Rapport

  • Les dépenses de santé dans la zone OCDE devraient dépasser la croissance du PIB d’ici 2030 (rapport)

    Les dépenses de santé par habitant augmenteront à un taux annuel moyen de 2,7 % dans la zone OCDE et atteindront 10,2 % du PIB d’ici 2030, par rapport à 8,8 % en 2018 : elles dépasseront ainsi la croissance du PIB au cours des 15 prochaines années dans la quasi totalité des pays de la zone. C’est ce que révèle le Panorama de la santé 2019 de l’OCDE, publié le 7 novembre 2019.

    Dans le détail, l’organisation indique que les États-Unis est le pays qui a dépensé le plus dans le secteur de la santé en 2018, avec 16,9 % de son PIB. Suivent ensuite :
    • la Suisse : 12,2 % de son PIB ;
    • l’Allemagne, la France, la Suède et la Japon : 11 % de leur PIB.
    A contrario, certains pays affichent des dépenses de santé inférieures à 6 % de leur PIB, comme le Mexique, la Lettonie, le Luxembourg et la Turquie, avec un taux à 4,2 %.

    Les auteurs du rapport notent que les dépenses pourraient, de manière générale, être plus efficaces dans les domaines des médicaments génériques, de l’organisation des professionnels de santé (en transférant certaines tâches des médecins vers les infirmiers ou d’autres profesionnels) et de la sécurité des patients.

    La panorama met par ailleurs en avant « des tendances préoccupantes pour ce qui est des résultats sur le plan de la santé et des modes de vie malsains », relevant que l’espérence de vie progresse moins vite dans la plupart des pays de l’OCDE, en particulier aux États-Unis, en France et aux Pays-Bas. La consommation d’alcool, de tabac et d’opioïdes ainsi que l’obésité sont notamment pointés du doigt.

    À noter : Les indicateurs de l’édition 2019 de ce panorama ainsi que les notes par pays seront disponibles ldébut décembre.

    « les systèmes de santé peuvent et doivent faire mieux pour améliorer la santé de nos populations, commente Stefano Scarpetta, directeur de l’emploi, du travail et des affaires sociales à l’OCDE. Il est essentiel, si nous voulons affecter des ressources là où elles auront le plus d’impact, d’évaluer comment les systèmes de santé transforment la vie des individus pour le meilleur. »

    Génériques, organisation et sécurité des patients : des améliorations possibles

    Dans son panorama, l’OCDE indique que les dépenses pourraient globalement être plus efficaces dans les domaines suivants :

    • les médicaments génériques : le recours à ces produits pourraient permettre de réaliser des économies, note l’OCDE, mais actuellement ils ne représentent que la moitité du volume des produits pharmaceutiques vendus dans les pays de la zone.
      •  En 2017, « les génériques ont représenté plus des trois quarts du volume des produits pharmaceutiques vendus au Chili, en Allemagne, en Nouvelle-Zélande et au Royaume-Uni, mais moins d’un quart au Luxembourg et en Suisse », précise l’organisation ;
    • la répartition des tâches des professionnels de santé : selon le rapport, transférer certaines tâches effectuées par les médecins vers les infirmiers et d’autres professionnels de santé peut atténuer la pression des coûts et permettre de gagner en efficacité. « Les systèmes de santé et de protection sociale emploient aujourd’hui plus de travailleurs que jamais auparavant, les soins et les services sociaux représentant environ un emploi sur dix dans les pays de l’OCDE », contextualise l’organisme.
    •  la sécurité des patients : l’améliorer est bénéfique pour la santé et peut aussi permettre de réaliser des économies, commentent les auteurs du rapport, relevant que près de 5 % des patients hospitalisés ont contracté une infection nosocomiale en 2015-2017.

    L’espérance de vie progresse moins vite dans la plupart des pays

    L’espérence de vie moyenne dans la zone OCDE est de 81 ans. L’organisation note que, depuis peu, elle progresse moins vite dans la plupart des pays, notamment aux États-Unis, en France et aux Pays-Bas. « L’année 2015 a été particulièrement mauvaise, l’espérance de vie ayant reculé dans 19 pays », indique-t-elle.

    Une augmentation de l’obésité et du diabète

    Cette évolution est notamment liée à la prévalence croissante de l’obésité et du diabète, « qui n’a pas permis de maintenir les progrès accomplis précédemment en matière de réduction des décès dus aux maladies cardiaques et aux AVC », analyse l’OCDE. Les taux d’obésité continuent d’augmenter dans la plupart des pays de l’OCDE : 56 % des adultes sont en surpoids ou obèses et près d’un tiers des enfants âgés de 5 à 9 ans sont en surpoids.

    À noter également que les maladies respiratoires, comme la grippe et la pneumonie, ont entraîné davantage de décès ces dernières années, notamment chez les personnes âgées.

    Le nombre de décès liés aux opioïdes est élevé dans certains pays

    Le problème des opioïdes est également mis en avant dans le rapport. Depuis 2011, les décès liés à ces substances ont augmenté d’environ 20 % dans les pays de l’OCDE, faisant environ 400 000 victimes aux États-Unis. Le nombre de décès dus aux opioïdes est également assez élevé aux au Canada, en Estonie et en Suède.

    La consommation de tabac et d’alcool reste préoccupante 

    « Le tabac [et] l’alcool continuent de tuer prématurément et de dégrader la qualité de vie », observe par ailleurs l’OCDE :

    • les taux de tabagisme diminuent mais 18 % des adultes fument encore quotidiennement ;
    • la consommation d’alcool atteint en moyenne 9 litres d’alcool pur par personne et par an dans les pays de l’OCDE, soit près de 100 bouteilles de vin : près de 4 % des adultes sont dépendants à l’alcool.

    La pollution atmosphérique également pointée du doigt

    La pollution atmosphérique est responsable d’environ 40 morts pour 100 000 habitants dans les pays de l’OCDE. Les taux de mortalité sont beaucoup plus élevés dans des pays comme l’Inde et la Chine, avec environ 140 décès pour 100 000 habitants.

    Facteurs de risques pour la santé dans les pays de l’OCDE

    Panorama de la santé 2019 dans les pays de l’OCDE (en anglais)

  • Le marché mondial de la e-santé estimé à 234,5 Mds USD en 2023, soit +160 % par rapport à 2019 (F&S)

    Le marché mondial de la santé numérique devrait atteindre en 2023 une valeur de 234,5 milliards de dollars US (201,10 Mds €), soit une hausse de près de 160 % par rapport à 2019. C’est du moins ce que prédit le cabinet américain Frost & Sullivan dans son Global Health Outlook 2020, une étude prospective sur le secteur présentée début octobre 2019 par Dorman Followwill, senior partner à Frost & Sullivan.

    Selon les auteurs du rapport, cette évolution serait due :
    • à la nécessité de fournir des prestations de soins de meilleure qualité à un prix « abordable et soutenable », alors que la population est marquée par un vieillissement et que les maladies chroniques ne cessent de croître ;
    • au déploiement important de l’informatique de santé et des technologies d’analyse de données basées sur l’intelligence artificielle (IA) ;
    mais aussi :
    • aux évolutions réglementaires, telles que la prise en charge (remboursement) d’actes de télémédecine (en France depuis septembre 2018) ;
    • au développement de modèles value-based care.

    À noter par ailleurs l’essor des technologies d’IA, qui devraient arriver à maturité dans le domaine de la santé d’ici 2030, indique Frost & Sullivan, avec en tête des investissements les États-Unis (73,3 %), qui domine le marché, suivies par la Chine (14,8 %).

    Selon le cabinet, le numérique va s’installer durablement dans le secteur médical comme « une nouvelle arme » pour accélérer la croissance de l’industrie. Il estime que que les 3 à 5 prochaines années vont s’avérer « cruciales » pour adopter ce virage technologique. Ainsi, les acquisitions dans le domaine des technologies et la conclusion de partenariats avec des spécialistes de l’informatique vont constituer des avantages compétitifs pour les entreprises, analyse-t-il.


