Actualité

  • Article 51 : les personnes âgées, secteur le plus représenté dans les expérimentations (bilan 2024)

    Une procédure de sélection rigoureuse

    L’article 51 de la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2018 est destiné à promouvoir des organisations innovantes, afin d’améliorer le parcours des patients et l’efficience du système de santé. Un récent rapport au Parlement présente le bilan des expérimentations au 31 décembre 2024. Le grand nombre de projets déposés sur les plateformes nationale ou régionales – 1264 – a rendu nécessaire de sélectionner les plus porteurs : 44% des projets, soit 557, ont été déclarés recevables et 32 seulement ont été lancés à titre expérimental.

    A l’issue de la phase expérimentale et après l’avis favorable sur l’opportunité de généraliser rendu par le Comité technique de l’innovation en santé (CTIS) et le Conseil stratégique de l’innovation en santé (CSIS), l’expérimentation devient une « innovation ». Le parcours jusqu’à cette reconnaissance dure en moyenne 4 ans. L’innovation entre alors en phase transitoire pour une durée maximum de 18 mois. Cette période permet à l’administration de prendre les dispositions (juridiques, budgétaires, etc.) nécessaires à la généralisation. L’ultime étape est la transposition dans le droit commun.

    Des innovations nombreuses dans le secteur des personnes âgées

    Pour « être au rendez-vous de la transition démographique » 26 expérimentations ont été autorisées, dont 10 sont encore actives. Certaines ont été transposées dans notre système de santé ou ont fait l’objet d’un avis favorable de transposition.

    Pour accompagner le virage domiciliaire des personnes âgées dépendantes

    • Le DRAD (Dispositif Renforcé de Soutien au Domicile), lancé en 2020 avec l’objectif de délivrer à domicile toutes les prestations d’un Ehpad, a été intégré dans les Centres de ressources territoriaux (CRT) créés par la LFSS 2022.
    • Les Équipes locales d’accompagnement sur les aides techniques (EqLAAT) aident au choix et à la prise en main des aides techniques pour les personnes en situation de handicap et les personnes âgées. Après l’expérimentation, la loi « Bien vieillir » du 8 avril 2024 a prévu que chaque département soit doté d’un EqLAAT.
    • Le modèle RSMO santé (réseau de santé Le Mans Ouest) vise à maintenir l’accès aux soins par un suivi médical au long cours et à domicile, partagé entre le médecin traitant et l’infirmier libéral.
    • Le dispositif Vigilance sénior ADMR permet une appréciation de l’état général de la personne à chaque intervention d’une aide à domicile grâce à une échelle visuelle analogique (EVA) sur smartphone. En cas d’alerte le service peut coordonner une réponse en lien avec la famille, les professionnels de santé et les partenaires médico-sociaux.

    Pour améliorer l’accès aux soins buccodentaires des résidents d’EHPAD grâce à des unités mobiles.

    Deux modèles d’unités mobiles sont testés par la fondation Ildys dans le Finistère et le programme de santé bucco-dentaire SBDM, porté par l’union régionale des chirurgiens-dentistes d’Auvergne Rhône-Alpes, dans le Puy de Dôme. Ces deux expérimentations ont fait l’objet d’un avis favorable de transposition dans le droit commun en 2024.

    Pour retarder l’âge d’entrée dans la perte d’autonomie

    La démarche ICOPE (Integrated Care for Older People) « soins intégrés pour les personnes âgées » est un programme de prévention de la perte d’autonomie axé sur le dépistage multidimensionnel du déclin fonctionnel lié à l’âge, élaboré par l’Organisation mondiale de la santé. Icope a été expérimenté pendant 3 ans par treize organisations territoriales différentes sur neuf régions, touchant 28 000 personnes. Le CTIS et le CSIS ont recommandé la prise en compte des enseignements de l’expérimentation ICOPE pour établir le cahier des charges du programme de dépistage précoce et de prévention de la perte d’autonomie des personnes âgées prévu par la loi « Bien Vieillir».

    Trois expérimentations du nouveau rôle du médecin traitant

    Dans la vision de l’Article 51, le médecin traitant travaillera en réseau avec les professionnels de proximité et il bénéficiera d’un accès privilégié aux expertises externes (hôpital et médecins spécialistes). Il pourra coordonner des parcours de soins pour les patients, notamment les plus vulnérables. Trois expérimentations du nouveau rôle du médecin généraliste sont en cours.

    • Le parcours PassCog (Parcours Ambulatoires pour Séniors avec troubles COGnitifs) s’inscrit dans une logique de soutien à la médecine générale pour les patients atteints de troubles cognitifs. Ce parcours ambulatoire est coordonné par le médecin traitant du diagnostic jusqu’à la prise en charge du patient et de l’aidant. Il est totalement financé avec trois forfaits :

    – → Un forfait diagnostic pour confirmer ou exclure une maladie neurocognitive ;

    – → Un forfait de prise en charge proposant des séances de suivi neuropsychologique pour les patients diagnostiqués ;

    – → Un forfait dédié aux aidants (sessions de psychoéducation).

    Cette expérimentation est déployée depuis 2021 en Île-de-France et en Bretagne et plus de 1 100 patients ont été inclus. L’évaluation est en cours.

    • RESALGO : lancé en 2024, RESALGO permet d’expérimenter un parcours de prise en charge coordonnée de la douleur chronique, centrée sur un binôme médecin traitant-infirmier. Le suivi en médecine générale a pour objectif d’autonomiser les patients dans la gestion de leur douleur chronique.
    • EQUIP ADDICT : le dispositif, dont la généralisation devrait intervenir courant 2025, réunit avec le médecin à son cabinet, un psychologue, un travailleur social et un expert en addictologie pour prendre en charge des patients présentant des addictions complexes. Il s’appuie sur les structures sanitaires (CPTS, MSP, CDS…) ou médico-sociales telles que les Centres de Soins, d’Accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) ou les Centres d’Accueil et d’Accompagnement à la Réduction des risques pour Usagers de Drogues (CAARUD).

