Actualité

  • RainPath, PaperDoc, CeveOp : les solutions distinguées à Castres-Mazamet

    90 % des projets finalistes déjà opérationnels en 2025

    L’Université de la e-santé de Castres-Mazamet a réuni, les 12 et 13 novembre 2025, plus de 500 participants autour de l’innovation numérique en santé. L’événement a confirmé la montée en maturité des projets de e-santé. Sur les 62 dossiers déposés, 15 finalistes issus de 12 départements ont été sélectionnés pour présenter leur solution. 90 % des projets finalistes sont portés par des sociétés déjà constituées, 55 % en phase de levée de fonds, tandis qu’un quart d’entre elles génèrent déjà un chiffre d’affaires. La nature des projets est diversifiée : amélioration des parcours de soins, réduction des coûts, optimisation des flux hospitaliers et renforcement de l’accès à l’information fiable.

    RainPath remporte le Grand Prix du Jury 2025

    • Le Grand Prix du Jury a été attribué à RainPath, concepteur de solutions numériques (RainFlow, RainHub, RainView) pour la standardisation et l’accélération des analyses anatomopathologiques. L’entreprise remplace les colorations chimiques traditionnelles par une approche numérique optimisant le diagnostic et la charge de travail des pathologistes.
    • Dans la catégorie “Patients”, la société PaperDoc a été distinguée pour sa plateforme SaaS mêlant intelligence artificielle sémantique et base documentaire certifiée. Elle facilite la recherche d’informations pour 25 000 professionnels de santé et ouvre un nouveau mode patient co-construit avec des associations, visant à réduire les inégalités d’accès à l’information médicale.
    • CeveOp, lauréat de la catégorie “Structures et professionnels de santé”, déploie une solution de gestion circulaire du matériel médical. Cette approche réduit les achats, favorise le réemploi et mesure les gains économiques et environnementaux obtenus par les établissements.

    e‑Astreinte primé pour la gestion des astreintes hospitalières

    • Dans la catégorie “Traitement, valorisation et sécurisation des données de santé”, la solution e‑Astreinte a été primée pour sa plateforme HDS sécurisée. Elle permet une meilleure organisation des astreintes hospitalières et participe à l’amélioration de la qualité de vie au travail (QVT) des personnels.
    • Dans le champ de la prévention et du bien vieillir, France Care a été récompensé pour son offre d’accompagnement personnalisé. À partir de 2,5 euros par mois, cette solution aide à prévenir le renoncement aux soins et les ré-hospitalisations évitables.
    • Enfin, le Trophée des internautes est revenu à MADLEN, un logiciel d’entraînement à domicile destiné aux patients souffrant de troubles de la voix et de la parole. L’outil, construit autour d’exercices personnalisés, illustre la place croissante du numérique dans l’autonomie thérapeutique et la rééducation.

     

  • Stratégie IA 25-28 : cartographier les usages et financer ce qui fonctionne dans les hôpitaux

    La stratégie 2025‑2028 articule l’accélération de l’usage secondaire des données avec l’Espace européen des données de santé et l’encadrement des usages d’IA en soins, via une gouvernance unifiée, des délais d’accès réduits, et des évaluations médico‑économiques mutualisées.

    EEDS : application secondaire au 26 mars 2029, délais 8–9 mois

    La stratégie 2025‑2028 prépare l’entrée en vigueur de l’Espace européen des données de santé au 26 mars 2029, avec obligation de rendre réutilisables les données pseudonymisées et non personnelles, des délais d’accès harmonisés à 8 mois pour les pseudonymes et 9 mois pour les anonymes, et un régime de redevances pour couvrir les coûts des détenteurs. La France planifie la désignation d’un Organisme responsable de l’accès aux données d’ici 2027 et l’inscription des adaptations nécessaires dans un projet de loi en 2026, en envisageant un réseau de détenteurs de données de confiance et un guichet unique coordonné.​ La gouvernance nationale évolue avec la fusion du Comité stratégique des données de santé au sein du COMEX du Conseil du numérique en santé et la mise en place d’un Forum des parties prenantes, avec une préfiguration opérationnelle annoncée pour début 2026.

    Accès, interopérabilité, grilles de redevances : trajectoire d’alignement européen

    Le Système national des données de santé et la Plateforme des données de santé structurent la réutilisation des données depuis 2019, avec une évolution vers une approche moins centralisée pour faciliter les appariements et renforcer l’interopérabilité entre sources. La Cnam et la Plateforme engagent une réduction progressive des délais d’accès, avec publication d’indicateurs à partir du second semestre 2025, et un objectif d’alignement complet avec les exigences de l’Espace européen des données de santé à un horizon de quatre ans. Un répertoire national des ensembles de données, un contrat‑type pour les entrepôts de données de santé et des grilles de redevances harmonisées doivent accélérer la contractualisation et stabiliser les tarifs pratiqués entre détenteurs et utilisateurs.

    Un comité (DGOS et ANAP) pour cartographier les usages de l’IA (deuxième semestre 2026)

    Un comité d’experts piloté par les fédérations d’établissements fixera dès 2026 les priorités d’usages de l’IA selon l’urgence et la maturité des solutions disponibles en Europe. Une cartographie annuelle, portée par la DGOS et l’Anap, recensera les usages, les évaluations et les contacts de sites, avec une première publication au second semestre 2026 et une diffusion via l’Assurance Maladie. Les premières mesures incluent deux appels à manifestation d’intérêt 2025 pour les urgences et les ressources humaines, un AMI 2026 pour la logistique hospitalière, ainsi qu’un algorithme public d’aide au codage CIM‑11 coordonné par l’ATIH et diffusé via la BOAS.