    Dans le détail, les auteurs du rapport prévoient, pour l’essentiel, :

    • une hausse de la valeur du marché des infrastructures d’analyse de big data en santé, passant de 16 milliards de dollars (14,35 Mds €) en 2018 à 39 milliards (34,97 Mds €) en 2023 ;
    • une poursuite du développement de la télémédecine mais avec des taux de croissance plus faibles à partir de 2020 ;
    • un ralentissement de la hausse des dépenses pour les outils de santé basés sur l’IA de 50% en 2020, au profit des applications en vie réelle ;
    • une hausse du marché des thérapies digitales (digital therapeutics : outils numériques délivrés sur ordonnance), qui pourrait représenter jusqu’à 4,42 milliards de dollars (9,96 Mds €) en 2023 outre-Atlantique, contre 889 millions (797 M €) en 2017 ;
    • un développement du marché des services de sécurité informatique dans la santé, qui devrait atteindre 2,88 milliards dollars (2,58 Mds €) en 2023 aux États-Unis, contre 1,79 milliard (1,60 Md €) en 2018 ;
    • des opportunités dans le secteur des femtechs (technologies numériques dédiées à la santé des femmes) : un marché estimé à 50 milliards de dollars (44,83 Mds €) d’ici 2025.

    E-santé : les principaux enseignements du Global Health Outlook 2020

    Une hausse de la valeur du marché des infrastructures d’analyse de big data en santé :

    • passant de 16 milliards de dollars (14,35 Mds €) en 2018 à 39 milliards (34,97 Mds €) en 2023, soit un taux de croissance annuel moyen de 19 % sur la période :
      • avec une augmentation des volumes de données créées chaque année dans le secteur médical : 44 zettabits (Zb) en 2020, contre 4,4 Zb en 2010 (1 zettabit = 1 000 milliards de gigabits). Cette hausse est liée au développement du télé-suivi et des objets connectés dans le domaine de santé, un marché qui devrait représenter 3,6 milliards de dollars (3,22 Mds €) sur le territoire nord-américain en 2020.

    Une poursuite du développement de la télémédecine :

    • – dont la croissance annuelle était de 22,8 % en 2016 et de 35,5% en 2019 – mais avec des taux de croissance plus faibles à partir de 2020.

    Un ralentissement de la hausse des dépenses pour les outils de santé basés sur l’intelligence artificielle (IA) de 50% en 2020 :

    • une baisse qui s’expliquera par la volonté des acteurs de davantage « se concentrer sur des applications en vie réelle », indique Frost & Sullivan.
      • Ce marché devrait néanmoins continuer à « croître rapidement » et atteindre 6,16 milliards de dollars (5,52 Mds €) d’ici 2022, contre 1,73 milliard (1,55 Mds €) en 2019.
      • « Les outils cognitifs d’aide à la décision médicale seront priorisés pour faire face aux différents défis rencontrés par les patients, les payeurs, les fournisseurs de soins et l’industrie pharmaceutique », commente Dorman Followwill.

    Une hausse du marché des thérapies digitales (digital therapeutics : outils numériques délivrés sur ordonnance) :

    • qui pourrait représenter jusqu’à 4,42 milliards de dollars (9,96 Mds €) en 2023 outre-Atlantique, contre 889 millions (797 M €) en 2017, et afficher un taux de croissance annuelle moyen de 31%.

    Un développement des services de sécurité informatique dans la santé :

    • avec un marché qui devrait atteindre 2,88 milliards de dollars (2,58 Mds €) en 2023 aux États-Unis, contre 1,79 milliard (1,60 Md €) en 2018, avec un taux de croissance annuel de 10 %.
      • Une évolution cohérente, la numérisation du secteur médical entraînant une hausse des besoins en matière d’expertises et de solutions pour assurer la cybersécurité des services.

    Un « fort potentiel de croissance » des femtechs, soit les technologies numériques dédiées à la santé des femmes, :

    • avec un marché estimé à 50 milliards de dollars (44,83 Mds €) d’ici 2025.

    Les technologies d’IA arriveront à maturité dans le secteur de la santé d’ici 2030

    Frost & Sullivan note, par ailleurs, que les technologies d’intelligence artificielle devraient selon ses estimations arriver à maturité dans le secteur de la santé d’ici 2030.

    Lors de ces 5 dernières années, les investissements mondiaux des industriels dans l’IA concernaient principalement :

    • l’imagerie et le diagnostic : 20,70 % du total ;
    • la découverte de candidats médicaments : 18,60 % ;
    • la découverte de nouveaux mécanismes d’action : 10,30 % ;
    • la collecte et l’analyse de données de vie réelle : 18,10 % ;
    • la génétique : 10, 80 %.

    Investissements en IA : les États-Unis dominent le marché

    Arrivent largement en tête de ce marché les États-Unis, qui représentent 73,3 % de ces investissements. Suivent, dans une moindre mesure, la Chine (14,8 %), le Royaume-Uni (3,8 %) puis Israël (2,5 %).

  • Métiers du grand âge : l’innovation numérique & organisationnelle parmi les axes du rapport El Khomri

    « Renforcer la formation des cadres dirigeants et des cadres de proximité en matière d’innovation organisationnelle, managériale et technique » ; « investir dans les équipements permettant de réduire la pénibilité au travail et dans les nouvelles technologies » : ces 2 mesures (52 et 21) font partie des 59 actions détaillées dans le « Plan de mobilisation nationale en faveur des métiers du grand âge 2020-2024 », présenté le 29 octobre 2019 à la ministre Agnès Buzyn par Myriam El Khomri. L’ex-ministre du Travail socialiste a été mandatée en juillet pour travailler sur l’attractivité des métiers du grand âge, en vue de la rédaction d’un projet de loi sur la dépendance, attendu avant la fin de l’année.

    L’innovation, numérique mais aussi organisationnelle, est au centre de l’un des 5 axes du plan d’action (axe 4 : innover pour transformer les organisations). Dans ce cadre, 8 mesures sont proposées, dont les suivantes :
    • expérimenter dans le cadre de l’article 51 de la LFSS 2018 la mise en place pour les aides-soignants d’une activité libérale dans les zones sous-denses (mesure 46) ;
    •  innover dans la coordination territoriale des acteurs par la promotion d’un nouveau métier : « care manager » (mesure 51)  ;
    • renforcer la formation des cadres dirigeants et des cadres de proximité en matière d’innovation organisationnelle, managériale et technique (mesure 52).

    À noter par ailleurs la recommandation d’« investir dans les équipements permettant de réduire la pénibilité au travail et dans les nouvelles technologies » (mesure 21). Ces dernières « qui permettent de réduire le temps passé aux tâches administratives, de partager les informations sur la prise en charge des personnes âgées au sein d’une équipe et d’assurer leur traçabilité est un vecteur d’amélioration de la qualité de vie au travail et d’attractivité pour les professionnels, notamment les plus jeunes », est-il mentionné dans le rapport. Leur déploiement est ainsi encouragé, « pour les technologies éprouvées » : « une fraction des financements sera consacrée à l’expérimentation de technologies véritablement innovantes » et « des formations à l’utilisation de ces nouvelles technologies devront être déployées ». 

    De manière plus générale, le rapport – qualifié de « courageux » par la ministre – prône un effort de 825 millions d’euros sur 5 ans. Pour mener à bien les actions annoncées, le gouvernement lancera « une grande conférence sociale » autour des métiers du grand âge d’ici la fin 2019, avec l’objectif de rendre des conclusions « d’ici le tout début de l’année 2020 », indique Agnès Buzyn.

    Les 4 autres axes du plan d’action :

    • axe 1 : assurer de meilleures conditions d’emploi et de rémunération, en ouvrant de nouveaux postes, en rénovant les conventions collectives et en mettant en place une initiative nationale ;
    • axe 2 : donner une priorité forte à la réduction de la sinistralité et à l’amélioration de la qualité de vie au travail ;
    • axe 3 : moderniser les formations et changer l’image des métiers ;
    • axe 5 : garantir la mobilisation et la coordination des acteurs et des financements au niveau national et dans les territoires.

