Actualité

  • Santé mentale : reconduction en 2026 et promesse d’actions plus visibles selon Matignon

    La santé mentale restera la grande cause nationale en 2026, a annoncé Matignon le 27 novembre, à l’issue d’une réunion entre le ministre de la santé Sébastien Lecornu, la députée Stéphanie Rist, et l’ancien premier ministre Michel Barnier. Cette reconduction prolonge l’élan initié en janvier 2025, à l’issue d’une première annonce faite par Michel Barnier en septembre 2024.

    Matignon justifie cette décision par la nécessité d’aller plus loin. L’exécutif prévoit :

    • Un renforcement de la coordination interministérielle.
    • Un appui aux familles, aux associations et aux territoires.
    • Ainsi qu’une intégration plus systématique de la santé mentale dans toutes les politiques publiques.

    La seconde phase de cette grande cause devra, selon le gouvernement, se traduire par des actions « plus concrètes et plus visibles » :

    • Valorisation des initiatives locales.
    • Meilleure diffusion des ressources d’aide.
    • Et implication des écoles, entreprises et associations.

    Une volonté politique fragilisée par les changements de ministres

    Cette prolongation intervient une semaine après l’intervention de Michel Barnier devant la commission d’enquête parlementaire sur les défaillances des politiques publiques dans le champ de la santé mentale et du handicap. L’ancien premier ministre avait plaidé pour un prolongement d’un an, en pointant notamment la fréquence élevée des changements ministériels dans le champ de la santé.

    Des critiques persistantes sur l’ambition et les moyens

    Depuis le lancement de la grande cause nationale en 2025, des voix se sont élevées pour dénoncer un rythme d’action insuffisant. Selon le 3e baromètre santé-social de l’AMF et de la Mutualité Française, publié le 20 novembre, les indicateurs stagnent ou régressent deux ans après la précédente édition. Les améliorations sont donc toutes relatives.

    En juin dernier, le gouvernement avait pourtant présenté un plan pour mieux repérer et soigner les troubles psychiques et rendre la psychiatrie publique plus attractive. Toutefois, de nombreux professionnels de santé ont exprimé leur déception face à des mesures jugées incomplètes, tant sur le fond que sur les moyens financiers mobilisés.

  • Assises HU : les CHU gagnent en impact scientifique, mais alertent sur la concurrence internationale et la trajectoire budgétaire jugée intenable

    • Les CHU concentrent 60% des publications médicales françaises et 20% de l’ensemble des publications scientifiques du pays.​
    • Entre 2014 et 2023, ces productions ont augmenté de 20%, avec un indice de citations normalisées (ICN) passé de 1,25 à 1,63.
    • Déficit cumulé des CHU passé de 200 M€ en 2021 à 950 M€ en 2024, jugé intenable.​
    • Absentéisme dans les 32 CHU français à 8,47% fin août 2025, contre 8,55% en 2019.
    • Postes vacants de chefs de clinique-assistants approchent 5% au niveau national.
    • Effectifs hospitalo-universitaires reculent de 3% entre 2019 et 2024, malgré triplement du nombre d’étudiants formés.​

    À l’occasion de la conférence de presse d’ouverture des 19e Assises Nationales Hospitalo-Universitaires, Philippe El Saïr (Conférence des directeurs généraux de CHU), Isabelle Laffont (Conférence des doyens de médecine) et Rémi Salomon (Conférence des présidents de CME-CHU) ont présenté les six grands thèmes structurant cette édition :

    • Stabilité institutionnelle.
    • Recherche et innovation.
    • Attractivité des carrières.
    • Convergence territoriale.
    • Redressement financier et souveraineté sanitaire.

    + 20% publications médicales : une dynamique à préserver malgré la concurrence internationale

    Les CHU concentrent 60 % des publications médicales françaises et 20 % de l’ensemble des publications scientifiques du pays. En neuf ans, entre 2014 et 2023, ces productions ont augmenté de 20 %, avec une progression de leur impact mondial, mesuré par l’indice de citations normalisées (ICN) passé de 1,25 à 1,63. Au-delà des chiffres, les CHU revendiquent une ambition renouvelée en matière de collaboration avec les soins primaires et de valorisation des entrepôts de données de santé. Ils portent le projet SéData, une fédération des entrepôts de données hospitaliers, appuyée par des partenariats industriels, visant à structurer un socle commun d’accès à la donnée. L’objectif : renforcer la recherche, notamment en intelligence artificielle, à partir de données maîtrisées, de qualité, conservées sur le territoire.

