Rapport

  • AI Index 2024 : science et médecine font leur apparition dans le rapport de Stanford, 10 avancées majeures détectées

    Les points clés de l’AI Index 2024

    La septième édition du rapport AI Index de l’Université de Stanford dresse un panorama complet des avancées de l’IA accompagné d’analyses sur les progrès techniques, les perceptions du public et la dynamique géopolitique entourant son développement. Elle présente notamment les nouvelles estimations sur les coûts de formation de l’IA, et une revue détaillée du paysage de l’IA responsable.

    Parmi les principaux constats du rapport :

    • l’IA a un impact significatif sur le travail, améliore la productivité et la qualité, et permet un lissage des écarts de compétences ;
    • l’IA favorise la forte accélération des découvertes en sciences et en médecine, champs majeur d’innovations en 2023 ;
    • la réglementation sur l’IA a considérablement évolué en 2023 et au cours des cinq dernières années, même aux Etats Unis (25 réglementations liées à l’IA en 2023, contre seulement une en 2016) ;
    • le public à travers le monde est de plus en plus conscient de l’impact potentiel de l’IA – et en même temps de plus en plus inquiets (une enquête Ipsos montre qu’en 2023, la proportion de ceux qui pensent que l’IA affectera considérablement leur vie dans les trois à cinq prochaines années est passée de 60 % à 66 %).

     

    ➡️ L’IA surpasse la performance humaine sur de nombreuses tâches – mais pas toutes : notamment en ce qui concerne la planification, les mathématiques ou le raisonnement visuel.

    ➡️ Les avancées de pointe en IA sont soutenues par l’industrie plus que par les universités : en 2023, l’industrie a produit 51 modèles d’apprentissage automatique, tandis que le monde universitaire n’a contribué qu’à 15 modèles, 21 modèles sont par ailleurs issus de collaborations entre l’université et l’industrie.

    Nombre de modèles de machine learning développés par secteur, entre 2003 et 2023 - @ 2024 AI Index report
    Nombre de modèles de machine learning développés par secteur, entre 2003 et 2023 – @ 2024 AI Index report

    ➡️ En 2023, un total de 149 modèles de base ont été publiés, soit plus du double de ceux publiés en 2022 :

    • parmi ces nouveaux modèles, 65,7 % étaient en open source, contre seulement 44,4 % en 2022 et 33,3 % en 2021 ;
    • toutefois, le rapport note que les modèles en open source sont significativement moins performants que les modèles fermés : sur 10 benchmarks d’IA sélectionnés, les modèles fermés ont été plus performants que les modèles ouverts, avec un avantage médian de 24,2 % (ces différences de performance entre les modèles fermés et ouverts ont des implications importantes pour les débats politiques sur l’IA) ;
    • les modèles d’IA ont des coûts de développement de plus en plus élevés, atteignant des niveaux sans précédents : ainsi, le coût d’entrainement de calcul a atteint les 78 millions de dollars pour GPT-4 d’OpenAI, et les 191 millions de dollars pour Gemini Ultra de Google.
    Coût d'entraînement des modèles d'IA, entre 2017 et 2023 - @ 2024 AI Index report
    Coût d’entraînement des modèles d’IA, entre 2017 et 2023 – @ 2024 AI Index report

    ➡️ La compétition internationale est intense :

    • les États-Unis sont en tête, devançant la Chine et l’Union européenne (UE), en tant que principale source de modèles d’IA de premier plan ;
    • en 2023, 61 modèles d’IA notables provenaient d’institutions basées aux États-Unis, dépassant de loin les 21 de l’Union européenne et les 15 de la Chine. A noter la 3eme position de la France, avec 8 modèles d’IA.
    Répartition du nombre de modèles de machine learning par zone géographique en 2023 - @ 2024 AI Index report
    Répartition du nombre de modèles de machine learning par zone géographique en 2023 – @ 2024 AI Index report

    ➡️ Les progrès récents ont conduit au développement de modèles multimodaux solides, tels que Gemini de Google et GPT-4 d’OpenAI. Ces modèles font preuve de flexibilité et sont capables de gérer des images et du texte et, dans certains cas, peuvent même traiter de l’audio.

    Précision moyenne des grands modèles de langage - @ 2024 AI Index report
    Précision moyenne des grands modèles de langage – @ 2024 AI Index report

    ➡️ Une nouvelle enquête de l’AI Index révèle un manque significatif de standardisation dans les rapports sur l’IA responsable :

    • les principaux développeurs, dont OpenAI, Google et Anthropic, testent principalement leurs modèles par rapport à différents critères d’IA responsables, une pratique qui complique les efforts de comparaison systématique des risques et des limites des meilleurs modèles d’IA ;
    • la confidentialité, la sécurité et la fiabilité de l’IA étant les principales préoccupations des entreprises, ces dernières commencent à prendre des mesures pour atténuer ces risques.
    Importance des préoccupations des organisations par région - @ 2024 AI Index report
    Importance des préoccupations des organisations par région – @ 2024 AI Index report

    L’investissement dans la Gen AI explose

    Malgré une baisse globale des investissements privés dans l’IA l’année dernière, l’IA générative spécifiquement a multiplié par huit ses financements depuis 2022, atteignant 25,2 milliards de dollars. Les acteurs majeurs du marché de l’IA générative, tels qu’OpenAI, Anthropic, Hugging Face et Inflection, ont réalisé d’importantes levées de fonds.

    En 2023, les États-Unis ont vu leurs investissements privés dans l’IA atteindre 67,2 milliards de dollars, soit une augmentation de 22,1 % par rapport à 2022. Un montant qui équivalent à près de 8,7 fois ceux de la Chine, deuxième plus grand investisseur dans le monde, qui ont pour leur part connu une baisse de 44,2 %, sur la même période. Dans l’Union européenne, y compris au Royaume-Uni, ces investissements ont diminué de 14,1 %.

    Répartition des investissements privés dans l'IA par région géographique - @ 2024 AI Index report
    Répartition des investissements privés dans l’IA par région géographique – @ 2024 AI Index report

    L’IA fait progresser la science et la médecine

    Selon le chapitre 5 du rapport de Stanford, dédié aux usages de l’IA en science et médecine, à plusieurs systèmes médicaux importants ont été lancés en 2023. Alors que les performances de l’IA continuent de s’améliorer, le suivi de son impact sur la pratique médicale devient de plus en plus important. Parmi les principales innovations d’IA mentionnées :

    • EVEscape est un modèle qui calcule la probabilité qu’un variant de protéine virale donné induise l’échappement immunitaire des anticorps. Pour chaque protéine, EVEscape prédit l’échappement à partir des sources de données disponibles avant la pandémie : prédictions de vraisemblance de séquence à partir d’une évolution virale plus large, informations sur l’accessibilité des anticorps à partir des structures protéiques et changements dans la propension à l’interaction de liaison à partir des propriétés chimiques des résidus.
    • AlphaMissence est une IA capable de prédire les mutations de l’ADN.  Les équipes de Google Deepmind viennent de mettre au point un modèle d’intelligence artificielle capable de déterminer si une mutation dite faux-sens du code génétique peut déclencher une pathologie. D’après les calculs de DeepMind, sur 71 millions de mutations observées, 57% d’entre elles seraient plutôt bénignes et 32% pourraient entraîner une pathologie. Une incertitude plane encore sur les 11% restants, explique le laboratoire de Google dans un billet de blog. En moyenne, poursuivent les chercheurs, un individu présente dans son ADN plus de 9000 mutations faux-sens mais nombre d’entre elles sont encore inconnues des scientifiques.

    • MedQA est un test clé pour évaluer les connaissances cliniques de l’IA. Le modèle phare de 2023, GPT-4 Medprompt, a atteint un taux de précision de 90,2 %, soit une augmentation de 22,6 points de pourcentage par rapport au score le plus élevé de 2022. Depuis l’introduction de l’indice de référence en 2019, les performances de l’IA sur MedQA ont presque triplé.
    Répartition des dispositifs médicaux basés sur l'IA autorisés par la FDA par aire thérapeutique - @ 2024 AI Index report
    Répartition des dispositifs médicaux basés sur l’IA autorisés par la FDA par aire thérapeutique – @ 2024 AI Index report

    Des algorithmes cliniques autorisés par la FDA :

    En 2022, 139 dispositifs intégrant de l’IA ont été approuvés dans différentes aires thérapeutiques, contre seulement 3 en 2012. Parmi eux, le rapport AI Index met en avant les produits suivants :

    • SynthSR : transformer les scintigraphies cérébrales pour une analyse avancée avec un outil d’IA qui convertit les images numérisées du cerveau clinique en images haute résolution pondérées T-1 et facilite la création de rendus 3D détaillés du cerveau – cette avancée permet de résoudre le problème de la variabilité de la qualité de la numérisation, qui limitait auparavant l’utilisation de nombreux scans dans la recherche avancée ;
    • capteurs infrarouges plasmoniques pour la détection des maladies neurodégénératives, telles que la maladie de Parkinson et la maladie d’Alzheimer, qui dépendent d’une identification précise des biomarqueurs rendue possible par l’IA couplée aux capteurs ;
    • cartographie du génome humain : la première ébauche du génome humain a été publiée en 2000 et mise à jour en 2022 – en 2023, le Consortium de recherche sur le pangénome humain, comprenant 119 scientifiques de 60 institutions, a utilisé l’IA afin d’élaborer une approche humaine actualisée et plus représentative de la carte du génome ;
    • MedAlign : les outils d’IA ont également le potentiel d’améliorer l’efficacité de l’administration médicale et d’élever la qualité des soins aux patients en introduisant des IA dans les dossiers médicaux pour établir des plans de soins efficaces.