    Métiers du grand âge : le diagnostic établi par le rapport

    • Des métiers du grand âge peu attractif, parce qu’exercés dans des conditions difficiles, souvent mal rémunérés et peu considérés, bien qu’ils soient porteurs de sens et d’une utilité sociale majeure ;

    • un investissement et des actions réelles des autorités publiques dans les métiers du grand âge mais un effort dont la dispersion limite l’impact d’ensemble ;

    • Un foisonnement et un cloisonnement des organisations professionnelles qui constituent des freins structurels à une rénovation en profondeur du secteur du grand âge.

    Élément central du rapport : un effort important de formation demandé

    Les effectifs d’aide à domicile et en établissement sont, selon le rapport, insuffisants pour faire face à l’augmentation du nombre de personnes âgées en perte d’autonomie.

    • Les besoins de recrutements dans le secteur du grand âge sont déjà importants et vont croître, est-il indiqué : 92 300 créations nécessaires en 5 ans selon le rapport.
    • Pour ce faire : un doublement des formations est prévu dès 2020 ; il est également préconisé de rendre les métiers du grand âge plus attirants en améliorant les rémunérations et la qualité de vie (enveloppe : 825 millions d’euros par pendant 5 ans).
      • Le rapport note qu’il faudra former 352 000 aide-soignants et accompagnants à domicile ou en établissements sur 5 ans, soit 70 500 personnes de plus chaque année, le double du flux actuel. Un chiffre important justifié par Myriam El Khomri : « Il y a déjà 60 000 postes non pourvus, des départs à la retraite massifs qui se profilent et près de 8 % de départs chaque année ».

    Plan d’action : récapitulatif des 59 mesures

    • Objectif général : répondre au besoin massif de professionnels à former dans les cinq prochaines années.

    Axe 1 : assurer de meilleures conditions d’emploi et de rémunération, en ouvrant de nouveaux postes, en rénovant les conventions collectives et en mettant en place une initiative nationale

    • Mesure 1 : ouvrir 18 500 postes supplémentaires par an d’ici à fin 2024 ;
    • mesure 2 : remettre à niveau au 1er janvier 2021 les rémunérations inférieures au Smic dans les grilles des conventions collectives à domicile et prendre en compte l’impact financier associé dans la tarification pour les conventions collectives soumises à agrément national ;
    • mesure 3 : intégrer dans les conventions collectives un mécanisme d’alignement automatique des premiers niveaux de salaires qui se trouvent dépassés suite aux mesures de revalorisation du Smic ;
    • mesure 4 : supprimer l’agrément national des conventions collectives ;
    • mesure 5 : soutenir les démarches de rapprochement des partenaires conventionnels ;
    • mesure 6 : développer les démarches collaboratives et présenter un projet d’engagementde développement des emplois et des compétences (EDEC) financé dans le cadre du PIC,en associant la FPH et la FPT ;
    • mesure 7 : aller vers un OPCO commun aux partenaires conventionnels du secteur;
    • mesure 8 : négocier une offre nationale compétitive pour équiper les accompagnants àdomicile de véhicules propres ;
    • mesure 9 : autoriser l’usage d’un macaron pour les intervenants à domicile ;
    • mesure 10 : aider à l’acquisition du permis de conduire en fin de formation.

    Axe 2 : donner une priorité forte à la réduction de la sinistralité et à l’amélioration de la qualité de vie au travail

    • Mesure 11 : porter dans le cadre de la branche AT-MP un programme national de lutte contre la sinistralité ciblée sur ces métiers ;
    • mesure 12 : intégrer après concertation avec les acteurs des objectifs et des cibles, propres à chaque établissement, de réduction de la sinistralité et de promotion de la QVT dans les CPOM;
    • mesure 13 : approfondir les réflexions sur la prise en compte de la pénibilité dans le secteur ;
    • mesure 14 : soutenir le recrutement de préventeurs chargés de développer l’analyse des risques sur les lieux de travail et de définir des actions de prévention;
    • mesure 15 : mettre en place dans toutes les formations initiales des modules d’intégration de la prévention des troubles musculo-squelettiques dans l’acte professionnel;
    • mesure 16 : développer une offre de formation sur la prévention de la sinistralité dansc haque région en direction des cadres et dirigeants et des intervenants des structures, et former systématiquement tous les nouveaux intervenants ;
    • mesure 17 : imposer 4h de temps collectifs par mois d’équipe à domicile et en Ehpad ;
    • mesure 18 : Mettre en place un baromètre national sur la qualité de vie au travail pour ces professions ;
    • mesure 19 : développer les groupements d’employeurs en les exonérant de TVA;
    • mesure 20 : amplifier l’action du ministère et des collectivités territoriales en faveur de la promotion de la qualité de vie au travail, au travers notamment du soutien apporté aux démarches innovantes et du partage de leurs résultats
    • mesure 21 : investir dans les équipements permettant de réduire la pénibilité au travail et dans les nouvelles technologies.

    Axe 3 : moderniser les formations et changer l’image des métiers

    • Mesure 22 : mobiliser le PIC dans le cadre des pactes régionaux ;
    • mesure 23 : renforcer les dispositifs de repérage et d’accompagnement des candidats ;
    • mesure 24 : supprimer le concours d’aide-soignant pour la formation initiale et l’apprentissage et assurer l’inscription dans les centres de formation via Parcours sup pour la formation initiale ;
    • mesure 25 : supprimer toute possibilité de quota national pour les entrées en formation d’AS ;
    • mesure 26 : garantir systématiquement la gratuité de la formation, hors frais d’inscription, quelle que soit la situation du candidat ;
    • mesure 27 : renforcer les dispositifs de sécurisation financière des étudiants (contrats de pré-recrutement, bourses, stages) ;
    • mesure 28 : porter à au moins deux le nombre de sessions annuelles dans tous les centres de formation à horizon 2021 pour la formation initiale ;
    • mesure 29 : accompagner le développement du maillage territorial de l’offre de formation en tenant compte des contraintes de logement et de transport des étudiants ;
    • mesure 30 : réduire drastiquement l’éventail des diplômes reconnus dans le champ de l’accompagnement des personnes en perte d’autonomie ;
    • mesure 31 : rapprocher les référentiels et les instituts de formation des aides-soignants et des accompagnants éducatifs et sociaux, dans la perspective d’une fusion à terme des référentiels de formation ;
    • mesure 32 : porter à 10 % d’ici 2025 la part des diplômes d’aide-soignant et d’accompagnant éducatif et social obtenus par la voie de l’alternance ;
    • mesure 33 : soutenir les dispositifs de formation dans le cadre d’un contrat de travail ;
    • mesure 34 : porter à 25% la part des diplômes délivrés chaque année dans le cadre de la VAE en privilégiant la VAE collective ;
    • mesure 35 : favoriser la modularité des formations ;
    • mesure 36 : permettre à tous les professionnels exerçant auprès des personnes en perte d’autonomie d’accéder à une formation spécifique en gérontologie;
    • mesure 37 : structurer des parcours professionnels attractifs ;
    • mesure 38 : ouvrir aux aides-soignantes de la fonction publique un grade terminal en catégorie B ;
    • mesure 39 : développer l’analyse et l’échange des pratiques professionnelles au sein des établissements, de la branche d’aide à domicile et de manière décloisonnée entre ces secteurs ;
    • mesure 40 : mobiliser de nouvelles formes de pédagogie pour diffuser de nouvelles connaissances et mieux répondre aux besoins spécifiques ;
    • mesure 41 : créer un Campus des Métiers du grand âge pour diffuser des connaissances de manière plus souple et moins coûteuse ;
    • mesure 42 : lancer une campagne nationale de communication pour changer le regard de la société sur les personnes âgées et les métiers du grand âge ;
    • mesure 43 : doter les conseillers de l’orientation, de l’insertion et de l’emploi d’une connaissance précise de ces métiers et des compétences requises ;
    • mesure 44 : créer un « Senior BAFA » ;
    • mesure 45 : soutenir et développer les stages précoces au cours de la scolarité dans les établissements et services du grand âge.

