Rapport

  • Health Data Hub : état d’avancement et premières réalisations prometteuses des projets (bilan)

    17 projets soutenus par le Health Data Hub (HDH) depuis sa création visent à démontrer l’importance du croisement des données de santé, de leur réutilisation pour faire avancer la santé et du rôle du HDH dans leur mise en œuvre, comme le présente un rapport publié par le HDH le 9 janvier 2024. Intitulé “État d’avancement des premières réalisations prometteuses des projets accompagnés par le Health Data Hub”, ce document étaye la progression de projets qui touchent à de nombreuses pathologies et qui croisent des données à caractéristiques différentes issues de diverses bases, même si celles-ci sont souvent “chaînées à celles de l’Assurance Maladie“.

    Créé en 2019 comme groupement d’intérêt public (GIP), le HDH – aussi appelé “Plateforme de données de santé” – doit permettre de “veiller à la qualité des données de santé et aux conditions générales de leur mise à disposition, garantissant leur sécurité et facilitant leur utilisation dans le respect de la protection des données personnelles sur l’ensemble du territoire”. C’est dans cet objectif que de nombreuses vagues d’appels à projets (AAP) ou à manifestation d’intérêt (AMI) ont été lancées ces 4 dernières années, promettant un accompagnement par le Hub des projets qui sauront faire évoluer le monde de la santé : AMI et AAP sur l’intelligence artificielle (IA) en santé, AMI pour la bibliothèque ouverte d’algorithmes en santé, Data Challenges en santé, AAP du HDH…

    Des allergies aux pollens au cancer du sein

    Prise en charge des patients greffés rénaux, réduction des crises d’insuffisance cardiaque, prévention des allergies aux pollens, adaptation du parcours de dépistage organisé des cancers du sein… les projets soutenus par le HDH vise à promouvoir le traitement et la prévention de diverses maladies et ne se concentrent donc pas sur une seule pathologie ou une seule source de données. Et si seulement 17 projets ont été retenus pour figurer dans ce rapport, il est important de rappeler que depuis 2019, ce sont plus de 30 projets ont été et sont toujours accompagnés par le HDH. 

    “Les projets que le Health Data Hub accompagne contribuent à améliorer le système de soin et la santé des personnes, et leur succès tient au travail d’équipe avec les porteurs de projets”, ont souligné Stéphanie Combes et Gérard Raymond, respectivement directrice et vice-président du HDH, dans le rapport. Ils rappellent aussi que par le biais de ces projet, les données présentes dans la Plateforme peuvent être utilisées par tous les acteurs qui ont “la légitimité d’utiliser les données à des fins d’utilité publique”, qu’ils soient des établissements de soins, des start-ups et industriels, ou des associations d’usagers du système de santé.

    Plus de 7 000 projets déposés au HDH depuis sa création

    A date, les établissements de santé ont déposé le plus de projets auprès de HDH (3 652 sur 7520 projets déposés en 4 ans), loin devant les industriels de la santé (1 427 projets) et les universités/écoles (598 projets).

    Dans un indicateur publié en décembre 2022 et faisant le bilan de l’état d’avancement des projets déposés dans le HDH et des sources de données mobilisées, Health & Tech Intelligence (H&TI) avait relevé que “sur les 2 224 dossiers déposés au Health Data Hub, 2 164 ont été instruits et 1 621 transmis au Cerees / Cesrees, dont 1 309 (80,8 %) ont reçu un avis favorable et 102 (6,3 %) un avis défavorable (156 un avis réservé : 9,6 %). Concernant les 1 224 dossiers déposés à la Cnil, 954 (77,9 %) ont été autorisés et 33 (2,7 %) refusés”.

    Un indicateur en 4 parties

    À l’occasion de la parution de ce rapport, H&TI présente dans cet indicateur en 4 parties, un bilan des projets déposés au HDH :
    1️⃣ état d’avancement et premières réalisations prometteuses de 17 projets du HDH ;
    2️⃣ focus sur 2 exemples de projets ;
    3️⃣ projets déposés pour une demande d’autorisation Cnil de 2017 à 2022 ;
    4️⃣ pour aller plus loin : ressources utiles + dernières informations relatives au HDH.

    17 PROJETS SOUTENUS PAR LE HDH

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    FOCUS SUR 2 EXEMPLES DE PROJETS


    Le projet Hydro

    Hydro a pour objectif de développer une solution permettant de prédire les crises d’insuffisance cardiaque nécessitant une hospitalisation pour les patients porteurs de prothèses rythmiques implantables grâce à l’analyse par intelligence artificielle (IA) des données cliniques et de télésuivi. Ce projet porté par Implicity est l’un des 10 lauréats sélectionnés à l’issue du premier appel à projets organisé par le HDH en avril 2019, un appel à projets « pilotes » au triple objectif : soutenir les usages innovants de la donnée de santé, participer à la construction et au développement du Hub et démontrer la valeur de la donnée.

    De par le déploiement de sa plateforme universelle de télésuivi des prothèses rythmiques implantables auprès de plus de 45 centres en France et à l’international depuis 2016, Implicity dispose de multiples données de télésuivi, qui s’avèrent utiles dans le cadre du projet Hydro.

    En 2021, un an après être devenu le premier projet soutenu par le HDH à être autorisé par la Cnil, le projet a franchit une nouvelle étape après un an de travail préparatoire : l’utilisation des données mises à disposition sur l’espace projet sécurisé du HDH. Pour l’occasion, le Hub avait dévoilé le parcours des données patients dans le cadre de ce projet :

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    L’espace projet sécurisé du HDH permet d’accueillir un appariement probabiliste entre 2  sources de données : 

    • les données des implants cardiaques de plus 35 000 patients français en soin courant, collectées sur la plateforme Implicity ;
    • les données du système national des données de santé(SNDS) liés aux actes remboursés et aux hospitalisations.Le croisement de ces deux sources de données permet d’entraîner les modèles prédictifs dans ce même espace sécurisé  : l’espace projet permet le développement d’algorithmes IA dans un environnement cloisonné. À la fin du projet, Implicity n’exportera que ses logiciels mais pas les données de santé, qui seront effacées.

    📌 Pour aller plus loin : 

    Le projet jumeau numérique “état de santé d’un territoire”

    Résoudre le problème de l’errance thérapeutique concernant les allergies respiratoires dues aux pollens : c’est l’objectif du groupe Vyv, tête de fil d’un consortium composé du Health Data Hub (HDH) et du Datalab Normandie (région de Normandie), qui porte le projet « jumeau numérique : état de santé d’un territoire », visant à évaluer l’état de santé de la région Normandie par rapport aux allergies aux pollens.

    Ce projet a été lauréat en 2021 de l’appel à projets « données et technologies associées, appliquées à la santé », lancé par le Datalab Normandie : il avait pour ambition de « créer le jumeau numérique, c’est-à-dire, la copie numérique de l’état de santé du territoire par rapport aux allergies aux pollens » afin de permettre de mettre en place des outils de visualisation et d’aide à la décision.

    Après 2 ans d’accompagnement par le Health Data Hub et le Datalab Normandie, le projet du groupe Vyv commence à prendre forme, notamment grâce au croisement de données de santé et de données environnementales, qui a permis la création d’un indicateur pour expliquer les « corrélations et les mécanismes de causalité entre santé et pollens ».

    📢 Mettre en place une prévention et des alertes polliniques 

    Il s’écoule en moyenne 7 ans avant qu’une personne souffrant d’asthme ou de rhinite allergique ne soit diagnostiquée : une exposition aux allergènes peut conduire à une aggravation de son état de santé ou à l’apparition de nouvelles pathologies. Une meilleure connaissance des périodes au cours desquelles le risque de présence d’allergènes dans l’air est élevé permettrait d’éviter ces complications et de mieux traiter les personnes asthmatiques.

