Actualité

  • Le Royal Marsden lance une plateforme nationale d’imagerie radiologique propulsée par l’IA, soutenue par le NIHR

    Première infrastructure d’IA radiologique pour la recherche en cancérologie

    Le Royal Marsden NHS Foundation Trust s’associe à NTT Data et CARPL.ai pour déployer une infrastructure au Royaume-Uni dédiée à la recherche en cancérologie par intelligence artificielle. Objectif : améliorer la précision des diagnostics et accélérer l’accès aux traitements.

    Le projet, présenté comme la première plateforme britannique à grande échelle d’analyse radiologique par IA dédiée à la recherche sur le cancer, est porté par le Royal Marsden en collaboration avec NTT Data Group, spécialiste de la transformation numérique, et CARPL.ai, acteur de l’intelligence artificielle appliquée à l’imagerie médicale. Il repose sur une infrastructure MLOps conçue par NTT Data, qui héberge la plateforme de CARPL.ai, déjà dotée d’un ensemble d’algorithmes d’analyse d’images médicales. Ce socle permettra aux équipes de recherche d’évaluer des modèles d’IA sur plusieurs localisations cancéreuses, dont les sarcomes, les cancers du poumon, du sein, du cerveau et de la prostate.

    Le Radiology and AI Research Hub lance deux projets sur les sarcomes et le cancer du sein

    Le développement de cette plateforme est financé via une subvention triennale accordée par le National Institute for Health and Care Research (NIHR). Elle sera utilisée à des fins de recherche au sein du Royal Marsden Hospital et de l’Institute of Cancer Research (ICR), avec pour finalité de soutenir les décisions cliniques et d’influencer les futurs standards de diagnostic et de prise en charge thérapeutique.

    L’ensemble s’inscrit dans le cadre du Radiology and Artificial Intelligence Research Hub du Royal Marsden, financé par la Royal Marsden Cancer Charity. Ce hub réunit cliniciens et chercheurs autour de projets visant à exploiter les données d’imagerie radiologique. Deux projets en cours s’y intègrent déjà : RADSARC-R, dédié à l’amélioration du diagnostic des sarcomes, et AI-BRACE, centré sur le cancer du sein.

     

  • Radiologie : le CNP rejette les conclusions de la CNAM et de l’IGF-IGAS

    60 % des passages aux urgences nécessitent un examen d’imagerie

    Le CNP dénonce une vision comptable menaçant l’accès et la qualité des soins

    Le Conseil National Professionnel (CNP) de radiologie et imagerie médicale, qui rassemble toutes les composantes de la radiologie française, a vivement réagi au dernier rapport « charges et produits » de la CNAM et à celui de l’IGF et de l’IGAS sur la « pertinence et efficience des dépenses de radiologie » . Les radiologues dénoncent des constatations jugées inexactes et des recommandations qui menaceraient l’accès, la qualité et la sécurité des soins.

    Le CNP rappelle que la radiologie constitue une activité de soins essentielle : dépistage, diagnostic, radiologie interventionnelle, suivi des maladies chroniques. Plus de 60 % des patients pris en charge en urgence nécessitent un bilan radiologique dès leur arrivée, permettant de réduire la durée de passage aux urgences. Le CNP souligne aussi le rôle central des radiologues dans les réunions de concertations pluridisciplinaires, notamment en cancérologie.

    Le CNP déplore l’inapplication du décret de 2022

    Le communiqué insiste sur la place de la radiologie interventionnelle, peu abordée dans les rapports officiels. Cette discipline contribue à la prise en charge des cancers, pathologies cardiovasculaires, neurovasculaires et traumatologiques. Depuis 2017, près d’un quart des internes complète sa formation par une option de Radiologie Interventionnelle Avancée (RIA). Les représentants regrettent que le décret d’autorisation de 2022 ne soit toujours pas appliqué.

    Le CNP souligne la nécessité d’un renouvellement régulier du parc d’imagerie pour garantir diagnostics précoces et réduction de l’exposition aux rayonnements. Les auteurs alertent aussi : sans modèle économique adapté, l’ambition de la France de devenir leader en intelligence artificielle médicale risque l’échec.