    Axe 4 : innover pour transformer les organisations

    • Mesure 46 : reconnaître les glissements de tâches et les sécuriser dans le cadre de protocoles nationaux habilitant les aides-soignants et les accompagnants à les pratiquer ;
    • mesure 47 : expérimenter dans le cadre de l’article 51 de la LFSS 2018 la mise en place pour les aides-soignants d’une activité libérale dans les zones sous-denses ;
    • mesure 48 : favoriser la possibilité pour les employeurs de proposer des postes sur des doubles compétences ;
    • mesure 49 : reconnaître l’intérêt de la pratique avancée en gérontologie et soutenir son développement ;
    • mesure 50 : intégrer un stage en gériatrie dans les études de médecine ;
    • mesure 51 : innover dans la coordination territoriale des acteurs par la promotion d’un nouveau métier : « care manager » ;
    • mesure 52 : renforcer la formation des cadres dirigeants et des cadres de proximité en matière d’innovation organisationnelle, managériale et technique ;
    • mesure 53 : soutenir et évaluer les démarches innovantes dans le champ de la qualité de vie au travail.

    Axe 5 : garantir la mobilisation et la coordination des acteurs et des financements au niveau national et dans les territoires

    • Mesure 54 : Réunir dans chaque département une conférence des métiers du grand âge chargée de définir une feuille de route 2020-2024 ;
    • mesure 55 : créer une plateforme départementale des métiers du grand âge chargée de mettre en œuvre un guichet unique de sécurisation des recrutements ;
    • mesure 56 : réunir un comité national des métiers du grand âge chargé de soutenir, de suivre et d’évaluer la mise en place des actions du présent plan de mobilisation nationale ;
    • mesure 57 : signer un accord tripartite État – conseil régionaux – conseils départementaux pour favoriser l’implication des collectivités dans la mise en œuvre du plan de mobilisation nationale ;
    • mesure 58 : assurer la mobilisation des financements nationaux nécessaires à la mise en place des actions;
    • mesure 59 : créer un observatoire national des métiers du grand âge fédérant les observatoires de branches dans le champ de l’autonomie et du grand âge.
  • Gérontechnologie : le télésoin en plein essor, la France dans le top 3 mondial (rapport Idate)

    « À l’horizon 2025, 9 % de la population mondiale des seniors » devrait être équipée de dispositifs de télésoin, avec 78,1 millions d’unités. C’est du moins ce que prédit l’Idate DigiWorld, un think tank spécialiste de l’économie numérique, dans un rapport réalisé sur le déploiement des dispositifs de e-santé à destination des personnes âgées dans le monde. Parmi les segments du marché, le télésoin est « celui qui se développe le plus », analyse l’organisation.

    À noter par ailleurs que le Royaume-Uni, les États-Unis et la France arrivent en tête du classement des pays dans lesquels « les économies en dépenses de santé devraient être les plus importantes, grâce aux solutions de télésoin et [de] télémédecine », observe l’Idate Digiworld, qui a établi ce palmarès en se basant sur les projets gouvernementaux de 10 États (Allemagne, Chine, Corée du Sud, Espagne, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Inde, Italie et Japon). En ce qui concerne la France, les auteurs de l’étude citent notamment le plan Ma Santé 2022, qui « fait de la e-santé une priorité », et le rapport Libault, qui « propose d’investir 40 millions d‘euros pour généraliser la télémédecine dans les Ehpad ».

  • Tour de France de la e-santé : un engouement des Régions plus fort qu’attendu, rapporte l’Asip

    Des salles combles (entre 200 à 600 participants selon les Régions), des acteurs motivés, en attente d’une mise en place concrète des initiatives, et des remontées « globalement positives », exceptées quelques craintes émises notamment sur l’identifiant national de santé* (INS). À l’issue des premières étapes du Tour de France de la e-santé, l’Asip Santé, avec qui s’est entretenu Health & Tech Intelligence le 1er octobre 2019, constate une « bonne adhésion » à la feuille de route du numérique en santé présentée en avril par le gouvernement. L’Agence se dit même quelque peu « étonnée » par l’engouement généré par l’événement : « On ne s’attendait pas à remplir systématiquement les salles. Cela montre qu’il y a une véritable attente sur le sujet de la part des acteurs. »

    L’Asip rappelle que les ARS ont la liberté d’organiser ces journées comme elles l’entendent : ce sont elles qui mobilisent les intervenants et qui choisissent quelles initiatives locales seront présentées. L’Asip n’intervient qu’en tant qu’accompagnateur, indique-t-elle, précisant que Dominique Pon, responsable ministériel du numérique en santé, présente à chaque étape les orientations de la feuille de route. « L’objectif est d’écouter les acteurs sur les terrains, de faire remonter les éventuelles problématiques et interrogations. »

    Les éléments principaux qui ressortent de ces premières étapes :
    • un engagement des acteurs : professionnels de santé (médecins, infirmières, etc.), présence de beaucoup d’industriels (start-ups mais pas seulement), locaux et représentant de patients (France Assos Santé est présente à toutes les étapes) ;
    • des questionnements concrets : de manière générale, pas de remise en cause des mesures annoncées (si ce n’est des questionnements sur l’INS et la formation) mais plutôt une volonté de démarrer au plus vite les actions en palliant rapidement les éventuels freins techniques ;
    • une attente de la part des Régions vis-à-vis du gouvernement : elles ne souhaitent pas seulement un passage mais un vrai suivi de la part du National.

    Prochaine étape : l’Occitanie, à Montpellier et Toulouse, le 3 octobre 2019. Le deuxième Conseil du numérique en santé sera par ailleurs organisé d’ici la fin de l’année (le compte rendu du premier conseil vient d’être finalisé et sera prochainement envoyé aux participants).

    « Les Régions nous demandent un suivi »

    L’une des sujets qui se posent dans le cadre de ce tour de France est celui de l’autonomie des Régions. Certaines d’entre elles, comme les Hauts-de-France (HDF) avec Prédice, déploient leur propre feuille de route à échelle régionale. Ne risquent-elles pas de délaisser de ce fait le plan national pour se concentrer uniquement sur leur programme ? « Non », répond l’Asip, expliquant justement que les HDF ont indiqué lors de l’étape organisée début septembre à Lille que le but, avec Prédice, était de « se loguer sur les services socles proposées par la feuille de route nationale ».

    « Le National a besoin des régions et en même temps les régions ont besoin du National »

    « Les Régions ne veulent pas un simple passage. Elle nous demandent un suivi, complète l’Agence. Il y a un lien qui se crée avec l’Asip Santé, les ARS et tous les corps de métier. Notre référent régional est présent à chaque étape et assure le relai avec les ARS. Il va y avoir un suivi. Le National a besoin des régions et, en même temps, les régions ont besoin du National. »

    Ce qui ressort par ailleurs de ces premières étapes est que les échéances fixées dans le cadre la feuille de route sont respectées. « Dominique Pon et Laura Létourneau (en charge de la transformation numérique en santé) y tiennent, même si cela ne répond pas à 100 % aux exigences initialement souhaitées. Leur idée est simple : « On se lance et on affinera ensuite sinon on n’avancera pas » », commente l’Asip.

    La formation, un sujet récurrent

    « Peu de critiques » ressortent des échanges avec les acteurs, avance l’Agence. En dehors des inquiétudes portant sur l’identifiant national de santé (INS), dont la mise en place n’est pas assez rapide selon certains professionnels de santé, un autre sujet qui revient souvent au centre des discussions est celui de la formation, un point qui est, selon les acteurs, peu abordé.

