Actualité

  • Vietnam : la transformation numérique hospitalière s’accélère

    Vietnam : 80% de décès liés aux MNT et hausse des hospitalisations depuis 2010

    Les maladies non transmissibles au Vietnam, notamment les maladies cardiovasculaires, les cancers, les maladies respiratoires chroniques et le diabète, concentrent près de 80% des décès et représentent un enjeu de santé publique pour un pays à revenu intermédiaire. Cette dynamique s’accompagne d’une augmentation marquée des décès et des hospitalisations liées aux MNT entre 1986 et 2015, avec 318 425 décès et 14 millions de DALY déjà recensés en 2010, ce qui impose une meilleure surveillance clinique et populationnelle.

    Cette pression épidémiologique se répercute sur des hôpitaux encore partiellement numérisés, avec des capacités de coordination clinique limitées et un accès inégal aux soins surtout dans les zones rurales qui nécessitent des solutions de télésanté et des systèmes d’information intégrés. La transition épidémiologique vers les maladies chroniques renforce la nécessité de trajectoires de soins continues, soutenues par des dossiers médicaux électroniques, des données interopérables et une gestion informatique robuste pour faciliter le suivi à long terme.

    Une stratégie nationale structurée

    Le ministère de la Santé vietnamien inscrit la transformation numérique de la santé dans une série de plans nationaux qui visent la complétude du cadre réglementaire et opérationnel des systèmes d’information hospitaliers et des dossiers médicaux électroniques d’ici 2025. Cette stratégie inclut :

    • Le déploiement des dossiers médicaux électroniques (DME) et carnets de santé numériques ;
    • La création d’« hôpitaux intelligents »
    • Un futur centre national de données de santé pour l’agrégation clinique.

    Le ministère développe en parallèle un futur centre national de données de santé, avec des infrastructures cibles de niveau Tier 2 ou plus, destiné à agréger les données cliniques issues des hôpitaux, des laboratoires et des dispositifs d’imagerie afin de soutenir la planification,

    Un financement hybride

    Cette transformation numérique devrait permettre des économies d’environ 80 milliards de VND par an. Le financement repose sur un modèle mixte :

    • Le budget de l’État et les ressources de l’assurance maladie ;
    • Des partenariats public-privé.

    Plusieurs projets sont en cours

    • Avec Xenia Tech, intégration des DME et outils d’IA.
      • Avec FPT Corporation, entrepôt national de données cliniques et IA déployée dans 300 hôpitaux.
      • Avec Vietsens et Aequitas, développement des systèmes d’information hospitalière et solutions IA/Big Data dans 50 établissements.

    Les premiers résultats et les limites

    100 % des hôpitaux publics utilisent un système d’information hospitalière

    • 92,3 % disposent d’un système d’information de laboratoire ;
    • 52,6 % sont équipés desolutions intégrant la gestion des examens d’imagerie (RIS)) et l’archivage-partage des images médicale (PACS) pour l’imagerie numérique ;
    • plus de 1 100 structures ont adopté les DME.

    Les défis persistent : interopérabilité insuffisante, rareté des compétences IT et cadre de sécurité des données encore en consolidation.

     

  • MedTech 2025 : un marché de 170 milliards d’euros, 930 000 emplois et une dynamique numérique en expansion

    Un secteur aux contours technologiques larges

    Les technologies médicales regroupent dispositifs médicaux, diagnostics in vitro et outils numériques mobilisés tout au long du parcours de soins. Plus de 2 millions de technologies sont classées dans plus de 7 000 groupes génériques, utilisées à l’hôpital, en soins de ville ou à domicile. Elles comprennent consommables, implants, équipements d’imagerie, fauteuils roulants, tests génétiques ou applications de santé.

    Réglementation : un encadrement intégral fondé sur le risque

    Le secteur est désormais régi par deux règlements européens :

    • Règlement 2017/746/EU sur les IVD, qui classe les tests en quatre catégories (A à D). Les catégories C et D représentent 30% des solutions, soumises à un contrôle renforcé via les organismes notifiés.
    • Règlement 2017/745 sur les dispositifs médicaux, en vigueur depuis 2021, qui classe les dispositifs en quatre classes (I, IIa, IIb, III) selon leur impact potentiel sur la santé.

    Ce système détermine les obligations pré- et post-commercialisation et la surveillance continue.

    Les dépôts medtech triplent en vingt ans et surpassent pharmacie et biotech

    Les produits affichent un cycle moyen de 18 à 24 mois. Le taux d’investissement mondial en R&D atteint environ 8% du chiffre d’affaires.
    En 2024 :

    • 15 701 demandes de brevets ont été déposées dans le domaine du medtech auprès de l’EPO, soit 7,9% de toutes les demandes.
    • 40,5% proviennent de pays EPO, 38,2% des États-Unis.
    • Le taux de délivrance atteint 70,1%, nettement supérieur à ceux observés en pharmacie (36%) et en biotechnologie (22%).
      Sur vingt ans, les dépôts medtech ont triplé, contrairement aux deux autres secteurs, restés stables.

    Montée en puissance en Europe : 

    Les solutions numériques progressent grâce à la convergence technologique, aux données en vie réelle et aux besoins organisationnels.

