Le renoncement aux soins progresse en France
Les dépenses de santé progressent dans l’UE, sans amélioration nette de l’accès pour tous
Entre 2007 et 2023, les dépenses sociales liées à la santé ont augmenté dans la plupart des pays européens, selon une étude publiée le 3 décembre 2025 par la Drees. Réalisée à partir des données ESSPROS d’Eurostat, cette analyse met en regard l’évolution de ces dépenses — rapportées au PIB potentiel — avec des indicateurs d’accès aux soins et de conditions de vie. En France, cette hausse s’accompagne d’un maintien d’un faible reste à charge pour les ménages. Néanmoins, les auteurs relèvent une légère progression du renoncement aux soins sur la période, signalant que l’augmentation des dépenses ne suffit pas à lever tous les obstacles d’accès, notamment dans certains territoires ou pour certaines populations.
Europe : l’augmentation des dépenses de santé ne garantit pas une meilleure couverture
Le lien entre dépenses de santé et accès aux soins s’avère complexe. Si la France affiche un niveau élevé de dépenses et un reste à charge modéré, d’autres pays ont connu des évolutions divergentes. L’étude relève une forte hétérogénéité des trajectoires en Europe, à croissance économique comparable. Autrement dit, à dépense égale, les résultats en termes d’accès ou de couverture peuvent fortement varier selon les choix d’organisation du système de soins. Par exemple, certains pays ont pu maintenir ou améliorer l’accès aux soins sans nécessairement accroître fortement leurs budgets, grâce à des réformes structurelles ou à une meilleure efficacité des dispositifs existants. D’autres, en revanche, n’ont pas observé de progrès significatif malgré une hausse de l’effort financier.
Dépenses sociales en France : +2,8 points de PIB entre 2007 et 2023, avec des effets contrastés sur la santé
Protection sociale : la France parmi les pays les plus dépensiers, sans garantie d’équité en santé
En 2023, la France reste l’un des pays européens les plus dépensiers en matière sociale, incluant la santé. Sur l’ensemble des prestations sociales (vieillesse, maladie, famille, exclusion…), la part dans le PIB potentiel atteint 31,7 %, contre 28,9 % en 2007, soit +2,8 points. Cette progression dépasse la moyenne de l’Union européenne (+2,3 points) et se rapproche de celle de l’Allemagne (+2,7). L’étude souligne que ces dépenses ont contribué à renforcer certains acquis, notamment sur le plan de la redistribution. Toutefois, elle invite à nuancer l’interprétation : un haut niveau de dépenses ne garantit pas à lui seul une amélioration continue des indicateurs de santé publique, ni une réduction des inégalités d’accès.

L’analyse s’appuie sur les données du système ESSPROS (Système européen de statistiques intégrées sur la protection sociale), coordonné par Eurostat. La Drees y intègre des comparaisons entre États membres de l’UE (hors Estonie et Croatie, pour cause de données manquantes), ainsi que la Norvège et la Suisse. Les dépenses sont ici rapportées au PIB potentiel, afin de neutraliser les effets conjoncturels. Les indicateurs d’accès aux soins incluent notamment le taux de renoncement et le niveau de reste à charge des ménages.