    Le groupe Vyv et ses partenaires ont développé des algorithmes d’IA permettant de cartographier la présence du pollen ainsi que l’état de santé (grâce aux prescriptions médicales) des Normands à travers les années, afin d’étudier les corrélations entre l’apparition du pollen et de problèmes de santé. Ils sont pour l’instant parvenus à cartographier la localisation et les périodes de diffusion de 3 types de pollen – les plus présents dans la région – à travers les années, en les classant par saison et par département. 

    📌 Pour aller plus loin : 


    PROJETS DÉPOSÉS AUPRÈS DE LA CNIL (2017-2022)

    Les données présentées dans cette partie concernent les demandes d’autorisation Cnil d’accès aux données de santé déposés au Health Data Hub entre le 28 août 2017 et le 5 septembre 2022.

    La partie 4 (sur la mise à disposition des données SNDS par la Cnam) ne concerne que les dossiers portant sur une extraction SNDS ou l’échantillon généraliste de bénéficiaires (EGB).

    “Les délais sont affichés à titre indicatif et ne peuvent être imputés aux différents organismes, la réactivité du porteur de projet au cours du processus rentrant également en compte”, précise le Health Data Hub sur son site web (d’où les données ci-après sont extraites).

    Le type de structures desquelles proviennent les responsables de traitement :

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    Les sources de données mobilisées :

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    1️⃣ LES DOSSIERS DÉPOSÉS AU HEALTH DATA HUB :

    Sur les 2 224 dossiers déposés au Health Data Hub :

    • 2 164 ont été instruits* ;
    • 1 621 transmis au Cerees / Cesrees.

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    * Certains dossiers peuvent être en cours d’instruction ou jugés incomplets dès réception et non instruits.

    ** Pour les dossiers transmis au Cerees / Cesrees.

    *** Le délai de transmission maximal observé est de 7 jours ouvrés.


    2️⃣ AVIS DU CEREES / CESREES :

    Sur les 1 621 dossiers transmis au Cerees / Cesrees :

    • 1 309 (80,8 %) ont reçu un avis favorable ;
    • 102 (6,3 %) ont reçu un avis défavorable ;
    • 156 (9,6 %) ont reçu un avis réservé.

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    Sur les 1 448 dossiers transmis au Cerees / Cesrees, 1 581 (97,5 %) sont passés par la commission d’expertise (dossiers tacitement favorables et en cours non comptés) :

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    3️⃣ DÉCISION DE LA CNIL :

    Sur les 1 224 dossiers déposés à la Cnil :

    • 954 (77,9 %) ont été autorisés ;
    • 33 (2,7 %) ont été refusés.

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    4️⃣ MISE À DISPOSITION DES DONNÉES SNDS PAR LA CNAM :

    Cette partie ne concerne que les dossiers dont la source de données mobilisée est le SNDS historique en dehors du PMSI et du Cépidc seuls. Le Health Data Hub ne suit pas la mise à disposition des données pour ces deux dernières sources.

    Sur les 596 dossiers autorisés par la Cnil :

    • 359 conventions ont été signées avec la Cnam ;
    • 355 jeux de données ont été mis à disposition.

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    * Hors dossiers ayant été neutralisés lors la signature de la convention.

    ** Hors dossiers ayant été neutralisés lors la mise à disposition des données.

    *** Hors dossiers ayant été neutralisés au cours du processus de demande.


    🔎 POUR ALLER PLUS LOIN


    Ressources utiles :

    • tous les projets déposés auprès du Health Data Hub sont référencés dans le répertoire public des projets, accessible via ce lien ;
    • présentation des projets lauréats via ce lien.

    Dernières informations relatives au Health Data Hub (H&TI 2022-2023) :

    📌 Réglementaires :


    📌 Appels :


    📌 Initiatives/partenariats :


    📌 Projets retenus/bases au catalogue :


    📌 Formation/Accompagnement :


    📌 Europe :

  • IA générative : 5 domaines de l’industrie pharmaceutique radicalement transformés (rapport McKinsey)

    Accélérer la découverte de médicaments, rendre les essais cliniques plus efficaces, raccourcir les délais réglementaires, développer un marketing ultra ciblé et fabriquer du matériel médical en interne : ce sont là les principales propositions de valeur de l’intelligence artificielle (IA) générative pour le secteur pharmaceutique selon un rapport publié par McKinsey en janvier 2024, intitulé : “Generative AI in the pharmaceutical industry: Moving from hype to reality“.

    Une transformation globale de l’industrie pharmaceutique ?

    L’IA générative transforme pratiquement tous les aspects de l’industrie pharmaceutique, notamment la manière dont les entreprises opèrent, permettant ainsi de générer un chiffre d’affaires nettement supérieur.

    Sur 63 cas d’usage de l’IA générative étudiés, les auteurs du rapport ont analysé 5 domaines dans l’industrie pharmaceutique où cette technologie a un impact probant :
    ➡️ la recherche et la découverte ;
    ➡️ le développement clinique ;
    ➡️ les opérations ;
    ➡️ le commercial ;
    ➡️ et les affaires médicales.

    60 à 110 Mds$ de chiffre d’affaires généré ?

    McKinsey estime que l’IA générative pourrait générer “de 60 à 110 milliards de dollars par an dans l’industrie pharmaceutique et médicale”, notamment en boostant la productivité grâce à une optimisation des processus de fabrication des médicaments, ainsi qu’en accélérant leur développement et leur mise sur le marché.

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    Une nouvelle génération de traitements

    Même si la compréhension des maladies avance rapidement, le processus de découverte et de développement des médicaments a avancé dans la direction opposée, souligne le rapport. Dans un tel contexte, l’IA générative pourrait :

    • accélérer la recherche de cibles ;
    • développer des tests de vérification et sélectionner les meilleures pistes ;
    • et assister les essais précliniques tour en déterminant leur efficacité.

    Certains outils comme BioGPT et Med-PaLM sont déjà utilisés pour analyser des données massives relatives aux pathologies étudiées. Augmenter les capacités des IA utilisées avec des modèles plus larges et des moyens plus établis “comme la vision par ordinateur, le criblage virtuel et des graphes de connaissance” pourrait “réduire de moitié le temps de découverte d’un médicament”.

    Une donnée meilleure pour des essais plus intelligents

    Les auteurs rappellent qu’en moyenne, “il faut 10 ans et 1,4 milliard de dollars pour sortir un seul médicament sur le marché”. Environ 80 % de ces coûts seraient liés au développement clinique selon des chercheurs du Tufts Center.

    Le développement clinique consiste à amener des thérapies du laboratoire aux patients en testant la sécurité et l’efficacité sur des sujets humains. Un processus fastidieux à cause des longs essais et d’une régulation particulièrement rigoureuse. L’IA générative répond à ces problèmes en débloquant une valeur économique en 3 dimensions :

    • près de 50 % de coûts réduits par le “streamlining” et la rédaction automatique des documents des essais cliniques ;
    • 1 an d’accélération dans la conduite d’un essai clinique ;
    • au moins 20 % d’augmentation de la valeur actuelle nette (VAN).

    Améliorer la chaîne de valeur opérationnelle

    L’IA générative est censée améliorer toute la chaîne de valeur d’un médicament, y compris “le sourcing, la fabrication, la qualité et la chaîne d’approvisionnement”. Premièrement, la capacité à rechercher et analyser de larges textes, des images et d’autres données permettra d’apprécier “une mine de nouveaux renseignements”. En outre, l’habilité conversationnelle de l’IA générative facilitera des interactions plus satisfaisantes avec les utilisateurs.