     

  • Virage domiciliaire : les conditions ne sont pas réunies, selon l’Igas

    Quels lieux de vie pour les personnes âgées en 2040

    La France compte aujourd’hui 2,6 millions de personnes âgées en perte d’autonomie. Le Nord est le département concentrant le plus de personnes âgées en perte d’autonomie, avec 99 700 personnes. Tandis que la Guyane présente le plus petit nombre du pays avec 4 000 personnes.

    En 2023, la majorité des personnes âgées dépendantes vivent chez elles :

    Plus de 3/4 sont en domicile ordinaire (logement privatif historique), y compris parmi les personnes très dépendantes qui ont besoin d’aides pour les gestes de la vie quotidienne. D’un autre côté, les domiciles alternatifs, comme les résidences autonomie (RA) occupent une place résiduelle des habitats de personnes âgées en perte d’autonomie.

    Lieux de vie des personnes âgées en 2023 - @ Igas
    Lieux de vie des personnes âgées en 2023 – @ Igas

    Une augmentation d’1 M de personnes d’ici 2040 :

    Selon l’Igas, d’ici 2040, ce nombre pourrait augmenter d’environ 1 million de personnes, avec de fortes disparités départementales. Les départements vont connaître des évolutions très disparates, allant de 16 % dans l’Indre, par exemple, à près de 63 % en Haute-Savoie et 71 % à La Réunion.

    Projection du nombre de personnes âgées par département d'ici 2040 - @ Igas
    Projection du nombre de personnes âgées par département d’ici 2040 – @ Igas

    Privilégier la “politique de renforcement du soutien à domicile” au “virage domiciliaire”

    Le maintien à domicile est une politique constante depuis 50 ans qui n’a pas donné les résultats escomptés “faute d’un politique ambitieuse, tant sur le financement que sur les moyens humains à mobiliser”. C’est ainsi que parmi les bénéficiaires de l’activité physique adaptée (APA), la part des personnes en établissement et à domicile n’a pas évolué depuis quinze ans.

    La politique domiciliaire est mal anticipée, dans ses projections, qui prennent en compte “la hausse des effectifs APA mais pas celles de leurs besoins et raisonnent à pleine capacité institutionnelle et celle de leurs proches aidants”.

    Dans le rapport de l’Igas, plusieurs facteurs de risque sont identifiés sur l’évolution des capacités d’accompagnement à domicile :

    • le nombre de proches aidants qui devrait baisser ;
    • la faible attractivité des métiers du grand âge ;
    • les projections budgétaires de l’administration fragiles ;
    • et la place mal définie des domiciles alternatifs.

     

    Les services d’aide et d’accompagnement à domicile (SAAD) :

    Pilier du maintien à domicile, les SAAD réalisent 2/3 des heures passées par des professionnels auprès des bénéficiaires de l’APA. Malgré des réformes récentes – tarif horaire socle pour l’aide à domicile, création de places en service de soins infirmiers à domicile (SSIAD), création des services autonomie à domicile (SAD) pour décloisonner -, ces services sont fragiles.

    Pour les renforcer, il conviendrait, selon le rapport, d’amplifier le plan d’action de 2020 et de prévoir :

    • l’organisation annuelle d’une conférence sociale de suivi du plan de revalorisation ;
    • une nouvelle classification des emplois dans la convention collective de la branche de l’aide à domicile ;
    • le rapprochement entre les tarifs et les coûts de revient ;
    • une refonte globale du financement des services, par exemple en instaurant un financement à la place, dépendant de la lourdeur des profils accompagnés.

     

    Les établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) :

    La politique domiciliaire affirmée a provoqué le quasi-arrêt des créations. L’Igas a étudié la politique menée au Danemark d’une disparition programmée des maisons de retraite, au bénéfice de logements autonomes dont les personnes sont locataires, les différents types d’hébergement allant de la résidence sans personnel permanent aux hébergements avec des équipes permanentes et de soins intégrés. Il y a dissociation entre le logement et le soin. Pour que ces hébergements deviennent un « chez soi », il faut un grand espace privatif, une liberté de recevoir quand on veut, une participation des personnes aux tâches de la vie quotidienne, etc.

    Pour modifier les pratiques, l’Igas recommande de lancer un “plan national de transformation domiciliaire des Ehpad”. Un tel plan serait à construire avec différentes hypothèses, selon les progrès de l’accompagnement à domicile, avec ses conséquences en cascade sur le profil des publics accueillis en Ehpad.

    Les domiciles alternatifs :

    Ils ciblent actuellement majoritairement des personnes âgées (semi-)autonomes. Mais ils doivent être mieux préparés à accueillir des personnes en perte d’autonomie en revoyant leur fonctionnement organisationnel, financier et de ressources humaines. L’Igas propose qu’ils disposent systématiquement, au moins par convention, d’un service SAAD et d’hospitalisation à domicile.

    Les résidences services seniors (RSS) :

    Les RSS fonctionnent comme un Ehpad mais sans les autorisations nécessaires. La recommandation est d’harmoniser leur situation avec le régime des RA en termes d’autorisation, contrôle et droits des usagers. Les RSS devraient être intégrées dans le Code de l’action sociale et des familles (CASF).

    En amont, ces repositionnements supposeraient de résoudre les difficultés liées à l’évaluation des besoins d’aide par la grille nationale autonomie gérontologique groupes iso-ressources (Aggir), qui est mal adaptée, notamment pour prendre en compte les troubles neurocognitifs des personnes.

    Le risque d’une saturation des établissements et d’une dégradation de la qualité de vie à domicile

    A défaut d’une politique ambitieuse sur le domicile, le rapport alerte sur le risque de saturation des Ehpad et hôpitaux et d’une dégradation du domicile, particulièrement dans 30 départements. L’Igas formule plusieurs propositions pour y remédier :

    • Sécuriser les conditions de développement et de fonctionnement des domiciles alternatifs et les préparer à l’accueil des personnes les plus en difficulté, notamment par convention avec un SAAD et une HAD ;
    • Favoriser les colocations Alzheimer ;
    • Intégrer les résidences services dans le CASF ;
    • Renforcer les soins palliatifs en hôpital, en Ehpad et à domicile ;
    • Développer la prévention de la perte d’autonomie en généralisant Icope (disposition contenue dans la loi « Bien Vieillir » du 9 avril 2024).

     

    Le risque d’embolie à l’hôpital est réel car la politique de désinstitutionalisation des Ehpad va produire un effet inverse sur l’hôpital : il sera plus difficile d’organiser le retour à domicile qu’en Ehpad. La durée moyenne de séjour va augmenter dans certains services.

    Structurer le pilotage de l’offre par type d’habitat et ajuster les financements

    Le regroupement des schémas territoriaux de programmation de l’offre par type d’habitat et services en un seul schéma gérontologique unique commun ARS/département, ainsi que l’établissement d’un tableau de bord de l’offre, sont les mesures préconisées pour mieux structurer l’offre. On note que les départements ont une capacité très hétérogène pour répondre au vieillissement de la population (selon le modèle LIVIA de la Dress). Les communes se verraient confier un diagnostic territorial des besoins.

    La création de 100 000 logements nouveau en RA en 2030 est projetée. Ce type d’hébergement permet la meilleure mutualisation des ressources humaines et logistiques. Les RA sont actuellement pensées pour accueillir des seniors avec de faibles besoins d’accompagnement et sont souvent mal entretenues. Il convient donc de les adapter, les rénover et les développer.

    Des places en Ehpad-USLD sont à créer dans 30 départements, surtout outre-mer et en Corse. Le financement est à prévoir, ainsi que pour renforcer la médicalisation des Ehpad.

