Actualité

  • Accord pharmaceutique UK–US : un coût d’1 milliard de livres pris sur le budget du DHSC

    Le gouvernement britannique a confirmé que le financement de l’accord pharmaceutique conclu avec les États-Unis sera prélevé sur le budget du Department of Health and Social Care (DHSC), relançant les inquiétudes sur ses conséquences pour le système de santé.

    Le ministre d’État chargé des Sciences, de la Recherche et de l’Innovation, Patrick Vallance, a précisé dans une lettre adressée à la Commons Science, Innovation and Technology Committee que le coût initial de l’accord est estimé à environ 1 milliard de livres sterling sur trois ans. Cette clarification met fin aux hypothèses d’un financement par le Trésor britannique et confirme que la charge reposera sur le budget du DHSC, dont dépend le NHS England.

    Des alertes sur un impact pour le NHS

    Plusieurs organisations alertent sur le risque d’un dérapage à moyen et long terme. Le groupe Global Justice Now estime que la facture pourrait atteindre jusqu’à 9 milliards de livres par an d’ici 2035. Une analyse publiée dans The Lancet avance une estimation plus basse, autour de 3 milliards de livres par an, tout en soulignant qu’un tel effort pourrait se traduire par des arbitrages défavorables aux dépenses de soins. À titre de comparaison, le budget annuel du NHS England s’élève à 196 milliards de livres, pour un budget global du DHSC de 202 milliards. Une hausse durable des dépenses pharmaceutiques alimente donc les interrogations sur la capacité à maintenir les services de première ligne.

    Le Royaume-Uni s’engage à accroître ses dépenses en échange d’un accès au marché américain

    Conclu fin 2025, l’accord prévoit le maintien de droits de douane à 0 % sur les médicaments exportés du Royaume-Uni vers les États-Unis. En contrepartie, Londres s’engage à augmenter de 25 % ses dépenses consacrées aux nouveaux médicaments. Cette hausse passera notamment par un relèvement du seuil de coût-efficacité utilisé pour recommander les traitements au remboursement par le NHS ainsi que par une modification du mécanisme de reversement des surcoûts.

    Les autorités américaines, sous l’administration Donald Trump, estiment que l’accord soutiendra l’investissement et l’emploi. Le gouvernement britannique met en avant un meilleur accès aux médicaments pour les patients.

  • Corti lance un framework multi-agents pour sécuriser le déploiement de l’IA en santé

    La startup de santé numérique Corti Inc. annonce le lancement de Corti Agentic Framework, une infrastructure multi-agents destinée aux secteurs de la santé et des sciences de la vie. L’objectif est de répondre aux limites observées de l’IA générative et de l’automatisation lorsqu’elles sont intégrées dans des workflows cliniques complexes, où des erreurs mineures peuvent rapidement produire des effets systémiques. Selon l’entreprise, ces risques restent souvent invisibles jusqu’à ce qu’ils affectent directement la prise en charge des patients ou l’équilibre financier des organisations de soins. Le framework vise à prévenir ces situations en imposant des règles déterministes et des garde-fous intégrés à l’exécution des agents.

    Orchestration, conformité et passage à l’échelle

    Le Corti Agentic Framework se présente comme une fondation technique pour concevoir, orchestrer et déployer des agents d’IA en production. Il repose sur une interface de programmation unique qui regroupe orchestration, mécanismes de contrôle et exigences de conformité réglementaire avec l’ambition de faciliter le passage du prototype à l’usage opérationnel.

    La bibliothèque inclut plusieurs briques :

    • Des agents d’IA capables de raisonner et d’agir.
    • Des experts, spécialisés sur des compétences précises.
    • Des capacités de composition multi-agents, permettant d’assembler agents et experts en fonction des tâches.

    Parmi les cas d’usage cités figurent des agents de codage médical pour la génération de documentation, des agents d’éducation clinique s’appuyant sur des sources fondées sur les preuves, des agents d’évaluation comparant les pratiques aux recommandations cliniques, ou encore des agents dédiés à la conciliation médicamenteuse.

    Des rôles strictement délimités pour les agents

    Le framework repose sur un principe de cloisonnement fonctionnel. Une fois un rôle défini, l’agent ne peut agir en dehors de son périmètre. Les experts, de leur côté, agrègent des compétences telles que la recherche dans des bases d’essais cliniques structurées, l’accès à des données médicamenteuses à jour, l’intégration de connaissances issues de PubMed, la réalisation de calculs médicaux ou la collecte de données en ligne.

    Des agents pour transcrire, structurer et préparer les actes médicaux

    Corti met en avant des scénarios d’assistance à la télésanté. Les agents peuvent intervenir dès l’accueil du patient, analyser l’historique médical, structurer les informations sur les traitements et allergies, ou préremplir des formulaires avant la consultation. Pendant l’échange, ils peuvent transcrire les propos, identifier les médicaments mentionnés, préparer des courriers d’orientation et simplifier la facturation. L’entreprise souligne que ces usages visent à réduire le temps consacré par les médecins à la relecture et à la rédaction de notes, un facteur fréquemment associé à l’allongement des délais d’attente et à la surcharge administrative.