    Dans ce sens, 4 priorités dans la chaîne de valeur ont été identifiées par les auteurs  :

    • un sourcing augmenté ;
    • une assistance IA générative pour l’industrie ;
    • un contrôle qualité repensé ;
    • et une optimisation de l’inventaire.

    Une meilleure relation avec les partenaires, les fournisseurs et les patients

    Les groupes pharmaceutiques dépensent une énergie considérable à créer du lien et de la confiance avec leurs fournisseurs, pharmaciens, assureurs et patients. Les outils d’IA générative peuvent approfondir ces relations, où les décideurs détiendront assez de connaissances pour prendre plus rapidement des décisions plus intelligentes. Ainsi, le marketing pourra être davantage fait en interne, laissant les agences de communication externes s’occuper de l’innovation et de la créativité.

    Affaires médicales : un appui aux professionnels de santé

    Les affaires médicales jouent un rôle-clé entre les entreprises pharmaceutiques et les prestataires de soins. Cela consiste en la réalisation d’une série de procédés pour revoir, analyser, synthétiser et communiquer du savoir scientifique. Chacune de ces tâches pourra être améliorée grâce à l’IA générative, notamment ces 3 cas en particulier :

    • générer des renseignements sur les clients ;
    • assurer une communication médicale plus efficace ;
    • et rédiger des résumés de la littérature médicale et scientifique.

    L’IA pourrait donc automatiser un nombre de tâches simples et chronophages afin de permettre aux entreprises de se concentrer davantage sur un service client plus personnalisé.

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  • Renforcer les alliances pour faire avancer la santé numérique (rapport WEF, BCG)

    Le manque de ressources financières et humaines, une augmentation croissante des maladies chroniques et du nombre de personnes atteintes, ainsi des résultats et un accès inéquitables aux soins… Autant de défis qui restent à relever par les systèmes de santé dans le monde, selon le rapport “Transforming Healthcare. Navigating Digital Health with a Value-Driven Approach”, publié en janvier 2024 par le Forum économique mondial (WEF) et Boston Consulting Group (BCG) qui incitent les décideurs du monde entier à s’allier pour faire avancer la santé numérique.

    “Même si presque tous les aspects du monde de la santé et des soins ont été touchés par le numérique, l’intelligence artificielle (IA) et les technologies innovantes, […] des défis permanents persistent”, constatent les auteurs du rapport. Et tout indiquant qu’”aucun impact transformateur sur les systèmes de santé n’a encore été constaté” depuis l’explosion du numérique et de son utilisation dans le monde de la santé, ils tentent de trouver des moyens pour permettre au numérique et aux technologies de “transformer la santé”. Ils soulignent que le problème n’est pas le manque d’innovation mais bien “le manque de collaboration entre les différents acteurs” autour des innovations disponibles.

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    Une nécessité de collaboration pour améliorer les soins

    Alors que le WEF et BCG estiment que la hausse des coûts des soins représente une “perte de près de 1 800 milliards de dollars” dans le monde en 2023 et que les choses ne sont pas prêtes de changer, avec une pénurie de professionnels de santé estimée à de 10 millions d’ici 2030, le rapport met l’accent sur la nécessité de collaboration pour améliorer les soins.

    Renforcer la collaboration public-privé pour accélérer l’innovation :

    Pour le Forum, les défis d’accès et d’amélioration des soins peuvent être surmontés par l’utilisation des technologies numériques comme l’IA. Cependant, cette utilisation doit être le fruit d’une plus grande collaboration public-privé qui pourrait aller jusqu’à la mise en place d’une “plate-forme adaptable pour connecter les acteurs entre eux et accélérer les efforts innovants dans le domaine des soins à l’échelle mondiale”.

    De son côté, BCG appelle les gouvernements, les leaders du secteur de la santé qu’ils soient chercheurs ou fournisseurs des solutions à intensifier leurs efforts pour permettre “non seulement l’accroissement des solutions numériques et des technologies qui utilisent les données et l’IA, mais également une transformation éthique et sécurisée des soins à travers le monde”.

    Un cadre stratégique basé sur 5 catalyseurs

    Le rapport “Transforming Healthcare” explique que pour libérer le potentiel du numérique, des données et de l’IA, “les parties prenantes du système de santé doivent se rassembler et travailler en équipe intégrée”. L’ambition étant de bâtir un cadre stratégique qui repose sur 5 catalyseurs :

    • 1️⃣ les données : libérer la valeur des données pour favoriser le développement des applications numériques et créer des solutions percutantes ;
    • 2️⃣ la technologie et l’analyse : construire une base solide en matière de technologie et d’analyse pour extraire la valeur des données et les utiliser dans un objectif d’amélioration des soins ;
    • 3️⃣ les financement et les incitations : aligner les incitations entre les parties prenantes et garantir le financement pour développer les solutions numériques pour un impact maximal ;
    • 4️⃣ la prestation de soins de santé hybrides : renforcer les capacités numériques et la conception des utilisateurs pour faciliter la mise en œuvre de soins hybrides ;
    • 5️⃣ les réglementations et politiques : élaborer des réglementations et des politiques numériques adaptées pour garantir une transformation éthique et sécurisée.

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  • USA : IA, obésité, VBHC et interopérabilité parmi les tendances 2024 en santé numérique (Rock Health)

    • Fin 2023, Rock Health a cartographié les principales évolutions en santé numérique dans le but de mettre en avant les tendances pour l’année 2024 aux Etats-Unis. 7 domaines ont été sélectionnés pour son analyse :
      ▪️ l’intelligence artificielle (IA) en santé ;
      ▪️ les solutions pour les aidants ;
      ▪️ l’interopérabilité des données ;
      ▪️ les soins numériques de l’obésité ;
      ▪️ l’alimentation comme médicament ;
      ▪️ les distributeurs devenant prestataires ;
      ▪️ et l’habilitation des soins basés sur la valeur ou Value-Based Healthcare (VBHC).

    Cette sélection se base sur la perception de l’écosystème de la santé numérique par le fonds d’investissement américain qui se base sur des échanges réalisés avec différents acteurs (fournisseurs, partenaires, clients etc.).

    Les auteurs du rapport évaluent et classent les développements d’un marché en fonction des estimations de son volume d’activité et de sa maturité. Les segments de marché sont ainsi classés en 5 degrés de maturité (de “naissant” à “mature”). Pour cela, ils se basent sur 3 indicateurs mesurables qui permettent d’évaluer le potentiel, le développement et la maturité d’un secteur :
    1️⃣ volume des publications scientifiques : mesuré grâce à l’activité annuelle et à la croissance sur 2 ans des mentions sur Pubmed ;
    2️⃣ financements par capital-risque : mesuré grâce au volume de financement ;
    3️⃣ développement de partenariats : mesuré grâce au volume de partenariats établis.

    L’interopérabilité et de la prestation de soins en accélération

    Selon les résultats du rapport :
    📌 2 domaines sont considérés naissants : l’alimentation comme médicament et les soins numériques de l’obésité ;
    📌 1 domaine est considéré émergeant : les solutions pour les aidants ;
    📌 2 domaines sont considérés en développement : l’IA en santé, les soins basés sur la valeur ;
    📌 seuls 2 domaines sont identifiés en calibrage : l’interopérabilité des données, les distributeurs devenant prestataires de soins.

    Aucun domaine n’est encore considéré comme mature par Rock Health.

