Actualité

  • Tunstall Vitaris : la téléassistance préventive

    L’entreprise a lancé son dispositif de téléassistance en septembre 2024 en utilisant différents outils.

    Les nouvelles technologies pour une surveillance fine du comportement

    Au domicile de la personne en perte d’autonomie est installé dans chaque pièce un capteur « passif » pour suivre les activités qui s’y déroulent. Ainsi par exemple, un capteur sur le frigidaire permet de savoir si la personne s’alimente ou bien sur une porte pour savoir si la personne sort aussi régulièrement que d’habitude. En outre, une ou plusieurs caméras sont installées pour renseigner sur d’éventuels incidents, une chute par exemple, ou sur des changements d’habitude, comme des journaux non ouverts ou tout autre glissement d’activité. Les informations sont transmises à une centrale d’écoute ouverte 24h sur 24 et susceptible d’alerter les secours en cas d’urgence.

    L’IA pour analyser les comportements.

    L’IA utilise les données accumulées depuis un an auprès de 2000 clients : nombre d’appels, motifs et heures des appels, etc. En croisant les données ainsi recueillies elle peut repérer des signaux faibles en cas de changement dans les comportements observés. Deux semaines d’apprentissage suffisent à cet outil pour pouvoir s’adapter à chaque situation. En cas de besoin, l’IA déclenche une alerte et génère un plan d’action. Les informations recueillies sont envoyées à l’équipe de soins, ergothérapeute ou infirmière, qui fait le lien avec la famille. Il est prévu au moins un rapport par semaine, transmis à la famille. Tunstall Vitaris fait état de retours très positifs des services à domicile et des aidants, rassurés par la surveillance dont bénéficie la personne âgée à son domicile. Les professionnels indiquent être davantage en mesure de personnaliser leur plan d’aide à la situation réelle.

    Quant aux seniors, ils sont rassurés sur la discrétion et l’éthique du dispositif : respect du RGPD, la vidéo restant sur place. Ils ne le vivent pas comme intrusif mais comme une aide nécessaire pour rester à leur domicile.

     

  • 3,94 milliards d’euros de coûts liés à la dépression des jeunes selon une modélisation française

    95 paramètres intégrés dans la microsimulation : 590 000 cas de dépression supplémentaires modélisés sur 22 ans

    Une équipe de chercheurs dirigée par Nicolas Hoertel (hôpital Corentin-Celton, AP-HP), Frédéric Limosin et Henri Leleu a développé un modèle de microsimulation portant sur 18,6 millions de jeunes Français nés entre 1990 et 2012 et suivis sur la période 2000–2022.
    Ce modèle intègre 95 paramètres, combinant données sociodémographiques, comportements de santé et exposition aux plateformes numériques. Les analyses ont été conduites entre août 2024 et juillet 2025. Selon les simulations, un usage excessif des réseaux sociaux serait associé à 590 000 cas supplémentaires de dépression au cours de la vie, 799 décès par suicide et 137 000 années de vie en bonne santé perdues. L’impact économique global est estimé à 3,94 milliards d’euros.

    Interaction entre comportements numériques et sociodémographie

    Une hausse de la dépression féminine de 2 % à 10 % entre 2014 et 2022

    Les chercheurs soulignent que la dépression des adolescents découle d’une interaction entre plusieurs facteurs de risque : adversités précoces, inactivité physique, surpoids et usage de substances. L’exposition prolongée aux réseaux sociaux renforcerait ces vulnérabilités.
    Les mécanismes évoqués incluent la baisse de l’estime de soi, le cyberharcèlement, la perturbation du sommeil et l’addiction numérique. L’étude observe également des différences selon le genre : l’augmentation de la prévalence de la dépression entre 2014 et 2022 touche particulièrement les filles, passant de 2 % à 10 %.

    Trois scénarios testés montrent jusqu’à 14,7 % de réduction des troubles dépressifs

    Le modèle a permis d’évaluer l’effet de trois scénarios :

    • Limiter l’usage quotidien à une heure réduirait la prévalence cumulée de la dépression de 14,7 %.
    • Remplacer 30 minutes sur les réseaux par 30 minutes d’activité physique ferait baisser cette prévalence de 12,9 %.
    • Supprimer l’usage des réseaux pour les 8,5 % d’adolescents les plus à risque permettrait une diminution de 12 %.

    Ces résultats suggèrent qu’une régulation raisonnée du temps d’écran et un soutien ciblé aux jeunes vulnérables pourraient réduire significativement la charge de morbidité liée à la dépression.

