Actualité

  • Royaume-Uni : un rapport pointe le flou sur la responsabilité des soignants qui utilisent l’IA

    Ce rapport synthétise trois jours d’ateliers conçus avec la Professional Standards Authority (PSA) et la MHRA, l’autorité britannique du médicament et des dispositifs médicaux. Les travaux ont alimenté la commission nationale sur la régulation de l’IA en santé, dont les recommandations ont été publiées le 10 septembre.

    Des professionnels responsables d’outils qu’ils ne peuvent pas vérifier

    Les ateliers ont réuni patients, régulateurs, organismes de défense médicale, assureurs, cabinets d’avocats et ordres professionnels. Selon le rapport, l’IA est déjà utilisée dans le NHS et le secteur social, parfois sans formation, sans appui de l’établissement ni supervision. Les soignants craignent d’être tenus responsables de la performance d’un outil qu’ils ne peuvent pas contrôler eux-mêmes, alors que les fabricants négocient des contrats qui reportent la responsabilité sur l’établissement utilisateur et ses professionnels. Les patients n’ont aucun moyen fiable de savoir si l’IA a servi à leur prise en charge.

    Le rapport dégage cinq thèmes : l’absence de doctrine des régulateurs professionnels, un cadre juridique en retard sur l’IA, des pratiques de gouvernance et d’achat appliquées de façon inégale, un déficit de formation qui crée déjà un risque clinique, et des enjeux d’équité.

    Premiers engagements

    Les participants jugent la coordination entre régulateurs à la fois possible et nécessaire. La PSA s’est engagée à réunir les régulateurs professionnels et les registres accrédités autour d’une déclaration d’intention commune et d’un cadre de principes. Le CERSI-AI préparera avec ses partenaires des clauses contractuelles types pour l’achat de systèmes d’IA. À plus long terme, le rapport cite des registres de transparence de l’IA par établissement et un programme national de formation des soignants.

    Pour les établissements français, la question des clauses de responsabilité dans les contrats d’achat d’IA se pose dans les mêmes termes.

    Source : CERSI-AI, « AI and Professional Liability in Health and Care — Opportunities for Action » et rapport complet (3 septembre 2026) – fiabilité : déclarative (rapport d’ateliers).

  • Royaume-Uni : une boîte à outils pour évaluer et déployer l’IA dans les établissements du NHS

    Mesurer l’écart entre la complexité de l’outil et la maturité de l’établissement

    L’outil d’évaluation, développé par Jessica Morley, du Digital Ethics Center de l’université Yale, avec le centre, compare la complexité d’une solution d’IA à la maturité de l’établissement sur 12 dimensions : difficulté de la tâche, comportement des données et intégration aux systèmes existants pour l’outil ; gouvernance, infrastructure de données et capacité de supervision clinique pour l’établissement. Il rend l’une de quatre recommandations : gain rapide, déployer et surveiller, renforcer d’abord la maturité, ou renoncer.

    L’outil évalue une solution à la fois. Ses auteurs recommandent de comparer les résultats lorsque plusieurs projets sollicitent les mêmes équipes cliniques, informatiques et de gouvernance. Il se présente comme un prototype et ne remplace ni les normes de sécurité clinique DCB0129 et DCB0160, ni l’analyse d’impact sur la protection des données, ni les critères DTAC d’évaluation des technologies numériques, ni le marquage comme dispositif médical.

    Des modèles pour chaque étape du projet

    Les modèles couvrent le cycle de vie d’un projet : procédure de gouvernance de l’IA, formulaire de demande de projet, questionnaire de due diligence fournisseur, protocole de validation et de pilote, rapport d’évaluation, liste de contrôle avant mise en service, plan de surveillance après mise sur le marché et politique d’usage acceptable. D’autres documents doivent être ajoutés.

    Les modèles sont conçus pour être adaptés aux procédures de chaque établissement, ce qui permet de les reprendre comme trame de gouvernance de l’IA hors du NHS.

    Source : AI Centre for Value Based Healthcare, AI Framework et NHS AI Adoption Assessment Tool (lancement du 28 septembre 2026) · fiabilité : déclarative

  • États-Unis : l’IA peut déjà assurer 16 à 22 % des soins ambulatoires facturés, selon McKinsey

    Les consultations simples en premier

    L’estimation porte sur les soins « discursifs » : accueil, tri, diagnostic, conseil, orientation et suivi, c’est-à-dire le travail clinique fondé sur le raisonnement et l’échange, sans geste physique. Les consultations sans autre acte ou avec des actes peu complexes représentent 11 à 15 % des actes ambulatoires (1,5 à 2 milliards) et 8 à 12 % de la dépense. L’interprétation des résultats d’examens et d’imagerie en représente 5 à 7 % (700 à 900 millions d’actes).

