Actualité

  • 45,6 % des participants porteurs d’une pathologie ignorée selon la cohorte préventive Zoī

    Pathologies silencieuses : Zoī identifie des risques non diagnostiqués chez la moitié des participants

    Alors que 84,4 % des participants se déclarent en bonne santé, Zoī, start-up française de santé préventive, révèle les résultats de sa première cohorte longitudinale : 45,6 % des 1 000 participants interrogés, pourtant asymptomatiques et attentifs à leur santé, sont porteurs d’une pathologie chronique ou d’un marqueur de risque avancé jusqu’alors non diagnostiqués. Cette cohorte, structurée autour de milliers d’indicateurs médicaux et biologiques, souligne un fort écart entre la perception et la réalité de l’état de santé des gens.

    Hypertension, prédiabète et apnée du sommeil souvent ignorés

    Structurée pour suivre une population asymptomatique dans la durée, cette cohorte repose sur un protocole standardisé intégrant questionnaires, bilans cliniques, analyses biologiques et imagerie médicale. Objectif : repérer précocement pathologies silencieuses et marqueurs de risque, limiter la survenue de maladies chroniques et enrichir gratuitement la recherche publique avec des données hautement qualifiées.

    Résultat : 84,4 % des participants se croient en bonne santé mais près de la moitié présente au moins une pathologie ignorée. Hypertension, hypercholestérolémie, prédiabète, apnée du sommeil ou insuffisance rénale légère sont fréquents, même parmi cette population vigilante.

    Un décalage chez les jeunes adultes : 1 adulte sur 4 à risque cardiovasculaire élevé

    Autre constat, les jeunes adultes, pourtant sans diagnostic préalable, présentent davantage de marqueurs précoces de risque que leurs aînés, révélant la nécessité d’engager la prévention dès la trentaine. L’analyse intègre des scores de risque reconnus internationalement. Ainsi, 26,5 % des hommes et 5,2 % des femmes sont à haut risque cardiovasculaire sur 10 ans. S’y ajoutent 6,9 % des hommes et 0,4 % des femmes à haut risque de cancer du foie, et près de 1 % des participants pour le cancer du poumon. Ces chiffres attestent d’un décalage systémique entre perception individuelle et état de santé biologique réel.

    À 60 ans, le risque d’ignorer une pathologie chronique est quadruplé

    L’étude identifie deux profils particulièrement vulnérables à l’ignorance de leur état de santé : les hommes et les personnes âgées. Chez les hommes, la méconnaissance est significativement supérieure à celle des femmes. Le risque de méconnaître une pathologie croît avec l’âge : il est doublé entre 40 et 50 ans, quadruplé d’ici 60 ans.

    Nécessité d’une prévention systématique : 88 % des adultes asymptomatiques montrent des déséquilibres biologiques précoces

    Les marqueurs de risque subcliniques concernent 88,2 % des participants, avec 31,8 % cumulant trois déséquilibres ou plus. Ces perturbations métaboliques et inflammatoires, bien que non pathologiques à ce stade, constituent des signaux d’alerte qu’une médecine préventive active peut exploiter.

    Zoī plaide ainsi pour des parcours de santé réguliers et exhaustifs, préférables aux bilans ponctuels, afin de détecter précocement ces signaux faibles. La CNAM elle-même qualifie la prévention de « défi de la décennie » dans son plan dévoilé le 8 juillet 2025.

    Cohorte Zoī : une base de données standardisée et interopérable ouverte gratuitement à la recherche

    Grâce à ses milliers de variables par participant et une méthodologie homogène et interopérable (normes SNOMED CT, LOINC, FHIR-like), la cohorte Zoī constitue un outil inédit de recherche. Ses données pseudonymisées sont mises gratuitement à disposition de la recherche publique pour faciliter l’élaboration de modèles prédictifs et évaluer les stratégies préventives.

  • UK : la MHRA crée un bac à sable réglementaire dédié aux dispositifs médicaux et à l’IA

    Plus de données en vie réelle exigées pour les dispositifs médicaux

    Les nouvelles obligations de PMS visent les dispositifs tels que les diagnostics in vitro (IVD), les glucomètres et les implants médicaux. Les fabricants doivent désormais collecter davantage de données en vie réelle, prendre en compte un spectre plus large d’effets secondaires et respecter des délais réduits pour le signalement des incidents graves. Cette réforme s’inscrit dans un vaste chantier de modernisation de la réglementation des dispositifs médicaux initié par la MHRA en 2024. Objectif affiché : maintenir l’offre de dispositifs sur le territoire britannique après le Brexit et s’adapter aux réformes introduites par l’Union européenne depuis 2021.

    Vers un bac à sable réglementaire pour l’IA médicale et les SaMD

    Si les nouvelles exigences britanniques de PMS s’inspirent des règles en vigueur dans l’UE, elles présentent toutefois des spécificités. Au-delà de la PMS, la feuille de route de la MHRA prévoit d’autres évolutions : création de règles spécifiques pour les dispositifs exploitant l’intelligence artificielle ou les logiciels médicaux (SaMD), mise en place d’un bac à sable réglementaire pour l’IA, et renforcement des critères d’autorisation de mise sur le marché.

    Parmi les mesures pré-commercialisation actuellement envisagées figurent l’introduction d’identifiants uniques de dispositifs pour la traçabilité, la reconnaissance d’approbations d’autres juridictions, et la définition de nouvelles classes de risque pour les IVD.

     

  • Budget 2026 : Augmentation des franchises, dispositifs médicaux réutilisés et DMP obligatoire : l’effort budgétaire dans la santé se précise

    • 5,5 milliards d’euros d’économies visés dans la santé d’ici 2026.
    • Franchises médicales doublées : 100 euros par an dès 2026.
    • Fin du 100 % pour les soins non liés à l’ALD.
    • Sortie du statut ALD possible pour certains patients.
    • Dossier médical partagé rendu obligatoire.
    • Vaccination renforcée dans le cadre de la prévention.
    • Rationalisation des achats à l’hôpital et en ville.
    • Réutilisation des dispositifs médicaux imposée.