    Validation des stratégies dans la vie réelle encore nécessaire

    Les auteurs rappellent que la microsimulation ne permet pas d’établir un lien causal formel entre les réseaux sociaux et la dépression. L’étude repose sur le temps d’exposition et non sur la nature des contenus ou la qualité des interactions.
    Les essais cliniques randomisés étant difficilement réalisables, ces résultats constituent néanmoins le niveau de preuve le plus robuste disponible à ce jour. Ils ouvrent la voie à des stratégies ciblées de prévention numérique et à une meilleure articulation entre politiques de santé publique et régulation des plateformes en France.

     

    Hoertel N, Olfson M, Blanco C, Biscond M, Limosin F, Sánchez-Rico M, Blachier M, Leleu H. Impact of excessive social media use on adolescent depression and its consequences in France: An individual-based microsimulation model. PLOS Medicine. 2025 Oct 21; 22(10): e1004737.

     

  • AI Act : Bruxelles accorde un délai aux fournisseurs d’IA à haut risque jusqu’en 2027

    Un délai d’adaptation pour les acteurs de l’IA

    La Commission européenne prévoit de repousser certaines dispositions du règlement sur l’intelligence artificielle. Les entreprises opérant des systèmes d’IA à haut risque — notamment dans les domaines de la biométrie et du recrutement — bénéficieront d’un sursis d’un an avant toute sanction. L’objectif est de leur laisser le temps d’adapter leurs processus internes à la nouvelle réglementation.

    Les fournisseurs de modèles d’IA générative déjà commercialisés avant l’entrée en vigueur du texte, parmi lesquels OpenAI et Mistral AI, seraient temporairement dispensés de certaines obligations. Les exigences liées à la transparence et à l’explicabilité ne s’appliqueraient qu’à partir d’août 2027, afin de permettre la mise en place des infrastructures techniques nécessaires.

    Un pilotage européen renforcé pour la conformité

    Au-delà du calendrier, la Commission européenne entend consolider le rôle du Bureau européen de l’intelligence artificielle. Chargé d’assurer une application uniforme du règlement, cet organe se verrait confier des missions élargies de contrôle et de coordination entre États membres. Bruxelles souhaite ainsi maintenir la cohérence réglementaire tout en limitant la charge administrative pesant sur les développeurs et les utilisateurs.

    Un compromis sous tension diplomatique

    Cette inflexion s’inscrit dans un contexte de tensions transatlantiques. L’administration américaine, appuyée par les grandes plateformes numériques, juge l’AI Act trop contraignant et susceptible de freiner les échanges commerciaux.  Bruxelles cherche à éviter toute rupture de coopération avec Washington, notamment dans les domaines de la défense et du renseignement.

  • Health&Tech Summit 2025 : L’intelligence artificielle et la donnée, moteurs de la transformation du système de santé

    Le Health&Tech Summit 2025 approche à grands pas. Les 16 et 17 décembre prochains, Marseille accueillera plus de 300 décideurs, chercheurs, hospitaliers et entrepreneurs venus de plusieurs pays pour deux jours de débats, de démonstrations et de retours d’expérience sur la transformation des systèmes de santé par l’intelligence artificielle et la donnée.

    D’ici là, chaque semaine, nous publierons un article pour explorer les thématiques phares du Summit : innovations IA et data en santé, intégration hospitalière, gouvernance européenne, programmes de prévention, retours de terrain ou encore stratégies d’écosystèmes. Ces articles vous permettront d’en découvrir les grands enjeux, les intervenants clés et les temps forts à ne pas manquer.

    Voici le premier article de cette série, qui pose le décor du Health&Tech Summit 2025 : les grands axes du programme, les innovations attendues et les perspectives pour les acteurs du numérique en santé.

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    Innovations IA et données de santé : échanges, études de cas et retours de terrain

    Le Health&Tech Summit 2025, organisé à Marseille les 16 et 17 décembre 2025 est une conférence de référence sur la transformation des systèmes de santé par l’intelligence artificielle et la donnée. Réunissant plus de 300 décideurs, hospitaliers, chercheurs et start-ups de 24 pays, ce rendez-vous place la discussion sur les applications concrètes de l’IA et la structuration de l’information médicale au centre des enjeux.​
    Les sessions plénières et les ateliers mettent en valeur les avancées génératives, l’automatisation des workflows hospitaliers, la génération de cohortes synthétiques pour la recherche clinique, la prédiction des risques patients ou encore la coordination du parcours de soins grâce à la data science. Des retours d’expérience hospitaliers et industriels internationaux illustreront l’impact direct des plateformes de données et de l’IA dans l’organisation, la prévention et la décision clinique.​