    Le rapport attire l’attention sur la sous-estimation des projections budgétaires actuelles pour le domicile, qui « ne prennent pas en compte le fait que la désinstitutionalisation supposera d’accompagner à domicile des personnes plus en difficulté et de déployer un niveau de dépenses par personne plus élevé. Selon l’Institut des politiques publiques, le renforcement du soutien à domicile nécessaire pour réduire la proportion de personnes en perte d’autonomie accueillies en Ehpad coûterait en 2040 4,6 milliards d’euros de plus qu’à pratique d’institutionnalisation inchangée ».

    L’expérience danoise est éclairante : en 2019 le niveau de dépense publiques à destination des PA était 50% plus élevé qu’en France.

    L’ensemble des évolutions à conduire devrait reposer sur une conférence financière entre l’Etat, les départements et l’Assurance maladie afin de statuer sur la répartition des dépenses publiques liées au grand âge.

     

  • IA : quel rôle à jouer dans la santé sexuelle et reproductive ? (rapport OMS)

    Bénéfices potentiels de l’IA dans le domaine

    De la facilitation de l’accès à l’information à la découverte de nouveaux médicaments, en passant par l’aide au dépistage et au diagnostic, l’organisation des soins ou encore la personnalisation des traitements : le rapport de l’OMS, intitulé “The role of artificial intelligence in sexual and reproductive health and rights” et publié en mars 2024, recense les différentes applications de l’IA dans la santé sexuelle et reproductive ainsi que sa valeur ajoutée. Cette technologie peut ainsi être potentiellement aider à :

    • informer, éduquer et promouvoir la santé : les chatbots ou agents conversationnels virtuels fournissent des informations de manière accessible pour les sujets stigmatisés, ainsi qu’une personnalisation des réponses ;
    • dépister et diagnostique : l’IA a une capacité d’analyse de l’imagerie médicale, permettant une détection plus précoce des anomalies/maladies, et les algorithmes IA peuvent analyser des grandes quantités de données cliniques, identifiant des risques pouvant passer inaperçus ;
    • organiser le traitement et les soins et surveiller sa santé personnelle : l’IA peut adapter les traitements en les personnalisant en fonction des caractéristiques individuelles des patients. Les smartphones et les applications mobiles avec de l’IA permettent aux individus de suivre et d’analyser leur santé à distance (maladies chroniques, suivi d’un traitement) ;
    • comprendre les tendances dans la santé reproductive et sexuelle : identifier les tendances, les modèles et les émergences au sein des populations pour guider la direction de la santé publique, notamment dans la prévention et l’allocation de ses ressources ;
    • et enfin avancer dans la recherche clinique et la découverte de médicaments : de nombreuses solutions d’IA peuvent découvrir des nouveaux médicaments. Des algorithmes peuvent également concevoir des essais cliniques plus efficaces.

     

    Modèles d'utilisation de l'intelligence artificielle (IA) dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive - @ OMS
    Modèles d’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive – @ OMS

    Des risques similaires aux autres usages de l’IA en santé

    Dans son rapport, l’OMS met en garde contre les dérives et les dangers potentiels de l’IA appliquée à la santé reproductive et sexuelle, notamment :

    • des lacunes réglementaires : les données de santé générées en dehors du cadre médical, à travers la surveillance personnelle de la santé, ne bénéficient pas toujours des mêmes protections que les données médicales traditionnelles, notamment en ciblant ces informations personnelles (données menstruelles) à des fins marketing comme le suivi de femmes cherchant à avorter par exemple ;
    • une liberté de choix limitée : l’IA peut influer sur la prise de décision et induire en erreur les individus ne sachant pas comment leurs données sont utilisées, notamment avec un risque que les outils d’IA soient utilisés pour entraver les SDRS et contribuer au sexisme et à la violence sexuelle ;
    • un risque de fuite de données : l’IA nécessite une quantité de données personnelles, présentant ainsi un risque de perte/violation de celles-ci, notamment sur un sujet sensible comme la santé sexuelle et reproductive où ces données peuvent être utilisées pour persécuter/empêcher l’accès aux soins ;
    • la désinformation et la manipulation : la formation de modèles d’IA sur Internet peut désinformer (mythes sur les méthodes contraceptives) afin de décourager l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive ;
    • des biais et des limites des données : les systèmes d’IA sont influencés par des biais non représentatifs, désavantageant les communautés sous-représentées ;
    • la fracture numérique : l’accès inégal à la technologie dans les pays à faibles revenus affecte l’équité et l’inclusivité des applications d’IA dans la santé sexuelle et reproductive ;
    • ainsi qu’un contexte socio-culturel peu intégré par les solutions : les Grands modèles de langage (LLM) nécessitent une approche localisée ou culturellement nuancée dans les SDSR, les décisions liées à la contraception peuvent être influencées par des convictions personnelles, des facteurs psychologiques, culturels et socio-économiques.

    Les mesures préconisées par l’OMS :

    • clarifier les limites d’utilisations des données : établir des restrictions sur la collecte, le partage et la réutilisation des données SDSR et une protection robuste pour la confidentialité des données ;
    • garantir un consentement éclairé et un contrôle individuel : mettre en œuvre des processus de consentement clair et donner aux individus un contrôle proactif sur la manière dont leurs données SDSR ;
    • assurer la transparence et la responsabilité : exiger la notification des violations données et développer des informations transparentes ;
    • promouvoir l’inclusivité et la diversité des données : diversifier les ensembles de données en s’assurant d’une représentation équitable ;
    • établir des mécanismes de surveillance collaborative : impliquer les parties prenantes locales et internationales dans la surveillance des systèmes d’IA ;
    • et développer des voies de surveillance adaptables : mettre des processus de surveillance pour les applications d’IA intégrées aux produits accessibles aux utilisateurs.

     

  • Maladies chroniques : chiffres clés et apport du numérique pour améliorer la prévention et le soin (Institut Sapiens)

    L’impact financier des maladies chroniques en quelques chiffres

    La liste des pathologies chroniques inclut les accidents vasculaire cérébral (AVC), les artériopathies, les cardiopathies, le diabète, l’insuffisance respiratoire, la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson et l’épilepsie. Les cancers, bien qu’exclus, peuvent y être liés selon l’OMS pour leur progression lente.

    Pour l’Assurance maladie, ces maladies représente une part importante qui pèse sur le système de santé, d’où l’intérêt de mieux les gérer et d’optimiser leur prise en charge. Dans son rapport, l’Institut Sapiens rapporte les chiffres suivants (données pour l’année 2021– source : PLFSS 2024) :

    • En 2021 environ 35 % de la population française est touchée par le traitement et l’accompagnement des maladies chroniques;
    • ces dépenses représentaient 62 % du total des dépenses de santé , soit 104 milliards d’euros sur un total 185 milliards ;
    • les principales ventilations concernent les maladies psychiatriques (32,8 Mds), les cancers (22,6 Mds), les maladies cardiovasculaires (19,4 Mds) et le diabète (9,6 Mds) ;
    • le traitement des maladies rénales chroniques est le plus couteux, dépassant les 43 000 euros par patient par an ;
    • le coût annuel moyen des pathologies chroniques dépasse 2 750 euros par patient ;
    • enfin, selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), en 2022 les dépenses non prises en charge par l’Assurance Maladie, comme les dépassements d’honoraires, imposent un reste à charge moyen de 20 % aux patients.

     

    Chiffres clés des pathologies chroniques
    Chiffres clés de l’Assurance maladie sur les pathologies chroniques en France (données pour l’année 2021 rapportées par l’Institut Sapiens – source : PLFSS 2024) – @ Health & Tech Intelligence

    Le rapport souligne qu’une grande part des dépenses de santé liées aux maladies chroniques pourrait être évitée et réallouée à d’autres domaines budgétaires si l’on parvenait à diminuer l’impact de ces pathologies. De surcroît, l’augmentation du nombre de patients atteints pourrait sérieusement compromettre la capacité du système à financer les soins courants ainsi que les affections graves mais occasionnelles, ce qui aurait des conséquences néfastes sur la santé des patients concernés.

    Le vieillissement croissant de la population française va mécaniquement augmenter les coûts et les inégalités sociales

    Selon le rapport, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) estime que d’ici 2060, l’espérance de vie pourrait augmenter de 8 ans, et que d’ici à 2030, la France comptera 5 millions de personnes âgées de plus de 60 ans par rapport à aujourd’hui (soit 20 millions contre 15 millions aujourd’hui). Ce glissement démographique conduira mécaniquement une augmentation du nombre de malades chroniques car trois quart des patients chroniques ont aujourd’hui plus de 60 ans. (Source : PLFSS 2023)

    Cette augmentation se traduirait à la fois sur le plan économique mais aussi social. En effet, le rapport souligne que la croissance des pathologies chroniques évolue avec l’âge de la population, mais également qu’elle possède une dimension sociale forte. Selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), il existe une forte inégalité sociale entre les patients touchés par ces pathologies, avec une surexposition des catégories populaires dans les publics concernés.