    Les autres secteurs concernés par les expérimentations

    • La santé mentale : Plus de deux tiers des expérimentations Article 51 comportent un volet « santé mentale » garant d’une prise en charge globale des patients. Elles ont nourri huit propositions pour une meilleure prise en charge de ces maladies.
    • L’obésité : 24 expérimentations autorisées dont 13 actives et 1 transposée. Ces expérimentations ont permis de renforcer ou seconder le médecin traitant dans la prise en charge des patients en situations d’obésité.
    • L’activité physique adaptée : 42 expérimentations autorisées dont 23 actives. Ces enseignements, ainsi que le guide de « Consultation et prescription médicale d’activité physique à des fins de santé chez l’adulte » de la Haute Autorité de santé permettront de structurer la feuille d’orientation présidant à l’inscription dans le droit commun de la prise en charge de l’activité physique adaptée pour les pathologies chroniques.
    • La santé des enfants protégés : 43 expérimentations autorisées, dont 10 actives et 1 transposée.

    Enfin le rapport analyse les projets qui n’ont pas été retenus ou qui ont été abandonnés et qui constituent 83% des dossiers déposés.

    Le rapport 2025 sur les innovations de l’Article 51 : https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_parlement_art51_2025.pdf?utm_source=substack&utm_medium=email

     

  • Soins d’accompagnement et santé digitale : la nouvelle donne de la douleur chronique

    42% de la population française souffre de douleurs chroniques

    En France, selon le baromètre de la douleur 2025 de la fondation de recherche Analgesia,  23,1 millions de personnes, soit 42% de la population adulte, souffrent de douleurs chroniques, principalement de nature musculosquelettique et de céphalées. Cette prévalence augmente avec l’âge, touchant 50% des personnes de plus de 65 ans vivant à domicile et jusqu’à 80% des personnes âgées en fin de vie. À l’échelle européenne, environ 150 millions de personnes sont concernées par des douleurs chroniques, soit l’équivalent des populations combinées de la France et de l’Allemagne.​

    L’intensité de cette problématique se reflète dans les chiffres de prise en charge : en France, seul un tiers des patients se déclare satisfait de son traitement, et 87% pratiquent l’automédication pour tenter de soulager leurs douleurs. Les arrêts de travail chez les personnes souffrant de douleurs chroniques sont cinq fois plus fréquents que dans la population générale, avec une durée cumulée dépassant quatre mois par an pour 45% des patients. Le coût économique est considérable : la douleur chronique engendre un surcoût estimé entre 1,2 et 5,1 milliards d’euros par an en France, en tenant compte des dépenses de santé et des pertes de productivité.​

    2024 la douleur chronique au delà des soins palliatifs

    En 2024 a eu lieu un virage de la stratégie décennale des soins d’accompagnement, qui marque une rupture paradigmatique dans l’approche française de la douleur et des soins palliatifs. Contrairement à l’approche antérieure concentrée sur les soins palliatifs en fin de vie, cette stratégie élargit le cadre à une prise en charge anticipée et globale de la douleur chronique dès le diagnostic, mobilisant l’ensemble des acteurs du système de santé et de la société. Le gouvernement a alloué pour la première fois un investissement sans précédent de 1,091 milliard d’euros supplémentaires sur dix ans (2024-2034), soit une augmentation de 66% des moyens alloués aux soins d’accompagnement, dans un contexte où les besoins sont estimés à augmenter de 15% à 23% selon les sources. Cette stratégie s’articule autour de 30 mesures réparties en quatre objectifs : garantir un accès plus juste aux soins d’accompagnement, mobiliser l’ensemble de la société, développer la recherche et la formation, et assurer un pilotage coordonné de tous les acteurs. Parmi les mesures phares figure la création d’un plan personnalisé d’accompagnement pour chaque patient atteint d’une pathologie à haut degré de prévisibilité, visant à impliquer 500 000 patients d’ici 2034, ainsi que le développement de 27 nouvelles structures spécialisées dans la prise en charge de la douleur chronique dont 15 en oncologie et 12 pour les mineurs. La stratégie prévoit également le renforcement significatif de l’offre hospitalière avec 24 unités de soins palliatifs supplémentaires (portant le nombre total à 190), l’augmentation des lits de 7 540 à 8 000, et l’expansion massive des services d’hospitalisation à domicile avec 50 000 personnes supplémentaires prises en charge d’ici 2034.​

    Restructuration de la filière médicale et développement des compétences infirmières

    L’année 2023 a également marqué l’adoption du parcours de santé pour les personnes présentant une douleur chronique par la Haute Autorité de Santé, un document structurant qui officialise une organisation graduée des soins en trois niveaux (premiers recours en ville, structures spécialisées, et centres experts). Ce parcours, mis à jour en décembre 2024, fournit un cadre normatif aux professionnels de santé et aux établissements pour améliorer l’accès et la continuité des soins. Parallèlement, la nouvelle labellisation des structures douleur chronique (SDC) engagée en 2023 pour une durée de cinq ans a permis d’augmenter de 11% le nombre de structures, passant de 243 en 2017 à 274 structures spécialisées aujourd’hui, dont 180 fonctionnant en consultation. Plus significativement pour la profession infirmière, le protocole national de coopération élaboré en 2023 par cinq centres experts en douleur reconnaît formellement les compétences des infirmiers spécialisés en douleur et leurs permet de prescrire certains examens, d’initier des traitements symptomatiques et d’effectuer des ajustements thérapeutiques, en lieu et place du médecin, au sein des structures labellisées. Ce protocole, actuellement en phase d’instruction à la HAS en 2024, représente une délégation de compétences sans précédent visant à réduire les délais de prise en charge et optimiser l’organisation des soins face à la pénurie de médecins spécialistes. Le financement de 20 postes d’assistants spécialistes en médecine de la douleur, lancé en 2023, s’accompagne d’un objectif d’ouverture de 300 postes universitaires à travers 100 chefs de clinique (dont 10 dès début 2024), 100 postes d’universitaires titulaires (10 par an à partir de 2025) et 100 assistants spécialistes, en vue de créer une filière universitaire reconnue et d’assurer le renouvellement des responsables de structures.​

