Actualité

  • Transition numérique de l’anapath : un chantier à 400 M€ (rapport de mission ministérielle)

    • La spécialité évolue vers une numérisation des lames et l’intégration de l’IA.
    • Seule une minorité des 223 structures françaises est aujourd’hui entièrement numérisée.
    • Le coût estimé de la transition est de 106 M€ pour le public et plus de 300 M€ pour le privé.
    • 30 M€ ont été engagés sur les 80 M€ prévus à horizon 2025.
    • Le CNPath serait chargé du pilotage national, en lien avec les agences et sociétés savantes.
    • Un cloud centralisé mutualisé est recommandé pour le stockage des lames.
    • Un déploiement en trois ans est envisagé pour le secteur public (pour le secteur privé, un modèle économique “reste à construire”).

    De la lame au cloud : une spécialité en transition vers le numérique

    L’anatomopathologie (anapath), est une spécialité médicale qui étudie, à partir de prélèvements, les lésions des tissus et les cellules afin de comprendre les mécanismes biologiques et la nature des maladies . Elle repose principalement sur l’examen au microscope d’échantillons biologiques (biopsies, pièces opératoires, frottis, etc.). L’anapath éclaire les décisions thérapeutiques et participe à la compréhension des pathologies. Longtemps fondée sur l’observation au microscope, elle évolue aujourd’hui vers des pratiques numériques, comme l’IA.

    La pathologie numérique repose sur la numérisation des lames de microscope pour permettre leur lecture sur écran, et leur stockage sécurisé dans un format durable. En France, seules quelques structures sont aujourd’hui entièrement numérisées, même si de nombreux établissements publics ont amorcé cette transition. Complexe sur les plans technique, organisationnel et informatique, cette évolution soulève aussi des enjeux de stockage à long terme et de gouvernance des données.

    Coût de la transition numérique en anapath : 106 M€ pour le public, 300 M€ pour le privé

    400 M€ pour une numérisation complète du public et du privé

    Dans le cadre de France 2030 et de la stratégie décennale de lutte contre le cancer, les pouvoirs publics ont confié une mission au professeur Solène-Florence Kammerer-Jacquet, pathologiste PU-PH au CHU de Rennes, et au docteur Laurent Tréluyer, directeur des systèmes d’information de la CNAF et ancien directeur des services numériques de l’AP-HP, afin d’accompagner la numérisation des services d’Anatomie et Cytologie Pathologiques (ACP) ou Pathologie dans les établissements de santé. Le rapport, remis en juillet (mais dont l’initiative date de 2023), identifie trois axes :

    • Soutien financier et méthodologique aux établissements (400M€ au total entre le secteur public et privé)
    • Gouvernance du stockage des données numériques.
    • Et mise en réseau des acteurs.

    30 M€ déjà déployés

    Interopérabilité, stockage, gouvernance : les conditions techniques du virage numérique :

    • Gouvernance à trois niveaux et pilotage national par le CNPath : Le rapport recommande une gouvernance articulée à l’échelle locale, régionale et nationale. Les établissements restent responsables de l’équipement, du stockage des lames de soin et de la sélection des lames d’intérêt. Les ARS peuvent promouvoir la numérisation pour garantir l’accès aux soins sur l’ensemble du territoire. Au niveau national, la coordination est confiée au CNPath, en lien avec les sociétés savantes (SFP, SFCC, AIP, AFAQAP) et les agences nationales (ANS, ANAP, DNS, DGOS).
    • Vers une architecture mutualisée et l’intégration de l’IA : Trois modèles d’architecture sont envisagés pour le stockage des lames numériques. Le plus pertinent serait un modèle cloud centralisé, capable de mutualiser les ressources et d’offrir une base pour le développement d’outils d’intelligence artificielle. Plusieurs structures (AP-HP Kremlin-Bicêtre, CHU Rennes) ont déjà intégré des solutions d’IA dans leur workflow de diagnostic (prostate, sein, col utérin).
    • Enjeux techniques, organisationnels et réglementaires : La numérisation des lames histologiques suppose des équipements dédiés (numériseurs, SGI, capacités de stockage) et une refonte des processus métiers. Les difficultés concernent l’interopérabilité des outils, le manque de solutions cloud en production et les contraintes de stockage à long terme. Le rapport souligne la nécessité de standards ouverts (DICOM, HL7/FHIR) et d’adaptations réglementaires sur l’archivage des lames numériques.

    Le coût moyen d’une lame numérisée est de 3 €

    La numérisation des services d’anatomopathologie repose sur l’acquisition de plusieurs types d’équipements. Les scanners de lames, cœur du dispositif, qui coûtent environ 220 000 € HT l’unité et doivent être dimensionnés en fonction du volume de lames à traiter, soit un scanner pour 100 000 à 150 000 lames par an. À cela s’ajoutent les postes d’interprétation, estimés entre 1 000 et 2 000 € HT chacun, nécessaires à la lecture des lames numérisées par les pathologistes. Chaque site doit également se doter d’un système de gestion d’images (SGI), dont le coût avoisine les 200 000 € HT. L’usage d’interfaces standards (DICOM, HL7/FHIR) via des API ouvertes est recommandé pour garantir l’interopérabilité et contenir les coûts d’intégration. Le stockage des lames numériques, encore limité (environ 1 M€ cumulé), représente une dépense croissante (+1 M€ par an), justifiant une approche mutualisée à l’échelle nationale. Enfin, la réussite du déploiement repose aussi sur la mobilisation de ressources humaines qualifiées pour piloter les appels d’offres, assurer l’intégration technique et accompagner les transformations organisationnelles.

