L’IA en santé reste opaque pour les usagers (4 patients sur 10 savent pas que les médecins l’utilisent)
Le baromètre Data & IA en santé, réalisé par Toluna pour l’Acsel, révèle une adoption massive de l’intelligence artificielle (IA) par les professionnels de santé : 90 % déclarent l’utiliser dans leur pratique quotidienne. Les cas d’usage sont variés, allant de l’aide au diagnostic à la planification des soins, en passant par la formation ou l’analyse épidémiologique. Pourtant, cette réalité technologique reste largement méconnue du grand public. Quatre Français sur dix ne savent pas si leur praticien utilise l’IA, et 20 % pensent que ce n’est pas le cas. Seul un professionnel sur deux informe ses patients de cet usage, alors que 84 % des citoyens aimeraient en être avertis.
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Des usages qui précèdent les cadres
Le phénomène de « Shadow IA » est souligné dans l’étude : l’utilisation des outils devance l’encadrement institutionnel. Les cadres de gouvernance, les standards de formation et les dispositifs d’information sont encore en construction. La confiance reste nuancée : l’IA est perçue comme une opportunité, mais la supervision humaine et la protection des données sont attendues comme des garanties minimales. 91 % des soignants demandent un cadre d’usage clair et contrôlé. La confidentialité, les biais et la responsabilité en cas d’erreur figurent parmi les principales préoccupations exprimées lors de l’événement de restitution organisé le 11 décembre à Paris.
Structurer la formation et l’accès aux données
Le baromètre pointe également le besoin d’une formation neutre, universitaire et transversale. L’objectif est de donner les bases pour une utilisation responsable. Plusieurs intervenants ont évoqué l’idée d’un « permis de conduire de l’IA » en santé. Autre point critique : l’accès aux données de santé, jugé encore trop lent et trop complexe pour permettre un développement fluide de l’innovation. Les enjeux d’interopérabilité et de qualité des données, notamment pour les usages en prévention et en gestion des maladies chroniques, sont considérés comme prioritaires.
Vers une nouvelle gouvernance numérique en santé
L’étude met en lumière un virage déjà amorcé : l’IA s’inscrit dans une logique de parcours de soins, au service de l’identification précoce des risques, de la personnalisation de la prévention, et de la réduction de l’errance thérapeutique. Les messages clés convergent vers trois impératifs : des données accessibles et fiables, une formation structurée, et un climat de confiance encadré par des principes opérationnels.