    Le CNP réclame plus de médecins formés pour répondre aux besoins croissants

    Autre préoccupation : le manque de radiologues. Le CNP appelle à augmenter les capacités de formation pour répondre aux besoins croissants liés au vieillissement et aux recommandations internationales. Les représentants dénoncent également la financiarisation du contrôle des plateaux techniques et la progression des actes réalisés par des firmes de téléradiologie commerciale, jugée dégradante pour la spécialité et dépourvue de contrôle de pertinence.

    Le communiqué est signé par plusieurs responsables : Pr Louis Boyer (CNP/G4), Pr Marie-France Bellin (SFR), Dr Jean-Philippe Masson (FNMR), Dr Thomas Martinelli (SRH) et Pr Christophe Aubé (CERF). Ensemble, ils affirment leur refus de voir leur discipline réduite à une lecture économique, loin de la réalité des soins quotidiens.

    Le CP annonce qu’un argumentaire plus détaillé sera prochainement publié.

  • Agents IA : un potentiel de 450 Mds $ d’ici 2028, mais seulement 2 % des entreprises les déploient à grande échelle

    Confiance en baisse : de 43 % à 27 % pour les agents d’IA totalement autonomes

    L’étude “Rise of agentic AI: How trust is the key to human-AI collaboration”, menée auprès de 1 500 dirigeants de grandes entreprises dans 14 pays, montre un paradoxe. Malgré un potentiel estimé à 450 milliards de dollars de retombées économiques d’ici 2028, seules 2 % des organisations ont déployé des agents d’IA à grande échelle. Deux dirigeants sur cinq jugent que les risques dépassent les bénéfices, citant des inquiétudes sur la confidentialité, les biais et le manque d’explicabilité. Néanmoins, les entreprises ayant déjà mis en place ces agents affichent une confiance supérieure de 10 points à la moyenne.

    Plutôt qu’un remplacement total, le modèle privilégié devient celui d’une collaboration. Près de 60 % des organisations prévoient de mettre en place dans les 12 prochains mois des équipes hybrides, combinant agents et collaborateurs. Les bénéfices attendus incluent une hausse de 65 % de l’engagement humain dans les tâches à forte valeur ajoutée, un gain de 53 % en créativité et une amélioration de 49 % de la satisfaction des collaborateurs.

    IA agentique : 80 % des entreprises jugent leur infrastructure encore immature

    25 % des processus pourraient être confiés à des agents d’IA en 2028

    Malgré l’enthousiasme affiché par 93 % des dirigeants, 80 % des entreprises pointent une infrastructure encore immature et près de quatre sur cinq un niveau insuffisant de préparation des données.
    D’ici 2026, seules 15 % des fonctions devraient intégrer des agents IA à un niveau semi-autonome ou autonome, un taux qui pourrait atteindre 25 % en 2028. Les premiers usages se concentreront sur le service client, l’informatique et les fonctions commerciales, avant de s’étendre aux opérations, à la R&D et au marketing. Le rapport appelle à dépasser l’effet de mode et à repenser les processus et modèles économiques. L’accent est mis sur la transformation organisationnelle et sur la recherche d’un équilibre entre autonomie des agents et implication humaine.

    Recommandations de Capgemini

    Pour dépasser l’effet de mode et passer à une adoption durable, Capgemini identifie plusieurs pistes :

    • Repenser les processus et les modèles économiques : Les entreprises doivent adapter leurs workflows afin d’intégrer les agents d’IA non comme de simples outils, mais comme membres d’équipe capables de gérer des processus de bout en bout.
    • Transformer l’organisation et les compétences : L’étude souligne la nécessité de réorganiser les structures pour accueillir ce nouvel acteur numérique :
      • Réallouer les responsabilités.
      • Intégrer les agents au sein de binômes humains-IA.
      • Mettre en place des programmes de reskilling pour limiter l’anxiété des employés (61 % d’entre eux redoutent un impact sur leur emploi).
    • Trouver l’équilibre entre autonomie et supervision humaine : Capgemini recommande un déploiement progressif, privilégiant les niveaux intermédiaires d’autonomie. L’objectif : garder les humains dans la boucle tout en augmentant la productivité et la créativité.
    • Consolider les fondations technologiques et de données : Avec plus de 80 % des entreprises signalant une infrastructure immature et moins d’une sur cinq se disant prête sur le plan de la donnée, l’institut insiste sur la priorité à donner à la qualité et à la gouvernance des données.
    • Intégrer éthique et transparence dès la conception : La mise en place de garde-fous (explicabilité, sécurité, respect de la vie privée, lutte contre les biais) est jugée essentielle pour instaurer la confiance et permettre aux agents d’atteindre un niveau d’autonomie plus élevé.