    IA non-DM: supervision obligatoire d’ici mi‑2027

    La Haute Autorité de santé pilote des méthodologies d’évaluation qui intègrent les impacts clinique, organisationnel et médico‑économique, avec une participation au projet européen SHAIPED et la mise en place de bases de validation dédiées aux dispositifs intégrant de l’IA, avec un jalon au second semestre 2026.​ Des modèles de financement conditionnels sont envisagés dans le cadre des lois de financement de la sécurité sociale, avec une première cible dès 2026 pour les outils d’aide à la décision lorsque des économies sont constatées, sous réserve d’adoption des mesures correspondantes.​ Le cadre d’articulation entre le Règlement IA, les réglementations dispositifs médicaux et diagnostic in vitro, et le RGPD fait l’objet de documents de clarification, tandis qu’un dispositif de supervision des systèmes d’IA non classés dispositifs médicaux doit être défini d’ici mi‑2027, incluant un suivi du cycle de vie et l’étude de certifications dynamiques.

    Compétences IA en santé : Un référentiel actualisé d’ici mi‑2027

    Acculturation 2026 : masterclass et dispositifs territoriaux

    Un portail national d’exercice des droits pour le SNDS central est annoncé pour le quatrième trimestre 2025, intégrant les nouveaux droits prévus par l’Espace européen des données de santé, dont le droit d’opposition à la réutilisation secondaire et la notification d’événements significatifs. La montée en compétences s’organise avec une masterclass Anap en 2026, la mise à jour du référentiel de compétences numériques avec un volet IA d’ici mi‑2027 et des dispositifs d’acculturation sectoriels. La stratégie prévoit enfin des enquêtes annuelles sur les impacts organisationnels, RH et environnementaux, et une trajectoire de sobriété numérique intégrée aux déploiements.

    Résumé des axes de la stratégie

    Chapitre 1 : Stratégie interministérielle pour construire notre patrimoine national des données de santé

    Axe 1. Favoriser la transparence et la confiance des citoyens

    • La gouvernance des données de santé se réorganise avec l’intégration du Comité stratégique des données de santé au comité exécutif du Conseil du numérique en santé, et la création d’un Forum des parties prenantes aligné sur le modèle européen, pour une mise en œuvre opérationnelle visée début 2026.
    • En parallèle, l’Espace européen des données de santé se prépare sur 2026‑2027 avec la désignation d’un Organisme responsable de l’accès aux données d’ici 2027, incluant des scénarios avec détenteurs de données de confiance et un guichet unique coordonné.
    • Dès le quatrième trimestre 2025, un portail national centralisera l’exercice des droits sur le SNDS, intégrant les nouveaux droits européens comme l’opposition à la réutilisation secondaire et l’information en cas de constat significatif. Le cadre de sécurité sera clarifié pour les référentiels SNDS/EDS, avec exigence de conservation et de traitement des données de santé au sein de l’Union européenne pour les acteurs concernés.

    Axe 2. Constituer des bases de données d’intérêt réutilisables

    • La stratégie prévoit d’abord une cartographie des besoins des utilisateurs pour orienter l’enrichissement priorisé des bases, avec des appariements facilités, y compris via le NIR dans le cadre juridique en vigueur, et une doctrine de centralisation ajustée autorisant un hébergement facultatif par la Plateforme des données de santé afin de chaîner avec la base principale du SNDS.
    • Les entrepôts de données de santé sont standardisés sur un socle OMOP et FHIR, avec une contribution aux labels qualité européens comme Quantum en phase pilote 2025‑2026, afin d’élever la qualité, la comparabilité et la réutilisation à grande échelle. Des ressources ouvertes sont renforcées, notamment via la BOAS et des kits EDS, et un programme de formation élargi démarre au second semestre 2025 pour accélérer l’appropriation des standards et des bonnes pratiques par les équipes.

    Axe 3. Réunir les conditions nécessaires au partage et à la mise à disposition

    • La stratégie prévoit, dès le second semestre 2025, le lancement d’un répertoire national des ensembles de données interopérable avec l’Espace européen des données de santé, construit avec la Plateforme des données de santé et FReSH, puis la convergence progressive des répertoires existants pour faciliter la découverte et l’accès.
    • Côté modèle économique, les besoins récurrents des entrepôts hospitaliers sont estimés entre 60 et 90 M€ par an pour les CHU, avec des grilles de tarification, des contrats‑types et des redevances alignées sur le régime européen proposés au premier semestre 2026, afin de sécuriser des financements pérennes d’ici 2027.

    Axe 4. Faciliter et simplifier l’utilisation des données

    • La stratégie simplifie l’accès aux données en privilégiant des déclarations de conformité aux référentiels, en réservant les autorisations de l’autorité de protection des données aux cas complexes et en ouvrant une dispense d’avis du comité national lorsque le comité scientifique et éthique local rend un avis favorable, avec des mises à jour des méthodologies de référence MR001 et MR003 attendues au premier trimestre 2026.
    • Elle harmonise la mise à disposition des données d’entrepôts avec un contrat‑type et des grilles de redevances, tout en optimisant les délais d’accès au SNDS grâce à des indicateurs publics, à une solution « intercalaire » opérée par la Plateforme des données de santé au premier semestre 2026 et à une trajectoire d’alignement avec l’Espace européen des données de santé sur quatre ans.