    Innovation : le coût des progrès thérapeutiques questionne la soutenabilité

    L’innovation thérapeutique, portée pour partie par les CHU, soulève des inquiétudes quant à son coût. De nombreuses molécules onéreuses, par exemple en oncologie, augmentent fortement les dépenses hospitalières. Cette inflation interroge la soutenabilité du système et la capacité à garantir l’accès à l’innovation sans fragiliser les équilibres budgétaires. Les CHU, engagés dans des partenariats avec des entreprises du médicament et du numérique, demandent une réflexion sur la régulation des coûts, la pertinence des prescriptions et la souveraineté de la production, y compris sur les algorithmes d’IA utilisés en santé. L’appel à une production européenne de certains traitements, comme les CAR-T cells, est réitéré. Des algorithmes aident au diagnostic, à la lecture d’imagerie et à la robotique chirurgicale. L’intelligence artificielle soutient l’enseignement en évaluant les étudiants via des interfaces numériques. Elle analyse des données multiomiques pour une médecine personnalisée. Les CHU développent des partenariats avec des industriels pour l’innovation en médicaments et intelligence artificielle.​ 25% des CHU prennent des participations dans des startups. ​

    3 % de baisse des effectifs hospitalo-universitaires malgré un triplement du nombre d’étudiants

    L’absentéisme dans les 32 CHU français tombe à 8,47% fin août 2025, contre 8,55% en 2019. Le solde entrée-sortie s’améliore pour les infirmières avec un gain net fin août 2025.  La perte d’attractivité du modèle hospitalo-universitaire inquiète les responsables. Le nombre de postes vacants de chefs de clinique-assistants approche les 5 % au niveau national. En parallèle, les effectifs hospitalo-universitaires ont reculé de 3 % entre 2019 et 2024, alors que le nombre d’étudiants formés a triplé sur la période. Ce déséquilibre s’accompagne d’une perte de pouvoir d’achat de 19,6 % sur 30 ans pour les PU-PH et d’un manque de lisibilité des carrières. Les CHU demandent une refonte urgente du statut des jeunes universitaires pour garantir un vivier de futurs enseignants-chercheurs.

    Universitarisation des territoires : une stratégie concertée plutôt qu’une multiplication des structures

    Les responsables insistent ; il ne s’agit pas de multiplier les UFR ou les CHU, mais de territorialiser l’enseignement via des stages de cycle 2 et 3, et d’implanter des enseignants hospitalo-universitaires dans les territoires. Cette dynamique est jugée plus soutenable et cohérente avec l’exigence de qualité académique. Les CHU s’impliquent aussi dans la structuration des parcours de soins territoriaux via les postes partagés et la coordination avec les centres hospitaliers. En revanche, ils attendent un approfondissement de la politique des GHT, jugée inaboutie, ainsi qu’une réforme de la carte hospitalière pour une gradation des soins plus rationnelle.

    Déficit CHU à 950 millions d’euros

    Le déficit cumulé des CHU s’est creusé, passant de 200 M€ en 2021 à 950 M€ en 2024. Les revalorisations salariales du Ségur ont été en partie financées par des mécanismes inadaptés aux CHU, dont seulement 38 % des recettes proviennent de la tarification à l’activité. Un rapport commandé à l’IGAS aurait confirmé cette perte de recettes. La trajectoire budgétaire actuelle est jugée intenable. Les CHU plaident pour une politique active de prévention des pathologies chroniques, responsables de 70 % des dépenses de l’Assurance maladie, et pour une régulation renforcée de l’offre de soins sur les territoires.

    Souveraineté : des pénuries croissantes de médicaments courants

    La multiplication des pénuries de médicaments courants et le poids croissant des traitements très coûteux remettent à l’agenda la question de la souveraineté pharmaceutique. Les CHU plaident pour des capacités de production européennes communes, comme le font déjà certains pays (ex. l’Espagne pour les CAR-T cells). Sur le numérique, la dépendance aux fournisseurs industriels d’IA pose une question de contrôle, de coût et de confidentialité des données. Les CHU veulent promouvoir la création d’algorithmes en interne, à partir de données françaises, dans une logique de souveraineté technique et scientifique. Enfin, en matière de recherche et d’enseignement, la dépendance à des bases de données scientifiques non-européennes (PubMed, Web of Science) et le besoin de coalition entre acteurs européens et francophones sont présentés comme deux chantiers majeurs.

  • ESC 2025 : l’IA au service d’une cardiologie connectée et préventive

    Un smartphone devient stéthoscope

    Présenté lors de l’ESC Digital & AI Summit 2025 à Berlin, le dispositif de Theodor Health transforme un smartphone en stéthoscope intelligent. En quinze secondes, l’application enregistre les sons cardiaques et les analyse par intelligence artificielle, fournissant une interprétation semi-quantitative avec une sensibilité et une spécificité supérieure à 90 % pour les souffles cardiaques. Ce diagnostic mobile permet un dépistage précoce de valvulopathies ou de troubles du rythme, sans matériel dédié. Autre solution connectée : Vox, développée par Noah Labs, utilise un simple enregistrement vocal pour détecter les signes précoces de décompensation d’une insuffisance cardiaque chronique. L’algorithme identifie les variations acoustiques liées à la congestion pulmonaire et génère des alertes cliniques via un score validé. Quatre études observationnelles sont en cours, notamment en lien avec le dispositif CardioMEMS, pour évaluer ses performances dans le télésuivi des patients.