    La croissance des pathologies chroniques dépasse celle de l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam), estimée à 3 % par an d’ici à 2027, surtout avec le vieillissement de la population. Cela entraîne des besoins croissants en suivi, prévention et traitement. Entre 2021 et 2020, le coût unitaire de ces affections a progressé de manière significative. (Source : PLFSS 2023)

    D’après la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), le diabète est la maladie la plus inégalitaire, avec un risque trois fois plus élevé pour les personnes du premier décile de revenu que celles du dernier. Dans les zones sous-dotées, le risque de renoncement aux soins est 1,57 fois plus élevé pour diverses raisons, notamment :

    • les temps d’attente (30 %) ;
    • la disponibilité des rendez-vous (30 %) ;
    • et les contraintes financières (26 %).

     

    L’inobservance thérapeutique, un problème à prendre à la racine pour endiguer la progression des pathologies chroniques

    Le rapport souligne qu’un patient atteint de maladie chronique est souvent soumis à une polypharmacie, ce qui accroît considérablement le risque d’inobservance thérapeutique (calculs à partir des données LifeLink et EP PM d’IMS Health. Un patient est considéré comme non observant lorsque sa prise de médicaments est < 80 %). En effet, la probabilité de ne pas prendre ses médicaments augmente significativement en fonction du nombre de comprimés à ingérer. L’Institut Sapiens rapporte que plusieurs études montrent qu’une meilleure observance peut sauver des vies :

    Par ailleurs les travaux de Les travaux de Maya Velmuradova, maître de conférences à l’ESTRI (2022) montrent que :

    • 66 % des renoncements aux soins sont dus à des tensions sur l’offre ;
    • 46 % des Français estiment vivre dans des communes où l’accès aux soins est difficile, avec une prévalence de 64 % chez les plus de 65 ans ;
    • 67 % des sondés trouvent plus difficile de trouver un spécialiste, un sentiment partagé par 72 % pour l’avenir.

     

    Une opportunité pour endiguer les pathologies chroniques : prévention et organisation des soins dans les territoires

    “Pour contrer l’augmentation des pathologies chroniques, les autorités de santé lancent diverses initiatives (plan bien vieillir, santé de la femme, stratégie nationale de santé, vaccinations, dépistages facilités, télé-surveillance) qui, malgré leur pertinence, restent insuffisantes en raison de leur dispersion et du manque d’une approche systématique.”

    De nombreux outils à disposition pour répondre aux enjeux de la prévention :

    • la politique de prévention médicale du gouvernement inclut depuis 2024 des consultations gratuites à 25, 45 et 65 ans pour évaluer la santé physique et mentale. Ces consultations pourraient identifier précocement des prédispositions à des pathologies, réduisant ainsi les risques d’aggravation.
    • la radiologie permet un diagnostic précoce de diverses affections, tandis que l’imagerie interventionnelle offre des alternatives peu invasives aux chirurgies lourdes.
    • l’activité physique adaptée (APA) est bénéfique pour les patients chroniques, réduisant la mortalité et améliorant les résultats dans diverses maladies;
    • les innovations diagnostiques, notamment la standardisation des examens biologiques, peuvent améliorer le dépistage précoce des maladies chroniques et optimiser la prise en charge des patients;
    •  l’imagerie médicale se combine aussi avec l’imagerie interventionnelle, permettant des alternatives peu invasives aux chirurgies lourdes, baissant le nombre de réhospitalisations, reprises d’opération et soins de suite.

     

    Repenser l’organisation des soins, un impératif :

    Le rapport évoque un impératif de changement d’approche dans l’organisation des soins pour les pathologies chroniques. Il propose notamment :

    • de placer le patient au centre du système de soins et de prévention est essentiel pour répondre efficacement aux besoins de santé ;
    • de mettre en en place des référents pour le suivi des pathologies chroniques permettrait d’orienter les patients vers les professionnels appropriés, assurant ainsi un suivi personnalisé et continu ;
    • de renforcer la coordination entre l’hôpital et la ville, pour éviter les traitements en urgence et limiter les rechutes ;
    • d’adapter localement et de gérer plus efficacement les politiques de santé, grâce à l’innovation des procédés et une autonomie accrue des agences régionales de santé (ARS) ;
    • mais aussi de s’inspirer des pratiques réussies observées à l’étranger, notamment en Catalogne, pour développer une approche intégrée des soins et mieux répondre aux défis des pathologies chroniques.

     

    Le numérique : des outils innovants à promouvoir pour aider au suivi des patients

    • Le télésuivi et la télésurveillance : des outils connectés offrent de bons rappels pour les patients ayant tendance à oublier la posologie de leurs médicaments. Des applications de rappels récurrents peuvent à ce titre diminuer de 15 à 20 % les oublis de comprimés.
    • La gamification : il a été ainsi démontré que le recours à des jeux-vidéos peut améliorer drastiquement la prise de médicaments » et constituent « un outil pour les professionnels de santé », à faible coût.
    • Le couplage des biomarqueurs et médicaments : il permet de suivre le patient en temps réel et ainsi mesurer l’efficacité de son traitement et l’évolution de son état de santé.

    le rapport souligne que ce type d’initiatives promeut la “Vision 360° Patients”, une stratégie qui repose à la fois sur le développement d’une expérience personnalisée pour le patient, sur une offre de soins adaptée à ses besoins spécifiques, et sur la création d’un parcours de soins centré sur le patient lui-même. Cette approche est fondamentale pour améliorer le suivi et contenir la progression des maladies chroniques.

    Deux freins à lever pour libérer l’innovation

    Le frein règlementaire :

    Pour l’Institut Sapiens, les contraintes réglementaires représentent un obstacle majeur au développement d’innovations médicales. La précaution excessive et la quête du risque zéro ralentissent les essais cliniques et freinent l’avancement des solutions bénéfiques pour les patients. Cette attitude se manifeste particulièrement dans la gestion des données de santé, où une réglementation trop stricte entrave la recherche. Une approche moins rigide, tout en assurant une protection adéquate, serait plus bénéfique pour la société en favorisant l’innovation dans le domaine de la santé.

    Le frein cognitif :

    C’est le deuxième frein identifié dans le rapport de l’Institut Sapiens. La confiance dans la science serait en déclin parmi les Français. Bien que la science soit perçue comme une source d’espoir pour l’avenir, une majorité estime que les scientifiques manquent d’indépendance dans leurs recherches. De plus, une part significative accorde autant de valeur à leur propre expérience qu’à l’opinion des scientifiques. Ce scepticisme généralisé, précise le rapport, compromet l’adhésion à de nouvelles avancées scientifiques et médicales, entravant ainsi le progrès dans la société.

     

  • Note aux abonnés : Etude IA Générative en Santé

    Chers abonnés,

    Étude : “Quelle maturité de l’IA Gen en Santé ? Cas d’usages, publications, marché et solutions”.

    Découvrez comment cette technologie est en train de transformer le monde de la santé sur l’ensemble de ses secteurs : Industrie pharmaceutique, Medtech, Etablissements de santé, financeurs.

    Tout le monde parle de l’IA GEN, utilise ChatGPT dans sa vie quotidienne ou apprend à coder du Python 😉, et conscients ou pas, nous adoptons cette technologie parce qu’elle nous facilite la vie ou les tâches professionnelles !
    Le déploiement de l’IA Générative dans la santé peut sembler trouver de nombreuses applications. Vous trouverez dans l’étude une vision 360° , qui vous permettra à la fois de décider  si des cas d’usages peuvent accélérer votre stratégie ou améliorer votre organisation, quelles sont les entreprises qui proposent des solutions, quelles sont ces solutions à et quoi elles servent. Vous retrouverez également l’état des connaissances à date par une revue de littérature réalisée sur PubMed. Savez vous qu’entre 2023 et le 1er trimestre 2024, les publications ont augmenté de 407% ?

    Tout cela ne se déroule pas sans cadre éthique et réglementaire, renforcé encore par les applications en médecine. Aussi nous avons recensé les rapports et leurs recommandations pour avoir une lecture rapide des freins et leviers du développement d’une IA générative responsable en santé.

    Et vous, adopteriez vous l’IA Générative dans votre pratique professionnelle quotidienne ?
    Nous vous avons posé la question lors de la Conférence du ThinkTank sur l’IA Générative en Santé qui s’est déroulée le 5 avril au Campus Microsoft. Vous vous êtes déclarés majoritairement prêts et confiants ! Retrouvez-ce sondage dans l’étude et contribuez à enrichir nos réflexions et nos actions communes.

    Prenez le temps de naviguer sur la plateforme à l’occasion de la sortie de cette étude et participez au groupe de discussion dédié. Retrouvez de nombreuses ressources, des datas, des cartographies, des entretiens, sans oublier les présentations de la Conférence du Think tank pour compléter vos connaissance.