    La part de dépense concernée atteint 13 à 16 % pour l’assurance commerciale et Medicare, contre 2 % pour Medicaid. Selon les auteurs, près d’un adulte sur trois consulte déjà au moins une fois par mois un agent conversationnel pour une question de santé.

    Trois leviers de transformation

    McKinsey distingue trois évolutions, qui peuvent progresser en parallèle : la prise en charge par l’IA des échanges cliniques, des parcours de soins personnalisés à partir de l’historique et des résultats de chaque patient, et des interventions autonomes associant IA et robotique. Les auteurs n’anticipent pas un remplacement des cliniciens, mais une transformation des volumes de patients, des modes de paiement et de l’organisation du travail. Ils citent comme conditions la confiance, la protection des données, le contexte clinique des données et des modèles d’organisation capables de passer à l’échelle.

    L’estimation repose sur la facturation américaine ; aucun chiffre équivalent n’est fourni pour la France ou l’Europe.

    Source : McKinsey & Company, « The AI-powered future of care » (28 septembre 2026) · fiabilité : déclarative (analyse de cabinet de conseil)

  • Australie : Heidi II confie aux agents IA les tâches administratives autour de la consultation

    Du compte rendu à l’exécution des tâches

    Jusqu’ici centré sur la rédaction des comptes rendus de consultation, Heidi ajoute trois briques : des agents, une mémoire et l’accès à de la littérature évaluée par les pairs. Le praticien formule une demande en langage courant ; l’agent planifie et exécute la tâche, puis soumet le résultat à validation. Les cas d’usage cités sont la préparation des dossiers des patients d’une journée, la gestion des adressages, la coordination du suivi et le repérage des patients à rappeler pour un vaccin, un bilan sanguin ou un dépistage.

    Les agents peuvent être enregistrés et programmés comme routines pour un praticien ou un cabinet entier, et agir dans les logiciels du cabinet : dossier patient, agenda, messagerie, portails. Les règles d’approbation sont définies par le praticien ou l’établissement. Les contenus de recherche proviennent du New England Journal of Medicine, de Wiley et de Cochrane, avec les informations d’aide à la décision du BMJ Group.

    « Heidi peut désormais créer les tâches et les mener à bien, des adressages à la préparation des dossiers jusqu’à l’organisation du suivi, tandis que le jugement clinique et les validations restent au praticien », a déclaré Thomas Kelly, cofondateur et directeur général, cité par Fierce Healthcare.

    Une base installée revendiquée

    Heidi indique accompagner 2,8 millions de consultations par semaine dans le monde. Le lancement suit une levée de 340 millions de dollars annoncée en septembre. En août, l’éditeur avait intégré la base Vidal pour fiabiliser ses réponses.

    L’exclusion du Royaume-Uni et de l’UE laisse ouverte la question du statut réglementaire de ces agents en Europe.

    Source : Heidi, annonce de Heidi II (28 septembre 2026) ; Fierce Healthcare (29 septembre 2026) · fiabilité : déclarative

  • Telix annonce le rachat d’ITM pour 1,65 milliard de dollars

    Telix a annoncé le 21 septembre 2026 un accord pour acquérir 100 % des actions d’ITM Isotope Technologies Munich SE (ITM), producteur de radio-isotopes et développeur de produits radiopharmaceutiques.

    Le prix initial est de 1,65 milliard de dollars américains, dont environ 1,25 milliard versé en actions Telix ; un complément pouvant atteindre 700 millions de dollars dépendra de l’approbation et des ventes du candidat ITM-11. L’opération réunirait dans un même groupe la production d’isotopes et le développement de traitements, avec une finalisation prévue d’ici la fin de l’exercice 2026.

    Selon le communiqué, ITM fournit le lutétium-177 de traitements déjà commercialisés, dont les fabricants deviendraient des concurrents de sa maison mère.

    La consolidation du secteur s’étend à la production d’isotopes

    La fusion place le groupe « à l’avant-garde de la consolidation qui accompagne la maturation du secteur » (Christian Behrenbruch, directeur général de Telix).