    Cibler 5,5 milliards d’euros d’économies dans le secteur santé d’ici 2026

    Dans le cadre du plan pluriannuel « Stop à la dette ! », le Premier ministre François Bayrou a dévoilé, le 15 juillet, un ensemble de mesures destinées à contenir les dépenses publiques et sociales, dont 5,5 milliards d’euros d’économies sur le secteur santé. Sur les 43,8 milliards d’euros de réduction budgétaire attendus en 2026, la santé fait donc l’objet d’un effort bien particulier. Le chef du gouvernement estime que sans intervention, la dépense santé augmenterait de 10 milliards d’euros sur un an.

    Présentation du Premier ministre : “Le moment de vérité”

    Franchises médicales doublées : jusqu’à 100 euros par an dès 2026

    Afin de « responsabiliser les patients », le gouvernement a annoncé le doublement du plafond annuel des franchises et participations forfaitaires : de 50 à 100 euros par an et par assuré. Sont concernés les médicaments, les consultations médicales, les examens de radiologie, les analyses biologiques et les transports sanitaires. Ce plafond augmenté s’appliquera dès 2026, pour un surcoût estimé par le gouvernement à 8 euros par mois pour les patients les plus consommateurs. La ministre de la Santé Catherine Vautrin a précisé que ces franchises seront désormais « versées directement au comptoir » afin de les rendre visibles aux assurés.

    Fin du remboursement à 100 % des soins périphériques

    La réforme des affections de longue durée (ALD) constitue une autre mesure. Elle vise à restreindre la prise en charge à 100 % aux seuls traitements directement liés à la pathologie diagnostiquée. Les médicaments jugés « sans lien » ou à « faible effet médical » ne seront plus intégralement remboursés. En parallèle, le gouvernement prévoit une « sortie du statut ALD » pour les patients dont l’état de santé ne justifie plus une prise en charge spécifique.

    En 2022, 13,8 millions de Français étaient concernés par les ALD, représentant environ 20 % de la population. Selon François Bayrou, cette proportion est deux fois plus élevée qu’en Allemagne. Le Premier ministre a ainsi justifié cette réforme par la nécessité d’endiguer une croissance jugée excessive des bénéficiaires.

    Arrêts maladie : fin de la visite médicale obligatoire après 30 jours d’arrêt dès 2026

    Autre volet du plan : la limitation des arrêts maladie. Dès 2026, la reprise du travail après un arrêt de plus de 30 jours ne nécessitera plus de visite auprès du médecin du travail, sauf dans les cas de maladies professionnelles ou d’accidents du travail. Le gouvernement envisage également une réforme des indemnités journalières afin d’encourager les reprises d’activité et limiter les arrêts jugés abusifs.

    Vaccination, DMP, réutilisation des dispositifs : l’exécutif mise sur la prévention et l’efficience des soins

    Le développement de la prévention sera renforcé, en particulier par une politique vaccinale étendue. Par ailleurs, le gouvernement prévoit la finalisation et la généralisation obligatoire du dossier médical partagé (DMP), outil présenté comme nécessaire dans le suivi et la coordination des soins.

    Les établissements de santé devront améliorer leur efficience, en optimisant les achats et en poursuivant le développement de la prise en charge ambulatoire. Cette rationalisation est également attendue en soins de ville. Parallèlement, la réutilisation de certains dispositifs médicaux et médicalisés, comme les fauteuils roulants ou les cannes, sera systématisée après contrôle, afin de limiter les dépenses inutiles.

    Enfin, une réforme des arrêts maladie sera mise en œuvre après concertation avec les partenaires sociaux. L’objectif : responsabiliser les entreprises en matière de prévention des arrêts de travail, et les salariés pour limiter les arrêts jugés abusifs. Cette réforme s’accompagnera d’une révision du dispositif des indemnités journalières.

    Présentation du Premier ministre : “Le moment de vérité”

    Réactions critiques des associations de patients

    Ces mesures suscitent déjà de fortes critiques. France Assos Santé, fédération regroupant les associations de patients, dénonce un transfert de la charge financière vers les assurés et réclame une régulation renforcée des prescriptions médicales plutôt qu’une responsabilisation des patients seuls.

    Autres mesures (hors santé) : État, collectivités, fiscalité, le plan Bayrou vise 43,8 milliards d’euros d’économies en 2026

    • 43,8 milliards d’euros d’économies prévues en 2026, première étape du plan pluriannuel.
    • 10 milliards d’euros d’économies ciblées sur l’État et ses opérateurs : gel des dépenses, suppression de 3 000 postes dès 2026.
    • 1 départ sur 3 non remplacé dans la fonction publique à partir de 2027.
    • 5,3 milliards d’euros d’économies attendues sur les collectivités territoriales, avec une aide exceptionnelle de 300 millions d’euros aux départements fragiles.
    • 7,1 milliards d’euros d’économies via l’instauration d’une année blanche budgétaire : gel des revalorisations salariales et des prestations sociales.
    • 9,9 milliards d’euros générés par les mesures fiscales et la lutte contre la fraude (haut revenus, retraites, taxation des petits colis).
    • Suppression de 2 jours fériés envisagée pour stimuler l’activité économique (lundi de Pâques et 8 mai).
    • Signature prévue de 30 TWh de contrats d’électricité longue durée avec l’industrie d’ici fin 2026.
    • 900 millions d’euros d’investissements supplémentaires mobilisés pour les entreprises via le capital-risque.
    • Objectif de réduction du déficit public à 3 % du PIB en 2029, contre 4,6 % anticipés en 2026.