    Deux outils numériques primés à l’ESC 2025 pour une cardiologie proactive

    Côté formation, Epicardio a été récompensée pour sa plateforme Virtual CSP, une application interactive en 3D temps réel pour la simulation de la stimulation du système de conduction. Les utilisateurs peuvent y simuler l’insertion de sondes dans les cavités cardiaques, observer les effets électrophysiologiques sur l’ECG généré, et valider leurs connaissances via des tutoriels intégrés. L’outil vise à faciliter l’apprentissage de la conduction system pacing (CSP), technique en développement pour améliorer la synchronisation ventriculaire. En matière de prévention, le test PocDoc Healthy Heart Check permet aux patients britanniques de réaliser à domicile un auto-prélèvement capillaire, de photographier le test après sept minutes, puis d’obtenir un profil lipidique, un âge cardiaque et une estimation de leur risque cardiovasculaire à dix ans. Disponible en pharmacie pour environ 20 £, ce test vise à fluidifier le dépistage des patients à risque et à soulager les cabinets de médecine générale. Le NHS estime qu’un PocDoc permet d’économiser 20 minutes de consultation médicale.

    L’IA en cardiologie progresse, mais son intégration clinique reste conditionnée

    Les outils présentés à Berlin — stéthoscope intelligent, dépistage vocal, cœur virtuel, auto-test ou chatbot — reposent sur des technologies éprouvées, appliquées à des cas d’usage cliniques. Leur intérêt repose sur leur accessibilité, leur autonomie d’utilisation et leur potentiel d’intégration dans les parcours de soins. Cependant, leur diffusion pose plusieurs enjeux :

    • Validité clinique des algorithmes.
    • Fiabilité des mesures en auto-surveillance.
    • Protection des données de santé.
    • Acceptabilité sociale.

    Plusieurs interventions du congrès ont insisté sur la nécessité d’un encadrement réglementaire, d’une évaluation rigoureuse et d’une formation adaptée des professionnels.

    LLM spécialisés 

    Le congrès a également été l’occasion de présenter l’ESC Chat, un agent conversationnel fondé sur un large modèle de langage (LLM) entraîné spécifiquement sur les recommandations de la Société européenne de cardiologie. L’outil permet un accès instantané et contextualisé aux critères diagnostiques, aux évaluations de risque et aux stratégies thérapeutiques, avec des références directement issues des textes ESC. En parallèle, les discussions ont mis en lumière les défis à relever :

    • Robustesse des modèles.
    • Gestion des biais.
    • Reproductibilité des résultats.
    • Et création d’une relation de confiance entre l’IA, les cliniciens et les patients.

    L’ESC entend accompagner cette évolution par un cadre éthique et scientifique renforcé. Le sommet ESC Digital & AI 2025 confirme l’ancrage de l’IA dans la pratique cardiologique, depuis la prévention jusqu’à la formation. Si les solutions sont prêtes à l’usage ou en cours de validation, leur impact dépendra d’une intégration encadrée et concertée dans les systèmes de santé.

  • Diagnostic digestif : l’analyse d’haleine entre en phase de test en entreprise

    OMED Health et Aviva évaluent au Royaume-Uni une technologie d’analyse du souffle destinée à détecter les déséquilibres du microbiote intestinal. Une approche in vitro non invasive susceptible d’améliorer le diagnostic des troubles digestifs fonctionnels. Les troubles digestifs fonctionnels, dont le syndrome de l’intestin irritable (SII) ou la prolifération bactérienne du grêle, restent peu diagnostiqués en raison de symptômes diffus. Leur impact est pourtant massif :

    • 1 personne sur 8 touchée dans le monde.
    • 17 % des adultes concernés au Royaume-Uni, selon NHS Digestive Health.
    • 2 Md £ de coûts directs annuels pour le SII.

    Une technologie d’analyse d’haleine de nouvelle génération

    Pour affiner le diagnostic, OMED Health — division d’Owlstone Medical et pionnière du Breath Biopsy — développe un dispositif associant :

    • Un analyseur portable mesurant les composés volatils issus du microbiote.
    • Une application mobile intégrant données cliniques et nutritionnelles.
    • Un algorithme corrélant biomarqueurs gazeux et symptômes, afin d’individualiser le suivi.

