Vietnam : 80% de décès liés aux MNT et hausse des hospitalisations depuis 2010
Les maladies non transmissibles au Vietnam, notamment les maladies cardiovasculaires, les cancers, les maladies respiratoires chroniques et le diabète, concentrent près de 80% des décès et représentent un enjeu de santé publique pour un pays à revenu intermédiaire. Cette dynamique s’accompagne d’une augmentation marquée des décès et des hospitalisations liées aux MNT entre 1986 et 2015, avec 318 425 décès et 14 millions de DALY déjà recensés en 2010, ce qui impose une meilleure surveillance clinique et populationnelle.
Cette pression épidémiologique se répercute sur des hôpitaux encore partiellement numérisés, avec des capacités de coordination clinique limitées et un accès inégal aux soins surtout dans les zones rurales qui nécessitent des solutions de télésanté et des systèmes d’information intégrés. La transition épidémiologique vers les maladies chroniques renforce la nécessité de trajectoires de soins continues, soutenues par des dossiers médicaux électroniques, des données interopérables et une gestion informatique robuste pour faciliter le suivi à long terme.
Une stratégie nationale structurée
Le ministère de la Santé vietnamien inscrit la transformation numérique de la santé dans une série de plans nationaux qui visent la complétude du cadre réglementaire et opérationnel des systèmes d’information hospitaliers et des dossiers médicaux électroniques d’ici 2025. Cette stratégie inclut :
- Le déploiement des dossiers médicaux électroniques (DME) et carnets de santé numériques ;
- La création d’« hôpitaux intelligents »
- Un futur centre national de données de santé pour l’agrégation clinique.
Le ministère développe en parallèle un futur centre national de données de santé, avec des infrastructures cibles de niveau Tier 2 ou plus, destiné à agréger les données cliniques issues des hôpitaux, des laboratoires et des dispositifs d’imagerie afin de soutenir la planification,
Un financement hybride
Cette transformation numérique devrait permettre des économies d’environ 80 milliards de VND par an. Le financement repose sur un modèle mixte :
- Le budget de l’État et les ressources de l’assurance maladie ;
- Des partenariats public-privé.
Plusieurs projets sont en cours
- Avec Xenia Tech, intégration des DME et outils d’IA.
• Avec FPT Corporation, entrepôt national de données cliniques et IA déployée dans 300 hôpitaux.
• Avec Vietsens et Aequitas, développement des systèmes d’information hospitalière et solutions IA/Big Data dans 50 établissements.
Les premiers résultats et les limites
100 % des hôpitaux publics utilisent un système d’information hospitalière
- 92,3 % disposent d’un système d’information de laboratoire ;
- 52,6 % sont équipés desolutions intégrant la gestion des examens d’imagerie (RIS)) et l’archivage-partage des images médicale (PACS) pour l’imagerie numérique ;
- plus de 1 100 structures ont adopté les DME.
Les défis persistent : interopérabilité insuffisante, rareté des compétences IT et cadre de sécurité des données encore en consolidation.