    📈 Les 5 degrés de maturité de l’innovation étudiés

    La maturité d’un marché, en abscisse, (ou domaine d’innovation) se découpe en 5 phases :

    • naissante : des domaines encore à un stade précoce (en cours de proof-of-concept ou en phase pilote) ;
    • émergent: des domaines dont l’activité attirent l’attention des acteurs du marché ;
    • en développement : des domaines dont l’activité gagne du terrain et qui obtiennent des financements importants ;
    • en calibrage : des domaines qui commencent à s’installer à grande échelle ;
    • mature : des domaines qui sont adoptés par un grand nombre de prestataires et dont les résultats sont positifs. Ces domaines peuvent devenir des modes passagères dont l’engouement est éphémère « fad », ou des niches qui répondent à un besoin spécifique/unique, ou « table stake » c’est-à-dire une innovation qui est considérée une norme de soins.

    Les ordonnées représentent, quant à elles, le volume d’activité qui varie de « limité » à « élevé ».

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    ✨ Les domaines d’innovation :

    🚩 L’interopérabilité des données :

    📑Phase de maturité de l’innovation : en calibrage

    Ce domaine est considéré comme une priorité en santé numérique. Les entreprises développent et déploient des solutions pour aider à la conformité et à l’utilisation de l’interopérabilité des données. Les entreprises de ce secteur représentent un financement de 630 M$ au T3 2023. Aux Etats-Unis, l’infrastructure d’interopérabilité est encore en construction.

    En 2024, l’interopérabilité des données continuera d’évoluer vers une infrastructure plus sophistiquée, offrant des fonctionnalités avancées pour répondre aux besoins croissants en matière d’analyse et de partage des données de santé. Les solutions qui privilégient la précision, la profondeur de l’information, la sécurité et la convivialité se démarqueront selon Rock Health.

    🚩Les distributeurs développant des prestations de santé :

    📑Phase de maturité de l’innovation : en calibrage

    Les grandes enseignes de la distribution telles que Target et Walmart évoluent depuis une dizaine d’années pour se positionner comme des prestataires de santé pour les soins primaires et urgents. Les détaillants développent de plus en plus de partenariats avec des entreprises de santé numérique, acquérant même certaines (exemple : Amazon rachète One Medical pour 3,9 Mds$).

    En 2024, les distributeurs chercheront à améliorer la coordination des soins et à étendre leurs modèles de soins à domicile grâce à des services omnicanaux.

    🚩 Les soins basés sur la valeur :

    📑Phase de maturité de l’innovation : en développement

    Ce domaine d’innovation est difficile à adopter à grande échelle. Il est noté que les entreprises proposant des modèles de soins basés sur la valeur gagnent en traction commerciale. Des modèles axés sur la gestion des soins rénaux et la capitation des soins primaires ont suscité d’importants investissements en 2023. Ce domaine d’innovation a la plus forte croissance de partenariats par rapport aux autres domaines analysés par Rock Health.

    En 2024, le secteur dépendra des résultats obtenus par les principaux payeurs (cliniques, inscriptions, utilisations). Les différentes solutions de ce marché pourraient se regrouper et converger vers une plateforme unique pour fournir des services plus complets.

    🚩 L’IA en santé :

    📑Phase de maturité de l’innovation : en développement

    Ce domaine d’innovation est celui ayant le financement en capital-risque le plus élevé par rapport aux 6 autres domaines analysés. En 2023,cela représente un total de 2,9 Mds $ de financement en capital-risque avec 101 transactions sur l’année. Ce domaine est également 2ème en termes de croissance des partenariats. Les entreprises développant des algorithmes d’IA, notamment ceux soutenant le triage des patients, la planification et la découverte de médicaments, ont attiré d’importants investissements et établissent des partenariats solides.

    En 2024, les solutions d’IA continueront à être de plus en plus intégrés dans les soins. Un accent devra être porté sur la gestion des défis éthiques, la gouvernance et la recherche de collaborations.

    🚩 Les solutions pour les aidants :

    📑Phase de maturité de l’innovation : en émergence

    Les difficultés économiques depuis 2021 et la “Great Resignation” ont mis en lumière la charge croissante des aidants (personnes prenant soin de proches âgés, d’enfants ou de personnes malades). La valeur économique de ce marché aux Etats-Unis est estimée à 600 Mds $.

    En 2024, les consommateurs et les employeurs pourraient investir dans des solutions pour les aidants. Les preuves d’efficacité sont essentielles pour le succès des solutions B2B2C afin de réduire l’absentéisme, à susciter l’engagement, améliorer le bien-être et la productivité des employés.

    🚩 Les soins numériques de l’obésité :

    📑Phase de maturité de l’innovation : naissante

    Les entreprises proposant des services de soutien liés à la gestion du poids (télésurveillance et coaching) sont en pleine émergence. De 2020 à 2022, les publications liées à des solutions numériques sur PubMed ont augmenté de 85%. Les entreprises ont levés 176 M$ en 2023, principalement en early-stage.

    En 2024, les nouveaux modèles de soins contre l’obésité se distingueront par leur approche individualisée et leur capacité à traiter les facteurs sous-jacents de l’obésité.

    🚩 L’alimentation comme “médicament” :

    📑Phase de maturité de l’innovation : naissante

    Ce domaine inclut les solutions numériques de recommandations nutritionnelles et d’interventions liées à l’alimentation. Rock Health note de plus en plus de recherches dans ce domaine et des changements de politique (au niveau gouvernemental et pour le remboursement de programmes alimentaires, notamment en Oregon, Arkansas et Massachusetts).

    En 2024, les législations et les voies de remboursement continueront à se développer. Des partenariats entre les start-ups axées sur l’alimentation et celles axées sur les soins pour l’obésité pourront être envisagés.

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  • Rétro 2023 : bilan des levées de fonds dans la heath tech, une baisse de 67 % par rapport à 2022

    En ce début d’année, Health & Tech Intelligence revient sur les publications clés de l’année passée, en commençant aujourd’hui par un bilan des levées de fonds réalisées sur le marché français de la health tech en 2023, avec une analyse de l’évolution des opérations sur le marché depuis 2016.


    Environ 60 sociétés françaises du secteur de la health tech ont levé 619 millions d’euros au cours de l’année 2023, contre 1,92 milliards d’euros pour 88 opérations en 2022, soit une chute de plus de 67% des investissements et une baisse de près de 32% du nombre de deals effectués. Pour rappel les investissements health Tech s’élevaient à 2,13 Mds € en 2021 (107 opérations), 621,86 M€ en 2020 (66 opérations), 732 M€ en 2019 (66 opérations) et 245,5 M€ en 2018 (57 opérations).

    📌 En synthèse, il ressort qu’après une croissance sans précédent observée depuis 2020 et la crise liée à la pandémie de Covid-19 jusqu’à fin 2022, la période « record » touche à sa fin, avec un retour à la dynamique pré-Covid qui se confirme.

    🤖 Tendances tech : IA, data, DTx et métaverse

    Les domaines technologiques dans lesquels il a été le plus investi en 2023 sont :
    • l’intelligence artificielle (IA), un segment boosté par l’essor de l’IA générative depuis fin 2022 ;
    • la data, encore et toujours, avec un fort enjeu autour du déploiement des entrepôts de données de santé ;
    • la télésurveillance, un marché qui devrait monter en puissance avec l’entrée récente de l’acte dans le droit commun ;
    • et la réalité virtuelle/augmentée – métaverse, un marché émergent.

    Concernant les thématiques d’innovation les plus attractives, on retrouve dans le top 5 :
    • l’imagerie médicale ;
    • la santé mentale ;
    • les services ;
    • la santé mobile (mHealth) ;
    • la télémédecine.