    Un pilote interne de 6 mois en conditions réelles

    Selon une étude observationnelle conduite auprès de 75 salariés de la compagnie d’assurance Aviva, ce programme de pilote interne s’appuie sur :

    • Un accompagnement personnalisé.
    • Des téléconsultations spécialisées.
    • Un suivi biomédical continu, via le service OMED Health Plans agréé par la Care Quality Commission (CQC), l’autorité indépendante qui régule les services de santé et de soins en Angleterre.

    Vers une validation clinique et organisationnelle

    Les résultats, attendus d’ici la fin de l’année, analyseront :

    • La corrélation entre gaz exhalés et troubles digestifs.
    • La réduction des symptômes rapportés.
    • L’effet sur la qualité de vie et la productivité.

    En cas de succès, OMED Health prévoit une extension européenne et une demande d’homologation CE-DIV. Cette approche de diagnostic in vitro à domicile pourrait s’inscrire dans la stratégie britannique Fit for the Future – 10-Year Health Plan, orientée prévention et santé numérique.

     

  • Etude : un biomarqueur potentiel du stress chronique identifié par IA (Congrès)

    Les surrénales, baromètre biologique du stress

    Le stress chronique est un facteur de risque majeur, mais ses marqueurs biologiques restent difficiles à saisir : les questionnaires sont subjectifs et les mesures de cortisol ne reflètent qu’un instantané. L’IA offre aujourd’hui un levier inédit pour identifier, dans des images médicales déjà disponibles, des signatures morphologiques imperceptibles aux cliniciens. Cette approche d’imagerie opportuniste augmentée par l’IA consiste à réinterpréter des scanners standards afin d’en extraire de nouveaux phénotypes biologiques. L’étude s’inscrit dans cette dynamique en dévoilant un biomarqueur du stress invisible à l’œil humain, mais que l’IA parvient à mesurer automatiquement.

    Les chercheurs ont analysé les données de 2 842 participants de la cohorte MESA, dont les scanners thoraciques ont été réévalués grâce à un modèle d’apprentissage profond capable de détecter, segmenter et mesurer précisément les glandes surrénales. Cette automatisation est déterminante, car ces structures de petite taille sont rarement quantifiées en clinique.

    Un volume surrénalien calculé par IA

    Pour chaque participant, l’algorithme a calculé un volume surrénalien normalisé sous forme d’Adrenal Volume Index (AVI), rapporté à la taille. Cet indicateur a ensuite été comparé à plusieurs mesures indépendantes du stress chronique : questionnaires validés, cortisol salivaire répété et score de charge allostatique, un indicateur global du stress chronique, construit à partir de plusieurs mesures biologiques (pression artérielle, glycémie, inflammation, etc.). Enfin, l’équipe a étudié les liens entre l’AVI et différents paramètres cardiovasculaires, notamment le remodelage du ventricule gauche, l’incidence d’insuffisance cardiaque et la mortalité.

    Résultats : une quantification objective du stress chronique

    • Les participants présentant un stress perçu élevé avaient un AVI significativement supérieur.
    • L’AVI était corrélé au cortisol salivaire, aux scores de stress et à la charge allostatique (corrélations significatives).
    • Chaque augmentation de 1 cm³/m² de l’AVI était associée à un risque accru d’insuffisance cardiaque au suivi.
    • L’AVI constituait un prédicteur indépendant de mortalité toutes causes confondues.
    • Un AVI plus élevé était associé à un index de masse ventriculaire gauche plus important, signe d’un remodelage cardiaque.

    En révélant un biomarqueur invisible à la lecture humaine standard, cette approche illustre le potentiel de l’IA pour enrichir la valeur clinique des images déjà disponibles, sans examen supplémentaire. Ce biomarqueur piloté par l’IA aurait le potentiel d’améliorer la stratification du risque cardiovasculaire et d’orienter les soins préventifs — sans tests supplémentaires ni radiation. À terme, l’AVI pourrait donc être intégré automatiquement dans les workflows d’imagerie pour repérer les individus exposés à un stress chronique délétère, avec un coût marginal minimal.

    Une utilisation en clinique prématurée

    La Dr Elena Ghotbi, première auteure de l’étude et chercheuse postdoctorale en radiologie à Johns Hopkins, insiste sur le fait que leur « modèle d’IA montre que des données d’imagerie largement disponibles peuvent révéler des informations biologiques essentielles, auparavant impossibles à mesurer en routine. » Le Pr Shadpour Demehri, professeur de radiologie et directeur des recherches en imagerie à Johns Hopkins, souligne lui l’enjeu clinique : « Pour la première fois, nous pouvons visualiser le fardeau à long terme du stress dans le corps à partir d’examens que les patients obtiennent déjà quotidiennement. L’IA change ici radicalement ce que la radiologie peut voir. »

    Des validations prospectives, des réplications sur d’autres systèmes d’IA et une harmonisation des protocoles d’analyse des images seront cependant nécessaires avant un déploiement clinique. Mais l’étude montre déjà comment l’IA peut transformer un scanner thoracique courant en outil de phénotypage biologique avancé.