    Allemagne

    • 59 DiGA remboursées.
    • Plus d’1 million de prescriptions depuis 2020.
    • 85% d’utilisation et 234 millions d’euros de dépenses d’assurance maladie.
    • Large répartition des solutions par indications.

    France

    • Le financement national de la télésurveillance repose sur 25 codes marque et 50 codes génériques.
    • Le dispositif PECAN couvre trois solutions en oncologie, rééducation et physiothérapie.

    Belgique

    • Lancement officiel du remboursement des solutions m-health en 2025 ; huit solutions prises en charge.

    L’étude souligne qu’un cadre politique stabilisé, la régulation adaptée et l’investissement dans l’innovation conditionnent la poursuite du déploiement numérique.

    930 000 emplois et un tissu majoritairement composé de PME

    Le secteur mobilise plus de 930 000 salariés. Les pays les plus représentés sont :

    • Allemagne : 212 100
    • Italie : 117 607
    • Royaume-Uni : 117 200
    • France : 84 000
    • Suisse : 71 700

    Le secteur représente 0,34% de l’emploi européen et génère une valeur ajoutée estimée à 183 000 € par poste. Le poids des PME (90%), souvent des structures de moins de 50 salariés, caractérise un tissu industriel dense et dispersé.

    Dépenses et poids économique 

    Les dépenses de santé représentent 10% du PIB européen, dont 7,7% pour les technologies médicales, soit moins de 1% du PIB. Les dépenses medtech par habitant atteignent 319 euros en moyenne, avec des écarts de 5% à 12% selon les pays. Les dispositifs médicaux représentent 7,1% de la dépense, les diagnostics in vitro 0,6%.

    Un marché européen de 170 milliards d’euros

    Estimé à 170 milliards d’euros en 2024, le marché medtech européen est le second mondial (26,4% du marché global), derrière les États-Unis.
    Les cinq premiers marchés sont :

    • Allemagne (25,2%)
    • France (12,8%)
    • Royaume-Uni (11,9%)
    • Italie (11,7%)
    • Espagne (6,1%)

    Le marché croît en moyenne de 6% par an depuis dix ans, avec une forte volatilité lors de la crise économique de 2009 et durant la pandémie. Pour le segment IVD, la croissance moyenne est de 4,3% depuis dix ans, avec un pic de 40% en 2021 lié à la COVID-19 avant un retour à un niveau plus habituel.

    Commerce extérieur : un excédent réduit mais positif

    L’Europe affiche un excédent commercial de 5 milliards d’euros en 2024, diminué par une hausse des importations. Principaux partenaires à l’export :

    • États-Unis (41,1%)
    • Chine (10,3%)
    • Japon (5%)
    • Mexique (2,4%)

    À l’import, les États-Unis représentent 46% du marché, suivis de la Chine (14,7%). L’Irlande, l’Allemagne, les Pays-Bas et la Suisse demeurent les pays les plus excédentaires.

    Un écosystème structuré par MedTech Europe

    L’association réunit les industriels du dispositif médical, du diagnostic, de la santé numérique et les associations nationales. Elle produit chaque année ce rapport, fondé sur des données consolidées provenant de l’EPO, Eurostat, Fitch Solutions, EFPIA, OMS et enquêtes internes.

  • Mon Espace Santé, bilans prédictifs, triage par IA : les priorités définies lors de l’atelier AI for Health

    Les participants à l’atelier soulignent la nécessité de passer d’un modèle curatif à une approche fondée sur la prévention personnalisée, permise par l’IA. L’objectif consiste à exploiter des données hétérogènes — imagerie, biologie, génomique, données comportementales issues des objets connectés — afin de modéliser des trajectoires individuelles de santé. Cette stratégie vise à quantifier les risques personnels et à proposer des interventions adaptées avant l’apparition des symptômes. Les exemples internationaux cités lors de l’atelier illustrent cette dynamique :

    • Le NHS britannique déploie des systèmes d’IA pour renforcer le dépistage,
    • L’Allemagne a instauré un cadre de remboursement pour les applications de santé prescrites,
    • Tandis que l’Estonie s’appuie sur un dossier médical unifié pour développer une médecine prédictive nationale.

    Axe 1 — Industrialiser les bilans prédictifs multi-sources

    L’ambition est d’intégrer dans la pratique de routine des analyses avancées interprétées par l’IA.

    • Chaîner les données pour détecter les signaux faibles : Les contributeurs appellent à créer les conditions permettant de relier imagerie, biologie et questionnaires de vie. Les algorithmes doivent faciliter l’identification de signaux précoces et de corrélations difficiles à repérer manuellement.
    • Étendre les usages de la pharmacogénétique : L’analyse pharmacogénétique générale permettrait d’anticiper la réponse d’un individu aux traitements préventifs ou curatifs et d’ajuster les prescriptions.
    • Intégrer génome et épigénome : L’accès à l’analyse du génome actionnable et à l’évaluation de l’épigénome fournirait des informations complémentaires pour évaluer les risques et orienter les plans de prévention.

    Axe 2 — Co-construire des parcours de prévention personnalisés

    Une fois les risques identifiés, l’IA doit devenir un outil d’aide à la décision et de suivi pour structurer des parcours individualisés.