    Propositions législatives en cours et transformation des services de soutien aux patients et aidants

    Deux propositions de loi majeures relatives à la fin de vie ont été adoptées par l’Assemblée nationale en mai 2025 et sont actuellement examinées par le Sénat depuis janvier 2026. La proposition de loi relative aux soins palliatifs et d’accompagnement, votée à l’unanimité avec 560 votes, introduit une définition légale des concepts d’accompagnement et soins palliatifs, établit l’obligation d’un plan personnalisé d’accompagnement pour les personnes atteintes de maladies graves, et crée un nouveau type d’établissement dénommé « maison d’accompagnement » pour assurer une prise en charge de transition entre l’hôpital et le domicile. Parallèlement, la stratégie décennale apporte des changements importants aux mesures d’accompagnement des patients et des aidants : la mise en place de 1 100 équivalents temps plein (ETP) de psychologues dans les services de soins infirmiers à domicile d’ici 2034, avec une première vague de 100 ETP en 2025, vise à soutenir les patients et leurs proches. Les mesures de simplification du parcours des familles endeuillées s’accompagnent de l’automatisation du versement des pensions de réversion et d’une information systématique dans les 15 jours suivant le décès. Le doublement du nombre de bénévoles d’accompagnement en dix ans, le développement de 104 plateformes d’accompagnement et de répit passant à 400 d’ici 2026 avec un psychologue supplémentaire par structure, et la création de 500 gestionnaires de parcours pour améliorer la coordination territoriale constituent également des évolutions réglementaires majeures visant à transformer l’écosystème de prise en charge autour du patient

    Réduction de 80% de la consommation de morphine post-opératoire : L’impact clinique des thérapies numériques prouvé

    Les solutions numériques de gestion de la douleur démontrent une efficacité clinique validée par plusieurs décennies de recherche. Healthy Mind a observé une réduction de 57% de l’anxiété préopératoire, 80% de diminution de morphine post-opératoire et 70% de réduction de la douleur en soins palliatifs suite à l’utilisation de sa solution. Butterfly therapeutics a établi une équivalence clinique avec le MEOPA (Mélange Équimolaire d’Oxygène et de Protoxyde d’Azote) lors de biopsies ostéomédullaires. HypnoVR, utilisé dans plus de 550 établissements en Europe et validé par 30 publications scientifiques, combine hypnose médicale et réalité virtuelle. Endocare réduit l’intensité moyenne de la douleur de 6.0 à 4.5 (effet maximal de 42%) chez les femmes souffrant d’endométriose, avec persistance jusqu’à 4 heures post-traitement.​

    Opportunités Principales

    Validation réglementaire croissante : RelieVRx représente le premier système de réalité virtuelle autorisé par la FDA pour la douleur lombaire chronique, proposant 56 sessions de thérapie comportementale cognitive à domicile. Stanza de Swing Therapeutics est la première thérapie digitale autorisée FDA pour les symptômes de fibromyalgie, avec 90% de patients préférant l’application aux médicaments seuls. Quell Fibromyalgia de NeuroMetrix détient l’autorisation de la FDA (DEN210046) comme premier dispositif médical portable pour réduire les symptômes de fibromyalgie chez adultes avec haute sensibilité à la douleur. Remedee Labs a obtenu en 2024 la certification européenne dispositif médical classe IIa pour la fibromyalgie via neuromodulation par ondes millimétriques.​

    Réduction des coûts et accessibilité : Music Care, utilisé dans 500 départements hospitaliers mondiaux, a conclu un partenariat avec SANOFI permettant aux médecins généralistes français de prescrire la thérapie musicale depuis octobre 2021. Pathway through Pain, recommandé par le NICE (National Institute for Health and Care Excellence)  via l’évaluation EVA (Early Value Assessment), démontre une réduction de 45% des coûts de santé et 23% de réduction de la dépression. Lin Health, accessible à plus de 60 millions d’Américains couverts, propose un traitement virtuel non-opioïde avec 90% des patients rapportant une réduction de l’intensité douloureuse. Paindrainer PD1, premier dispositif de gestion de la douleur chronique enregistré FDA classe 1, améliore significativement qualité de vie avec 95% de prédictions correctes après 20 jours.​

    Modèles hybrides pharmacologie-digital : UPSA a établi un partenariat avec Remedee Labs combinant paracétamol (Dafalgan, Efferalgan) et le bracelet Remedee Well pour une prise en charge multidimensionnelle. Après 90 jours d’utilisation Remedee Well, plus de 8 utilisateurs sur 10 déclarent amélioration significative de qualité de vie. Manage My Pain, validé cliniquement et utilisé par plus de 100,000 personnes, réduit l’anxiété de 2.10 points GAD-7 et la catastrophisation douloureuse de 5.23 points à long terme.​