    Un positionnement face aux modèles généralistes

    Corti indique compter aujourd’hui plus de 100 clients testant son framework dans des contextes de triage infirmier. Si des acteurs comme OpenAI ou Anthropic développent des modèles généralistes de plus en plus performants, l’entreprise estime que les usages cliniques nécessitent avant tout une infrastructure spécialisée.

    Le lancement s’accompagne d’une compatibilité annoncée avec les standards Agent-to-Agent et Model Context Protocol. Avec cette approche, Corti cherche à se positionner sur un maillon encore peu structuré de l’IA en santé : celui de l’orchestration contrôlée d’agents, pensée dès l’origine pour des environnements cliniques contraints par des exigences.

  • CNIL : 83 sanctions et 486,8 millions d’euros d’amendes en 2025, cookies en tête

    En 2025, la CNIL a adopté 259 décisions, dont 83 sanctions, 143 mises en demeure, 31 rappels aux obligations légales et 2 avertissements. Le montant total des amendes prononcées atteint 486 839 500 euros.

    Parmi les sanctions, 16 décisions ont été rendues par la formation restreinte selon la procédure ordinaire, tandis que 67 l’ont été dans le cadre de la procédure simplifiée, par le président de la CNIL ou un membre de cette formation. Dix décisions ont fait l’objet d’une publication.

    Procédure ordinaire Procédure simplifiée
    Conduite par la formation restreinte de la CNIL, elle s’applique aux dossiers complexes ou à forts enjeux (sanctions élevées, dossiers transfrontaliers, manquements graves), avec une instruction approfondie. Mise en œuvre par le président de la CNIL ou un membre de la formation restreinte, elle vise des manquements plus simples et récurrents, avec une instruction allégée, des sanctions plafonnées et des décisions plus rapides.

    Les sanctions comprennent 78 amendes, dont 27 assorties d’injonctions sous astreinte, trois décisions de liquidation d’astreinte et deux rappels à l’ordre.

    Coopération européenne et guichet unique RGPD

    Sur les seize sanctions prononcées selon la procédure ordinaire, quatre l’ont été en coopération avec les homologues européens de la CNIL, dans le cadre du mécanisme de guichet unique prévu par le Règlement général sur la protection des données.

    Consentement aux cookies

    La CNIL a poursuivi son plan d’action sur les cookies et les autres types de traceurs. Les contrôles menés ont mis en évidence des manquements. 21 organismes ont été sanctionnés pour des pratiques telles que le dépôt de traceurs sans consentement, une information insuffisante des utilisateurs ou l’absence de prise en compte effective du refus ou du retrait du consentement. La formation restreinte a souligné l’impact de ces pratiques sur les internautes et rappelé que les règles applicables étaient largement connues. Sur cette base, deux acteurs (Google et Shein) ont écopé d’amendes, respectivement de 325 millions et 150 millions d’euros.

    Le cadre rappelé pour la vidéosurveillance des salariés

    En 2025, 16 organismes ont été sanctionnés pour non-respect des règles encadrant la vidéosurveillance des salariés. La CNIL rappelle qu’en l’absence de circonstances exceptionnelles, la surveillance vidéo permanente constitue une atteinte à la protection des données personnelles. Sont notamment jugés contraires aux règles les dispositifs filmant en continu les caisses ou les bureaux, ainsi que l’installation de caméras dissimulées hors situations exceptionnelles, sans équilibre entre protection des biens et respect de la vie privée.

    Des obligations réaffirmées pour les sous-traitants

    La formation restreinte a également sanctionné des manquements aux obligations des sous-traitants. Elle rappelle qu’ils doivent :

    • Mettre en œuvre des mesures techniques et organisationnelles adaptées à la sécurité des données.
    • Traiter les données uniquement sur instruction du responsable de traitement.
    • Supprimer les données à l’issue de la relation contractuelle.

    Dans le cadre de la procédure simplifiée, trois motifs dominent les sanctions de 2025 :

    • Sécurité insuffisante des données personnelles, avec notamment des mots de passe faibles ou des comptes partagés ;
    • Absence de coopération avec la CNIL.
    • Non-respect des droits des personnes : accès, opposition ou effacement.

    La prospection commerciale et politique a donné lieu à 10 sanctions. La CNIL a rappelé l’obligation de consentement pour la prospection électronique et a sanctionné cinq candidats aux élections européennes et législatives de 2024 pour défaut de justification de la licéité des envois.

    En septembre 2024, Cegedim santé a été sanctionnée par la CNIL d’une amende de 800 000€ pour avoir traité des données de santé sans autorisation. La CNIL a estimé que les données utilisées à des fins d’études, bien que présentées comme anonymes, étaient en réalité pseudonymes et exposaient les patients à un risque de réidentification.