    🚀 Pas de « méga deals » dans le top 10 des opérations en 2023

    Une majorité (45 %) des entreprises ayant levé des fonds en 2023 ont recueilli des montants en dessous de 5 M€, avec la plupart des opérations réalisées en amorçage ou en série A. Seulement 8 entreprises ont levé des fonds entre 20 M € et 100M €. Ce bilan de 2023 est marqué par l’absence de « méga deals » : aucune levée de fonds ne dépasse les 61 M€. Comparativement, en 2022 6 licornes françaises se retrouvaient dans le top 10 des levées de fonds avec 4 méga deals réalisés:
    ▶️ Doctolib, avec un tour de table de 500 M€ annoncé en février ;
    ▶️ Dataiku, entreprise franco-américaine (200 M$ / 188 M€ : opération annoncée en décembre) ;
    ▶️ Alan, assureur santé 100 % numérique (183 M€ : opération annoncée en juin);
    ▶️ DNA Script : 172 M€ .

    📈 Un montant total similaire à 2019 (-0,5 %) et 2020 (-0,4 %)

    Afin d’avoir une vision globale de l’année 2023, H&TI présente dans cet indicateur un comparatif du montant des levées de fonds et du nombre d’opérations réalisées chaque mois depuis janvier. Ce bilan est lui-même mis en comparaison avec celui des 7 années précédentes (2016, 2017, 2018, 2019, 2020, 2021 et 2022) afin d’avoir un regard plus fin sur la situation actuelle.

    En 2020, le bilan des opérations réalisées était quasi similaire à celui de 2019 et 2018. L’année 2021 avait été marquée par une hausse inédite des levées sur le marché français du numérique en santé, tant en termes de montants recueillis que du nombre d’opérations réalisées (107, contre 66 en 2021 et 2020). Les opérations étant entamées plusieurs semaines avant la communication des entreprises sur la clôture des levées de fonds, ce bilan record est le signe que la crise liée au Covid-19 (survenue début 2020) a bel et bien eu un fort impact sur le marché. En 2022, la hausse exponentielle des montants levés ne s’est pas poursuivie : le marché s’est stabilisé avec un total des montants levés quasi identique à 2021.avec une baisse de seulement 0,88 % entre 2021 et 2022). Il est intéressant de noter que le nombre d’opérations est cependant plus faible en 2022 qu’en 2021 (89 opérations vs 107), signe que la somme levée par une même entreprise a en moyenne été plus conséquente en 2022 qu’en 2021.

    En 2023, le bilan des opérations est sensiblement similaire aux montants observés avant la crise du Covid, autant sur le plan des montants que sur celui du nombre d’opérations. On relève une certaine stabilité entre 2018 et 2020 (650,70 M€ en 2018, 651,88 M€ en 2019 et 621,86 M€ en 2020), mais surtout une explosion en 2021 avec plus de 2,1 Mds € levés au total sur le marché, soit une hausse de plus de 243 % par rapport à 2020 et plus de 1 118 % par rapport à 2016.

    👉 Quelles perspectives pour 2024 ?

    📅 À NE PAS MANQUER : Health & Tech Intelligence organise courant janvier un H&TI Morning pour présenter en détail les levées de fonds de 2023 dans le secteur du numérique en santé ainsi que les prospectives pour 2024 (date, programme et inscription à venir).

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    Top 10 de l’année 2023

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    Tendances de l’année 2023

    Thématiques et technologies les plus dynamiques :

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    Forte diminution du capital-risque :

    En 2022, la hausse exponentielle des montants levés ne s’est pas poursuivie : le marché s’est stabilisé avec un total des montants levés quasi identique à 2021 (avec une baisse de seulement 0,88 % entre 2021 et 2022). Comme observé plus haut, le nombre d’opérations est cependant plus faible en 2022 qu’en 2021 (89 opérations vs 107), signe que la somme levée par une même entreprise a en moyenne été plus conséquente en 2022 qu’en 2021.

    L’année 2023 a confirmé la baisse de l’engouement constaté en 2022. L’absence de “méga deals” (supérieurs à 100 M€) en est témoin. En 2022, plus de 1,4 Md€ avait été totalisé par les 10 levées les plus importantes parmi lesquelles 6 ont été réalisées par des licornes. 

    💸 Top investisseurs : fonds privés, Bpifrance, business angels, mutuelles et Régions :

    • Les principaux investisseurs en 2023 sont :
      • les fonds privés (capital ventures, private équity) : 45 opérations ;
      • Bpifrance : 22 opérations ;
      • les mutuelles/complémentaires santé et les Régions : 30 opérations ;
      • les business angels : 21 opérations.
    • Autres investisseurs :
      • les hôpitaux, les instituts de recherches et les professionnels de santé ;
      • les industriels ;
      • les fonds régionaux, étatiques, européeens ;
      • les écoles et les incubateurs d’écoles.

    Comparatif de 2016 à 2023 🇫🇷

    De manière générale :

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    • Si l’on se concentre sur le total annuel des levées de fonds depuis 2016, on relève une certaine stabilité entre 2018 et 2020 (650,70 M€ en 2018, 651,88 M€ en 2019 et 621,86 M€ en 2020), une hausse importante par rapport à 2016 (175 M€) et à 2017 (242 M€) mais surtout une explosion en 2021 avec plus de 2,1 Mds € levés au total sur le marché, soit une hausse de plus de 243 % par rapport à 2020 et de plus de 1 118 % par rapport à 2016. En 2022, la dynamique s’est stabilisée avec un total des montants levés quasi identiques à 2021. En 2023 on relève un retour à des niveaux similaires à la période (2018-2020).

    ❗ Point d’attention : le secteur de la health tech était moins mature en 2016 et en 2017, la hausse observée par rapport à ces deux premières années n’est donc pas forcément significative.

    • Le nombre total du nombre d’opérations reste quant à lui plus ou moins similaire d’une année sur l’autre, excepté là encore en 2021, année durant laquelle 107 opérations ont été réalisées, contre 66 en 2021 et en 2020 et 60 en 2023. En 2022, 89 opérations ont été réalisées, soit une légère baisse par rapport à 2021 mais les montants levés s’avèrent en moyenne plus conséquents (moins d’opérations mais montant total quasi identique).

    Pour aller plus loin:


    Dans le détail :

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    • L’évolution, mois par mois, montre une tendance légèrement différente des années précédentes, avec une stabilité des investissements au T1 (en moyenne 61,19M€) et une chute des investissements dès le mois d’avril contre habituellement une chute en février (25 M€ vs 116M€ en 2018).
    • Cependant, il ressort clairement que 2021 et 2022 sont des années record, les barres (en rose pour 2021 et en jaune pour 2022) dépassant largement toutes les autres sur le grapheci-dessus, avec des pics en mai, en juillet-août, en octobre et novembre pour 2021, puis en janvier, mars, mai, juin et décembre pour 2022.

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    • Quant au nombre d’opérations, il apparaît clairement que les courbes de 2021 et de 2022 dominent, le total cumulé du nombre d’opérations effectuées entre janvier et décembre est nettement plus important pour ces 2 années, avec 89 et 107 opérations au total respectivement en 2022 et en 2021, contre 66 en 2021 et en 2020.

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  • Rétro 2023 / Bilan des levées de fonds dans la heath tech : une baisse de 67 % par rapport à 2022

    En ce début d’année, Health & Tech Intelligence revient sur les publications clés de l’année passée, en commençant aujourd’hui par un bilan des levées de fonds réalisées sur le marché français de la health tech en 2023, avec une analyse de l’évolution des opérations sur le marché depuis 2016.


    Environ 60 sociétés françaises du secteur de la health tech ont levé 619 millions d’euros au cours de l’année 2023, contre 1,92 milliards d’euros pour 88 opérations en 2022, soit une chute de plus de 67% des investissements et une baisse de près de 32% du nombre de deals effectués. Pour rappel les investissements health Tech s’élevaient à 2,13 Mds € en 2021 (107 opérations), 621,86 M€ en 2020 (66 opérations), 732 M€ en 2019 (66 opérations) et 245,5 M€ en 2018 (57 opérations).