    Chapitre 2 — Transformer et améliorer le système de santé avec l’intelligence artificielle

    Axe 1. Gouvernance ouverte avec experts terrain

    L’axe 1 instaure une gouvernance d’“experts terrain” pour l’IA en santé, animée par les fédérations d’établissements et articulée avec la DNS, la DGOS, la Cnam, la HAS et l’Anap, afin de prioriser dès début 2026 les cas d’usage selon l’urgence et la maturité des solutions européennes, de capitaliser les retours d’expérience, de proposer les besoins de financement pour expérimentations et évaluations, et d’orienter les politiques publiques, sans représentation directe des éditeurs au sein du comité.

    Axe 2. Cartographier les usages et accélérer les déploiements

    l’axe 2 met en place une publication annuelle pilotée par la DGOS et l’Anap qui recensera les cas d’usage, les solutions déployées, les avis et rapports disponibles, ainsi que les contacts de sites, avec une diffusion via l’Assurance Maladie pour orienter vers des IA évaluées et repérer les manques de marché. Les premiers chantiers annoncés couvrent deux appels à manifestation d’intérêt 2025 dédiés aux urgences et aux ressources humaines, un AMI 2026 pour la logistique hospitalière, et une intégration progressive d’IA dans Mon espace santé, d’abord pour la recherche documentaire puis pour des recommandations personnalisées selon une feuille de route itérative.

    Axe 3. Évaluer les systèmes et parcours intégrant de l’IA

    L’axe 3 organise une évaluation structurée des systèmes et parcours intégrant des techniques d’aide algorithmique, en s’appuyant sur des méthodologies pilotées par la HAS couvrant les impacts clinique, organisationnel et médico‑économique, avec mutualisation des essais, constitution de bases de validation dédiées et participation au projet européen SHAIPED pour harmoniser les approches et partager les preuves. Les retours d’expérience et résultats sont diffusés pour faciliter la généralisation des usages à bénéfice démontré. Des mécanismes de financement de l’évaluation en conditions réelles sont prévus, avec partage des résultats et appui des dispositifs France 2030 et des Tiers‑Lieux d’expérimentation afin de consolider les démonstrations d’efficacité et d’efficience.

    Axe 4. Clarifier le cadre et adapter le financement

    L’axe 4 clarifie le cadre d’usage en articulant le règlement européen 2024/1689 avec les réglementations des dispositifs médicaux et de diagnostic in vitro, le RGPD et l’Espace européen des données de santé, au moyen de FAQ et de guides pratiques, tout en définissant d’ici mi‑2027 une supervision du cycle de vie pour les systèmes non classés dispositifs médicaux et en explorant des certifications dynamiques adaptées aux mises à jour fréquentes. Il propose aussi d’adapter le financement.

    Axe 5. Compétences, impacts organisationnels et environnementaux

    Enfin, l’axe 5 met à jour le référentiel des compétences numériques avec un volet dédié aux usages algorithmiques, instaure des obligations de formation initiale et continue, et déploie dès 2026 des masterclass et des actions d’acculturation par secteur, assorties d’enquêtes annuelles pour suivre les externalités négatives. Il intègre des critères de sobriété et des trajectoires environnementales dans les déploiements, avec des cas d’usage médico‑sociaux emblématiques comme l’automatisation et la fiabilisation des coupes Pathos d’ici 2028, appuyées par un renforcement des contrôles.

     

    Ministère de la Santé et de la Prévention. Stratégie intelligence artificielle et données de santé 2025‑2028. Paris: Ministère de la Santé et de la Prévention ; 2025.

  • 4ᵉ Journée nationale de l’innovation en santé numérique : l’IA au cœur de la plénière

    Le second volet de la stratégie nationale « intelligence artificielle et données de santé » a été officiellement lancé mercredi à Paris, dans le cadre de la 4e Journée nationale de l’innovation en santé numérique. L’événement était organisé par la Délégation au numérique en santé (DNS) et ouvert par la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Stéphanie Rist.

    Ouverture par Stéphanie Rist : Annonce officielle du second volet de la stratégie nationale IA et données de santé

    Stéphanie Rist a rappelé que l’intelligence artificielle doit être mise « au service du soin et de la prévention ». Selon la ministre, l’IA contribue déjà à l’amélioration des diagnostics et à la libération de temps médical, sans pour autant se substituer à la relation humaine entre soignant et patient. La ministre a également annoncé l’intégration prochaine de solutions d’intelligence artificielle dans les logiciels métiers utilisés par les professionnels de santé. Issue d’une concertation impliquant plus de 70 acteurs du secteur, cette stratégie a pour objectif de structurer les usages de l’intelligence artificielle dans le système de santé. Elle entend améliorer la qualité, la sécurité et l’éthique des soins, tout en garantissant un développement responsable de ces technologies. Stéphanie Rist a appelé à une appropriation collective et responsable de ces outils, qualifiant l’IA d’« alliée de confiance, éthique et humaine ».

    Stratégie intelligence artificielle et données de santé 2025-2028

    Bruno Bonnell : 550 M€ pour la stratégie santé et 350 projets portés par des consortiums

    “Grâce à l’intelligence artificielle, on peut explorer des voies jusque-là relativement ignorées dans le domaine de la santé”

    Dans la suite de l’événement, le secrétaire général pour l’investissement, Bruno Bonnell a replacé le lancement du volet IA dans le cadre du plan France 2030, présenté comme « le double de tous les programmes d’investissement d’avenir précédents ». Bruno Bonnell a salué l’efficacité du pilotage interministériel de France 2030, qui finance des projets de recherche en santé numérique jusqu’à leur transfert industriel. Deux projets de télésurveillance illustrent cette approche orientée vers des solutions.