     

    * Quantifying chronic stress and cardiovascular risk via adrenal volume on chest ct: an opportunistic deep learning approach in the mesa

    Roham Hadidchi, Seyedhouman Seyedekrami, Quincy A. Hathaway, M.D., Ph.D., Michael Bancks, Nikhil Subhas, Matthew J. Budoff, M.D., David A. Bluemke, M.D., Ph.D., R. Graham Barr and Joao A.C. Lima, M.D.

    https://www.rsna.org/-/media/files/press/2025/2625/ghotbi-abstract.pdf?rev=d112b4f3efe24ec4adcf51ccdcad4d0b&hash=4D418FAAFEE98CF9E9E15A766691271D

  • 66 % des hospitaliers (publics) perçoivent positivement l’arrivée de l’IA, mais seuls 6 % ont été formés (Baromètre)

    • 54 % estiment qu’elle améliore l’efficacité des processus administratifs.
    • 46 % déclarent que l’IA les soulage de certaines tâches, notamment :
      • 43 % pour la rédaction de comptes rendus,
      • 23 % pour l’analyse et l’optimisation des données,
      • 23 % pour l’analyse de documents administratifs.
    • 92 % constatent un gain de temps grâce à l’IA.
    • 88 % notent un gain de confort et de performance.
    • 70 % observent une amélioration de la qualité du travail.
    • 52 % identifient des freins liés aux enjeux éthiques et de sécurité.
    • 42 % expriment des doutes sur la fiabilité des résultats produits par l’IA.
    • 43 % estiment que l’IA dégrade la relation soignant-patient, contre seulement 13 % d’avis positifs sur ce point.

     

    Malgré une perception globalement favorable, l’intelligence artificielle reste peu déployée et insuffisamment maîtrisée dans les hôpitaux publics, selon le baromètre. Les résultats suggèrent un besoin d’accompagnement.

    66% des agents hospitaliers perçoivent positivement l’arrivée de l’IA à l’hôpital

    54% des répondants jugent l’impact de l’IA positif sur l’efficacité administrative en 2025

    Le baromètre « IA à l’hôpital » Ifop pour Acteurs Publics et UniHA repose sur un échantillon de 1051 agents hospitaliers interrogés en ligne entre juin et septembre 2025. Il cible des médecins, soignants, cadres, ingénieurs et responsables hospitaliers, exerçant en CHU, centres hospitaliers, établissements médico-sociaux et autres structures.​ Globalement, 66% des agents déclarent percevoir positivement l’arrivée de l’IA dans leur établissement, avec une proportion qui atteint 69% dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Dans le même temps, 32% des répondants considèrent que l’impact de l’IA sur l’efficacité des processus administratifs est positif, soit 54% en cumul des opinions plutôt et très positives, contre 18% d’avis négatifs.​ L’IA est également perçue comme un levier de réduction de la charge de travail par 44% des agents, contre 21% d’opinions négatives.

    En revanche, les répondants jugent plus défavorablement son impact sur la relation patient–soignant, avec 43% d’avis négatifs contre 13% d’opinions positives, et sur la qualité des soins, qui recueille 26% d’opinions négatives.

    43% des agents utilisent l’IA pour la rédaction de comptes rendus en 2025

    Les agents hospitaliers citent d’abord des usages liés à l’appui documentaire et administratif. L’IA est utilisée pour la rédaction de comptes rendus par 43% des répondants, pour l’analyse et l’optimisation de données par 23% et pour l’analyse de documents administratifs par 23%.​Les usages de l’IA pour la planification, la gestion des ressources et l’optimisation des processus restent plus limités. L’IA est mobilisée pour l’automatisation de tâches administratives, l’aide à la communication entre équipes, l’optimisation des ressources, la planification des plannings ou la gestion de l’accueil, avec des taux de citation compris entre 7% et 23% selon les cas.​

    Mais 45% des établissements déclarent aucun usage de l’IA en 2025

    À l’échelle des établissements, l’IA est principalement adoptée pour l’analyse d’imagerie médicale, citée par 45% des répondants. Viennent ensuite la rédaction de comptes rendus, l’aide au diagnostic, l’analyse et l’optimisation de données ou encore l’analyse de prescriptions, avec des niveaux d’adoption compris entre 10% et 29%.​ Près de 45% des agents déclarent que leur établissement n’a pour l’instant adopté aucun usage de l’IA. Les usages de l’IA générative restent eux aussi partiels : 12% des agents l’utilisent dans un cadre professionnel avec des outils professionnels, 32% l’utilisent dans un cadre professionnel avec des outils personnels et 25% en font un usage uniquement personnel, tandis que 31% n’y recourent pas.​