    📌 En synthèse, il ressort qu’après une croissance sans précédent observée depuis 2020 et la crise liée à la pandémie de Covid-19 jusqu’à fin 2022, la période « record » touche à sa fin, avec un retour à la dynamique pré-Covid qui se confirme.

    🤖 Tendances tech : IA, data, DTx et métaverse

    Les domaines technologiques dans lesquels il a été le plus investi en 2023 sont :
    • l’intelligence artificielle (IA), un segment boosté par l’essor de l’IA générative depuis fin 2022 ;
    • la data, encore et toujours, avec un fort enjeu autour du déploiement des entrepôts de données de santé ;
    • la télésurveillance, un marché qui devrait monter en puissance avec l’entrée récente de l’acte dans le droit commun ;
    • et la réalité virtuelle/augmentée – métaverse, un marché émergent.

    Concernant les thématiques d’innovation les plus attractives, on retrouve dans le top 5 :
    • l’imagerie médicale ;
    • la santé mentale ;
    • les services ;
    • la santé mobile (mHealth) ;
    • la télémédecine.

    🚀 Pas de « méga deals » dans le top 10 des opérations en 2023

    Une majorité (45 %) des entreprises ayant levé des fonds en 2023 ont recueilli des montants en dessous de 5 M€, avec la plupart des opérations réalisées en amorçage ou en série A. Seulement 8 entreprises ont levé des fonds entre 20 M € et 100M €. Ce bilan de 2023 est marqué par l’absence de « méga deals » : aucune levée de fonds ne dépasse les 61 M€. Comparativement, en 2022 6 licornes françaises se retrouvaient dans le top 10 des levées de fonds avec 4 méga deals réalisés:
    ▶️ Doctolib, avec un tour de table de 500 M€ annoncé en février ;
    ▶️ Dataiku, entreprise franco-américaine (200 M$ / 188 M€ : opération annoncée en décembre) ;
    ▶️ Alan, assureur santé 100 % numérique (183 M€ : opération annoncée en juin);
    ▶️ DNA Script : 172 M€ .

    📈 Un montant total similaire à 2019 (-0,5 %) et 2020 (-0,4 %)

    Afin d’avoir une vision globale de l’année 2023, H&TI présente dans cet indicateur un comparatif du montant des levées de fonds et du nombre d’opérations réalisées chaque mois depuis janvier. Ce bilan est lui-même mis en comparaison avec celui des 7 années précédentes (2016, 2017, 2018, 2019, 2020, 2021 et 2022) afin d’avoir un regard plus fin sur la situation actuelle.

    En 2020, le bilan des opérations réalisées était quasi similaire à celui de 2019 et 2018. L’année 2021 avait été marquée par une hausse inédite des levées sur le marché français du numérique en santé, tant en termes de montants recueillis que du nombre d’opérations réalisées (107, contre 66 en 2021 et 2020). Les opérations étant entamées plusieurs semaines avant la communication des entreprises sur la clôture des levées de fonds, ce bilan record est le signe que la crise liée au Covid-19 (survenue début 2020) a bel et bien eu un fort impact sur le marché. En 2022, la hausse exponentielle des montants levés ne s’est pas poursuivie : le marché s’est stabilisé avec un total des montants levés quasi identique à 2021.avec une baisse de seulement 0,88 % entre 2021 et 2022). Il est intéressant de noter que le nombre d’opérations est cependant plus faible en 2022 qu’en 2021 (89 opérations vs 107), signe que la somme levée par une même entreprise a en moyenne été plus conséquente en 2022 qu’en 2021.

    En 2023, le bilan des opérations est sensiblement similaire aux montants observés avant la crise du Covid, autant sur le plan des montants que sur celui du nombre d’opérations. On relève une certaine stabilité entre 2018 et 2020 (650,70 M€ en 2018, 651,88 M€ en 2019 et 621,86 M€ en 2020), mais surtout une explosion en 2021 avec plus de 2,1 Mds € levés au total sur le marché, soit une hausse de plus de 243 % par rapport à 2020 et plus de 1 118 % par rapport à 2016.

    👉 Quelles perspectives pour 2024 ?

    📅 À NE PAS MANQUER : Health & Tech Intelligence organise courant janvier un H&TI Morning pour présenter en détail les levées de fonds de 2023 dans le secteur du numérique en santé ainsi que les prospectives pour 2024 (date, programme et inscription à venir).

    🔴 ACCÉDER À L’INDICATEUR COMPLET :

    👉 Les tableaux et graphiques présentant le bilan détaillé des levées de fonds réalisées en 2023 ainsi que le comparatif avec 2016, 2017, 2018, 2019, 2020, 2021 et 2022 sont disponibles dans la rubrique « Data », accessible via ce lien.

    Sommaire de l’indicateur :

    • le top 10 des levées de fonds 2023 (infographie) ;
    • évolution des levées de fonds dans la health tech (montant et nombre d’opérations) entre janvier et décembre 2023, mois par mois (graphique) ;
    • tendances de l’année 2023 ;
    • comparatif de 2016 à 2023 (graphiques) :
      • total des levées de fonds de 2016 à 2023 (montant et nombre d’opérations) ;
      • évolution des levées de fonds par mois de 2016 à 2023 (en M€) ;
      • évolution du nombre de levées de fonds par mois de 2016 à 2023 ;
    • le détail des levées de fonds réalisées en 2023 (tableaux présentant toutes les levées de fonds de l’année).

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  • Le Cercle Galien recommande de former rapidement les PS à l’IA avec une vision européenne (rapport)

    « Former rapidement les professionnels de santé aux évolutions de l’intelligence artificielle (IA), des technologies numériques basées sur l’utilisation des algorithmes et des bases de données, et de la réglementation en la matière avec une vision européenne. » C’est l’une des 6 recommandations du Cercle Galien, présentée dans son rapport annuel 2019 « La région, pivot de la gouvernance – Système de santé : Que faut-il nationaliser ? Que faut-il décentraliser ?« , publié le 16 janvier 2020.

    Alors que le Prix Galien met en lumière les innovations disponibles pour les patients en France, le Cercle Galien a été fondé pour soulever les enjeux de l’innovation en santé, identifier ses impacts sur le système de soins et suggérer des réponses pour en assurer l’essor.

    Dans ce rapport 2019, le groupe de réflexion émet 6 recommandations : 
    • 1. mettre en œuvre une gouvernance régionale décisionnaire avec notamment la nomination d’un directeur de l’Agence régionale de santé (ARS) irrévocable conjointement par la ministre de la Santé et le président du conseil régional, avec l’édition d’une feuille de route ;
    • 2. contractualiser avec les conseils régionaux pour porter des objectifs nationaux et mettre en œuvre des projets issus des territoires ;
    • 3. déployer des services de proximité ;
    • 4. généraliser au niveau régional des expérimentations locales sur le financement (forfaits, capitation, épisodes de soins…) ;
    • 5. coordonner le secteur médico-social départemental avec les régions afin de garder une cohérence dans les prises en charge et les parcours ;
    • 6. valoriser la data et l’intelligence artificielle, et accompagner les évolutions des métiers des professionnels de santé au niveau national.

    Sont par ailleurs mis en avant dans ce document des exemples de nouveaux dispositifs déployés depuis quelques années au Danemark, au Portugal et aux Pays-Bas concernant la prise en charge du diabète. Des modèles à même d’inspirer le système français selon le Cercle Galien. A contrario, le rapport revient en détail sur l’échec du projet de centralisation du système de soins en Finlande.

