Rapport

  • Rapport charges et produits : la Cnam souhaite mieux identifier les chirurgies assistées par robot

    La Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam) souhaite mieux identifier le recours à l’assistance robotique en chirurgie dans les systèmes d’information (SI) de facturation des établissements de santé afin d’améliorer l’encadrement de cette pratique. C’est l’une des informations qui ressort de son rapport « Charges et produits pour 2020 », approuvé le 2 juillet 2019 par le conseil de la Cnam.

    La chirurgie robot-assistée se développe dans les établissements de soins depuis le milieu des années 1980 mais n’est encadrée par aucune mesure de régulation et d’autorisation. Il n’y a actuellement pas de recensement précis du nombre de machines utilisées puisque le choix de se doter d’un robot n’est opéré que par l’établissement. « De même, le recours à une assistance robotique lors d’une intervention chirurgicale n’est pas tracé dans les circuits de facturation, que ce soit lorsque l’acte est codé ou lorsque le séjour est facturé, empêchant tout décompte précis de cette activité », indique l’assurance maladie dans un chapitre dédié à cette technique.

    Elle estime néanmoins qu’il y aurait entre 25 000 et 35 000 chirurgies assistées par robot réalisées chaque année en France, « un effectif probablement croissant du fait de l’augmentation du nombre de robots disponibles », précise-t-elle.

    De manière plus générale, la Cnam annonce par ailleurs dans son rapport prévoir la réalisation de 2,07 milliards d’euros d’économies sur les dépenses d’assurance maladie en 2020 dans le cadre de la préparation du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS).

    Constat : pas d’études sur l’efficacité et la sécurité, un surcoût difficile à évaluer

    Aucune étude démontrant la supériorité de l’assistance par robot sur la chirurgie traditionnelle, ni d’études de sécurité

    Selon la Cnam, les bénéfices de l’assistance robotique sont « indéniables » pour le chirurgien. Elle note cependant qu’il n’existe pas d’études scientifiques démontrant que cette technique est meilleure pour le patient que la chirurgie laparoscopique traditionnelle.

    Elle remarque également qu’il n’y a aucune étude de sécurité comparant en population les 2 techniques.

    Un surcoût qui varie selon le volume d’activité réalisé par l’établissement de santé

    Le surcoût lié au recours à la robot-assistance par rapport à une chirurgie classique est difficile à estimer en France et « varie sans doute beaucoup en fonction du volume d’activité réalisé par l’établissement », observe l’Assurance maladie :

    • selon la Caisse, le prix d’achat d’un système Da Vinci (Intuitive Surgical) est d’environ 2 millions d’euros et le coût de maintenance d’environ 150 000 euros par an.
    • Le coût des consommables est d’environ 1 900 euros par intervention, soit 76 millions d’euros pour 40 000 chirurgies par an, ajoute la Cnam.

    « Aucune reconnaissance dans les tarifs, hospitaliers ou libéraux »

    L’Assurance maladie indique que la robot-assistance ne fait actuellement l’objet « d’aucune reconnaissance dans les tarifs, hospitaliers ou libéraux », estimant donc que le surcoût éventuellement induit par cette technique doit être pris en charge par l’établissement « à coût constant ».

    Cependant, « le développement de cette chirurgie et l’acquisition d’un nombre croissant de robots laisse supposer que les établissements ont trouvé un modèle économique justifiant ces acquisitions », complète-t-elle.

    L’acquisition d’un robot chirurgical peut être une décision « purement concurrentielle »

    L’acquisition d’un robot chirurgical entraîne souvent une augmentation du volume d’activité pour les établissements et peut être initiée par une décision « purement concurrentielle » dans une « logique de maintien ou non d’une activité », note par ailleurs la Caisse.

    « Une fois l’acquisition faite, l’établissement aura intérêt à maximiser son volume d’activité, posant potentiellement la question de la pertinence des indications retenues », commente-t-elle.

    L’Assurance maladie indique que dans les CHU, cette acquisition est « indispensable » dans le cadre des missions de recherche et d’enseignement. « La présence d’un robot dans un service est devenue un élément majeur dans le choix des stages pour les internes en chirurgie », remarque-t-elle.

    Proposition : produire des études et des évaluations du bénéfice de la chirurgie robot-assistée

    Face à ces différents constats, la Cnam juge « indispensable » la production d’études et d’évaluations du bénéfice de la chirurgie robot-assistée pour les patients et la collectivité.

    Adapter le PMSI pour retracer les opération, mener des études médicales et médico-économiques pour évaluer l’intérêt de la pratique

    La Caisse suggère ainsi d’adapter le système d’information du programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI) pour retracer les opérations et de réaliser à moyen terme des études médicales et médico-économiques afin d’évaluer l’intérêt de l’utilisation d’un robot en chirurgie et d’émettre des recommandations médicales à destination des chirurgiens et des établissements.

    Dans ce cadre, l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (Atih) va créer un code d’extension documentaire pour le recours à la robot-assistance pendant une chirurgie, qui sera actif « dès le mois de juillet », annonce l’Assurance maladie.

    Une réflexion prospective envisagée

    Avec les données recueillies, la Cnam propose d’effectuer ou de diligenter des études de sécurité et d’efficiences sur l’usage de la technique. « Sur cette base, une réflexion prospective sur la place de la robot-assistance dans l’organisation et la gradation des soins chirurgicaux pourra également être menée »,  ajoute-t-elle.

    Elle présente 2 options :

    • la création d’un groupe homogène de séjours (GHS) spécifique pour permettre la prise en charge du surcoût de la robot-assistance pour les établissements ;
    • l’intégration des actes pour lesquels la robot-assistance serait pertinente à la classification commune des actes médicaux (CCAM).
  • Rapport Aquino-Bourquin : un techno-scepticisme encore très présent dans le secteur de la silver éco

    Un certain « techno-scepticisme » est encore très présent chez les acteurs de la prise en charge des personnes âgées dépendantes. C’est ce qui ressort du rapport réalisé par Jean-Pierre Aquino, médecin gériatre et secrétaire général de la SFGG, et Marc Bourquin, conseiller technique à la FHF, présenté le 20 juin 2019 au Conseil national de la silver économie et disponible en ligne depuis fin juillet. Ce dernier avait été commandé en mars par le conseil.

    Selon le rapport, l’absence de reconnaissance et de valorisation des innovations technologiques dans les politiques publiques handicape le passage à l’échelle des solutions technologiques et numériques.