    • Une application ciblée pour les 45-65 ans : Les participants proposent de développer une application permettant d’intégrer un questionnaire de vie et un bilan sanguin, puis de restituer une estimation de risque simplifiée ainsi que des recommandations adaptées.
    • Exploiter le phénotypage digital : Les données passives issues des smartphones et objets connectés — mobilité, voix — pourraient enrichir la modélisation des risques et aider au repérage précoce de maladies neurodégénératives.
    • Labelliser les IA conversationnelles : Face à l’usage croissant des IA génératives par les citoyens, une procédure de labellisation est recommandée pour sécuriser les conseils de prévention délivrés par ces outils.

    Axe 3 — Rééquilibrer, dans les territoiers, l’accès aux soins grâce à l’IA

    Dans les zones sous-denses, l’IA est considérée comme un levier pour optimiser l’orientation et la pertinence des prises en charge.

    • Déployer des outils de triage en première ligne : L’atelier suggère d’équiper les pharmaciens d’applications de télé-expertise intégrant des algorithmes, notamment pour analyser des lésions cutanées avant transmission à un dermatologue.
    • Mobiliser des LLM pour la gestion amont des rendez-vous : Des modèles de langage pourraient qualifier la demande du patient via questionnaire et orienter vers le professionnel adéquat afin d’alléger les cabinets.
    • Standardiser les questionnaires pré-consultation : L’analyse automatisée de questionnaires transmis avant la visite médicale offrirait au praticien une synthèse structurée, accélérant le diagnostic et la consultation.

    Prérequis techniques et éthiques

    Plusieurs conditions sont jugées indispensables par les participants :

    • Interopérabilité et souveraineté : décloisonner Mon Espace Santé, le SNDS et les logiciels hospitaliers, tout en garantissant une maîtrise nationale des infrastructures et des modèles.
    • Validation et transparence : assurer une évaluation clinique rigoureuse des modèles et prévenir les biais.
    • Engagement par la preuve : démontrer au citoyen l’utilité du partage de données, notamment via l’implication des associations de patients.

    Trois chantiers prioritaires identifiés

    • Piloter “Bilan Prédictif 2030” : un projet intégrant pharmacogénétique générale et bilan sanguin interprété par une IA labellisée, ciblant les 45-65 ans, avec évaluation coût-efficacité.
    • Structurer un agrégateur de données dans Mon Espace Santé : définir des standards d’interopérabilité pour intégrer données d’applications, objets connectés et plateformes privées.
    • Créer un cadre de financement pour le triage par IA : soutenir le remboursement des actes réalisés en première ligne, sous condition de validation par la HAS.

    Vers un système de santé préventif et piloté par la donnée

    Les échanges font émerger une ambition commune : déployer une IA maîtrisée afin de passer d’un système centré sur la maladie déclarée à une stratégie d’anticipation. Un second atelier prévu lors de la 8ᵉ édition du Sommet AI for Health, dans le cadre d’Adopt AI les 25-26 novembre, doit préciser le plan d’action.

    Réinventer le système de santé français avec de l’IA prédictive et la prévention personnalisée – Note stratégique AIFH

  • Un nano-agent diagnostique et traite simultanément les micro-caillots cérébraux

    12,2 millions de cas d’AVC par an selon l’OMS

    Des chercheurs de l’Université de Caen Normandie ont mis au point un agent théranostique capable d’identifier les micro-thrombi responsables des séquelles d’AVC tout en les dissolvant. L’accident vasculaire cérébral ischémique demeure la première cause de handicap acquis et la deuxième de mortalité mondiale. Selon l’OMS il :

    • touche 12,2 millions de personnes chaque année ;
    • entraîne 6,5 millions de décès ;
    • reste difficile à diagnostiquer lorsque les micro-caillots sont invisibles en IRM ou scanner.

    Le traitement standard par tPA (tissue plasminogen activator, ou activateur tissulaire du plasminogène), administrable dans une fenêtre de 4 h 30, est réservé à moins de 20 % des patients en raison du risque hémorragique.

    Une stratégie combinant imagerie et thérapie ciblée

    Les chercheurs de l’unité PhIND – Physiopathology and Imaging of Neurological Disorders (Physiopathologie et imagerie des troubles neurologiques) – associant l’Inserm, le CHU et Cyceron, ont développé un nano-agent théranostique baptisé IO@PDA@tPA. Ce composé associe :

    • un cœur d’oxyde de fer visible en IRM ;
    • une coque de polydopamine ciblant les micro-thrombi ;
    • une dose réduite de tPA pour une dissolution contrôlée.

    Étude préclinique : 4 fois moins de tPA

    Testé sur 136 souris modèles d’AVC ischémiques, le nano-agent administré par voie intraveineuse 20 minutes après l’ischémie a permis d’observer :

    • une visualisation directe des micro-thrombi ;
    • une recanalisation vasculaire rapide ;
    • une résorption sans hémorragie intracérébrale.

    Ces résultats, à paraître en janvier 2026 dans Theranostics de janvier 2026, ouvrent la voie à une étude translationnelle vers une homologation CE DIV d’ici 2027.

