à devenir open source pour être mis à disposition de la communauté scientifique via la Bibliothèque ouverte d’algorithmes en santé. Pour le moment, 19 algorithmes sont déjà accessibles gratuitement sur la section dédiée du site du Health Data Hub.

    Parmi ces algorithmes, on retrouve notamment ceux des “Data challenges en santé” du HDH, dont :

    • ➡️ un algorithme pour la détection des lésions dans les biopsies cervicales ;
    • ➡️ un algorithme pour la prédiction de la récidive à cinq ans des mélanomes localisés ;
    • ➡️ un algorithme pour la détection précoce des maladies rares à composante dentaire, orale et faciale ;
    • ➡️ ainsi qu’un algorithme pour la détection du rejet de greffe pulmonaire.

     

  • DTx : qu’est-ce que la solution de réhabilitation post-AVC de RNT, qui vient de lever 3 M€ ?

    Une réponse à des solutions aux résultats limités

    Les troubles cognitifs liés aux accidents vasculaires cérébraux (AVC), au trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), ou encore à la dyslexie, représentent un défi majeur pour les systèmes de santé et les patients. Ces pathologies affectent des millions de personnes, compromettant leur mémoire, leur attention et d’autres fonctions cognitives cruciales. Actuellement, les solutions de réhabilitation nécessitent souvent plusieurs semaines ou mois de traitement, avec des résultats limités.

    Un bénéfice de 30 % supérieur aux autres traitements :

    L’entreprise italienne Restorative Neurotechnologies (RNT) s’attaque à ce problème avec Mindlenses Professional, une thérapie digitale innovante combinant lunettes prismatiques pour la neuromodulation et applications ludiques sur tablette. Grâce à un protocole certifié, cette solution permet une amélioration cognitive durable après seulement 10 jours de traitement, offrant des bénéfices 30 % supérieurs aux alternatives traditionnelles. Depuis 2023, elle a été adoptée par plus de 50 hôpitaux en Italie, traitant plus de 2000 patients et générant des résultats cliniquement significatifs pour la réhabilitation post-AVC et le soutien cognitif dans des pathologies neurodéveloppementales ou neurodégénératives.

    Des lunettes prismatiques pour améliorer les fonctions cognitives

    Mindlenses Professional combine une approche technologique et médicale novatrice. La solution repose sur des lunettes prismatiques qui stimulent la plasticité cérébrale de manière ciblée, en ajustant l’excitabilité des hémisphères cérébraux. Cette modulation, totalement non invasive, crée un environnement optimal pour renforcer les connexions neuronales. Cette stimulation est combinée à des jeux numériques conçus pour améliorer les fonctions cognitives clés, notamment la mémoire, l’attention et le langage. Ces applications, basées sur des preuves cliniques, sont personnalisées selon les besoins des patients.

    MindLenses Professional - @ Restorative NeuroTechnologies(
    L’usage direct de Mindlenses Professional par le patient – @ Restorative Neurotechnologies (RNT)

    Un plan de traitement de 10 jours, personnalisable :

    Le protocole de traitement est court et intensif, avec dix séances sur dix jours. Cela permet non seulement d’obtenir des résultats rapides, mais aussi de réduire significativement les coûts comparés aux thérapies traditionnelles, qui s’étalent sur plusieurs semaines voire plusieurs mois. Les médecins ont accès à une plateforme numérique leur permettant de suivre en temps réel les progrès de leurs patients et d’ajuster le plan thérapeutique si nécessaire. Cette approche intégrée garantit une expérience fluide pour les patients et un suivi rigoureux par les professionnels de santé. En parallèle, le remboursement par les systèmes de santé européens, rendu possible grâce à la certification CE de classe IIa pour la réhabilitation cognitive post-AVC obtenue par le dispositif, représente un levier stratégique pour l’expansion commerciale de RNT​.

    3 M€ pour étendre Mindlenses Professional dans toute l’Europe

    Le 6 novembre 2024, Restorative Neurotechnologies a annoncé avoir bouclé une levée de fonds de série A de 3 millions d’euros, un jalon essentiel pour accélérer son développement. Ce financement, co-dirigé par CDP Venture Capital et la Fondazione ENEA Tech e Biomedical, inclut également le soutien des investisseurs historiques. Des discussions en cours pourraient aboutir à l’ajout d’un million d’euros supplémentaire d’ici la fin de l’année.

    Le nombre de pathologies traitées pourrait s’élargir :

    Cette levée permettra d’étendre l’accès à Mindlenses Professional dans toute l’Europe, en consolidant le réseau de distribution et en multipliant les efforts pour sensibiliser les professionnels de santé. L’entreprise prévoit également d’élargir les indications cliniques de son dispositif, notamment pour des pathologies telles que la démence précoce et Alzheimer. Une demande d’approbation auprès de la FDA est en préparation, ouvrant la voie à une implantation sur le marché américain. Enfin, Restorative Neurotechnologies travaille sur une version grand public de Mindlenses, dans l’objectif de rendre la réhabilitation cognitive accessible à un plus grand nombre de personnes.