    Risques Majeurs

    Fragmentation technologique : La multiplicité des approches (réalité virtuelle immersive via HypnoVR, Deepsen, Healthy Mind, C2Care ; applications mobiles via Curable, Bearable, Manage My Pain ; neuromodulation portable via Quell, Remedee ; musicothérapie algorithmique via Music Care ; coaching digital via Lin Health) crée une complexité d’intégration pour les systèmes de santé. KineQuantum propose une solution VR spécifique à la kinésithérapie avec plus de 120 exercices, tandis que Cayceo développe IPNEO avec librairie d’environnements hypnotiques 3D adaptatifs.​

    Barrières d’adoption : Malgré l’efficacité démontrée, l’étude AppliedVR et S.O.L.V.E. Health Tech identifie comme préoccupations majeures l’intégration dans workflows complexes, coûts structurels et remboursement. Pain ROADMAP, développé par collaboration Université du Queensland-CSIRO, nécessite port d’un tracker d’activité pendant une semaine et saisie quotidienne via application, avec certains participants signalant l’encombrement du dispositif Actigraph. Carenity, réseau social pour 500,000 patients sur 1,200 pathologies, monétise via études anonymes pour laboratoires pharmaceutiques mais ne propose pas directement d’intervention thérapeutique.​

    Hétérogénéité des preuves cliniques : Biodol Therapeutics développe BDT272, un modulateur allostérique négatif FLT3 en essai Phase 1, ciblant douleurs neuropathiques périphériques sans encore de validation commerciale. Branch Health permet le tracking de la douleur et des symptômes avec stratégies d’auto-gestion personnalisées, mais les données d’efficacité clinique sont limitées. Someo Life propose une immersion sonore (méditation guidée, musicothérapie, auto-hypnose) pour seniors avec 88% satisfaction utilisateurs 5/5, mais essentiellement axé sur le bien-être plutôt que sur l’intervention clinique structurée.​​

    Architecture Technologique et Positionnement Compétitif

    Solutions VR cliniques avancées : Medtronic et Boston Scientific proposent des systèmes stimulation médullaire (SCS) avec outils digitaux complémentaires – Medtronic CareGuidePro pour suivi patients. Jolly Good développe une  thérapie VR pour les douleurs chroniques avec Pain Center de l’Hôpital Universitaire Médical Aichi, ciblant les syndromes douloureux complexes et les douleurs post-AVC.​

    Plateformes d’auto-gestion : Curable propose éducation neurosciences de la douleur avec plus de 100 exercices CBT, mindfulness et journaling, cliniquement validé pour réduire symptômes chroniques. Bearable offre tracking illimité symptômes, traitements, médicaments gratuitement avec analyses corrélatives hebdomadaires/mensuelles. Pathways Pain Relief équipe patients chroniques avec techniques naturelles soulagement via programme guidé, méditations spécifiques et exercices physiothérapie..​

    Dispositifs neuromodulation portables : MyPainOff se connecte Bluetooth aux dispositifs TENS Easy@Home pour contrôle thérapie massage depuis smartphone, tracking emplacement corporel et intensité. Karuna Labs développe KarunaHOME, combinaison neurotechnologie propriétaire et coaching comportemental personnalisé via Virtual Embodiment Training sur 12 semaines.​​

    Trois axes de maturité

    L’écosystème des solutions numériques de gestion de la douleur présente une maturité différenciée selon trois axes. Premier axe : les thérapies digitales validées FDA/CE (RelieVRx, Stanza, Quell Fibromyalgia, Remedee) établissent légitimité réglementaire et ouvrent des voies de remboursement, créant un avantage concurrentiel durable. Deuxième axe : l’intégration pharmacologie-digital (UPSA-Remedee, Music Care-SANOFI) démontre la viabilité de modèles hybrides répondant aux résistances des prescripteurs. Troisième axe : la fragmentation technologique (VR versus mobile versus neuromodulation) génère de la complexité organisationnelle mais permet personnalisation thérapeutique.

    Les systèmes hospitaliers privilégient des solutions validées cliniquement (HypnoVR 550+ établissements, Healthy Mind, Deepsen) réduisant la consommation médicamenteuse. Les investisseurs cibleront en priorité les acteurs aux autorisations réglementaires avancées. L’enjeu stratégique majeur demeure la standardisation des protocoles cliniques et la démonstration du rapport bénéfique coût-efficacité face aux alternatives établies.

    Sources :

    • Baromètre de la douleur 2025 (Fondation de recherche Analgesia) et reprises médiatiques : Puy de Sciences – Université Clermont Auvergne, « Douleurs chroniques : en France, elles concerneraient plus de 23 millions de personnes » ; Mutualistes, « 42% des adultes souffrent de douleurs chroniques en France » ; Le Quotidien du Pharmacien, « Plus de 40% des adultes souffrent de douleurs chroniques » ; Ouest‑France, entretien avec le Pr Nicolas Authier sur le premier baromètre de la douleur ; article d’IKI Assurances sur « 23 millions de Français ».​

    • Stratégie décennale des soins d’accompagnement (soins palliatifs et douleur, 2024‑2034, 1,1 milliard d’euros, 4 objectifs et 30 mesures) : communiqué du ministère de la Santé « Lancement de la stratégie décennale des soins d’accompagnement » ; site Parlons‑fin‑de‑vie, fiche de présentation de la stratégie décennale ; synthèse par l’ANFH sur les 4 objectifs et 30 mesures.​

    • Données sur la satisfaction des patients, l’automédication et l’impact socio‑économique de la douleur chronique : reprises et analyses du baromètre Analgesia dans la presse santé et grand public (Mutualistes, Puy de Sciences, Quotidien du Pharmacien, etc.).​