     

  • Etude : une IA capable d’analyser un frottis mieux qu’un humain (Nature)

    L’examen d’un frottis sanguin au microscope reste un geste essentiel en hématologie : il permet de repérer des signes d’infection, d’anémie ou de dépister des cancers comme les leucémies. Mais cette lecture dépend de l’expérience des spécialistes et du matériel utilisé, ce qui peut entraîner des variations d’un laboratoire à l’autre. Jusqu’ici, la plupart des outils d’IA apprenaient surtout à distinguer des catégories bien définies de cellules. Une approche efficace pour des tâches simples, mais peu adaptée pour repérer des formes vraiment atypiques, pour s’adapter à d’autres microscopes ou pour signaler lorsque le modèle manque d’information. Les chercheurs explorent désormais des méthodes capables de comprendre plus finement l’apparence réelle des cellules.

    Apprendre à quoi ressemblent réellement les cellules sanguines

    Les chercheurs ont donc conçu CytoDiffusion, un modèle d’IA générative capable d’apprendre directement l’apparence des cellules sanguines en produisant lui-même des images très proches de celles observées au microscope. Contrairement aux algorithmes classiques, qui apprennent essentiellement à séparer des catégories prédéfinies, ce modèle apprend à quoi ressemblent réellement les cellules sanguines en générant lui-même des images très proches de celles observées au microscope. Pour l’entraîner, l’équipe s’est appuyé sur un vaste jeu de données constitué à l’hôpital Addenbrooke de Cambridge : plus de 500 000 images de cellules extraites de frottis sanguins, dont un sous-ensemble a été annoté par des hématologues avec un système indiquant également leur niveau de confiance. Plusieurs bases d’images publiques issues d’autres centres ont complété cet ensemble et permis de tester le modèle dans des conditions très différentes (autres microscopes, autres caméras, autres colorations).

    CytoDiffusion a ensuite été comparé à 2 modèles d’IA couramment utilisés en imagerie médicale. Les auteurs ne se sont pas limités à mesurer son taux de réussite : ils ont évalué aussi sa capacité à gérer l’incertitude, à repérer les images vraiment atypiques ou les cellules rares, et à rester performant même quand très peu d’exemples sont disponibles. Il s’est aussi penché sur les images explicatives générées par l’IA, qui montrent très concrètement quelles parties de la cellule ont guidé son verdict.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 19 novembre 2025 dans Nature Machine Intelligence.

    Résultats : très performant pour repérer les cellules anormales rares

    • Les images générées ressemblent énormément aux vraies. Dix hématologues ont tenté de distinguer de vraies images de celles générées par l’IA, parmi 2 880 clichés. Ils n’ont obtenu que 52 % de bonnes réponses — pratiquement le hasard.
    • Pour classer les cellules, l’IA fait aussi bien ou mieux que les modèles actuels. Sur plusieurs jeux d’images, ses performances sont au niveau des meilleurs algorithmes utilisés aujourd’hui. En conditions difficiles, avec très peu d’images en entrée, elle atteint 96 % de précision moyenne, contre 92 % pour les modèles classiques.
    • Le modèle sait indiquer quand il n’est pas sûr. Quand sa confiance baisse, le risque d’erreur augmente effectivement — ce qui n’est pas toujours le cas des autres IA.
    • Il détecte bien mieux les cellules anormales. Exposé à des cellules qu’il n’avait jamais vues (comme les blasts), CytoDiffusion en repère 90 %. Un modèle comparable n’en détecte que 28 %.
    • Il reste fiable même si les images viennent d’un autre microscope. Testé sur des images issues d’autres appareils ou colorations, il conserve jusqu’à 85 % de précision, contre environ 74 % pour un modèle classique.
    • Il montre clairement ce qui a guidé sa décision. Ses cartes explicatives mettent en avant les zones pertinentes de la cellule (noyau, granulations, cytoplasme), ce qui correspond à l’analyse des hématologues.

    Une automatisation utile pour le triage des images

    Un frottis sanguin contient des milliers de cellules — bien trop pour être examinées intégralement par un humain. « On ne peut pas tout regarder, ce n’est pas possible », prévient Simon Deltadahl, premier auteur de l’étude. « Notre modèle peut automatiser ce travail, traiter les cas courants et signaler les cellules inhabituelles à vérifier. »

    Les résultats obtenus montrent qu’en effet CytoDiffusion pourrait devenir un outil de triage : les cas simples, identifiés avec une forte confiance, pourraient être traités rapidement, tandis que les images incertaines ou atypiques seraient confiées à un hématologue. La capacité du modèle à indiquer ses limites est un élément clé pour une collaboration sûre entre IA et spécialistes. « Quand nous avons vérifié sa précision, le système était légèrement meilleur que les humains », explique Simon Deltadahl. « Mais ce qui l’a vraiment distingué, c’est sa capacité à savoir quand il était incertain. Notre modèle ne se trompe jamais en étant sûr de lui — ce qui, parfois, arrive aux humains. »

    La gestion de l’incertitude, un critère majeur

    L’étude plaide également pour un changement de culture dans l’évaluation des IA médicales. Les auteurs écrivent qu’« une évaluation complète des modèles d’imagerie médicale devrait reposer sur plusieurs critères complémentaires », insistant sur la nécessité d’intégrer la robustesse, la gestion de l’incertitude et la détection d’anomalies dans les validations cliniques. À plus long terme, ils imaginent des modèles capables d’explorer plus finement la diversité réelle des cellules sanguines et de contribuer à une IA plus équitable en santé. Leur ambition est d’atteindre « une fidélité, une souplesse et une conscience métacognitive dépassant celles des humains » dans l’analyse des morphologies cellulaires. Reste à voir comment ces performances se traduiront dans les laboratoires, où les conditions d’imagerie et les pratiques varient considérablement.