    Parmi les recommandations, 2 mesures attirent en particulier l’attention :
    • la création d’un « pack technologie » pleinement intégré dans les dotations soins des établissements et services pour personnes âgées ;
    • la nécessité de compter désormais dans les effectifs de ces structures un « référent technologie ».

    Le document fait suite au rapport de Dominique Libault sur la concertation « Grand âge et autonomie », remis en mars à la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn. Il a été adressé à la ministre ainsi qu’aux parlementaires en prévision d’un projet de loi.

    La filière Silver Économie relancée

    La ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn a relancé la filière Silver économie le 22 octobre 2018 en en confiant la présidence à Luc Broussy. Sa feuille de route « 2019-2020 » est axée autour de 3 thématiques :

    • l’adaptation des villes, de l’urbanisme, des territoires et des mobilités au grand âge ;
    • le logement adapté ;
    • l’essor des outils technologies et numériques dans les établissements et services pour personnes âgées.

    Cette dernière mesure a été la première à être développée en confiant à Jean-Pierre Aquino ce rapport.

    Une triple volonté

    Selon Luc Broussy, la première volonté affichée de ce rapport est de « tordre le cou à tout techno-scepticisme » (avant-propos). La révolution numérique ne fait que commencer et il est essentiel de comprendre comment cela peut conduire à l’amélioration du progrès humain et social, estime-t-il. Les nouvelles technologies seront adoptées et utilisées si elles présentent une utilité pour améliorer le bien-être des personnes âgées, ajoute-t-il.

    La deuxième ambition est de clarifier l’état des lieux pour que tous les acteurs, dans leur grande diversité, avancent ensemble. Cela passe par :

    • une meilleure compréhension des besoins des personnes âgées par les industriels et les chercheurs ;
    • une meilleure vision des offres qui émergent par les professionnels, notamment soignants, pour en optimiser l’usage ;
    • un encouragement du développement des technologies innovantes et utiles par les pouvoirs publics, locaux ou nationaux.

    Enfin, les auteurs du rapport expliquent avoir constituer ce document pour qu’il contribue au débat sur la loi « Grand âge et autonomie », en complément du rapport de Dominique Libault. « À nous dès lors, acteurs de la filière silver économie de formuler des propositions ambitieuses », commentent-ils, avec notamment la création d’un « pack technologie » dans les dotations soins des établissements et services pour personnes âgées ou l’identification d’un « référent technologie ».

    Ces propositions ont été formulées au Gouvernement puis aux parlementaires en prévision d’une nouvelle loi.

  • Rapport P. Tibi : de plus nombreux fonds late stage et global tech suggérés, pour un total de 20 Mds€

    « Une seule recommandation stratégique : transformer l’investissement dans le secteur technologique grâce à de plus nombreux fonds late stage et « global tech », pour un total de 20 milliards d’euros. » C’est la proposition centrale du rapport intitulé « Financer la quatrième révolution industrielle – Lever le verrou du financement des entreprises technologiques », établi par Philippe Tibi, président de Pergamon Campus (école d’économie pour dirigeants et futurs dirigeants), professeur d’économie à l’École polytechnique mais aussi ancien président de l’Association française des marchés financiers (Amafi) et d’UBS Investment Bank en France. Ce dernier a remis le document le 19 juillet 2019 à Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, et à Cédric O, secrétaire d’État chargé du Numérique, à l’issue de sa mission sur le financement des entreprises technologiques françaises.

    Dans son rapport, Philippe Tibi indique constater une « forte dynamique » des start-ups en France mais aussi leurs difficultés à trouver des financements au niveau du late stage (levée de fonds supérieure à 50 millions d’euros) et de la cotation en raison du « manque d’investisseurs spécialisés sur ces segments » au sein du pays.

    Il propose « de mobiliser les investisseurs institutionnels français pour les inviter à consacrer une part plus importante de leurs allocations, en finançant des fonds français de capital-innovation ayant vocation à gérer plus d’un milliard d’euros en faveur d’entreprises non cotées en phase avancée de croissance (late stage) et, pour la partie cotée, en développant des fonds « global tech » qui permettront la structuration dans notre pays d’une expertise de pointe sur le financement des entreprises technologiques », synthétise le ministère de l’Économie et des Finances dans un communiqué.

    « Mieux financer et accompagner les start-ups, c’est favoriser l’emploi, encourager l’innovation et défendre notre modèle de société »

    « L’Union européenne, c’est près d’un quart du PIB mondial mais seulement 10 % de la technologie mondiale émergente. Faire naître des leaders technologiques de niveau mondial est essentiel pour la souveraineté de la France et de l’Europe, commente Bruno Le Maire (communiqué). L’enjeu est plus que jamais de mobiliser notre épargne pour mieux financer les entreprises et les technologies de demain. »

    « Mieux financer et accompagner les start-ups, c’est favoriser l’emploi, encourager l’innovation et défendre notre modèle de société, ajoute de son côté Cédric O. Aux États-Unis, entre un tiers et la moitié des emplois le sont directement et indirectement par le secteur technologique. L’enjeu est majeur, les levées d’aujourd’hui sont les emplois de demain et concernent l’ensemble de l’appareil productif. »

    Constats principaux du rapport

    Investir massivement dans les technologies de rupture, un impérieux sujet de souveraineté et la condition de notre prospérité future