    Évolution des dépenses et recettes

     

    L'augmentation de la dette
    @ Dette et hausse de la production : les annonces de François Bayrou

    Le gouvernement prévoit l’adoption de ces réformes dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, présenté à l’automne.

  • Stratégie : UniHA mise sur l’IA et les délégations régionales

    De nouvelles délégations régionales

    Le 23 mai, les adhérents d’UniHA (1 500 hôpitaux et 123 GHT adhérents) ont approuvé le nouveau projet stratégique à horizon 2030. Ce plan a pour objectif de renforcer le lien avec les établissements membres grâce à la création de délégations régionales. Ces unités de terrain appuieront les équipes hospitalières dans leurs achats, leur fournissant comparatifs, données de performance et accompagnement dans leurs démarches de décarbonation. Ce maillage territorial permettra également de favoriser les collaborations avec PME et start-up locales.

    UniHA modernise ses achats : services digitaux, IA et exploitation des données au programme

    L’optimisation des achats est confirmée comme priorité du groupement. De nouveaux marchés seront mis en place dans les domaines des dispositifs médicaux, de la biologie et des services. L’enjeu est d’améliorer la performance économique, la durabilité et la sécurisation des approvisionnements. Le recours à l’intelligence artificielle dans les processus achats constituera un levier complémentaire.

    Le développement de services digitaux, adaptés aux organisations achats des GHT, simplifiera l’accès aux offres UniHA. Un laboratoire de l’innovation sera mis en place pour accompagner les établissements dans l’adoption de solutions innovantes, dont les applications d’IA réunies sous le programme « InitIAtive ». Le groupement prévoit également une meilleure exploitation des données achats du secteur santé, au bénéfice des hôpitaux et des institutions.

  • CEUGrid-DMD : une classification européenne commune pour évaluer les dispositifs médicaux numériques

    • Les pratiques d’évaluation sont hétérogènes en Europe.
    • Trois pays remboursent aujourd’hui les DMD : Belgique, Allemagne, France.
    • EvalEUDMD propose une classification et une matrice de preuves communes.
    • Seuls les dispositifs marqués CE sont concernés.
    • La matrice de preuves couvre 13 domaines d’évaluation.
    • Intégration prévue dans les projets européens EDiHTA et ASSESS DHT.

    Alors que seulement trois pays européens remboursent aujourd’hui les dispositifs médicaux numériques (DMD), un cadre méthodologique commun, associant une classification standardisée et une matrice de preuves, vient d’être proposé pour uniformiser leur évaluation. Ce travail, porté par la taskforce européenne EvalEUDMD, associe 20 représentants nationaux, des experts de l’accès au marché et des développeurs privés et académiques.

    Le cadre méthodologique publié comporte deux volets principaux :

    • Une grille de classification européenne des DMD, tenant compte de leur finalité, de leur niveau de risque et de leur mode d’utilisation.
    • Une matrice de preuves, précisant les types et niveaux de preuves attendus concernant la sécurité, les performances techniques et l’efficacité clinique de chaque catégorie de dispositif.

    Un troisième outil, encore en développement, portera sur les critères d’évaluation socio-économiques pour faciliter l’intégration des DMD dans les systèmes nationaux.

    DMD : performance, sécurité, interopérabilité… la matrice européenne clarifie les exigences d’évaluation

    Face à des évaluations encore variables des dispositifs médicaux numériques (DMD) entre les États membres de l’Union européenne (UE), le groupe de travail EvalEUDMD a élaboré un outil commun : le CEUGrid-DMD. Ce cadre vise à classifier les DMD de manière homogène et à structurer les exigences en matière d’évidences cliniques et organisationnelles. Le CEUGrid-DMD définit cinq grandes catégories de DMD : Informer, diagnostiquer, gérer, surveiller, traiter.

    Ces catégories tiennent compte de la fonction principale du dispositif, du bénéficiaire ciblé (patient ou professionnel de santé) et du contexte d’utilisation (autonome ou intégré à un parcours de soins). Les critères de sélection restreignent la grille aux dispositifs marqués CE, à finalité médicale et reposant sur une technologie numérique.

    La grille s’accompagne d’une “Evidence Matrix“. Elle formalise les domaines à documenter lors des évaluations : performance, sécurité, efficacité, interopérabilité, protection des données, aspects économiques, organisationnels, sociaux et éthiques. Elle intègre aussi des critères spécifiques aux DMD intégrant des algorithmes d’intelligence artificielle.

    figure 1

    Boers M, Rochereau A, Stuwe L, San Miguel L, Klucken J, Mezei F, et al. Classification grid and evidence matrix for evaluating digital medical devices under the European Union landscape. NPJ Digit Med. 2025;8(304). Available from: https://www.nature.com/articles/s41746-025-01697-w

    Belgique, France, Allemagne : les premiers à rembourser les dispositifs médicaux numériques

    Le sondage réalisé auprès de 32 organismes d’évaluation des technologies de santé (HTA) dans 18 pays européens montre que seuls la Belgique, l’Allemagne et la France remboursent aujourd’hui certains DMD. Les exigences en matière d’évidence clinique varient : si l’acceptation des données issues d’autres pays européens est majoritaire, plusieurs agences préfèrent des données nationales ou exigent des essais contrôlés randomisés. La grille et la matrice ont été intégrées aux projets européens EDiHTA et ASSESS DHT, qui visent à structurer l’évaluation des technologies de santé numériques. Leur utilisation pourrait faciliter la mutualisation des évaluations au titre de la nouvelle règlementation HTA européenne (HTAR), applicable depuis janvier 2025.