     

  • Health&Tech Summit 2024 : les votes pour le prix de la start-up du public sont ouverts !

    Des solutions françaises et internationales

    C’est à vous de choisir la solution qui remportera le prix du public de cette septième édition du Health&Tech Summit, qui se déroulera du 17 au 19 décembre 2024 à Parisanté Campus.

    Cette année, en plus des “Awards” décernés dans les 5 catégories (IA générative, Recherche, Prévention, Opérations, Santé populationnelle), un prix du public sera décerné à la solution qui aura reçu le plus grand nombre de votes en ligne. Les lauréats seront annoncés le 18 décembre prochain, deuxième jour du Summit, lors de la soirée “Health&Tech Innovation Awards & Cocktail” à l’@Hôtel-Dieu.

    📍 Les 22 solutions participantes sont celles de : Beo Healthcare, Arkhn, Biosency, Bowhead Health, Check it easy, Lifeaz, Curecall, DiamPark, Dyania Health, Esra, Five Lives, Jinko, Kor, eHealthBrains, Qinematic, Praxy.ai, Radiologs, Sukunn, Theremia, Vironix Health, WhiteLab Genomics et Enchanted Tools.

    👉 Les votes sont ouverts jusqu’au 15 décembre 2024 sur ce lien.

    Les 22 solutions candidates :

    Plus de détails sur ces solutions innovantes sont à retrouver en parcourant le carrousel ci-dessous.

    Vous souhaitez participer au Health&Tech Summit ?

    Le lien d’inscription ainsi que toutes les informations nécessaires concernant cet événement international phare de la santé numérique (programme, intervenants, brochure) sont accessible sur le site : Health & Tech Summit 2024 – Health & tech

     

  • Des cas d’usage de l’IA présents à différentes phases pratiques de la biologie médicale (cartographie)

    Des avancées dans chaque phase

    L’intelligence artificielle (IA) transforme progressivement la biologie médicale, en permettant de traiter des volumes de données immenses avec une précision accrue. De la gestion des prélèvements à la prescription thérapeutique, l’IA révolutionne le domaine. En particulier, la phase analytique bénéficie de nombreuses innovations, permettant d’optimiser l’interprétation des résultats et la prise en charge des patients. Cette phase enregistre le plus grand nombre de cas d’usage, avec des solutions basées sur des algorithmes de machine learning et des réseaux neuronaux qui offrent des performances supérieures à celles des méthodes traditionnelles.

    Des cas d’usage pour optimiser les prélèvements

    La phase pré-analytique de la biologie médicale bénéficie d’une adoption croissante de l’IA, en particulier pour la gestion des prélèvements et des prescriptions de tests. En France, 5 cas d’usage de l’intelligence artificielle existent pour cette phase, ce qui fait d’elle la deuxième phase la plus représentée en termes de cas d’usage. Parmi les cas d’usage pertinents, la gestion automatisée des flux de travail permet une automatisation des flux et tri des échantillons pour structurer les données analytiques. En France, la solution AlinIQ d’Abbott est utilisée dans les laboratoires d’Unilabs et de Synlab pour permettre de suivre chaque échantillon en temps réel et de réduire les risques d’erreurs humaines.

    Une solution de Kiro.bio, aide, quant à elle, à la pertinence des prescriptions de tests, en analysant les symptômes et l’historique médical des patients pour recommander les tests les plus appropriés. Cela évite des prescriptions inutiles et permet de mieux cibler les besoins du patient. Cette solution est utilisée par l’AP-HM, afin de mieux structurer la prescription de tests en fonction des critères cliniques du patient. Cela mène à des décisions plus informées et à une réduction de l’usage excessif de tests. D’autres cas d’usage existent en phase pré-analytique, notamment la gestion et le suivi des prélèvement ou encore un contrôle automatisé de la qualité des prélèvements qui sont réalisables grâce aux softwares des machines DxA 5000 (Beckman Coulter) et cobas Infinity (Roche).

    La phase analytique est celle qui possède le plus de cas d’usage de l’IA

    La phase analytique est celle qui connaît la plus grande expansion des cas d’usage de l’IA, avec 7 cas d’usage majeurs recensés dans ce domaine. L’IA intervient principalement dans l’automatisation des tests, l’analyse des pathologies et la personnalisation des traitements. Ces applications apportent des gains de temps, de précision et d’efficacité pour les laboratoires.

    Beckman Coulter et Siemens Healthineers proposent des softwares intégrés à leurs solutions pour l’automatisation des tests de laboratoire dans des domaines comme la biochimie, l’hématologie et l’immunologie. Ces systèmes analysent rapidement un grand nombre d’échantillons tout en minimisant les erreurs humaines, ce qui est essentiel pour la rapidité des diagnostics. Siemens Healthineers avec ses dispositifs d’analyse automatiques permet, par exemple, de traiter une multitude de tests en simultané, réduisant ainsi les délais de résultats.