    • Dans la quatrième révolution industrielle, L’Europe est loin derrière les États-Unis et la Chine :
      • les levées de fonds des start-ups européennes n’ont représenté que 10 % du financement mondial en 2018, contre 53 % pour les États-Unis et 27 % pour la Chine (contre 10 % en 2013) ;
      • parmi les 372 licornes recensé&s dans le monde à mi-juillet 2019, 182 sont américaines, 94 sont chinoises et 45 sont européennes ;
      • en ce qui concerne les firmes bien établies sur leur marché, la liste des 100 plus grandes entreprises numériques cotées établie par Forbes en 2018 comporte 49 sociétés américaines, 14 chinoises et 12 européennes, dont une seule française (Dassault Systèmes).
    • La puissance industrielle, une condition du leadership politique :
      • l’âge moyen des entreprises du CAC 40 dépasse  les 100 ans. « Cela rend compte de la qualité, de l’investissement technologique et de la résilience de nos grandes entreprises, note Philippe Tibi. Mais cela révèle aussi qu’une seule « jeune » entreprise technologique, Dassault Systèmes, a rejoint l’élite du capitalisme français. À l’inverse, le secteur technologique représente environ 30 % de la capitalisation boursière de l’indice américain S&P 500 grâce à Google, Apple, Facebook, Amazon ou encore Microsoft. Des entreprises nées il y a moins de quarante ans. »
    • L’innovation, une condition de la prospérité du peuple français :
      • « Pour un État, développer et financer sur son territoire les entreprises les plus efficaces à cet égard apporte un triple bénéfice, parfaitement illustrés par le débat tenu autour de la « taxe GAFA » », est-il indiqué dans le rapport :
        • augmenter les assiettes fiscales et sociales ;
        • conserver sur son sol la rente technologique, payée par les consommateurs au profit des actionnaires de ces firmes ;
        • développer un haut niveau d’emploi. Aux États-Unis, les jeunes entreprises en forte croissance créent près de 50 % des nouveaux emplois.
    • La France concentre divers atouts :
      • une recherche amont de haut niveau: la France se place au 7èmerang mondial par le nombre de ses publications scientifiques (3,2 % du total sur la période 2014-2016) ;
      • un investissement total en R&D d’environ 60 milliards de dollars (53,5 Mds €), au sixième rang mondial (3,5 % du total en 2016) ;
      • des nombreux ingénieurs et scientifiques de qualité: près de 50000 ingénieurs et docteurs sont diplômés chaque année16d’écoles et universités reconnues mondialement ;
      • un fort esprit entrepreneurial : 60 % des 18-29 ans souhaitent créer leur entreprise18et près de 1 400 start-ups ont levé une série A ces cinq dernières années ;
      • une très grande tradition industrielle et de nombreuses grandes entreprises d’élite ayant réussi à devenir des leaders mondiaux ou européens de leur secteur ;
      • une épargne financière abondante : plus de 5 000 milliards d’euros pour les ménages ;
      • « l’appartenance à l’Union européenne (UE), qui procure à nos firmes l’accès au marché unique dans la première région économique du monde, à la libre circulation des talents, au libre établissement au sein de l’UE, à la participation aux grands projets technologiques et scientifiques, à l’accès à un financement peu coûteux grâce à une monnaie stable et respectée, note Philippe Tibi. La France peut nourrir l’ambition d’être le premier hub technologique en Europe. »

    « Pourtant, les résultats de la France des jeunes entreprises technologiques ne reflètent pas cette position favorable, commente le spécialiste. Notre opinion est que la difficulté du financement est un facteur limitant essentiel. Elle résulte selon nous d’une double défaillance de marché. »

    Une double défaillance de marché, faute de capital et des compétences qui permettent de le déployer efficacement

    • Une insuffisante offre de titres :
      • vivier prometteur d’entreprises technologiques mais leur croissance est ralentie par le manque de financement en late stage (levée supérieure à 30-40 M€) ;
      • les plus grands fonds français de capital-innovation gèrent pour leur fonds en cours entre 200 M€ et 300 M€. Du fait des règles de diversification des investissements, les fonds français sont ainsi rarement capables de financer des tickets supérieurs à 30 M€. Or, la dernière levée permettant d’atteindre le statut de licorne dépasse généralement les 100 M€ ;
      • conséquence : au stade critique de leur développement international, les firmes ont à choisir entre 3 options : la croissance, grâce à des fonds de capital-innovation étrangers, la vente avant l’atteinte de la maturité et l’introduction en bourse.
        • L’introduction en bourse est peu fréquente en France. Et lorsqu’elle a lieu, elle ne lève pas en général des montants susceptibles de transformer la société émettrice.
    • La très faible demande qualifiée de titres de sociétés technologiques cotées :
      • en ce qui concerne la demande de titres, la France est le premier marché d’Europe continentale pour la gestion d’actifs avec un encours de près de 4 000 Mds € ;
      • l’analyse du top 30, par actifs gérés, des fonds ouverts « global tech » démontre en revanche le rôle mineur des fonds européens et l’absence de fonds françai ;
      • par ailleurs, la France ne dispose pas non plus de fonds « crossover » ou « pré-IPO », généralement gérés par des gestionnaires d’actifs, qui entrent au capital des start-ups lors de la levée de fonds précédant l’introduction en bourse.
        « Cette situation est la conséquence de la sous-exposition au secteur technologique des investisseurs institutionnels français, allocataires significatifs de mandats au profit des gestionnaires d’actifs français », commente Philippe Tibi.

    Propositions clés du rapport

    Une seule recommandation stratégique : transformer l’investissement dans le secteur technologique grâce à de plus nombreux fonds late stage et « global tech », pour un total de 20 Mds €

    • Combler simultanément les deux défaillances de marché :
      • la mission souhaite que Paris devienne le pôle de cotation européen des valeurs technologiques.
    • Pour augmenter le nombre de firmes technologiques éligibles à une introduction en bourse en France, constituer un ensemble compétitif de fonds late stage dotés de plus d’un milliard d’euros et de grands fonds « global tech » d’actions cotées :
      • la mission recommande de renforcer à la fois l’offre et la demande :
        • en invitant les investisseurs institutionnels à soutenir les levées de fonds de capital-innovation français focalisés sur le segment du late stage pour que ceux-ci puissent atteindre la taille critique nécessaire pour financer de très importantes levées de start-ups. La taille critique minimale est ici de l’ordre de 800 M € à 1 Md € ;
        • en incitant à l’émergence de fonds d’actions cotées « global tech » dont les équipes de gestion seront majoritairement basées en France.
    • Pour constituer les fonds « global tech », de l’argent et des compétences :
      • « Pour créer des fonds « global tech », il faut trouver de l’argent et des compétences, est-il noté dans le rapport. Plus précisément, d’ici 3 ans,de l’ordre de 10milliards d’euros et 50 gérants de portefeuille. Pour faire partie du top 30 mondial des fonds «global tech», il faut en effet gérer au moins un milliard d’euros. »
    • Une collecte pour les fonds « global tech » auprès des investisseurs institutionnels et des particuliers :
      • les 10 milliards d’euros que la mission recommande de collecter pour les fonds « global tech » pourraient l’être sous 2 formes :
        • mandats institutionnels des allocataires d’actifs, privés et publics, confiés à des gestionnaires d’actifs de la place ;
        • distribution aux particuliers36de fonds répliquant la stratégie des mandats institutionnels, via des supports en unités de compte (UC) et l’épargne salariale, en répliquant des modèles originaux bénéficiant déjà d’une forte collecte.
          La mission estime que la collecte auprès des particuliers pourrait être de l’ordre de 2 Mds €, celle auprès des investisseurs institutionnels devant alors atteindre 8 Mds €.
    • Des compétences disponibles sur le marché :
      • « Les compétences existent en France, dans des grandes et petites institutions de gestion. Elles sont aussi très présentes à Londres, souvent déployées par des professionnels français, constate Philippe Tibi. Le recours à des appels d’offres (conditionnés à une obligation de résidence) offrant une visibilité de long terme permettra de rassembler les compétences requises. »