     

  • IA en santé : pourquoi le passage à l’échelle reste le véritable défi ? (Marie Morice, Directrice de l’innovation chez Amgen France)

    Les cas d’usage de l’IA dans le secteur de la santé sont désormais bien identifiés. Recherche et développement de médicaments, essais cliniques, processus réglementaires, interactions avec les professionnels de santé, l’IA peut intervenir quasiment à chaque étape de la chaîne de valeur du médicament. Pour autant, comme le souligne Marie Morice, la question centrale n’est pas que celle de l’identification des cas d’usage, mais celle de leur déploiement à grande échelle. »

    « Les cas d’usage de l’IA en santé sont aujourd’hui bien identifiés. Elle peut intervenir à chaque étape de la chaîne de valeur du médicament, de la recherche à la mise à disposition des traitements. Le véritable enjeu n’est donc plus d’identifier où l’utiliser, mais de réussir à la déployer à grande échelle. »

    « Aujourd’hui, les données de santé sont dispersées entre de multiples acteurs. La question clé n’est pas seulement leur existence, mais les conditions d’accès, de gouvernance et d’usage responsable de ces données »

    Le premier des enjeux est celui de la donnée. Qualité, fiabilité et exhaustivité conditionnent la performance des systèmes d’IA. Or les données de santé restent aujourd’hui fragmentées entre hôpitaux, entrepôts de données, registres institutionnels et bases privées. L’accès à ces données, leur gouvernance et leur utilisation responsable posent des questions à la fois techniques, organisationnelles et éthiques. Sans cadre clair sur leur partage et leur exploitation, les promesses de l’IA risquent de rester limitées à des projets pilotes.

    Deuxième condition de passage à l’échelle : la confiance. Des outils perçus comme opaques ou assimilés à des « boîtes noires » peinent à être adoptés par les cliniciens et à être reconnus par les autorités. La fiabilité des résultats, leur explicabilité et leur sécurité sont des prérequis. Sans cela, ni les professionnels de santé ni les régulateurs n’accepteront de s’appuyer sur des solutions d’IA. « Sans preuve de confiance, les cliniciens ne voudront pas l’utiliser et les autorités ne reconnaîtront pas les résultats » précise la directrice de l’innovation.

    L’adoption de l’IA ne repose pas uniquement sur la technologie. Elle implique une montée en compétences de l’ensemble des utilisateurs, bien au-delà de l’industrie pharmaceutique. Professionnels hospitaliers, équipes de recherche, décideurs publics : tous doivent être en mesure de comprendre les limites et les apports de ces outils pour les utiliser de manière appropriée. La formation apparaît comme essentielle pour éviter les usages inadaptés ou les résistances liées à une méconnaissance de l’IA.

    « Au niveau européen, l’approche est très fortement orientée vers la gestion des risques, ce qui est indispensable en santé. Le défi est de trouver le bon équilibre pour que cette prudence ne freine pas la capacité d’innovation »

    La gouvernance et la réglementation constituent un autre point de tension. En Europe, l’approche repose largement sur une gestion des risques, indispensable pour protéger les données des patients et garantir une utilisation éthique. Pour autant, cette prudence peut devenir un frein lorsque les règles peinent à s’adapter à la rapidité des évolutions technologiques. L’enjeu est désormais de trouver un équilibre entre sécurité et capacité d’innovation, dans un contexte où les cycles réglementaires restent plus lents que ceux de l’IA au sein de l’Union européenne.

    Pour les industriels, le rôle n’est pas de promouvoir l’IA de manière abstraite, mais de démontrer sa valeur par des projets concrets, mesurables et partagés. Cette démarche suppose une collaboration entre industriels, autorités, professionnels de santé et acteurs académiques. Des initiatives comme la FIAC s’inscrivent dans cette logique, en associant les autorités dès les premières étapes des projets afin de sécuriser les trajectoires de développement et d’éviter des blocages tardifs.

    Si les dynamiques collaboratives progressent, elles restent encore hétérogènes. La technologie avance rapidement, tandis que les cadres organisationnels et réglementaires évoluent plus lentement. Passer à l’échelle implique donc également de faire évoluer les organisations, les processus et les modes de décision.

    « Associer les autorités dès les premières étapes des projets permet d’éviter les blocages tardifs »

    L’enjeu, pour les prochaines années, sera de transformer les expérimentations en dispositifs durables, capables de s’inscrire dans le système de santé. À cette condition seulement, l’IA pourra passer d’un potentiel largement reconnu à un usage réellement généralisé en santé. L’enjeu final reste toujours le même : améliorer la qualité, la rapidité et l’équité de la prise en charge des patients.