    • Healthy Mind (réduction de l’anxiété préopératoire et de la consommation de morphine, efficacité clinique en VR) : site institutionnel Healthy Mind ; étude de cas et article « Cas d’usage : La diminution de la douleur et de l’anxiété grâce à Healthy Mind » sur VR for Health.​

    • RelieVRx (AppliedVR) – thérapie VR pour lombalgie chronique, autorisation De Novo FDA et protocole (programme de 56 jours CBT à domicile) : site RelieVRx, page d’indications d’usage ; article NIH / Pain Medicine sur le programme VR à domicile pour lombalgie chronique ; résumé de la décision De Novo EaseVRx / RelieVRx par la FDA ; communiqué industriel sur le renommage EaseVRx → RelieVRx et les résultats prolongés.​

    • Stanza (Swing Therapeutics) – thérapie digitale ACT pour fibromyalgie, autorisation De Novo FDA : communiqué « FDA Authorizes Stanza to Treat Fibromyalgia Symptoms » ; résumé de la décision De Novo DEN220083 de la FDA ; communiqué sur les résultats de l’essai pivot PROSPER‑FM.​

    • Informations complémentaires sur la stratégie soins d’accompagnement, la structuration de l’offre et les objectifs de moyens (unités supplémentaires, postes, etc.) : articles de presse spécialisée sociale et santé, par exemple Le Média Social, « Soins palliatifs : 30 mesures pour une stratégie décennale des soins d’accompagnement ».​

  • Emed de Nexus devient le 2ᵉ DPI référencé dans le cadre du Ségur numérique vague 2

    Emed, deuxième DPI validé pour le Ségur vague 2

    La société Nexus/France annonce que sa solution Emed est désormais le deuxième DPI (dossier patient informatisé) officiellement référencé dans le cadre de la deuxième vague du Ségur du numérique en santé. Ce référencement atteste de la conformité du logiciel aux exigences d’interopérabilité et de sécurité renforcées fixées par le programme piloté par la Délégation ministérielle au numérique en santé (DNS). Ce nouveau référencement intervient dans un contexte de montée en puissance. Les dépôts de preuves par les éditeurs s’accélèrent.

    En novembre, c’était Softway Medical qui ouvrait la voie : son DPI Hopital Manager a été le premier à obtenir le référencement dans le cadre de la vague 2 du Ségur du numérique en santé. Confirmée par l’Agence du Numérique en Santé (ANS) le 20 novembre 2025, cette validation consacre l’investissement de l’éditeur français qui équipe déjà 1 300 établissements et digitalise près de 30 % des parcours hospitaliers en France.

    Le programme Ségur du numérique en santé, dont la deuxième vague se concentre sur les établissements de santé, vise à améliorer l’interopérabilité des systèmes d’information hospitaliers, à renforcer la qualité des échanges de données et à consolider la confiance des utilisateurs, professionnels comme patients. Le référencement des solutions comme Emed s’inscrit dans cette stratégie de transformation du numérique en santé.

    Avec deux DPI désormais référencés, le mouvement amorcé tend vers une généralisation progressive des logiciels conformes, à suivre.

  • Le CNGE dévoile EBiM, un agent d’IA souverain pour la recherche médicale en consultation

    EBiM repose sur la technologie de Mistral AI

    EBiM souhaite faire accélérer l’accès à des informations médicales fiables, actualisées et vérifiables pour soutenir les décisions cliniques des généralistes. L’outil veut aussi permettre aux médecins de s’inscrire activement dans la transformation numérique de leur métier.

    Le Collège National des Généralistes Enseignants (CNGE) a officialisé le lancement d’EBiM (Evidence-Based artificial Intelligence Medicine), un outil d’IA conçu pour répondre aux besoins des médecins généralistes en consultation. Développé en partenariat avec le Collège de la médecine générale et l’entreprise FASFOX, EBiM se positionne comme un assistant conversationnel spécialisé dans la recherche médicale rapide, fondé sur les principes de l’Evidence-Based Medicine. EBiM repose sur les modèles de langage avancés développés par Mistral AI, acteur français de référence. Son développement a été encadré par FASFOX pour l’ingénierie logicielle, et par le CNGE pour l’aspect scientifique. L’outil s’appuie sur une structuration méthodologique: instructions expertes, corpus validé, bibliothèques intégrées, règles de raisonnement précises, protocoles de transparence, et architecture conversationnelle optimisée. Chaque réponse cite ses sources de manière transparente (auteur, date, métadonnées) et donne accès aux documents originaux via des liens cliquables.

    Un corpus validé, évolutif et traçable

    Le corpus scientifique d’EBiM a été sélectionné, intégrant notamment les productions du CNGE. Il est supervisé par un conseil scientifique composé de praticiens et enseignants-chercheurs de médecine générale. Les utilisateurs auront un accès direct aux sources, et leurs retours alimenteront un processus d’amélioration continue. Le modèle sera régulièrement mis à jour pour intégrer les évolutions scientifiques et les besoins identifiés sur le terrain.