    Bâtir un récit idéologique et culturel autour de l’investissement dans le secteur technologique comme « ardente obligation », pour gagner la bataille des idées

    • « Nous recommandons d’exprimer et d’illustrer une forte volonté politique pour faire du développement et du financement des entreprises technologiques françaises une « ardente obligation » », indique Philippe Tibi.
  • La mission de l’Asip Santé « renforcée » par la stratégie Ma Santé 2022 (rapport d’activités 2018)

    L’Asip Santé est « plus que jamais au cœur de la transformation numérique du système de santé » : c’est ce qu’affirme l’agence dans son rapport d’activités 2018, mis en ligne le 12 juillet 2019. Elle souligne que sa mission est « renforcée par la mise en œuvre opérationnelle » de la stratégie Ma Santé 2022, qui fera d’elle l’Agence du numérique en santé (ANS). Selon l’organisation, « cette impulsion des pouvoirs publics ouvre de nouvelles opportunités pour continuer à déployer le numérique en santé en France ».

    L’Asip Santé s’assigne dans ce rapport de « 3 grandes missions systémiques et complémentaires »:
    • « réguler la e-santé en posant les cadres et les bonnes pratiques, notamment en termes de sécurité et d’interopérabilité, pour faciliter le partage et les échanges de données de santé en toute confiance » ;
    • « conduire les projets d’intérêt national sous l’égide des pouvoirs publics » ;
    • « accompagner le déploiement national et territorial [des outils et des projets numériques en santé] afin de développer les usages et de favoriser l’innovation ».  

    L’agence affirme que c’est « dans cet élan numérique » qu’elle a mis en ligne son nouveau site internet Esante.gouv.fr, qui propose une déclinaison des grandes orientations du volet numérique de Ma Santé 2022 dans « un espace de partage et de concertation ».

  • Le numérique au bilan 2018 de l’Inserm (rapport d’activités)

    « Réussir la révolution technologique de la recherche biomédicale ». C’est l’un des principaux objectifs que s’assigne l’Inserm dans son rapport d’activités 2018. « Les outils de production de la connaissance sont en pleine métamorphose », déclare l’institut, évoquant l’intelligence artificielle, une technologie employée à « gérer les données massives des cohortes et de la génomique, la production d’organoïdes pour des recherches cliniques et les capteurs ultrasons scrutant les organismes ». L’organisme affirme qu’il s’agit pour lui « d’identifier les ruptures décisives et d’y asseoir un leadership ».

    « L’Inserm est engagé dans une stratégie nationale visant à asseoir le leadership français dans le domaine de l’intelligence artificielle », indique-t-il dans son rapport, publié le 4 juillet 2019, soulignant que « l’une des clés de voûte en sera le Health Data Hub ». L’institut relève que « près de 300 » de ses équipes de recherche « sont déjà utilisatrices de technologies de gestion de big data, de machine learning et d’intelligence artificielle dans la production et l’exploitation de données ou le suivi de cohortes ».

    L’Inserm précise dans son rapport avoir cofinancé en 2018 des thèses avec l’Inria, préparé un appel d’offres sur la santé numérique avec le CNRS et signé un partenariat avec la start-up Owkin pour le lancement de la plateforme Socrates, destinée aux chercheurs « pour aider à la découverte et au développement de nouveaux médicaments ». L’Inserm a également fait avancer le plan France médecine génomique 2025, « autre dispositif clé de cette révolution des données massives appliquées à la santé[, qui permet d’]intégrer les analyses génomiques personnalisées dans la pratique clinique », commente-t-il. En 2018, les 4 projets pilotes de ce programme  (cancer, déficience intellectuelle, diabète et population générale) « sont constitués et opérationnels », est-il annoncé. 

    « Nous avons l’ambition de concilier une politique de science ouverte ambitieuse avec le respect des données de santé des personnes », explique Gilles Bloch, P.-D.G. de l’Inserm, qui souligne dans un entretien publié en ouverture du rapport que l’institut « travaille en conformité avec les règles de protection des données en Europe (RGPD) [et] accueille désormais une déléguée à la protection des données ».

    Le big data, un enjeu majeur

    « Mutualiser les moyens de calcul pour la recherche à l’ère des big data » est l’un des objectifs de l’Inserm. « Le recueil, le croisement et l’analyse des données massives sont, depuis quelques années, décrits comme des enjeux majeurs en sciences de la santé [et n’ont] rien de nouveau pour les épidémiologistes responsables de cohortes », indique l’institut. Ces investigateurs, « habitués à travailler sur des grands volumes d’information, s’ouvrent à de nouvelles pratiques de partage de données et testent des méthodes innovantes en machine learning », ajoute-t-il.

    Les ART, un outil de prédilection

    Franck Lethimonnier, directeur de l’institut thématique « Technologies pour la santé » de l’Inserm, souligne l’engagement de l’organisme pour la réussite des accélérateurs de recherche technologique (ART) qui « visent aussi bien à produire des technologies qu’à les diffuser dans la pratique des laboratoires » : un troisième ART dédié à la thérapie génomique a été créé en janvier 2018, est-il indiqué.

  • Rapport « Charges et produits » : la Cnam propose de mettre en place un baromètre de l’observance

    Sur une échelle de 0 à 100 % où il leur est demandé d’évaluer leur niveau d’adhésion à leur traitement, 81% des patients chroniques sondés estiment « être observants entre 80 % et 100 % » et 88 % des répondants déclarent ne jamais avoir arrêté de prendre leurs traitements ou avoir fait une pause. C’est, pour l’essentiel, ce qui ressort d’une enquête en ligne réalisée en mai 2019 par la société A+A pour la Cnam auprès de 1 198 patients chroniques*, dont les résultats ont été dévoilés dans le rapport « Charges et produits pour 2020 », approuvé le 2 juillet 2019 par le conseil de la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam). Le document va être présenté dans les jours à venir au ministère des Solidarités et de la Santé ainsi qu’au Parlement.

    À noter côté numérique que les outils de type alertes à la prise de médicament ou applications mobiles sont relativement peu sollicités spontanément par les répondants (moins de 10 %).