     

    * Deep generative classification of blood cell morphology.

    Deltadahl, S., Gilbey, J., Van Laer, C. et al.

    Nat Mach Intell (2025). https://doi.org/10.1038/s42256-025-01122-7 https://www.nature.com/articles/s42256-025-01122-7

     

  • Données financières 2022-2024 des Ehpad : une base CNSA pour comparer marges et résultats

    Une exploitation statistique facilitée

    Les résultats sont agrégés et présentés sans données individuelles par territoire (France, régions, départements) par catégorie d’établissement et par statut juridique (public, privé sans but lucratif, privé commercial). La base comporte les données des trois derniers exercices comptables achevés : 2022, 2023 et 2024. Elle est présentée sous trois approches :

    • Ensemble : avec une catégorisation par type d’établissement ;
    • La base établissement : par type de public (PA, PH, PA/PH), par catégorie d’ESMS et par région ;
    • La base dossier : par région ou statut juridique, tous publics et types d’établissements confondus.

    Les données de la base sont exploitées au travers d’une dizaine d’indicateurs financiers, en particulier :

    • Le taux de capacité d’autofinancement (CAF) : capacité d’autofinancement / total des recettes ;
    • Le taux de marge brute d’exploitation (MBE) : excédent brut d’exploitation (EBE) / total des recettes ;
    • Le taux de résultat net : résultat net / total des recettes.

    La restitution s’effectue par tableau statistique et par histogramme. Les résultats statistiques sont présentés autour de la médiane, du premier et du dernier déciles (D1 et D9), du premier quartile Q1 (valeur en-dessous de laquelle se situent 25% des établissements ayant les indicateurs financiers les plus faibles) et du 3ème quartile Q3 (valeur au-dessus de laquelle se situent 25% des établissements ayant les indicateurs les plus élevés).

    Zoom sur la situation financière des Ehpad

    Concernant une catégorie d’établissement, par exemple les Ehpad, les données du portail permettent de les présenter selon différents critères. Cela permet d’illustrer les ressources du portail et les restitutions possibles en fonction des statistiques financières.

    Les situations financières inégales selon le caractère lucratif ou non des Ehpad

    Le taux de MBE, qui est un indicateur de la santé financière, diffère selon le statut juridique : l’extraction de données correspondante qui figure dans le tableau joint établit un taux d’EBE médian pour tous les Ehpad de 2,4% en 2024, mais de 4,3% pour le privé commercial, de 1,9% pour le privé non lucratif et de 1,8% pour le public.

    Ehpad : taux de MBE selon le statut juridique

    Base établissement / Statut juridique
    Année : 2023
    Indicateur : Taux de marge brute d’exploitation
    Type de public : PA
    Statut juridique Nb D1 Q1 Médiane Q3 D9
    Total – Périmètre sélectionné 6548 -8.2 % -2.7 % 2.4 % 6.9 % 11.1 %
    France – Privé commercial 1688 -11.5 % -2.1 % 4.3 % 9.4 % 13.6 %
    France – Privé non lucratif 2217 -7.5 % -2.7 % 1.9 % 6.3 % 10.2 %
    France – Public 2643 -7.5 % -2.8 % 1.8 % 5.8 % 9.7 %
    Privé commercial 1688 -11.5 % -2.1 % 4.3 % 9.4 % 13.6 %
    Privé non lucratif 2217 -7.5 % -2.7 % 1.9 % 6.3 % 10.2 %
    Public 2643 -7.5 % -2.8 % 1.8 % 5.8 % 9.7 %

    Les disparités régionales

    Le même ratio financier de taux de MBE selon les régions fait ressortir une médiane assez uniforme autour de la valeur moyenne de 3,4% ; la dispersion des résultats permet de discerner les situations particulières, comme en Corse ou en Guadeloupe.

    Ehpad : taux de MBE par région

    Base établissement / Région
    Année : 2024
    Indicateur : Taux de marge brute d’exploitation
    Type de public : PA
    Région Nb D1 Q1 Médiane Q3 D9
    France 6144 -7.3 % -1.3 % 3.4 % 8.0 % 11.8 %
    Total – Périmètre sélectionné 6144 -7.3 % -1.3 % 3.4 % 8.0 % 11.8 %
    Auvergne-Rhône-Alpes 819 -7.7 % -1.7 % 2.8 % 7.0 % 10.7 %
    Bourgogne-Franche-Comté 317 -9.3 % -2.1 % 2.9 % 7.1 % 11.5 %
    Bretagne 389 -4.9 % -1.0 % 2.3 % 6.2 % 9.5 %
    Centre-Val-de-Loire 226 -5.5 % 0.1 % 5.9 % 10.6 % 14.8 %
    Collectivité de Corse 27 -25.5 % -6.2 % 2.1 % 5.4 % 13.4 %
    Collectivités d’Outre-Mer 1 NC NC NC NC NC
    Grand-Est 473 -5.9 % -1.2 % 3.8 % 8.1 % 11.6 %
    Guadeloupe 15 -13.6 % -5.0 % 2.8 % 8.9 % 11.3 %
    Hauts-de-France 459 -7.5 % -1.6 % 3.1 % 7.4 % 11.2 %
    Île-de-France 643 -10.8 % -2.3 % 3.9 % 8.8 % 13.0 %
    La Réunion 15 -3.1 % 0.2 % 4.4 % 9.7 % 11.8 %
    Martinique 8 -6.4 % 2.0 % 4.3 % 5.9 % 7.3 %
    Normandie 312 -5.6 % -0.8 % 3.1 % 7.7 % 11.0 %
    Nouvelle-Aquitaine 773 -7.2 % -1.4 % 3.4 % 7.9 % 11.4 %
    Occitanie 683 -4.0 % 0.5 % 4.8 % 8.6 % 11.9 %
    Pays-de-la-Loire 460 -5.8 % -0.1 % 4.3 % 9.1 % 12.3 %
    Provence-Alpes-Côte d’Azur 524 -11.3 % -3.2 % 3.1 % 8.1 % 12.1 %