    Supervision humaine et garanties scientifiques

    EBiM a été testé par des enseignants en médecine générale selon une procédure structurée :

    • Questions standardisées couvrant plusieurs domaines (diagnostic, thérapeutique, préventif, administratif)
    • Contrôle des biais et validation des sources
    • Comparaisons avec d’autres outils d’IA existants
    • Mécanismes de vérification croisée pour limiter le risque d’hallucination
    • Itérations correctives pour améliorer la pertinence en pratique réelle

    Conseil scientifique :

    • Pr. Rémy Boussageon, Pr. Julie Dupouy, Pr. Stéphanie Sidorkiewicz, Pr. Olivier Saint-Lary, Pr. Catherine Plotton, Pr. Marc Bayen, Dr. Agnès Peltier (CMG)
  • NexSIS : un déploiement ralenti, un surcoût de 40 % et une généralisation prévue d’ici 2028

    Seuls 9 SIS équipés à mi-2025 malgré un lancement en 2018

    La Cour des comptes alerte, dans un rapport publié le 5 décembre 2025, sur les difficultés persistantes du déploiement de NexSIS, le nouveau système national d’aide à la gestion des appels d’urgence (18 et 112) et des interventions des services d’incendie et de secours (SIS). Ce projet vise à pallier l’obsolescence et la fragmentation des systèmes d’information, dénoncées depuis près de 15 ans par plusieurs institutions publiques. Conçu à la suite des attentats de 2015, NexSIS est porté par l’Agence du numérique de la sécurité civile (ANSC), créée en 2018 pour assurer son développement et son déploiement sur l’ensemble du territoire. Pourtant, à mi-2025, seuls neuf SIS en étaient équipés.

    la Cour des comptes pointe 3 ans de retard et une couverture partielle

    Le projet NexSIS accuse un retard de plus de trois ans. Ce décalage, conjugué à des évolutions de périmètre, a conduit à une réévaluation à la hausse de 40 % du coût total du programme, désormais estimé à 300 millions d’euros pour la période 2018-2031. Malgré ces difficultés, certaines avancées sont relevées, comme la mise en service du système Secourir, dédié à l’acheminement des appels d’urgence. Depuis 2023, NexSIS est entré en phase de déploiement. La Cour souligne néanmoins que la généralisation du système d’ici fin 2028 nécessitera une standardisation des méthodes de déploiement et un rythme soutenu sur l’ensemble du territoire.

    Un renforcement de l’ANSC et une coordination avec le SI-SAMU

    La coordination entre NexSIS et le SI-SAMU est identifiée comme une priorité, mais s’avère techniquement complexe. La synchronisation des calendriers de déploiement des deux systèmes est jugée indispensable par la Cour. L’ANSC, qualifiée d’opérateur sous-dimensionné, est confrontée à des limites structurelles dans sa gestion. Un réajustement du nombre d’emplois autorisés est recommandé afin de renforcer ses capacités internes. La Cour pointe aussi la fragilité du modèle économique de l’agence. Elle appelle à une implication renforcée du ministère de l’Intérieur pour concrétiser les économies attendues grâce à NexSIS et sécuriser son avenir au-delà du projet initial.

    Une gouvernance à consolider

    Au-delà du déploiement technique, la réussite de NexSIS repose également sur la gouvernance de l’ANSC. Le rapport insiste sur la nécessité d’améliorer la qualité de gestion de l’agence et d’assurer un pilotage stable, à même de garantir l’interopérabilité et la pérennité du système.

  • Prévention en santé : la HAS propose une boîte à outils et un espace de dialogue pour guider les décisions publiques

    Une boîte à outils pour homogénéiser les pratiques d’évaluation

    Dans une nouvelle analyse prospective, la Haute Autorité de santé (HAS) met l’accent sur la nécessité d’appuyer les décisions en prévention et promotion de la santé (PPS) sur des données probantes. Cette orientation, alignée avec son projet 2025-2030, vise à faciliter l’allocation des ressources publiques, à améliorer l’impact des interventions et à rassurer les décideurs sur les bénéfices attendus. La HAS appelle à une meilleure structuration des évaluations en amont des programmes, pour en estimer l’efficacité, les retombées économiques, la transférabilité ou encore les externalités.

    Pour soutenir cette démarche, la HAS propose la création d’une « boîte à outils » destinée aux acteurs impliqués dans la PPS, tant au niveau local que national, et au-delà du seul champ sanitaire. Elle comporterait un cadre de référence pour harmoniser les connaissances méthodologiques, adaptable à la diversité des interventions, qu’elles soient comportementales, structurelles, locales ou nationales.

    Ce cadre permettrait d’identifier les données probantes jugées nécessaires à la décision, qu’il s’agisse

    • de mesurer l’efficacité,
    • d’estimer les coûts
    • ou de juger de la possibilité de reproduire une intervention dans un autre contexte.

    La boîte à outils inclurait également un guide pratique pour la conduite des évaluations, visant à assurer leur réalisation au bon moment, avec les acteurs appropriés, et en cohérence avec les calendriers budgétaires.

    Un espace de dialogue pour mutualiser les efforts

    Au-delà des outils techniques, la HAS souligne la nécessité de structurer davantage le dialogue entre acteurs. Elle recommande la mise en place d’un espace national d’intermédiation, inspiré du Centre Australien de Partenariat pour la Prévention, qui agit comme interface entre science et politique. Cet espace aurait pour mission de clarifier les objectifs des interventions, d’identifier les besoins en données probantes, d’éviter les doublons et de faciliter l’interprétation partagée des résultats. Il pourrait être déployé à plusieurs échelles (nationale, territoriale) et impliquerait un large éventail d’acteurs : collectivités, secteur éducatif, environnemental, urbanisme, etc., dans une approche de « santé dans toutes les politiques ».

    La prochaine note prospective attendue début 2026 portera sur la robotique sociale.

  • IA et dermato : un modèle de langage multimodal améliore de 22 points la précision diagnostique des cas complexes

    Exposé à un LLM généraliste, un panel de treize experts en dermatologie a corrigé 120 erreurs diagnostiques initiales, avec un gain de confiance autoévaluée significatif, selon une étude menée au CHU de Lille.