    Sur le sujet de l’observance, la Cnam formule ainsi 2 propositions dans son rapport pour favoriser l’adhésion des patients au traitement et renforcer l’observance :
    • proposition 17 : mettre en place un baromètre de l’observance afin de favoriser une plus large diffusion des connaissances sur l’observance auprès d’un large public, l’Assurance maladie se propose de publier à un rythme bisannuel un baromètre dédié à l’observance, constituant un rappel régulier sur cette problématique majeure et visant à faire partager les données sur les évolutions constatées ;
    • proposition 18 : élaborer et diffuser des outils de dialogue et d’analyse de l’observance et de l’adhésion au traitement.

    Une enquête pour identifier les facteurs influençant le point de vue des patients sur leur observance

    Une groupe d’experts dédié au sujet de l’observance

    Dans son rapport « charges et produits » pour l’année 2018, « l’Assurance maladie avait consacré un chapitre à l’observance afin d’aborder les questions méthodologiques qu’elle soulève, notamment dans la complexité de sa mesure ou encore concernant l’estimation des impacts de la non observance », indique la Cnam. Dans ce cadre, un travail a été confié à un groupe d’experts, piloté par Dominique Polton et la Fédération française des diabétiques pour identifier les leviers et les actions à mettre en place par l’Assurance maladie afin de favoriser la bonne observance des patient.

    « Dans la suite de ce travail, il a également semblé intéressant dans une démarche prospective d’interroger les patients sur le sujet de l’observance, que ce soit sur la perception de leur propre observance que sur ses déterminants », explique la Caisse à propos de cette enquête réalisée auprès de personnes atteintes d’une maladie chronique.

    Comprendre la perception qu’ont les patients de leur observance

    L’étude A+A pour la Cnam a été menée en ligne par le biais d’un questionnaire d’une vingtaine de minutes. Les répondants ont été questionnés sur leur état de santé perçu et leur comportement en matière de santé de façon générale, l’histoire et l’impact de leur maladie, puis sur le traitement de leur maladie avec un focus sur l’adhésion à leur traitement.

    « Cette étude ne prétend en aucun cas analyser de manière fine le taux d’observance de patients concernés par des pathologies fréquentes, mais plutôt d’identifier de manière globale chez des patients chroniques la perception qu’ils ont de leur propre observance, ainsi que les facteurs l’influençant de leur point de vue », précise la Cnam.

    Les répondants sont répartis ainsi :

    • 212 présentant une maladie respiratoire chronique ;
    • 210 présentant une maladie cardio neuro-vasculaire (dont l’hypertension artérielle) ;
    • 210 présentant un diabète ;
    • 210 suivant un traitement psychotrope ;
    • 210 présentant une maladie psychiatrique ;
    • 146 atteints d’un cancer.

    Enseignements principaux de l’enquête

    • Sur une échelle de 0 à 100 % où il leur est demandé d’évaluer leur niveau d’adhésion à leur traitement, 81 % des sondés estiment « être observants entre 80% et 100% » et 88 % des répondants déclarent ne jamais avoir arrêté de prendre leurs traitements ou avoir fait une pause. « Pour autant, au regard de ce niveau très élevé d’observance déclarée, une analyse plus nuancée des réponses permet de distinguer 2 grands groupes de personnes », indique la Cnam :
      • un premier « que l’on pourrait qualifier par une pleine adhésion à leur traitement et représentant 34 % de la population interrogée », dont les réponses aux différentes questions sont systématiquement dans le sens d’une bonne observance ;
      • un second groupe, représentant environ 2/3 des répondants, « faisant état d’écarts de différentes natures dans l’adhésion à leurs traitements et déclarant certains facteurs de non observance dans leurs réponses à certaines questions »

    « C’est selon cette distinction en deux groupes qu’il est proposé d’analyser les résultats de la présente enquête », explique l’Assurance maladie.

    Le niveau d’observance déclaré et la répartition entre les 2 groupes varie selon la pathologie considérée :

    L’appartenance au groupe des personnes en écart d’adhésion est déterminée par des réponses attestant de défauts d’observance qui s’expriment sur des plans variés, « depuis la prise de médicament en retard jusqu’à la non prise volontaire », explique la Cnam.

    La Caisse note que les personnes en écart d’adhésion sont des malades plus jeunes (âge moyen de 54 ans versus 63 ans), plus fréquemment dans la vie active (44 % contre 23 %) et plus fortement représentés dans les maladies respiratoires et les problématiques de santé mentale.

    Les facteurs influant l’observance :

    • la relation avec son médecin ;

    • le rapport à sa maladie et à la santé au sens large ;

    • Le rôle majeur de l’information ;

    • la confiance dans son traitement ;

    • des attentes pour améliorer l’adhésion au traitement

    Parmi les répondants en écart d’adhésion, 21 % d’entre eux plébiscitent notamment la possibilité de faire un bilan régulièrement avec un professionnel sur la prise de leurs traitements, contre 10 % chez les pleinement adhérents.

    À noter que les outils de type alertes à la prise de médicaments ou applications mobiles, « s’ils représentent un soutien complémentaire utile, sont relativement peu sollicités spontanément par les répondants des deux groupes (de 9 à 2 %) », indique la Cnam.

    Leviers pour favoriser l’adhésion des patients à leur traitement :

    éviter une approche simpliste ;

    développer une culture commune sur l’observance ;

    mobiliser les professionnels et renforcer l’accompagnement des patients :

    • élaborer et diffuser des outils de dialogue et d’analyse de l’observance ;
    • renforcer l’accompagnement pluri-professionnel.
  • Rapport « Charges et produits 2020 » : la Cnam souhaite proposer une baisse de prix du Freestyle Libre

    Mener des actions pour favoriser dans la durée la bonne utilisation des pompes à insuline ou de Freestyle libre (FSL), capteur de glycémie développé par la société Abbott ; rappeler les conditions de prise en charge de FSL et proposer au Comité économique des produits de santé une baisse de prix de Freestyle Libre font partie des 33 propositions de l’Assurance maladie pour améliorer la qualité du système de santé et maîtriser les dépenses en 2020. Ces dernières sont présentées dans le rapport « Charges et produits pour 2020 », approuvé le 2 juillet 2019 par le conseil de la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam). Le document va être présenté dans les jours à venir au ministère des Solidarités et de la Santé ainsi qu’au Parlement.