    Un autre domaine d’application de l’IA est l’identification microbienne avancées. bioMérieux avec ses outils Vitek MS et PhenoMATRIX utilise des technologies de spectrométrie de masse pour identifier rapidement les bactéries et autres pathogènes dans les échantillons. Cette automatisation améliore la rapidité des diagnostics et permet une prise en charge plus rapide des infections, réduisant ainsi le risque de propagation.

    Des cas d’usage pour l’analyse génomique et transcriptomique :

    L’IA est également un atout majeur dans l’analyse génomique et transcriptomique. Des plateformes comme Sophia DDM, développée par Sophia Genetics, permettent d’analyser les données génétiques pour personnaliser les traitements en fonction des mutations observées. Cela permet d’adapter les thérapies aux spécificités génétiques du patient, un développement particulièrement significatif pour les traitements oncologiques. OncoKDM est également une solution d’IA qui permet d’analyser les données cliniques et génétiques des patients atteints de cancer, facilitant la personnalisation des traitements.

    Dans le cadre de la validation des examens sanguins, la solution BioGML de GeodAIsics utilise des normes personnalisées et des algorithmes d’IA pour automatiser et affiner le processus de validation des résultats des tests sanguins. Cela permet d’identifier rapidement les anomalies ou erreurs potentielles, réduisant ainsi le besoin de révisions manuelles et augmentant la précision des résultats analysés.

    3 cas d’usage pour la phase post-analytique

    Dans la phase post-analytique, l’IA permet d’interpréter les résultats des tests, de fournir des recommandations thérapeutiques et d’assurer un suivi personnalisé des patients.Via sa plateforme Sophia DDM, Sophia Genetics intervient en fournissant des recommandations thérapeutiques pour ajuster les traitements en fonction des résultats génétiques des patients. DeepIA travaille également sur l’interprétation post-analytique des résultats de biologie médicale, en analysant les données pour détecter des anomalies et aider à réajuster les traitements nécessaires.

    Les deux autres cas d’usage de l’IA lors de la phase post-analytique concernent la validation des résultats des analyses de biologie médicale, ainsi que le suivi patient et les recommandations personnalisées. Pour la validation des résultats des analyses, l’intelligence artificielle permet l’identification automatisée des résultats critiques nécessitant une revue humaine, grâce à des solutions comme le software du dispositif DxA 5000 de Beckman Coulter, notamment utilisé au CHU de Lille et par Cerbaliance pour ce cas d’usage.

    Cartographie des cas d’usage de l’IA en biologie médicale :

    Cartographie des cas d'usage de l'IA en biologie médicale
    Cartographie des cas d’usage de l’IA en biologie médicale – @Health&Tech Intelligence
  • Stratégie nationale : clarifier l’hébergement des données de santé et anticiper le déploiement de l’EHDS

    55 contributions émises dans le cadre de la consultation publique

    Dans le cadre de la consultation publique lancée en septembre 2024 sur la Stratégie nationale des données de santé, 55 contributions ont été recueillies de la part de 42 participants, soulignant l’engagement des différents acteurs dans ce domaine. Cette démarche avait pour but de recueillir des propositions visant à renforcer la réutilisation des données de santé tout en garantissant la confiance et la transparence envers les citoyens. Parmi les contributions marquantes, on retrouve des propositions telles qu’une meilleure représentation des patients dans la gouvernance des données, la mise en place d’une transparence systématique dans leur utilisation, ou encore l’élaboration d’un cadre éthique clair pour garantir la sécurité et la conformité des usages​

    Ces contributions s’inscrivent dans un contexte où les données de santé représentent un levier clé pour l’innovation et la recherche, nécessitant une gouvernance robuste et inclusive. L’objectif était également de rapprocher la France des standards internationaux tout en répondant aux exigences locales, comme un accès simplifié et pérenne aux données pour les chercheurs et professionnels de santé. Ce travail collaboratif a permis d’identifier des priorités stratégiques et a contribué à une réflexion collective sur l’avenir des données de santé en France. Ces points d’attention ont été restitués le 3 décembre 2024 par Aymeric Perchant, coordinateur interministériel de la stratégie d’accélération en santé numérique, et Claude Gissot, directeur de projet AMDAC à la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et de la statistique (Dress) et membre du comité stratégique des données de santé  lors de la Journée nationale de l’innovation en santé numérique.