     

  • USA : UPMC et Redesign lancent Glimmer Health pour soutenir les médecins face aux douleurs chroniques des patients

    Un quart des Américains souffrent de douleurs chroniques

    UPMC Enterprises et Redesign Health annoncent la création de Glimmer Health, une nouvelle startup destinée à améliorer la prise en charge de la douleur chronique. Cette initiative ambitionne de pallier la pénurie de spécialistes, et de s’intégrer dans les pratiques de soins primaires. Aux États-Unis, un adulte sur quatre souffre de douleurs chroniques, en revanche il n’existe qu’un spécialiste pour environ 20 000 patients concernés. Glimmer propose aux médecins généralistes une solution numérique combinée à une équipe d’infirmières praticiennes formées à la gestion de la douleur. Ces professionnelles interviennent directement dans les cabinets, sur orientation médicale, et collaborent avec les praticiens pour développer des plans de soins personnalisés.

    Téléconsultation, soutien comportemental, coordination : le modèle de Glimmer Health se déploie 

    Selon le Dr Ajay Wasan, directeur médical de Glimmer et vice-président du département de médecine de la douleur à l’UPMC, environ 15 à 20 % des consultations de médecine générale concernent la douleur. Le modèle de Glimmer, fondé sur l’expérience des cliniques de l’UPMC, vise à alléger cette charge via une approche multimodale :

    • Téléconsultation spécialisée.
    • Soutien en santé comportementale.
    • Ressources pédagogiques.
    • Et coordination des parcours de soins.

    Glimmer Health choisit un déploiement dirigé par les médecins

    Contrairement à d’autres entreprises comme Sword Health ou Hinge Health, qui ont d’abord ciblé les employeurs et les organismes payeurs, Glimmer mise sur une stratégie de déploiement dirigée par les médecins. Ryan Schneiter, directeur général de Redesign Health, souligne que l’alliance entre expertise clinique et innovation technologique permet de combler un vide dans le système de santé américain.

    Déployée en premier lieu au sein du réseau UPMC, la solution Glimmer vise un élargissement progressif à l’échelle nationale. L’équipe opérationnelle comprend infirmières, gestionnaires de soins et travailleurs sociaux, tous formés à la douleur chronique. Le suivi patient s’intègre dans le dossier médical existant.

  • Décarbonation des industries de santé : un potentiel de réduction des émissions jusqu’à 72% d’ici 2050

    Empreinte carbone pour les médicaments : 9,1 MtCO₂e émises en France en 2023 selon The Shift Project

    The Shift Project, en partenariat avec la Cnam, le HCAAM et avec le soutien de MGEN, a publié ses rapports finaux « Décarbonons les Médicaments » et « Décarbonons les Dispositifs Médicaux ». Ces travaux s’inscrivent dans le cadre du programme « Santé, climat, résilience ». Les émissions de gaz à effet de serre (GES) associées à la production des médicaments consommés en France sont estimées à 9,1 MtCO₂e en 2023. La production des principes actifs pharmaceutiques représente 25% de ces émissions, avec une empreinte moyenne de 65 kgCO₂e/kg, largement supérieure à celle du ciment, en raison notamment de leur fabrication majoritaire en Asie et de la forte consommation énergétique des procédés. Les activités de R&D et les fonctions corporatives (essais cliniques, déplacements, consommation des bureaux) comptent pour 30% des émissions. Les gaz médicaux, tels que le protoxyde d’azote, génèrent quant à eux 7% des émissions. Les dispositifs médicaux représentent 7,4 MtCO₂e. La production des matières premières, notamment les 200 000 tonnes de plastique annuelles, mais aussi l’acier, l’aluminium et les composants électroniques, constitue la principale source d’émissions. Le transport, l’emballage, l’utilisation et la fin de vie des dispositifs ont un impact plus modéré mais significatif pour certains équipements électro-médicaux ou en cas de fret aérien.