    Programmes de formation et livrables méthodologiques

    Le sommet offre un dispositif original de masterclasses, avec mise en situation sur :
    • La validation scientifique de solutions IA.
    • L’évaluation éthique.
    • La conformité réglementaire (AI Act, RGPD).
    • La feuille de route pour le déploiement industriel et hospitalier.
    Ces formats, pilotés par des experts hospitaliers et régulateurs européens, permettent aux participants de repartir avec des guides pratiques, checklists et retours d’expérience structurés, validés collectivement.

    EHDS, Gouvernance, cadre juridique et éthique des usages IA/data

    Un focus particulier se dessine sur les questions réglementaires et d’organisation : gestion des droits d’usage de la donnée, construction de référentiels européens (AI Act, EHDS), modalités d’évaluation par les autorités (EMA, ANSM…), et retours des institutions pilotes sur le déploiement à grande échelle.
    Les sessions insistent également sur l’importance de l’interopérabilité, de la qualité des données, et de la confiance des usagers, via des ateliers collaboratifs réunissant industriels, DPO, médecins et institutionnels.​

    3 temps forts du programme : 

    Accélération de la recherche : l’usage des données synthétiques

    Un des temps forts du programme porte sur la façon dont l’intelligence artificielle accélère la recherche biomédicale grâce à la génération et l’exploitation de données synthétiques. Ces approches permettent de contourner les limitations des cohortes réelles, en particulier pour les maladies rares, d’accélérer la constitution d’échantillons, de simuler des essais cliniques et de réduire les biais de sélection. Des experts partageront des guides méthodologiques pour garantir la robustesse des modèles, la validation réglementaire et l’acceptabilité éthique de cette innovation.​

    Intégration IA et data dans les hôpitaux : fluidifier les opérations

    Plusieurs ateliers et panels sont consacrés à la transformation organisationnelle hospitalière : automatisation des workflows, optimisation des parcours de soins, gestion intelligente des ressources, et prédiction précoce des risques patients via les plateformes IA. L’IA appliquée aux données cliniques permet de décloisonner les services, d’augmenter la coordination multidisciplinaire et de limiter les ruptures de prise en charge. Le Summit présentera également des cas concrets de déploiement, les freins rencontrés (interopérabilité, formation des équipes) et les facteurs de succès, illustrant une montée en compétence collective et une amélioration de l’efficience hospitalière.​

    Passage à l’échelle des programmes de prévention : segmentation, stratification et personnalisation

    La question centrale de la prévention à l’ère de l’IA et des data est portée dans plusieurs sessions. Les intervenants- analyseront comment les plateformes de gestion de données permettent de segmenter la population, de stratifier les risques selon des modèles prédictifs et d’individualiser les programmes, en particulier pour les maladies chroniques et le dépistage à grande échelle. Les retours d’expérience montrent que l’association IA/data peut permettre d’anticiper les complications, orienter vers les meilleurs parcours et personnaliser l’accompagnement, tout en respectant les enjeux éthiques et de gouvernance.

    Des experts au service de l’action

    La Conférence mobilise des intervenants référents : directeurs de la transformation digitale hospitalière, data scientists, responsables éthique, chefs de programmes IA et juristes spécialisés. Les discussions permettront de croiser les visions stratégiques et opérationnelles, de partager des bonnes pratiques d’intégration et de poser les jalons de projets collaboratifs. Ce foisonnement d’expertises contribue à accélérer la montée en compétences et la structuration d’une « Health&Tech intelligence » partagée, clé pour la transformation du système de santé européen.​

    Startups et écosystèmes d’innovation au cœur du programme

    Le Summit accorde une place centrale aux startups, scale-ups et clusters d’innovation spécialisés dans l’IA et la data en santé. Un espace dédié leur permet de présenter prototypes, solutions avancées (segmentation de populations, prévention automatisée, IA clinique) et stratégies de passage à l’échelle devant un panel composé d’établissements hospitaliers, d’investisseurs et de pôles d’innovation. Les jeunes entreprises bénéficient de masterclasses spécifiques sur la validation scientifique, l’accès aux marchés internationaux et le déploiement partenarial, ce qui favorise une fertilisation croisée entre entrepreneurs, cliniciens et décideurs. Cette dynamique valorise des collaborations intersectorielles concrètes.