    Des points d’attention clés pour une gestion responsable des données de santé

    Lors de cette conférence, plusieurs points d’attention ont été soulevés concernant les défis à relever pour améliorer la transparence, la sécurité et l’accessibilité des données. Ces préoccupations, formulées par les experts, visent à garantir une gestion plus éthique, efficace et collaborative des données de santé, tout en anticipant les évolutions à venir dans le cadre du règlement européen. Les acteurs du secteur ont insisté sur l’importance de renforcer la confiance des citoyens, de structurer les données pour répondre aux besoins des soins, de clarifier les modalités d’accès et de financement, et de maintenir un cadre national adapté aux transformations européennes. Les points suivants illustrent ces priorités de manière détaillée.

    Un plan de sensibilisation pour renforcer la confiance et la transparence des citoyens :

    L’un des points essentiels soulignés dans la stratégie nationale des données de santé est l’importance de renforcer la confiance des citoyens en matière d’utilisation de leurs données. Un des axes majeurs pour y parvenir est la mise en place d’un plan de sensibilisation qui informerait l’ensemble des citoyens sur les usages de leurs données et les mesures de protection qui les accompagnent. Ce plan de sensibilisation viserait à créer une meilleure transparence, indispensable pour établir une relation de confiance durable entre les citoyens et les acteurs de santé. La communication sur la sécurité et les usages responsables de ces données serait donc essentielle pour gagner cette confiance.

    Par ailleurs, l’évolution du Comité stratégique des données de santé a été identifiée comme une autre priorité. Ce comité deviendrait un espace central de consultation, réunissant toutes les parties prenantes afin de mieux orienter les décisions stratégiques et garantir une gouvernance transparente et inclusive. La question de l’hébergement des données de santé a également été soulevée, avec une priorité accordée à des infrastructures hautement sécurisées, afin de protéger les informations sensibles. Enfin, la clarification des futures obligations imposées par l’Espace européen des données de santé (EEDS) permettrait de préparer les acteurs à ce nouveau cadre et de faciliter l’adaptation des pratiques à l’échelle européenne.

    Développer des cartographies des données pour mieux répondre aux besoins des filières de soin : 

    Une autre priorité porte sur l’élaboration de cartographies des données de santé, qui permettraient d’identifier plus précisément les ressources disponibles pour mieux répondre aux besoins des parcours de soins. En développant une cartographie claire des données existantes, comme celles du Fonds des données de santé (FDS), il serait possible de faciliter l’accès aux informations cruciales pour les différents acteurs du secteur. Cela permettrait aux professionnels de santé et aux chercheurs d’identifier plus rapidement les données disponibles et d’optimiser leur exploitation au service des patients.

    En parallèle, un effort national et européen est nécessaire pour travailler sur les standards et normes des données, notamment en matière d’interopérabilité. Il est impératif que les données soient de qualité et puissent être partagées de manière fluide entre les différents acteurs de santé, tout en respectant les exigences légales. Dans ce cadre, la mise en place d’un plan de formation spécialisé devient essentielle. Ce programme, qui s’appuierait sur les acteurs publics et universitaires, permettrait de former les professionnels aux défis de l’ère numérique et aux nouvelles exigences en matière de gestion des données de santé.

    Clarifier le fonctionnement et élargir le répertoire des données disponibles :

    Le troisième point d’attention concerne la clarification et l’élargissement du répertoire des données de santé. Un répertoire centralisé et clair est nécessaire pour assurer une meilleure gestion des données et garantir une transparence totale pour tous les acteurs. En co-construisant ce répertoire avec les acteurs volontaires, la France pourra se préparer aux exigences du futur règlement européen, tout en simplifiant l’accès aux données. Cette clarification des modalités de fonctionnement et d’accès favorisera une exploitation plus fluide des ressources disponibles et permettra aux chercheurs et aux institutions de mieux se coordonner.

    Un autre enjeu majeur est la mise en place d’un financement pluriannuel pour soutenir la pérennité des bases de données de santé. Ce soutien financier, élaboré en concertation avec les parties prenantes, est essentiel pour accompagner les détenteurs de données dans leur mise à disposition et permettre la création d’une infrastructure robuste. Le financement à long terme aidera à pérenniser ces initiatives tout en garantissant l’accessibilité et la sécurité des données pour tous les acteurs impliqués.

    Maintenir et développer le cadre national pour anticiper les évolutions européennes :

    Enfin, le dernier point d’attention évoqué porte sur la nécessité de maintenir et de renforcer le cadre national des données de santé. Il a été souligné qu’un des enjeux majeurs était l’amélioration de l’accès au Système national des données de santé (SNDS) et la consolidation des méthodologies de référence existantes. Cette démarche vise à garantir que le cadre national reste en phase avec les standards européens et que les données de santé soient gérées de manière sécurisée et efficace. Le rôle stratégique du Health Data Hub dans l’hébergement du SNDS a été confirmé, avec un accent mis sur la sécurisation des données pour préserver la confidentialité et la confiance des citoyens.