    Un LLM testé sur 308 cas complexes du JAMA Dermatology Clinical Challenge

    Alors que les modèles d’IA égalent désormais les spécialistes sur certaines affections cutanées, leur utilité en situation clinique complexe restait incertaine. Une équipe du CHU de Lille a conduit une étude en deux temps pour évaluer l’impact d’un modèle de langage multimodal (LLM) sur le raisonnement diagnostique de dermatologues expérimentés. Contrairement aux systèmes reposant uniquement sur l’image, ces modèles interprètent simultanément textes et images, une approche plus proche du raisonnement médical réel.

    Dans une première phase, quatre LLM généralistes ont été comparés sur l’ensemble des 308 cas du JAMA Dermatology Clinical Challenge, couvrant un éventail de maladies inflammatoires, tumorales, infectieuses, génétiques et pédiatriques. Le modèle le plus performant, nommé GPT-o1, a atteint une précision globale de 80,2 %, avec des scores élevés même sur des pathologies rares, telles que les maladies génétiques (94,1 %) ou pédiatriques (73,1 %).

    Le recours à un LLM fait passer la justesse clinique de 58,6 % à 80,8 %

    La deuxième phase a impliqué treize dermatologues seniors de plusieurs centres hospitaliers (CHU de Lille, Caen, La Réunion, Arras, Valenciennes). Chacun a analysé 50 cas cliniques en deux étapes : d’abord seul, puis après consultation de la proposition générée par le LLM. La précision diagnostique moyenne est passée de 58,6 % à 80,8 % après exposition au modèle (p<0,001). La confiance autoévaluée, mesurée sur une échelle de Likert de 1 à 5, a également augmenté (de 3,2 à 4,05 ; p<0,01). Aucun lien n’a été observé entre l’ancienneté professionnelle et l’amélioration des performances, ce qui suggère un effet transversal du modèle sur la pratique clinique.

    Le recours au LLM a permis de corriger 120 erreurs initiales. Toutefois, il a aussi généré 14 erreurs supplémentaires, soulignant un risque de biais d’automatisation. Ce point a été relevé dans la discussion, avec des recommandations pour limiter ce risque, comme l’intégration de garde-fous (affichage explicite des incertitudes, justification des décisions cliniques en cas de désaccord).

    8 praticiens sur 11 favorables à une intégration en pratique clinique (les chercheurs appellent à plus d’évaluations en conditions ouvertes)

    Les participants ont globalement jugé les explications fournies par le modèle comme pertinentes. Huit praticiens sur onze se sont dits favorables à l’usage de ces outils dans leur pratique quotidienne. Les auteurs rappellent cependant que l’étude a été menée avec des cas à réponses prédéfinies, et que l’évaluation dans des formats ouverts reste nécessaire pour valider l’efficacité en conditions réelles.

    Cette étude, menée par le CHU de Lille en collaboration avec plusieurs centres hospitaliers et instituts de recherche (Inserm, Université de Lille, Institut Pasteur de Lille), démontre qu’un LLM multimodal peut jouer un rôle d’assistant cognitif auprès des spécialistes. Les auteurs appellent à une intégration raisonnée de ces outils, associée à des protocoles de sécurité et à une transparence sur les limites des modèles.

    Petit A, Darrigade A-S, Benkalfate A, Denis E, Gennai S, Hébert V, et al. Amélioration du raisonnement diagnostique en dermatologie par un modèle de langage multimodal. Ann Dermatol Venereol. 2024 Nov;151(6):S104.

  • Un partenariat entre le Pôle Santé Bergère et Biogroup pour déployer la prévention santé en entreprise

    Un dispositif mobile avec Biogroup

    Le Pôle Santé Bergère, centre parisien dédié à la médecine préventive, s’associe au réseau Biogroup, fort de 900 sites sur l’ensemble du territoire, pour rendre les bilans de prévention santé plus accessibles aux entreprises et à leurs salariés. Ce partenariat vise à simplifier l’organisation logistique des examens biologiques indispensables à toute démarche de prévention, en s’appuyant sur l’infrastructure décentralisée de Biogroup. Ce rapprochement s’inscrit dans une stratégie plus large du Pôle Santé Bergère, engagée depuis septembre avec Integratome (technologie qui vise à modéliser les facteurs de risque).

    Dirigé par le Dr Guy Scemama, le plateau médical du Pôle Santé Bergère intègre désormais les capacités de Biogroup en biologie médicale, connectées à l’intelligence médicale d’Integratome. Cette interopérabilité permet un accès anticipé à des données biologiques, essentielles pour préparer les entretiens médicaux et personnaliser les parcours de soins.

    L’ensemble de l’approche repose sur une prise en charge individualisée :

    • Questionnaires médicaux.
    • Analyses biologiques approfondies.
    • Modélisation numérique des risques.
    • Explorations médicales appuyées par l’imagerie.

    Une offre RH et RSE orientée retour sur investissement

    Déployée en lien avec les enjeux RH et RSE des entreprises, l’offre du Pôle Santé Bergère améliore la performance organisationnelle (réduction de l’absentéisme, maintien dans l’emploi, attractivité employeur). Elle couvre plusieurs segments :

    • Bilans de santé personnalisés.
    • Dépistages précoces.
    • Programmes dédiés à la santé des séniors, des aidants, des femmes, et à la santé mentale.
    • Dispositifs d’inclusion comme Handi’care.

    Avec Biogroup, le Pôle Santé Bergère lance également le dispositif « Bergère près de chez vous ». Ce programme mobile intervient directement en entreprise, combinant actions de sensibilisation, formats conférences, dépistages ciblés, prélèvements, explorations fonctionnelles (TMS, constantes, échographies), et téléconsultations de suivi.

