Actualité

  • La FDA déploie une IA agentique pour automatiser les tâches complexes de ses agents

    La Food and Drug Administration (FDA) a annoncé, le 1er décembre 2025, le déploiement généralisé de capacités d’intelligence artificielle dites agentiques à l’ensemble de ses agents. Ce type d’IA, capable de planifier, raisonner et exécuter des tâches en plusieurs étapes, permettra aux équipes d’automatiser des processus complexes. Conçue pour être utilisée de manière volontaire, cette technologie s’inscrit dans la stratégie de modernisation numérique de l’agence, selon les mots de son commissaire, le Dr Marty Makary. Elle vise à fournir aux scientifiques, examinateurs et inspecteurs les outils pour « accélérer davantage l’accès à des traitements efficaces ».

    Un prolongement du projet Elsa

    Ce nouveau déploiement fait suite à l’introduction en mai 2025 d’un outil basé sur des modèles de langage de grande taille (LLM), appelé Elsa, utilisé aujourd’hui par plus de 70 % du personnel de la FDA. Intégré progressivement dans les flux de travail, Elsa a fait l’objet d’ajustements menés par les équipes projets internes. Avec l’IA agentique, la FDA ambitionne d’aller plus loin :

    • Automatisation de la gestion des réunions,
    • Appui aux examens pré- et post-commercialisation,
    • Vérification des revues,
    • Surveillance du marché,
    • Inspections de conformité,
    • Mais aussi fonctions administratives.

    Un défi interne pour encourager l’adoption

    Pour accompagner cette mise en service, l’agence lance un « Agentic AI Challenge » de deux mois. Les employés seront invités à concevoir leurs propres solutions à base d’IA agentique, qui seront ensuite présentées lors de la FDA Scientific Computing Day en janvier 2026. L’agence insiste sur le rôle actif et créatif des employés dans l’adoption de ces outils Développée dans un environnement GovCloud à haute sécurité, cette technologie respecte des règles strictes : les modèles déployés ne sont pas entraînés sur les données saisies ni sur celles transmises par les industriels. La protection des données sensibles reste un impératif pour l’agence.

  • L’émergence de plateformes numériques pour améliorer le suivi clinique des seniors en Asie

    Doublement de soixantenaires d’ici 2050

    Des équipes universitaires développent des plateformes numériques intégrant capteurs, applications mHealth et IA pour améliorer le suivi des seniors à domicile, prévenir les chutes et mieux gérer les maladies chroniques. Le vieillissement démographique s’accélère en Asie : la proportion de personnes de plus de 60 ans pourrait doubler d’ici 2050 selon l’OMS. Les maladies chroniques, la fragilité et les risques de chutes augmentent, alors que les systèmes de soins, souvent sous tension, peinent à répondre à la demande. Les méthodes classiques (consultations, appels, visites à domicile) présentent des limites :

    • Délais de suivi.
    • Coûts élevés.
    • Hétérogénéité des pratiques.
    • Faible continuité des données.

    Une combinaison de capteurs portables, d’applications mHealth et d’algorithmes IA

    Des équipes universitaires en Chine, au Japon, en Corée du Sud et à Singapour, reconnues pour leur expertise en télésanté, développent des plateformes numériques intégrant des technologies telles que :

    • Dispositifs de monitoring en temps réel.
    • Capteurs portables pour la détection automatisée des chutes.
    • Systèmes IoT et applications mHealth.
    • Algorithmes d’apprentissage automatique et réseaux neuronaux pour le suivi des paramètres physiologiques et l’identification des mouvements à risque.

    Des solutions numériques qui transforment le quotidien des seniors

    Une revue bibliométrique portant sur 649 articles publiée dans Journal of Medical Internet Research confirme l’efficacité tangible des dispositifs connectés :

    • Détection des chutes avec une précision remarquable (F-score 90–95 %).
    • Amélioration concrète de la qualité de vie grâce au suivi à distance, à des programmes d’exercices supervisés par capteurs et à l’auto-gestion des maladies chroniques.

     

  • Soins à domicile : refonder l’HAD pour changer d’échelle et renforcer un modèle déjà bien plébiscité

    • L’Hospitalisation à Domicile et les Services de Soins Infirmiers à Domicile sont les deux dispositifs majeurs de soins à domicile, mis en place sur prescription médicale.
    • En 2023, l’HAD a enregistré une croissance de 8,4 %, atteignant 297 700 séjours pour 168 000 patients.
    • La durée moyenne d’un séjour en HAD est de 25 jours, avec des écarts importants selon le type d’établissement (13,1 jours dans le public, 17,7 jours dans le privé).
    • Les personnes de plus de 60 ans, notamment celles nécessitant des soins palliatifs ou des pansements complexes, constituent la majorité des bénéficiaires de l’HAD.
    • Un algorithme d’orientation développé par la HAS est disponible via une application mobile pour aider les médecins à identifier les situations relevant de l’HAD.
    • 93 % des patients pris en charge à domicile se déclarent satisfaits des soins reçus.
    • Malgré cette satisfaction, un quart des patients rencontrent des difficultés d’accès aux professionnels, et 11 % ont dû renoncer à des soins à domicile.
    • La feuille de route 2021-2026 vise à transformer l’HAD à travers sept axes, incluant l’intégration territoriale, la qualité des soins, et le développement de la e-santé.
    • Une coordination interprofessionnelle solide est indispensable entre les médecins, les structures HAD, les SSIAD, les hôpitaux, les ARS et les réseaux de santé.
    • Depuis 2016, des stages de trois jours en HAD sont proposés aux internes pour les sensibiliser à cette modalité de soins intégrée.
    • Le déploiement de l’intelligence artificielle dans l’HAD permet de limiter les erreurs, d’optimiser les tournées de soins et de surveiller les patients à distance de manière prédictive.
    • L’efficacité clinique de l’IA est démontrée, avec une réduction de 20 à 30 % des hospitalisations, une amélioration des réhabilitations post-AVC et une baisse des erreurs médicamenteuses.

    Une alternative à l’hospitalisation complète

    Les soins à domicile englobent l’ensemble des prestations réalisées au domicile d’un patient par des professionnels de santé (infirmiers, aides-soignants, ergothérapeutes, podologues, etc.). Ils sont destinés à toute personne, quel que soit son âge, nécessitant des soins médicaux quotidiens. Deux dispositifs principaux sont mobilisables, sur prescription médicale :

    L’hospitalisation à domicile permet d’éviter ou de raccourcir un séjour à l’hôpital. La mise en place de l’HAD repose sur un projet thérapeutique élaboré par un médecin coordonnateur, en lien avec une équipe pluridisciplinaire. Elle s’applique notamment aux soins post-opératoires, aux pansements complexes, aux suites de chimiothérapie, à la surveillance de grossesses à risque ou encore à l’accompagnement en fin de vie. L’organisation logistique (ressources humaines et matérielles) est assurée par la structure d’HAD, qui coordonne également les intervenants extérieurs. Les services de soins infirmiers à domicile (SSIAD) visent le maintien à domicile de patients qui nécessitent des soins infirmiers. Ces derniers sont assurés par des infirmiers et aides-soignants, avec l’appui possible d’autres professionnels.

