Le 9 janvier, une quinzaine de laboratoires pharmaceutiques français annonçaient leur départ du Leem, l’organisation professionnelle du secteur. Ils estimaient que celle-ci ne défendait pas suffisamment la production implantée en France, dans un contexte où les États-Unis captent une part croissante des investissements, au détriment de l’industrie européenne.
MedFrance entend placer son action “au cœur des enjeux de santé publique”. L’organisation affiche l’objectif de “contribuer aux négociations avec les pouvoirs publics” afin de concilier continuité d’accès aux soins, sécurité d’approvisionnement, maîtrise des dépenses de santé, stratégie industrielle et réduction de l’impact environnemental.
Pour ses fondateurs, la création du syndicat traduit la nécessité de mettre en place un cadre de régulation adapté aux médicaments matures. Selon eux, leurs spécificités industrielles et économiques ne sont pas suffisamment prises en compte, alors même que ces produits participent à la prise en charge quotidienne des patients, à l’emploi dans les territoires et au maintien de savoir-faire industriels.
Une quarantaine d’acteurs engagés
Dans un premier temps, MedFrance rassemblera une quarantaine de PME et ETI du médicament, parmi lesquelles CDM Lavoisier, Ethypharm, Horus Pharma et LXO, aux côtés de Biocodex, Opella et UPSA.
Ces entreprises partagent plusieurs engagements :
- Une production majoritairement européenne, à hauteur d’au moins 60 % ;
- Un ancrage territorial fort, avec une implantation industrielle directe ou indirecte en France ;
- La volonté de faire émerger une politique industrielle dédiée aux produits matures, aujourd’hui absente des cadres de régulation, malgré leur contribution à la maîtrise des dépenses de santé.
Trois priorités pour adapter la régulation
Dans un contexte marqué par le vieillissement de la population, la progression des maladies chroniques et les tensions d’approvisionnement, MedFrance identifie trois axes de travail pour adapter la régulation aux réalités industrielles européennes.
- Mettre en place une régulation différenciée : Le syndicat plaide pour une distinction claire entre médicaments matures et produits innovants, tenant compte de leurs modèles économiques, de leurs contraintes industrielles et de leur rôle dans le système de soins.
- Intégrer l’empreinte territoriale et écologique : MedFrance souhaite que l’implantation industrielle en France et en Europe, ainsi que l’impact environnemental, soient pris en compte dans les mécanismes de fiscalité sectorielle et dans la fixation et la réévaluation des prix, afin de reconnaître la contribution de ces acteurs à la résilience sanitaire.
- Mesurer l’impact des normes sur les PME et ETI. Enfin, le syndicat appelle à une vigilance accrue sur les effets des normes réglementaires et fiscales, notamment en matière de fiscalité environnementale, de directive sur les eaux résiduaires urbaines (DERU), d’écotaxes et de normes industrielles. L’objectif affiché est de préserver la compétitivité et la pérennité des sites de production.
MedFrance se positionne donc comme un syndicat représentant des entreprises pharmaceutiques de taille intermédiaire et des PME disposant d’un ancrage industriel significatif en France et d’une production européenne majoritaire. Il entend œuvrer à la reconnaissance du rôle stratégique des médicaments essentiels et matures et à la mise en place de politiques publiques favorables à une industrie pharmaceutique durable et compétitive.