    En facilitant la convergence des méthodes d’évaluation, le CEUGrid-DMD et l’Evidence Matrix offrent aux développeurs de DMD une meilleure visibilité sur les attentes des évaluateurs. L’objectif est de faciliter les procédures de remboursement et de favoriser une intégration homogène des innovations numériques au sein des systèmes de santé européens.

    Boers M, Rochereau A, Stuwe L, San Miguel L, Klucken J, Mezei F, et al. Classification grid and evidence matrix for evaluating digital medical devices under the European Union landscape. NPJ Digit Med. 2025;8(304). Available from: https://www.nature.com/articles/s41746-025-01697-w

  • Méningite bactérienne : un test IA-CRP pour affiner le diagnostic en urgence

    Méningite bactérienne : une urgence médicale mal diagnostiquée

    Une équipe de chercheurs hospitaliers néerlandais a mis au point un test diagnostique in vitro exploitant l’intelligence artificielle pour analyser rapidement les taux de protéine C-réactive (CRP) dans le liquide céphalo-rachidien, permettant de distinguer avec précision la méningite bactérienne d’autres infections.

    La méningite bactérienne, infection potentiellement mortelle, cause un décès sur six selon l’OMS, avec plus de la moitié des survivants présentant des séquelles graves. Son diagnostic reste difficile car les symptômes imitent d’autres infections neuro-inflammatoires. Les méthodes classiques (hémocultures, ponction lombaire) souffrent de :

    • Délais de diagnostic souvent supérieurs à 12-24 heures.
    • Manque de spécificité pour différencier méningites virales ou fongiques.
    • Accès limité à des outils de confirmation hors centres spécialisés.

    Un diagnostic en moins d’une heure grâce à l’IA

    Les chercheurs du Centre médical universitaire d’Amsterdam (Amsterdam UMC), aux Pays-Bas, ont couplé un test CRP in vitro à un algorithme prédictif d’IA, permettant une interprétation automatique des résultats en moins d’une heure. Ce test combine :

    • Un analyseur CRP standard, déjà présent en laboratoire.
    • Un algorithme IA basé sur des cohortes pour affiner la probabilité de méningite bactérienne.
    • Un test additionnel non invasif, compatible avec la routine hospitalière.

    Une étude prospective d’exactitude : 180 patients testés pour valider un diagnostic IA de méningite

    Sur 103 adultes et 77 enfants aux Pays-Bas, l’étude a :

    • Mesuré la CRP dans le LCR avec un seuil de 0,3 mg/L.
    • Utilisé les équipements sanguins CRP habituels avec lecture automatisée IA.
    • Combiné CRP-LCR et leucocytes pour optimiser le diagnostic.

    Des résultats cliniques validés : 95 % de spécificité pour le test CRP-LCR assisté par IA

    Les résultats publiés dans The Lancet Regional Health Europe montrent :

    • 100 % des patients méningite bactérienne avaient une CRP-LCR élevée.
    • 95 % de spécificité avec très peu de faux positifs.
    • Coût unitaire entre 3 et 5 €, rendant le test accessible.

    Un potentiel de diffusion immédiat et mondial

    Déjà en usage clinique à Amsterdam, ce test pourrait rapidement se déployer en Europe grâce à sa compatibilité avec les dispositifs existants. Applications envisagées :

    • Déploiement dans les services d’urgence européens, avec plus de 200 hôpitaux intéressés.
    • Utilisation possible dans les zones à faibles ressources.
    • Intégration future dans des dispositifs IA de diagnostic syndromique.

    Le marché du diagnostic des infections aiguës devrait atteindre 46,8 milliards en 2025, selon Mordor Intelligence, porté par la demande pour des diagnostics rapides basés sur l’IA.

  • Capital-risque : les levées de fonds françaises chutent de 35 % au premier semestre 2025, au plus bas depuis 2019 (EY)

    Un recul inédit depuis six ans (- 24% en volume)

    Selon la dernière étude publiée par EY, le capital-risque en France enregistre un repli sur les six premiers mois de 2025. Au total, 314 start-up ont levé 2,8 milliards d’euros, en baisse de 35 % en valeur et de 24 % en volume par rapport à la même période en 2024. Un niveau inédit depuis 2019. La baisse touche désormais tous les segments, y compris les tours de table inférieurs à 10 millions d’euros, qui restaient jusqu’à présent épargnés par le ralentissement.

    Top 5 des plus grosses opérations (Nabla en 5ème position)

    Le classement des levées de fonds met en tête Knave et Alice&Bob avec 100 millions d’euros chacun, suivis par Pennylane (75 M€), Wandercraft (66 M€) et Nabla (61 M€).

    IA générative : moteur des 891 M€ levés en France

    Le secteur des logiciels domine toujours, avec 891 millions d’euros levés. Si cette performance reste fragile avec une baisse de 39 % des montants investis, le volume des opérations est en hausse (+57 %), représentant 38 % du total tous secteurs confondus. Cette dynamique s’explique par la multiplication des projets liés à l’intelligence artificielle générative et agentique. Les Greentech occupent la deuxième place avec 515 millions d’euros levés (-54 % en valeur, volume stable). Les Fintech ferment le podium avec 487 millions d’euros, en hausse de 53 % en valeur malgré une baisse de 23 % en volume.

    L’Île-de-France concentre les investissements (74%), la France dépassée en Europe, le UK en tête

    Dans un contexte de raréfaction des financements, l’Île-de-France concentre désormais 74 % des montants levés. L’Occitanie (7 %) et l’Auvergne-Rhône-Alpes (4,8 %) complètent le trio de tête. Sur le plan européen, la France recule. Avec 2,8 milliards d’euros levés, elle perd sa place de leader au profit de l’Allemagne, qui enregistre 3,6 milliards d’euros malgré une légère baisse de 2 %. Le dynamisme du Growth Equity allemand (+17 % en valeur) explique en partie cet écart, alors que les opérations supérieures à 100 millions d’euros chutent de 87 % en France. Le Royaume-Uni reste largement en tête avec 7,4 milliards d’euros levés, malgré un recul de 12 % en valeur et de 36 % en volume.