    La cible est d’abord un industriel de l’isotope, c’est-à-dire de l’élément radioactif qui entre dans la composition des traitements. Cette activité a généré 273 millions de dollars de chiffre d’affaires en 2025, avec une croissance annuelle moyenne de 40 % entre 2021 et 2025.

    Lilly a racheté Point Biopharma pour 1,4 milliard de dollars, AstraZeneca a acquis Fusion pour 2,4 milliards et Bristol Myers Squibb a repris RayzeBio pour 4,1 milliards, selon Fierce Pharma. Dans ces trois cas, un grand laboratoire entrait dans le secteur en achetant une société qui développe des traitements. Ici, un spécialiste achète son fournisseur pour maîtriser la chaîne, de l’isotope au médicament. Selon le communiqué, l’activité d’ITM serait « rentable et génératrice de trésorerie », et elle « sécuriserait les isotopes » nécessaires au portefeuille de traitements de Telix.

    Un fournisseur de lutétium-177 intégré à un développeur de traitements

    ITM approvisionne des laboratoires tiers. Parmi eux figure Novartis, pour son traitement Pluvicto, en vertu d’un contrat conclu en 2020. Après la fusion, ces clients achèteraient leur matière première à la filiale d’un concurrent. Pour le moment, aucune modification des contrats n’a été mentionnée. La situation soulève toutefois trois questions pratiques : la priorité d’allocation si les volumes se tendent, l’évolution des prix et la durée des engagements.

    ITM-11 : une phase 3 achevée, une autorisation américaine à obtenir

    Selon le communiqué, ITM-11, candidat contre les tumeurs neuroendocrines gastro-entéro-pancréatiques, a achevé un essai de phase 3 (COMPETE). L’analyse intermédiaire d’un second essai (COMPOSE) est attendue au premier semestre 2027. Le 7 août 2026, la FDA a indiqué à ITM ne pas pouvoir approuver le dossier en l’état. D’après ITM, les réserves porteraient sur la fabrication, les contrôles et un site de production tiers, et non sur les données cliniques.

    Source : Telix Pharmaceuticals et ITM Isotope Technologies Munich SE, communiqué (21 septembre 2026) · fiabilité : déclarative.

  • PLFSS 2027 : le gouvernement veut freiner les dépenses tout en ciblant plusieurs priorités de santé

    PLFSS 2027 : le gouvernement veut freiner les dépenses tout en ciblant plusieurs priorités de santé

    Le gouvernement a présenté le 1er octobre 2026 en Conseil des ministres le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027. L’Ondam progresserait de 2 %, à plus de 278 Md€, avec une hausse de 3 % de l’enveloppe des établissements de santé, et le déficit de la Sécurité sociale serait ramené à 12,7 Md€ contre 21,8 Md€ en 2026. Le texte vise 5 à 6 Md€ de freinage sur les dépenses de santé, dont environ 2 Md€ sur les médicaments et dispositifs médicaux et 2 Md€ sur les arrêts de travail.

    Pourquoi cela compte : pour les industriels du médicament et du dispositif médical, l’effort passe par des baisses de prix, des contributions supplémentaires et une révision annuelle du remboursement confiée à la HAS, avec une prise en charge réduite des produits à faible service médical rendu. Pour les établissements, la hausse de 3 % s’accompagne de tarifs hospitaliers stables en moyenne : les projets numériques et données devront se financer par l’efficience, pas par les tarifs. Pour les éditeurs de logiciels de prescription et de téléconsultation, le contrôle renforcé des arrêts de travail (prescriptions, arrêts longs, nomadisme médical) crée un besoin d’outils de traçabilité et d’aide à la décision. Le Parlement examine le texte à partir de la fin octobre ; les mesures réglementaires (franchises, taux de remboursement) s’appliquent par décret au 1er janvier 2027 sans vote.

    Médicaments, retraites et arrêts de travail concentrent l’essentiel des économies de l’État

    Le gouvernement prévoit de contenir à 2 % la progression de l’Objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam) en 2027, alors que les dépenses de l’Assurance maladie augmentent spontanément d’environ 10 milliards d’euros. Selon la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Stéphanie Rist, le PLFSS doit générer environ 6 milliards d’euros de freinage, dont environ 2 milliards sur le médicament et le dispositif médical, via notamment des baisses de prix et des contributions supplémentaires de l’industrie.