    • OdySight, porté par Tilak Healthcare, développe une solution de télésurveillance en ophtalmologie, notamment utilisée à Pécan.
    • Un autre projet, Curity Take Care, s’adresse à la télésurveillance en oncologie, en appui au suivi des patients atteints de cancer.

    Au global, avec 40 milliards d’euros engagés et 7 800 projets soutenus, le plan repose sur une logique d’interconnexion des innovations plutôt que de soutien sectoriel isolé. Dans le domaine de la santé numérique, 32 actions ont déjà été engagées, donnant lieu à 120 nouveaux projets lauréats cette année. Au total, 550 millions d’euros sont alloués à la stratégie santé, couvrant environ 350 projets portés par des consortiums associant universités, industriels et groupements hospitaliers.

    Transfert technologique : 22 projets France 2030 en phase d’industrialisation

    22 projets de recherche soutenus par France 2030 sont actuellement en phase de transfert de technologie, afin de passer du stade scientifique à la mise sur le marché. Cette logique vise à éviter que la recherche « reste dans les laboratoires » et à favoriser l’émergence de produits et services directement utiles aux patients et aux professionnels de santé.

    Côté formation, 70 000 étudiants ont déjà été formés aux outils numériques en santé, avec un objectif de 100 000 par an. Bruno Bonnell a souligné la bonne articulation entre les ministères impliqués dans la mise en œuvre du plan, qu’il s’agisse du financement, de la réglementation ou du soutien non financier. “Il y a une dynamique interministérielle qui est particulièrement efficace” a-t-il indiqué. Le dispositif France 2030 agit également comme levier de cofinancement, en mobilisant d’autres acteurs publics. Le ministère de la Recherche participe notamment au soutien de projets complémentaires, comme FIRAH ou France 2030 Santé, tandis que des entrepôts de données de santé ont bénéficié de plus de 35 millions d’euros d’investissement.

    Le Secrétaire général pour l’investissement a exprimé son souhait de renforcer la coopération européenne dans le domaine de la santé numérique et de l’innovation.

    Hela Ghariani : un Comex mensuel pour co-construire le programme annuel du numérique en santé

    Hela Ghariani, co-responsable de la Délégation au numérique en santé (DNS), a détaillé la nouvelle gouvernance mise en place pour renforcer la concertation autour des politiques du numérique en santé. Depuis le lancement de la stratégie nationale, la DNS promeut une approche collaborative entre les ministères, l’Assurance maladie et les acteurs institutionnels. Cette coordination s’étend désormais à l’ensemble de l’écosystème — représentants des patients, professionnels de santé, établissements, industriels et chercheurs. Autour du Conseil du numérique en santé, une assemblée générale du numérique en santé a donc été constituée. Elle offre un espace de dialogue, de transparence et de travail commun sur les priorités de la politique publique.

    Cette gouvernance renouvelée s’appuie sur un comité exécutif mensuel (Comex), dont la première réunion se tiendra mercredi 19 novembre. Ce Comex rassemblera les représentants de tous les secteurs concernés pour co-construire un programme de travail annuel, déterminant les priorités de la stratégie numérique (exemples cités : comment construire un catalogue national des données de santé ? Ou bien comment intégrer de l’IA dans les services de Mon espace santé).

    Ce comité identifiera donc les impacts concrets des technologies, leurs évaluations positives et négatives, ainsi que les modèles économiques à développer pour favoriser leur intégration durable. Les groupes de travail ouverts issus de ce programme accueilleront tous les acteurs souhaitant contribuer, afin de lever ensemble les freins techniques ou réglementaires identifiés par le terrain. L’objectif est de maintenir un rythme d’action cohérent avec la rapidité d’évolution des technologies.

    Formation : plus de 8000 étudiants formés à l’IA (École santé numérique de l’Université de Montpellier)

    Le Professeur Maurice Hayot, directeur de l’École de santé numérique de l’Université de Montpellier, a présenté le bilan de son projet, financé dans le cadre de l’appel à manifestations d’intérêt Compétences et métiers d’avenir. En deux ans et demi, plus de 8 000 étudiants ont été formés, dont 92 % de professionnels de santé. Le dispositif combine formations diplômantes, unités d’enseignement personnalisées et formation des formateurs. Le programme vise désormais la création d’un modèle national de formation en santé numérique et en IA, adossé à un campus numérique, pour pérenniser la dynamique au-delà de 2027.

    Elsan : les données de 11 millions de patients

    Sur l’axe de la donnée, Samantha Pasdeloup, du groupe Elsan, a présenté l’entrepôt de données de santé (EDS), soutenu par France 2030. Aujourd’hui, l’entrepôt est pleinement opérationnel, rassemblant les données de 11 millions de patients. Ce volume rend possibles des analyses à grande échelle pour des cas d’usage comme : le pilotage médico-économique des établissements, l’amélioration continue de la qualité des soins, des études de faisabilité en recherche clinique, et le développement de nouvelles recherches, auparavant freinées par la complexité d’accès aux données.