    Leviers pour une décarbonation : -68 % possibles d’ici 2050

    Les projections du Shift Project estiment qu’en mobilisant l’ensemble des leviers, les émissions pourraient diminuer de 68% pour les médicaments et de 72% pour les dispositifs médicaux d’ici 2050, sans intégrer les augmentations attendues de consommation. Tous les maillons de la chaîne de valeur sont concernés :

    • Procédés de production : électrification de la production de vapeur industrielle.
    • Logistique : réduction du fret aérien pour l’importation des équipements.
    • Utilisation : recours à des instruments réutilisables, suppression des réseaux hospitaliers de distribution de protoxyde d’azote.
    • Essais cliniques : réduction du gaspillage et optimisation des cohortes.

    Des recommandations pour une transformation : -72 % d’émissions pour les dispositifs médicaux à l’horizon 2050

    The Shift Project recommande l’implication de tous les acteurs industriels, avec une gouvernance intégrée à la direction des entreprises. Plusieurs mesures transversales sont préconisées :

    • Mobiliser les fournisseurs (chimie, plasturgie, métallurgie, logistique, etc.) autour d’objectifs communs.
    • Relocaliser une partie de la production en Europe, permettant une baisse des émissions de 40 à 50% selon les zones.
    • Standardiser les méthodes de calcul de l’empreinte carbone et intégrer un critère environnemental minimal de 10% dans les évaluations.
    • Consolider la recherche académique avec des analyses de cycle de vie rigoureuses.

     

  • Roche : marquage CE pour un test sanguin d’exclusion de l’Alzheimer

    Un test sanguin Roche certifié CE face à 55 millions de patients concernés

    Roche Diagnostic a reçu l’autorisation européenne CE pour un test sanguin permettant d’exclure la maladie d’Alzheimer par dosage de la protéine tau-181 phopsphorylée. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la maladie d’Alzheimer touche plus de 55 millions de personnes dans le monde et enregistre environ 10 millions de nouveaux cas chaque année. Les approches diagnostiques actuelles — imagerie TEP/IRM et ponction lombaire — restent :

    • Coûteuses : plusieurs milliers d’euros par patient.
    • Invasives et peu accessibles en soins primaires.
    • Tardives : plus de 75 % des patients ne sont pas diagnostiqués précocement, avec un délai moyen de 1 à 3 ans après les premiers symptômes.

    un test pTau181 certifié CE IVDR pour réduire 1 à 3 ans de délai moyen

    Le test développé par Roche Diagnostics en collaboration avec Eli Lilly, repose l’immunoanalyse de la protéine pTau181, biomarqueur clé des dépôts amyloïdes cérébraux. Le marquage CE selon la réglementation européenne IVDR valide ce nouveau test amyloïde cérébrale. Son usage en première ligne vise un diagnostic plus rapide et moins invasif dans les soins primaires.

    Le test Elecsys affiche 93,8 % de valeur prédictive négative

    L’autorisation du test Elecsys s’appuie sur une étude prospective internationale menée sur 787 patients âgés de 55‑80 ans dans trois pays européens. Publiée dans Nature Communications, elle démontre :

    • Une valeur prédictive négative de 93,8 %.
    • Un taux de faux négatifs de 16,4 % associé à l’imagerie TEP.
    • Une corrélation supérieure à 85 % avec les méthodes d’imagerie conventionnelles.

    Validé sur 787 patients, entre sur un marché en croissance de 5,2 % par an

    L’obtention du marquage CE positionne ce test sur un marché européen du diagnostic in vitro en pleine expansion, évalué à 120 milliards $ en 2024. Selon Market Research Future et Grand View Research, ce secteur devrait croître en moyenne de 5,2 % par an d’ici 2030, porté par la demande croissante en outils rapides et moins invasifs.