    4 volets de recommandation : 

    En synthèse, le rapport formule les recommandations suivantes :

    Gouvernance multi-niveaux : la CNPath en chef d’orchestre

    • Localement : les établissements restent responsables de l’acquisition des équipements, du stockage des lames de soin et de la sélection des lames d’intérêt pour la recherche et l’enseignement.
    • Régionalement : les ARS sont invitées à structurer et coordonner les projets de numérisation en cohérence avec les plans régionaux de santé.
    • Nationalement : le CNPath assurerait la coordination des déploiements, le suivi des usages, l’intégration de l’IA, la formation, avec l’appui de la DNS, DGOS, ANS, ANAP et des sociétés savantes.

    Architecture : privilégier le Cloud centralisé et le format DICOM

    • Préférence pour une infrastructure cloud centralisée, mutualisée à l’échelle nationale pour le stockage des lames d’intérêt (5 à 10 % des lames produites), garantissant scalabilité et accès aux outils d’IA.
    • Adoption du format DICOM pour les images, standardisation des échanges via des API ouvertes HL7/FHIR pour favoriser l’interopérabilité entre SGI, SGL et outils d’IA.

    Modèle économique : besoin de 400M€, sur 3 ans (pour le public)

    • Coût estimé : 106 M€ pour le public, plus de 300 M€ pour le privé, soit environ 3 € par lame.
    • Financements proposés : FMIS, France 2030, Innovation Santé 2030, crédits MERRI pour le public, dispositifs de droit commun (forfaits numériques, modificateurs d’actes) pour le privé.
    • Déploiement en trois ans pour le secteur public, en priorité dans les structures déjà engagées.

    Accompagnement au changement

    • Mise en place de comités de pilotage locaux avec DSI, ingénierie biomédicale et pathologistes.
    • Formation des professionnels à la lecture des lames numérisées et à l’usage de l’IA.
    • Définition d’une stratégie nationale d’interopérabilité, potentiellement intégrée au Ségur numérique.

     

    Kammerer-Jacquet SF, Tréluyer L. Politique de numérisation de l’anatomie et cytologie pathologiques : rapport de la mission ministérielle. Paris : Ministère de la Santé et de la Prévention ; 2024.

  • La conférence nationale de l’autonomie pilotera la stratégie nationale de prévention de la perte d’autonomie

    Dans le prolongement de la loi d’adaptation de la société au vieillissement (2015), qui reconnaît l’intérêt de la prévention, s’est déroulé le 9 juillet le lancement de la première CNA, telle qu’instituée par la loi du 8 avril 2024 portant mesures pour bâtir la société du bien vieillir et de l’autonomie. Cette instance est pilotée par le ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles avec l’appui de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA).

    Des objectifs centrés sur l’efficacité

    La CNA s’est fixée quatre objectifs pour son action :

    • Mieux prévenir la perte d’autonomie par la promotion d’actions qui relèvent du quotidien (l’activité physique, la nutrition, la prévention des chutes, la lutte contre l’isolement, etc.) et dont l’efficacité est démontrée.
    • Lutter contre les inégalités d’accès aux actions de prévention, qui dépendent trop des dynamiques locales. Une politique de prévention nationale mais territorialisée doit développer l’offre dans les territoires moins bien pourvus ;
    • Coordonner les acteurs grâce à une stratégie collective. Les acteurs nationaux et les collectivités locales, présents dans les 101 commissions des financeurs de la perte d’autonomie actuellement existantes, impulsent de nombreuses actions de prévention. Celles-ci seront mieux portées par une stratégie nationale, fondée sur la science.
    • Renforcer la coordination des financements. Le constat est fait de la multiplicité des financeurs au niveau national et local et d’une dispersion des crédits alloués sans suffisamment d’évaluation de leur efficacité. Il est nécessaire de faire le bilan de ces financements et de les confronter à une évaluation rigoureuse de leur efficacité pour une éventuelle réallocation des moyens.

    Une méthode de travail rigoureuse

    Elle s’articule via les organes suivants :

    Une gouvernance nationale : La CNA, coprésidée par les ministres en charge de l’Autonomie et de la Santé, est composée de 75 membres, représentant notamment : des associations du secteur, des collectivités territoriales, des instances nationales telles que le Haut conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge, des fédérations hospitalières, des organismes de protection sociale, des organisations de salariés et d’employeurs et des personnalités qualifiées. La CNSA assure le secrétariat de la conférence.

    Des priorités stratégiques pluriannuelles 2026-2028 : Selon le décret du 8 juillet 2024 sur les modalités de mise en œuvre de la CNA, celle-ci « formule des priorités stratégiques pluriannuelles à l’attention des acteurs nationaux et locaux de la prévention de la perte d’autonomie ». Ces orientations « guident les commissions des financeurs de la prévention de la perte d’autonomie (…) dans la priorisation des actions à financer », assurant ainsi le lien entre le national et le local.

    Une articulation forte avec le terrain

    Actuellement la CNSA accompagne financièrement plus de 70 projets territoriaux. Deux exemples sont mis en avant :

    • La plateforme de prévention de chute des séniors coordonnée par le pôle de Gériatrie du Centre Hospitalier Annecy-Genevois propose pour les personnes et les professionnels une sensibilisation, un repérage, une évaluation, une orientation et une coordination. Cette plateforme s’inscrira dans le plan national de prévention des chutes en cours d’élaboration.
    • Le Programme Icope, porté par l’IHU de Toulouse, expérimenté dans 9 régions avec des résultats prometteurs, est en voie de généralisation.
    • La CNA pourra orienter les financements, nationaux ou locaux, vers des actions ainsi scientifiquement validées.