    92% des agents citent le gain de temps comme premier bénéfice de l’IA

    Les bénéfices perçus de l’IA se concentrent sur les gains de productivité et de conditions de travail. Les agents citent le gain de temps en premier lieu, avec 92% de citations toutes positions confondues, suivi par le gain de performance et de confort (88%) et par l’amélioration de la qualité du travail (70%).​L’IA est également perçue comme un outil de décharge des tâches périphériques. Au total, 46% des agents estiment que l’IA les décharge de certaines tâches non médicales qui ne relèvent pas de leur cœur de métier. ​

    L’impact sur l’efficacité des processus administratifs apparaît globalement positif, avec 54% d’avis favorables contre 18% d’avis défavorables. En revanche, l’amélioration de la relation patient–soignant et de la qualité des soins suscite davantage de réserves, ce qui traduit une attente forte de preuves cliniques et organisationnelles sur les bénéfices de l’IA en pratique de soins.

    43 % jugent défavorablement son effet sur la relation soignant-patient, contre seulement 13 % d’avis positifs.

    Les freins déclarés portent d’abord sur les enjeux de confiance et de régulation. Les agents citent en premier les enjeux éthiques ou de sécurité, avec 52% de citations, suivis par les doutes sur la fiabilité des résultats fournis par l’IA (42%) et par les lenteurs administratives associées au déploiement (38%).​ Les difficultés d’appropriation des outils, la crainte de perdre des compétences, la crainte pour l’emploi ou l’incertitude sur les modèles économiques sont également mentionnées, avec des niveaux de citations compris entre 7% et 31%. Les transformations rapides de l’offre et les difficultés de recrutement de profils spécialistes de l’IA apparaissent plus secondaires dans le classement, même si elles restent présentes.​ Le baromètre met en évidence un déficit de connaissance et de formation. Une majorité d’agents déclare une connaissance limitée de l’IA, 11% se disant « très limitée » et 51% « limitée », tandis que 29% jugent leur connaissance plutôt bonne et 9% très bonne ou parfaite. Seuls 6% des répondants déclarent avoir bénéficié d’une formation à l’IA dans leur établissement, 8% indiquent qu’une formation est prévue et 86% ne sont pas formés ou ne savent pas si une action est programmée.

    Un besoin d’accompagnement renforcé pour les usages de l’IA

    Les résultats du baromètre soulignent une phase d’adoption sélective de l’IA dans les établissements de santé. La technologie se concentre sur l’imagerie médicale, la rédaction de comptes rendus et l’optimisation de données, avec un déploiement limité dans d’autres champs comme la planification de l’offre de soins, la gestion des parcours ou la surveillance clinique.​

    Le déficit de formation et de connaissance identifié par l’enquête interroge les politiques de montée en compétences sur l’IA en santé. Les résultats suggèrent un besoin d’accompagnement structuré, associant pédagogie sur les enjeux éthiques et de sécurité, clarification des modèles de gouvernance des données et soutien au choix des solutions, notamment pour les directions des systèmes d’information, de la transformation et de l’innovation.

    Ifop. Baromètre IA à l’hôpital : adoption et impact de l’intelligence artificielle dans le secteur hospitalier. Étude Ifop pour Acteurs Publics et UniHA. nov. 2025.

  • Cancer : 85% des professionnels constatent une meilleure coordination ville-hôpital avec AKO@dom-PICTO

    Plus de 2 000 patients suivis : l’expérimentation AKO@dom-PICTO entre en phase de généralisation

    Le Comité technique de l’innovation en santé (CTIS) et le Conseil stratégique de l’innovation en santé (CSIS) ont donné un avis favorable à la généralisation des parcours de soins AKO@dom et PICTO, expérimentés depuis 2022 dans le cadre de l’article 51. Ces dispositifs impliquent les pharmaciens d’officine et les infirmiers libéraux en appui du médecin traitant pour accompagner à domicile les patients sous thérapies orales anticancéreuses ou immunothérapie. Le modèle associe suivi humain personnalisé et coordination en temps réel via une plateforme numérique développée par Continuum+, aujourd’hui intégrée à Cureety. Cette solution permet aux professionnels de santé hospitaliers et de ville d’échanger rapidement autour de l’état du patient, des comptes rendus d’interventions et des ajustements thérapeutiques.

    Portée par un consortium régional, l’expérimentation a été lancée dans 15 établissements du Grand Est. Elle réunit la start-up Continuum+, l’association de patients Patients en réseau, le dispositif régional NEON, les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg et l’URPS Pharmaciens Grand Est. C’est la seule des 156 expérimentations de l’article 51 à être co-portée par une association de patients. Plus de 2 000 patients ont été suivis via ces parcours depuis leur mise en œuvre. Deux modalités ont été proposées :

    • Le parcours PICTO, centré sur le pharmacien d’officine pour les patients autonomes,
    • Et AKO@dom, mobilisant un infirmier à domicile pour les patients plus vulnérables.