    En parallèle, des négociations au niveau européen seront menées pour définir des principes harmonisés en matière d’utilisation des données de santé, afin de faciliter leur exploitation à l’échelle européenne. Ce travail préparatoire doit être accompagné par une approche pluridisciplinaire, impliquant des experts de divers secteurs, pour anticiper les évolutions à venir. Cette approche permettrait d’identifier de manière proactive les défis à venir et de développer des solutions adaptées pour les surmonter.

  • Campus Cyber : « La plupart des hôpitaux n’ont pas les outils pour un transfert des données conforme aux standards » (C. Sala)

    La cybersécurité comme enjeu stratégique

    “Les hôpitaux ne peuvent pas tout porter seuls”, a souligné Charles Sala, ingénieur aux Hospices civils de Lyon (HCL), lors de la table ronde “Cybersécurité et santé : allier sécurité et partage”, organisée le 26 novembre 2024 au Campus Cyber. Une réflexion partagée par les autres intervenants, Christophe Mattler (DNS), Franck Le Ouay (Lifen), et Silvère Ruellan (Anssi), qui ont insisté sur l’importance de concilier partage des données de santé et cybersécurité pour répondre aux besoins croissants du système de soins. Dans un contexte où la menace cyber s’intensifie, cette session a mis en lumière les multiples opportunités offertes par l’usage secondaire des données, à condition de garantir leur protection et leur valorisation.

    Les intervenants ont souligné que le partage et la sécurisation des données de santé restent des défis pour les systèmes numériques. La nécessité d’une infrastructure souveraine en Europe a été au centre des discussions, particulièrement pour réduire la dépendance envers les grands acteurs américains du cloud, comme Azure. Christophe Mattler a évoqué les efforts du gouvernement français, notamment à travers des démonstrateurs comme celui de la DINUM, visant à valider des solutions conformes aux exigences légales et sécuritaires. Bien que des avancées soient attendues dès 2026, il a rappelé que la migration vers des infrastructures souveraines nécessitera des investissements conséquents et du temps.

    Du côté technique, Charles Sala a insisté sur l’importance d’anticiper les interruptions de services en développant des systèmes capables de fonctionner même en l’absence d’Internet, une situation qui pourrait être provoquée par des incidents imprévus ou des contraintes externes. Il a mis en avant le besoin d’une résilience accrue dans les infrastructures de santé.

    Les hôpitaux face à des exigences réglementaires croissantes 

    Un manque de moyens humains et financiers :

    Si tous les intervenants insistaient sur l’importance de la sécurisation des systèmes d’informations hospitaliers (SIH), Charles Sala a dressé un constat : les hôpitaux peinent à répondre aux exigences des directives européennes NIS 1 et NIS 2, en raison d’un manque de moyens, tant humains que financiers. Ces directives visent à renforcer la résilience des opérateurs de services essentiels (OSE) et imposent aux établissements de santé de se conformer à des standards élevés de cybersécurité. Cependant, comme l’a souligné l’ingénieur, les hôpitaux font face à des priorités concurrentes, et les équipes sur le terrain manquent cruellement de ressources pour mettre en œuvre des plans de cybersécurité robustes. Ce décalage entre les attentes réglementaires et les capacités opérationnelles des hôpitaux pourrait entraîner une fracture entre les établissements mieux dotés et ceux en situation de fragilité.

    Une complexité accrue avec NIS 2 :

    La transition vers la directive NIS 2, qui élargit les obligations de cybersécurité et impose des sanctions renforcées, représente un défi supplémentaire. Charles Sala a insisté sur la nécessité d’une approche pragmatique et sur le besoin d’accompagnement des hôpitaux par les autorités. Selon lui, il est essentiel de prioriser les actions selon les risques et les capacités spécifiques de chaque établissement.

    Le casse-tête du transfert de données standardisé

    Lors de son intervention, Charles Sala a aussi mis en lumière la difficulté des hôpitaux à gérer le transfert standardisé des données de santé entre les différents acteurs du système. Bien que la standardisation soit cruciale pour améliorer l’interopérabilité et la fluidité des échanges, elle demeure un obstacle pour de nombreux établissements. “La plupart des hôpitaux ne disposent ni des outils ni des compétences techniques pour assurer un transfert de données conforme aux standards”, a expliqué Sala.

    Cette problématique est d’autant plus critique dans un contexte où les données doivent circuler rapidement et en toute sécurité, que ce soit pour la recherche, la coordination des soins ou le pilotage des politiques publiques. Le manque d’harmonisation entre les outils et la diversité des formats utilisés par les établissements rend cette tâche complexe.

    La pression des cybermenaces :

    Le besoin de standardiser le transfert de données est exacerbée par l’augmentation des cybermenaces. Une infrastructure mal sécurisée ou des processus non standardisés augmentent les risques d’exposition des données sensibles. Pour répondre à ces enjeux, Charles Sala a plaidé pour une approche systématique impliquant tous les acteurs : éditeurs de logiciels, autorités de santé et établissements eux-mêmes.

