Plus de 2 milliards de dollars levés en Europe en 2025, malgré la baisse du nombre de tours
Le dernier rapport TechBio x AI Drug Discovery, publié en partenariat avec Dealroom.co, confirme l’évolution du TechBio : d’un secteur expérimental à un pilier opérationnel du développement pharmaceutique. En 2025, ce sont 31 médicaments découverts par IA qui sont entrés en phase clinique, plus de 150 nouvelles entreprises créées, et plus de 30 contrats signés entre laboratoires pharmaceutiques et acteurs des TechBio. Le recours à l’IA dans la R&D pharmaceutique devient systémique : environ 30 % des médicaments en cours de développement y font appel. Parallèlement, les investissements dans le secteur européen dépassent déjà les 2 milliards de dollars cette année, plaçant 2025 au troisième rang historique malgré une baisse du nombre de levées, concentrées sur des projets plus avancés.
2025 : 8 IPO dans les TechBio européen, les critères de qualité se durcissent
L’analyse des investissements révèle un marché en cours de structuration. En Europe, les fonds de capital-risque se resserrent autour de jeunes entreprises jugées prometteuses : même montant investi qu’en 2024, mais sur un nombre plus restreint de tours. Cette logique de sélection confirme une montée en maturité du secteur. Le Royaume-Uni domine toujours en montant levé, porté par le tour de table de 600 millions de dollars d’Isomorphic Labs. L’Espagne se distingue avec Quibim (50 M€) et Deepull (50 M€), tandis que la France suit avec Bioptimus (41 M€) et SeqOne (20 M€). Ces hubs reflètent une concentration des talents en IA biomédicale et une volonté d’industrialisation.
Le marché reste orienté vers des fusions-acquisitions privées. Les IPO se raréfient, avec des critères de qualité stricts que seules 15 % des entreprises européennes remplissent ; 8 introductions en bourse ont été comptabilisées en 2025. Parmi les acquéreurs actifs : Takeda, Novartis, AstraZeneca, Abbott ou encore GE Healthcare. Ces groupes intègrent désormais les TechBio à leur stratégie d’innovation et d’enrichissement de pipeline, renforçant l’idée que les approches IA-first sont devenues essentielles.
Accélérer les essais cliniques
Les phases cliniques, qui concentrent 62 % des coûts de développement, sont historiquement peu digitalisées. En 2025, le financement du “clinical trial tech” atteint 200 millions de dollars, multiplié par 10 en dix ans. Cette dynamique traduit l’émergence d’acteurs spécialisés comme Rivia (plateforme d’opérations cliniques IA) ou Orakl Oncology (biobanque avatarisée pour stratification patient), qui optimisent délais, coûts et efficacité des essais.
La synthèse des molécules constitue un goulot d’étranglement pour la mise au point de nouveaux médicaments. Elle subit un double choc :
- Un taux d’échec élevé (50 % des réactions).
- Un déficit de main-d’œuvre (40 % des chimistes proches de la retraite) et une forte dépendance à la sous-traitance.
De nouveaux entrants, comme OnePot.AI, associent IA, robotique et automatisation pour industrialiser la chimie de synthèse. Cette niche dépasse déjà 200 millions de dollars levés en 2025, sans tour de late-stage, et ambitionne de transformer la synthèse en un système intelligent, programmable et plus prédictible. Le paysage décrit dans le rapport 2025 se distingue des éditions précédentes : les technologies ne sont plus en démonstration mais intégrées aux processus industriels. Des domaines jusqu’ici périphériques — essais cliniques, chimie — deviennent des axes importants de transformation.