     

  • L’IA en oncologie reste mal comprise par les Français (OpinionWay pour la Fondation ARC)

    • Près de 70 % des Français ignorent que l’IA est utilisée en cancérologie à l’hôpital.
    • Environ 40 % se disent hésitants face à l’IA en oncologie (les moins de 35 ans sont les plus sceptiques, 60 % parlant d’un « gadget »).
    • Malgré tout, l’IA est perçue comme appelée à s’imposer dans le suivi des soins.
    • L’étude souligne la nécessité d’expliquer les usages, les bénéfices et le cadre éthique de l’IA.

    Réalisée à l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, l’étude d’OpinionWay commandée par la Fondation ARC met en évidence un déficit d’information sur l’usage de l’IA en oncologie. Près de sept Français sur dix déclarent ne pas savoir si l’IA est utilisée à l’hôpital, alors que la majorité des établissements y ont déjà recours pour le diagnostic ou le traitement des cancers. Cette méconnaissance concerne aussi des applications déjà opérationnelles. Six Français sur dix ignorent que l’IA permet de détecter certains cancers jusqu’à cinq ans avant l’apparition des symptômes. Plus d’un sur deux ne sait pas qu’elle peut être mobilisée pour simuler la réponse des patients aux traitements via des jumeaux numériques.

    Des perceptions contrastées selon l’âge

    Près de 40 % des Français se disent hésitants face à l’utilisation de l’IA en cancérologie. Les moins de 35 ans se distinguent nettement : 60 % qualifient l’IA de « gadget » dans le diagnostic et le traitement des cancers. À l’inverse, 78 % des personnes âgées de 65 ans et plus se disent convaincues de son potentiel thérapeutique. Pourtant, les attentes sont élevées. Plus des trois quarts des Français estiment que l’IA deviendra incontournable dans le suivi et la personnalisation des soins. Deux tiers considèrent qu’elle peut accélérer l’identification de nouvelles pistes thérapeutiques grâce à l’analyse massive de données.

    Des projets de recherche à l’œuvre (exemples)

    • Radiomique et imagerie médicale : la Fondation ARC soutient des projets mobilisant l’IA pour convertir les images médicales en données analysables, afin d’identifier des marqueurs tumoraux et d’anticiper la réponse aux traitements, en particulier pour les cancers de l’ovaire et du pancréas.
    • Essais cliniques et patients virtuels : d’autres programmes évaluent l’apport de « patients virtuels » pour optimiser les essais cliniques. Portée par le Centre Léon Bérard à Lyon, une initiative examine la faisabilité de ces approches pour compléter des cohortes de patients difficiles à constituer.

    Mieux expliquer l’IA en santé est indispensable

    L’étude met également en lumière un risque de fracture sociale. Parmi les ménages aux revenus inférieurs à 2 000 euros par mois, 63 % se disent inquiets face à l’IA et plus d’un sur deux craint qu’elle ne bénéficie qu’aux plus favorisés. Ce sentiment est nettement moins présent dans les foyers les plus aisés. Si une large majorité des Français se disent prêts à partager leurs données médicales pour faire progresser la recherche, cette adhésion reste conditionnée à des garanties claires en matière de sécurité, d’anonymisation et de transparence. Pour la Fondation ARC, ces résultats soulignent la nécessité de mieux expliquer les usages concrets de l’IA, de rendre visibles ses bénéfices et de poser un cadre éthique lisible afin de renforcer la confiance et l’acceptabilité sociale de ces technologies.

  • De la prévention à l’AMP : le plan fertilité élargit le périmètre de l’action publique avec 16 actions

    Alors qu’un couple sur huit rencontre des difficultés de fertilité, les pouvoirs publics entrent dans une phase de mise en œuvre. Co-présidé par Salomé Berlioux et Samir Hamamah, le comité de pilotage accompagne la ministre dans le déploiement d’un plan autour de 16 actions, à l’interface des choix individuels et du système de soins.

    Un portail national de référence sur la santé reproductive et la fertilité doit être créé, accessible via Santé.fr, avec des contenus validés scientifiquement et adaptés aux âges de la vie. Le plan prévoit aussi l’envoi, à l’ensemble des Français à 29 ans, d’une information ciblée sur la santé sexuelle et reproductive. Elle rappellera que la fertilité concerne femmes et hommes, abordera la contraception et mentionnera l’autoconservation des gamètes sans la présenter comme une réponse systématique. Ce premier axe comprend également le renforcement de l’éducation à la santé reproductive à l’école, une campagne nationale de communication et la prévention des risques environnementaux et comportementaux.

    Dépistage et diagnostic plus précoces

    L’amélioration du parcours de soins passe par l’intégration d’une fiche dédiée à la fertilité dans « Mon bilan prévention » et par de futures recommandations de la Haute Autorité de Santé sur la santé pré-conceptionnelle.
    La généralisation des plateformes PREVENIR doit renforcer le repérage précoce des facteurs de risque liés aux expositions environnementales. Le plan s’inscrit par ailleurs dans la continuité de la stratégie nationale de lutte contre l’endométriose et prévoit un renforcement du repérage du syndrome des ovaires polykystiques.