    Une évaluation régulière et publique

    • Le centre de ressources et de preuve de la CNSA apportera son expertise sur la recherche scientifique du domaine et les expériences de terrain jugées pertinentes en matière de prévention.
    • Les orientations triennales seront assorties d’un socle de 10 à 15 indicateurs nationaux, proposés par le centre de ressources et de preuve de la CNSA.
    • Les orientations donneront lieu à un suivi annuel, dont les résultats seront intégrés dans les décisions budgétaires
    • Un rapport d’orientation présentera le bilan des actions, un état des lieux des connaissances scientifiques, ainsi que des préconisations. Il sera adopté à l’issue des travaux de la conférence.
    • Le gouvernement a confié une mission d’accompagnement à deux personnalités qualifiées, la Pr. Maria SOTO MARTIN professeur de médecine gériatrique et la Pr. Sandrine ANDRIEU, professeur en épidémiologie clinique, tous deux issus de l’IHU de Toulouse, pour apporter un regard indépendant, nourrir les travaux préparatoires à la CNA et contribuer à l’animation des travaux.

    La réunion d’installation de la CNA se tiendra à l’automne prochain.

     

    Décret du 8 juillet 2025 relatif aux modalités de mise en œuvre de la CNA : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000051862108

     

  • Etude : une IA transforme l’ECG en outil de dépistage des maladies cardiaques (Nature)

    1 million d’ECG pour entraîner l’IA

    Valvulopathies, insuffisance cardiaque, hypertension pulmonaire… Ces maladies cardiaques structurelles touchent des millions de personnes dans le monde. Et leur prévalence est en forte hausse. Une épidémie silencieuse car par exemple, chez les + de 65 ans, plus de la moitié des cas de valvulopathies significatives passent inaperçus. L’échocardiographie est un examen fiable, mais il coûte cher et n’est pas accessible à tous.

    Afin d’identifier précocement les patients à risque de maladies cardiaques structurelles, afin de les orienter plus tôt vers des examens de confirmation comme l’échocardiographie, des chercheurs de Columbia University et du NewYork-Presbyterian ont mis au point un outil d’intelligence artificielle capable d’analyser un ECG standard. Concrètement, les chercheurs ont utilisé une base de plus de 1,2 million d’électrocardiogrammes, chacun couplé à une échographie cardiaque réalisée chez le même patient.

    Révéler des anomalies invisibles pour l’humain

    L’IA détecte 77 % des cas, contre 64 % pour les médecins

    Grâce à cette double base, l’IA nommée EchoNext a appris à reconnaître quels signaux électriques dans l’ECG sont associés à quelles anomalies structurelles (détectées à l’écho). En effet, les anomalies cardiaques comme une sténose aortique ou une insuffisance mitrale modifient subtilement l’activité électrique du cœur. Des anomalies qui échappent bien souvent à l’humain Une fois entraînée, EchoNext a été testée en conditions réelles chez 85 000 patients qui avaient passé un ECG, mais jamais d’échographie. L’IA a ainsi permis de repérer des personnes à risque de maladie cardiaque structurelle, souvent sans symptômes.

    Les résultats de cette étude sont parus le 16 juillet dans la prestigieuse revue Nature.

    Résultats : l’IA surpasse les cardiologues

    • Les chercheurs ont comparé EchoNext à 13 cardiologues sur un échantillon fixe de 3 200 ECG : l’IA a identifié 77 % des cas correctement contre 64 % pour les cardiologues
    • Dans la cohorte de 85 000 patients n’ayant jamais eu d’échographie cardiaque, l’IA a identifié plus de 7500 patients à haut risque, soit 9 % de la cohorte.
    • 55 % de ces patients à haut risque ont passé une échographie dans l’année. Près de 75 % se sont vu diagnostiquer une maladie cardiaque structurelle — deux fois plus que la moyenne observée chez les patients passés par l’échographie sans IA.

    Au vu de tels résultats, EchoNext pourrait permettre un dépistage de masse invisible grâce à un examen peu coûteux, l’ECG. Aux urgences, dans les zones sous-équipées, dans le cadre d’un deuxième avis… les applications sont multiples. L’énorme volume de données bien étiquetées explique en partie la performance de l’outil.

    « On nous a appris à l’école de médecine qu’on ne pouvait pas détecter les maladies cardiaques structurelles avec un ECG, a déclaré Pierre Elias, co-auteur de l’étude. EchoNext change la donne. EchoNext ne fait pas que prédire la maladie, il apprend à lire ce que les cliniciens ne peuvent pas voir sur un ECG. »

    Afin de favoriser le développement d’un tel type d’outils, les chercheurs mis à disposition publique les poids du modèle ainsi qu’un important jeu de données annoté, reliant les données de rythme cardiaque à des diagnostics fondés sur l’imagerie.

    https://www.nature.com/articles/s41586-025-09227-0

    * Detecting structural heart disease from electrocardiograms using AI.

    Poterucha, T.J., Jing, L., Ricart, R.P. et al.

