- 54 % estiment qu’elle améliore l’efficacité des processus administratifs.
- 46 % déclarent que l’IA les soulage de certaines tâches, notamment :
- 43 % pour la rédaction de comptes rendus,
- 23 % pour l’analyse et l’optimisation des données,
- 23 % pour l’analyse de documents administratifs.
- 92 % constatent un gain de temps grâce à l’IA.
- 88 % notent un gain de confort et de performance.
- 70 % observent une amélioration de la qualité du travail.
- 52 % identifient des freins liés aux enjeux éthiques et de sécurité.
- 42 % expriment des doutes sur la fiabilité des résultats produits par l’IA.
- 43 % estiment que l’IA dégrade la relation soignant-patient, contre seulement 13 % d’avis positifs sur ce point.
Malgré une perception globalement favorable, l’intelligence artificielle reste peu déployée et insuffisamment maîtrisée dans les hôpitaux publics, selon le baromètre. Les résultats suggèrent un besoin d’accompagnement.
66% des agents hospitaliers perçoivent positivement l’arrivée de l’IA à l’hôpital
54% des répondants jugent l’impact de l’IA positif sur l’efficacité administrative en 2025
Le baromètre « IA à l’hôpital » Ifop pour Acteurs Publics et UniHA repose sur un échantillon de 1051 agents hospitaliers interrogés en ligne entre juin et septembre 2025. Il cible des médecins, soignants, cadres, ingénieurs et responsables hospitaliers, exerçant en CHU, centres hospitaliers, établissements médico-sociaux et autres structures. Globalement, 66% des agents déclarent percevoir positivement l’arrivée de l’IA dans leur établissement, avec une proportion qui atteint 69% dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Dans le même temps, 32% des répondants considèrent que l’impact de l’IA sur l’efficacité des processus administratifs est positif, soit 54% en cumul des opinions plutôt et très positives, contre 18% d’avis négatifs. L’IA est également perçue comme un levier de réduction de la charge de travail par 44% des agents, contre 21% d’opinions négatives.
En revanche, les répondants jugent plus défavorablement son impact sur la relation patient–soignant, avec 43% d’avis négatifs contre 13% d’opinions positives, et sur la qualité des soins, qui recueille 26% d’opinions négatives.
43% des agents utilisent l’IA pour la rédaction de comptes rendus en 2025
Les agents hospitaliers citent d’abord des usages liés à l’appui documentaire et administratif. L’IA est utilisée pour la rédaction de comptes rendus par 43% des répondants, pour l’analyse et l’optimisation de données par 23% et pour l’analyse de documents administratifs par 23%.Les usages de l’IA pour la planification, la gestion des ressources et l’optimisation des processus restent plus limités. L’IA est mobilisée pour l’automatisation de tâches administratives, l’aide à la communication entre équipes, l’optimisation des ressources, la planification des plannings ou la gestion de l’accueil, avec des taux de citation compris entre 7% et 23% selon les cas.
Mais 45% des établissements déclarent aucun usage de l’IA en 2025
À l’échelle des établissements, l’IA est principalement adoptée pour l’analyse d’imagerie médicale, citée par 45% des répondants. Viennent ensuite la rédaction de comptes rendus, l’aide au diagnostic, l’analyse et l’optimisation de données ou encore l’analyse de prescriptions, avec des niveaux d’adoption compris entre 10% et 29%. Près de 45% des agents déclarent que leur établissement n’a pour l’instant adopté aucun usage de l’IA. Les usages de l’IA générative restent eux aussi partiels : 12% des agents l’utilisent dans un cadre professionnel avec des outils professionnels, 32% l’utilisent dans un cadre professionnel avec des outils personnels et 25% en font un usage uniquement personnel, tandis que 31% n’y recourent pas.
92% des agents citent le gain de temps comme premier bénéfice de l’IA
Les bénéfices perçus de l’IA se concentrent sur les gains de productivité et de conditions de travail. Les agents citent le gain de temps en premier lieu, avec 92% de citations toutes positions confondues, suivi par le gain de performance et de confort (88%) et par l’amélioration de la qualité du travail (70%).L’IA est également perçue comme un outil de décharge des tâches périphériques. Au total, 46% des agents estiment que l’IA les décharge de certaines tâches non médicales qui ne relèvent pas de leur cœur de métier.
L’impact sur l’efficacité des processus administratifs apparaît globalement positif, avec 54% d’avis favorables contre 18% d’avis défavorables. En revanche, l’amélioration de la relation patient–soignant et de la qualité des soins suscite davantage de réserves, ce qui traduit une attente forte de preuves cliniques et organisationnelles sur les bénéfices de l’IA en pratique de soins.
43 % jugent défavorablement son effet sur la relation soignant-patient, contre seulement 13 % d’avis positifs.
Les freins déclarés portent d’abord sur les enjeux de confiance et de régulation. Les agents citent en premier les enjeux éthiques ou de sécurité, avec 52% de citations, suivis par les doutes sur la fiabilité des résultats fournis par l’IA (42%) et par les lenteurs administratives associées au déploiement (38%). Les difficultés d’appropriation des outils, la crainte de perdre des compétences, la crainte pour l’emploi ou l’incertitude sur les modèles économiques sont également mentionnées, avec des niveaux de citations compris entre 7% et 31%. Les transformations rapides de l’offre et les difficultés de recrutement de profils spécialistes de l’IA apparaissent plus secondaires dans le classement, même si elles restent présentes. Le baromètre met en évidence un déficit de connaissance et de formation. Une majorité d’agents déclare une connaissance limitée de l’IA, 11% se disant « très limitée » et 51% « limitée », tandis que 29% jugent leur connaissance plutôt bonne et 9% très bonne ou parfaite. Seuls 6% des répondants déclarent avoir bénéficié d’une formation à l’IA dans leur établissement, 8% indiquent qu’une formation est prévue et 86% ne sont pas formés ou ne savent pas si une action est programmée.
Un besoin d’accompagnement renforcé pour les usages de l’IA
Les résultats du baromètre soulignent une phase d’adoption sélective de l’IA dans les établissements de santé. La technologie se concentre sur l’imagerie médicale, la rédaction de comptes rendus et l’optimisation de données, avec un déploiement limité dans d’autres champs comme la planification de l’offre de soins, la gestion des parcours ou la surveillance clinique.
Le déficit de formation et de connaissance identifié par l’enquête interroge les politiques de montée en compétences sur l’IA en santé. Les résultats suggèrent un besoin d’accompagnement structuré, associant pédagogie sur les enjeux éthiques et de sécurité, clarification des modèles de gouvernance des données et soutien au choix des solutions, notamment pour les directions des systèmes d’information, de la transformation et de l’innovation.
Ifop. Baromètre IA à l’hôpital : adoption et impact de l’intelligence artificielle dans le secteur hospitalier. Étude Ifop pour Acteurs Publics et UniHA. nov. 2025.