    30 nouveaux centres d’autoconservation prévus pour réduire les délais d’accès

    Sur la prise en charge, l’objectif affiché est d’atteindre 70 centres d’autoconservation ovocytaire d’ici 2028, via l’ouverture de 30 nouveaux centres en complément des 40 existants. Des travaux portent sur l’ouverture de cette activité aux centres privés à but lucratif afin de réduire les délais. Un système d’information national pour la gestion des dons de gamètes et d’embryons doit améliorer transparence et traçabilité. Le plan prévoit aussi un sondage national sur l’autoconservation, une amélioration de l’information des patients en AMP et une mission d’organisation des parcours au sein des centres, confiée à l’Agence nationale de la performance sanitaire et médico-sociale.

    La fertilité devient une thématique prioritaire dans certains appels à projets, notamment dans le cadre du programme d’équipement prioritaire de santé des femmes. Le plan annonce également un renforcement du suivi épidémiologique de la santé reproductive féminine et masculine.

    En parallèle, un chantier national est lancé dans un contexte d’indicateurs défavorables : mortalité maternelle stagnante, hausse légère de la mortalité infantile, notamment néonatale, depuis 2011, tensions démographiques des professionnels, fragilité de certaines maternités et baisse durable de la natalité.

    Trois experts missionnés, un périmètre élargi

    Les travaux ont été confiés à Loïc Sentilhes, Elsa Kermorvant et Eliette Bruneau. Leur mission : établir un diagnostic complet de l’organisation des soins périnataux, à partir des recommandations scientifiques, des sociétés savantes, de la mission d’information du Sénat (septembre 2024) et du rapport de l’IGAS en cours de finalisation. Le périmètre couvre l’ensemble du parcours : prévention avant et pendant la grossesse, suivi post-natal, organisation des maternités, urgences, néonatologie et prise en charge des publics précaires ou éloignés du système de santé. Les premières conclusions sont attendues d’ici juin 2026, avec l’objectif de concilier sécurité, qualité et équité des soins sur l’ensemble du territoire. Si plusieurs mesures reposent sur des outils d’information ou de suivi (portail national via Santé.fr, système d’information pour les dons de gamètes, plateformes PREVENIR), à ce stade, le plan fertilité ne comporte pas de volet explicitement dédié au numérique en santé.

  • 80 % des risques jugés insuffisamment anticipés par les établissements de santé européens (Rapport Relyens 2026)

    Le rapport prospectif Relyens 2026 repose sur une enquête Ipsos conduite auprès de 924 professionnels (cadres dirigeants et soignants) issus d’établissements publics et privés en France, Allemagne, Italie et Espagne. Objectif : analyser la perception des risques pesant sur les systèmes de santé européens et identifier les leviers de résilience.

    Premier constat : les acteurs anticipent une accumulation de crises économiques, sociales, sanitaires, climatiques et technologiques. À dix ans, 93 % des répondants estiment que l’environnement du système de santé évoluera vers un contexte « turbulent ou orageux », et déjà 25 % à horizon cinq ans.

    Cette projection s’accompagne d’un diagnostic plus préoccupant : 80 % des risques jugés à fort impact (probabilité et gravité notées 4 ou 5 sur 5) sont également considérés comme insuffisamment anticipés.

    Vieillissement, coûts et pénurie de personnel en tête des risques

    À horizon cinq ans, trois risques dominent nettement les préoccupations :

    • Le vieillissement de la population et l’augmentation des maladies chroniques.
    • L’augmentation des coûts de santé.
    • La pénurie de personnel et l’épuisement professionnel;

    Ces risques combinent une probabilité élevée et un impact jugé sévère sur la capacité des établissements à assurer leurs missions. La pénurie de personnel apparaît comme le facteur de vulnérabilité le plus critique : les répondants s’estiment peu préparés à y faire face et n’identifient pas à ce stade de trajectoire de sortie claire. La cartographie des risques élaborée par Relyens et son comité scientifique met en évidence un décalage structurel : certains risques très graves, comme les tensions RH ou l’inflation des coûts, se situent dans des zones de faible préparation, tandis que d’autres, notamment techniques ou réglementaires, bénéficient de dispositifs plus avancés.

    Dirigeants et soignants : des lectures divergentes des risques qui pèsent sur la sécurité des soins

    Les menaces liées à la cybersécurité et à la protection des données ne figurent pas dans le trio de tête en matière de probabilité, mais leur niveau de gravité est jugé élevé par 75 % des répondants. Elles font ainsi partie du « premier cercle » des priorités. Contrairement aux risques RH, ces enjeux apparaissent mieux anticipés : dispositifs de prévention, plans de continuité et cadres réglementaires contribuent à un niveau de préparation jugé plus satisfaisant. Le rapport souligne toutefois que cette perception ne préjuge pas de la capacité réelle à absorber des attaques de grande ampleur.

    La sécurité des patients constitue la conséquence la plus directe de la polycrise. Selon 72 % des répondants, la pénurie de personnel compromet directement la sécurité des soins. Viennent ensuite l’augmentation des coûts de santé (65 %) et les ruptures des chaînes d’approvisionnement (60 %).