    70% de patients maintiennent leur traitement à 6 mois contre 60% dans le groupe témoin

    L’évaluation du dispositif, annexée à l’avis du CTIS, met en évidence des résultats positifs tant sur le plan clinique qu’organisationnel :

    • Observance thérapeutique augmentée : 70 % des patients maintiennent leur traitement au bout de 6 mois, contre 60 % dans le groupe témoin.
    • Réduction des hospitalisations : la durée moyenne d’hospitalisation pour effets indésirables est de 5 jours chez les patients accompagnés, contre 13 jours dans le groupe témoin.
    • Satisfaction des patients : les patients disent se sentir rassurés, écoutés, mieux informés et moins isolés.
    • Appui des professionnels : 85 % estiment que ces parcours améliorent la coordination ville-hôpital. Les pharmaciens sont 95 % à juger qu’ils renforcent leur rôle dans la prise en charge des patients atteints de cancer.

     Cureety centralise les données

    Le suivi repose sur une plateforme, aujourd’hui intégrée à Cureety. Elle met à disposition des oncologues et des infirmiers de coordination une visualisation en temps réel des informations remontées du terrain (visites infirmières, échanges avec les pharmaciens). L’outil renforce la réactivité en cas d’effets indésirables ou de questions des patients. Avec la diffusion des traitements anticancéreux oraux, la surveillance s’effectue désormais hors de l’hôpital, sans structuration initiale du suivi en ville pour accompagner cette évolution. AKO@dom et PICTO visent à combler ce manque en adaptant le suivi à la situation de chaque patient et en reliant les professionnels via un outil partagé. Selon le CTIS, l’expérimentation confirme l’intérêt de parcours différenciés, ajustés aux vulnérabilités des patients et aux caractéristiques des traitements.

    Phase de transition de 18 mois pour étendre les parcours sur tout le territoire

    La décision du CTIS ouvre la voie à une généralisation des parcours sur l’ensemble du territoire, avec un financement pérenne par l’Assurance maladie. Une phase transitoire de 18 mois est prévue pour organiser ce déploiement. Le modèle combinera les enseignements des parcours AKO@dom-PICTO et du projet Onco’Link, centré sur le rôle du pharmacien d’officine.

     

  • L’Hôpital Fondation Rothschild adopte l’assistant médical IA de Tandem Health après un pilote de 1 500 consultations

    L’Hôpital Fondation Rothschild choisit Tandem Health pour alléger la charge administrative des soignants

    À la suite d’un projet pilote mené durant l’été 2025 sur 1 500 consultations dans plusieurs spécialités médicales, l’Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild (HFAR), à Paris, a décidé d’intégrer dans ses services l’assistant médical d’intelligence artificielle développé par Tandem Health. Cette solution est conçue pour générer automatiquement, et en temps réel, les comptes rendus médicaux issus de l’échange entre praticien et patient, sans dictée ni saisie manuelle. Le test, mené dès le mois de juin dans les services de neurochirurgie, neurologie, ORL, cardiologie, CETD et ophtalmologie, a évalué la pertinence de la solution sur des critères quantitatifs comme le volume de comptes rendus produits, le nombre d’utilisateurs, le temps gagné. Et qualitatifs comme la facilité d’adoption, la qualité des documents générés, et l’impact sur le temps médical utile.

    Tandem Health lève 43 M€ pour accélérer son déploiement en France

    Les résultats ont convaincu l’établissement de retenir la solution de Tandem Health. D’après les professionnels impliqués, l’outil permet de consacrer davantage de temps à la relation patient, tout en fournissant à l’issue de la consultation un compte rendu immédiatement disponible. La qualité de la consultation s’en trouve améliorée sans allongement de la durée, les lettres étant prêtes en fin d’entretien. L’hôpital, engagé dans une stratégie d’intégration des technologies numériques, voit dans ce déploiement un levier d’amélioration organisationnelle.

    Présente dans plus de 1 000 établissements européens, la solution de Tandem Health est arrivée en France en 2024. La levée de fonds de 43 millions d’euros réalisée à l’été 2025 vise notamment à soutenir l’expansion de la startup sur le territoire national, avec des recrutements prévus et une stratégie de partenariats hospitaliers renforcée. L’outil, développé en collaboration avec des médecins européens, respecte les exigences réglementaires locales, notamment en matière de RGPD. La startup ambitionne de faire évoluer sa plateforme vers un système d’exploitation clinique fondé sur l’IA, avec pour priorité le marché français dans les mois à venir.