    La proposition (27) de baisser le prix du capteur de glycémie Freestyle Libre vise à « maîtriser le surcoût engendré par le recours important à l’[assistant de soins en gérontologie] chez les patients équipés par [le dispositif] ainsi que le possible dépassement d’effectif de la population cible défini dans l’avis Cnedimts sur [le produit] par la [Haute autorité de santé (HAS)] », précise la Cnam.

    Rappeler les conditions de prise en charge de FSL (proposition 24) est aussi l’une des suggestions de la caisse, qui constate que le non-respect de ces conditions par les médecins généralistes est majoritairement lié à une « méconnaissance de la réglementation en vigueur » sur les dispositifs médicaux. « C’est dans ce cadre qu’une action d’accompagnement vers les médecins généralistes a été lancée début 2019 pour se déployer sur toute l’année, indique-t-elle, précisant qu’une « action de même type » a aussi été menée auprès des pharmaciens d’officine.

    D’une manière plus générale, la Cnam déclare dans son rapport que 140 milliards d’euros ont été remboursés en 2017 par le régime général pour la prise en charge de près de 57,6 millions de personnes.

    Les 33 propositions :

    • proposition 1 : lancer une grande mobilisation nationale sur le recours aux antibiotiques ;
    • proposition 2 : limiter les durées de prescriptions hospitalières exécutées en ville de pansements à un maximum de 7 jours ;
    • proposition 3 : mettre en place une campagne d’accompagnement sur la délivrance raisonnée ;
    • proposition 4 : réduire de 20 jours la durée durant laquelle les pharmaciens d’officine peuvent continuer en cas de changement de prix à commercialiser les unités d’une spécialité au prix de vente au public antérieur ;
    • proposition 5 : développer un dispositif d’intéressement des prescripteurs libéraux pour qu’ils puissent bénéficier d’un retour direct des économies générées par leur prise en compte des recommandations ;
    • proposition 6 : lancer une campagne d’accompagnement des prescripteurs et des assurés sur le bon usage des antalgiques ;
    • proposition 7 : mettre en place des éléments de cadrage des plateformes de gestion des transports ;
    • proposition 8 : renforcer l’encadrement des publicités invitant à la réalisation d’actes pris en charge par l’Assurance maladie ;
    • proposition 9 : créer un forfait de prise en charge en ville favorisant l’hémodialyse à domicile ;
    • proposition 10 : évaluer au bout d’une année l’impact sur l’accès aux soins des personnes en situation de handicap de la mise en place de la Complémentaire santé solidaire ;
    • proposition 11 : Intégrer dans la formation initiale et continue des professionnels de santé la dimension « handicap » et développer les outils d’accompagnement sur la prise en charge du handicap ;
    • proposition 12 : accélérer le développement des nouveaux dispositifs organisationnels dédiés aux personnes en situation de handicap ;
    • proposition 13 : recenser et faire connaître (via notamment ameli.fr) les professionnels de santé formés à la prise en charge du handicap en ville ;
    • proposition 14 : intégrer et améliorer la collecte des données relatives au handicap dans le SNDS et poursuivre les études sur les parcours de santé des patients en situation de handicap
    • proposition 15 : étendre le champ des majorations conventionnelles mises en place pour les dentistes et orthophonistes pour favoriser l’accès aux soins des personnes en situation de handicap à d’autres professions de santé dans des situations cliniques appropriées ;
    • proposition 16 : adapter le dispositif PFIDASS afin de permettre de mieux détecter et ensuite accompagner les personnes en situation de handicap en situation de renoncement ou de non-recours avéré ;
    • proposition 17 : mettre en place un baromètre de l’observance ;
    • proposition 18 : élaborer et diffuser des outils de dialogue et d’analyse de l’observance et de l’adhésion au traitement ;
    • proposition 19 : étendre la démarche qualité, pertinence Ma Sante 2022 «parcours pilotes» à 13 nouvelles pathologies jusqu’en 2021 ;
    • proposition 20 : dans le cadre du partenariat avec la Société française d’anesthésie et de réanimation (Sfar) promouvoir des outils d’amélioration de la pertinence des prescriptions d’examens pré-anesthésiques ;
    • proposition 21 : en lien avec la Haute autorité de santé (HAS), ouvrir aux médecins hospitaliers et hospitalo-universitaires des spécialités dites à risque, la possibilité d’intégrer le dispositif d’accréditation, en faisant évoluer le mode de financement des organismes d’accréditation ;
    • proposition 22 : identifier dans les systèmes d’information de facturation le recours à une assistance robotique lors d’une intervention chirurgicale et permettre la production d’évaluations médicales et médico-économiques en vie réelle de leurs bénéficies et de leur sécurité pour les patients et la collectivité ;
    • proposition 23 : mener des actions pour favoriser dans la durée la bonne utilisation des pompes à insuline ou de Freestyle libre (Abbott) ;
    • proposition 24 : rappeler les conditions de prise en charge de Freestyle Libre ;
    • proposition 25 : mener des actions de communication sur les pompes à insuline externes auprès des différents professionnels de santé mobilisés sur ce sujet ainsi qu’auprès des patients ;
    • proposition 26 : mettre en place rapidement une cellule d’observation dès l’arrivée sur le marché d’un nouveau dispositif médical onéreux ;
    • proposition 27 : proposer au Comité économique des produits de santé une baisse de prix de Freestyle Libre ;
    • proposition 28 : rendre plus performante la base de données de l’Assurance maladie dans l’identification des prestataires ;
    • proposition 29 : mettre en place des mécanismes de blocage du remboursement sur la LPP ;
    • proposition 30 : expérimenter la mise en place de «pôles» hospitaliers ambulatoires s’appuyant sur un financement substitutif pour accélérer le virage ambulatoire en médecine ;
    • proposition 31 : réviser la nomenclature des actes d’ophtalmologie afin de décrire au mieux et de valoriser de façon pertinente le suivi des maladies chroniques ;
    • proposition 32 : repenser les protocoles afin de développer la coopération entre les ophtalmologues et orthoptistes libéraux ;
    • proposition 33 : soutenir les initiatives de prises en charge des soins visuels dans les zones plus défavorisés.

    FreeStyle Libre : 3 propositions en faveur de l’utilisation du dispositif d’Abbott

    Proposition 23 : Mener des actions pour favoriser dans la durée la bonne utilisation des pompes à insuline ou de Freestyle libre

    « Les actions nécessaires pour favoriser l’utilisation optimale des dispositifs doivent être menées lors de l’initiation du dispositif mais aussi à moyen et long terme pour corriger d’éventuelles pratiques non conformes aux indications, aux conditions d’utilisation et de prise en charge. Au préalable, un état des lieux des pratiques d’éducation et de formation du patient selon le professionnel initiant (endocrinologue hospitalier faisant appel ou pas à une structure d’éducation thérapeutique ou un centre initiateur, endocrinologue libéral) pourra être réalisé.