    Les arrêts de travail constituent l’autre principal levier. Le gouvernement vise environ 2 milliards d’euros d’économies, avec davantage de contrôle des prescriptions, des arrêts longs et du nomadisme médical. Stéphanie Rist a également indiqué qu’elle souhaite développer des parcours de réadaptation pour les troubles psychiques et musculosquelettiques afin de favoriser le retour à l’emploi lorsque l’état de santé le permet.

    En parallèle, la ministre entend préserver l’investissement hospitalier. Le sous-objectif dédié aux établissements de santé doit progresser de 3 %, tandis que l’accès aux soins reste un axe affiché avec la poursuite du déploiement du réseau France Santé, avec un objectif de 5 000 structures d’ici fin 2027.

    Des retraites mises à contribution au-dessus de 1 260 €

    La branche vieillesse contribue pour 5,5 Md€, par la sous-indexation des pensions supérieures à 1 260 € par mois et le plafonnement de l’abattement fiscal de 10 %.

    Prévention, familles et autonomie restent financées

    Le PLFSS ne repose toutefois pas uniquement sur des économies. Stéphanie Rist a présenté la prévention comme l’une des priorités, avec le renforcement des dépistages organisés, notamment pour le cancer du sein, ainsi que des mesures sur la vaccination et l’alimentation. Le gouvernement prévoit notamment d’élargir la fiscalité applicable aux boissons sucrées et à certains aliments transformés.

    Le texte prévoit aussi la poursuite de la montée en charge du congé supplémentaire de naissance, ainsi qu’un renforcement de la prise en charge des enfants victimes de violences sexuelles et des enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance. Côté autonomie, l’objectif de dépenses pour les personnes âgées et handicapées progresserait de 2,6 %, afin notamment de poursuivre le renforcement des capacités d’accompagnement.

    Le PLFSS 2027 dessine ainsi un équilibre entre freinage de plusieurs postes de dépenses et maintien de financements sur les priorités affichées par le gouvernement. Le texte doit désormais être examiné par le Parlement.

    Source : Gouvernement, compte rendu du Conseil des ministres du 1er octobre 2026 ; ministère de l’Économie, dossier de presse Budget 2027, 1er octobre 2026 – fiabilité : officielle.

  • Le CHU de Besançon Franche-Comté met en service son entrepôt de données de santé

    Le projet est piloté par Arthur Goudard, directeur adjoint chargé des affaires médicales, de la recherche et des relations avec l’Université. « Avec l’entrepôt des données de santé, nous créons un cadre où il est possible de croiser ces données à des fins de pilotage pour l’établissement, de recherche médicale et d’amélioration des pratiques », a-t-il déclaré à L’Est Républicain. L’établissement cite la qualité et la sécurité des soins comme premiers axes de recherche sur données massives.

    Les données sont hébergées exclusivement en France, dans des environnements certifiés. L’exploitation suit le référentiel de la CNIL sur les entrepôts de données de santé, sous la supervision d’un comité scientifique et éthique constitué à cet effet. Les patients peuvent s’opposer à l’utilisation de leurs données à tout moment auprès du délégué à la protection des données du CHU. Le projet est soutenu par Bpifrance, l’ARS Bourgogne-Franche-Comté et la Région.

    Centre de recours de la Franche-Comté, le CHU prend en charge plusieurs centaines de milliers de patients par an, en hospitalisation ou en consultation. Il rejoint les CHU dotés d’un EDS, un mouvement engagé il y a une dizaine d’années par l’AP-HP et les hôpitaux de l’Ouest.

    Pour les équipes de recherche et les industriels, un EDS conforme au référentiel de la CNIL constitue un point d’entrée pour des études en données de vie réelle en Bourgogne-Franche-Comté. Les modalités d’accès pour des partenaires externes n’ont pas été précisées.

    Source : CHU Besançon Franche-Comté, actualité du site (septembre 2026) ; L’Est Républicain, 28 septembre 2026 ; macommune.info, 23 septembre 2026 – fiabilité : officielle pour le dispositif, presse pour les déclarations.

     

  • Biosimilaires : Sandoz et mAbxience s’allient sur un candidat émicizumab contre l’hémophilie A

    Aux termes de l’accord, mAbxience assure le développement et la production dans ses sites certifiés BPF d’Espagne et d’Argentine. Sandoz détient les droits exclusifs de commercialisation dans le monde, à l’exception de l’Argentine, de l’Uruguay et du Paraguay. Les conditions financières restent confidentielles. Le candidat est en phase précoce de développement ; aucune donnée clinique n’a été communiquée.