    44 DMN pris en charge par l’Assurance maladie

    Le réseau des tiers-lieux d’expérimentation en santé numérique dépasse les objectifs initiaux : 37 sites sont aujourd’hui opérationnels, contre 31 prévus. Ces structures accompagnent 115 projets financés et d’autres initiatives non subventionnées, autour de l’innovation ouverte et de l’évaluation en conditions réelles.  Guillaume Calmon, fondateur de la start-up RDS, a témoigné de l’apport des tiers-lieux. Son entreprise développe un dispositif connecté de suivi post-opératoire, déjà marqué CE depuis 2024. Le projet vise à sécuriser le retour à domicile des patients âgés après une chirurgie lourde, tout en générant les preuves cliniques et médico-économiques nécessaires à son remboursement. Les premiers retours d’expérience au CHU d’Amiens montrent une forte adhésion des patients, séduits par un outil simple, non intrusif et rassurant.

    44 dispositifs médicaux numériques sont déjà pris en charge par l’Assurance maladie, via le droit commun ou le dispositif PECAN. France 2030 soutient également l’exportation des innovations et la montée en puissance d’initiatives comme G_nius, dédiée à l’accompagnement des entreprises.

    G_NIUS : 5 ans d’impact et une communauté engagée

    « La santé numérique, c’est un peu comme un escape game », plaisante Julien Plagnes (chef de projet). Il faut savoir trouver les bons interlocuteurs, comprendre les règles du jeu et décrypter les dispositifs adaptés à son projet. C’est précisément le rôle de G_NIUS, la plateforme publique lancée en octobre 2020 pour accompagner les innovateurs du secteur. G_NIUS agit comme un guide interactif, ou selon son fondateur, « le Waze de la santé numérique » : indiquez où vous en êtes, et l’outil vous montre le meilleur chemin pour atteindre vos objectifs — qu’il s’agisse d’obtenir un financement, d’identifier les bons partenaires ou de naviguer dans les démarches réglementaires. En cinq ans, la structure a su s’imposer comme une référence de l’écosystème français : avec une communauté active (4000 membres), des fiche acteurs et des contenus régulièrement mis à jour.

    Pour les prochaines années, G_NIUS veut renforcer son action dans les régions, s’ouvrir davantage à l’international et développer des outils autour de l’intelligence artificielle en santé. L’objectif reste le même : rendre le numérique en santé plus accessible, lisible et efficace. Julien Plagnes conclut, comme il avait commencé, avec humour : « Si dans cinq ans G_NIUS est devenu célèbre, c’est qu’on aura réussi à rendre la santé numérique simple.

  • Un algorithme d’IA pour la prédiction du déclin rénal progressif

    Selon l’Organisation mondiale de la santé, plus de 700 millions de personnes souffrent de maladie rénale chronique (MRC). Environ 15 % des adultes présentent une forme modérée à sévère (stades G3 à G5), correspondant à une altération significative du débit de filtration glomérulaire. Chaque année, plus de 2,5 millions de décès sont liés à ses complications cardiovasculaires. Les approches classiques — mesure de la clairance de la créatinine ou des protéines urinaires — présentent des limites :

    • Sensibilité insuffisante
    • Détection souvent tardive
    • Personnalisation thérapeutique limitée

    Un outil in vitro fondé sur l’intelligence artificielle

    Développé conjointement par Roche Diagnostics et la biotech américaine KlinRisk, le logiciel est un dispositif de diagnostic in vitro qui analyse les données issues de tests sanguins et urinaires afin d’estimer le risque de déclin rénal.

    • Intègre de multiples paramètres cliniques et biologiques
    • Conforme aux recommandations internationales en néphrologie
    • Accessible via le cloud et interopérable avec les systèmes hospitaliers

    Le premier outil IA marqué CE pour la stratification du risque rénal

    Ce dispositif, intégré à la Navify Algorithm Suite, comprend :

    • Le Kidney KlinRisk Algorithm, premier algorithme IA marqué CE, conçu pour la prédiction précoce du déclin rénal chez les patients atteints de MRC ou à risque (diabète, hypertension).
    • Le Kidney Failure Risk Equation (KFRE) Algorithm, modèle complémentaire validé, utilisé pour évaluer la probabilité d’évolution vers l’insuffisance rénale terminale.

     

  • En 2024, le nombre de lits d’hospitalisation recule de 0,5% selon la Drees

    • Le nombre de lits d’hospitalisation complète recule de 0,5% en 2024, un ralentissement par rapport à 2023 (-1,2%) et 2022 (-1,8%)
    • L’hospitalisation partielle progresse de +3,1% en 2024, confirmant le virage ambulatoire entamé depuis deux décennies.
    • L’hospitalisation à domicile (HAD) augmente de +5,5% en 2024 et représente 8,1% des capacités d’hospitalisation complète (hors psychiatrie).
    • Les maternités françaises disposent de 770 lits de réanimation néonatale, en hausse de +1,1%, soit une densité moyenne de 1,2 lit pour 1 000 naissances.
    • Les écarts régionaux persistent : les quatre régions du quart sud-est métropolitain restent sous le seuil fixé (Drees).

    Les hausses continues de l’hospitalisation partielle (+3,1%) et de l’hospitalisation à domicile (+5,5%) confirment le basculement vers une logique de « juste soin au bon endroit », où la proximité et la prévention prennent le pas sur l’hospitalisation systématique. La tendance actuelle indique une mutation de la fonction hospitalière : l’hôpital devient un nœud de coordination, plus qu’un point de soins exclusif. L’enjeu n’est plus seulement quantitatif (nombre de lits), mais qualitatif : développer la capacité d’accueil “étendue” sur le territoire.