    Plusieurs solutions abordées : le programme Care comme première étape

    Face à ces défis, les intervenants ont souligné l’importance de la mutualisation des ressources et de la priorisation des actions en fonction des risques spécifiques de chaque hôpital. Franck Le Ouay a évoqué le rôle clé des plateformes de coordination pour alléger la charge pesant sur les hôpitaux. Ces outils, en centralisant certaines fonctions, permettraient aux établissements de mieux se concentrer sur leurs missions principales. Silvère Ruellan et Christophe Mattler ont également rappelé que des investissements massifs au niveau national et européen sont nécessaires pour combler le retard des hôpitaux en matière de cybersécurité. La mise en place de structures comme le programme Care est une première étape (lire article H&TI dédié ici), mais les moyens alloués doivent être significativement renforcés.

     

  • Gen AI : France 2030 choisit le projet Partages porté par le HDH pour alléger les tâches des professionnels de santé

    Démocratiser l’IA générative pour améliorer la qualité des soins

    L’essor de l’intelligence artificielle générative (Gen AI) représente une opportunité cruciale pour le secteur de la santé, où la charge administrative et les défis d’organisation impactent directement la qualité des soins. Dans le cadre du projet France 2030, l’État français a choisi le projet Partages coordonné par le HDH comme lauréat de l’AAP “Communs numériques pour l’IA générative” pour mettre la Gen AI au service des professionnels de santé et “leur faire gagner un temps médical précieux”. Ce projet se concentre sur le développement d’applications concrètes pour répondre aux besoins des professionnels, comme la transcription automatique des consultations, l’aide à la décision clinique ou la simplification des démarches médico-administratives. Inspiré de modèles de langue tels que GPT, ce projet ambitionne de libérer du temps médical et de favoriser une interaction plus humaine entre soignants et patients.

    Aux États-Unis, l’IA générative est déjà utilisée dans plusieurs applications médicales, notamment la transcription des consultations et l’analyse des données cliniques pour des prises de décision rapides. De grands acteurs comme Epic Systems et des start-ups innovantes intègrent ces technologies dans les hôpitaux, ce qui a permis de démontrer leur potentiel pour réduire la charge administrative et améliorer les soins. Avec Partages, la France ambitionne de rattraper ce retard technologique, tout en s’appuyant sur une approche souveraine et éthique.

    Une mobilisation nationale

    Le projet rassemble 32 partenaires issus des domaines public, privé et académique. Des hôpitaux, comme l’AP-HP, les CHU de Bordeaux, Toulouse et Lille, collaborent avec des acteurs de la recherche, comme le CNRS, avec des laboratoires de recherche, comme le laboratoire interdisciplinaire des sciences du numérique, ainsi qu’avec des deeptech de la Gen IA, notamment Mistral AI.

    L’objectif du consortium est de développer des solutions pratiques et innovantes à travers six cas d’usage majeurs :

    • un outil de pseudonymisation automatique des données textuelles de santé, afin que l’ensemble de l’écosystème puisse bénéficier d’un outil standardisé pour cette étape préalable à toute utilisation secondaire des données de santé ;
    • deux outils visant à assister les praticiens de santé sur des tâches médico-administratives (codage DIM et résumé structuré de comptes-rendus) afin de libérer du temps médical ;
    • un cas d’usage permettant la génération de contenus pédagogiques pour tous les étudiants en médecine en France ;
    • deux outils facilitant l’analyse et la structuration automatique des informations médicales  afin de soutenir la recherche clinique, en particulier en oncologie.

    Cette collaboration multidisciplinaire garantit que les outils développés seront directement utilisables et adaptés aux besoins variés des professionnels de santé.

    Une IA accessible à tous

    L’un des piliers du projet Partages est l’open source : les modèles, outils et ressources développés seront mis à disposition pour encourager une large adoption et stimuler l’innovation dans tout l’écosystème de la santé. Cette approche permet de démocratiser l’accès à ces nouvelles technologies, tout en garantissant une souveraineté française sur les outils développés.

    Le HDH à la tête de nombreux projets pour l’IA :

    Partages s’inscrit dans une dynamique plus large portée par le HDH pour promouvoir l’utilisation de l’IA en santé. Un autre projet clé, Shaiped, complète cette initiative en se concentrant sur la pseudonymisation et le partage sécurisé des données de santé, deux enjeux cruciaux pour faciliter l’innovation tout en respectant la vie privée des patients. Ces projets, portés par la stratégie France 2030, confirment l’ambition de la France de devenir un leader européen de l’IA en santé.