    Les Ehpad en difficultés

    Les établissements dont le taux de déficit net est supérieur à 3% des recettes sont considérés par la CNSA comme étant en difficultés. En 2024, 30% des Ehpad étaient dans cette situation, en amélioration par rapport à 2023 (33%). Cela apparaît clairement dans le tableau à la lecture du premier quartile, dans lequel 25% des établissements avaient en moyenne un déficit d’au moins 4,6% et 10% d’au moins 10,2% de leurs recettes.

    Ehpad : taux de résultat net 2024

    Base établissement / Région
    Année : 2024
    Indicateur : Taux de résultat net
    Type de public : PA
    Région Nb D1 Q1 Médiane Q3 D9
    France 6144 -10.2 % -4.6 % -0.2 % 3.0 % 7.0 %
    Total – Périmètre sélectionné 6144 -10.2 % -4.6 % -0.2 % 3.0 % 7.0 %
    Auvergne-Rhône-Alpes 819 -9.9 % -4.9 % -0.7 % 2.4 % 6.7 %
    Bourgogne-Franche-Comté 317 -13.2 % -5.8 % -1.4 % 2.0 % 6.7 %
    Bretagne 389 -6.3 % -3.5 % -0.3 % 2.5 % 5.6 %
    Centre-Val-de-Loire 226 -8.3 % -3.4 % 0.0 % 4.4 % 8.2 %
    Collectivité de Corse 27 -23.3 % -9.9 % 0.2 % 4.0 % 8.9 %
    Collectivités d’Outre-Mer 1 NC NC NC NC NC
    Grand-Est 473 -8.4 % -4.7 % -0.3 % 2.9 % 6.0 %
    Guadeloupe 15 -4.6 % -2.2 % 0.1 % 1.9 % 6.4 %
    Hauts-de-France 459 -10.4 % -4.9 % -0.7 % 3.5 % 7.5 %
    Île-de-France 643 -14.6 % -6.2 % -0.3 % 3.4 % 8.3 %
    La Réunion 15 -8.0 % -4.9 % -0.4 % 2.9 % 4.8 %
    Martinique 8 -0.8 % 0.5 % 1.5 % 3.3 % 4.9 %
    Normandie 312 -8.7 % -4.6 % -0.7 % 2.8 % 8.2 %
    Nouvelle-Aquitaine 773 -9.9 % -4.2 % -0.4 % 2.8 % 6.6 %
    Occitanie 683 -7.3 % -2.8 % 0.2 % 3.3 % 6.7 %
    Pays-de-la-Loire 460 -7.8 % -3.8 % 0.0 % 2.3 % 5.5 %
    Provence-Alpes-Côte d’Azur 524 -14.4 % -5.5 % 0.2 % 3.8 % 8.3 %

    La même méthode d’analyse s’applique à toutes les catégories d’établissements ou services médicosociaux.

    Pour aller plus loin :

    CNSA : Situation financière des ESMS :

    https://cnsa-apps.shinyapps.io/Situation_financiere_des_ESMS/

     

  • IA générative : malgré une bonne adoption (56%), 94% se déclarent insatisfaits (baromètre Pulselife)

     67% signalent des erreurs

    Selon le baromètre mené auprès de 608 professionnels de santé de la communauté PulseLife, 56% utilisent une IA généraliste dans leur activité, dont 62% des médecins et 65% dans les déserts médicaux. L’usage est devenu fréquent : 81% y recourent chaque semaine, 23% quotidiennement, 27% dans les zones sous-dotées. Cette adoption reste contrainte. L’enquête montre que 67% des répondants ont déjà obtenu des réponses fausses ou incomplètes et 94% se disent insatisfaits.
    “Les soignants ne sont pas naïfs : ils utilisent les IA génératives comme ChatGPT parce qu’il n’existe pas encore d’alternative clinique fiable”, souligne le Dr Grégoire Pigné, fondateur de PulseLife.

    l’IA générative s’impose faute de mieux

    Les inquiétudes se concentrent sur l’absence de validation scientifique (57%), le manque de cadre légal et éthique (39%), le risque de dépendance (31%) et le manque de transparence (31%). Seuls 19% n’expriment aucune réserve. Les professionnels identifient plusieurs critères prioritaires pour des outils dédiés à la médecine :

    • mise à jour continue et performance éprouvée (68%) ;
    • validation par des experts médicaux (66%) ;
    • transparence des sources et explicabilité (65%) ;
    • conformité RGPD et sécurisation de l’hébergement des données (56%).