    Dans un climat économique incertain, la contraction du capital-risque en France pourrait se prolonger. Certains secteurs comme les logiciels ou les technologies basées sur l’IA conservent un pouvoir d’attraction qui pourrait favoriser un rebond.

  • États des lieux du numérique en santé en Afrique subsaharienne : focus sur le Sénégal, le Rwanda et l’Afrique du Sud

    État des lieux du numérique en santé au Rwanda

    Un pays avec 45 000 agents de santé connectés :

    Avec plus de 45 000 agents de santé communautaires, équipés de téléphones mobiles ou de tablettes pour collecter les données de santé des patients lors de leurs différentes interactions (consultations, urgences, etc…) et assurer un suivi des patients jusqu’au niveau des villages, le Rwanda est l’un des systèmes de santé numérique les plus matures d’Afrique. Dans un récent rapport de Iqvia, le cabinet de conseil le considère comme “un système de santé digital très avancé au niveau continental”.

    Ce statut a notamment été permis grâce à des investissements dans les télécommunications qui font qu’aujourd’hui 99 % du territoire est couvert en 4G, alors que seulement 62 % l’était en 2016. Le Rwanda déploie également la 5G et a récemment ouvert le marché à de nouveaux opérateurs pour stimuler la concurrence et l’accessibilité. Cette quasi-ubiquité du réseau mobile est un atout majeur pour les services de santé numériques, y compris dans les zones rurales les plus reculées. Pour renforcer ce statut, le pays a également instauré une carte d’identité nationale obligatoire dès 16 ans pour tous les citoyens, ce qui facilite grandement l’identification des patients dans les systèmes d’information. Parallèlement, un régime d’assurance maladie universelle couvre la majorité de la population, contribuant à améliorer la tenue des dossiers médicaux et à réduire les erreurs liées à l’identification des patients.

    Plusieurs plans stratégiques e-santé mis en place :

    Le gouvernement rwandais fait preuve d’un engagement politique fort en faveur de la e-santé. Sa vision stratégique pour un système de santé technologiquement avancé s’est traduite par l’élaboration de stratégies nationales dédiées. La plus récente est le « Rwanda eHealth Strategic Plan 2018–2023 », un plan stratégique qui cadre le développement du numérique en santé sur cinq ans. Ce plan, et les précédents, fixent des objectifs concrets et des échéances, garantissant une feuille de route claire pour la transformation digitale du secteur.

    En matière de gouvernance, le Rwanda bénéficie d’une administration efficace et stable, créant un terrain favorable à la réussite des initiatives numériques. Toujours dans le récent rapport d’Iqvia sur l’avancée du numérique en santé en Afrique, le Rwanda est l’un des pays affiche parmi les meilleurs scores africains en efficacité gouvernementale et en stabilité politique, ce qui rassure les investisseurs et partenaires extérieurs. Ce contexte de bonne gouvernance a permis d’aligner les acteurs publics et privés sur les priorités e-santé et de mobiliser les financements nécessaires de manière coordonnée.

    Par ailleurs, les partenariats internationaux et la coopération jouent un rôle important dans la gouvernance du numérique en santé. Le Rwanda a su collaborer avec de nombreux bailleurs et organismes mondiaux pour soutenir ses projets digitaux. Des organisations comme Partners in health, Gavi (alliance du vaccin), le Fonds mondial ou USAID ont apporté un appui technique et financier significatif aux initiatives de e-santé rwandaises. Ces collaborations s’inscrivent dans la gouvernance du secteur, le gouvernement définissant les priorités tandis que les partenaires contribuent au renforcement des capacités et des ressources.

    Plusieurs infrastructures propices au développement du numérique en santé :

    En plus d’une infrastructure télécom robuste (couverture nationale en haut débit mobile 4G/5G), plusieurs composantes essentielles de l’infrastructure numérique en santé sont en place au Rwanda, ce qui explique le haut niveau de maturité du pays :

    Parmi ces infrastructures, le Rwanda a implanté de longue date des systèmes informatiques de gestion des données de santé. Notamment, dès 2012 le pays a adopté au niveau national la plateforme DHIS2 (District Health Information Software 2), très répandue à travers le monde pour la collecte et le suivi des indicateurs sanitaires. En parallèle, un dossier médical électronique national unifié a été mis en place il y a plus de dix ans : le Rwanda Health Information Exchange (RHIE). Cette plateforme d’échange de données cliniques a d’abord été déployée pour les services de maternité et de pédiatrie, et elle permet aujourd’hui de rendre les antécédents médicaux des patients accessibles instantanément aux professionnels de santé habilités sur tout le territoire. Le RHIE sert de colonne vertébrale au système d’information sanitaire rwandais, facilitant l’interopérabilité et la communication entre établissements de santé.

    L’infrastructure e-santé profite également de l’identifiant unique national (la carte d’identité à 16 ans) couplé au numéro d’adhérent aux Mutuelles de Santé. Ces outils permettent de lier sans ambiguïté chaque dossier médical à un patient, améliorant la qualité et la fiabilité des données. Ils réduisent les doublons et erreurs d’identification, un aspect fondamental pour le bon fonctionnement des applications numériques en santé.

    Un autre progrès majeur a été récemment accompli en matière d’interopérabilité : en 2022, le Rwanda a intégré le registre électronique des vaccinations avec le système d’enregistrement des naissances (état civil numérique), ce qui représente un jalon important vers des systèmes interconnectés. Cette intégration signifie qu’à la naissance d’un enfant, les informations sont automatiquement partagées avec le registre vaccinal, améliorant le suivi des immunisations. C’est un exemple concret de connectivité entre bases de données de santé autrefois siloées. D’une manière générale, le Rwanda cherche à harmoniser ses différents SIH (dont DHIS2, OpenMRS, etc…), afin d’assurer un échange fluide des données médicales à l’échelle nationale.