    Qu’il s’agisse de l’HAD ou d’un SSIAD, la mise en place des soins à domicile repose obligatoirement sur une prescription médicale.

    297 700 séjours d’HAD réalisés en 2023, en hausse de 8,4 % par rapport à 2022

    En 2023, l’hospitalisation à domicile a concerné 168 000 patients pour 297 700 séjours, en hausse de 8,4 % par rapport à 2022 selon la Drees. Depuis 2017, le nombre de patients a progressé de 45 %. La durée moyenne d’un séjour est de 25 jours. La capacité d’accueil simultanée atteint 24 100 patients (+4,1 %), répartis dans 293 établissements autorisés. L’HAD représente désormais 7,7 % des capacités d’hospitalisation complète de court et moyen séjour en France. Le secteur associatif à but non lucratif concentre près de la moitié des capacités (49,3 %), des séjours (45,7 %) et des journées (48,7 %), avec une durée moyenne de séjour de 17,5 jours. Les établissements publics assurent 22,1 % des capacités et les structures privées lucratives, 21,1 %. La durée moyenne des séjours varie de 13,1 jours dans le public à 17,7 jours dans le privé lucratif, pour une moyenne nationale de 15,8 jours.

    Les plus de 80 ans représentent le principal groupe de patients (56 000). Les soins palliatifs et les pansements complexes constituent les premières indications, avec respectivement 2,3 et 2,2 millions de journées. Suivent les soins de nursing lourds (782 000), la gestion de la douleur (705 000) et l’assistance respiratoire (681 000). Enfin, l’HAD en EHPAD reste une modalité importante avec 26 000 patients et 705 000 journées, contre 900 patients hors EHPAD. L’offre HAD reste toutefois hétérogène selon les territoires, avec une densité plus élevée en Guadeloupe, Guyane et Corse, et plus faible en Normandie et Pays de la Loire.

    @Health & Tech Intelligence

    SSIAD : 3,3 milliards d’euros dépensés en 2023, en hausse de 3,8 %

    La croissance se poursuit, portée par le vieillissement et le virage ambulatoire

    En 2023, les soins infirmiers à domicile poursuivent leur progression, atteignant 3,336 milliards d’euros, soit une hausse de 3,8 % sur un an. Cette croissance s’inscrit dans une tendance liée au vieillissement de la population et à l’orientation vers le maintien à domicile des personnes dépendantes. Les services de soins infirmiers à domicile concentrent l’essentiel de ces dépenses, avec 2,165 milliards d’euros. Parallèlement, les soins liés à la dépendance peuvent impliquer un reste à charge pour les ménages. Des réformes conventionnelles, comme les avenants n°6 et n°10, ont introduit de nouveaux actes et revalorisé la prise en charge à domicile, notamment via le soutien à la formation des infirmiers en pratique avancée.

    93 % de satisfaction pour les soins à domicile, mais un quart des patients peinent à accéder aux professionnels

    Selon une enquête BVA/Xsight pour France Assos Santé menée fin 2024 auprès de 500 personnes, 93 % des patients pris en charge à domicile se disent satisfaits des soins reçus, avec un sentiment de sécurité partagé par une large majorité. Le respect de la dignité (92 %) et la clarté des informations transmises (91 %) figurent également parmi les points positivement évalués. Ces résultats couvrent les deux principaux types de prise en charge à domicile : d’une part les soins post-hospitalisation, souvent liés à un parcours ambulatoire, et d’autre part les suivis de longue durée dans le cadre de pathologies chroniques, du vieillissement ou du handicap. L’accompagnement non médical (aide-ménagère, auxiliaire de vie) est également bien perçu.

    Un patient sur dix a renoncé à des soins à domicile faute de professionnels disponibles

    En dépit de ces résultats, un quart des patients en suivi de longue durée et 19 % des patients en post-hospitalisation déclarent avoir rencontré des difficultés d’accès aux professionnels de santé ou aux aides à domicile. Ces obstacles concernent principalement les infirmiers, médecins et personnels d’accompagnement. Plus préoccupant, 11 % des personnes interrogées ont dû renoncer à des soins à domicile, en raison d’un manque de disponibilité des intervenants, ou dans une moindre mesure, pour des raisons financières. Les personnes vivant seules et celles en perte d’autonomie signalent plus fréquemment une expérience complexe ou insatisfaisante.

    Des proches aidants sous pression

    L’enquête met également en lumière la situation des proches aidants : 70 % d’entre eux rapportent des impacts négatifs liés à la prise en charge à domicile, notamment en termes de charge organisationnelle et de complexité administrative.

    @Health & Tech Intelligence

    Une demande qui augmente : en 2024, la baisse des lits hospitaliers ralentit, mais l’hospitalisation à domicile bondit

    L’HAD et les soins à domicile en France devraient augmenter dans les années à venir, portés par une demande croissante liée au vieillissement démographique et aux préférences des patients.

    Le recul du nombre de lits ralentit (-0,5 %), tandis que les prises en charge alternatives poursuivent leur croissance, notamment l’hospitalisation à domicile, selon les résultats de la base administrative de la statistique annuelle des établissements de santé (SAE) publiés par la Drees. L’HAD enregistre une croissance de +5,5 %, après +4,1 % en 2023. Elle permet désormais la prise en charge simultanée de 25 400 patients, soit une part de 8,1 % des capacités hospitalières en court et moyen séjour, hors psychiatrie – contre seulement 2,1 % en 2006. L’HAD anticipe une augmentation.

    Facteurs de croissance future

    • Vieillissement de la population : Les personnes de 85 ans et plus passeront de 1,4 million à 5 millions d’ici 2060, augmentant les besoins en soins à domicile pour la dépendance et les pathologies chroniques.
    • Pression hospitalière : 71% des Français jugent les soins à domicile plus confortables, 92% des plus de 50 ans les voyant comme un atout face à la saturation des lits.
    • Politiques et innovations : Réformes comme le virage ambulatoire.

    Le ministère trace la feuille de route 2021-2026 pour transformer l’offre de soins à domicile

    Une croissance de 16,1 % en un an : l’HAD s’est fortement développée en 2020, portée par la crise sanitaire, mais demeure inégalement répartie et encore peu intégrée aux parcours territoriaux.

    Face aux limites structurelles de l’hospitalisation conventionnelle et à l’aspiration croissante des patients à être pris en charge à domicile, la feuille de route 2021-2026 publiée par le ministère des Solidarités et de la Santé propose un plan de transformation de l’HAD, articulé autour de sept axes. L’objectif : intégrer l’HAD comme une solution à part entière dans l’offre de soins, y compris pour les cas complexes, en s’appuyant sur l’innovation organisationnelle et numérique. L’activité est marquée par une forte disparité régionale, avec des taux allant de 19,7 à 33,5 patients pris en charge par jour pour 100 000 habitants en métropole. Outre-mer, ces chiffres sont même plus élevés.