    La baisse des lits se poursuit, mais à un rythme moindre

    Un virage ambulatoire amorcé depuis deux décennies

    À fin 2024, la France compte 2 965 établissements de santé : 1 330 hôpitaux publics, 655 établissements privés à but non lucratif et 980 cliniques privées. Ces structures disposent de 367 300 lits d’hospitalisation complète, 91 200 places d’hospitalisation partielle et une capacité d’accueil simultané en hospitalisation à domicile (HAD) de 25 400 patients. Le nombre de lits d’hospitalisation complète a reculé de 0,5% en 2024, un rythme inférieur aux baisses observées en 2023 (-1,2%) et 2022 (-1,8%). Cette diminution s’inscrit dans une tendance amorcée depuis le début des années 2000, marquée par une réorganisation continue de l’offre de soins vers des prises en charge plus courtes et moins invasives.

    +3,1% de places supplémentaires en hospitalisation partielle

    Les alternatives à l’hospitalisation complète poursuivent leur progression. Le nombre de places en hospitalisation partielle a augmenté de 3,1% en 2024, après +4,0% en 2023. Cette hausse reste supérieure à la moyenne observée avant 2019. L’évolution est plus marquée en soins de moyen séjour (+5,5%) qu’en court séjour (+4,4%).

    Le numérique renforce la dynamique ambulatoire, notamment en psychiatrie

    En psychiatrie, les capacités d’hospitalisation partielle demeurent stables. Toutefois, cette stabilité s’accompagne d’une réorientation vers des modalités de soins intégrant davantage les parcours ambulatoires. Ces évolutions s’appuient sur l’introduction d’outils numériques de coordination et de suivi, soutenant la transformation du système vers des modèles de soins plus flexibles.

    L’hospitalisation à domicile progresse de 5,5%

    Les capacités d’hospitalisation à domicile connaissent une nouvelle hausse de +5,5% en 2024, après +4,1% en 2023. L’HAD représente désormais 8,1% des capacités totales de prise en charge en hospitalisation complète (hors psychiatrie), contre 2,1% en 2006. Les dispositifs techniques permettant un suivi à distance sécurisé, la montée en puissance des plateformes numériques de coordination et la diffusion de protocoles de télésurveillance des pathologies chroniques y contribuent.

    Réanimation néonatale : des écarts régionaux persistants

    Fin 2024, les 450 maternités françaises disposent de 13 800 lits d’obstétrique, 2 800 lits de néonatologie, 1 200 lits de soins intensifs et 770 lits de réanimation néonatale. Cette dernière catégorie affiche une hausse modérée (+1,1%), portant la densité moyenne nationale à 1,2 lit pour 1 000 naissances. La feuille de route nationale 2024-2030 « Pédiatrie et Santé de l’enfant » fixe pour objectif qu’aucune région ne soit en dessous d’un lit de réanimation néonatale pour 1 000 naissances d’ici 2027. Quatorze régions atteignent déjà ce seuil, dont les cinq départements et régions d’outre-mer. Les quatre régions du quart sud-est métropolitain restent sous l’objectif, selon la Drees.

  • Schizophrénie : une thérapie numérique réduit de 62 % les symptômes négatifs

    Une efficacité clinique démontrée après 16 semaines chez 457 patients schizophrènes

    L’étude de phase III CONVOKE a évalué l’ajout de la thérapie numérique CT-155 au traitement antipsychotique standard chez des adultes atteints de schizophrénie. Présentés au congrès de l’European College of Neuropsychopharmacology (ECNP) à Amsterdam, les résultats indiquent une réduction statistiquement significative des symptômes négatifs expérientiels après 16 semaines d’utilisation. Le protocole, conduit sur 457 patients américains atteints de schizophrénie depuis en moyenne 14,8 ans, portait sur des individus présentant des symptômes négatifs modérés à sévères, évalués par l’échelle CAINS-MAP. Abhishek Pratap, directeur exécutif global evidence lead chez Boehringer Ingelheim, a précisé que les patients étaient stabilisés sous antipsychotiques et n’avaient pas bénéficié de psychothérapie récente.

    Conçu comme un logiciel thérapeutique, CT-155 intègre des interventions interactives issues de la psychologie cognitive et comportementale. L’outil assigne des objectifs individualisés alignés sur le niveau de fonctionnement de chaque patient pour renforcer l’engagement social et la motivation. Les modules associent activation comportementale, restructuration cognitive et entraînement à la tolérance à la détresse. Cette approche vise les dimensions centrales des symptômes négatifs que sont l’avolition et l’anhédonie.

    70 % de patients engagés jusqu’à la fin du protocole

    Durant les 16 semaines d’étude, l’engagement des participants est demeuré élevé. Le taux de complétion atteignait 70,4 % pour la thérapie CT-155 et 76,5 % pour l’application contrôle. L’utilisation médiane quotidienne s’élevait à 8 minutes pour CT-155 contre 2 minutes pour l’application témoin. Les événements indésirables sont restés rares, avec 9,3 % d’incidence pour CT-155 et 13,4 % pour l’application comparatrice. Aucun événement grave imputable au traitement n’a été rapporté.

    Des perspectives d’intégration dans le parcours de soins psychiatriques

    La Food and Drug Administration (FDA) américaine a accordé, en 2024, le statut de Breakthrough Device Designation à CT-155. Cette reconnaissance facilite le processus de mise sur le marché d’outils numériques à haut potentiel thérapeutique. Une étude multicentrique complémentaire est en cours pour évaluer l’efficacité de CT-155 en vie réelle sur 262 patients, avec des résultats attendus début 2027. L’application devrait être proposée sur prescription médicale.