    Dominique Pon et Laura Létourneau vont inclure le sujet dans la feuille de route, note l’Asip, rappelant qu’il avait déjà été abordé lors du premier Conseil du numérique en santé en juin : un groupe de travail va être mis en place. L’Asip ajoute qu’il existe des initiatives au niveau local, comme une formation « e-santé » proposée à l’université de Caen et présentée lors du Tour de France, mais qu’il est important de « réfléchir à quelque chose de plus global ».

    D’autres problématiques devraient par ailleurs ressortir lors des étapes organisées en Outre-mer. L’Asip cite notamment la Guyane, où, « avant même de parler de e-santé se pose la question de la couverture numérique ». Un sujet qui se dégage aussi en métropole, comme en Bourgogne, où les acteurs indiquent que certaines zones n’ont pas la fibre ou un accès limité à la 4G. « C’est pour cela qu’il est important d’aller sur le terrain, pour faire remonter ce genre de problèmes », commente l’Asip.

    Mise en ligne des premiers éléments de la doctrine technique

    Quid de l’après-Tour de France ? L’Asip explique que le but n’est pas de présenter un retour global en faisant venir tous les acteurs à Paris, l’idée étant justement de se déplacer régulièrement en région et de proposer un accompagnement en formant des « groupes de travail » avec des « focus métier ».

    Le suivi se fera notamment via l’espace de concertation en ligne, pour permettre de poursuivre les discussions, avec comme point d’appui la doctrine technique, qui est « très attendue ». « On note en effet un besoin de soutien et d’accompagnement pour la mise en place de la doctrine au niveau régional », indique l’Agence.

    Les premiers éléments de cette doctrine technique ont été mis en ligne le 30 septembre.

    Un Lab e-santé pour accompagner les start-ups

    Autre initiative : le Lab e-santé va être lancé dans les mois à venir pour accompagner les start-ups. « La e-santé est assez complexe et le fait d’avoir un cadre au niveau du ministère est une vraie attente. C’est ce qui manque aujourd’hui », explique l’Asip.

    Assises citoyennes : une autre initiative pour donner la parole aux patients

    Bien qu’ils soient eux aussi invités à participer au Tour de France, les patients bénéficient d’une prise de parole spéciale dans le cadre des « Assises citoyennes », une autre initiative prévue dans le cadre de la feuille de route.

    L’idée est de faire intervenir en petit comité des patients à travers des cas concrets (femme enceinte, personne atteinte de diabète, etc.) pour mieux connaître et comprendre leurs attentes et leurs besoins, par exemple du point de vue des informations qu’ils souhaitent avoir à disposition au sein de l’espace numérique de santé. « Il s’agit de groupes de discussions où on les aiguille, un peu selon le modèle du « grand débat », indique l’Asip. On les fait réfléchir et on les aide. »

    La première assise est en train de se dérouler à Toulouse. Une autre session sera organisée en région avant la fin de l’année.

    Dates du Tour de France de la e-santé

  • Australie : plus de 850 000 rapports de diagnostic téléchargés dans My Health Record chaque semaine

    Plus de 850 000 rapports de diagnostic sont téléchargés chaque semaine dans My Health Record (MyHR), le dossier de santé électronique australien (récemment déployé), rapporte l’Australian Digital Health Agency (ADHA), qui précise que tous les professionnels de l’imagerie diagnostique du secteur public utilisent MyHR et que le nombre de professionnels du privé se servant de l’outil augmente par ailleurs. Le dispositif contient désormais 31 millions de documents cliniques et plus de 1,3 milliards de documents Medicare, note l’ADHA dans un communiqué publié le 30 septembre 2019.

    Ces chiffres ont été présentés en parallèle d’une mise à niveau du système annoncée le même jour. Cette dernière permettra de regrouper les rapports de pathologie et d’imagerie diagnostique ainsi que les résultats des tests médicaux des Australiens, à condition que les applications soient à même d’intégrer la liste des documents disponibles sur My Health Record.

    Les capacités améliorées de flux de travail clinique apportées par cette actualisation « permettront aux fournisseurs de soins d’identifier plus facilement et de regrouper [sur un même espace] les tests et les résultats pertinents, et ainsi de fournir les meilleurs soins possibles, notamment en suivant les réalisations de tests, pour savoir quand ils ont été réalisés, afin de surveiller les résultats des patients au fil du temps« , commente l’agence australienne.

    L’ADHA est actuellement en train de réorganiser l’infrastructure de tous les services dont elle a la charge.

  • Digitalisation, IA et protection des datas au centre des priorités d’Unicancer (rapport d’activité)

    « Unicancer et les centres de lutte contre le cancer (CLCC) se sont mobilisés pour rester à la pointe des évolutions, dans un environnement de santé qui évolue fortement : digitalisation pour une santé connectée, intelligence artificielle (IA), programmes de recherche ambitieux, équipements de pointe (…) », déclarent le Pr Patrice Viens, président de la fédération, et Pascale Flamant, déléguée générale, dans l’éditorial du rapport d’activité Unicancer 2018. L’organisation met notamment en avant dans ce document, publié le 19 septembre 2019, les innovations les plus significatives développées au sein des CLCC, avec un focus sur le développement de l’IA, présentée comme une « priorité », et de projets relatifs au numérique.

    Parmi les initiatives figurant dans le rapport se trouvent :

    • le programme Esmé (Épidemio-stratégie médico-économique), un outil d’aide à la décision en santé permettant de mesurer l’apport réel des traitements : il s’agit du premier programme en Europe visant à améliorer la prise en charge des patients à partir d’une base de données de vie réelle. Après avoir conclu des accords avec les laboratoires Roche, Pierre Fabre, Pfizer, Astrazeneca et Eisai, Unicancer a signé un partenariat de 5 ans avec le laboratoire MSD France pour le soutien de la plateforme Esmé ainsi qu’un partenariat de 2 ans avec les laboratoires Daïchi ;

    • Consore (continuum soins-recherche) : en 2018, le Centre Paul Strauss a été le 11ème CLCC à rejoindre Consore. L’outil, basé sur un système d’intelligence artificielle et du machine learning (apprentissage automatique), a été conçu pour traiter des informations présentes dans les centaines de milliers de dossiers patients des centres de luttes contre le cancer.

    IA : une « priorité » pour Unicancer et les CLCC

    « Unicancer et les CLCC agissent pour mettre les nouvelles technologies, et en particulier l’intelligence artificielle (IA), qui va bouleverser les pratiques, au service du patient, est-il noté dans le rapport d’activité de la fédération. L’IA était au cœur des débats de la convention nationale organisée par Unicancer et qui réunit, chaque année, la communauté des CLCC autour d’une thématique différente. »

    Un partenariat scientifique avec la start-up DOSIsoft

    Unicancer a signé un partenariat scientifique avec la start-up DOSIsoft autour de la solution logicielle EPIbeam pour optimiser la sécurité du patient en radiothérapie.

    6 CLCC (le Centre Jean PERRIN, le Centre Georges-François Leclerc, l’Institut Godinot, l’Institut Curie, l’Institut Claudius Regaud – IUCT Oncopole de Toulouse et le Centre Léon Bérard) ont participé à l’évaluation de l’outil pendant 9 mois dans des conditions d’usage clinique. Cela a permis de démontrer la précision de la capacité d’EPIbeam à réaliser de manière fiable les contrôles en routine clinique.

    • À l’avenir, la fédération souhaite développer les partenariat avec des start-up et des industriels « pour intégrer l’IA au cœur de ses projets et de ceux des centres, afin de tirer profit des algorithmes pour mieux soigner et guérir des patients », commente-t-elle.

    Consore : exploiter le big data pour améliorer l’offre de soins et la recherche

    En 2018, le Centre Paul Strauss a été le 11ème Centre à rejoindre Consore (Continuum soins-recherche), un outil développé par Unicancer et utilisant les technologies de l’intelligence artificielle et du machine learning afin de traiter des informations présentes dans les centaines de milliers de dossiers patients des CLCC.