    Nature (2025). https://doi.org/10.1038/s41586-025-09227-0

  • Une application d’IA détecte les cancers endocriniens avec plus de 99 % de précision

    Jusqu’à 40 % de diagnostics posés à un stade avancé

    Présentée à la réunion annuelle de l’Endocrine Society (ENDO 2025) à San Francisco, une nouvelle application d’intelligence artificielle (IA), accessible via smartphone, permet de diagnostiquer avec une précision remarquable les cancers endocriniens. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le cancer est responsable de 10 millions de décès chaque année, souvent en raison de diagnostics tardifs. Les cancers endocriniens (thyroïde, pancréas, surrénales, ovaires, hypophyse) sont complexes à détecter, en raison de leur variabilité hormonale et de la difficulté d’interprétation des images.

    Les méthodes conventionnelles, comme l’imagerie ou l’histologie, exigent une expertise coûteuse, souvent inaccessible dans de nombreuses régions :

    IA mobile : diagnostic précis en moins d’une seconde

    Des chercheurs du Centre des sciences de la santé de l’Université du Texas à Houston ont conçu une application mobile d’IA capable d’analyser des données hétérogènes pour diagnostiquer des cancers endocriniens avec une précision experte, sur des appareils connectés à Internet.

    La technologie repose sur :

    • La combinaison de deux modèles d’apprentissage profond (EfficientNet et ResNet) pour interpréter des données médicales complexes ;
    • Un apprentissage supervisé à partir d’images tomodensitométriques, IRM, échographiques et d’histopathologie numérique ;
    • Un temps de traitement inférieur à une seconde par image, avec possibilité d’usage hors cloud.

    Une validation technologique multicentrique

    L’outil a été validé par des professionnels issus de plus de 12 institutions sur six continents. Une étude de performance de type diagnostic cross-sectional a été menée, sans intervention thérapeutique, sur :

    • Plusieurs centaines d’images médicales représentatives de cas cliniques ;
    • Une collecte multicentrique via la plateforme AIM Doctor, utilisée pour l’agrégation sécurisée de données cliniques.

    Résultats cliniques et impact économique (90 % de temps gagné)

    Les résultats présentés à ENDO 2025 montrent :

    • Une précision diagnostique supérieure à 99 % sur plusieurs types de cancers endocriniens.
    • Un système multimodal de staging (classification tumorale), cliniquement validé.
    • Un gain de temps supérieur à 90 % par rapport à l’analyse manuelle.

    L’objectif est de démocratiser le diagnostic expert dans les zones à faibles ressources. Cette solution pourrait soutenir les décisions en soins primaires, réduire les erreurs et accélérer la prise en charge. Les prochaines étapes incluent :

    • Un déploiement dans des contextes à faible infrastructure.
    • Une extension à d’autres cancers à expression hormonale (parathyroïdes, neuroendocrines).
    • Des démarches de certification auprès de la FDA et pour le marquage CE.
    • Des partenariats avec des ONG de santé mondiale pour un déploiement en Afrique et en Asie.
  • 45 % de Français souffrent de troubles du sommeil : le gouvernement lance un plan interministériel

    Perte de 1h30 de sommeil en 50 ans : le plan 2025-2026 veut inverser la tendance

    Dans le cadre de la Grande Cause nationale dédiée à la santé mentale en 2025, le ministre de la Santé et de l’Accès aux soins Yannick Neuder a présenté une nouvelle feuille de route interministérielle en faveur d’un sommeil de qualité. Ce plan 2025-2026, mobilisant de nombreux ministères, vise à promouvoir une meilleure hygiène de sommeil et à prévenir les troubles associés. Il prend acte d’un constat inquiétant : en 50 ans, les Français ont perdu 1h30 de sommeil en moyenne. En 2024, 45 % déclaraient souffrir de troubles du sommeil, dont 9 % d’apnée, et près de 70 % des adolescents ne dorment pas suffisamment.

    Le gouvernement entend ainsi répondre à une « crise du sommeil » accentuée depuis la pandémie. En agissant simultanément sur les comportements, les environnements et les pratiques professionnelles, la feuille de route 2025-2026 ambitionne de replacer le sommeil au cœur des politiques publiques de santé.

    Hygiène de sommeil, environnement, dépistage : une stratégie en cinq volets

    Cinq axes et 25 mesures 

    La stratégie repose sur cinq axes :

    • Informer et sensibiliser le public sur les durées recommandées de sommeil, via les sites institutionnels (ameli.fr, mangerbouger.fr, sante.gouv.fr) et des campagnes thématiques, notamment sur la somnolence au volant ou le bon usage des benzodiazépines.
    • Favoriser une bonne hygiène de sommeil dès l’enfance, avec des outils pratiques : nouvelles questions dans le carnet de santé, rituels culturels (chant, lecture) promus par le ministère de la Culture, ou encore paramétrage des espaces numériques de travail pour instituer une déconnexion le soir.
    • Agir sur l’environnement, avec des rénovations acoustiques, des labels « QUIET » pour créer des espaces calmes, et des recommandations pour les horaires de travail. Le monde professionnel et hospitalier est aussi ciblé via la diffusion de recommandations spécifiques.
    • Mieux repérer les troubles, avec la généralisation de l’application Jardin Mental pour le suivi personnel du sommeil, l’intégration du sommeil dans le dispositif « Mon Bilan Prévention », et des mesures pour limiter le mésusage de somnifères et de mélatonine.
    • Renforcer les connaissances, en inscrivant la thématique du sommeil dans les appels à projets de recherche publique, notamment en prévention et en lien avec la santé environnementale et la sécurité routière.