    Sept axes pour structurer le développement de l’HAD

    La feuille de route identifie sept priorités :

    • Mieux faire connaître l’HAD auprès des prescripteurs, du public et des professionnels en formation (actions de sensibilisation, intégration dans les formations médicales et paramédicales, reconnaissance des métiers spécifiques à l’HAD).
    • Renforcer l’intégration territoriale, via des coopérations avec les établissements hospitaliers, les soins de ville et les structures médico-sociales. L’inclusion dans les projets médicaux de territoire devient un levier.
    • Développer l’articulation avec le secteur social et médico-social, en particulier pour les personnes âgées, en situation de handicap ou de précarité. Des conventions spécifiques avec les EHPADs, ESSMS et SSIAD/SPASAD sont encouragées.
    • Améliorer la qualité et la sécurité des soins, avec des mesures sur le circuit du médicament, la certification HAS, les indicateurs qualité et le déploiement du programme e-Satis.
    • Faire de la e-santé un levier d’expansion, en soutenant l’interopérabilité des outils, la télésanté et l’accès à l’expertise médicale à distance.
    • Inclure davantage les patients et les aidants, par l’information, la formation, le soutien et l’intégration de leur expertise dans les parcours.
    • Soutenir la recherche et l’innovation, notamment via le développement de prises en charge innovantes et la participation des HAD aux projets de recherche organisationnelle ou clinique.

    Un rôle renforcé pendant la crise sanitaire

    La crise du COVID-19 a révélé l’agilité de l’HAD, qui a permis d’alléger la pression sur les hôpitaux, notamment dans les régions les plus touchées. En 2020, l’activité a augmenté de 16,1 %, dont +124,9 % pour les soins regroupés sous « autres traitements » (incluant les cas Covid), +228 % pour les transfusions et +19,6 % pour la chimiothérapie. Le rôle d’appui de l’HAD aux EHPAD a également été formalisé par le Ségur de la santé (mesure 28), avec des financements dédiés.

    Un virage numérique en cours d’accélération

    Déjà engagées dans l’informatisation de leurs dossiers patients, les structures d’HAD doivent désormais renforcer leur interconnexion avec les systèmes de santé numérique (HOP’EN, SUN-ES), participer à l’e-prescription et généraliser l’usage de la télémédecine et de la télésurveillance. L’objectif est aussi d’encourager l’adoption d’outils connectés pour améliorer le suivi à domicile.

    L’HAD monte en charge, les SSIAD amorcent leur transformation

    L’HAD fait face à plusieurs enjeux pour accompagner son developpement. Soutenue par la feuille de route 2021-2026, son développement territorial s’accélère, avec une démocratisation du “réflexe HAD” dans les EHPAD et les territoires. L’attractivité des métiers reste un défi face à la concurrence hospitalière et libérale, et nécessite des actions ciblées (stages, communication) et une gouvernance dédiée. L’intégration dans l’organisation des soins est également essentielle : en période de tension hospitalière, l’HAD doit pouvoir s’activer rapidement (évaluation à 48 h), avec une coordination efficace entre ville, hôpital, GHT et pharmacies. Les priorités incluent aussi la qualité et la sécurité des prises en charge, l’innovation numérique (accès au dossier patient, télésuivi), et la réduction des inégalités d’accès.

    La réforme des SSIAD vise une meilleure coordination entre aide et soins (fusions SAAD/SPASAD) et prévoit la création de 25 000 places supplémentaires. Le modèle de financement doit être adapté aux besoins croissants, en particulier pour les publics les plus dépendants (GIR bas), tout en limitant le recours aux IDE libérales par un forfait journalier mieux calibré. Les tensions sur les ressources humaines appellent un accompagnement renforcé des équipes et une meilleure coordination gérontologique. Le maintien à domicile reste l’objectif central, via des soins de base, des actions de prévention et une évaluation continue des besoins. Enfin, le lien avec l’HAD doit être consolidé, via des coopérations renforcées, des systèmes d’information partagés et des indicateurs pour suivre l’impact sur les usagers et les aidants.

    Cas d’usage : l’IA réduit les erreurs, optimise les tournées et prévient les hospitalisations

    Jusqu’à 30 % de gain de productivité selon les retours terrain

    Les outils numériques améliorent l’organisation des soins à domicile, facilitent la coordination interprofessionnelle et apportent un suivi plus réactif aux patients. Grâce à l’IA, les soignants peuvent, avant même d’entrer chez un patient, accéder à des informations, planifier les tâches à réaliser, enregistrer des observations ou encore obtenir des recommandations contextuelles sur les actes à effectuer. Ces fonctions s’étendent aussi aux bureaux des coordinateurs de soins, où l’IA permet d’optimiser les plans d’intervention. La numérisation des parcours de soins à domicile permet de structurer les politiques de prévention sur des bases plus solides. En automatisant les dimensions administratives, les professionnels pourraient concentrer leur expertise sur la relation soignant-patient et les actes médicaux.

    • Surveillance à distance : Les systèmes d’IA analysent les données des objets connectés pour détecter les anomalies vitales en temps réel. Des alertes automatiques informent les soignants en cas de chute ou d’arythmie cardiaque. Cette approche prévient les hospitalisations inutiles chez les patients âgés.
    • Gestion des médicaments : L’IA vérifie les interactions médicamenteuses et rappelle les prises via des applications vocales ou des boîtiers intelligents. Des algorithmes ajustent les dosages selon les paramètres physiologiques monitorés. Les erreurs de prescription diminuent de 20 à 30% dans les déploiements observés.
    • Planification des tournées : Des plateformes comme AntsRoute intègrent l’IA pour optimiser les itinéraires en fonction de l’urgence et des compétences des soignants. Les plannings s’ajustent dynamiquement aux imprévus. Les gains de productivité atteignent 15 à 30%, selon les retours de professionnels.
    • Suivi prédictif : L’IA prédit les risques de décompensation via l’analyse de données multimodales, incluant historique médical et habitudes quotidiennes. Des modèles identifient les biomarqueurs pour des trajectoires de soins personnalisées. Cette méthode renforce la continuité entre domicile et hôpital.
    • Coordination interprofessionnelle : Les assistants virtuels facilitent les échanges via des dossiers partagés mis à jour par IA. La téléconsultation assistée analyse les symptômes pour orienter les décisions.

    Une réduction de 30 % des hospitalisations et des enjeux éthiques (revue de la littérature)

    Basée sur 186 publications de 1994 à 2025, la revue de la littérature révèle que l’IA appliquée au domicile améliore la réhabilitation post-AVC, réduit les hospitalisations chez les seniors et interroge les pratiques en matière de consentement et d’équité.

    Trois scénarios d’application dominants

    Les usages de l’IA identifiés dans les études se concentrent sur le monitoring passif, la réhabilitation et la prédiction de risques médicaux.

    • Monitoring à domicile : Lazarou et al. (2016) ainsi qu’Alwan (2009) décrivent des systèmes intelligents pour la détection de troubles cognitifs chez les personnes âgées, grâce à des capteurs passifs installés au domicile.
    • Réhabilitation : Chae et al. (2020) démontrent l’efficacité d’un dispositif associant montre connectée et plateforme web dans la récupération motrice post-AVC. Raccagni et al. (2024) étudient des protocoles spécifiques à la maladie de Parkinson.
    • Prédiction de risques : Belmin et al. (2022) et Levine et al. (2024) montrent que des outils prédictifs basés sur l’IA permettent de réduire les visites aux urgences et d’augmenter la précision diagnostique, notamment via des modèles comme GPT-3.

    Un quart des études sont centrées sur les personnes âgées et les patients atteints de maladies chroniques, ce qui confirme l’orientation de ces solutions vers une personnalisation des soins à domicile.