    Encore plusieurs barrières à une adoption massive du numérique en santé :

    Malgré de nombreuses avancées, la numérisation du système de santé rwandais bute sur de nombreux obstacles structurels et d’appropriation. Côté infrastructure et organisation, malgré une couverture mobile théorique de près de 100 %, la connexion Internet reste limitée et très inégale, surtout en zones rurales. Le déploiement national de plateformes (comme e-Ubuzima) exige des investissements lourds (environ 25 ordinateurs et une connexion stable par centre) souvent absents dans les dispensaires. Par ailleurs l’alimentation électrique rurale est instable et le coût des communications (SMS, data) reste élevé, freinant par exemple des programmes communautaires de santé mobile. Sur le plan financier et du point de vue de la gouvernance, le Rwanda a certes élaboré des stratégies e-santé et un régime d’assurance-maladie universel, mais la durabilité des projets dépend encore de financements extérieurs et d’une coordination public/privé perfectible (manque de soutien à long terme).

    Côté adoption, le principal frein est le faible niveau de littératie numérique parmi les utilisateurs. De nombreux soignants (notamment plus âgés) ne sont pas formés aux outils digitaux. En tout, près de cinq millions de Rwandais manquent des compétences informatiques requises pour utiliser les plateformes numériques, indique une récente enquête publiée par Global dev. Cette absence de compétences, jointe parfois à la méfiance envers les nouvelles technologies ou à l’augmentation perçue des tâches administratives, ralentit fortement l’appropriation des outils digitaux par le personnel médical et les patients. Malgré une volonté politique forte, la numérisation de la santé au Rwanda reste donc freinée par des insuffisances d’infrastructure (connectivité, électricité, matériel), de financement coordonné et de gouvernance, ainsi que par un manque de formation et d’acceptabilité chez les acteurs de terrain.

    État des lieux du numérique en santé en Afrique du Sud

    Une stratégie nationale bien développée :

    Sixième pays le plus peuplé d’Afrique avec 63 millions d’habitants, l’Afrique du Sud est un pays dans lequel le système de santé est dual : le secteur public prend en charge la grande majorité de la population (environ 71,5 % de la population), tandis que le privé dessert essentiellement “l’élite” (10,1 millions de personnes couvertes par des mutuelles privées, soit environ 26 % des ménages).

    Pour ce qui est du numérique, les derniers chiffres montrent que plus de trois quarts de la population du pays a un accès à internet, et la grande majorité des habitants possède un abonnement mobile. Ces taux élevés créent un potentiel pour le numérique en santé, dont une première stratégie nationale a été adoptée dès 2019 : la stratégie nationale de santé numérique 2019–2024 (NDHS) élaborée par le ministère de la Santé (NDoH). Cette stratégie vise à exploiter les technologies numériques pour soutenir la couverture santé universelle et améliorer l’accès aux soins.

    La stratégie propose de renforcer le leadership et la gouvernance aux niveaux national, provincial et local. Par exemple, des structures de pilotage spécialisées (comités techniques, comités par province) sont prévues pour coordonner l’e-santé. Le cadre réglementaire existant comprend déjà la Normes Normatives de Santé (HNSF) de 2014 – un référentiel d’interopérabilité e-santé national -, ainsi que des lois générales telles que la Protection of Personal Information Act (POPIA) sur la confidentialité des données. La NDHS entend étendre ces cadres (notamment l’architecture d’information nationale). Elle prévoit aussi un système d’identifiant patient unique pour faciliter le partage sûr des données de santé. Ces politiques s’inscrivent dans le contexte plus large de la réforme « National Health Insurance » (NHI) qui vise à unifier financement et soins pour tous. En somme, les orientations institutionnelles mettent l’accent sur les standards ouverts et l’interopérabilité, et envisagent des partenariats public-privé pour financer le déploiement numérique.

    De nombreux outils numériques utilisés pour le secteur de la santé :

    Comme pour le Rwanda, le système d’information sanitaire sud-africain s’appuie sur plusieurs outils numériques. Au niveau national, le DHIS2 est largement déployé pour la collecte et l’agrégation des données de santé (statistiques, vaccins, ressources humaines, etc.). DHIS2 est, en effet, « la plateforme de référence utilisée dans 51 pays africains », et l’Afrique du Sud a intégré via ce système des registres comme celui des ressources humaines (RH) en santé avec une interface FHIR. Pour la tenue de dossiers médicaux électroniques, le pays utilise notamment la plateforme OpenMRS (Open Medical Record System), qui permet de concevoir des dossiers adaptés à divers besoins (VIH, tuberculose, soins primaires…). En pratique, des hôpitaux et cliniques ont aussi adopté Bahmni, une suite basée sur OpenMRS pour la gestion hospitalière (images médicales, laboratoire, pharmacie, facturation)eprints.lse.ac.uk. Par exemple, Bahmni a été utilisé dans le projet EndTB pour suivre des traitements complexes de tuberculose résistanteeprints.lse.ac.uk.

    Du côté de l’interopérabilité, celle-ci est encadrée par des normes définies (HL7 FHIR, IHE, SNOMED, LOINC). La NDHS indique explicitement que les systèmes nationaux existants (HNSF 2014) seront étendus pour assurer le partage sécurisé de l’information sanitaire. Une gouvernance technique est également mise en place pour faire communiquer entre eux les DME hospitaliers, le système de statistiques DHIS2 et les applications mobiles.