    Le plan vise à réduire les inégalités d’accès à un sommeil réparateur, en s’adressant aux enfants, aux étudiants, mais aussi aux travailleurs de nuit et aux habitants de logements exposés au bruit ou à la chaleur. Le manque de sommeil étant un facteur de risque pour de nombreuses pathologies (cardio-vasculaires, obésité, diabète, troubles psychiques), l’enjeu est autant individuel que collectif.

    Des applications numériques pour renforcer la prévention du sommeil

    Ce programme, porté par la Direction générale de la santé (DGS), associe une dizaine de ministères (Éducation, Travail, Culture, Logement, etc.), avec des pilotes identifiés pour chaque mesure. L’Assurance maladie, les ARS, l’INSV, l’ANSM et de nombreux autres acteurs de terrain sont également impliqués.

    Le numérique est également cité comme levier de promotion de la santé mentale et du sommeil, avec plusieurs dispositifs numériques intégrés à la stratégie.

    Application “Jardin Mental” (mesure 23) : Développée avec des patients et des professionnels, cette application gratuite permet de suivre quotidiennement son sommeil, son humeur et ses traitements. Elle aide les utilisateurs à mieux identifier les perturbations du sommeil et à faciliter le dialogue avec les professionnels de santé. Le site santementale-info-service.fr intégrera un journal du sommeil (mesure 2), pour sensibiliser le grand public dans le cadre d’une campagne 2025 sur la santé mentale. Le dispositif Mon Bilan Prévention (mesure 21) permet d’aborder le sommeil avec un professionnel de santé lors d’un entretien, soutenu par des outils numériques.

  • AGIR : Quand le jeu devient un outil sérieux contre l’hypertension

    Près d’1 Français sur 3 souffre d’hypertension, une pathologie silencieuse mais redoutable. Face à ce fléau, un programme innovant, ludique et gratuit propose de reprendre le contrôle, un point à la fois.

    17 millions de Français concernés, la moitié l’ignore

    Selon Santé publique France, près de 30 % des adultes – et près de deux tiers des plus de 65 ans – sont concernés par l’hypertension artérielle, facteur majeur d’accidents vasculaires cérébraux, d’insuffisance rénale ou de démence. Le défi ? La moitié des patients ignorent qu’ils en souffrent car l’hypertension est souvent asymptomatique, et seuls 50% sont correctement équilibrés sous traitement. L’hypertension n’est pourtant pas une fatalité : un dépistage rigoureux et une hygiène de vie adaptée peuvent tout changer.

    AGIR, une plateforme pour passer à l’action

    Face à ce constat, la Fondation de Recherche sur l’Hypertension Artérielle (FRHTA) et le Comité de Lutte contre l’Hypertension Artérielle (CFLHTA) ont lancé en mai 2025 le programme « AGIR pour sa tension », une plateforme en ligne gratuite s’adressant au grand public. Un parcours en deux étapes :

    • Dépistage par automesure tensionnelle : Le programme guide pas à pas dans la prise de mesures fiables : 2 ou 3 mesures consécutives, bras au repos, sans parler, mesures le matin et le soir, pendant 3 jours minimum. Si les chiffres dépassent 140/90 mmHg, une hypertension est suspectée.
    • Mise en action gamifiée : Pour ceux dont la tension s’avère élevée (≥ 140/90 mmHg), 20 actions scientifiquement validées sont proposées chaque jour pour “gagner” des Points Artériels (PA). Chaque action -prendre son traitement sans oubli (4 000 PA), ne pas utiliser la salière (500 PA), pratiquer une activité physique (750 PA), mesurer sa tension (1 000 PA), etc.- est valorisé par un score en PA, calculé via l’application gratuite « SuiviHTA » ou la version PDF. L’objectif est de rendre visible et gratifiant chaque succès.

    Pourquoi ce format ludique fait-il la différence ?

    Le format ludique du programme AGIR fait la différence car il s’appuie sur les principes de l’engagement comportemental : chaque défi relevé, même modeste, rapporte des points visibles qui suscitent la motivation et encouragent les changements durables. La gestion de l’hypertension devient un parcours personnalisé et évolutif, où le patient se sent acteur de sa santé au quotidien. Grâce au suivi continu proposé par l’application « SuiviHTA » qui calcule automatiquement les moyennes de tension, analyse les tendances et permet de générer un rapport PDF à partager avec son médecin, l’accompagnement s’inscrit dans la durée et s’intègre facilement à la routine du patient. Ce dispositif, déjà testé avec succès lors de campagnes en entreprise ou en pharmacie, favorise l’auto-surveillance, limite l’effet « blouse blanche » souvent responsable de surévaluations de la pression au cabinet, et contribue au développement de l’autonomie des patients hypertendus.