    Certains contenus sont réservés aux membres premium . Contactez-nous si vous souhaitez découvrir la formule Premium et participer aux travaux de la communauté.

    Bonne découverte !

    François JEANNE-BEYLOT,
    Directeur délégué Health&Tech Intelligence

    ​Au sommaire de l’Etude : 

     Analyses ​

    • Quels cas d’usage de l’IA Gen en santé ( Segment Pharma, Medtech, Financeurs, Etablissements de Santé ) ​
    • Quelles stratégies des géants de la Tech​
    • Quel cadre éthique et réglementaire, quelles recommandations ?​
    • Quelles dynamiques d’investissements sur l’IA GEN​
    • Revue de littérature scientifique ​
    • Entretien​

    Cartographies​

    • Quelles solutions à l’international​
    • Quelles solutions présentes sur le marché en France ​
    • ​Les cas d’usages par secteur

    ​Ressources 

    • Synthèse de la conférence du Think Tank
    • présentations associées.​

    Parmi les structures étudiées  : 

    • Google, Open AI, Nvidia, Aws, Microsoft, Meta,Mistral AI,
    • 88 solutions présentes en France
    • Plus de 800 solutions présentes dans le Monde

     

  • AI Act : Une nécessité d’obligations de transparence pour l’IA mais un besoin de directives plus claires (rapport KCDS)

    De la politique à la pratique :

    Le KCDS a mené un projet de prototypage de politiques dont les conclusions ont été publiées dans un rapport de janvier 2024. Le prototypage de politiques est conçu comme une approche pour l’élaboration des politiques similaire aux tests produits. L’objectif du prototypage de politiques est de permettre aux décideurs de tester les effets, les forces et les limites d’une politique, et d’élaborer des législations fondées sur des preuves.

    Méthodologie suivie par le KCDS aboutissant à ce rapport

    La méthodologie du KCDS se découpe en 4 phases avec une phase préopératoire qui a permis de déterminer l’axe de l’IA Act à prototyper, ici les obligations de transparence, et l’appel à participants.

    • Phase I : durant un atelier de conception avec différentes parties prenantes, les participants ont rédigé des prototypes de documents de conformité à des cas d’usages bien spécifique aux obligations de transparence de l’IA Act ;
    • Phase II : les prototypes créés durant la phase I ont été complété par les participants ;
    • Phase III : des participants supplémentaires ont été consultés via des entretiens et des enquêtes en ligne afin de récolter des feedbacks sur les prototypes de conformités créés ;
    • Phase IV : les résultats ont été agréger sous forme de rapport afin d’aider à opérationnaliser efficacement les obligations de transparence de l’AI Act en offrant des exemples d’instructions d’utilisation et de clauses de non-responsabilité, ainsi que les best-practices.

    Cadre législatif : choix des articles 13 et 52 de l’AI Act

    La transparence étant un sujet primordial pour l’UE dans le développement, déploiement et utilisation des systèmes d’IA, le KCDS a centré son prototypage de politiques autour des obligations de transparence pour :

    • les systèmes d’IA à haut risque : article 13 ;
    • les systèmes d’IA interactifs : article 52 ;
    • les systèmes d’IA pour la reconnaissance d’émotions : article 52 ;
    • les systèmes d’IA pour la catégorisation biométrique : article 52 ;
    • le contenu généré par l’IA : article 52.

    Le KCDS a donc proposé des prototypages de politiques pour des cas d’utilisation relevant soit de l’article 13, soit de l’article 52.

    Les groupes de travail formés par le KCDS ont travaillé sur :

    • 3 prototypes d’IFU « Instructions for Uses » relevant de l’article 13 ;
    • 2 prototypes de clauses de non-responsabilités/avertissements « disclaimers » relevant de l’article 52.

    H&TI présente ici les cas d’usage applicables au domaine de la santé.

    Les prototypes d’IFU à travers 3 cas d’usage :

    Cas d’usage Logiciel d’IA pour la détection des pathologies oculaires basé sur des images de la rétine de l’œil
    Destinataire de l’IFU (Public adressé) Ophtalmologistes
    Points forts de l’IFU
    • Clarté et concision du prototype ;
      Transparence concernant le cas d’usage du logiciel d’IA ;
    • Public clairement défini : ophtalmologistes ;
    • Intégration des obligations de l’IA Act : surveillance humaine, métriques de précisions, période de rétention de données.
    Suggestion d’amélioration
    • Clarifier certains langages techniques qui pourraient être complexe pour des utilisateurs non formés ;
    • Inclusion d’informations pour garantir la qualité des données et la gestion des données personnelles ;
    • Les mesures de cybersécurités ont été jugées trop génériques ;
    • Inclusion d’informations sur d’autres éventuelles maladies que le logiciel pourrait détecter.

     

    Cas d’usage Dispositif médical pour la prédiction des arythmies cardiaques. Les données des patients entrées (valeurs de la pression artérielle et du cholestérol) ainsi que les données de l’électrocardiogramme proviennent d’une application d’autotest.
    Destinataire de l’IFU (Public adressé) Médecins, infirmières et tout autre professionnel de la santé qui pourrait être amené à utiliser le dispositif ou à travailler avec les données générées par celui-ci
    Points forts de l’IFU
    • Fournit des informations claires et complètes sur le dispositif, ses fonctionnalités et son utilisation ;
    • Conforme aux obligations de transparence.
    Suggestion d’amélioration
    • Fournir davantage de détails sur l’ensemble de données de test du DM (diversité de l’échantillon de données, méthodologie de collecte de données etc) ;
    • Les descriptions de la cybersécurité pour le dispositif médical ont été jugées vagues et un besoin de clarification a été identifié

     

    Cas d’usage API afin de connecter des demandeurs d’emploi avec les offres d’emplois pertinents pour eux
    Destinataire de l’IFU (Public adressé) Services de RH
    Points forts de l’IFU
    • Permet aux utilisateurs de comprendre les processus impliqués dans l’utilisation de l’outil ;
    • Conforme aux obligations de transparence.
    Suggestion d’amélioration
    • Ajout d’instructions et d’une FAQ ;
    • Clarification du public ciblé, c’est-à-dire qui sera l’utilisateur du système d’IA.

     

    Le prototype de disclaimers à travers 1 cas d’usage :

    Cas d’usage Chatbot RH qui sert à communiquer avec des employés au nom des services RH
    Destinataire de l’IFU (Public adressé) Des employés d’une entreprise
    Points forts de l’IFU
    • Le prototype comprend des images d’explications ;
    • Comprend une courte description du contexte d’utilisation du chatbot.
    Suggestion d’amélioration
    • Personnalisation du prototype pour le public ciblé ;
    • Ajout d’une description plus élaborée avec un langage clair et concis pour le public ciblé.

     

  • Espagne : quelles conditions pour intégrer les DTx dans le système de santé ? (rapport)

    Le système de santé espagnol cherche à adopter les DTx dans son système national à la manière du modèle DiGA en Allemagne, malgré l’obstacle d’une absence de réglementation spécifique et d’un cadre d’évaluation standardisé existant.

    Le rapport “Promouvoir les thérapies numériques” de Vodafone Innovation Ecosystem vise à analyser les perspectives sur les thérapies numériques de parties prenantes, professionnels de santé, patients et acteurs de l’industrie pharmaceutique.

    Les thérapies numériques sont des logiciels évalués cliniquement qui permettent de prévenir, gérer et/ou traiter un large éventail de maladies et de troubles, comme les maladies chroniques ou les addictions. Elles peuvent ainsi renforcer l’autonomie des patients et faciliter la prise de décision des professionnels de la santé, leur faisant gagner un temps précieux.

    Les parties prenantes  du développement des DTx soulignent les éléments nécessaires pour assurer leur adoption :

    • Formation : les professionnels de la santé reconnaissent le potentiel des thérapies numériques pour améliorer la prise en charge des patients, mais soulignent la nécessité d’une meilleure formation et d’un soutien accru pour les intégrer à leur pratique clinique ;
    • Confidentialité : les patients apprécient l’accessibilité, la commodité et la flexibilité offertes par les thérapies numériques, mais expriment leurs inquiétudes concernant la confidentialité et la sécurité des données.
    • Complémentarité avec les traitements : l’industrie pharmaceutique, elle voit les thérapies numériques comme une opportunité de développer de nouveaux modèles économiques et d’améliorer l’efficacité des traitements.

    Recommandations pour améliorer l’utilisation des DTx

    Le rapport propose plusieurs recommandations pour stimuler l’adoption des thérapies numériques :

    • accroître les investissements dans la recherche et le développement ;
    • créer des cadres réglementaires clairs et harmonisés ;
    • développer des programmes de formation pour les professionnels de la santé ;
    • mettre en place des stratégies de sensibilisation et d’éducation pour les patients ;
    • établir des mécanismes de collaboration entre les différents acteurs du secteur de la santé.