    Pour Sandoz, l’émicizumab est le premier médicament de l’hémophilie de son portefeuille de biosimilaires, porté à 40 actifs. Le groupe bâlois cite ses accords antérieurs avec Henlius (jusqu’à dix actifs) et Samsung Bioepis (jusqu’à cinq). Les deux entreprises indiquent que l’accord servira de base pour évaluer d’autres collaborations.

    mAbxience, détenue majoritairement par Fresenius et en partie par Insud Pharma, élargit son portefeuille aux maladies rares, après les maladies osseuses, l’oncologie et l’immunologie. Son directeur général, Jurgen Van Broeck, présente l’accord comme une reconnaissance de sa plateforme de développement et de fabrication, à l’approche de l’expiration de l’exclusivité de nombreux médicaments biologiques.

    L’hémophilie A est une maladie génétique rare due à un déficit en facteur VIII. Elle représente environ 80 % des cas d’hémophilie et plus de la moitié des patients présentent une forme sévère, selon Sandoz.

    Pour les acheteurs hospitaliers et les payeurs européens, l’arrivée d’un biosimilaire de l’émicizumab dépendra du calendrier de développement et de la protection du produit de référence, que les deux entreprises n’ont pas précisés.

    Source : Sandoz, communiqué du 18 septembre 2026 ; mAbxience, communiqué du 18 septembre 2026 (PR Newswire) – fiabilité : déclarative.

  • Information médicale : Pulselife rachète Invivox pour réunir aide à la décision et formation

    Information médicale : Pulselife rachète Invivox pour réunir aide à la décision et formation

    Pulselife a annoncé le 29 septembre 2026 le rachat d’Invivox. Pulselife édite une plateforme d’aide à la décision médicale et revendique plus de 900 000 professionnels de santé dans le monde. Invivox est spécialisé dans la formation médicale continue. Le groupe se fixe pour objectif de devenir une référence européenne de la connaissance médicale à l’horizon 2029.

    Pourquoi cela compte : le principal enjeu de l’opération est de faire converger connaissance et décision clinique dans un même environnement numérique. Pulselife revendique une communauté de plus de 900 000 professionnels de santé dans le monde, tandis qu’Invivox est spécialisé dans la formation médicale continue.

    Cette combinaison répond à une évolution du métier : le besoin n’est plus seulement de trouver rapidement une information au moment où une décision doit être prise, mais aussi de maintenir continuellement ses connaissances à jour. Le rapprochement peut donc faire émerger un parcours allant de la réponse immédiate à l’apprentissage de long terme. C’est aussi un signal de consolidation pour la healthtech française, avec des acteurs qui cherchent désormais à élargir leur couverture fonctionnelle plutôt qu’à développer une seule brique du parcours professionnel.

    Deux communautés réunies autour du même usage

    Pulselife s’est progressivement déplacé d’un outil d’aide à la prescription vers une plateforme plus large d’accès à l’information médicale, notamment avec son chatbot médical fondé sur l’IA. L’entreprise a également renforcé son positionnement sur la souveraineté technologique en s’appuyant sur Mistral AI et Scaleway pour son chatbot médical.

    Invivox apporte de son côté une plateforme centrée sur la formation continue, notamment via des contenus entre pairs et des formats numériques. Les deux entreprises avaient d’ailleurs déjà commencé à travailler ensemble en 2026 autour d’une série de webinaires consacrés aux usages de l’IA en santé.

    Vers une plateforme européenne de la connaissance médicale ?

    L’opération dessine surtout une stratégie d’intégration. Pulselife ne cherche plus seulement à répondre à une question médicale ponctuelle : le projet consiste à accompagner le professionnel avant, pendant et après la décision clinique, depuis l’accès à une information jusqu’à la montée en compétences.

    Le groupe fixe désormais un objectif à 2029 : devenir une référence européenne de la connaissance médicale. Reste à transformer ce portefeuille élargi en un véritable continuum de services, sans que la multiplication des fonctionnalités ne recrée précisément la fragmentation que ces plateformes cherchent à réduire.