    Les 32 partenaires du projet Partages :

    Sans compter le HDH qui est chef de file du projet, voici les 32 partenaires du projet Partages :

    Laboratoires de recherche associés :

    • Laboratoire interdisciplinaire des sciences du numérique (LISN) – Université Paris-Saclay, CNRS
    • Laboratoire d’informatique, de traitement de l’information et des systèmes (GreyC) – Université de Caen Normandie, CNRS, École Nationale Supérieure d’Ingénieurs de Caen
    • Laboratoire d’informatique de Grenoble (LIG) – Université Grenoble-Alpes, CNRS, Grenoble INP, INRIA Grenoble Rhône-Alpes
    • Laboratoire d’informatique médicale et d’ingénierie des connaissances en e-santé (LIMICS) – Inserm, Sorbonne Université
    • Laboratoire informatique d’Avignon (LIA) – Avignon Université
    • Laboratoire des sciences du numérique de Nantes (LS2N) – Nantes Université, Centrale Nantes, CNRS, IMT Atlantique
    • Laboratoire d’informatique et des systèmes (LIS-lab) – Aix-Marseille Université, CNRS, Université de Toulon
    • Université numérique en santé et en sport (UNESS)
    • Bordeaux population health – Université de Bordeaux

    Organismes de recherche associés :

    • Centre national de la recherche scientifique (CNRS)
    • Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA) – Équipe-projet Soda

    Établissements de santé associés :

    • Assistance publique – hôpitaux de Paris (AP-HP)
    • Centre Léon Bérard
    • Centre hospitalier universitaire (CHU) de Rouen
    • Groupement de coopération sanitaire (GCS) HOURAA – CHU Clermont-Ferrand, CHU Grenoble, Hospices Civils de Lyon, CHU Saint-Étienne
    • Institut Gustave Roussy
    • Institut Curie
    • Hôpitaux Saint-Joseph et Marie-Lannelongue
    • Hôpital Foch
    • ELSAN
    • Centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse
    • Centre hospitalier universitaire (CHU) de Bordeaux
    • Centre hospitalier universitaire (CHU) Amiens-Picardie
    • Centre hospitalier universitaire (CHU) de Brest
    • Centre hospitalier universitaire (CHU) de Lille
    • Centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Nancy
    • Centre hospitalier universitaire (CHU) de La Réunion

    Deep tech associées :

    • reciTAL
    • Mistral AI

     

  • Près de la moitié des cas d’usage de l’IA en oncologie concernent la décision thérapeutique

    La grande majorité des usages sont dans l’aide au diagnostic et la personnalisation des traitements

    Une IA qui permet la détection précoce des cancers :

    Dans le domaine de l’oncologie, les cas d’usage les plus développés sont ceux qui concernent l’aide au diagnostic et la personnalisation des traitements. Ces domaines ont connu une adoption rapide de l’intelligence artificielle (IA), grâce à la précision accrue qu’elles apportent dans la détection précoce des cancers et la personnalisation des protocoles thérapeutiques.

    En effet, une proportion importante des applications de l’IA en oncologie concerne le diagnostic : 8 cas d’usage sur les 20 existants concernent cet axe. L’IA permet de détecter des anomalies dans les images médicales, comme les nodules pulmonaires ou les tumeurs mammaires, avec une grande précision. Ces avancées permettent de détecter des cancers à un stade plus précoce, comme l’identification précoce de métastases cérébrales, ce qui augmente considérablement les chances de succès des traitements pour les patients.

    Une IA qui peut prédire les effets secondaires :

    La personnalisation des traitements en fonction des caractéristiques spécifiques de chaque patient est un autre axe majeur et le plus représenté : 9 cas d’usage permettent l’aide à la décision thérapeutique. L’IA permet d’identifier les traitements les plus efficaces pour chaque type de tumeur, en fonction de facteurs biologiques et génétiques. Grâce à des solutions qui analysent les données cliniques et moléculaires des patients, les oncologues peuvent proposer des thérapies ciblées et plus adaptées, optimisant ainsi l’efficacité des traitements.

    4 cas d’usage montrent que l’IA peut être utilisée au-delà de la simple aide à la décision thérapeutique, mais qu’elle peut aussi prédire la réponse thérapeutique et les effets secondaires en fonction du profil du patient pour lui donner le meilleur des traitements.

    La sécurisation des traitements pour une meilleure prise en charge :

    Toujours dans un but d’une meilleure prise en charge du patient, l’IA contribue aussi à sécuriser la préparation des chimiothérapies. L’utilisation de technologies d’assistance à la préparation des médicaments et de contrôle des processus de fabrication par vidéo permet de réduire les erreurs humaines, de réduire les effets secondaires et d’assurer que les traitements sont administrés correctement. Ces solutions augmentent la sécurité des patients et améliorent l’efficacité des traitements oncologiques.

    Des cas d’usage à relever dans la surveillance des patients

    Un autre domaine où l’IA fait des progrès notables est la surveillance et le suivi des patients. Les patients atteints de cancers chroniques nécessitent une surveillance continue pour prévenir des complications ou la récidive du cancer. L’IA permet de suivre les patients à distance et d’alerter les médecins en cas de détérioration de l’état de santé, ce qui permet des interventions plus rapides et adaptées.