    Ils attendent également une intégration fluide dans leurs logiciels métiers et privilégient des solutions européennes, perçues comme plus adaptées aux enjeux de souveraineté et de protection des données.
    “Les professionnels de santé veulent des IA fiables, traçables et souveraines”, insiste le Dr Pigné.

    Un impact croissant sur la relation patient-soignant

    L’essor de l’autodiagnostic ressort nettement : 80% des médecins reçoivent des patients ayant consulté une IA avant leur rendez-vous, et 90% jugent ces autodiagnostics erronés ou incomplets. Les professionnels doivent alors consacrer du temps à expliquer, corriger et rassurer, ce qui peut allonger les consultations et retarder certains diagnostics.

    Méthodologie

    L’enquête a été menée du 15 septembre au 1er octobre 2025 via un questionnaire numérique diffusé auprès de la communauté PulseLife. Elle repose sur un échantillon de 608 professionnels de santé représentatifs de la population médicale française : 54% de médecins, 18% d’infirmiers et IPA, 6% de pharmaciens, 4% d’aides-soignants et 18% d’autres professions. Les questions portaient sur les usages actuels, les réticences, les attentes et les effets de l’autodiagnostic des patients.

  • Santé numérique : un guide 2025, avec 9 outils clés recensés, pour renforcer les usages numériques des soignants en Seine-et-Marne

    Lancement du Guide du Numérique 77 : une actualisation issue des retours de terrain des professionnels

    L’Alliance Santé 77, en collaboration avec le groupement d’intérêt public SESAN, a actualisé le Guide du Numérique en Santé à destination des professionnels de santé de Seine-et-Marne. Cette version révisée sera officiellement présentée lors des 2èmes Rencontres du Numérique en Santé 77, organisées le 27 novembre 2025 à l’Hôpital Forcilles. L’objectif du guide est

    • d’aider les professionnels de santé à mieux repérer les outils numériques disponibles ;
    • comprendre leur utilisation ;
    • et identifier les référents locaux pouvant les accompagner.

    Cette démarche territoriale mise sur la proximité et l’expérience de terrain pour favoriser l’appropriation des outils numériques publics.

    Retour d’expérience et ajustement des contenus pratiques : 9 fiches-outils pour orienter les usages numériques

    Initiée en 2023, la révision du guide s’est appuyée sur des groupes de travail interprofessionnels et sur des entretiens menés avec les soignants et responsables d’établissement. Les contributions de terrain ont permis de relier les besoins des utilisateurs aux dispositifs numériques publics existants. Le processus de co-construction a également permis de valoriser les retours d’expérience des professionnels du territoire. Les thématiques abordées intègrent la cybersécurité, l’identitovigilance, ainsi que les programmes de financement du Ségur du numérique, selon le type de structure.

    Des fiches-outils pour simplifier les usages

    Le Guide 2025 se compose de neuf fiches-outils pratiques, chacune dédiée à un service ou outil numérique. Parmi ces solutions figurent Mon Espace Santé, la MSSanté, le DMP, ViaTrajectoire, Santélien, Maillage 77, DirectProSanté77, le réseau de téléexpertise, ainsi que la plateforme nationale du SAS. Chaque fiche présente l’objectif de l’outil, les conditions d’accès, le fonctionnement et les contacts utiles. Un tableau récapitulatif intitulé « Quel outil pour mon besoin ? » aide les professionnels à identifier la solution la plus adaptée à leur usage. Les référents numériques du territoire sont également listés afin d’assurer un accompagnement de proximité.

    Créée en mars 2020, l’Alliance Santé 77 réunit des professionnels de santé et des acteurs institutionnels du département. Ce collectif, né pendant la crise sanitaire, a progressivement élargi son champ d’action.

    Son objectif est de soutenir la complémentarité des pratiques, de favoriser les projets collaboratifs et d’améliorer la coordination entre ville et hôpital. Les thématiques de travail incluent l’accès aux soins, la qualité, l’innovation et la réduction des inégalités territoriales. Le collectif agit aujourd’hui comme un laboratoire de projets numériques, inspirant pour les autres territoires.

    Accès au guide : le Guide du Numérique en Santé 77  

  • Aides à l’installation des médecins : la Cour des comptes pointe des dispositifs coûteux et inadaptés

    15 dispositifs différents: un système fragmenté et mal compris par les jeunes praticiens

    Sur la base d’une analyse couvrant la période 2016‑2023, la Cour des comptes dresse un bilan négatif des aides à l’installation des médecins libéraux.

    • Quinze dispositifs différents ont été identifiés,
    • répartis entre huit mesures sanitaires (zones d’intervention prioritaire et zones d’action complémentaire)
    • et sept dispositifs fiscaux liés au développement économique, comme les zones France ruralités revitalisation ou les quartiers prioritaires de la politique de la ville.

    Selon les magistrats financiers, cette accumulation engendre “confusion” et “concurrences inopportunes” entre territoires. La diversité des aides rend le système “peu compréhensible et opaque”, en particulier pour les jeunes médecins en début d’installation, dont beaucoup ignorent l’existence ou les conditions d’accès à ces aides.