     

  • La Cnil autorise Agoria Santé à croiser données biologiques et données du SNDS pour neuf programmes de recherche

    Agoria Santé et Biogroup autorisés à coupler biologie et SND

    Pour la première fois, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) autorise l’association de données issues d’analyses biologiques avec celles du Système national des données de santé (SNDS). Cette décision marque une étape dans l’accès à des bases enrichies mobilisables pour des recherches d’intérêt public. Le projet est porté par Agoria Santé, consortium fondé par Docaposte (filiale numérique du groupe La Poste), AstraZeneca et Impact Healthcare, rejoint récemment par Takeda, et mené en partenariat avec le réseau de laboratoires Biogroup.

    Le SNDS, piloté par la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam), regroupe des données pseudonymisées couvrant le parcours de soins en France : remboursements médicaux, diagnostics, causes de décès, informations sur le handicap et la maternité. Agoria Santé s’appuie sur son entrepôt de données qualifié “système-fils SNDS”, une infrastructure homologuée par la Cnam, permettant d’accueillir et traiter ces informations dans un cadre sécurisé. Cet accès indirect repose sur des jeux de données pré-approuvés, adaptés à des thématiques de recherche spécifiques.

    Les données biologiques apportées par Biogroup couvrent un large spectre : biomarqueurs tumoraux, métabolites sanguins, dosages hormonaux. Croisées avec les historiques de soins et traitements du SNDS, elles offriront une granularité clinique inédite pour l’évaluation en vie réelle. Jusqu’à présent, les études issues du SNDS manquaient de détails cliniques. L’intégration des résultats biologiques permettra par exemple de relier des traitements à des marqueurs de réponse ou à des stades d’évolution de maladies.

    Neuf programmes de recherche validés par la Cnil

    La Cnil a validé neuf programmes qui bénéficieront de ces données enrichies. Ces projets pourront être portés par des acteurs académiques ou industriels, dans un cadre soumis à la réglementation. Ils couvrent notamment :

    • Les maladies cardio-vasculaires.
    • L’oncologie.
    • La fertilité.
    • Le diabète.
    • Les infections respiratoires.

    Pour Diane-Charlotte Baillet, directrice du consortium Agoria Santé ; “l’association de données de biologie aux données du SNDS ouvre des perspectives scientifiques majeures et répond à une attente forte des acteurs de la recherche, qui ont besoin de données cliniques pour compléter les données médico-économiques du SNDS”.

  • Psychiatrie : l’Unafam remet 48 propositions au ministre Yannick Neuder

    Le 10 juillet, l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (Unafam) a présenté ses recommandations au ministre de la Santé et de l’Accès aux soins, Yannick Neuder. Après son manifeste pour l’abolition de la contention, l’association décline ses propositions selon trois priorités : agir précocement, promouvoir le rétablissement, rendre effectifs les droits.

    Vers un plan santé mentale et psychiatrie

    L’Unafam appelle à un plan interministériel sur le modèle des Plans Cancer ou Autisme, articulant prévention, soins et accompagnement dans la société. Selon elle, de nombreuses mesures, telles que l’éducation thérapeutique, la pair-aidance ou les équipes mobiles à domicile, pourraient être financées à moyens constants grâce à un transfert vers l’ambulatoire, réduisant de 50 % les hospitalisations complètes.

    Agir précocement : réduire l’errance et favoriser le diagnostic

    Pour 75 % des personnes vivant avec des troubles psychiques, le diagnostic intervient après plusieurs années. L’Unafam rappelle que la précocité de la prise en charge conditionne le pronostic. Elle propose notamment :

    • La création de numéros nationaux accessibles au grand public pour informer et orienter.
    • Le déploiement des Premiers Secours en Santé Mentale auprès de la population générale.
    • Une formation renforcée en psychiatrie pour les médecins généralistes et les pédiatres.
    • L’augmentation des centres spécialisés et des équipes mobiles pour les pathologies sévères.

    Promouvoir le rétablissement grâce à une psychiatrie ancrée dans la communauté

    L’association souligne que l’hospitalisation ne devrait pas constituer la principale porte d’entrée dans le soin. Elle appelle à une réorganisation territoriale de l’offre, fondée sur la proximité et la continuité. Les mesures proposées incluent :

    • Un accès rapide aux consultations spécialisées et la mise en place d’équipes de soins à domicile.
    • Une offre structurée de réhabilitation psychosociale.
    • Le développement de la psychoéducation pour les familles.
    • La reconnaissance et l’intégration réglementaire de la pair-aidance.