    Efficacité clinique et impact sur les hospitalisations

    Les résultats cliniques rapportés font état de bénéfices mesurables :

    • Réduction des hospitalisations : selon Belmin (2022) et Havreng-Thry (2025), l’utilisation d’IA prédictive a permis une baisse de 20 à 30 % des hospitalisations chez les seniors.
    • Réhabilitation : les études montrent des améliorations significatives des fonctions motrices supérieures chez les survivants d’AVC, comme le souligne Chae et al. (2020) dans une étude prospective.
    • Hospitalisation à domicile : une méta-analyse menée par Lin et al. (2024) démontre que les sorties précoces vers le domicile avec suivi intelligent sont aussi efficaces que les soins hospitaliers classiques.
    • Acceptabilité et engagement : Zhao et al. (2025) relèvent une perception d’utilité des robots sociaux auprès des personnes âgées vivant à domicile.
    • Performance des modèles : Levine (2024) confirme la haute performance de GPT-3 en triage et diagnostic médical, contribuant à sécuriser les interventions à distance.

    Plus de la moitié des études incluses dans la synthèse ont été publiées après 2020, ce qui témoigne d’une accélération des travaux validant les bénéfices des solutions IA en homecare. La synthèse fait également ressortir des points de vigilance éthiques et contextuels.

    • Respect de la vie privée : Hine et al. (2022) insistent sur les implications du monitoring intelligent pour les patients atteints de démence, notamment autour du consentement éclairé.
    • Barrières sociales et culturelles : Chung et al. (2016) soulignent que l’introduction de technologies en milieu domestique se heurte à des réticences culturelles, tandis que Papadopoulos et al. (2020) identifient des obstacles à l’adoption des robots humanoïdes.
    • Inégalités structurelles : des écarts apparaissent selon les contextes nationaux. Cingolani (2023) en Italie et Asonganyi (2025) au Cameroun évoquent des contraintes liées aux infrastructures, contrairement aux avancées technologiques signalées en Chine (Yang, 2022 ; Cheng, 2024). Une étude de Yang et al. (2022) a d’ailleurs été rétractée, illustrant la nécessité de rigueur dans la validation des données.

    Les applications de l’intelligence artificielle en soins à domicile montrent des effets cliniques tangibles, notamment chez les personnes âgées. Mais leur déploiement à large échelle impose de résoudre des enjeux éthiques et techniques, et d’adapter les stratégies aux contextes locaux.

    20 solutions d’IA opérationnelles pour les soins à domicile et l’HAD : prédiction, coordination, automatisation

    Télésurveillance, logistique, assistants vocaux, transcription ou analyse d’images : 20 solutions d’intelligence artificielle sont actuellement utilisées ou en cours de déploiement en France et en Europe pour renforcer les capacités de soins à domicile et en hospitalisation à domicile Reposant sur des capteurs connectés, des algorithmes prédictifs, des modèles NLP ou des générateurs de langage, ces outils répondent à des besoins cliniques, organisationnels et réglementaires identifiés dans les parcours chroniques, post-opératoires et gériatriques. Tour d’horizon.

    Anticiper les hospitalisations non planifiées

    Plusieurs solutions associent capteurs, applications patient et algorithmes d’apprentissage automatique pour prédire les décompensations ou complications en amont.

    Presage Care s’appuie sur les données ePROMs quotidiennes (symptômes, activité) recueillies par les patients pour anticiper les hospitalisations non programmées à 7-14 jours. Déployé en EHPAD et en HAD, ce dispositif médical classe IIa, évalué par la HAS, a permis une réduction de 80 % des passages aux urgences selon des essais menés sur plus d’un million de données. Satelia Cardio combine des capteurs connectés (balance, tensiomètre) à une IA certifiée par le SNITEM pour détecter les signes précoces de décompensation chez les patients insuffisants cardiaques. Une étude menée dans 130 centres français rapporte une baisse de 36 % de la mortalité et de 50 % des hospitalisations. Luscii, racheté par Omron en 2024, propose un suivi à domicile pour 150 pathologies. L’outil génère des scores de risque à partir de capteurs (Oura, Withings) et réduit les réadmissions de 65 % selon une étude britannique. hellocare.ai, kit hospital-at-home avec TV connectée et capteurs sans fil, intègre une IA générant des rapports cliniques automatisés. Tucuvi LOLA, assistant vocal multilingue, interroge les patients chaque matin et analyse les réponses via NLP pour générer des alertes. Déployé au Royaume-Uni et en Suède, il a permis une réduction de 70 % des appels des soignants.

    Optimiser les tournées et la planification des soins

    L’IA permet aussi d’améliorer l’efficience des soins à domicile, notamment via la planification géolocalisée et l’optimisation des tournées. AntsRoute par exemple est utilisé par plusieurs structures françaises, optimise en temps réel les tournées des IDE en fonction du trafic, des compétences requises et des créneaux disponibles. Les retours montrent une hausse de 30 % de la productivité et une baisse de 20 % des kilomètres parcourus.

    Réduire la charge administrative et améliorer le reporting

    Plusieurs outils d’IA visent à automatiser les tâches répétitives, à faciliter la documentation et à structurer les informations médicales dans les dossiers numériques. Posos e-scan automatise la saisie des ordonnances manuscrites via OCR et NLP, avec une réduction de 95 % des erreurs et de 80 % du temps de saisie. Déployé dans plus de 100 HAD en France. Arcad360 SSIAD intègre des outils de RPA pour automatiser les tâches de facturation et prévoir les plannings. CareConnect Nurse AI Speech-to-Text permet une transcription vocale en temps réel avec compatibilité SNOMED. Il cible les IDE intervenant à domicile sur smartphone. domo.health GenAI, basé sur Azure, facilite la coordination des équipes et génère des résumés automatiques des dossiers médicaux. Il est utilisé dans 10 pays européens dont la France. Loquii.ai, assistant vocal pour les infirmiers, propose synthèse de dossier et rappels médicamenteux. Il vise à fluidifier la communication entre HAD et hôpital.

    Des acteurs mieux coordonnés pour structurer l’offre sur le terrain des HAD

    Médecins traitants, équipes hospitalières, ARS, réseaux de santé : la prise en charge à domicile s’appuie sur une collaboration opérationnelle entre acteurs, avec des outils partagés et des critères d’intervention clarifiés.

    L’Agence régionale de santé coordonne une politique de développement de l’HAD en s’appuyant sur l’ensemble des parties prenantes du parcours de soins. Objectif : garantir au patient le droit au domicile dès que la situation clinique le permet, et organiser l’intervention d’acteurs multiples dans un cadre structuré. Le maintien à domicile implique une articulation entre les professionnels de santé de ville, les établissements hospitaliers, les structures médico-sociales, les services d’HAD, les réseaux de santé et les proches. Pour fluidifier ce parcours, trois axes sont mis en avant :

    • définition des rôles selon une gradation des soins,
    • organisation des relais
    • et diffusion d’une information claire sur les modalités de recours.

    Un algorithme d’orientation développé par la Haute Autorité de Santé (HAS) est disponible via application mobile pour soutenir les prescripteurs.

    Des prescripteurs aux coordonnateurs : qui fait quoi ?