    De nombreux impacts positifs observés, malgré quelques obstacles encore persistants :

    Les outils numériques commencent à porter leurs fruits bien que leur déploiement complet prenne encore du temps. Parmi les succès mesurables, on retrouve notamment l’impact sur la santé maternelle. En effet, la solution MomConnect a eu un effet significatif dans le pays. Une étude réalisée par le gouvernement sud-africain montre que 96 % des utilisatrices ont réalisé au moins 4 visites prénatales (contre 76 % en moyenne avant le programme). Elle a aussi permis au taux de vaccination des nouveau-nés d’augmenter (89 % des nourrissons recevaient au moins 6 vaccins à 6 semaines, contre environ 75 % auparavant), ce qui contribue directement aux objectifs de réduction de la mortalité maternelle et infantile du pays.

    Selon plusieurs analyses, l’adoption des technologies digitales en Afrique du Sud permettrait un gain d’efficacité d’environ 15 % d’ici 2030. Et même si l’évaluation chiffrée manque encore, la dernière stratégie nationale du numérique en santé publiée indiquait que la mise en place de DME et de services mobiles conduirait à un allègement de certaines tâches administratives (dossiers électroniques remplaçant le papier, rendez-vous par SMS) et a une accélération de la circulation des informations entre établissements.

    Mais malgré une stratégie nationale avancée, l’Afrique du Sud fait face à plusieurs freins à la numérisation de la santé : fragmentation des systèmes entre secteurs public et privé, disparités d’accès au numérique dans les zones rurales, manque de personnel formé aux outils digitaux, et faible interopérabilité entre plateformes. La gouvernance reste complexe, avec des compétences partagées entre niveaux national et provincial. Enfin, comme dans de nombreux pays, d’Afrique ou non, l’adoption reste freinée par une faible littératie numérique parmi certains professionnels de santé et patients, ainsi que par des préoccupations persistantes autour de la confidentialité des données et de la cybersécurité.

    État des lieux du numérique en santé au Sénégal

    Des initiatives interessantes pour le développement du numérique en santé :

    Alors que de nombreux indicateurs de santé sont préoccupants au Sénégal – mortalités infantile et néonatale importantes, fortes inégalités en ce qui concerne la répartition des professionnels de santé qui sont concentrés à Dakar… – le pays dispose d’une stratégie nationale de santé digitale robuste. Ce “plan stratégique santé digitale 2018–2023“, qui était piloté par le ministère de la Santé (MSAS), visait notamment à améliorer l’équité d’accès aux services de santé et à faciliter la couverture sanitaire universelle. Ce plan, qui est le dernier en date dans le pays, incluait de nombreuses priorités telles que la télémédecine, l’innovation technologique des bases de données et les applications mobiles pour réduire la mortalité maternelle, infantile, et combattre le paludisme et les maladies transmissibles. Un de ses objectifs clés était de faciliter la collecte de données sanitaires en temps réel pour une prise de décision éclairée et d’améliorer les indicateurs de performance du secteur.

    Pour venir compléter ce plan, les autorités sénégalaises ont récemment (en avril 2025) annoncé l’élaboration d’un projet de loi sur la santé numérique, dans le cadre du “New Deal Technologique”. Ce texte visera à encadrer l’usage des technologies médicales et à protéger les données de santé (télémédecine, e-identité médicale, cybersécurité). Il prévoit notamment la création d’un dossier patient numérique (DPN) national, qui centraliserait les données médicales des citoyens pour améliorer le suivi personnalisé des patients et la coordination entre professionnels de santé. L’approche est inclusive (consultation des professionnels de santé, société civile) pour bâtir un cadre réglementaire robuste, garantissant l’éthique et la souveraineté des données.

    Des infrastructures numériques en forte progression :

    Le Sénégal bénéficie d’une couverture mobile et internet en forte progression. Début 2023, 58,1 % de la population sénégalaise utilisait internet (10,19 millions d’internautes pour 18 M d’habitants) et le nombre de connexions mobiles actives dépassait la population (20,13 millions de SIM, soit 114,8 %). Les débits moyens sont élevés pour la région – environ 23 Mbps en mobile et 22 Mbps en fixe – ce qui facilite les solutions e-santé (télémédecine, e-learning, etc.).

    Sur le plan des systèmes d’information sanitaire, le MSAS a mis en place un système national intégré de gestion des données : depuis 2014, la division du système d’information sanitaire et sociale gère une plateforme centralisée de remontée et d’analyse des données sanitaires. De plus, le développement de dossiers de santé électroniques est en cours. Par exemple, un “passeport santé digital” (identité biométrique du patient et QR code) a été testé dans le cadre de projets pilotes, dont un lors de la pandémie du Covid-19.

    Du côté de l’interopérabilité, les ministres en charge de la santé dans le pays ont souligné l’importance de l’harmonisation des normes entre acteurs publics/privés pour garantir une interopérabilité efficace. En parallèle, la création du Répertoire national de l’état civil (RNEC) et la numérisation des actes d’état civil facilitent l’identification unique des patients, préparant le terrain pour un identifiant sanitaire national.

    De nombreux bénéfices ressortent de la mise en place des plans récents :

    Les retours d’expérience montrent que le numérique apporte des gains en termes d’accès, d’efficacité et de qualité des soins. La solution de télémédecine Telewer illustre ces bénéfices : les patients consultent à distance (gain de temps et d’argent, spécialités rares accessibles), reçoivent leur diagnostic et ordonnance en ligne, ce qui améliore la prise en charge en zone rurale et désengorge les structures urbaines. D’autres projets ont également renforcé l’accès des femmes enceintes à l’aide médicale, même sans connexion Internet, et permis un accompagnement plus personnalisé. L’application Wergu a, par exemple, permis de simplifier la recherche de médicaments et pharmacies, répondant à un besoin majeur pour les patients chroniques en zone urbaine.