    L’objectif est d’appréhender le niveau d’hétérogénéité éventuel de ces pratiques, les raisons de cette hétérogénéité et de définir un socle de base sous forme de cahier des charges. La construction de ces actions pourra s’appuyer sur l’expérience des sociétés savantes et des associations de patient. »

    Proposition 24 : rappeler les conditions de prise en charge de Freestyle Libre

    « Le non-respect des conditions de prise en charge de FSL par les médecins généralistes résultent majoritairement d’une méconnaissance de la réglementation en vigueur sur les dispositifs médicaux. C’est dans ce cadre qu’une action d’accompagnement vers les médecins généralistes a été lancée début 2019 pour se déployer sur toute l’année. En parallèle, une action de même type a aussi été faite auprès des pharmaciens d’officine devant être aussi garants dans leur délivrance du respect de la réglementation. »

    Proposition 27 : proposer au Comité économique des produits de santé une baisse de prix de Freestyle Libre

    « Cette proposition a pour but de maîtriser le surcoût engendré par le recours important à l’ASG chez les patients équipés par Freestyle Libre ainsi que le possible dépassement d’effectif de la population cible défini dans l’avis Cnedimts sur Freestyle Libre par la HAS. »

    Objectif du rapport « Charges et produits » : formuler des propositions concrètes d’économies

    Depuis 2005, la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam) présente chaque année un rapport, connu sous le nom « Charges et produits »,  en amont de la discussion du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), destinée aux parlementaires et aux autorités de santé pour « améliorer la qualité du système de santé et maîtriser les dépenses », rappelle la Cnam dans un communiqué.

    Ce document permet à la Cnam de formuler des propositions concrètes d’économies pour respecter les objectifs de dépenses et garantir le maintien d’un système de santé solidaire, performant et soutenable.

    Le rapport est composé de 3 parties :

    • la cartographie médicalisée des dépenses de santé : construite à partir des données issues du Système national des données de santé (SNDS), cette cartographie présente l’évolution des pathologies et des dépenses en France. Outil d’analyse au service du pilotage du système de soins, elle permet de quantifier les pathologies ou les traitements les plus fréquents, les 140 millions1 d’euros de dépenses associées et leurs évolutions entre 2012 à 2017, pour 57,6 millions de personnes en France ;
    • les propositions pour respecter l’Objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam) 2020, fixé chaque année par la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) : dans cette partie, l’Assurance maladie liste les actions qu’elle mènera sur chaque poste de soins (médicaments, transports, indemnités journalières, lutte contre la fraude…) pour une économie prévue de 2,069 milliards d’euros ;
    • les propositions complémentaires pour accroitre la qualité et l’efficience du système de soins à court et moyen terme : il s’agit d’apports supplémentaires de propositions et de connaissances, se basant sur des travaux d’observations et d’analyses menées dans l’année par les experts en santé publique, en gestion du risque et en analyse médico-économique de la Cnam, en collaboration avec les sociétés savantes et les agences sanitaires.
      • Cette partie vise à défricher de nouvelles thématiques ou modalités d’actions comme cette année, une analyse inédite sur l’accès aux soins pour les patients atteints de handicap, sur la qualité et l’efficience du système de soins avec un focus sur l’observance chez les patients atteints de maladie chronique, sur la pertinence des prescriptions, notamment en insulinothérapie et sur la classe des IPP2, sur les nouveaux modes de paiement pour les établissement de santé au service du virage ambulatoire en médecine ou sur la filière visuelle.

    Principales pathologies prises en charge : total de 140 Mds €

    En 2017, 140 milliards d’euros ont été remboursés par le régime général (y compris les sections locales mutualistes – SLM) pour la prise en charge de près de 57,6 millions de personnes.

    « Comme les années précédentes, certaines pathologies ont un poids particulièrement important dans les dépenses d’assurance maladie (voir figures et tableau ci-dessous) », indique la Cnam :

    • la santé mentale, si l’on regroupe les « maladies psychiatriques » et l’ensemble des « traitements chroniques par psychotropes » (dont les anxiolytiques et hypnotiques), représente 20,3 milliards d’euros (23,2 milliards d’euros pour l’ensemble des régimes), soit 14 % des dépenses totales ;
    • la prise en charge des cancers atteint 15,6 milliards d’euros (18,4 milliards d’euros pour l’ensemble des régimes), soit 11 % des dépenses totales ;
    • la prise en charge des maladies cardio-neurovasculaires représente 14 milliards d’euros (16,6 milliards d’euros pour l’ensemble des régimes), soit 10 % des dépenses totales ;
    • la part des épisodes hospitaliers que l’on peut qualifier de « ponctuels », au sens où l’hospitalisation n’est pas en lien avec l’une des pathologies de la cartographie, atteint 31,3 milliards d’euros (37,1 milliards d’euros pour l’ensemble des régimes), soit 22 % des dépenses totales.

    Répartition 2017 des dépenses d’assurance maladie : 140 Mds € pour le Régime Général (164 Mds € pour l’ensemble des régimes)

    Répartition des dépenses d’assurance maladie entre les pathologies, traitements chroniques et épisodes de soins en 2017 (en milliards d’euros)

    Dépenses extrapolées à l’ensemble des régimes en 2017 (164 Mds €) entre les différents groupes de pathologies ou épisodes de soins (en millions d’euros)

  • La santé plus réactive à résoudre les failles de sécurité que les autres secteurs (rapport Veracode)

    Les organismes sanitaires sont les entreprises les plus promptes à corriger les vulnérabilités de leurs applications informatiques. C’est ce qui ressort du rapport sur l’état de la sécurité des logiciels de Veracode, entreprise américaine spécialisée dans la sécurité informatique et des réseaux. Selon cette étude, les organismes traitent 25 % des vulnérabilités de code en 6 jours et 75 % des failles identifiées, soit 8 mois de moins qu’une entreprise moyenne.

    Une grande maîtrise de la sécurité

    Cette étude de Veracode montre une maîtrise de la sécurité des applications de la par des organisations sanitaires. La santé se classe ainsi au premier rang du taux de réussite du dernier scan OWASP (Open Web Application Security Project).