    Les 6 recommandations du Cercle Galien

    6. valoriser la data et l’intelligence artificielle, et accompagner les évolutions des métiers des professionnels de santé au niveau national :

    • former rapidement les professionnels de santé aux évolutions de l’intelligence artificielle (IA), des technologies numériques basées sur l’utilisation des algorithmes et des bases de données, et de la réglementation en la matière avec une vision européenne.

    1. mettre en œuvre une gouvernance régionale décisionnaire avec notamment la nomination d’un directeur de l’Agence régionale de santé (ARS) irrévocable conjointement par la ministre de la Santé et le président du conseil régional, avec l’édition d’une feuille de route :

    • objectif : renforcer l’autonomie des acteurs de santé et leur capacité d’initiative et de coopération au service du parcours en faisant évoluer le rôle des ARS.

    Afin d’encourager une véritable coopération des acteurs, le Cercle Galien estime que le rôle des ARS doit évoluer « vers une dimension moins régulatrice, privilégiant davantage l’accompagnement et la facilitation des projets, tout en conservant en ligne de mire l’équité d’accès aux soins et à l’innovation ».

    2. contractualiser avec les conseils régionaux pour porter des objectifs nationaux et mettre en œuvre des projets issus des territoires :

    • faire notamment évoluer les projets régionaux de santé (PRS) pour s’adapter aux spécificités des bassins de population au sein de chaque région ;
    • donner aux régions des compétences et des marges de manœuvre fortes en matière de prévention en s’appuyant sur leurs spécificités épidémiologiques et les acteurs régionaux :
      • le cercle cite les prérogatives actuelles (enseignement secondaire et supérieur, formation professionnelle, apprentissage et alternance, transports…) comme exemples possibles pour la mise en place des actions de prévention « ambitieuses et efficaces ».

    3. déployer des services de proximité :

    • développer des équipes mobiles régionales dédiées à des priorités sanitaires afin de favoriser un accès aux soins dans tous les territoires en s’inspirant des expérimentations en cours :
      • exemple : projet d’équipe mobile de soins bucco-dentaires en Ehpad pour mettre en place une prise en charge quand l’offre de soins est insuffisante ou quand les déplacements sont impossibles en mixant les approches (consultations à distance grâce à la télémédecine, par exemple, et unités mobiles avec prise en charge au plus près des patients isolés) ;
    • élaborer des registres de données de santé et les analyser afin de proposer au niveau régional des organisations innovantes type parcours, avec des degrés de recours adaptés en s’appuyant sur les data et l’intelligence artificielle (IA) et rendre obligatoire l’interopérabilité des systèmes pour accroître le partage des données ;
    • organiser des concertations par région, puis nationales, des professionnels de santé sur ces questions de services de proximité et les parcours.

    4. généraliser au niveau régional des expérimentations locales sur le financement (forfaits, capitation, épisodes de soins…) :

    • qualité et pertinence doivent être les fils rouges de toute prise en charge dans une logique de parcours et à toutes les étapes du parcours, en privilégiant la logique de résultat et les bonnes pratiques médicales ;
    • faire émerger un véritable modèle économique pour des centres de santé de premier recours, qui répondent aux besoins de proximité des patients :
      • des initiatives intéressantes ont été déployées sur les territoires mais leur modèle économique demeure fragile. Pourtant, de telles structures de proximité sont attendues par les citoyens : composées d’une équipe pluridisciplinaire, appuyée sur des pratiques avancées pour libérer du temps médical, avec imagerie et biologie médicale sur place, elles répondent aux besoins et désengorgent les urgences ;
    • diversifier les modes de financement en allant vers des forfaits mixtes plus ambitieux que ceux mis en place actuellement afin de décloisonner les financements, permettant ainsi d’éviter des forfaits séparés entre ville et hôpital, entre privé et public, etc., pour accompagner les patients tout au long de leurs parcours de soins.

    5. coordonner le secteur médico-social départemental avec les régions afin de garder une cohérence dans les prises en charge et les parcours :

    • la région est le bon niveau de décentralisation du fait de sa taille critique pour penser le système de santé et le secteur médico-social, dans un cadre général fixé par l’État portant sur la lutte contre les inégalités et l’équité d’accès aux soins. La région constitue une unité de référence car elle investit à la fois dans la santé, dans la mobilité et le logement, des déterminants forts et à part entière de la santé des citoyens ;
    • favoriser une pleine appropriation des outils d’organisation de l’offre de santé et médico-sociale par les acteurs, en privilégiant la liberté d’initiative et les modèles innovants ;
    • avec la loi de santé se développent des outils prometteurs (hôpitaux de proximité, CPTS, etc.) : ils ne seront pleinement opérationnels que s’ils :
      • communiquent entre eux, proposent une vision moderne du système de santé (réponse fine aux besoins des territoires, développement du « hors les murs »…) ;
      • s’affranchissent d’une vision territoriale centrée sur les seuls GHT pour permettre la coopération de tous les acteurs sanitaires et médico-sociaux sans distinction de statut.
  • Ehpad hors les murs : vers des plateformes numériques de services (rapport, Banque des territoires)

    Le numérique est un véritable levier de renforcement des services de maintien à domicile et de transformation de l’organisation même de ces services, via notamment l’accompagnement à distance du parcours de soins et de vie, la gestion et le suivi des situation à risques et d’urgence ainsi que le partage de l’information et la coordination entre professionnels. C’est ce que relève la Banque des Territoires – une direction de la Caisse des dépôts et consignations – dans un rapport sur les dispositifs d’Ehpad hors les murs, présenté le 15 janvier 2020 en présence de Laure de la Bretèche, directrice adjointe de la direction des retraites et de la solidarité de la Caisse des Dépôts, ainsi que d’Hélidéo Costa-Elias et de Virginie Trosset, de la direction de l’investissement de la Banque des Territoires. Cette étude a été réalisée par la Banque des territoires dans la lignée de son action au service de l’intérêt général et notamment face aux enjeux liés au vieillissement et à la notion de « bien vieillir ».

    De manière générale, le rapport recense les principales innovations dans les dispositifs existants pour ensuite s’interroger sur la généralisation et l’amélioration des expérimentations existantes. Ses auteurs constatent qu’il existe des démarches protéiformes mais que 3 concepts se dégagent avec des points communs et des divergences :
    • une prédominance des Ehpad parmi les porteurs d’actions ;
    • une montée en puissance des départements dans l’impulsion sur leurs territoires de projets innovants favorisant la prévention et les accompagnements des parcours de vie et de soins des personnes âgées ;
    • une faible visibilité du secteur du domicile (Saad, Spasad et Ssiad).

    Par ailleurs, la Banque des territoires souligne la nécessité de disposer d’une plateforme nationale pour générer l’interopérabilité et assurer un modèle économique viable grâce à la mutualisation des ressources, des infrastructures, des outils et des services. L’articulation entre la plateforme nationale, les agences régionales de santé (ARS), les collectivités et les acteurs de proximité pourra seule assurer une réponse simultanée et de qualité sur tout le territoire, répondant ainsi au risque de fracture territoriale et d’inégalité d’accès au service.

    Autres éléments clés du rapport

    • L’enchevêtrement des responsabilités, des compétences et de circuits de financement nuit à la visibilité, à la cohérence et à l’efficience des actions sur le terrain.
    • Les modèles d’organisation, intégré vs externalisé coordonné, ne sont ni alternatifs ni exclusifs, ils se croisent et se combinent afin de proposer une offre de services renforcés orientés vers le domicile.

    Une coordination renforcée est nécessaire pour proposer un accompagnement personnalisé et dans la durée

    • La coordination est un enjeu majeur : la coordination des parcours complexes, la coordination interne au service et la coordination externe générale. Une coordination renforcée est nécessaire pour proposer un accompagnement personnalisé et dans la durée sur un périmètre transverse plus ou moins large via la présence d’un care Manager.