    Les 20 gestes clés : la prévention par l’action prouvée

    AGIR recense 20 moyens fiables d’agir chaque jour sur sa tension :

    Action exemple Points PA
    Prendre son antihypertenseur sans oubli 4000
    Prendre son traitement sans oubli 4000
    Ne pas prendre de légumes en saumure 500
    Antihypertenseur pris à la dose prescrite 4000
    Ne pas prendre d’exhausteurs de goût 500
    Automesure tensionnelle sur 3 jours 1000
    Activité physique (faible à intense) 750
    Sport d’intensité moyenne 750
    Ne pas consommer de saumon fumé, crevettes, huîtres, poisson salé 500
    Ne pas saler avec la salière 500
    Visite médicale/contrôle 1000
    Pas de cigarette, pas de substance illicite 250
    Consommer au moins un aliment riche en potassium 500
    Limiter les fromages salés 500
    Ne pas se resservir du plat principal 500
    Ne pas consommer d’aliments d’apéritifs : olives, tapenade, planche fromage/charcuterie 500
    Ne pas consommer de snacking salé, fromage fondu 500
    Sport d’intensité élevé 750
    Ne pas consommer de salaisons (saucisse, jambon de pays, viande séchée, merguez) 500
    Ne pas consommer de boissons alcoolisées 250

    Ce qui distingue AGIR des autres outils numériques, c’est son ancrage scientifique. Chaque action proposée est issue d’études : activité physique régulière, régime DASH pauvre en sel, arrêt du tabac, gestion du stress, etc. Les effets sont mesurables : jusqu’à 10 mmHg de baisse de la tension systolique pour une activité physique adaptée, par exemple. Mais la véritable innovation d’AGIR, c’est son design incitatif. En misant sur le jeu et la gratification immédiate (via les PA), il transforme un traitement souvent contraignant en défi quotidien positif.

    Apprendre, agir, suivre : un accompagnement digital complet

    Outre la plateforme AGIR, plusieurs outils viennent enrichir l’expérience :

    • L’application SuiviHTA : elle calcule automatiquement la moyenne des mesures, analyse la tension et conserve l’historique. Un rapport PDF peut être envoyé au médecin.
    • Tutoriels vidéo : Application officielle, guides d’automesure, conseils d’experts sont disponibles en vidéo sur la chaîne YouTube Hypertension France ou via la plateforme.
    • Fiches outils : Flyers imprimables (automesure, relevé de tension) pour faciliter la routine à la maison.
    • Podcast : “Les voix de l’hypertension” animé par le Pr Xavier Girerd, pour mieux comprendre sa maladie et garder la motivation.
  • Téléconsultation : MEDADOM lance une IA génératrice de comptes-rendus médicaux

    Automatiser la rédaction des comptes-rendus médicaux

    Le 15 juillet 2025, MEDADOM a annoncé le lancement de « MEDADOM Copilot », une IA propriétaire dédiée à l’accompagnement des médecins dans la rédaction des comptes-rendus médicaux. Cette technologie transcrit en temps réel les échanges entre médecin et patient, génère automatiquement un document structuré et laisse au praticien la possibilité de modifier et valider le résultat.

    95 % des médecins satisfaits de l’IA de rédaction lancée par MEDADOM

    Développée pour alléger les tâches administratives des médecins, l’IA vise à leur permettre de consacrer davantage de temps à l’échange clinique. Les premiers retours soulignent une amélioration de la qualité et de l’homogénéité des documents produits. MEDADOM indique que plus de la moitié des professionnels ont déjà adopté le dispositif sur chaque téléconsultation, avec un taux de satisfaction de 95%.

    Après deux mois de déploiement, le modèle affiche un taux de pertinence de 90%. Une étude interne rapporte que l’outil est perçu comme plus performant, plus rapide et mieux intégré que les autres solutions du marché.

    La technologie du Copilot Medadom a été conçue par une équipe dédiée associant ingénieurs et médecins. Avec 6,5 millions de téléconsultations réalisées et plus de 5 000 dispositifs physiques déployés, MEDADOM poursuit son objectif : favoriser l’accès aux soins sur tout le territoire, notamment dans les zones sous-dotées.

  • Biologie médicale : L’Igas propose de remplacer le modèle prix-volume par un pilotage par le « juste prix »

    • 8 Md€ de dépenses publiques chaque année pour la biologie médicale (un secteur concentré entre six groupes privés).
    • 70 % des actes diagnostiques sont réalisés via la biologie médicale, représentant un marché total de près de 10 Md€.
    • 13,9 % de rentabilité en 2023 pour les laboratoires (soit 7 points au-dessus du secteur santé humaine).
    • Depuis 2010, les revenus des biologistes libéraux ont chuté de plus de 30 %, malgré la hausse des volumes d’examens (+30 %).
    • La mission recommande une régulation fondée sur un « juste prix » basé sur les coûts de production et une rentabilité cible.
    • Dès 2025, un alignement des tarifs des prélèvements permettrait une économie estimée entre 45 et 60 M€.
    • Le potentiel total d’économies identifié atteint 650 M€ à moyen terme, en plus de 150 M€ d’économies de court terme.

    Près de 8 Md€ de dépenses publiques dans un secteur fortement concentré

    La biologie médicale représente 70 % des actes diagnostiques, et un marché de près de 10 Md€, dont 8 Md€ de dépense publique. En 2023, 284 laboratoires de biologie médicale (LBM), regroupant près de 4 000 sites, sont recensés. Les trois quarts des sites appartiennent à six groupes : Biogroup, Cerba Healthcare, Inovie, Synlab, Eurofins-Biomnis et Unilabs.

    Le secteur est marqué par une rentabilité opérationnelle élevée : 13,9 % en 2023, soit sept points au-dessus du secteur « santé humaine ». En parallèle, les biologistes libéraux, majoritaires dans les LBM privés, ont vu leurs revenus chuter de plus de 30 % depuis 2010. La croissance des volumes d’examens (+30 % entre 2013 et 2024) conjuguée à une baisse de prix (de 15 à 20 %) ont permis de contenir les dépenses, mais au prix d’une pression financière forte sur les professionnels.