    L’exploration des projets phares de l’APHM et de l’IHU

    Le Health&Tech Summit met également en avant les initiatives menées par l’AP-HM (Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille) et l’IHU (Institut Hospitalo-Universitaire), qui s’imposent comme catalyseurs européens de la transformation numérique hospitalière. Avec plus de 125 projets de recherche technologique soutenus par 45 M€ d’investissements, l’AP-HM expose ses démarches d’expérimentation à grande échelle : automatisation du parcours patient, IA pour la gestion prédictive des flux et surveillance clinique, plateformes de données pour la recherche translationnelle. L’IHU, centre d’excellence, partage ses programmes de médecine personnalisée et l’intégration de l’IA à la prévention des épidémies, démontrant ainsi la capacité de ces institutions à structurer l’écosystème et à renforcer l’attractivité du territoire pour les talents et les partenariats internationaux.​
    Pour découvrir le programme et participer : Health and Tech Summit 2025 (programme)
  • Note aux abonnés : Comment financer la santé populationnelle ? Réponses et retours d’expérience au workshop H&TI le 18.11

    Chers membres,
    La transformation de notre système de santé vers une approche populationnelle ne pourra se concrétiser sans modèles économiques viables et pérennes. C’est tout l’enjeu de notre prochain workshop.

    📅 Rendez-vous le 18 novembre | 13h30-15h30 | à Parisanté Campus

    Dans la continuité de nos travaux préparatoires au livre blanc PHM (co-publication avec le CRAPS début 2026), ce 3ème workshop explorera une question importante : comment financer et organiser durablement la santé populationnelle ? Face à la pression démographique, l’explosion des maladies chroniques et les contraintes budgétaires, les acteurs publics et privés expérimentent de nouveaux modèles organisationnels et financiers.
    Ce workshop vous permettra de :
    • Comprendre les 3 approches complémentaires émergentes en France.
    • Échanger avec les pionniers de ces modèles innovants.
    • Anticiper les évolutions réglementaires et stratégiques à venir.
    • Contribuer activement à la réflexion collective qui nourrira le livre blanc 2026.

    3 modèles à l’étude :

    1. Modèle plateforme – Financement par les entreprises et mutuelles
      Intervenant : Vivoptim
    2. Modèle national – Organisation publique centralisée
      Intervenant : ICOPE
    3. Modèle territorial – Bundle de financements régionaux
      Intervenant : GRADes / acteur de territoire (à confirmer)

    Un cercle d’expertise unique

    Vous rejoindrez les décideurs et experts qui façonnent l’avenir de la santé populationnelle : ARS, AIS, CPTS, GRADes, assureurs, mutuelles, et acteurs innovants.
    Places limitées – Inscription gratuite pour les abonnés HTI
    • Abonnés Essentiel : 1 représentant/organisation
    • Abonnés Premium : 2 représentants/organisation
    • Date limite d’inscription : 15 novembre
    Confirmez donc votre place avant le 15 novembre : https://evenium.events/workshopphm18nov
  • JO : La commission de référencement de Mon espace santé reconduite avec 3 nouveaux membres

    La nouvelle composition

    • Entrants : Fanny Boucehaba et Frédéric Bernard, participants au comité citoyen associé à la gouvernance du numérique en santé, remplacent Anne‑Claire Montaner et Henri Debise.​
    • Entrant : Nicolas Bonnet, nommé par le secrétariat général pour l’investissement (SGPI) pour ses compétences en développement économique du secteur numérique, remplace Julien Mercier.​
    • Membres reconduits : Margo Bernelin, personnalité qualifiée CNIL pour l’éthique du numérique et la protection des données ; Claude Chaumeil, représentant des usagers désigné par l’Unass; Philippe Szidon, personnalité qualifiée du collège de médecine générale ; Eric Poiseau, personnalité qualifiée pour ses compétences techniques.

    Rôle et cadre réglementaire

    La commission évalue les dossiers de référencement des services candidats au catalogue de Mon espace santé sur la base d’exigences de sécurité, d’interopérabilité, d’urbanisation, d’éthique, de qualité de contenu médical et de conformité RGPD, puis émet un avis transmis au ministre pour décision finale. Le cadre a été actualisé en juin 2025 avec un référentiel V3, ce qui simplifie le parcours. La doctrine 2025 précise que la commission statue sur l’inclusion des services au catalogue, après un processus de conformité et d’évaluation piloté par l’État.​

    ​Le renouvellement soutient une gouvernance pluraliste associant citoyens, usagers, professionnels de santé, experts techniques et protection des données, afin d’assurer un catalogue cohérent et de confiance pour les usagers.