    Consore est identifié comme un outil d’intérêt dans le rapport sur la mise en place du futur Health Data Hub, indique Unicancer. Il donne notamment aux patients l’opportunité de bénéficier rapidement des avancées thérapeutiques. « Des dossiers partagés avec les CHU sont testés, ainsi que la recherche de traitements à partir des comptes rendus ou courriers qui permet de retrouver des informations sur des actes thérapeutiques effectués en dehors du centre », précise la fédération.

    • Le Centre Antoine Lacassagne, le Centre Henri Becquerel et l’Institut Claudius Regaud – IUCT Oncopole de Toulouse ont exprimé leur intérêt d’installer Consore en 2019.
    • Parmi les évolutions en cours :
      • une amélioration de l’ergonomie de l’outil pour faciliter la prise en main de l’outil et son utilisation par les médecins des centre ;
      • un travail sur des évolutions permettant de cadrer parfaitement avec les normes réglementaires.

    Digitalisation et e-santé : « des opportunités majeures pour innover »

    L’un des objectifs d’Unicancer est de « créer de la synergie sur la digitalisation au sein et entre les centres de lutte contre le cancer ».

    La digitalisation et la e-santé « représentent des opportunités majeures pour innover dans la recherche, les traitements, mais également pour fluidifier la relation ville-hôpital et les parcours de soins, faciliter le virage ambulatoire et associer le patient à toutes les étapes de sa prise en charge », est-il expliqué dans le rapport d’acivité.

    • Le recensement des projets e-santé des Centres sera actualisé en 2019.
    • Des « Pitch’Unicancer », webinars de 30 minutes seront organisés tous les 15 jours pour présenter les outils et les projets e-santé développés dans les CLCC afin de les faire connaître, de favoriser leur essaimage et de développer des partenariats.
      • Internes dans un premier temps, ils seront dans un deuxième temps ouverts à des start-up souhaitant présenter leur projet aux Centres.

    Numérisation de l’outil Premaco, outil d’aide à la préparation de la consultation médicale

    Unicancer a testé en 2018 un premier recueil de résultats rapportés par les patients (PROMs – patient-reported outcome measures) par l’intermédiaire d’un outil d’aide à la préparation de la consultation médicale appelé « Premaco » (« PREparer MA Consultation). Il permet aux patients pris en charge dans un centre de préparer en amont leur consultation afin d’optimiser ce temps avec leur médecin.

    « L’objectif de Premaco est de faciliter le dialogue entre le patient et son médecin en aidant le patient à mieux exprimer ses besoins et en facilitant le partage de la décision sur la prise en charge, précise Unicancer. À moyen terme, il s’agira de contribuer à améliorer l’observance des traitements et l’orientation du patient dans son parcours. »

    L’outil a été testé en 2018 sous la forme d’un questionnaire papier, auprès de patients traités pour une leucémie myéloïde chronique (LMC) ou par hormonothérapie (sans distinction sein ou prostate) dans 6 CLCC : l’Institut Bergonié, le Centre Georges-François Leclerc, l’Institut Curie, l’Institut Paoli-Calmettes et le Centre Antoine Lacassagne. « Les retours des patients et des médecins ont été particulièrement positifs, ouvrant la voie au développement de l’outil dans le réseau des CLCC, en l’adaptant à chacun d’entre eux », commente la fédaration.

    • En 2019, Unicancer souhaite digitaliser l’outil Premaco. Les étapes prévues sont les suivantes :
      • rédaction d’un cahier des charges ;
      • publication d’un appel d’offres et choix des prestataires ;
      • prototypage de l’outil ;
      • mise en œuvre.

    De manière concrète, les patients rempliront un questionnaire numérique d’aide à la préparation de la consultation médicale et d’orientation du parcours du patient. À partir de ce dernier, une synthèse des résultats sera réalisée. Elle donnera lieu à des observations et à des conseils personnalisés. À terme, l’objectif est de déployer Premaco pour qu’il soit disponible dans tous les centres de lutte contre le cancer.

    Protection des données : une autre priorité pour Unicancer et des CLCC

    « La sécurisation des données personnelles de santé représentant un sujet majeur auquel Unicancer et les CLCC sont particulièrement sensibles, le réseau était prêt pour l’entrée en vigueur, en mai 2018, du Règlement général sur la protection des données (RGPD) », note Unicancer.

    Un data protection officer (DPO) a été nommé au sein de la fédération, avec un périmètre incluant les données patients mais aussi celles des salariés, des donateurs et des mécènes. Le DPO intervient de manière transversale avec l’ensemble des directions d’Unicancer, est-il précisé.

    Un DPO a également été désigné dans chaque CLCC et un groupe de travail dédié a été créé. Il s’est réuni pour la première fois en mai 2018. Il suit notamment les évolutions de la réglementation (RGPD et Loi informatique et libertés).

    Recherche : des projets pour innover dans le traitement des cancers

    « L’année 2018 a consacré, avec la certification ISO 9001, la qualité de la recherche clinique d’Unicancer et des Centres, déclarent la fédération. Elle a également permis la poursuite de nombreux projets de recherche ainsi que le développement de partenariats stratégiques pour améliorer les traitements proposés aux patients, faire progresser les connaissances, innover dans le traitement des cancers, dans le respect de la confidentialité et de la sécurité des données personnelles. »

    Esmé : 1er programme en Europe visant à améliorer la prise en charge sur la base de données de vie réelle

    Esmé est un outil d’aide à la décision en santé permettant de mesurer l’apport réel des traitements. Il s’agit du premier programme en Europe visant à améliorer la prise en charge des patients à partir d’une base de données de vie réelle.

    Esmé mesure l’apport des traitements innovants. Actuellement, le programme a été développé dans 3 domaines : poumon (le programme comprendra à terme plus de 26 000 patients pris en charge dans des CLCC, des CHU et des CHG)/immunothérapie, ovaire (le programme centralisait l’ensemble des données de vie réelle de plus de 6 000 patientes en 2018) et sein métastatique (plus de 20 000 patientes).

    Après avoir conclu des accords avec les laboratoires Roche, Pierre Fabre, Pfizer, Astrazeneca et Eisai, Unicancer a signé un partenariat de 5 ans avec le laboratoire MSD France pour le soutien de la plateforme Esmé ainsi qu’un partenariat de 2 ans avec les laboratoires Daïchi.

    • Unicancer et les centres de lutte contre le cancer envisagent de « poursuivre rapidement le développement de nouveaux partenariats, qui porteront sur d’autres pathologies », est-il indiqué dans le rapport. Les premiers appels à projets pour Esmé Poumon/Immunothérapie et ESMÉ Ovaire pour valorisation scientifique auront lieu en 2019.

    Focus sur 4 projets innovants développés au sein des CLCC

    Centre Paul Strauss (Strasbourg) : vidéo-assistance au service de la qualité et de la sécurité des chimiothérapies

    Le Centre Paul Strauss s’est équipé du dispositif de vidéo-assistance Drugman de la société Eurekam : il vise à améliorer la qualité et la sécurité du processus de préparation des chimiothérapies.

    Il s’agit du premier établissement de santé de la région Grand Est à s’être doté de cette technologie de reconnaissance faciale appliquée aux reconstitutions de chimiothérapie sous hotte à flux laminaire.

    Institut Paoli-Calmettes (Marseille) : une nouvelle plateforme d’imagerie de la femme

    La nouvelle plateforme d’imagerie de la femme de l’Institut Paoli-Calmettes a été élaboré afin d’améliorer l’accessibilité au dépistage et au diagnostic du cancer du sein et favoriser le bien-être des patientes.

    « Plus grande, avec plus d’équipements de pointe, elle renforce l’offre intégrée de dépistage proposée aux femmes de la région PACA et de Corse, détaille Unicancer. La réduction des délais d’attente pour un rendez-vous permettra d’éviter des pertes de chances et des soins plus lourds. »

    Centres de Reims, Dijon, Nancy : la réalité virtuelle au service de la formation et des traitement

    L’Institut Godinot (Reims) et le Centre Georges-François Leclerc (Dijon) ont acquis 2 casques de réalité virtuelle utilisant des techniques d’hyphnose clinique (auprès de la start-up Oncomfort pour le premier et de C2Care pour le second). Ils ont été mis au point pour faire vivre aux patients qui les portent une expérience immersive relaxante avant la réalisation d’actes anxiogènes ou douloureux.