    L’Igas préconise la fin de la règle « n biologistes / n sites » et du contrôle des implantations par les ARS

    La réglementation, inchangée depuis l’ordonnance Ballereau de 2010, est jugée inadaptée. La règle “n biologistes / n sites” freine l’optimisation des ressources humaines. Le contrôle des implantations par les ARS se révèle inefficace face à la concurrence locale, provoquant une multiplication de sites dans les zones métropolitaines sans amélioration de l’accès aux soins. Cette expansion, coûteuse, a même conduit certains LBM à réduire horaires d’ouverture et capacité de traitement des urgences.

    La mission recommande la suppression de ces limitations : suppression du contrôle des concentrations locales par les ARS, suppression de la limite des trois zones de biologie, fin de la règle “n biologistes / n sites”. Elle préconise la mise en place d’un pouvoir d’opposition clarifié des ARS à l’ouverture de sites, conditionné à l’accessibilité du bassin de vie.

    Une régulation par le « juste prix » fondée sur les coûts réels

    Face aux limites du modèle actuel “prix-volume”, suspendu jusqu’en 2026, l’Igas recommande de basculer vers une régulation fondée sur un “juste prix” déterminé par les coûts de production et un taux de rentabilité ciblé. Ce pilotage devra viser une convergence progressive vers la rentabilité moyenne du secteur de la santé.

    Dès 2025, des mesures immédiates sont suggérées :

    • Généralisation du remboursement conditionnel des actes et prescription renforcée pour les examens sujets à surprescription (dosage vitamine D, ferritine, TSH, etc.).
    • Par ailleurs, l’alignement des tarifs des prélèvements des infirmiers salariés sur ceux des techniciens permettrait une économie estimée entre 45 et 60 M€.

    Optimisation des plateaux techniques : la biologie hospitalière ciblée

    Le rapport souligne le manque de données consolidées sur la biologie hospitalière et propose d’intégrer cette activité dans les fonctions mutualisées des GHT pour optimiser l’utilisation des plateaux techniques. Il recommande également de promouvoir les coopérations inter-établissements.

    Enfin, pour réduire les retards français, l’Igas recommande de simplifier le cadre réglementaire de la biologie délocalisée (POCT), permettant son installation hors hôpital, notamment en cabinets de médecine générale, sans responsabilité du biologiste mais sous supervision qualité.

    Un potentiel d’économies estimé à 650 M€

    Le potentiel total d’économies identifié à moyen terme avoisine 650 M€, en plus de 150 M€ d’économies à court terme. L’optimisation du maillage, la concentration des plateaux techniques et la révision du statut social des biologistes contribuent à cette perspective.

    Certaines activités, comme l’AMP ou les gardes 24/7, pourraient bénéficier d’un financement spécifique. Les sites fragiles (moins de 1 %) isolés pourraient être protégés par un dispositif financier analogue à celui des officines en zones fragiles.

    Synthèse des recommandations :

    • Supprimer la règle « n biologistes / n sites ».
    • Supprimer la limitation d’implantation dans trois zones limitrophes.
    • Supprimer le contrôle des concentrations locales par les ARS.
    • Clarifier le pouvoir d’opposition des ARS à l’ouverture de sites, fondé sur l’accessibilité du bassin de vie.
    • Organiser la continuité de l’accès à la biologie l’après-midi et le samedi.
    • Passer à une régulation des tarifs fondée sur les coûts de production et une rentabilité ciblée.
    • Viser la convergence progressive de la rentabilité du secteur vers celle du secteur santé humaine.
    • Mettre en place une prescription renforcée pour les examens à risque de surprescription.
    • Généraliser le remboursement conditionnel de certains actes.
    • Aligner les tarifs des prélèvements réalisés par les infirmiers salariés sur ceux des techniciens.
    • Mettre en conformité le statut social des biologistes travaillant en LBM sous statut non salarié.
    • Intégrer la biologie hospitalière dans les fonctions mutualisées des GHT.
    • Promouvoir les coopérations inter-établissements en biologie hospitalière.
    • Simplifier le cadre réglementaire de la biologie délocalisée (POCT).
    • Autoriser son déploiement hors hôpital, notamment en cabinets de médecine générale.
    • Définir un financement propre pour la biologie délocalisée, sans passer par les LBM.
    • Protéger les sites isolés fragiles par un soutien financier dédié.
    • Mettre en place des financements spécifiques pour les activités à coûts particuliers (AMP, 24/7).
    • Simplifier la sortie des actes innovants du financement hors nomenclature.
    • Instaurer une procédure accélérée pour l’inscription des actes innovants à la nomenclature.

     

  • Télésurveillance médicale : un référentiel éthique pour encadrer les soins numériques

    Patients, industriels, soignants : un référentiel éthique pour repenser le soin à distance

    La télésurveillance médicale a franchi un cap réglementaire en juillet 2023, mais les pratiques restaient en suspens : comment accompagner les patients dans un soin devenu partiellement algorithmisé, distribué entre acteurs médicaux et industriels ? Comment maintenir la qualité du lien thérapeutique, à distance ?

    Autant de questions qui motivent la publication d’un référentiel éthique par la Cellule éthique du numérique en santé, avec le soutien de l’Agence du numérique en santé (ANS) et de la Direction générale de l’offre de soins (DGOS).