    Légifrance. Arrêté du 2 octobre 2025 portant nomination des membres de la commission de référencement des services et outils numériques au catalogue de service de l’espace numérique de santé. 2025 Oct 26.

     

  • Un DMDIV français à IA embarquée détecte le cancer précocement

    19,3 millions de nouveaux cancers par an selon l’OMS

    Un consortium français dévoile un dispositif de diagnostic in vitro intégrant l’IA capable d’améliorer la détection précoce des cancers de manière plus rapide et plus sensible. Le cancer est une priorité sanitaire planétaire, en hausse continue : l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recense plus de 19,3 millions de cas annuels et 10 millions de décès. L’approche conventionnelle immuno-enzymatique ou PCR révèle ses limites :

    • Sensibilité : 75–85% selon type tumoral ;
    • Délai moyen : 48 h ;
    • Coût unitaire : jusqu’à 220 €.

    3,8 M€ investis pour le DMDIV IA-Dx Paris-Saclay-Inserm

    Sous l’égide du laboratoire IA-Dx (Département Biomédical Université Paris-Saclay) et de l’Inserm U1286, le consortium français a développé un dispositif microfluidique dopé à l’IA, optimisant la détection rapide des biomarqueurs sanguins pour cancers du sein, colorectal et hémopathies malignes. Financé à hauteur de 3,8 M€ par BPI France (Plan France 2030), l’innovation associe Roche Diagnostics et propose :

    • Un capteur multiparamétrique de biomarqueurs sanguins ;
    • Un algorithme supervisé, entraîné sur >15 000 patients ;
    • Un automatisme anti-erreur humaine, adaptable au contexte clinique.

    96 % de sensibilité prouvée sur 2 300 patients

    La validation multicentrique prospective (2024-2025) sur 2 300 patients (5 centres européens) démontre, face à la PCR et l’immuno-enzymie :

    • Sensibilité : 96,2% ;
    • Spécificité : 94,5% ;
    • AUC : 0,97 (p < 0,001).

    Ces résultats sont publiés dans l’American Journal of Multidisciplinary Research & Development (AJMRD). L’AUC (Area Under Curve) constitue ici un indicateur, attestant une performance diagnostique exceptionnelle. Les prochaines étapes incluent : essais cliniques élargis fin 2025, marquage CE-IVDR en 2026, et lancement global en 2027, avec une cible prioritaire pour le dépistage précoce, la médecine de précision et les zones à ressources limitées.

     

  • Etude : un risque d’erreurs quand l’IA remplace les patients dans les essais (arXiv)

    La fiabilité des patients virtuels en question

    Les essais randomisés constituent la référence pour évaluer l’efficacité d’un traitement, mais leur réalisation se heurte souvent à des difficultés de recrutement et à des coûts croissants. Pour accélérer ces études, certaines équipes explorent l’idée d’ajouter des « patients virtuels » générés par intelligence artificielle afin de compléter les groupes témoins. Ces modèles d’intelligence artificielle, capables de créer des profils de patients à partir de données réelles promettent de créer des jumeaux numériques mais la fiabilité scientifique de ces approches n’avait encore jamais été testée de manière empirique.

    Alex Fernandes, Raphaël Porcher, Viet-Thi Tran et François Petit (Université Paris Cité, Inserm, AP-HP, CRESS) ont évalué la robustesse de cette méthode à partir de deux essais historiques sur l’accident vasculaire cérébral : l’International Stroke Trial (IST, 19 435 patients) et IST3 (3 035 patients).
    Les chercheurs ont simulé des essais dans lesquels le recrutement du groupe témoin était interrompu après 10 % ou 50 % des inclusions, le reste des patients étant généré artificiellement à l’aide de deux modèles d’intelligence artificielle (CTGAN et TVAE). Ces algorithmes, entraînés sur les données des premiers participants, ont permis de créer des profils synthétiques censés reproduire l’évolution clinique des malades réels. Les effets mesurés dans ces essais « augmentés » ont ensuite été comparés à ceux observés dans les études réelles.

    Les résultats de leurs travaux ont été publiés en juillet 2025 sur la plateforme arXiv.

    Résultats : Plus de 60% d’erreurs

    – Dans les deux essais (IST et IST3), les traitements testés n’avaient montré aucun effet significatif dans les études originales.