    L’Institut de cancérologie de Lorraine (Nancy) est partenaire du projet européen NHL Chir-Ex, une approche de simulation virtuelle ayant pour but d’améliorer et d’harmoniser la formation multiprofessionnelle en radiothérapie.

    Centres de Montpellier, Angers-Nantes : un nouveau robot chirurgical dédié à la recherche clinique

    L’Institut du cancer de Montpellier a été sélectionné, avec 4 autres établissements français, pour mettre en place un nouveau robot chirurgical dédié à la recherche clinique, le Da Vinci Xi (Intuitive Surgical).

    Le robot CHIP-e (Consultation hospitalière individuelle pharmaceutique) assistée par robot, a été intégré à l’Institut de cancérologie de l’Ouest (Angers-Nantes) afin d’améliorer la prise en charge des patients traités pour leur pathologie cancéreuse par voie orale. « Un e-assistant permet de valider la compréhension globale du traitement et d’habituer, en plein développement de la e-santé, le patient aux outils informatiques », explique Unicancer.

  • L’Institut Montaigne propose de lancer « un Health Data Hub européen » (rapport)

    Un « pilotage de l’innovation en santé à l’échelle européenne ». C’est ce que recommande le rapport publié par l’Institut Montaigne le 19 septembre 2019 sous le titre « Médicaments innovants : prévenir pour mieux guérir ». Dans la proposition 12 de ce document, l’organisme propose aux pays membres de collaborer autour des 4 axes complémentaires suivants :

    • l’accélération des réflexions autour d’une politique européenne d’évaluation des produits de santé via le Health Technology Assessment (HTA)* ;
    • la mise en place d’ un « horizon scanning européen de l’innovation en santé », qui donnerait « une vision prospective des innovations à venir » ;
    • l’harmonisation des méthodologies d’impact budgétaire au niveau européen ;
    • « un Health Data Hub européen afin d’agréger les données de vie réelle » : les registres de données de vie réelle des pays membres seraient consolidé « afin de mutualiser les coûts et [d’] élargir les populations étudiées », et le dispositif copiloté avec les acteurs publics et privés.

    À l’échelon national, l’institut envisage (proposition 10) « un grand hub des technologies de santé inspiré de celui de la ville de Boston ».  Il s’agirait de « réunir une fois par an responsables politiques et administratifs, autorités de santé, patients, professionnels de santé et laboratoires pharmaceutiques » pour « un pilotage stratégique de l’innovation en santé tenant compte des grands objectifs de santé publique et des innovations sur lesquelles les laboratoires travaillent ».

    Dans la proposition 7 est lancé l’idée d’« expérimenter de nouveaux modèles de financement en s’appuyant sur des registres de vie réelle » et le Health Data Hub. Il s’agirait d’envisager « la fixation d’un prix conditionnel qui serait révisé en fonction des résultats postérieurs à la mise sur le marché » grâce à  un suivi systématique de l’usage des traitements innovants, mis en place « dès lors que ceux-ci ont des impacts sanitaires et/ou économiques significatifs[, ]dès la mise à disposition de l’innovation thérapeutique via le mécanisme d’ATU ». 

    Le rapport recommande également de « promouvoir le développement d’outils numériques d’aide à la prescription afin d’améliorer le bon usage des innovations thérapeutiques » (proposition 9 ). L’objectif serait de fournir un guide aux médecins « afin qu’ils puissent bénéficier des recommandations les plus actualisées et prescrire les médicaments les plus pertinents pour un patient donné ». Ces mêmes outils pourraient être utilisés pour « mesurer l’observance et collecter des données de vie réelle ».

  • La télépsychiatrie permet aux hôpitaux américains de réduire leurs coûts (rapport Business Insider)

    « Les solutions de télépsychiatrie ont aidé les hôpitaux à mieux affecter leurs effectifs réduits de spécialistes, à réduire les temps d’attente pour les patients et à optimiser leurs flux dans les services d’urgence ». C’est ce que révèle le document The Telemental health Report daté de septembre 2019 et publié par Business Insider. Les auteurs de ce rapport prônent le recours à la télémédecine pour lutter contre la crise que traverse la psychiatrie américaine, qui pourrait coûter 238 milliards de dollars (215 Mds €) en 2020.

    Les conclusions du rapport sont les suivantes : 

    • la télépsychiatrie permet aux hôpitaux de réduire leurs coûts en élargissant le nombre de praticiens mobilisables, en leur évitant les pénalités liées aux réadmissions inutiles de patients et en leur permettant d’atteindre davantage de patients ;

    • de plus en plus d’établissements se tourneront vers la télépsychiatrie à mesure de l’aggravation de la crise de la psychiatrie malgré les obstacles qui persistent : coûts initiaux et difficultés à obtenir des remboursements ;

    • les établissements de santé adopteront des approches différenciées de la télépsychiatrie, selon leur taille et leur pouvoir d’achat. Certains s’appuieront uniquement sur les spécialistes qu’ils emploient, d’autres auront recours à des partenaires extérieurs.

    L’ensemble de l’étude, payante, est accessible via ce lien.

  • Le rapport Ruralités propose de déployer des plateformes de télémédecine dans les territoires ruraux

    « Développer les plateformes de télémédecine dans les territoires ruraux, par exemple dans les maisons France services, les pharmacies d’officine ou les maisons de santé ». C’est l’une des 200 propositions du rapport « Ruralités : une ambition à partager » qui a été remis le 26 juillet 2019 à Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, en visite dans l’Allier. Ses 5 auteurs*, experts missionnés en mars par la ministre, y détaillent 200 mesures d’accompagnement des zones rurales pour améliorer la vie des habitants.

    « Ces propositions viendront nourrir un plan d’actions (qui sera présenté au second semestre 2019) à travers un « Agenda rural » déployé dans la durée , indique le Commissariat général à l’égalité des territoires sur son site web. Une démarche qui fait écho à l’initiative européenne de développer un agenda rural dans l’Union européenne, à l’instar de son agenda urbain. »

    Les différentes mesures portent sur diverses thématiques touchant les territoires ruraux, soit le numérique, la culture, le logement, les services publics mais aussi la santé, notamment pour tenter de résoudre les problèmes d’accès aux soins dans les zones sous-dotées en professionnels de santé.

    « La question de l’accès aux soins est devenue, sans aucun doute, la préoccupation numéro un des habitants des territoires ruraux, tant la situation en matière de démographie médicale s’est dégradée ces dernières années et tant cette dégradation cristallise le sentiment d’abandon qui se développe dans ces espaces », commentent les auteurs du rapport. La mission propose que l’État « négocie sans délai avec les syndicats représentatifs des professionnels de santé, les associations de collectivités et les universités un « accord national de responsabilité collective » traduisant la mobilisation de l’ensemble des acteurs pour répondre à l’enjeu national que représente la résorption des déserts médicaux ».

    Déserts médicaux : la mission propose que l’État négocie un « accord national de responsabilité collective »

    « Si les mesures annoncées récemment par le Gouvernement et inscrites dans le projet de loi sur la santé, comme la fin du numerus clausus, la création d’assistants médicaux ou la possibilité donnée aux pharmaciens de prescrire certains médicaments sur ordonnance, vont incontestablement dans le bon sens, celles-ci risquent de s’avérer insuffisantes et surtout mettront du temps à porter leurs effets », estiment les auteurs du rapport, pour qui le développement de la télémédecine « est une bonne chose, à l’image de l’installation de cabinets de téléconsultations médicales dans le Loiret avec l’appui de l’ARS27 » mais « ne suffira pas à endiguer le problème de la démographie médicale ».

    « Or, il y a urgence », jugent-ils. Ils appellent le Gouvernement à déclarer « une véritable mobilisation générale et en appeler à la responsabilité de tous : État, collectivités et professionnels de santé ».