    Source : Pulselife, 29 septembre 2026 – fiabilité : officielle 

  • AP-HP : plus de 200 projets sur l’entrepôt de données et une feuille de route IA en phase de test

    L’AP-HP a mis en ligne en septembre 2026 son rapport annuel 2025. Son entrepôt de données de santé (EDS) a accompagné plus de 200 projets, selon le rapport. Les délais de mise à disposition des données sont désormais pilotés : moins de 30 jours pour un projet simple, environ quatre mois pour un projet nécessitant des données complexes. Sur l’IA, six chantiers ont été déployés en 2025 pour « préparer le déploiement à grande échelle » des projets. Selon les informations recueillies par l’équipe HTI, la Direction des services numériques (DSN) crée un poste de référent IA, confié à Vincent Rubod, jusqu’ici directeur Ingénierie et science des données du pôle Innovation & Données.

    Pourquoi cela compte : le premier CHU d’Europe publie ses délais d’accès aux données et nomme un interlocuteur unique pour l’IA. Pour un industriel ou une start-up, l’EDS devient un guichet aux règles connues : délai, circuit d’instruction dématérialisé, grilles de tarification en préparation pour 2026. Aucun des projets IA de soin n’est encore en routine, hors imagerie.

    Plus de 200 projets, des délais publiés

    Le rapport annuel attribue l’accélération au programme ACCES AP-HP, lauréat de l’appel à projets « Entrepôts de données de santé hospitaliers » de France 2030. L’instruction des projets est dématérialisée. Un guide de chaînage entre l’EDS et le Système national des données de santé (SNDS) est en ligne. Le rapport ne détaille ni la répartition des 200 projets par type de données ni leur durée. D’autres documents officiels complètent le tableau : le site de l’AP-HP recense 19 millions de patients distincts, 241 projets de recherche approuvés par le comité scientifique et éthique depuis 2017, 72 publications et 32 tableaux de bord. Au 31 décembre 2025, 156 études sur données de l’EDS validées par ce comité étaient en cours, selon la page Recherche et innovation de l’AP-HP. Le programme de travail 2026 de l’EDS prévoit un catalogue de données, l’outil d’exploration Panorama EDS, des grilles de tarification pour la mise à disposition des données et les travaux préparatoires à l’Espace européen des données de santé.

    Les projets IA lancés à ce stade

    Le rapport annuel décrit un cadre : une formation en ligne pour tous les professionnels et une charte pour un usage « responsable, sécurisé et conforme » de l’IA générative. Le détail des projets figure dans le programme de travail 2026 de l’EDS et dans un poster de l’AP-HP préparé pour la Journée de la donnée de santé du 9 octobre 2026. Trois projets sont portés avec la Direction de la stratégie et de la transformation et la DSN : ChatDPI, recherche dans le dossier patient et résumé clinique structuré, en évaluation clinique ; IA Codage, aide au codage des diagnostics CIM-10, en preuve de concept ; APIA, assistant d’IA généraliste interne, en preuve de concept. S’y ajoutent Écoute IA, aide à la rédaction des comptes rendus, en expérimentation avec un éditeur, et des IA d’imagerie déjà en routine clinique pour la détection de fractures. L’EDS développe ses propres outils : EDS-NLP pour l’extraction d’informations, EDS-Pseudo pour la désidentification des comptes rendus, EDS-PDF pour l’analyse des documents. Le programme de travail fixe l’objectif de 2026 : tester l’apport de l’IA sur les volets administratifs et soin en conditions réelles, puis évaluer le retour sur investissement avant un déploiement plus large.

    Un DPI qui évolue chez son éditeur actuel

    L’AP-HP et Dedalus ont signé une convention pour faire évoluer le dossier patient informatisé Orbis vers Care4U, sa nouvelle génération, dans un engagement de transformation à trois ans. Orbis est utilisé par 70 000 professionnels, quinze ans après son installation. Le premier CHU d’Europe fait donc évoluer son logiciel chez son éditeur plutôt que d’en changer.

    Une offre structurée pour les industriels

    Le rapport présente l’AP-HP comme un partenaire des entreprises, avec une offre organisée autour de ses plateformes et de tiers-lieux d’expérimentation, l’accord-cadre avec Siemens Healthineers et la convention signée avec Bpifrance lors d’APinnov 2025. La doctrine de « cloud souverain » adoptée en 2022 est maintenue, et la conformité intègre désormais les projets liés à l’IA et à l’Espace européen des données de santé.

    Source : AP-HP, Rapport annuel 2025 (septembre 2026) ; EDS AP-HP, Programme de travail 2026 (février 2026) ; AP-HP, poster « L’IA à l’AP-HP : projets et produits institutionnels », Journée de la donnée de santé (9 octobre 2026) · fiabilité : officielle