    Rendre effectifs les droits : dignité et alliance thérapeutique

    Alors que le Conseil de l’Europe a déjà alerté sur la difficulté d’accès aux droits pour les personnes vivant avec des troubles psychiques, l’Unafam dénonce des pratiques persistantes jugées contraires à la dignité. Elle recommande :

    • L’abolition de la contention, qualifiée de traitement inhumain par l’ONU.
    • La formation des soignants aux droits des patients et aux principes de la démocratie sanitaire.
    • La fin des mises en pyjama et des interdictions systématiques de téléphones et de visites.
    • Une meilleure association des familles, avec l’accord du patient, pour soutenir le parcours de soins.

    « Nous pouvons et devons modifier en profondeur le système de soins en psychiatrie », conclut l’association.

    Unafam. (2025). Santé mentale et psychiatrie 2025 : La note de position de l’Unafam sur les soins. [PDF]. Unafam. https://www.unafam.org/sites/default/files/fichiers-joints/06-2025/NoteDePositionSoins.pdf

  • Données synthétiques en santé : un sondage du Health Data Hub et de l’Inria pour cartographier les usages

    Alors que l’accès aux données de santé reste complexe, un sondage national vise à recenser les pratiques et besoins autour des données synthétiques pour la recherche, la formation et l’expérimentation en santé numérique.

    Un contexte de contraintes fortes sur les données de santé

    Face aux contraintes réglementaires qui limitent l’accès aux données réelles, les données synthétiques (jeux de données créés artificiellement par des modèles statistiques ou des algorithmes, souvent basés sur l’IA, et qui ont pour but d’imiter la structure et les propriétés des données réelles) représentent une solution alternative. Elles reproduisent certaines caractéristiques statistiques de données de santé existantes, tout en évitant de contenir des informations personnelles. Leur usage est envisagé pour la recherche, la formation ou encore les phases exploratoires de projets numériques en santé.

    Le Health Data Hub et l’Agence du programme santé numérique d’Inria ont lancé un sondage à destination des acteurs impliqués dans la production, l’expérimentation ou l’utilisation de données synthétiques. L’objectif est triple :

    • Mieux comprendre les pratiques actuelles.
    • Identifier les besoins de l’écosystème.
    • Et valoriser les initiatives déjà déployées.

    Les résultats doivent permettre de construire une vision commune et de nourrir des actions pour soutenir le développement de ces pratiques.

    Des initiatives déjà disponibles

    Plusieurs jeux de données synthétiques sont accessibles à la communauté :

    • CHU de Nantes : sept jeux de données issus de son entrepôt hospitalier, dans le cadre d’un projet pilote sur les facteurs de rupture d’anévrisme.
    • Health Data Hub (SNDS) : une base synthétique construite selon le schéma de la base principale du SNDS 2019, simulant environ 50 patients fictifs.
    • Health Data Hub (Top Diabète) : une base dédiée, créée dans le cadre de l’implémentation de l’algorithme Top Diabète, selon la cartographie des pathologies CNAM (version G8).

    Cette enquête devrait contribuer à consolider un socle de pratiques partagées et à renforcer la disponibilité de jeux de données adaptés aux besoins des chercheurs et porteurs de projets en santé numérique. Le Health Data Hub invite les acteurs à signaler d’autres ressources pour enrichir le référencement existant.

  • ICOPE : vers 2 millions de seniors dépistés d’ici 2027

    Icope (Integrated Care For Older People) est un programme à vocation internationale, destiné à repérer précocement les premiers signes de fragilité et de perte d’autonomie chez les seniors de 60 ans et plus. L’objectif est de leur proposer une prise en charge adaptée, afin d’éviter ou de retarder leur perte d’autonomie.