    L’entrée et la sortie en HAD reposent sur la prescription d’un médecin hospitalier ou libéral, et l’accord du médecin traitant, qui reste le référent de la prise en charge, y compris lorsqu’il n’est pas le prescripteur initial. Le médecin coordonnateur de l’HAD valide chaque admission. La demande est idéalement transmise via la plateforme Via-Trajectoire. L’équipe de l’HAD, en lien avec le prescripteur et le médecin traitant, évalue la situation et établit un projet thérapeutique individualisé. Ce projet précise les soins nécessaires, la fréquence des interventions, les besoins d’aides à domicile, les objectifs attendus et les relais à organiser. Il est réévalué au minimum chaque semaine. L’éducation du patient et de son entourage est intégrée à la mission des intervenants.

    L’ARS Île-de-France a mené dès 2016 un travail de clarification des niveaux d’intervention entre professionnels de ville, services de soins à domicile et structures HAD. Ce référentiel, fondé sur des critères d’inclusion et d’exclusion, a permis de poser des repères partagés sur les périmètres d’action de chaque acteur. Parallèlement, la notion de domicile a été élargie aux établissements d’hébergement pour personnes âgées (EHPA) dès 2007 et aux établissements médico-sociaux (ESMS) depuis 2012. Cela implique une coordination renforcée entre les acteurs sanitaires et médico-sociaux.

    Formation à l’HAD : des stages de 3 jours pour sensibiliser les futurs médecins généralistes

    Pour mieux faire connaître l’HAD aux futurs médecins généralistes, un stage de trois jours au sein d’un établissement d’HAD est proposé aux internes depuis 2016. Cette immersion leur permet d’appréhender les conditions de prescription et de coordination spécifiques à cette modalité de prise en charge. Des partenariats entre équipes de médecine physique et de réadaptation et opérateurs d’HAD ont permis d’expérimenter des prises en charge de rééducation à domicile, dites HAD-R. Ces dispositifs reposent sur une coordination étroite entre spécialistes, professionnels de l’HAD et acteurs sociaux. Un groupe régional HAD-R travaille à lever les freins, produire des outils partagés et soutenir les équipes dans leur collaboration.

    En Île-de-France, des échanges réguliers entre acteurs de l’HAD et réseaux de santé tri-thématiques ont permis d’expliciter les rôles de chacun dans le parcours du patient et de construire une culture commune de l’intervention à domicile. La politique régionale de développement de l’HAD s’appuie sur la capacité des acteurs à organiser localement des parcours cohérents. En renforçant les outils d’orientation, les critères d’intervention et les logiques de partenariat, l’ARS et les professionnels impliqués cherchent à garantir une prise en charge adaptée, anticipée et partagée au domicile.

    Soigné chez soi : une réponse à la crise hospitalière ?

    Le vieillissement rapide de la population et l’augmentation des maladies chroniques rendent incontournables le développement des soins à domicile, notamment via l’HAD et les SSIAD. Ces dispositifs répondent aux besoins en matière de dépendance, de pathologies chroniques et de soins palliatifs. Leur montée en charge doit toutefois s’accompagner d’une adaptation des financements, du renforcement des équipes et d’un soutien aux aidants. Le numérique joue un rôle en facilitant la coordination, en optimisant les tournées et en anticipant les complications grâce à l’IA. Ces innovations permettent de sécuriser les prises en charge et aussi de structurer des parcours plus personnalisés.

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    Dernières actualités (depuis janvier 2025) sur l’HAD et les services de soins à domicile

    Décrets et expérimentations

    • Décret n° 2025-4 du 3 janvier 2025 modifiant les conditions de réadaptation en HAD, autorisant les EAPA pour au moins 2 pratiques thérapeutiques et renforçant la pluridisciplinarité.
    • Décret du 5 février 2025 et arrêté du 14 mars lançant une expérimentation de 3 ans pour un forfait d’adressage en chimiothérapie injectable vers l’HAD, visant à désengorger les HDJ et améliorer le confort des patients cancéreux.
    • PLFSS 2025 Annexe 6 signalant une croissance de 13,3% des prises en charge conjointes HAD-SSIAD en 2023, avec consensus pour réformer le financement de l’HAD.

    Rapports et études

    • Étude DREES juillet 2025 sur les établissements HAD : 293 structures recensées fin 2023, capacité à 24 100 patients simultanés (+5% annuel moyen), après hausses post-Covid.
    • Rapport Insee Première n°2042 (mars 2025) prévoyant une forte hausse de la demande de services à la personne d’ici 2050 (5 millions de ménages), tirée par le vieillissement et l’assistance aux seniors dépendants.
    • Rapport BVA pour France Assos Santé (janvier 2025) analysant la satisfaction des Français envers les soins à domicile, avec focus sur raisons d’expérience positive.​

    Croissance et annonces sectorielles

    Ressources bibliographiques

     

  • UK : les consultations de médecine générale deviennent de plus en plus complexes

    • Pathologies chroniques plus fréquentes chez les jeunes.
    • Augmentation des recommandations cliniques.
    • Surcroît de tâches liées à la prévention.
    • Transfert de charges depuis l’hôpital (listes d’attente, sorties précoces).
    • Moins de soins à domicile.
    • Consultations toujours limitées à 10 minutes.

    Recommandations évoquées :

    • Allonger les consultations à 15 min.
    • Augmenter le nombre de GPs (General Practitioners = médecins généralistes au UK).
    • Adapter le financement au temps réel nécessaire.
    • Renforcer la coordination ville-hôpital-domicile.

    Une complexité mal définie mais bien réelle

    Définir ce qu’est une consultation complexe reste délicat. Une déclaration de consensus récente la décrit comme difficile, exigeante, multifactorielle et chronophage. Elle peut concerner des patients en situation de précarité, atteints de douleurs chroniques ou de troubles liés à l’addiction, ou encore des situations cliniques débouchant sur des hospitalisations d’urgence ou nécessitant plusieurs prescriptions. S’ajoute une explosion des recommandations : le National Institute for Health and Care Excellence (NICE) en recense plus de 25 000. Le temps nécessaire à leur mise à jour et à leur application alourdit encore la charge cognitive et administrative des médecins généralistes.

    Les politiques de prévention, en expansion dans les pays industrialisés, imposent également un surcroît de tâches aux médecins. Selon Minna Johansson (Université de Göteborg), si les recommandations européennes étaient appliquées strictement, plus de 80 % des adultes devraient consulter un généraliste pour réduire leur risque cardiovasculaire — un scénario incompatible avec les ressources médicales actuelles.

    La multimorbidité touche 32 % des patients, les consultations en médecine générale se complexifient

    En trente ans de pratique, le nombre de patients sous traitement est passé de 20 % à 50 %, les consultations sont plus longues, plus denses, et les journées de travail s’étirent. Ce constat est partagé par l’ensemble des médecins généralistes britanniques : la complexité clinique des consultations augmente, sans adaptation du système en parallèle. Le vieillissement de la population, associé à l’augmentation des cas de multimorbidité, contribue fortement à cette évolution. Selon une étude de l’université de Birmingham, 32 % des patients étaient atteints de plusieurs maladies chroniques en 2019, contre 23 % en 2005. Cette tendance concerne désormais aussi les jeunes adultes, qui présentent davantage de pathologies chroniques (diabète, obésité, hypertension) autrefois cantonnées aux personnes âgées.