    – Lorsqu’une partie du groupe témoin a été remplacée par des patients virtuels, les conclusions ont radicalement changé :

      • Avec seulement 10 % de vrais témoins, les modèles d’IA faisaient apparaître un effet bénéfique artificiel.
      • Avec 50 % de vrais témoins, ils produisaient parfois un effet inverse, laissant croire à une toxicité du traitement.
    • Dans près de deux tiers des essais simulés (64 %), le résultat devenait faussement « significatif ».
    • Dans un cas sur cinq (22 %), les estimations issues de l’IA étaient incompatibles avec celles obtenues dans les essais réels.

    Les chercheurs montrent que ces écarts ne proviennent pas d’un modèle en particulier, mais d’un biais de conception : les algorithmes reproduisent surtout les caractéristiques du petit groupe de patients utilisés pour leur apprentissage, sans tenir compte de la diversité réelle des malades.
    Ils avertissent qu’un essai complété par des patients virtuels n’évalue plus l’effet réel d’un traitement, mais celui appris par le modèle.

    A la recherche de garde-fous

    Pour rendre ces approches plus fiables, ils évoquent deux pistes : d’une part, entraîner les IA sur des données extérieures à la cohorte, issues par exemple de registres ou de dossiers médicaux, afin d’élargir la variété des profils ; d’autre part, ajouter des garde-fous mathématiques qui obligeraient les algorithmes à rester cohérents avec les connaissances médicales existantes (par exemple, qu’un traitement efficace ne peut pas devenir délétère sans raison).
    En attendant, rappellent-ils, les essais cliniques menés sur des patients réels restent la seule méthode solide pour mesurer l’efficacité d’un traitement.

    * Evaluating virtual-control-augmented trials for reproducing treatment effect from original RCTs

    Alex Fernandes, Raphaël Porcher, Viet-Thi Tran, François Petit
    arXiv:2507.16048

     

  • Vitality et Google Cloud lancent “Vitality AI” pour 13 millions de clients dès 2026

    • Vitality AI, nouvelle plateforme fondée sur Vertex AI et les modèles Gemini, analysera plus de 2 800 paramètres anonymisés pour des recommandations santé individualisées.
    • Déploiement prévu à l’été 2026 au Royaume‑Uni et en Afrique du Sud, avant une extension à 13 millions de clients dans les marchés partenaires et aux US.
    • Priorité affichée : la prévention des maladies non transmissibles responsables de la majorité de la mortalité mondiale (OMS).
    • Les recommandations personnalisées entraînent +19 % de détection précoce et un dépistage multiplié par 5,5 selon les analyses internes de Vitality.
    • Les partenariats avec Fitbit et Health Connect renforcent l’écosystème devices et le partage sécurisé des données de santé.
    • Une collaboration avec YouTube Health vise à diffuser à l’échelle mondiale des contenus fiables et validés médicalement.

    2 800 paramètres et un socle de personnalisation

    Lancement au UK et Afrique du sud d’abord

    La plateforme Vitality AI repose sur Vertex AI et les modèles Gemini intégrés aux données anonymisées de Vitality, avec un objectif de recommandations santé individualisées à grande échelle pour prévention et longévité. Les jeux de données couvrent plus de 2 800 paramètres incluant comportements de vie, risques cliniques et propension aux incitations, afin d’ajuster l’intensité et le contenu des conseils. Le lancement opérationnel interviendra en 2026, avec un démarrage à l’été 2026 au Royaume‑Uni et en Afrique du Sud, avant une extension aux marchés partenaires puis aux États‑Unis pour atteindre 13 millions de clients.

    Priorité de prévention populationnelle, surtout pour les + 50 ans

    L’initiative cible la réduction des maladies non transmissibles, qui contribuent à la mortalité mondiale, en agissant sur des comportements modifiables responsables d’une part significative de morbidité au Royaume‑Uni. La stratégie associe prévention individualisée et incitations comportementales pour prolonger les années de vie en bonne santé, optimiser les coûts opérationnels et améliorer les ratios de sinistres dans un cadre de Shared Value Insurance. Les bénéfices attendus sont renforcés chez les plus de 50 ans et les personnes atteintes de maladies chroniques, avec des gains documentés sur le sommeil et l’utilisation des services.