    Le rapport montre que les risques cliniques sont rarement isolés : ils résultent de pressions économiques, organisationnelles et humaines qui se propagent jusqu’au lit du patient.

    Les perceptions diffèrent toutefois selon les profils : les dirigeants classent davantage de risques au-dessus du seuil des 60 % que les soignants, ces derniers mettant plus en avant les inégalités d’accès aux soins, les effets du climat ou les ralentissements économiques.

    Europe : mêmes fragilités, mais hiérarchisations différentes des risques sanitaires

    Malgré des contextes nationaux différents, les quatre pays étudiés convergent sur plusieurs vulnérabilités communes : pénurie de personnel, vieillissement démographique, hausse des coûts et montée des risques environnementaux et informationnels. Des variations apparaissent néanmoins dans la hiérarchisation :

    • En France, les inégalités d’accès aux soins et les ruptures d’approvisionnement concentrent les inquiétudes.
    • En Allemagne, la pression migratoire est plus souvent citée.
    • En Italie et en Espagne, la désinformation et la défiance du public occupent une place plus marquée.

    Tous les pays partagent en revanche la perception d’une interdépendance croissante entre risques, susceptible de provoquer des effets domino.

    Trois axes pour renforcer la résilience

    Au-delà du constat, le rapport identifie plusieurs orientations . Les travaux du comité scientifique convergent vers trois axes :

    • Adopter une approche systémique des risques, en dépassant une logique de silos pour anticiper les interdépendances.
    • Renforcer le leadership et les compétences, afin de poser des limites claires lorsque la sécurité des soins ne peut être garantie.
    • Construire des environnements de confiance, tant pour les patients que pour les professionnels, condition de la qualité des soins et de l’attractivité des métiers.

    Le rapport insiste sur la nécessité d’articuler des actions à effet rapide avec une vision à moyen terme, seule capable de structurer durablement les transformations à engager.

  • Singapour prédit la récupération neurologique post-arrêt cardiaque grâce à un nouvel outil d’IA

    Selon l’OMS, les maladies cardiovasculaires, incluant les arrêts cardiaques extrahospitaliers, causent 18,8 millions de décès annuels (2022), dont plus de 75% dans les pays à revenu faible ou intermédiaire (LMIC). Les outils conventionnels comme les scores cliniques et l’imagerie (IRM cardiaque, TDM cérébrale) manquent de sensibilité (50-70%) pour les pays à revenu faible et intermédiaire, en raison de :

    • Sensibilité insuffisante dans ces contextes : 50-70% seulement.
    • Coûts élevés : IRM : 424-1 695 €/scan.
    • Délais importants : 2-6 semaines pour IRM en Asie du Sud-Est.

    Transfer learning : réduction massive des données nécessaires

    L’équipe du Centre for Biomedical Data Science (Duke-NUS) a repris le modèle japonais Lasso, entraîné sur 46 918 patients japonais en arrêt cardiaque extra hospitalier. Les chercheurs ont :

    • Adapté le modèle Trans-Lasso sur 243 patients vietnamiens (PAROS).
    • Ajusté les coefficients Lasso en quelques heures.

    Ce qui a permis de réalisée une économie majeure de temps (der heures vs des mois)  en évitant la reconstruction complète tout en préservant les variables clés telles que : l’âge, le rythme initial, et la durée de la réanimation cardiopulmonaire. Ce code R est open-source sur GitlHub

    Validation à Singapour : 95,5% de précision sur 15 916 patients

    Les chercheurs ont testé le modèle sur 15 916 patients singapouriens (cohorte PAROS). Résultats publiés dans npj Digital Medicine :

    • Précision: 80% bons résultats neurologiques (vs 46% modèle japonais original)
    • Discrimination globale (AUROC 0,955) : identifie correctement 955 patients sur 1 000 (soit 10 de plus qu’avant)
    • Fiabilité des alertes (AUPRC 0,885) : quand l’IA dit “récupération possible”, elle a raison dans 88,5% des cas (+36% vs original)

    En conclusion, sur 1 000 patients en salle d’urgence, cette IA évite 10 diagnostiques erronées et identifie sûrement 88 patients à soigner intensivement. Ce triage ultra-rapide par intelligence artificielle, favorisant l’équité diagnostique en Asie-Pacifique, est potentiellement applicable au traumatisme, au sepsis, à l’accident vasculaire cérébral et à l’insuffisance cardiaque dans les pays à faibles ressources.

     

  • Données de vie réelle : Lifen structure un nouveau standard pour la recherche clinique en oncologie

    Quand la donnée hospitalière devient un actif scientifique structuré

    Lancée fin 2023 par Lifen et Gustave Roussy, la cohorte LUCC (Large & Unified Cancer Cohort) s’impose rapidement comme un socle de référence sur le cancer du poumon. En moins de deux ans, plus de 15 000 patients ont été inclus, grâce à un réseau de 28 établissements publics et privés. Ce rythme d’extension est révélateur d’un besoin longtemps resté insatisfait : disposer de bases de données cliniques multicentriques, homogènes et exploitables, sans faire reposer l’effort sur des collectes manuelles lourdes et peu reproductibles.