  • Dépendance des seniors : 365 000 places en Ehpad à créer d’ici 2050 selon les projections du modèle LIVIA

    La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publie une mise à jour des données du modèle LIVIA, qui permet de projeter les besoins d’accompagnement à l’autonomie des personnes âgées de 60 ans ou plus, selon leur lieu de vie, leur âge, leur sexe et leur niveau de dépendance, sur la période 2021-2070.

    Développé à partir du modèle EPP4 co-construit avec l’Insee, LIVIA repose notamment sur les projections démographiques Omphale 2022 et les résultats des enquêtes Autonomie-Ménage 2022, EHPA 2019 et de la Base interadministrative des établissements. Il distingue les personnes âgées, vivant en logement ordinaire, en résidence autonomie ou en Ehpad, et propose également des estimations du nombre de bénéficiaires de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), selon deux définitions de la perte d’autonomie : l’une administrative, l’autre « épidémiologique », fondée sur des limitations d’activité déclarées.

    Deux scénarios pour anticiper les besoins en structures d’accueil

    Le modèle peut être utilisé selon deux hypothèses distinctes :

    • Scénario 1 : maintien des pratiques actuelles d’entrée en Ehpad. Ce scénario permet d’estimer le nombre de places supplémentaires nécessaires pour accompagner l’évolution démographique.
    • Scénario 2 : stabilisation du nombre de places en Ehpad. Le modèle évalue alors le report nécessaire vers d’autres formes d’habitat accompagné, comme les résidences autonomie.

    En 2050, 23 millions de personnes âgées de 60 ans ou plus en France

    Dans l’hypothèse intermédiaire d’une augmentation parallèle de l’espérance de vie globale et de celle sans perte d’autonomie, la population de seniors nécessitant une aide à l’autonomie progresserait de 740 000 entre 2021 et 2050. À comportements constants en matière d’entrée en établissement, cela impliquerait la création de 365 000 nouvelles places en Ehpad. Un objectif difficile à atteindre, alors même que leur nombre a légèrement reculé entre 2019 et 2023. Si l’offre en Ehpad reste stable, les capacités des résidences autonomie, actuellement limitées à 110 000 places, devraient être multipliées par 4,6 d’ici 2050 pour absorber cette population dépendante, dans une logique de maintien à domicile renforcé et de développement de solutions d’habitats intermédiaires.

    Un outil de datavisualisation pour explorer les projections

    L’ensemble des projections issues du modèle LIVIA et de son prédécesseur EPP4 est accessible via l’application interactive Dataviz de la Drees. Les données sont consultables sous forme de graphiques personnalisables selon plusieurs critères : sexe, tranche d’âge, hypothèses démographiques, niveau de perte d’autonomie ou encore disponibilité des places en Ehpad.

  • Baromètre 2024 : les inégalités sociales pèsent toujours sur la santé des Français (Santé Publique France)

    Un état de santé globalement perçu comme bon, mais très inégal selon le niveau de vie

    Présenté le 11 décembre 2025, le nouveau baromètre de Santé publique France dresse un panorama nuancé de la santé des Français. Deux tiers des personnes interrogées se déclarent en bonne santé, mais ce taux tombe à 50 % chez les personnes en difficulté financière. L’étude, réalisée en 2024 sur un échantillon de 35 000 répondants âgés de 18 à 79 ans, met en évidence le rôle déterminant du niveau social sur la santé perçue et réelle. Les pathologies chroniques (diabète, hypertension, etc.) sont plus fréquentes chez les personnes moins diplômées ou à faibles revenus. À l’inverse, certaines pratiques à risque comme l’excès d’alcool ou la sédentarité concernent davantage les populations favorisées.

    Baisse du tabagisme, mais encore inégalement réparti

    Le recul du tabagisme quotidien est confirmé : moins d’une personne sur cinq fume désormais tous les jours, soit une diminution de 4 millions de fumeurs en dix ans. Santé publique France souligne toutefois des écarts importants selon les catégories sociales. Chez les personnes en difficulté financière, la part de fumeurs quotidiens atteint encore 30 %.

    Santé mentale : des indicateurs préoccupants et inégalement répartis

    La santé mentale reste un sujet d’alerte : 16 % des adultes ont connu un épisode dépressif en 2024, et 5 % ont eu des pensées suicidaires. Les jeunes, les femmes et les personnes en situation de précarité sont les plus touchés. Parmi les personnes dépressives, les hommes sont surreprésentés parmi celles qui ne sont pas prises en charge : 53,9 % contre 37,9 % chez les femmes.

    Un tiers des Français signalent des troubles du sommeil persistants

    Le sommeil, facteur déterminant de santé mentale, reste perturbé. Les Français dorment en moyenne sept heures et demie par nuit, mais un tiers déclarent souffrir d’insomnies, en particulier les femmes de plus de 50 ans.

    Vaccination, résistance aux antibiotiques : des lacunes persistantes en information

    Si près de 80 % des répondants se déclarent favorables à la vaccination, ce chiffre est en net recul par rapport au début des années 2000 (environ 90 %). La défiance reste marquée à l’égard du vaccin contre le Covid-19, rejeté par un quart des interrogés. Par ailleurs, 40 % des personnes déclarent ne jamais avoir entendu parler de la résistance aux antibiotiques, et autant ignorent que ces médicaments sont inefficaces contre la grippe, malgré les campagnes de sensibilisation. Enfin, 80 % des Français affirment avoir été confrontés à un événement climatique extrême, en majorité des épisodes de canicule.

    Méthodologie : Le baromètre repose sur une enquête téléphonique menée en 2024 auprès d’un panel représentatif de 35 000 adultes. Santé publique France actualise cet outil depuis près de trente ans pour suivre l’évolution des comportements et perceptions liés à la santé.