    De plus, les organismes de santé sont les plus rapides à évaluer les risques comparés aux autres secteurs analysés : de la vente au détail, de la technologie, du secteur public, des infrastructures, des finances et de la manufacture.

    64 % des applications en risque d’attaque

    Les données sensibles détenues par les organismes sanitaires en font une cible privilégiée des cyberattaques. Pour Veracode, la qualité du code source est un atout pour développer une approche proactive en matière de cybersécurité.

    Près de 64 % des applications actuellement utilisées par les organisations de santé courraient un sérieux risque d’attaque, en particulier celles contenant des données sensibles. Deux autres vulnérabilités déterminantes ont été identifiées : les problèmes de cryptographie (62%) et de qualité du code (60%).

  • L’Anap pointe les freins au déploiement du DMP dans les établissements sanitaires (rapport)

    « Expliquer les freins qui ont été à l’origine du très faible déploiement du DMP dans les établissements sanitaires. » C’est l’objectif du rapport mis en ligne par l’Anap le 7 juin 2019 sous le titre « Le DMP en établissement de santé : retours d’expérience ». Il présente aux directeurs d’établissement et aux présidents de commissions médicales d’établissements (CME) les enseignements tirés de 5 expériences d’usage du DMP en établissement.

    « Le projet DMP doit être institutionnel et porté par la direction de l’établissement et la présidence de la CME », estime l’Anap. L’agence souligne l’importance des coûts d’un projet DMP, comprenant les équivalent temps plein (ETP) affectés au projet d’introduction, l’achat de compléments logiciels, la mise en œuvre de la « DMP compatibilité » dans le logiciel patient de l’établissement ainsi que les « coûts récurrents »  liés aux opérations de création des DMP, de surveillance du bon fonctionnement du logiciel et de supervision des flux. « Aucun retour sur investissement n’a été identifié pour les établissements », relèvent les auteurs du document, citant un directeur pour qui « sans aucune incitation financière », l’introduction du DMP ne peut être pour les directions qu’«une démarche militante ». 

    « L’accompagnement auprès des professionnels et des établissements a décoincé le système »,  témoigne Nathalie Grabherr, chef de projet de l’Assurance maladie du département Indre-et-Loire. Elle pointe le poids de la procrastination dans le retard d’introduction du DMP : « Au départ, tout le monde s’attendait. On n’alimente pas car il n’y a pas de création, on ne consulte pas car il n’y a pas assez d’alimentation… » Elle affirme avoir convaincu les décideurs hospitaliers grâce à « des présentations aux commissions paritaires et aux conseils de l’ordre » réalisées dès fin 2016 et lors de la Commission de coordination des politiques publiques de santé organisée par l’ARS.

  • L’absence de remboursement limitera l’impact des thérapies numériques (rapport GlobalData)

    L’un des principaux obstacles à l’utilisation généralisée des thérapies numériques (DTx) est la limitation ou l’absence de remboursement par les prestataires d’assurance maladie publics et privés, indique la société d’analyse de données GlobalData dans le rapport Les thérapies numériques et leur impact sur les soins.

    Dans ce document, diffusé le 25 juin 2019, le groupe révèle qu‘il existe un besoin non satisfait en matière de soins centrés sur le patient et que les thérapies numériques sont justement conçues pour répondre à ce besoin de délivrer des interventions fondées sur des preuves avec un contrôle élevé de la qualité des soins personnalisés en fonction des besoins de chaque patient.
    Par le biais de DTx, il est de plus possible d’accélérer les essais cliniques et de créer une approche plus adaptée de l’objectif en améliorant le recrutement et la rétention des patients, est-il indiqué.

    Le rapport associe les recherches principales d’un groupe d’experts multidisciplinaires à une expertise interne en tant qu’analyste afin de fournir une évaluation globale du paysage du développement des DTx.
    Il fournit une vue d’ensemble des produits DTx actuellement commercialisés et en cours de développement en France, en Allemagne, en Italie, en Espagne, au Royaume-Uni, aux États-Unis, au Japon et en Chine.

    Les DTx se développent mais ne s’imposent pas encore complètement sur le marché

    Il existe de plus en plus de thérapies numériques (DTx) développées sur le marché ainsi que des produits en développement ou en cours de développement, conformément aux normes de qualité, de conception et de fabrication reconnues à l’échelle internationale.

    Les DTx peuvent être utilisées pour prévenir, gérer ou traiter des maladies dans diverses indications, en particulier les maladies chroniques telles que le diabète, les maladies respiratoires, les problèmes de santé mentale et les troubles neurologiques.

    Elles sont prescrites en monothérapie (autonome) ou en association avec d’autres traitements (adjuvants ou complémentaires) ou des dispositifs permettant d’optimiser les résultats pour la santé.

    « Il reste quelques défis à relever avant [que les DTx ne deviennent] une partie intégrante de la médecine moderne »

    « En raison des dépenses croissantes dans les soins, associées à la baisse des revenus de R&D, les thérapies numériques représentent un nouveau mode de traitement pour les sociétés pharmaceutiques, dans lequel des systèmes numériques approuvés par la réglementation [en vigueur] sont utilisés pour traiter des conditions médicales comme des interventions thérapeutiques prescrites », commente Alessio Brunello, analyste pharmaceutique chez GlobalData.

    « Bien que les technologies DTx réduisent potentiellement le coût total des soins, augmentent l’efficacité des essais et améliorent la santé des patients, il reste quelques défis à relever avant [qu’elles ne deviennent] une partie intégrante de la médecine moderne, comme un meilleur alignement entre fournisseurs, sociétés pharmaceutiques et payeurs », ajoute-t-il.

    Les entreprises mentionnées dans le rapport

    • AbbVie ;
    • Akili ;
    • Aptar Pharma ;
    • Astrazeneca ;
    • Atentiv ;
    • Big Health ;
    • Boehringer Ingelheim ;
    • Click Therapeutics ;
    • Cognoa ;
    • CureApp ;
    • Gilead ;
    • GSK ;
    • Happify Health ;
    • Kaia HealthPropeller ;
    • Lifescan ;
    • Magellan Health ;
    • My mhealth ;
    • 2Morrow ;
    • NaturalCycles ;
    • Novartis ;
    • Omada Health ;
    • Otsuka ;
    • Pear Therapeutics ;
    • Proteus Digital Health ;
    • Roche ;
    • Samsung ;
    • Sandoz ;
    • Sanofi ;
    • Shionogi ;
    • Susmed ;
    • Teva ;
    • ViiV Healthcare ;
    • Voluntis ;
    • WellDoc.