    La singularité de LUCC ne tient pas tant à son volume qu’à sa méthode. En s’appuyant sur Lifen DataLab, la plateforme automatise la structuration des données issues des comptes rendus médicaux, cœur informationnel encore largement sous-exploité des systèmes hospitaliers. Là où la recherche clinique traditionnelle peine à capter la complexité des trajectoires de soins, LUCC permet d’analyser profils de patients, pratiques réelles et efficacité des traitements à une échelle difficilement atteignable jusqu’ici.

    Une validation scientifique qui dépasse le cadre technologique :

    La publication, fin 2025, d’une étude issue de LUCC dans Annals of Oncology, présentée à l’ESMO, marque un tournant. Elle ne valide pas seulement la performance d’un algorithme, mais un modèle méthodologique. Les résultats montrent un taux d’erreurs deux fois inférieur à celui des collectes manuelles, et surtout une réduction significative de l’hétérogénéité inter-centres, un point critique pour toute recherche multicentrique.

    Les résultats de l’étude démontrent que :

    • L’IA seule surpasse systématiquement l’approche manuelle sur chacune des 31 variables cliniques étudiées et pour chacun des 10 centres participants ;
    • L’IA seule réduit notamment de moitié les erreurs par rapport à la saisie manuelle (taux d’erreur de 7,0% pour l’IA contre 14,2% pour la méthode manuelle). Étant dans le cadre d’une étude rétrospective, la vérification humaine par un ARC superviseur n’a pas été faite ;
    • L’IA réduit la variabilité entre centres participants par rapport à la structuration manuelle. Cela signifie qu’elle est capable de mieux systématiser la façon dont les données sont collectées et permet de répondre à l’enjeu d’homogénéité des données dans les études multicentriques ;
    • Et surtout, la méthode hybride IA/expertise humaine va encore plus loin : elle combine l’extraction par l’IA avec une révision manuelle ciblée par l’IA sur les 30 % des cas qu’elle juge les plus incertains, ce qui fait chuter le taux d’erreur à 4,4 %, tout en conservant une vitesse de traitement quatre fois supérieure à l’analyse strictement manuelle.

    Ce que cette étude met donc en lumière, c’est la pertinence d’un modèle hybride : automatisation par l’IA, combinée à une relecture humaine ciblée. Autrement dit, une IA pensée comme un outil d’industrialisation de la donnée clinique, et non comme un substitut à l’expertise médicale. Cette approche répond à une tension bien connue du champ : produire vite, à grande échelle, sans sacrifier la qualité scientifique ni la reproductibilité.

    Annonce du projet ALK-IA, avec Takeda et Heva 

    L’intérêt de LUCC ne se limite pas à la recherche académique. Le projet ALK-IA, mené avec Takeda Oncology et Heva, illustre le passage de la donnée structurée à l’impact clinique. En s’intéressant aux patients atteints de cancers bronchiques non à petites cellules ALK+, une population rare et spécifique, l’étude exploite la cohorte pour évaluer en vie réelle l’efficacité des inhibiteurs d’ALK et les schémas thérapeutiques associés.

    Ici, la valeur ajoutée tient à l’articulation des sources : données hospitalières structurées par IA, expertise d’analyse médico-économique, et chaînage avec le SNDS. Ce type de dispositif ouvre la voie à une compréhension longitudinale des parcours de soins, bien au-delà du cadre hospitalier, et répond directement aux attentes actuelles des industriels, des autorités de santé et des cliniciens en matière de preuves en conditions réelles.

    Vers un nouveau cadre de production de la preuve en oncologie :

    Au-delà de LUCC et d’ALK-IA, Lifen pose les jalons d’un modèle extensible. Des travaux sont déjà engagés en oncologie pédiatrique et dans le cancer de la prostate, avec le soutien de partenaires institutionnels comme la Filière intelligence artificielle & cancers (Fiac). Cette dynamique traduit une évolution plus large : la donnée de vie réelle n’est plus seulement un complément aux essais cliniques, mais devient un pilier structurant de la recherche et de l’évaluation en santé.

    L’enjeu est désormais moins technologique que systémique. Gouvernance des données, acceptabilité réglementaire, confiance des établissements et des patients, capacité à maintenir la qualité dans le temps : c’est sur ces dimensions que se jouera la généralisation de ce modèle. En ce sens, l’expérience de Lifen apporte un retour terrain précieux sur ce que peut être une recherche clinique réellement ancrée dans les pratiques de soin.