    Ethtique, standards et formation pour favoriser l’adoption

    Le rapport de Vodafone émet ainsi des recommandations opérationnelles suivantes pour le passage à l’échelle des DTx dans la pratique médicale au quotidien :

    • établir une liste de procédures standardisées pour l’utilisation des DTx  ;
    • rechercher un équilibre approprié entre la rapidité institutionnelle, en termes de réglementation et d’approbation, et la rapidité clinique, sans compromettre la sécurité et les preuves scientifiques nécessaires ;
    • développer une plateforme numérique avec des informations médicales mises à jour et facilement accessibles, fournir aux médecins des données communes et pertinentes pour leur pratique quotidienne ;
    • générez un système intuitif et complet permettant aux cliniciens d’accéder rapidement aux historiques des patients (recommandations médicales et traitements) ;
    • établir des protocoles et des normes uniques pour aborder les aspects éthiques, l’exactitude des algorithmes et la confidentialité des données dans la mise en œuvre de l’IA, garantissant une utilisation sécurisée ;
    • garantir leur compétence dans l’utilisation des solutions numériques, en promouvant une culture de mise à jour et l’adoption technologique dans la pratique clinique ;
    • former les jeunes comme moteurs de l’adoption de solutions numériques, en tirant parti de leur familiarité à la technologie pour diffuser son utilisation auprès des professionnels de santé et des patients.
  • UK : exploiter la data des soins primaires pour accélérer la recherche clinique (rapport)

    Difficultés à impliquer les médecins généralistes dans la recherche, manque de connaissance des essais disponibles, entraves liées à l’identification et le recrutement des patients ralentissent la recherche clinique en Angleterre… Un rapport publié le 25 janvier 2024 par la société londonienne Newmarket Strategy, 6 recommandations spécifiques pourront répondre aux barrières existantes dans le domaine de la recherche et des essais cliniques dans les soins primaires.

    Les 6 recommandations pour des essais cliniques plus efficaces

    • NHS England et les autorités de santé anglaises devront fournir des indications claires sur comment les professionnels de santé et du médico-social devront être utilisés dans l’équipe des soins primaires et faciliter la recherche de celle-ci ;
    • l’Institut national de recherche sur la santé et le nouveau réseau de soins de Grande-Bretagne devront garantir la formation d’une grande variété de praticiens des soins primaires et soutenir les fournisseurs afin qu’ils puissent mener davantage de recherche clinique ;
    • le Ministère de la Santé et des Affaire sociales et le NHS England devront promouvoir et faciliter le financement des soins primaires pour qu’ils puissent participer à des essais commerciaux, notamment pour rembourser le coût de la recherche ;
    • le Royal College des praticiens généraux, l’Institut National de la Santé et la Recherche en soins et les réseaux de soins primaires financés par le NHS England encourageront l’utilisation de plateformes intégrées aux soins primaires, facilitant le recrutement de divers patients dans des essais cliniques grâce aux données détenues dans les Dossiers de santé électroniques ;
    • l’Autorité de la Recherche en Santé doit veiller à ce que les soins primaires soient représentés de manière appropriée dans l’élaboration de ses futures lignes directrices sur « l’identification et le contact des personnes au sujet de la recherche » ;
    • le Collège Royal des praticiens généraux, l’Institut national pour la recherche et la Recherche en soins ainsi que les réseaux de soins devront encourager les cabinets de médecins généralistes à utiliser des messages SMS pour directement proposer aux patients des essais cliniques.

    Identifier les patients pour la recherche clinique

    La continuité et la richesse des dossiers de soins primaires permettent d’identifier plus facilement les patients pour la recherche clinique. Les données sur les soins primaires sont utiles pour le recrutement d’essais cliniques de certaines maladies à long terme comme le diabète ou l’asthme.

    Les difficultés de la recherche primaire :

    La recherche en soins primaire fait face à plusieurs difficultés, voici les quatre obstacles les plus importants :

    • le manque de capacité à s’engager et prioriser la recherche. Les praticiens généraux font face à une pression croissante au travail, les empêchant de se focaliser sur la recherche ;
    • la connaissance des études cliniques en cours ne peuvent pas être assumées sans un accès à des outils appropriés. Une tâche pouvant être perçue comme fastidieuse ;
    • recruter les patients appropriés dans une recherche clinique peut être difficile et est connu comme l’aspect le plus dur pour lancer une recherche ;
    • engager directement les patients sur les recherches cliniques en incluant des essais n’est pas toujours simple, notamment à cause des implications légales concernées.

    Qu’est-ce qui empêche les praticiens de contribuer à la recherche ?

    Selon le NIHR, 1 003 285 patients ont été recrutés dans des recherches, dont des essais cliniques, entre l’année 2022 et avril 2023. En décembre 2022, seulement 35% des études recrutaient pour le délai et l’objectif, mais en novembre 2023, ce chiffre est passé à 82%. La capacité à identifier les bons patients pour l’étude était un obstacle majeur pour 73% des professionnels de la santé.

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    Comment approcher les patients pour les besoins des études cliniques ?

    Au-delà de l’annonce des médecins, les patients peuvent être identifiés et approchés en utilisant des données afin d’élaborer des approches plus ciblées. Les organismes de recherche clinique (CRO) sont souvent mandatés par des chercheurs sponsors pour effectuer des tâches de recrutement, même si cela peut être une approche coûteuse impliquant également de céder le contrôle d’une grande partie du processus de recrutement et de gestion des essais.

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    Faciliter la recherche dans les soins primaires

    La reconstruction du secteur de la recherche clinique au Royaume-Uni ne peut être pleinement réalisée sans tirer le maximum des atouts et des capacités du secteur des soins primaires. Les médecins généralistes devront être sûrs de la manière dont les données sont accessibles, quel est le processus de consentement et comment les données seront utilisées.

    Renforcer l’engagement des professionnels et des patients :

    Les médecins généralistes sont sous pression pour soigner leur patient et ne disposent que de 7 minutes par séance de consultation pour la recherche. Il est essentiel de garantir que la recherche puisse être intégrée dans leur flux de travail afin que leur participation soit facilitée. Notamment en comprenant qu’ils peuvent s’engager sans mener les activités de recherche forcément eux-mêmes.

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    87 % des patients interrogés ont convenu qu’il était important que le NHS mène des recherches cliniques, mais ils ne savaient pas comment y participer. Certaines organisations ont trouvé le moyen efficace de dialoguer avec les patients en exploitant les données d’une relation praticien général-patient, soit le cœur du soin primaire et jouant un rôle central dans la recherche clinique. Les patients font confiance à leur médecin généraliste : que 62% d’entre eux sont d’accords ou très favorables à prendre part à une étude clinique s’il elle est recommandée par leur médecin.

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  • Cancer : 10 propositions pour améliorer les soins, la prévention et le diagnostic (rapport)

    Répondre aux nouvelles réalités de la pathologie 20 ans après le premier “plan cancer”, tel est l’objectif des 10 propositions préconisées dans le rapport “Face aux cancers“, rendu public le 29 janvier 2024 par le collectif du même nom créé par Unicancer, Patients en réseau et MSD. Ce collectif s’appuie également sur un conseil d’experts qui réunit des professionnels de santé, représentants d’associations de patients, décideurs et chercheurs en sciences humaines, sociales et économiques.

    Des progrès qui redéfinissent les réalités du cancer

    Depuis le premier plan cancer de 2003, plusieurs progrès sont observés :

    • l’arrivée d’innovations thérapeutiques majeures (immunothérapies, thérapies ciblées, anticorps conjugués…) ont permis d’améliorer significativement la prise en charge et même la survie à des cancers pour de nombreux patients;
    • les innovations organisationnelles et servicielles leur ont offert de nouvelles possibilités liées à leur qualité de vie ainsi qu’une autonomie renforcée ;
    • le visage de la maladie se transforme. Pour les patients, ces nouvelles perspectives sont porteuses d’espoir car elles impliquent un changement de paradigme : l’incurabilité, souvent associée au cancer, succède désormais la possibilité d’une chronicisation, voire d’une guérison.

    2 axes et 10 propositions pour y répondre

    Les 10 propositions du rapport sont articulées autour de 2 axes:

    • le premier est la nécessité de continuer à améliorer la prise en charge des cancers, avec pour objectif principal l’amélioration de la qualité de vie des patients – cela englobe également leur intégration au sein de la société, un aspect parfois négligé mais pourtant essentiel de la maladie ;
    • le deuxième volet de ce rapport met l’accent sur la nécessité de renforcer l’équité pour les patients confrontés au défi du cancer tout au long de leur parcours de soins : prévention, diagnostic, accès à l’innovation.