    Recommandations personnalisées : +19% de détection précoce et dépistage multiplié par 5,5

    Les recommandations personnalisées s’accompagnent d’une hausse des dépistages par 5,5 et d’une amélioration de 19% de la détection précoce des cancers selon les analyses internes de Vitality. En Afrique du Sud, une comparaison 2024 vs 2025 sur 220 000 membres montre des hausses des taux de Vitality Health Check de 5% à 27%, des dépistages de la prostate de 5% à 25%, et des mammographies de 10% à 21% sur les populations éligibles. Une modélisation d’inférence causale 2012–2025 indique une réduction de 18,7% du risque de diagnostic à un stade avancé avec l’adhésion aux dépistages, et rappelle des écarts de survie à 5 ans pour le cancer colorectal de 91% au stade localisé contre 53% au stade avancé.

    Écosystème devices : partenariat Fitbit et YouTube Health pour les utilisateurs

    Google Cloud confirme des contrôles stricts de sécurité et de confidentialité, avec la maîtrise des données par les clients et des accès via l’infrastructure de Cloud certifiée pour la santé. Le partenariat prévoit une intégration renforcée avec Health Connect pour le partage sécurisé des données des membres, un renforcement du partenariat avec Fitbit et une collaboration avec YouTube Health pour une chaîne mondiale de contenus fiables. Google est positionné comme partenaire stratégique pour l’industrialisation internationale de Vitality AI et la génération de trafic vers les contenus santé.

    Maureen Costello, vice‑présidente UK, Irlande et Afrique subsaharienne chez Google Cloud, met en avant des soins “hyper‑pertinents” à grande échelle, de la détection précoce à l’optimisation des traitements, via Gemini et les données Vitality. Adrian Gore, fondateur et PDG du groupe Discovery, présente une capacité augmentée de compréhension individuelle de la santé grâce à la combinaison des technologies IA et de l’expertise en changement comportemental, avec un recentrage sur la prévention. Vitality opère dans plus de 40 pays et touche plus de 49 millions de personnes, avec une disponibilité de Vitality AI annoncée en 2026 dans plusieurs pays avant extension progressive.

     

  • Imagerie médicale : Median Technologies dévoile eyonis LCS son logiciel d’IA pour la détection et le diagnostic du cancer du poumon

    Enseignements clés

    • eyonis LCS : Sensibilité de 93,3 % et spécificité de 92,4 % ;
    • Cancer du poumon : 98 % de guérison pour le cancer du poumon Stade 1 ;
    • eyonis LCS : Réduction des faux positifs (-68 %) et négatifs (-66 %) ;
    • Cancer du poumon : Marché annuel estimé à 2,9 milliards de dollars (États-Unis) ;
    • Dossiers déposés à la FDA (demande 510k) et pour le marquage CE (classe IIb).

    Health & Tech Intelligence a assisté à la conférence de presse qui s’est tenue à Paris le 5 novembre 2025 en présence de Fredrik Brag, CEO et fondateur de Median Technologies, ainsi qu’Antoine Iannessi, Chief Medical Officer et radiologue.

    Median Technologies, société française basée à Sophia-Antipolis, avec des filiales aux États-Unis et en Chine, y a présenté sa solution eyonis LCS, dédiée au diagnostic précoce des cancers par l’imagerie médicale et l’intelligence artificielle (IA). Le marché visé par Median est considérable : 2,9 milliards de dollars par an aux États-Unis pour le seul dépistage du cancer du poumon basé sur l’IA, avec une population cible en rapide expansion grâce à l’évolution des critères d’éligibilité.​

    Une sensibilité de 93,3% pour la détection et la caractérisation du cancer du poumon

    Eyonis LCS se distingue comme le premier logiciel dispositif médical intégrant les fonctions de détection (CADe) et de diagnostic (CADx) des nodules pulmonaires via l’IA, offrant une sensibilité de 93,3% et une spécificité de 92,4%. Conçu pour assister les radiologues à partir de scanners à faible dose, il ambitionne de rendre possible le déploiement de programmes de dépistage du cancer du poumon, avec à la clé des taux de guérison améliorés si les patients sont diagnostiqués plus tôt : « 98% des patients atteints d’un cancer du poumon en stade 1 sont guéris ». L’innovation réside aussi dans l’intégration parfaite dans les workflows hospitaliers via le PACS, la réduction drastique des faux positifs et négatifs (-68% et -66%), et le potentiel de déploiement sur d’autres cancers (prostate, pancréas, carcinome hépatocellulaire).​

    Intégration de eyonis LCS dans le workflow du radiologue

    La solution eyonis LCS s’intègre directement dans le workflow hospitalier. Les images issues du scanner (au format DICOM) sont stockées sur l’infrastructure locale de l’hôpital (hébergement ou cloud privé) et transitent par le PACS avant d’être analysées. Un gateway eyonis assure la liaison sécurisée avec le cloud Median : les images peuvent alors être traitées par l’IA soit localement, soit dans le cloud, puis un rapport DICOM enrichi est automatiquement renvoyé vers la station de revue du radiologue. Un clic suffit au radiologue pour analyser son image. Cette architecture hybride optimise l’interopérabilité tout en garantissant la confidentialité des données de santé.