    Soins primaires au Royaume-Uni : les généralistes en première ligne face aux défaillances du système hospitalier

    Un système sous-dimensionné

    La croissance des listes d’attente hospitalières pousse les généralistes à assurer un rôle de relais, en prenant en charge des pathologies relevant normalement du niveau spécialisé. Cela entraîne un risque de complications, les médecins devant improviser des traitements ou des gestes (injections, prescriptions de corticoïdes) en l’absence d’accès rapide à un spécialiste.  Le raccourcissement des durées moyennes de séjour (de 8,4 à 4,5 jours entre 1998 et 2020) et la baisse du nombre d’infirmiers à domicile (−43 % depuis 2009) transfèrent aussi la gestion post-hospitalisation vers les généralistes. Ceux-ci se retrouvent à suivre des patients encore instables, parfois dès leur retour du service d’urgences. L’essor des professionnels de santé non médecins, encouragé par le dispositif ARRS (Additional Roles Reimbursement Scheme), modifie la répartition du travail en soins primaires. En 2023, ils étaient plus de 17 000, contre seulement 280 trois ans plus tôt. Ce sont désormais les généralistes qui prennent en charge la majorité des cas complexes, les autres professionnels traitant les situations plus simples.

    Des consultations trop courtes (10 minutes, elles devraient être de 15 minutes)

    Malgré la montée en complexité, la durée des consultations reste figée à 10 minutes depuis des décennies. Le Pr Azeem Majeed (Imperial College London) déplore un financement qui ne permet pas d’allouer plus de temps aux patients complexes, obligeant les médecins à dépasser leur créneau ou à fragmenter le suivi. Le Royal College of General Practitioners et le BMA plaident pour des consultations d’au moins 15 minutes, mais cela exigerait soit une baisse du nombre de rendez-vous quotidiens, soit une augmentation du nombre de médecins — un scénario peu réaliste à court terme, alors que les départs et les réductions d’activité se multiplient dans la profession.

    Best J. Seven reasons why GP consultations are getting more complex. BMJ. 2025;391:r1829.

  • États Généraux 2025 : un écosystème mobilisé pour sécuriser l’innovation et préserver la garantie humaine

    Un écosystème en expansion rapide : l’IA change déjà les pratiques

    Avec 50 millions d’euros mobilisés, 350 projets lauréats et 660 porteurs engagés, plus de la moitié intégrant déjà des briques d’intelligence artificielle, le paysage de l’IA en santé connaît une accélération. Les États généraux ont ainsi rendu visible l’ensemble de la chaîne : institutions publiques, hôpitaux, fédérations, assureurs, industriels, associations d’usagers, fondations, experts réglementaires et territoriaux. Tous s’accordent : l’IA n’est plus une promesse. Elle s’installe dans le quotidien des parcours, des diagnostics et de la prévention. L’intégration rapide de l’intelligence artificielle en santé soulève des enjeux autour de la garantie humaine, de la régulation et de l’innovation industrielle.

    HTI a été présente à la deuxième édition des États Généraux de l’IA en Santé qui a rassemblé une diversité d’acteurs institutionnels, professionnels, privés et associatifs, partageant un même objectif : construire un cadre collectif, éthique et opérationnel qui accompagne la transformation sanitaire tout en préservant le lien humain.

    Les acteurs publics structurent : stratégie nationale, régulation, formation

    L’État, moteur d’un modèle européen souverain

    La Ministre Stéphanie Rist affirme la volonté de construire un modèle européen singulier, conciliant innovation et droits individuels : « Nous assumons de construire un modèle souverain, équilibré, conjuguant innovation et respect des droits »

    Elle annonce :

    • Une gouvernance nationale unifiée intégrant IA, numérique, recherche et innovation au sein d’une seule direction ministérielle.
    • La mise en œuvre du 2ᵉ volet de la stratégie nationale IA et données de santé, élaborée avec plus de 70 acteurs et 100 contributions publiques.

    Institutions publiques : gouvernance unifiée, régulation et cadre européen

    Une stratégie nationale structurée autour de la souveraineté

    La ministre de la Santé évoque la mise en œuvre d’une gouvernance intégrée réunissant numérique, données, recherche et innovation. L’objectif est d’assurer un déploiement cohérent des technologies et de renforcer la capacité d’arbitrage public. Cette orientation s’inscrit dans un paysage réglementaire européen marqué par l’adoption du règlement sur l’intelligence artificielle et l’importance de conserver une maîtrise locale des usages et des données.

    HAS : cartographier, structurer et sécuriser les usages

    Depuis 2024, la Haute Autorité de Santé (HAS) impose aux établissements la cartographie des systèmes d’IA. Les échanges mettent en avant des avancées sur l’organisation interne, avec des marges d’amélioration concernant la formation et l’information du patient. La mise en conformité avec les exigences de transparence reste en discussion avec la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL)

    Formation et inclusion : la clé d’une transformation réussie

    Marc Dumon (ANFH) a détaillé un plan qui vise à former un million de professionnels hospitaliers à l’IA d’ici 2027. Ce volet formation est perçu comme un levier essentiel pour démocratiser une intelligence artificielle responsable. Le rôle des établissements, syndicats, grands groupes comme le Groupe VyV, qui travaille sur un modèle de langage propriétaire, souligne l’intérêt d’approches complémentaires entre santé publique, secteur privé et acteurs mutualistes. Pour Marc Dumon, « comprendre l’IA » constitue une étape indispensable pour accompagner les usages

    Établissements et fédérations : un besoin d’outils fiables et de repères communs

    Des niveaux de maturité hétérogènes

    Les fédérations hospitalières (FHF, FHP) et Unicancer soulignent une appropriation variable selon les structures. Des enquêtes montrent un faible taux de réponse concernant l’usage des IA, témoignant d’une perception encore partielle du sujet.

    Les intervenants insistent sur la nécessité de :

    • Repères partagés.
    • Référentiels communs.
    • Critères fiables d’évaluation des solutions.

    Assureurs : prévention, accompagnement et gestion des risques

    La Mutuelle générale de l’Éducation nationale (MGEN) décrit l’usage d’outils d’aide à l’accompagnement et de prévention. Les représentants rappellent que la responsabilité liée au choix des outils et à leur évaluation nécessite une méthodologie rigoureuse

    Perspectives industrielles et territoriales

    La conférence a mis l’accent sur les enjeux industriels avec la nécessité d’un réseau hospitalier ouvert, collaboratif et européen renforcé. Dr François Braun, a plaidé pour une régulation évolutive adaptée au rythme des innovations, garantissant « que l’IA serve à améliorer l’accès aux soins et la coordination territoriale ». L’enjeu est ici double : sécuriser les innovations tout en laissant la place à l’expérimentation et à une diffusion équitable dans tous les territoires.

     

  • Autisme et IA : signatures épigénétiques et biomarqueurs néonataux pour un diagnostic précoce

    Des biomarqueurs candidats couplés à l’IA

    Le trouble du spectre de l’autisme (TSA), touchant environ 1 naissance sur 100 selon l’OMS, se caractérise par des altérations du langage, des interactions sociales et des intérêts restreints. Le diagnostic actuel, basé sur l’observation comportementale vers 3–5 ans, présente plusieurs limites :

    • Diagnostic tardif retardant l’accès aux interventions adaptées.
    • Evaluation subjective et variable selon l’expertise.
    • Absence de marqueurs biologiques objectifs.
    • Absence de dépistage systématique à la naissance.