    Ci-dessous, une synthèse des 10 propositions :

    1. Permettre une meilleure compréhension du cancer en brisant les préjugés sociaux et en favorisant l’intégration sociale et professionnelle des patients :

    • œuvrer en faveur d’une représentation sociétale des cancers plus juste et plus inclusive pour les patients ;
    • faciliter l’intégration professionnelle des patients atteints d’un cancer en prenant mieux en compte le caractère parfois chronique de leur maladie.

    2. Améliorer la coordination et l’attractivité des professions du soin pour offrir la meilleure prise en charge aux personnes touchées du cancer :

    • mieux valoriser les activités liées à la coordination des soins de santé ;
    • améliorer la formation et l’attractivité de certaines trajectoires professionnelles des acteurs du soins.

    3. Améliorer l’autonomie des patients dans leur parcours de soins et améliorer leur qualité de vie en intégrant davantage les soins de support :

    • permettre une meilleure information des patients aux nouvelles innovations, qu’elles concernent les soins de support ou le parcours de soins ;
    • renforcer et mieux valoriser les soins de support dans le parcours des patients.

    4. Adapter et promouvoir l’intégration et l’évaluation de nouveaux designs d’essais cliniques dans la prise en charge du cancer.

    5. Renforcer les outils permettant un véritable pilotage pluriannuel des politiques de lutte contre le cancer et adapter les modalités de financement de l’innovation thérapeutique pour en assurer l’accès :

    • créer de nouveaux indicateurs pour mieux rendre compte du coût du non-traitement des patients et des futurs patients ;
    • développer de nouveaux outils de pilotage et de maîtrise des dépenses.

    6. Élargir les mesures de prévention primaire contre le cancer dès le plus jeune âge et en s’adaptant à tous les publics, y compris les plus précaires :

    • dès le plus jeune âge, mettre en place une prévention primaire adaptée ;
    • renforcer la prévention primaire vers les publics les plus précaires et mieux prendre en compte l’impact des inégalités informationnelles et géographiques.

    7. Favoriser la sensibilisation et l’accessibilité au dépistage précoce du cancer, notamment du cancer du poumon :

    • inclure l’ensemble des acteurs du soin dans une démarche de renforcement du dépistage ;
    • repenser la manière de sensibiliser les citoyens au dépistage.

    8. Prioriser le diagnostic précoce du cancer pour accélérer la mise sous traitement et améliorer les chances de guérison :

    • améliorer la coordination des acteurs du soin pour accélérer le diagnostic ;
    • mieux accompagner l’après-diagnostic.

    9. Renforcer l’attractivité de la France pour l’accueil des essais cliniques innovants et leur accessibilité pour les patients :

    • moderniser les mécanismes de conduite des essais cliniques ;
    • favoriser les essais cliniques dans les territoires ;
    • lever les barrières informationnelles.

    10. Garantir et améliorer l’attractivité du mécanisme d’accès précoce qui a fait ses preuves, notamment au niveau du recueil de données.

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  • Robotique : data et IA ouvrent la voie vers le concept de « chirurgien augmenté » (panorama Snitem)

    Ces dispositifs sont aujourd’hui largement utilisés dans pratiquement toutes les spécialités médicales, y compris la chirurgie générale, l’urologie, la chirurgie digestive et thoracique, la gynécologie, la pédiatrie, l’ORL, l’orthopédie, ou encore la neurochirurgie. Leur utilisation importante et continue dans le temps démontre l’engagement continu des industriels à améliorer constamment leurs technologies pour répondre aux besoins tant des patients que des professionnels de la santé.

    L’innovation pour une chirurgie plus précise et personnalisée

    Le professeur Patrick Pessaux, chef de service Chirurgie viscérale et digestive au CHU de Strasbourg et président de l’Association française de chirurgie, souligne dans la préface de ce rapport l’importance de concevoir les innovations, en particulier dans la robotique chirurgicale, en réponse aux besoins et à l’usage des chirurgiens et des patients. Il insiste sur la nécessité d’intégrer des considérations environnementales dans le processus d’innovation chirurgicale, tout en soulignant le rôle essentiel du chirurgien moderne en tant que coordinateur dans le parcours de soins global. La robotique chirurgicale, grâce à la puissance des algorithmes et des outils de réalité virtuelle, est présentée comme une évolution majeure permettant une chirurgie plus précise et personnalisée, avec des bénéfices notables pour la récupération du patient.

    Dans cet article, Health & Tech Intelligence revient en détail sur le panorama réalisé par le Snitem retraçant l’évolution de la robotique dans différentes spécialités chirurgicales, depuis le début des années 1990.

    Enjeux de la chirurgie robot-assistée

    Selon cette nouvelle édition du livret Progrès & DM du Snitem dédiée à la chirurgie robot-assistée, les défis et les perspectives dans le domaine incluent :

    • l’intégration imminente de l’imagerie (scanner, IRM) pour fournir une cartographie en temps réel du patient, permettant au robot de guider les chirurgiens de manière plus précise ;
    • la collecte de données, enregistrant les gestes, les réussites et les complications, afin de standardiser les procédures et faciliter la diffusion des bonnes pratiques, notamment pour la formation des jeunes chirurgiens ;
    • l’harmonisation des pratiques: La robotique chirurgicale permet de lisser la gestuelle chirurgicale, assurant une qualité optimale des soins pour les patients et favorisant la diffusion des bonnes pratiques ;
    • la formation et le compagnonnage : Les industriels forment l’ensemble de l’environnement chirurgical. La formation continue est également soulignée, en particulier en cas de mises à jour du système. Certains systèmes robotiques proposent une double console, permettant aux chirurgiens expérimentés d’accompagner ceux en formation. Cela favorise le compagnonnage et une formation plus rapide des jeunes chirurgiens ;
    • le partage d’expériences ;
    • l’attractivité d’un établissement.

    En résumé, le rapport met en avant les avantages de la robotique chirurgicale, son impact sur la formation et la collaboration interdisciplinaire, ainsi que ses implications dans la réorganisation des pratiques et l’attrait des établissements de santé. Cependant, il est souligné que la robotisation ne vise pas à révolutionner les pratiques, mais plutôt à s’adapter aux besoins et aux habitudes des chirurgiens, facilitant la prise en main tout en préservant la méthode traditionnelle.

    La robotisation en chirurgie générale s’accélère

    La chirurgie robotique urologique pionnière : toujours plus d’adeptes en France, malgré les freins d’accès

    Le rapport soutient que malgré une adoption moins répandue en France qu’aux États-Unis, de plus en plus de chirurgiens urologues se forment à cette technologie pour offrir ses nombreux bénéfices aux patients, incluant une réduction des complications, des pertes sanguines et des douleurs postopératoires, favorisant un rétablissement plus rapide.

    L’innovation continue avec l’avènement de robots spécialisés et l’intégration de l’intelligence artificielle dans la prise de décision chirurgicale. Les enjeux actuels incluent la question de l’accès à cette technologie et son coût, ainsi que la diversification des modèles de robots, offrant des perspectives prometteuses pour l’avenir de la chirurgie robotique urologique.

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    La chirurgie robotique digestive : en quête d’adhésion des chirurgiens et à la recherche d’un robot adapté aux spécificités de cette spécialité

    Parmi les idées clés rapportées dans le livret du Snitem :

    • introduction progressive : la chirurgie digestive robotique a connu une adoption progressive au fil des années, surmontant les défis spécifiques de cette spécialité ;
    • applications pratiques : utilisée principalement pour les cancers du côlon, du rectum, du pancréas, du foie, de l’estomac, elle s’étend également aux pathologies colorectales et à la chirurgie bariatrique ;
    • évolution technologique : les premières expérimentations datent du milieu des années 1990, mais des progrès technologiques significatifs ont été nécessaires pour surmonter les contraintes de la cœlioscopie ;
    • adhésion croissante : malgré les premières réticences en France, les chirurgiens digestifs montrent désormais une adhésion croissante en considérant la robotique comme une aide précieuse pour la chirurgie mini-invasive ;
    • formation des jeunes chirurgiens : la robotique digestive est intégrée aux cursus universitaires, contribuant à son adoption plus large.

    La chirurgie robotique en thoracique : une réponse prometteuse pour le cancer du poumon

    Quelques points clés du rapport:

    • utilisation prédominante du robot chirurgical en chirurgie thoracique pour le traitement du cancer du poumon, en raison de l’anatomie délicate et concentrée du poumon ;
    • croissance rapide de l’utilisation de la chirurgie robotique en thoracique, avec des avantages notables dans la prise en charge du cancer du poumon ;
    • possibilité de réaliser des opérations plus complexes et de respecter les plans de dissection grâce à la précision accrue des systèmes robotiques ;
    • perspectives positives pour l’avenir, avec la possibilité d’étendre l’utilisation de la chirurgie robotique à des interventions plus variées et la potentialité de la chirurgie ambulatoire ;
    • besoins futurs d’amélioration, notamment dans la miniaturisation des instruments, l’absence de retour de force dans les doigts du chirurgien, et l’intégration de la réalité augmentée.