    Au niveau du système, on constate depuis plusieurs années une meilleure collecte et exploitation des données de santé. Alors que le PSSD 2018–2023 demandait explicitement de faciliter la remontée “en temps réel” les données sanitaires pour éclairer les décisions, les premiers indicateurs montre une amélioration de la complétude des rapports DHIS2, bien que des audits récents soulignent encore des faiblesses (maîtrise des outils informatiques et fiabilité des données) nécessitant plus de formation. De même, la numérisation des paiements dans l’assurance maladie universelle (CMU) contribue à augmenter la couverture tout en contrôlant les dépenses. Enfin, la perspective d’un “dossier patient numérique national” préfigure des impacts futurs : en centralisant les données médicales, il devrait rendre les parcours de soins plus fluides et efficaces, renforcer la coordination entre structures et offrir un suivi continu des patients, et donc une meilleure qualité de soins. Même si les défis restent nombreux (formation du personnel, couverture internet complète, intégration des initiatives privées), le Sénégal tente de tirer parti de son contexte mobile pour bâtir un système de santé plus réactif et équitable.

  • Prof. Valmed : première application médicale IA certifiée en Europe pour des recommandations thérapeutiques fondées sur les preuves

    L’IA allemande certifiée pour assister les médecins dans leurs recommandations thérapeutiques

    La start-up allemande Prof. Valmed, installée en Hesse, annonce la certification de son application médicale fondée sur l’intelligence artificielle. Cette reconnaissance constitue une première sur le territoire européen pour un dispositif médical assisté par IA. Destinée à assister les médecins via des recommandations thérapeutiques fondées sur les preuves, l’application pourrait transformer les pratiques dans les cabinets et établissements de santé.

    L’outil est issu de l’AI Quality & Testing Hub, centre fondé par le Land de Hesse et l’association professionnelle allemande de l’électrotechnique (VDE). Prof. Valmed repose sur un grand modèle linguistique conçu pour analyser et synthétiser des données médicales validées. Objectif : fiabiliser les diagnostics et les plans de traitement.

    Des recommandations basées sur PubMed

    Pour alimenter ses analyses, Prof. Valmed intègre une base scientifique composée des publications indexées sur PubMed. Cette intégration permet à l’application de proposer des recommandations thérapeutiques actualisées, appuyées par les dernières références cliniques internationales. Le modèle peut également traduire les résultats et fournir les sources associées.

    Selon la VDE, Prof. Valmed offre un soutien aux professionnels dans les décisions diagnostiques et thérapeutiques en apportant des recommandations « sûres et précises ». L’application est conçue pour structurer les informations médicales dans les situations complexes et faciliter l’élaboration de traitements personnalisés. Déjà déployée dans plusieurs spécialités du CHU de Fribourg, elle accompagne les médecins dans le diagnostic multimodal et la gestion des parcours de soins.

  • Limiter les dépenses, décloisonner les soins, investir dans le numérique : le plan santé du Medef en 6 propositions

    Un pacte intergénérationnel pour un modèle social durable

    Le Mouvement des Entreprises de France (Medef) alerte sur la dégradation des comptes sociaux et lance un appel à une transformation du système de santé*. Constatant que la branche maladie porte l’essentiel du déficit, l’organisation patronale a constitué une task force dédiée. Son rapport propose des mesures “immédiates et structurelles”, élaborées et en concertation avec les fédérations professionnelles du secteur. Objectif affiché : bâtir un nouveau pacte intergénérationnel conciliant viabilité financière et amélioration du service rendu.

    Données, IA, téléconsultation : les priorités technologiques du Medef pour la santé

    • Miser sur le numérique et l’innovation : Le Medef invite à faire du numérique et de l’innovation des leviers pour renforcer l’efficience du système et en améliorer la transparence. Il plaide pour un déploiement accéléré des outils digitaux (données de santé, intelligence artificielle, téléconsultation).
    • Instaurer des indicateurs de qualité et une culture de la performance : Le rapport préconise la mise en place d’indicateurs de qualité partagés pour piloter la transformation du système. Pour le Medef, une gestion orientée vers la performance est essentielle, conditionnant les évolutions organisationnelles et budgétaires futures.

    Limiter les actes inutiles et décloisonner les soins

    • Encadrer la consommation médicale et responsabiliser les acteurs : Pour limiter les dépenses, le Medef recommande une maîtrise renforcée des consommations de soins et de biens médicaux. Il insiste sur la responsabilisation de l’ensemble des parties prenantes — professionnels de santé comme usagers — en intégrant la pertinence des actes et en luttant contre les pratiques inflationnistes.
    • Décloisonner le système de soins et repenser le rôle de l’hôpital : Le décloisonnement des parcours est présenté comme une priorité, avec un renforcement de la coopération entre les acteurs de terrain. Le Medef préconise de repositionner l’hôpital sur ses missions centrales et de favoriser une meilleure articulation avec la ville et le secteur médico-social.

    Renforcer la prévention et clarifier la gouvernance

    • Faire de la prévention un axe stratégique
      Insistant sur le retard de la France en matière de prévention, le rapport appelle à agir simultanément sur les comportements individuels et les facteurs déterminants de santé. Le Medef considère cette approche comme une condition pour infléchir durablement les courbes de dépenses.
    • Clarifier la gouvernance et planifier à moyen terme
      Enfin, l’organisation patronale demande une clarification des responsabilités entre acteurs institutionnels et un pilotage pluriannuel du système. Une vision à moyen terme permettrait, selon le Medef, d’anticiper les besoins et d’organiser l’action publique de manière plus cohérente et prévisible.

    Le Medef annonce ouvrir une réflexion distincte sur le financement du système de santé. Ce sujet, qualifié de “central”, fera l’objet de propositions spécifiques dans un second temps.

    *Qualité et pérennité du système de santé : les propositions du Mouvement des Entreprises de France