    2 cas d’usage sont à notifier dans cet axe de la surveillance et du suivi. Le cas d’usage le plus utilisé est celui de l’analyse des signes cliniques en temps réel. Cette approche permet de surveiller de manière continue l’état de santé du patient, de détecter toute dégradation et de prévenir les complications. Grâce à l’IA, les médecins reçoivent des alertes précoces, leur permettant d’intervenir rapidement pour ajuster les traitements. L’aide à la réévaluation du traitement est un autre cas d’usage pour le suivi du patient, où l’IA analyse les données du patient pour ajuster les traitements en fonction de l’évolution de l’état clinique. En surveillant l’efficacité des traitements et en détectant des changements dans les signes cliniques, l’IA aide les médecins à ajuster les protocoles thérapeutiques pour optimiser les résultats. Cela permet une approche personnalisée du traitement, où les décisions peuvent être prises de manière plus rapide et plus informée, réduisant ainsi les risques de traitements inadaptés. L’ajustement dynamique des traitements garantit également que les patients reçoivent la meilleure prise en charge possible au moment opportun.

    Cartographie des cas d’usage de l’IA en oncologie :

    Cartographie des cas d'usage de l'IA en oncologie - @ H&TI

    Cartographie des cas d’usage de l’IA en oncologie – @ H&TI

  • Maladies chroniques : en quoi consiste Charles.co, la clinique numérique dédiée à la santé masculine ?

    Répondre aux problématiques spécifiques de la santé masculine

    Sur les 3 à 4 millions d’hommes en France concernés par des troubles érectiles, seuls 800 000 bénéficient d’un suivi médical structuré. Et il en va de même pour beaucoup de pathologies chroniques du domaine de la santé masculine, notamment les problèmes de sommeil, la chute des cheveux, l’obésité ou l’éjaculation précoce. Ces pathologies, parfois perçues comme taboues, conduisent beaucoup d’hommes à éviter les consultations médicales, souvent par gêne ou manque de solutions accessibles. Cette situation ce couple à la faible disponibilité de spécialistes tels que les sexologues, dont la France ne compte que 300 praticiens.

    Face à ces défis, Charles.co a été fondée en 2019. Cette jeune entreprise parisienne souhaite proposer une alternative simple et accessible à travers sa clinique médicale virtuelle. Accessible sous la forme d’une plateforme internet, Charles.co permet aux hommes peuvent de consulter des médecins spécialisés par visioconférence, appel téléphonique ou messagerie sécurisée. Cette solution permet une prise en charge personnalisée, avec un suivi continu allant de l’identification du problème jusqu’à la résolution, le tout encadré par des experts dans chaque domaine concerné.

    Plus de 100 000 patients en 5 ans

    Depuis sa création en 2019, Charles.co est devenue un acteur clé de la santé masculine,  grâce à une approche mêlant innovation technologique et proximité. Plus de 100 000 hommes ont déjà utilisé cette clinique digitale pour prendre en main leur santé, bénéficiant d’un accès simplifié à des services de soins complets et sécurisés. En 2023, 95 % des patients ont déclaré être satisfaits de leur expérience, notamment pour la clarté des diagnostics et la qualité de l’accompagnement médical. Plus de 9 patients sur 10 affirmaient aussi que les traitements proposés ont répondu à leurs attentes, et 87 % d’entre eux se disaient prêts à recommander la plateforme à leur entourage.

    Une entreprise ouverte sur les réseaux sociaux :

    Charles.co ne se limite pas aux consultations : la plateforme sensibilise également un large public à travers des contenus éducatifs diffusés sur plusieurs canaux. Avec 500 000 abonnés sur Tiktok, une chaîne Youtube suivie par plus d’un million de spectateurs mensuels, et un blog lu par 500 000 visiteurs chaque mois, elle s’adresse à toutes les générations et contribue à briser les tabous autour de la santé masculine. Ce succès repose également sur un modèle économique accessible, avec des consultations à partir de 35 euros, bien en dessous des prix moyens observés en cabinet.

    Un acteur qui plaide pour la généralisation du remboursement de la téléconsultation

    Pour améliorer la prise en charge des patients, Charles.co collabore avec des pharmacies partenaires afin de faciliter la livraison de traitements. Les patients peuvent commander leurs médicaments via un espace sécurisé sur la plateforme après une téléconsultation, avec des options de livraison rapide.

    L’entreprise plaide aussi activement pour que les téléconsultations soient incluses, de manière généralisée, dans le cadre de remboursement de la Sécurité sociale. Aujourd’hui, la réglementation impose une relation préalable entre le médecin et le patient, ce qui exclut de nombreuses consultations réalisées à distance. Charles.co travaille à démontrer que ses services digitaux répondent à des besoins réels et critiques, en particulier pour des pathologies sensibles et souvent taboues. Cette démarche vise à démocratiser davantage l’accès aux soins, notamment pour les patients qui hésitent encore à franchir le cap d’une consultation physique​.