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    Exploration des horizons oncologiques : la révolution de la chirurgie robotique gynécologique

    Les auteurs du panorama soutiennent que la chirurgie robotique a transformé la prise en charge des cancers gynécologiques, en particulier pour le cancer de l’endomètre, offrant une approche moins invasive et des avantages postopératoires significatifs. Depuis son introduction dans les années 2000, l’utilisation de la chirurgie robotique en gynécologie oncologique a connu une croissance exponentielle, ouvrant de nouvelles perspectives pour les patients. Des bénéfices médico-économiques sont encore à démontrer, mais des études cliniques évaluent l’efficacité de la robotique, avec un accent sur la formation des chirurgiens et la collecte de données pédagogiques.

    Les perspectives d’avenir incluent l’intégration de l’imagerie pour guider les gestes chirurgicaux, la miniaturisation des instruments, et l’extension des avantages de la robotique à d’autres domaines oncologiques.

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    La chirurgie robotique en gynécologie non oncologique pour améliorer et toujours préserver

    Parmi les points clés du rapport :

    • défis anatomiques dans le pelvis : le pelvis féminin représente un défi délicat en chirurgie gynécologique. La robotique vise à étendre les indications de la chirurgie mini-invasive, préservant la délicatesse de cet environnement. Dans des conditions telles que l’endométriose, où les nerfs et la région anatomique sont altérés, l’objectif de la robotique est de minimiser les séquelles à long terme, préservant ainsi la fertilité autant que possible ;
    • élargissement des indications : la robotique permet de traiter des affections gynécologiques bénignes telles que les fibromes et l’endométriose avec une précision accrue, minimisant les séquelles tout en augmentant la réactivité chirurgicale ;
    • accessibilité au robot : L’accès à la chirurgie robotique reste une préoccupation en raison de son coût élevé. Les cas sont sélectionnés en fonction de leur pertinence et de la disponibilité du robot ;
    • perspectives d’amélioration : les professionnels de santé attendent des améliorations continues notamment dans la vision et les instruments. L’intégration d’images de scanner ou d’IRM est une attente forte pour une cartographie précise et une préservation accrue des organes et des tissus.

    Malgré les défis, la chirurgie robotique a déjà prouvé son bénéfice en gynécologie, améliorant les procédures chirurgicales et favorisant la standardisation des protocoles opératoires.

    De belles perspectives pour la chirurgie robotique pédiatrique

    Le rapport soutient que la chirurgie robotique pédiatrique est encore considérée comme une niche par rapport à la chirurgie robotique chez les adultes, mais le nombre de CHU équipés de robots pour les chirurgiens pédiatriques a augmenté ces dernières années. Plus de trois quarts des CHU en France permettent aux chirurgiens pédiatriques d’accéder aux systèmes robotiques, même si seulement deux de ces systèmes sont exclusivement dédiés à la chirurgie pédiatrique. La France est le pays d’Europe ayant la plus grande exposition à la robotique en chirurgie pédiatrique.

    La chirurgie pédiatrique est particulière en raison de la petite proportion de patients, de leur jeune âge, et de la grande variété de pathologies rares, malformations et tumeurs à traiter :

    • chaque cas de chirurgie robotique pédiatrique fait l’objet d’une discussion et d’une décision collégiales, car la variété des indications rend difficile la standardisation des procédures ;
    • la courbe d’apprentissage est plus longue en chirurgie pédiatrique en raison de la diversité des indications et du plus faible volume d’activité par rapport à la chirurgie robotique adulte.

    Une étude prospective appelée PECROP (Performance et efficience de la chirurgie robotique pédiatrique) est en cours pour évaluer la performance et l’efficacité de la chirurgie robotique chez les enfants et les adultes. Elle inclut plusieurs hôpitaux et cherche à élargir le pool de patients pour une analyse approfondie.

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    La chirurgie robotique en orthopédie transforme le parcours de soins

    Selon le rapport, les nouvelles technologies entraînent de nombreuses modifications dans les pratiques et les parcours de soins, notamment grâce à la planification, la navigation, la chirurgie robot-assistée et le suivi à distance.

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    Chirurgie orthopédique sans imagerie

    Quelques points clés du rapport:

    • la chirurgie robotique en orthopédie, bien que manquant encore d’études à long terme, semble offrir des avantages tant pour les patients que pour les professionnels de la santé ;
    • les évolutions futures incluent l’amélioration de l’équilibrage ligamentaire dans la chirurgie du genou pour retrouver la cinématique originelle du genou. Les industriels travaillent également sur l’extension des indications de la chirurgie robotique en orthopédie, actuellement réservée aux premières intentions ;
    • L’intelligence artificielle pourrait jouer un rôle crucial en améliorant la performance des planifications chirurgicales, ce qui permettrait d’étendre le recours à la chirurgie robotique à des interventions plus complexes et des reprises de prothèses. Cela est particulièrement important pour répondre aux défis du vieillissement de la population.

    Chirurgie robotique orthopédique avec imagerie ➡️ objectif : augmenter le bénéfice vers le patient

    Quelques points clés du rapport:

    • des publications scientifiques ont démontré que l’utilisation de cette technologie conduit à une diminution de la douleur postopératoire, à une réduction des prescriptions d’opioïdes, et à une récupération plus rapide des patients ;
    • les outils d’IA seront essentiels pour améliorer la prise de décision chirurgicale en fournissant des informations utiles sans compromettre le rôle essentiel du chirurgien. Les données récoltées contribueront à affiner et à perfectionner les techniques chirurgicales ;
    • bien que la technologie assistée par robot soit un outil précieux, la main et la tête du chirurgien restent indispensables. Une formation obligatoire est requise pour que les chirurgiens se familiarisent avec le système avant de l’utiliser dans des procédures réelles ;
    • les industriels travaillent constamment à améliorer la technologie et à l’adapter pour d’autres articulations, tout en évitant le retour à des systèmes autonomes qui ont montré des limites.

    Neurochirurgie robotique

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    Neurologie rachidienne : des améliorations imminentes

    Quelques points clés du rapport:

    • la chirurgie robotique du rachis offre une optimisation du geste et une grande précision d’accès à la colonne vertébrale, mais des études randomisées complètes manquent encore pour démontrer les bénéfices à long terme ;
    • les premiers résultats indiquent une amélioration en termes de précision du geste et de qualité du montage, ainsi qu’une facilité accrue pour réaliser des chirurgies mini-invasives, même chez des patients obèses ;
    • Les perspectives d’innovation incluent des améliorations ergonomiques pour rendre les robots plus petits, maniables, faciles d’utilisation, et dotés d’interfaces intuitives. Les robots pourraient éventuellement effectuer des découpes, réséquer des os, et fournir des signaux d’alerte pour renforcer la sécurité ;
    • la rentabilité médico-économique de la chirurgie robotique du rachis reste une question, avec des coûts élevés qui dépendent de la masse d’activité. L’adoption de la technologie dépend de la fréquence des arthrodèses réalisées dans une institution. La prudence reste de mise en attendant l’évaluation des résultats des études cliniques comparatives à venir.

    Neurochirurgie cérébrale : le robot contribue à réduire tout à la fois la durée des interventions, l’invasivité, le risque d’infection et la période de récupération des patients

    Quelques points clés du rapport:

    • la neurochirurgie robotique fonctionnelle intervient dans des pathologies telles que la maladie de Parkinson, la dystonie, le tremblement essentiel, les TOC, le Syndrome de Gilles de la Tourette et les crises d’épilepsie ;
    • le CHU de Grenoble est un pionnier en neurochirurgie robotique depuis 1987, notamment dans le développement de bras robotisés chirurgicaux. L’informatique a été intégrée en 1989, améliorant la planification et la précision ;
    • l’innovation dans les années 2010 a conduit à une nouvelle génération de dispositifs offrant une précision accrue, améliorant le confort du patient en évitant le cadre de stéréotaxie traditionnel.

    La data et l’IA concentrent les efforts des industriels et des professionnels

    Les données enregistrées pendant les interventions chirurgicales facilitent la comparaison des procédures et accélère l’apprentissage en identifiant des axes d’amélioration. Les outils numériques permettent également l’intervention à distance d’un chirurgien expert, rendant la chirurgie plus sécurisée. L’utilisation des données de santé pour intégrer l’intelligence artificielle dans les algorithmes offre des recommandations en temps réel au chirurgien. Cela ouvre la voie vers le concept de “chirurgien augmenté”.

    Toutefois, le chirurgien reste au centre du processus, avec la responsabilité individuelle et la nécessité de combiner innovations technologiques et expertise humaine.

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