  • Medscape lance une plateforme d’IA médicale fondée sur 400 revues scientifiques

    13 millions de soignants ont accès à la nouvelle IA médicale de Medscape

    Medscape a annoncé le lancement de Medscape AI, un outil d’intelligence artificielle générative à destination des professionnels de santé. Accessible à ses 13 millions d’utilisateurs dans le monde, cette plateforme s’appuie sur des contenus propriétaires, les publications issues de plus de 400 revues scientifiques et des mises à jour médicales quotidiennes. Elle se positionne comme un système de soutien clinique visant à améliorer la précision et la rapidité de la prise de décision médicale. La plateforme a été conçue avec des praticiens pour répondre aux exigences opérationnelles des soignants, avec un accent mis sur trois critères : la fiabilité des sources, l’actualisation en temps réel et la pertinence clinique. Chaque réponse générée est traçable, documentée, et accompagnée de citations provenant uniquement de sources validées. Aucune donnée ouverte ou issue de contenus non vérifiés n’est utilisée. Medscape promet ainsi un outil de « Trusted Medical Intelligence », combinant la rigueur scientifique à l’usage clinique.

    Medscape AI propose des réponses cliniques contextualisées, mises à jour quotidiennement

    Les contenus sont supervisés et actualisés quotidiennement afin d’intégrer les nouveautés issues de l’actualité médicale, les études récemment publiées ou encore les évolutions des recommandations de prise en charge. Ce processus est encadré par des équipes éditoriales internes, renforçant la valeur d’usage au quotidien pour les professionnels. L’outil permet de générer des réponses synthétiques et contextualisées selon la spécialité et le cas clinique rencontré. Il propose une aide au diagnostic différentiel, à l’élaboration d’un schéma thérapeutique ou à la construction d’un plan de prise en charge. L’intégration à l’écosystème Medscape – lecteur d’actualités, outils d’aide à la décision, référentiels – renforce la continuité de l’information. Le CEO d’Internet Brands, maison mère de Medscape, Bob Brisco, insiste sur l’objectif de rationalisation : « Medscape AI débarrasse les professionnels de santé du flot d’informations superflu en synthétisant instantanément les données probantes pour améliorer les résultats patients. »

  • La CNSA publie une feuille de route et lance une enquête pour favoriser l’usage de l’IA

    Pour la CNSA, l’IA peut optimiser le fonctionnement des établissements et services en améliorant le service rendu et les conditions de travail des professionnels. Une feuille de route stratégique 2025-2026 « L’intelligence artificielle au service de la branche autonomie » a été publiée. Elle repose sur 5 piliers:

    • Gagner du temps pour mieux accompagner les personnes en réduisant les tâches chronophages et répétitives ;
    • Accélérer le traitement des demandes par l’automatisation de certaines étapes ;
    • Harmoniser les pratiques territoriales en permettant la standardisation des processus ;
    • Simplifier les démarches avec des interfaces intuitives et des parcours numériques personnalisés;
    • Repérer les non-recours et détecter la fraude.

    Conduite des expérimentations en 2026

    Pour passer à une phase plus opérationnelle du déploiement de l’IA, il est prévu « un plan de 36 actions concrètes d’ici fin 2026 » avec plusieurs étapes :

    • Identifier les cas d’usage les plus prometteurs, afin de repérer les processus pouvant être optimisés ;
    • Former massivement avec l’aide d’un réseau d’ambassadeurs IA, chargés de relayer les bonnes pratiques et de favoriser l’appropriation des outils ;
    • Mobiliser les données de la branche autonomie en respectant les principes du numérique responsable ;
    • Évaluer les expérimentations en vue de nourrir la prochaine convention d’objectifs et de gestion (COG) de la caisse.

    Ce plan d’action qui s’appuiera sur les professionnels de terrain est réparti en trois grandes phases :

    • 2ème semestre 2025 : identifier les cas d’usage intéressants et commencer les formations ;
    • 1er semestre 2026 : lancer des projets pilotes en lien avec les MDPH et les services départementaux ;
    • 2ème semestre 2026 : déployer et pérenniser les cas d’usage les plus prometteurs et préparer la stratégie post-2026.

    La stratégie est portée par une gouvernance structurée, avec une taskforce en interne et un comité de suivi des expérimentations. Chaque semestre, un bilan de déploiement sera publié. Toute la démarche s’appuie sur le référentiel proposé par l’AFNOR, destiné à limiter l’impact environnemental en adoptant les bonnes pratiques recommandées.

    Une enquête nationale sur les solutions IA existantes

    En appui à cette feuille de route, la CNSA a demandé à France Silver Eco, l’association qui pilote la filière de la Silver économie, de réaliser une enquête sur les pratiques existantes. Dans ce but cette association et le groupe de travail constitué de Silver Valley, Future4care et de l’agence Sweet Home lancent un questionnaire auprès des acteurs pour recenser les bonnes pratiques. L’objectif est de disposer d’une cartographie des solutions IA existantes et émergentes dans la branche.