    Le rapport rappelle que la télésurveillance n’est pas une simple déclinaison numérique du soin traditionnel. Elle introduit un modèle mêlant professionnels de santé, patients, plateformes techniques et exploitants de dispositifs numériques. Ce « soin distribué » complexifie la relation soignant-soigné, entre vigilance algorithmique, gestion des alertes et décisions cliniques à distance. Le document pose une exigence : préserver la dimension humaine du soin, même lorsque la présence physique disparaît.

    Le rôle des dispositifs numériques doit rester lisible et limité dans l’accompagnement thérapeutique

    Pour répondre aux tensions éthiques identifiées sur le terrain, le rapport propose un outil d’autoévaluation et une grille de questionnement couvrant l’ensemble du parcours :

    • Information initiale du patient et recueil du consentement.
    • Traitement des données et gestion des alertes.
    • Suivi continu et arrêt éventuel du dispositif.

    Les auteurs insistent sur des points sensibles : réversibilité du consentement, rôle des sous-traitants techniques dans la gestion des données, lisibilité du dispositif par les patients, et juste place de la technologie dans l’accompagnement thérapeutique.

    Professionnels de santé et patients doivent comprendre les dispositifs avant de les utiliser

    La démarche cherche aussi à favoriser l’appropriation des outils numériques par les professionnels de santé et à prévenir la fracture numérique côté patients. Une pédagogie du soin à distance est recommandée : transparence sur le fonctionnement du dispositif, explication des limites du numérique, et vigilance face au risque de perte d’autonomie du patient face aux interfaces.

    Recommandations du rapport

    • Informer clairement le patient : Le patient doit comprendre le fonctionnement de la télésurveillance, ses objectifs, ses contraintes, et les professionnels impliqués.
    • Recueillir un consentement libre, éclairé et réversible : Le consentement du patient doit pouvoir être suspendu ou retiré à tout moment.
    • Former les professionnels et accompagner les patients : Le rapport recommande la formation des équipes à l’usage des dispositifs numériques et à l’accompagnement éthique du patient.
    • Clarifier les responsabilités entre acteurs : Le rôle de l’exploitant technique (industriel ou prestataire) dans le traitement des données et la gestion des alertes doit être strictement défini. Le professionnel de santé opérateur reste responsable du suivi médical.
    • Limiter le rôle des dispositifs techniques : Le soin algorithmisé ne doit pas remplacer le discernement clinique. Le rapport recommande de maintenir une juste distance technologique.
    • Mettre en place un suivi éthique du parcours : Une autoévaluation par étapes est recommandée : information, consentement, suivi, traitement des alertes, arrêt éventuel du dispositif.
    • Prévenir la fracture numérique : Le rapport insiste sur l’obligation d’anticiper les difficultés d’accès et d’usage des dispositifs par certains patients. Une vigilance spécifique est recommandée auprès des populations âgées ou isolées.
    • Assurer une transparence sur les traitements de données : Les patients doivent être informés de l’usage de leurs données, du rôle des acteurs techniques et des mesures de cybersécurité mises en place.

     

  • Hôpital public : 85 % des usagers satisfaits de la qualité de la relation selon un baromètre (DITP)

    24 433 usagers évaluent 19 services sur 5 critères

    Lancé par la Direction interministérielle de la transformation publique, ce baromètre évalue la qualité de 19 services publics, sur cinq critères, à partir d’une enquête menée auprès de 24 433 usagers. Réalisé entre décembre 2024 et janvier 2025 auprès de 24 433 personnes, le baromètre “volet grand public” a été confiée aux instituts Toluna, Harris Interactive et Ipsos.

    71 % des Français saluent l’accueil des services publics

    D’après les résultats, 69 % des usagers se déclarent satisfaits de leurs échanges avec les services publics au cours des 12 derniers mois. L’hôpital public arrive en tête des services les mieux notés, avec 80 % de satisfaction globale, devant l’école (81 %), la Gendarmerie nationale (78 %), France Titres (78 %) et les services des impôts (77 %). La qualité de la relation est le point le plus valorisé :

    • 71 % des usagers estiment avoir été accueillis avec respect et bienveillance.
    • Le score atteint 85 % pour les hôpitaux (84 % pour l’école, 83 % pour la Gendarmerie, 79 % pour France services, et 75 % pour la Police).

    Parmi les cinq indicateurs évalués :

    • Qualité de la relation
    • Délai de traitement
    • Facilité d’accès
    • Simplicité des démarches
    • Efficacité

    37 % des usagers jugent les démarches administratives complexes

    La simplicité des démarches est celle qui suscite le plus de critiques. Seuls 63 % jugent les démarches simples, tandis que 13 % se déclarent insatisfaits. Parmi les difficultés évoquées : des délais trop longs (26 %), un manque de clarté des informations (24 %) et la répétition des démarches auprès de plusieurs agents (24 %).

    24 % des usagers confrontés à des informations peu claires dans leurs démarches

    Pour Laurent Marcangeli, ministre en charge des services publics, ce baromètre constitue une “boussole” : il confirme l’attachement des usagers à des services performants, en identifiant les marges de progrès. Les axes d’amélioration les plus attendus concernent :

    • La lisibilité des informations.
    • L’accessibilité des services.
    • Et la réduction des délais de traitement.

    Une enquête à vocation annuelle

    Avec un échantillon dans chaque région de France métropolitaine et l’inclusion de 500 personnes en situation d’illectronisme, cette enquête vise à être reconduite régulièrement afin de suivre les évolutions perçues et guider les actions publiques en matière de qualité de service.