    Le MIND Institute (UC Davis, CA, USA) étudie depuis 2019 l’ADN leucocytaire de nouveau-nés via la puce Infinium HumanMethylation450, combinée à l’apprentissage machine et deep learning. L’équipe dirigée par Janine M. LaSalle a récemment publié dans Biology of Sex Differences une étude utilisant le séquençage bisulfite du génome entier (WGBS) sur plusieurs centaines de sujets.

    Des signatures de l’autisme différentes selon le sexe

    Les résultats montrent :

    • Une identification de régions d’ADN différentialement méthylées (DMRs) enrichies pour des gènes liés au développement cérébral.
    • La présence de signatures spécifiques selon le sexe, avec des DMRs sur le chromosome X chez les filles.
    • Ces signatures se recoupent avec des gènes connus comme facteurs de risque TSA et sont détectables dès la naissance, confirmant la pertinence d’un dépistage biologique précoce.

    Validation et intégration dans le dépistage néonatal

    Les chercheurs doivent maintenant effectuer :

    • Une validation multicentrique et reproductibilité à grande échelle.
    • Une standardisation des tests et intégration dans les programmes de dépistage néonatal.
    • Une évaluation des implications éthiques et psychosociales liées au dépistage précoce.

     

  • Nominations aux ARS : trois nouveaux directeurs généraux en Outre-mer et en Corse

    • Jean-Jacques Coiplet, ancien directeur de l’ARS Bourgogne-Franche-Comté, est nommé à la direction générale de l’ARS La Réunion, où il pilotera les politiques sanitaires du territoire.
    • Bertrand Parent succède à Laurent Bien à la tête de l’ARS Guyane. Professeur à l’EHESP et spécialiste de la gestion de crise, il prendra ses fonctions le 15 décembre.
    • Ancienne secrétaire d’État, Christelle Boucher-Dubos dirigera l’ARS de Corse. Elle succède à Marie-Hélène Lecenne et pilotera l’adaptation des réformes de santé sur l’île.

    Jean-Jacques Coiplet nommé directeur général de l’ARS de La Réunion

    Par décret du 2 décembre 2025, Jean-Jacques Coiplet prend ses fonctions de directeur général de l’Agence régionale de santé de La Réunion à compter du 15 décembre 2025. Il succède à son poste précédent de directeur général de l’ARS Bourgogne-Franche-Comté.  Jean-Jacques Coiplet est administrateur de l’État. Il est diplômé de l’École des hautes études en santé publique et de Sciences Po Grenoble. Sa carrière débute comme inspecteur de l’action sanitaire et sociale à la DRASS Centre.

    Il occupe ensuite des postes d’adjoint aux directeurs des DDASS des Alpes-de-Haute-Provence, du Jura et de Mayotte. Il dirige les DDASS de Lozère, de l’Aisne, puis des Bouches-du-Rhône de 2008 à 2010. En 2010, il rejoint l’ARS Provence-Alpes-Côte-d’Azur comme directeur de la santé publique et environnementale. De mai 2012 à novembre 2016, il est directeur général de l’ARS Corse. De novembre 2016 à septembre 2017, il exerce comme directeur régional et départemental de la Jeunesse, des sports et de la cohésion sociale en région PACA. D’octobre 2017 à novembre 2022, il dirige l’ARS Pays de la Loire. Depuis novembre 2022, il est directeur général de l’ARS Bourgogne-Franche-Comté. Il pilote les politiques de santé publique dans ces agences. En tant que directeur général de l’ARS La Réunion, Jean-Jacques Coiplet supervise l’offre de soins, la santé publique et les établissements sanitaires.

    Bertrand Parent nommé directeur général de l’ARS de Guyane

    Par décret du 2 décembre 2025, Bertrand Parent est nommé directeur général de l’Agence régionale de santé de Guyane à compter du 15 décembre 2025. Il succède à Laurent Bien. Bertrand Parent est professeur à l’École des hautes études en santé publique. Il enseigne le management, la communication et la gestion de crise depuis 2005. ​ De 2015 à 2018, il dirige la Délégation Réunion de l’Agence de Santé Océan Indien. Il est membre du Haut Comité à la Santé Publique. Il contribue à la formation des directeurs d’ARS avec l’EN3S.​ En tant que directeur général de l’ARS Guyane, Bertrand Parent coordonne les politiques sanitaires locales. Il gère les crises et renforce le système de santé amazonien. L’agence veille sur la prévention et les soins

    Christelle Boucher-Dubos nommée directrice générale de l’ARS de Corse

    Par décret du 2 décembre 2025, Christelle Boucher-Dubos est nommée directrice générale de l’agence régionale de santé de Corse à compter du 15 décembre 2025. Elle remplace Marie-Hélène Lecenne. Christelle Boucher-Dubos exerce comme médiatrice et déontologue nationale à la Cnaf depuis 2022. Elle a été secrétaire d’État aux Solidarités et à la Santé de 2018 à 2020. ​Christelle Boucher-Dubos cumule 27 ans de services publics.

  • IA : Les pays européens adoptent l’IA pour soulager leurs systèmes, moins pour révolutionner la médecine (rapport OMS)

    l’IA médicale déployée dans 64 % des pays européens, surtout pour les diagnostics

    Selon une première étude de l’OMS publiée le 27 novembre 2025, couvrant 50 pays d’Europe et d’Eurasie, l’intelligence artificielle est en cours d’intégration dans les systèmes de santé. Son principal domaine d’application : l’aide au diagnostic, utilisée dans 64 % des pays, notamment en ophtalmologie, radiologie ou dermatologie.  La France, le Portugal, la Suède, la Hongrie et les Pays-Bas ont déjà institutionnalisé ce type d’outils depuis deux ans. À l’inverse, le Royaume-Uni et l’Italie n’en sont qu’à des déploiements informels, dans quelques établissements. Dans certains cas, les résultats sont déjà mesurables : en Slovaquie, un projet d’automatisation des processus en radiothérapie a permis de réduire de 50 % le temps passé par les oncologues sur certaines taches.

    Après le diagnostic, l’usage le plus répandu de l’IA concerne :

    • les chatbots d’assistance aux patients (50 % des pays),
    • suivis par l’automatisation des tâches administratives (40 %).

    La France est citée parmi les rares pays à expérimenter ou utiliser l’ensemble des usages identifiés : diagnostics, chirurgie, chatbots, administration et vérification des symptômes. L’Espagne affiche également une avancée sur la chirurgie assistée, les tâches logistiques et les chatbots.

    L’enjeu n’est pas juste, budgétaire mais réglementaire

    Contrairement aux idées reçues, le financement ne constitue pas le principal obstacle : seules 78 % des réponses y font référence, contre 86 % pour les incertitudes juridiques. Le manque de clarté sur les processus d’évaluation, d’approbation et de surveillance des systèmes d’IA est un frein identifié. Toutefois, 54 % des pays indiquent disposer d’un ou plusieurs régulateurs pour l’évaluation des systèmes d’IA en santé. L’OMS signale des signes de progrès dans la coopération réglementaire entre États membres, avec un début de mutualisation des connaissances et des ressources.