    205 millions d’euros en 2023 pour 17 000 bénéficiaires

    En 2023, les dépenses publiques et sociales en faveur de l’installation médicale ont atteint environ 205 millions d’euros. Elles concernent près de 15 000 médecins et 2 000 étudiants en médecine. La Cour des comptes relève des effets d’aubaine et un faible impact sur la densité médicale dans les zones sous‑dotées. La moitié des montants concerne les aides en zones sanitaires, l’autre moitié des exonérations fiscales et sociales dans les zones économiques prioritaires. Lorsque ces zonages se superposent, les aides font grimper le coût global d’installation sans accroître le nombre de praticiens. En revanche, lorsqu’ils diffèrent, les dispositifs se neutralisent tout en pesant sur les finances publiques.

    Collectivités : des aides locales importantes mais non évaluées

    Au-delà des financements nationaux, les collectivités territoriales déploient de nombreuses initiatives locales d’attractivité médicale. La Cour des comptes reconnaît ne pas pouvoir en chiffrer le volume global, bien qu’il puisse dépasser les dépenses de l’État. Ces actions, menées indépendamment des dispositifs nationaux, accentuent le morcellement de l’intervention publique, sans garantie d’efficacité.

    Rationalisation et suppression de dispositifs inefficaces

    Pour rationaliser l’action publique, la Cour des comptes propose

    • La création d’un “schéma départemental d’initiatives concertées relatif aux aides à l’installation des médecins”. Ce cadre permettrait d’articuler les interventions de l’État, de la Cnam et des collectivités autour de diagnostics partagés. Une base de données commune des besoins en soins primaires et de l’offre médicale locale renforcerait ce pilotage à l’échelle territoriale.
    • La Cour suggère de distribuer les aides via des appels à manifestation d’intérêt conjoints fondés sur ce schéma et de supprimer certains dispositifs jugés obsolètes, notamment les exonérations fiscales des bénéfices non commerciaux en zones prioritaires et deux mesures issues de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2020.

    Les magistrats rappellent enfin que les aides financières favorisent la densité médicale uniquement dans les contextes d’exercice collectif. Le soutien à la médecine de groupe et aux centres de santé constitue, selon la Cour, une priorité pour rendre ces dépenses réellement efficaces. Les autorités publiques sont ainsi invitées à renforcer les moyens en faveur de l’exercice coordonné pour répondre aux inégalités territoriales d’accès aux soins.

  • PLFSS : les médecins libéraux dénoncent un budget qui fragilise la médecine de ville

    PLFSS : un budget jugé défavorable à la médecine libérale

    L’Union Régionale des Professionnels de Santé – Médecins Libéraux de PACA (URPS ML PACA) alerte sur les effets du Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale actuellement débattu au Sénat. Plusieurs dispositions concernant la médecine libérale, notamment la réduction des tarifs d’actes médicaux en imagerie et en radiothérapie, ont été adoptées à l’Assemblée nationale. Selon Laurent Saccomano, président de l’URPS ML PACA, ces décisions unilatérales de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) rompent un équilibre établi depuis des décennies entre les praticiens et l’Assurance maladie. Pour lui, la recherche d’économies budgétaires ne doit pas reposer sur des baisses d’honoraires ou des mécanismes coercitifs, mais sur la pertinence et la coordination du parcours de soins.

    Des décisions perçues comme contraires aux besoins du terrain

    L’URPS ML PACA estime que ces mesures accentuent un climat d’instabilité pour les médecins libéraux et compromettent leur capacité d’investissement. Le syndicat redoute un impact sur la qualité et l’accessibilité de l’offre de soins dans les territoires. Pour l’organisation régionale, les réformes budgétaires devraient soutenir les initiatives locales d’organisation des soins, plutôt que de pénaliser les praticiens de proximité.

    Coordination, pertinence et innovation au cœur des solutions proposées

    Un appel à des moyens stables pour la médecine libérale

    Pour l’URPS ML PACA, l’avenir du système de santé passe par une meilleure coordination et une organisation renforcée des soins de ville. L’Union rappelle plusieurs initiatives menées dans la région :

    • Collaboration avec les facultés de médecine d’Aix-Marseille et de Nice Côte d’Azur pour former les étudiants au milieu libéral.
    • Plateforme Mon Rempla PACA pour faciliter les remplacements et assurer la continuité des soins.
    • Soutien à l’exercice coordonné via les Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), les Maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) et les projets collectifs.
    • Investissement dans le numérique de santé avec Extelib pour fluidifier les échanges entre médecins et améliorer le suivi des patients.
    • Déploiement de dispositifs de prévention de l’isolement et de l’épuisement professionnel à travers Med’Aide.

    L’Union mène en parallèle des actions de santé publique en lien avec les établissements hospitaliers pour lutter contre des pathologies chroniques et les résistances antimicrobiennes. Elle pilote aussi des projets numériques, dont un serious game d’éducation thérapeutique pour les patients diabétiques, et travaille sur un dispositif d’interprétariat destiné à faciliter l’accès aux soins pour les populations migrantes. L’Union appelle les pouvoirs publics à soutenir la médecine de proximité, à renforcer les moyens plutôt qu’à réduire les rémunérations, afin d’assurer la pérennité de l’offre de soins et la qualité du parcours patient.