     

  • Point PLFSS 2026 : rejet de l’extension des franchises médicales et maintien des dispositifs expérimentaux

    700 amendements examinés avant la trêve du 11 Novembre

    Les discussions du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2026 ont porté sur plus de 700 amendements, examinés en deux jours. Le gouvernement de Sébastien Lecornu doit encore défendre le texte avant la clôture constitutionnelle du 12 novembre à minuit. Parmi les enjeux centraux figurent la suspension de la réforme des retraites et le maintien de dispositifs de santé publique expérimentaux.

    • Rejet de l’extension des franchises médicales

    Deux propositions du gouvernement ont été écartées. L’Assemblée nationale a rejeté l’extension du périmètre des franchises médicales aux consultations dentaires et dispositifs médicaux. Les députés ont également supprimé la réduction du plafond des indemnités journalières pour les affections longue durée (ALD) non exonérantes. Ces décisions marquent un refus de transférer une charge financière supplémentaire vers les assurés atteints de maladies chroniques.

    • Des structures locales mobilisées pour l’offre de soins 2026

    Les députés ont adopté la prolongation jusqu’en 2027 des haltes soins addictions, structures expérimentales ouvertes depuis 2016 à Paris et Strasbourg. La création d’un “réseau France Santé”, soutenu par le gouvernement, a également été votée, avec pour objectif de garantir une offre de soins de proximité à moins de 30 minutes pour chaque citoyen. Ce dispositif appuiera les maisons et centres de santé existants, voire certaines pharmacies dans les zones sous-dotées.

    • “Mon soutien psy” soumis à une évaluation nationale, et limitation des arrêts maladie à un mois adoptée

    Un amendement écologiste a validé l’évaluation nationale du dispositif “Mon soutien psy”, actif depuis 2022 et ayant concerné plus de 500 000 personnes. L’Assemblée a aussi instauré une limite légale à la durée des arrêts maladie : un mois pour une première prescription, deux pour un renouvellement, avec possibilité de dérogation justifiée par le médecin. Cette disposition remplace un décret initialement plus restrictif.

    • Les médecins libéraux échappent à une taxe sur les dépassements

    Plusieurs articles du texte initial ont été rejetés : la suppression de la visite médicale obligatoire après un congé maternité, la vaccination obligatoire contre la grippe pour les résidents en Ehpad et professionnels de santé, et la surtaxation des dépassements d’honoraires. Ces rejets traduisent la volonté des députés de maintenir les équilibres professionnels en vigueur dans le système de soins.

     

  • Entre février et septembre 2025, les consultations de dossiers par les professionnels ont augmenté de 56 %

    23 millions d’usagers actifs sur Mon espace santé en 2025

    L’écosystème du numérique en santé atteint un nouveau seuil en 2025. Selon les derniers chiffres présentés, Mon espace santé compte désormais 23 millions d’utilisateurs actifs, soit près d’un tiers de la population française. Plus de 513 millions de documents ont été partagés entre professionnels et usagers sur l’année, dont 42,8 millions pour le seul mois d’octobre, enregistrant une croissance annuelle de 40%. Les consultations de dossiers numériques par les professionnels progressent de 56% entre février et septembre 2025, confirmant un usage régulier des solutions connectées. Côté éditeurs, 97% des commandes logicielles de la première vague du Ségur, couvrant médecins libéraux, pharmaciens, laboratoires et établissements, sont désormais conformes aux exigences d’interopérabilité. Les premiers déploiements dans les secteurs médico‑social et de l’imagerie marquent le lancement de la deuxième vague.

    Une interopérabilité complète visée à horizon 2026

    Doté d’un financement global de 2 milliards d’euros, le Ségur du numérique en santé vise une modernisation des outils métiers et une amélioration de la cybersécurité. L’année 2026 constituera une étape décisive. L’article 31 du PLFSS 2026 prévoit le basculement vers une logique d’obligation d’usage. L’objectif est d’instaurer le partage numérique des données comme norme professionnelle. Chaque acteur de santé devra pouvoir consulter et alimenter Mon espace santé depuis son logiciel métier, dans un cadre fluide, interopérable et sécurisé.

    Les chantiers prioritaires : simplifier l’accès au DMP, former les professionnels, inclusion numérique …

    Malgré ces résultats, plusieurs priorités structurent la feuille de route à venir. Les travaux portent sur la simplification d’accès au DMP depuis les logiciels métiers, la stabilisation des identités numériques via l’INS, et la fiabilisation des échanges entre systèmes. La formation des utilisateurs reste également un levier essentiel pour encourager la consultation systématique des données. L’inclusion numérique des usagers demeure aussi un enjeu pour garantir l’accessibilité effective de ces services à l’ensemble de la population. Ces chantiers s’inscrivent dans la stratégie nationale portée conjointement par la Délégation au numérique en santé (DNS) et l’Agence du Numérique en Santé (ANS).

    La dynamique collective se poursuit en 2026 autour de quatre chantiers :

    • la deuxième vague du Ségur,
    • la doctrine 2025‑2027,
    • le dispositif Hopen 2
    • et le programme CaRE dédié au renforcement de la cybersécurité.

    L’ANS, cheffe de file de cette transformation, coordonne les acteurs pour garantir une cohérence opérationnelle et une continuité de service. L’ambition commune reste inchangée : assurer à chaque citoyen l’exercice effectif de son droit à la donnée de santé et offrir à chaque professionnel les moyens d’un partage utile au suivi des parcours de soins.