    Une inflexion stratégique pour l’écosystème santé

    Ce bilan met en évidence un glissement stratégique : la donnée hospitalière, longtemps perçue comme un sous-produit du soin, devient un actif scientifique à part entière, dès lors qu’elle est structurée, sécurisée et gouvernée. En s’inscrivant dans ce mouvement, Lifen contribue à faire émerger un cadre méthodologique capable de concilier exigences réglementaires, robustesse scientifique et rapidité d’exploitation.

    À l’heure où la recherche clinique est confrontée à des délais, des coûts et des contraintes de plus en plus élevés, ce type d’approche pourrait bien redessiner les équilibres entre essais traditionnels et données de vie réelle, non pas en opposition, mais en complémentarité structurée.

  • Fin du stockage des données du HDH par Azure ? Le Gouvernement abandonne la “solution intercalaire” pour accélérer l’hébergement souverain de la plateforme

    La fin d’un feuilleton sur l’hébergement des données de santé des Français

    Après plusieurs années de questionnements, marquées notamment par l’audition de la ministre de la Santé de l’époque, Agnès Buzyn, sur le choix de l’hébergement de la Plateforme de données de santé (Health Data Hub) par Microsoft Azure, puis par le lancement d’un appel d’offres transitoire doté de 6,2 millions d’euros, le HDH semble enfin entrevoir le bout du tunnel. Le Gouvernement français a en effet déclaré que la plateforme devrait être hébergée, « avant la fin de l’année 2026 », par une solution « sécurisée et souveraine ».

    Un nouvel appel d’offres doit ainsi être lancé sous l’impulsion de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist. Cette fois, l’objectif est clair : déployer une solution pleinement opérationnelle, non plus temporaire mais durable. Si le montant alloué à ce nouvel appel d’offres n’a pas encore été rendu public, une chose est acquise : seuls des acteurs disposant de la certification SecNumCloud pourront candidater, acte fort en matière de sécurité et de maîtrise nationale des infrastructures.

    Un nouvel appel d’offres qui pourrait reprendre certains candidats du précédent dispositif :

    Sans surprise, cet appel d’offres pourrait voir réapparaître plusieurs candidats déjà positionnés lors du dispositif transitoire. Le média L’Informé avait révélé une liste de candidats pré-sélectionnés comprenant notamment Cloud Temple, associé à Atos et Docaposte, ainsi que OVHcloud. Tous disposent, ou sont engagés dans l’obtention, des certifications requises pour héberger des données de santé sensibles dans un cadre souverain.

    Même si la liste complète n’a jamais été officiellement confirmée, ces acteurs apparaissent comme des prétendants naturels, à la fois pour leur maturité technique et leur alignement avec les exigences de l’État. Le nouvel appel d’offres pourrait ainsi constituer moins une révolution qu’une clarification, avec, cette fois-ci, uniquement des candidats capables d’héberger les données des Français dans un espace sécurisé et souverain.

    Un dispositif qui intervient comme une nécessité pour éviter le naufrage de la plateforme 

    Au-delà du symbole politique, cette décision répond à une urgence très concrète. L’hébergement du Health Data Hub sur Microsoft Azure l’expose directement au Cloud Act américain, qui permet aux autorités des États-Unis d’exiger l’accès à des données hébergées par des entreprises américaines, y compris lorsqu’elles sont stockées hors du territoire américain. Malgré les dispositifs contractuels et techniques mis en avant, ce cadre juridique crée une incertitude structurelle sur le contrôle effectif des données.

    À cela s’ajoute un risque opérationnel rarement assumé publiquement : en cas de décision unilatérale de l’administration américaine (sanctions, restrictions d’exportation de services numériques, suspension de licences), l’accès à certaines briques cloud critiques pourrait être restreint ou interrompu, sans que l’État français ne dispose de marges de manœuvre juridiques réelles. Dans un contexte de tensions internationales accrues et de réaffirmation de la souveraineté numérique comme enjeu stratégique, le maintien d’un tel niveau de dépendance apparaissait de plus en plus difficilement soutenable pour une infrastructure aussi sensible que celle des données de santé des Français.

    Par ailleurs, plusieurs rapports publics et parlementaires ont dressé un constat sévère sur le Health Data Hub. Gouvernance instable, retards accumulés, faible adoption par la communauté scientifique : certains travaux, dont le biland du Fonds de transformation de l’action publique (FTAP) présenté par la Cour des comptes en novembre 2025, ont souligné une érosion de la valeur opérationnelle de la plateforme, parfois évaluée de manière symbolique à quelques centaines de milliers d’euros. Cette valeur est loin des ambitions initiales affichées lors de la création de la PDS, alors que le projet a été doté, depuis sa mise en oeuvre en novembre 2019, d’un budget total de plus d’un milliard d’euros et avait même été estimé à 54 millions d’euros avant de voir sa valeur être divisée par plus de 100. Cette volonté de passer d’une solution “transitoire” à une solution pérenne et souveraine apparaît comme une nécessité pour éviter de voir le naufrage de la plateforme, après plusieurs années de tensions.