    « Ces derniers ne peuvent se contenter de revendiquer le principe de liberté d’installation sans ne prendre aucune part dans la résolution du problème de l’inégale répartition géographique des professionnels de santé ou renvoyer cette résolution à la seule responsabilité des pouvoirs publics, nationaux ou locaux, alors même que la profession médicale s’appuie très largement sur la solidarité nationale que ce soit pour le financement des études de médecine ou la solvabilisation de la patientèle », commentent les auteurs du document. Ils notent que « l’incompréhension de concitoyens sur cet état de fait est de plus en plus grande », citant un sondage paru dans Le Figaro le 3 juin 2019, selon lequel 60 % des Français se déclarent favorables à des mesures plus coercitives pour lutter contre les déserts médicaux.

    La mission appelle le Gouvernement à prendre des mesures « plus fortes, plus rapides, véritablement à la hauteur de la situation »

    « Si la mission entend les réserves de nombreux acteurs sur la faisabilité de mesures consistant en une obligation d’installation dans les secteurs sous dotés, elle en appelle néanmoins le Gouvernement à prendre des mesures plus fortes, plus rapides, véritablement à la hauteur de la situation, est-il annoncé dans le rapport. Elle propose donc que l’État négocie sans délai avec les syndicats représentatifs des professionnels de santé, les associations de collectivités et les Universités un « accord national de responsabilité collective » traduisant la mobilisation de l’ensemble des acteurs pour répondre à l’enjeu national que représente la résorption des déserts médicaux. »

    Cet accord comporterait des engagements quantifiés de la part de :

    • l’État sur la pérennisation et le développement de dispositifs existants comme les communautés professionnelles et territoriales de santé (CPTS), les contrats d’engagement de service public (CESP), les praticiens territoriaux de médecine générale (PTMG), l’aide à l’installation, les exonérations fiscales ou le maintien des structures hospitalières de proximité) ;
    • des collectivités sur l’appui à la création de maisons de santé pluridisciplinaires et la négociation de contrats locaux de santé ;
    • des professionnels de santé ainsi que des facultés de médecine sur l’obligation pour les internes de réaliser des stages en milieu rural et pour les médecins d’être maîtres de stages, pour les universités d’informer les étudiants en médecine des dispositifs d’aide à l’installation existants et des formations à distance.

    Si aucun accord n’est conclu dans les 6 mois ou si ses objectifs se sont pas atteints dans les 2 ans après sa signature, « le Gouvernement annoncerait prendre une mesure de régulation temporaire, visant à interdire tout nouveau conventionnement au régime de sécurité sociale dans les secteurs mieux dotés que la moyenne nationale », complètent les auteurs du rapport. Cette mesure de régulation « prévaudrait le temps nécessaire à un rééquilibrage territorial de l’implantation en professionnels de santé ».

    Garantir l’accès à un médecin généraliste en moins de 20 minutes et à un service d’urgence en moins de 30 minutes

    Cette méthode, « privilégiant le dialogue mais en appelant à la responsabilité de chacun[, fixe] un objectif ambitieux et quantifié de résorption des déserts médicaux sous deux ans, assorti d’une éventuelle mesure de régulation », est-il indiqué.

    Cette méthode doit permettre une garantie d’accès :

    • à un médecin généraliste en moins de 20 minutes ;
    • à un service d’urgence en moins de 30 minutes ;
    • à une maternité à moins de 45 minutes.

    « Cela nous paraît constituer un bon compromis aux débats incessants sur la question de la liberté d’installation des médecins », estiment les auteurs du document.

    Un accord décliné localement sous l’égide des ARS et des conférences territoriales de santé

    La mise en œuvre de cet accord national se déclinerait localement, sous l’égide des agences régionales de santé (ARS) et des conférences territoriales de santé ainsi que dans le cadre des contrats locaux de santé, là où ils existent.

    « Cette nouvelle approche suppose que les [ARS] jouent davantage un rôle d’accompagnement des projets des élus et des professionnels de santé, est-il précisé. Il s’agit également de confier aux [agences régionales de santé un rôle d’appui au recrutement dans les hôpitaux et les territoires sous-dotés. Elle ne dispense pas de la poursuite et même du développement d’autres mesures comme le déploiement de la télémédecine (sous réserve qu’elle demeure complémentaire et ne se substitue pas à la présence physique). »

    Par ailleurs, la mission soutient le « recrutement direct par l’État », par le biais des ARS, de médecins salariés « affectés aux territoires les moins dotés, là où l’aggravation de la pénurie médicale fait courir un risque grave pour la santé des habitants », est-il indiqué. Ces recrutements doivent intervenir, là aussi, « à titre transitoire, le temps que la situation s’améliore », notent les auteurs du document.

    Propositions « pour une santé accessible à tous »

    Les mesures d’urgence à prendre selon le rapport :

    • 1. rendre obligatoire les stages des internes en milieu rural, ce qui représenterait l’équivalent de 3000 médecins immédiatement disponibles ;
    • 2. accélérer le recrutement de 400 médecins salariés par le Gouvernement en zones sous-dotées et porter ce nombre à 600.

    Engager une mobilisation nationale pour la santé (« Duquesne de la santé ») :

    • 1. négociation d’un accord national de responsabilité collective (État-ARS-syndicats-universités) pour s’engager à résorber les déserts médicaux et garantir la mise en œuvre effective de la permanence des soins sur tout le territoire ;
    • 2. déclinaison de cet accord à travers des contrats de responsabilité collective locaux, à l’échelle des contrats locaux de santé lorsqu’ils existent, ou des départements à défaut, pour atteindre cet objectif. Ces contrats sont dotés d’objectifs quantifiés, des engagements de chacune des parties, des incitations financières renforcées ou d’une amélioration des outils existants
    • 3. mise en œuvre de ces contrats par les ARS, via le déploiement des outils existants (communautés professionnelles et territoriales de santé, contrats d’engagement de service 51 public, praticiens territoriaux de médecine générale, maîtres de stages en milieu rural pour accueil d’internes, etc) ;
    • 4. assignation de missions nouvelles aux ARS et renforcement de leurs moyens dans les zones sous-dotées ;
    • 5. engagement des Universités à promouvoir les dispositifs d’engagement existants et de généraliser l’offre d’enseignement à distance ;
    • 6. évaluation de la mise en œuvre et de l’efficacité des contrats de responsabilité collective au bout de deux ans par les comités territoriaux de santé à l’échelon local, et par le Parlement au niveau national ;
    • 7. si au bout de deux ans, il n’y a pas de changement significatif, adoption de mesures coercitives de régulation de l’installation des médecins sur le modèle des pharmaciens tant que dure la pénurie.

    Les mesures d’accompagnement à prendre durant la période de transition :

    • 1. élargir le champ d’intervention des pharmaciens et infirmières en développant de nouvelles pratiques en faveur de l’ambulatoire (délégation d’actes, infirmières en pratique avancée) ;
    • 2. développer les plateformes de télémédecine dans les territoires ruraux, par exemple dans les Maisons France Services, les pharmacies d’officine ou les maisons de santé ;
    • 3. demander aux ARS de participer au recrutement dans les hôpitaux et les territoires sous-dotés ;
    • 4. généraliser à l’échelle départementale des plateformes téléphoniques communes (pompiers, gendarmerie, Samu, urgences, médecin de garde, etc.) pour apprécier le bon niveau de prise en charge et orienter les appels ;
    • 5. encadrer le recours à l’activité intérimaire pour les médecins hospitaliers sauf s’ils interviennent dans plusieurs établissements différents, afin de limiter le coût pour les hôpitaux ;
    • 6. introduire une dotation supplémentaire pour les services d’urgences dans les secteurs sous-dotés afin de mieux tenir compte du surcroît d’activité lié à la faible densité en médecins ;
    • 7. organiser de manière impérative les gardes des médecins généralistes à l’échelle d’un bassin de santé ou d’un département.