  • Un modèle français en tête : Mistral-medium-3.1 première du classement compar:IA 2024

    183 000 votes enregistrés pour construire un classement descendant

    Lancée en 2024, la plateforme compar:IA vise à évaluer la qualité des réponses produites par les modèles d’intelligence artificielle conversationnelle. Développée par la Direction interministérielle du numérique (DINUM) et le ministère de la Culture, elle repose sur un principe simple : comparer deux IA de manière anonyme et voter pour la réponse jugée la plus pertinente. L’objectif n’est pas de mesurer la performance technique des modèles, mais d’analyser la satisfaction des utilisateurs. L’outil permet ainsi de constituer des jeux de données en français reflétant les usages réels et les préférences subjectives de la population.

    Un modèle statistique (méthode Bradley-Terry ) pour convertir les préférences en score

    Le classement repose sur un modèle statistique de type Bradley-Terry, qui permet de convertir des votes binaires en un score probabiliste de satisfaction. Depuis son ouverture en octobre 2024, 63 modèles d’intelligence artificielle ont été comparés, pour un total de 183 000 votes recueillis. Les données issues de ces évaluations sont ensuite nettoyées et mises à disposition sous forme de jeux de données ouverts, favorisant la recherche publique sur la perception des systèmes conversationnels, notamment dans le contexte linguistique francophone.

    Mistral-medium-3.1, première intelligence artificielle selon les utilisateurs français

    Le modèle mistral-medium-3.1 de la société française Mistral AI arrive en première position du classement établi à partir des retours des utilisateurs. Il devance les modèles gemini‑2.5‑flash et gemini‑2.0‑flash de Google, ainsi que qwen3‑max‑2025‑09‑23 d’Alibaba et deepseek‑v3‑0324 de DeepSeek. Les modèles de sociétés américaines comme OpenAI (gpt‑oss‑120b), Anthropic (claude‑4‑5‑sonnet) ou xAI (grok‑3‑mini‑beta) apparaissent plus bas dans le classement. GPT‑5, modèle d’OpenAI, n’apparaît pas parmi les vingt premiers, illustrant une évolution du paysage concurrentiel entre acteurs nationaux et internationaux.

     

     

    Direction interministérielle du numérique (DINUM). Communiqué de présentation de la plateforme compar:IA, octobre 2024.

    Classement complet 

     

  • Dossier médical électronique : la Chine connecte ses hôpitaux à l’ère du numérique

    • La Chine déploiera en 2025 un dossier médical électronique (DME) national, sécurisé et interopérable, accessible à l’ensemble de ses citoyens.
    • 12 % des adultes chinois souffrent d’une maladie chronique, notamment le diabète, les pathologies cardiovasculaires et les cancers (OMS).
    • 70 % des hôpitaux urbains seront interconnectés via la plateforme nationale de DME d’ici fin 2025 (Université Tsinghua).
    • Les résultats biologiques par exemple et les dossiers hospitaliers seront intégrés automatiquement et mis à jour en temps réel.
    • Une intelligence artificielle analysera en continu les données cliniques pour soutenir la décision médicale.
    • Le système repose sur une infrastructure cloud conforme aux normes chinoises GB/T, garantissant interopérabilité et cybersécurité.

    La Chine déploie un système national sécurisé et interopérable de dossiers médicaux électroniques (DME) qui sera accessible à chaque citoyen en 2025

    12 % d’adultes chinois souffrent de maladies chroniques

    La progression des maladies chroniques impose un suivi intégré et continu. Selon l’OMS, 12 % des adultes chinois sont touchés par des affections telles que le diabète, les pathologies cardiovasculaires et les cancers.

    • Plus de 70 % des patients attendent plus de deux semaines pour consulter un spécialiste ;
    • Les tests biologiques traditionnels et la faible interopérabilité retardent les diagnostics ;
    • Les coûts élevés et la fragmentation des systèmes hospitaliers freinent la continuité des soins.

    70 % des hôpitaux urbains bientôt interconnectés

    Le programme national de dossier médical électronique (DME), coordonné par l’Université Tsinghua et l’Académie d’ingénierie, a pour objectif de moderniser la gestion et le partage des données de santé. Il prévoit la numérisation complète des activités hospitalières, la connexion de 70 % des établissements urbains d’ici 2025 et une meilleure coordination des soins grâce à des échanges de données plus rapides.

    • Numérisation intégrale des activités hospitalières ;
    • Connexion de 70 % des hôpitaux urbains d’ici 2025 ;
    • Amélioration de la coordination et de la rapidité des soins.

     Une plateforme cloud conforme aux normes GB/T

    • Intégration automatique des dossiers hospitaliers et résultats biologiques en temps réel ;
    • Analyse par intelligence artificielle pour soutenir la décision clinique ;
    • Protection renforcée de la confidentialité et traçabilité des échanges.

    Le dossier médical électronique national repose sur une infrastructure cloud sécurisée conforme aux standards chinois GB/T, qui encadrent l’interopérabilité, la cybersécurité et le formatage des données de santé. Le dispositif intègre automatiquement les dossiers hospitaliers et les résultats biologiques en temps réel, mobilise l’intelligence artificielle pour appuyer la décision clinique, et renforce la confidentialité ainsi que la traçabilité des échanges numériques.

    Une couverture nationale d’ici fin 2025

    La généralisation du DME va ouvrir la voie à :

    • La médecine personnalisée et prédictive ;
    • Le dépistage à domicile via objets connectés ;
    • Une coordination renforcée entre prévention, diagnostic et suivi thérapeutique.