    Le digital pour estomper la frontière entre domicile et établissement

    • Afin d’estomper la frontière entre le domicile et l’établissement spécialisé et pour accompagner toutes les étapes de vie de la personne âgée, il est nécessaire de s’appuyer sur le digital, qui favorise une meilleure organisation autour du bien vieillir.

    les ARS et les départements ont un rôle structurant et déterminant pour répondre aux enjeux observés

    • L’étude montre clairement que les agences régionales de santé (ARS) et les départements ont un rôle structurant et déterminant pour répondre à ces enjeux, en lien avec des acteurs de l’écosystème : Cnam, CDC, Carsat, communes/intercocommunes, régions, opérateurs télécom, , gestionnaires de services d’aide à la personne, éditeurs de logiciel, start-ups, living labs…
  • Utiliser le DP pour un meilleur usage des médicaments en établissement de santé (rapport Anap)

    L’utilisation du dossier pharmaceutique (DP) dans les établissements de santé est à même de sécuriser l’utilisation des médicaments tout en promouvant l’exercice coordonné des professions de santé et une circulation fluidifiée des informations de santé entre la ville et l’hôpital. C’est ce qu’indique un avis d’expert sur l’usage du DP en établissement de santé publié par l’Agence nationale d’appui à la performance (Anap) au début du mois de décembre 2019, en complément de son précédent rapport concernant les enjeux de l’informatisation de la conciliation médicamenteuse.

    Ce rapport, destiné aux médecins et pharmaciens désireux de mieux « identifier l’intérêt que peut recouvrir l’usage du [dossier pharmaceutique] dans un établissement de santé », présente le rôle du dossier pharmaceutique dans les recherches nécessaires à la conduite de conciliations médicamenteuses. Il propose de considérer ce dossier comme « la seule source d’information permettant d’avoir l’historique des dispensations en ville d’un patient », soit comme un outil professionnel d’information sur les médicaments indispensable à la rédaction d’ordonnances parfaitement adaptées à chaque patient.

    Après avoir indiqué que ce dossier devient de plus en plus exhaustif et fiable au fil de son déploiement, l’Anap pointe cependant 2 limites pratiques qui freinent encore son utilisation : la nécessité de disposer de la carte Vitale du patient afin d’accéder au DP de ce dernier et l’historique très limité dans le temps que permet de tenir ce dossier.

    Afin de répondre aux questions de ceux qui souhaiteraient déployer le dossier pharmaceutique au sein de leur établissement, l’agence nationale dresse par ailleurs dans cet avis un aperçu de prérequis techniques et des démarches administratives nécessaires.

    Un dispositif efficient encore affaibli par quelques limites pratiques

    Un dispositif de plus en plus efficient et exhaustif

    « [Le dossier pharmaceutique (DP)] est potentiellement efficient et exhaustif », estime dans son rapport l’Anap, qui indique par ailleurs :

    • qu’à la fin de l’année 2017, plus de 99 % des officines étaient raccordées au DP ;
    • qu’à la fin de l’année 2018, plus de 37 592 917 DP étaient actifs.

    Car plus les patients et les professionnels de santé renseignent les médicaments consommés par les patients sur leur dossier pharmaceutique, plus ce dernier est exhaustif et peut constituer un socle de réflexion fiable pour la conciliation médicamenteuse.

    Afin d’illustrer l’efficience et l’intérêt du DP, l’Anap rappelle dans son rapport quelques résultats d’études menées dans des établissements de santé français depuis 2015 comme :

    • un travail mené à la polyclinique côte basque, à Saint-Jean-de-Luz, qui a montré que 17 % des patients sous traitement omettent de notifier à l’anesthésiste certains « médicaments à impact clinique grave », justifiant l’utilisation du dossier pharmaceutique pour sécuriser la consultation d’anesthésie ;
    • une recherche effectuée au CH d’Agen, d’après laquelle le DP serait la seule source d’informations disponibles concernant les médicaments pour 25% des patients se présentant aux urgences, encourageant l’utilisation du dossier pharmaceutique dans les services d’urgences ;
    • une étude réalisée au CH de Vienne, selon laquelle le temps moyen de création et d’alimentation du DP serait de 5 minutes (2 minutes pour une alimentation seule).

     2 problèmes : accès par carte Vitale et sauvegarde limitée à 4 mois

    « L’historique, limité à 4 mois, suffit pour connaître les traitements actuels des maladies chroniques (les plus gros conditionnements correspondent à trois mois de traitement), mais pas pour certains traitements occasionnels épisodiques (migraine, allergie, etc.) », est-il indiqué dans le rapport.

    Par ailleurs, l’accès au dossier pharmaceutique n’étant possible que si le patient consent à fournir sa carte Vitale, les médicaments prescrits à des patients dont le consentement n’a pas été donné ne peuvent être entrés dans son DP. Par ailleurs, les médicaments dispensés hors prescription, non remboursés, ne sont généralement pas non plus inscrits dans l’historique (le pharmacien ne demande souvent pas au patient sa carte Vitale lors de la délivrance de médicaments non prescrits).

    Évolutions attendues pour dépasser ces limites

    « Avec le décret du 9 mai 2017, quatre avancées majeures vont permettre d’assurer un dispositif sécurisé et plus facile d’utilisation », prévoit l’Anap.

    Parmi ces avancées, la dématérialisation de la carte Vitale devrait permettre une meilleure circulation des informations contenues par les dossiers pharmaceutiques au sein des établissements de santé. « Au moment de l’admission ou pré-admission, la carte Vitale est enregistrée au niveau du bureau des admissions pendant une période de 15 jours. Les professionnels peuvent alors utiliser l’empreinte de cette carte Vitale à distance pour accéder au DP », décrit l’agence nationale.

    Aspect technique du déploiement du DP en établissement de santé

    Sécurité des données

    L’Anap met en avant dans son rapport 3 points clés garantissant la sécurité des données de santé enregistrées sur le dossier pharmaceutique :

    • le stockage des données chez un hébergeur agréé de données de santé ;
    • le chiffrage des données ;
    • l’utilisation d’un « numéro unique (NDP) calculé à partir des traits de la carte Vitale ».

    Prérequis techniques

    2 prérequis techniques simples sont également rappelés dans le rapport. Pour que le DP soit déployé dans un établissement de santé, celui-ci doit seulement disposer :

    • d’une connexion à internet ;
    • d’un lecteur de cartes fonctionnel.

    Pour plus d’interopérabilité, « les données sont fournies dans un format directement utilisable par les outils du circuit du médicament », note l’Anap.

    Connexion au DP

    Selon le rapport, il existe 2 façons de se connecter au dossier pharmaceutique :

    • par le système d’information hospitalier (SIH) intégré aux logiciels métier Pharma (éditeur : Computer Engeneering) ou Genois (éditeur : SIB) ;
    • via le logiciel FAST fourni par le Cnop.

    Démarches administratives

    L’Anap détaille une démarche de raccordement du DP à une PUI en 5 étapes :

    • demande de la PUI auprès de la direction ou de la commission médicale de l’établissement ;
    • accord de la direction et envoi un courrier de candidature au Cnop pour signature d’une convention entre l’établissement et le Cnop. « Il faut compter 500 euros de mise en service puis verser une redevance annuelle, variable selon la taille de l’établissement (entre 1200 et 2400 euros) », prévient l’agence ;
    • commande des cartes CPS auprès de l’Agence du numérique en santé (ex Asip) ;
    • réception par la PUI d’un kit de démarrage comprenant une brochure destinée aux patients, un guide pratique du DP et guide pratique FAST destiné au service informatique ;
    • réception par le service informatique d’un guide d’installation.