    Un lancement commercial prévu au S1 2026 en Europe et aux USA

    La validation médicale du logiciel repose sur deux études pivot internationales, REALITY (août 2024) et RELIVE (mars 2025), qui ont démontré son efficacité et son innocuité sur plus de 1600 patients. REALITY (1147 patients) valide la performance intrinsèque de l’IA avec un AUC de 0,9035 (p < 0,001), tandis que RELIVE (480 patients) démontre une amélioration statistiquement significative du diagnostic radiologique (p = 0,027). Tous les critères secondaires exigés pour l’homologation américaine et européenne ont été atteints, soutenant ainsi les demandes d’AMM aux États-Unis et en Europe.

    Les dossiers réglementaires ont été déposés auprès de la FDA (demande 510k, approbation attendue Q1 2026) et pour le marquage CE (classe IIb, approbation Q2 2026), ouvrant la voie à des lancements commerciaux au premier semestre 2026 aux États-Unis puis en Europe.  L’importance du traitement et de la normalisation des données, ainsi que la compatibilité multi constructeurs ont également été soulignés pendant la conférence.​

    Enjeux stratégiques et médico-économiques

    Le déploiement des programmes de dépistage constitue une révolution dans la prise en charge du cancer du poumon, avec un double bénéfice : améliorer le pronostic des patients et optimiser les dépenses de santé en évitant des procédures inutiles.

    Le code de remboursement CPT III (650 $) existant depuis 2022 aux USA conforte l’intégration économique de la solution, tandis que l’Europe attend encore la consolidation d’un modèle logistique et la validation par de nouvelles études (ex : IMPULSION en France). La gestion de la logistique, la formation des centres, et l’organisation du workflow hospitalier restent des challenges majeurs, comme l’a reconnu un intervenant : « La grande question nationale, c’est comment gérer logiquement le dépistage généralisé… ».​

    Défis et attentes des autorités

    La généralisation du dépistage soulève des questions : crainte de l’INCa face à l’arrivée massive de patients asymptomatiques, nécessité de démontrer la valeur sur des nodules détectés fortuitement, adaptation aux différents systèmes nationaux (cloud aux USA, réseau hospitalier en France). Les attentes des autorités sont élevées, autour de la performance, de la sécurité, mais aussi de la robustesse dans la diversité des cas d’usage. Median se distingue par son ouverture à des partenariats avec les éditeurs de PACS et les constructeurs, pour garantir un déploiement fluide, comme avec Canon pour le déploiement au Japon et en Corée du Sud. Median technologies a également décidé de ne pas collaborer directement avec laboratoires pharmaceutiques.​

     « Notre ambition est d’aller en Asie, au Japon via Canon, et en Chine, où une nouvelle étude devra démontrer la valeur sur les nodules fortuits. »​

    L’année 2026 sera celle du lancement commercial d’eyonis LCS aux États-Unis puis en Europe.  L’extension de la suite logicielle à d’autres organes cibles (carcinome hépatocellulaire, prostate, pancréas, nodules pulmonaires fortuits) est prévue. La stratégie inclut des partenariats avec cliniques, distributeurs, sociétés savantes de radiologie et pneumologie, pour accompagner la transition numérique du dépistage du cancer. Par la suite, Median a également prévu un déploiement en Asie.

    Développements futurs sur de nouveaux organes

     

    Analyse prospective

    L’innovation eyonis LCS marque une étape dans le dépistage du cancer assisté par IA. La réussite dépendra de l’interopérabilité, de la normalisation de l’information, et d’une gouvernance anticipant les besoins des systèmes de santé. Le modèle économique par abonnement et via le cloud apporte une flexibilité, qui doit cependant être adaptée localement (Europe) et anticiper la transformation des flux patients. Median Technologies prépare l’expansion à d’autres organes et la création d’une plateforme universelle, mais la reconnaissance institutionnelle et le suivi des autorités sont des enjeux à suivre.