    Expérimentation du programme depuis 2020 : 77 000 seniors déjà suivis en France

    La démarche ICOPE s’adresse aux seniors considérés comme autonomes de 60 ans et plus. Son déroulement comprend 5 étapes :

    • Dépistage
    • Evaluation
    • Plan de soins personnalisé
    • Fléchage du parcours de soins et suivi du plan d’intervention
    • Intervention des collectivités et soutien aux aidants

    Introduit en France par l’institut hospitalo-universitaire (IHU) Healthage de Toulouse à partir de 2019, l’outil Icope avec ces cinq « steps » est expérimenté dans douze régions et trois départements d’outre-mer. Plus de 6 000 professionnels sont formés au test ICOPE. 77 000 personnes sont actuellement suivies et 69 000 alertes ont été générées à la suite du repérage. On estime que l’utilisation d’Icope permet d’éviter ou de retarder 40% des situations de dépendance.

    Lancement de la généralisation de l’étape 1 en juillet 2025

    Prévue par la loi du 8 avril 2024 sur le bien vieillir et l’autonomie et confirmée le 9 juillet dernier lors de la Conférence nationale de l’autonomie, la généralisation du programme a été officiellement lancée le 23 juillet pour ce qui concerne la phase 1 de dépistage. Cette première étape consiste à évaluer, seul ou avec l’aide d’un proche ou d’un professionnel, ses capacités fonctionnelles essentielles. Ce sont celles qui permettent d’effectuer facilement les tâches de la vie quotidienne : la mobilité, la nutrition, la mémoire, l’audition, la vision et la santé mentale.

    Pour réaliser cette autoévaluation, le senior se rend sur la plateforme « Mon espace santé ». Il est orienté, selon son lieu de résidence, vers l’une des trois applications numériques qui ont été développées dans le cadre des expérimentations en cours : Icope Monitor développé par l’IHU de Toulouse, Icope & moi du CHU de Tours, Digicope du CHU de Grenoble. Le site « sante.fr », porté par le ministère, donne des informations détaillées sur le contenu du programme et les moyens d’y accéder.

    La réalisation du test ne dure pas plus de 15 minutes. À la fin du questionnaire, un bilan des capacités fonctionnelles est affiché : « normal » ou recommandation d’effectuer une évaluation complémentaire auprès de son médecin traitant. Si une expérimentation est en cours et si nécessaire, un suivi par l’équipe projet peut se mettre en place. La mise en œuvre de cette étape 1 repose sur les agences régionales de santé (ARS), avec le soutien des dispositifs d’aide à la coordination existants.

    Les professionnels de santé comme les établissements sanitaires et médicosociaux seront informés de cette généralisation. Une communication de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV) vers le grand public est prévue cet automne.

    ICOPE vise 2 millions de participants au repérage d’ici 2027

    À horizon 2026 : un outil national unique sera mis en place par l’Assurance Maladie et accessible sur « Mon espace santé ». Cette plateforme permettra d’envoyer des communications ciblées, de générer des messsages automatiques de rappel, ainsi qu’une information aux professionnels de santé de la personne. Objectif 2027 : inclure 2 millions de personnes dans le repérage. Cet objectif nécessite un important travail d’« aller vers », afin d’atteindre une population qui n’est pas naturellement portée vers le numérique. Actuellement seul un assuré de l’Assurance maladie de plus de 60 ans sur quatre a activé « Mon espace santé », ce qui est néanmoins plus élevé que le taux pour tous les âges confondus, qui n’est que de un sur cinq.

    Les autres étapes du programme seront généralisées progressivement et feront l’objet d’un suivi dans le cadre de groupes de travail. Un comité de pilotage national, coprésidé par les ministres des Solidarités, de la Santé et de l’Autonomie et dont la composition sera précisée par décret, veillera à l’organisation, l’évaluation et l’actualisation du programme.

     

    La brochure explicative du programme Icope : https://solidarites.gouv.fr/sites/solidarite/files/2025-07/Flyer-A4-Programme-ICOPE-2025.pdf 

    ICOPE en vie réelle, par l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Healthage de Toulouse : https://ihuhealthage.fr/fr/pilier-1-icope-cohorte-care-permettre-une-longevite-en-sante-pour-continuer-a-faire-ce-qui-est-important-pour-chacun/

    La page dédiée sur le site sante.fr https://www.sante.fr/programme-icope