    Les pays européens misent sur l’IA pour répondre à l’urgence opérationnelle, moins pour innover

    L’étude montre que les pays européens investissent l’IA avec des objectifs opérationnels immédiats.

    • L’amélioration des soins aux patients (70 %),
    • la réduction de la pression sur les personnels de santé (62 %),
    • et la lutte contre les inefficiences (54 %) sont les principales motivations.

    Les enjeux stratégiques à plus long terme, comme la recherche (24 %) ou la réduction des inégalités (38 %), arrivent loin derrière.

  • Apnée du sommeil : une appli validée par 9 centres européens pour remplacer l’examen hospitalier

    Des résultats comparables à un examen de référence

    L’apnée du sommeil reste largement sous-diagnostiquée. Une nouvelle solution numérique pourrait changer la donne. Une étude multicentrique menée dans neuf centres du sommeil en France et en Europe vient de valider la fiabilité de l’application Apneal. Pour quelques dizaines d’euros, ce dispositif grand public permettrait de détecter l’apnée du sommeil via le microphone d’un smartphone, sans nuit à l’hôpital. Les résultats obtenus seraient aussi fiables qu’une polysomnographie, l’examen standard réalisé en milieu hospitalier.

    En France, 20 % des 40-65 ans et 30 % des plus de 65 ans seraient concernés par le syndrome d’apnées obstructives du sommeil, qui provoque des arrêts respiratoires durant la nuit, souvent à l’insu des patients. À l’échelle mondiale, près d’un milliard de personnes seraient touchées. Face à ce constat, Apneal propose une méthode de dépistage simplifiée : il suffit de fixer son téléphone sur le thorax avant de dormir. Grâce au microphone, l’application enregistre les sons nocturnes pour analyser la respiration. Le diagnostic est disponible dès le réveil.

    Un impact attendu sur les parcours de soins et les coûts

    Pour les professionnels de santé, cette solution pourrait permettre de rationaliser les examens du sommeil. Le dépistage précoce de l’apnée du sommeil est également essentiel pour prévenir des complications comme l’hypertension artérielle ou le diabète. Apneal sera disponible pour le grand public d’ici fin décembre, à un tarif annoncé de quelques dizaines d’euros. Un outil potentiellement utile face à une demande croissante de diagnostics et à des délais d’attente importants dans les filières du sommeil.

  • PLFSS 2026 : Sophie Beaupère et Frédéric Valletoux appellent à une programmation pluriannuelle du financement de la santé

    Un déficit record et un PLFSS 2026 sans marge de manœuvre parlementaire

    Invité des Contrepoints de la santé le 5 novembre 2025, Frédéric Valletoux, président de la Commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale, a livré une analyse du PLFSS 2026. Il souligne que le texte, bien qu’examiné en commission, revient toujours en séance sous la version initiale du gouvernement, réduisant le rôle du Parlement à une phase préparatoire. Cette mécanique empêche tout compromis , et traduit selon lui une incapacité politique à réformer durablement le système.

    La Sécurité sociale affiche un déficit de 23 milliards d’euros pour 2025, un niveau qui a plus que doublé en quelques années. L’impact durable de la crise sanitaire, les mesures du Ségur et la croissance continue des besoins de santé pèsent. Ce déséquilibre structurel oppose des dépenses croissantes à des recettes insuffisantes, sans qu’un cap politique ne vienne orienter l’action publique.

    Un texte rédigé sans cap politique, piloté par l’administration

    Selon Frédéric Valletoux, l’instabilité politique depuis 2022 a vidé les ministères de leur capacité à piloter. Les PLFSS successifs ont été rédigés par l’administration, sans impulsion politique. Le texte 2026 ne dessine aucune orientation de fond : il s’agit d’un exercice de gestion budgétaire immédiate, centré sur des économies et de nouvelles recettes, sans transformation du modèle de santé. Il ne s’agit pas, selon lui, d’un texte d’austérité – les dépenses augmentent toujours – mais elles restent inférieures aux besoins.

    Des professionnels ciblés par des mesures perçues comme stigmatisantes

    Les tensions s’exacerbent autour de mesures perçues comme ciblant directement les professionnels : dépassements d’honoraires, mécanismes qualifiés de “rentes”, ou débats sur la financiarisation du système. Valletoux admet que le vocabulaire employé peut heurter, tout en appelant à interroger certains équilibres économiques, notamment dans des secteurs concentrés.

    Valletoux plaide pour une territorialisation réelle du système de santé

    La suspension de la réforme des retraites aurait un impact budgétaire limité sur la santé (100 à 400 millions d’euros). Plus globalement, Frédéric Valletoux critique un système encore trop centralisé, reposant sur des outils comme l’Ondam ou la T2A, devenus inadaptés. Il plaide pour une territorialisation effective, une meilleure coordination entre ville, hôpital et médico-social, et regrette que de nombreux rapports publics ne soient ni partagés, ni suivis d’effets.

    L’appel à une programmation pluriannuelle se renforce

    Sophie Beaupère, déléguée générale d’Unicancer, défend une programmation pluriannuelle du financement de la santé, condition nécessaire pour sortir de l’instabilité actuelle. Elle pointe l’imprévisibilité budgétaire qui freine les investissements, l’innovation et la prévention, et déplore le manque de transparence des travaux administratifs. Frédéric Valletoux appuie cette demande, jugeant l’annualité « antédiluvienne », mais rappelle que seul le gouvernement peut initier une telle réforme. Il cite notamment l’article 51 comme exemple d’un dispositif innovant, devenu un parcours d’obstacles.

    Philippe Bessé (FSPF) alerte sur la désertification pharmaceutique : cinq villages par mois perdent leur dernière officine. Il soutient l’idée d’un réseau France Santé pour garantir l’accès aux soins, mais en critique la précipitation et le manque de concertation. Il appelle à intégrer les dispositifs existants (notamment les CPTS) dans une logique de négociation conventionnelle.

    Sécurité sociale : un attachement fort des Français, mais des inquiétudes croissantes face au déficit

    Selon un sondage Viavoice, 80 % des Français restent attachés à la Sécurité sociale, au-delà de ses aspects techniques : elle constitue un repère culturel et républicain. Mais cet attachement coexiste avec une inquiétude grandissante : 55 % jugent le déficit « grave », 71 % doutent de l’efficacité de la lutte contre la fraude, et les jeunes redoutent une dégradation de leur niveau de vie. Un clivage apparaît : 46 % privilégient l’équilibre budgétaire, 42 % préfèrent préserver la couverture universelle. Les mesures techniques suscitent des réponses contrastées : la hausse du reste à charge est mieux acceptée que la taxation des complémentaires. Une majorité des Français (72 %) souhaite une responsabilisation des assurés, mais préfère la pédagogie aux sanctions.

    Face à un système fragilisé, le PLFSS 2026 cristallise les critiques : absence de cap, mesures techniques, tensions professionnelles et inquiétudes citoyennes. Pour Valletoux comme pour les acteurs de terrain, sortir de cette impasse nécessiterait une volonté politique forte et une réforme d’ensemble, seule voie pour réarticuler financement, qualité et accès aux soins.