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  • États-Unis : l’Utah autorise une IA autonome à délivrer des premières prescriptions contre l’acné

    L’Office of Artificial Intelligence Policy (OAIP), bureau de la politique de l’IA du département du Commerce de l’Utah, a signé le 21 septembre 2026 un accord d’allègement réglementaire avec Nolla Health, éditeur de l’application Nolla Derm. L’IA peut émettre des premières prescriptions de traitements topiques contre l’acné légère à modérée pour des adultes résidant dans l’Utah et les transmettre à un pharmacien de l’État. Le service a ouvert le 5 octobre, à 4,99 dollars par mois.

    C’est la première fois qu’un régulateur américain autorise une IA à initier une prescription. Le pilote Doctronic lancé en janvier 2026 dans le même État se limitait au renouvellement d’ordonnances déjà établies par un médecin.

    Trois paliers de contrôle médical

    Le protocole fixe des seuils minimaux, pas des plafonds. Le premier palier dure au moins quatre semaines et concerne au moins 100 patients : deux médecins agréés dans l’Utah approuvent chaque prescription avant son envoi. Au deuxième palier, d’au moins huit semaines et 500 patients cumulés, l’IA prescrit directement ; tous les dossiers sont revus au moins chaque semaine. Le troisième palier exige au moins 750 patients cumulés, avec revue mensuelle d’au moins 10 % des cas et de tous les cas d’escalade ou d’effet indésirable.

    Chaque passage exige une concordance d’au moins 95 % entre l’IA et les médecins, aucun événement indésirable grave et un accord écrit de l’État. L’IA choisit parmi des protocoles pré-approuvés, sans texte libre ; les patients présentant une acné sévère, les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées sont orientés vers un médecin. L’accord vaut douze mois.

    Une supervision encadrée par le régulateur médical

    L’accord s’appuie sur le programme « AI Learning Laboratory » créé par une loi de l’Utah de 2024, qui permet au régulateur de suspendre certaines règles d’exercice professionnel pour un test encadré. Selon le Los Angeles Times, le directeur de l’OAIP, Zachary Boyd, parle d’une « exception étroite » à l’obligation d’être prescripteur agréé, assortie d’une assurance responsabilité couvrant les prescriptions d’IA. Le Medical Licensing Board de l’Utah, qui avait demandé en mai la suspension du pilote Doctronic faute d’avoir été consulté, a obtenu qu’un médecin tiers désigné par lui supervise les relectures.

    Source : Office of Artificial Intelligence Policy de l’Utah, Regulatory Mitigation Agreement Nolla Health (21-22 septembre 2026) · fiabilité : officielle ; annonce Nolla Health (5 octobre 2026) · fiabilité : déclarative

  • Resilience Care rachète le berlinois Recovery Cat, utilisé dans près de 20 hôpitaux et cabinets

    Le 24 septembre 2026, Resilience Care, spécialiste français de la télésurveillance médicale en oncologie, gastroentérologie et psychiatrie, a racheté la jeune entreprise berlinoise Recovery Cat.

    Issue de travaux menés à la Charité – Universitätsmedizin Berlin, sa plateforme de suivi psychiatrique est utilisée dans près de 20 hôpitaux et cabinets. Ce que l’opération apporte de nouveau à Resilience : un contrat avec la Techniker Krankenkasse, caisse de 12,5 millions d’assurés, qui rend l’outil gratuit pour les assurés entrant dans le parcours et permet de rémunérer les soignants participants.

    Un contrat de caisse finance le parcours, la voie DiGA finance l’application

    En Allemagne, la voie la plus connue pour faire rembourser une application de santé est celle des DiGA, les applications de santé numérique délivrées sur ordonnance. Les caisses publiques leur ont consacré 42 millions d’euros en 2025 pour les troubles psychiques, soit près d’un quart de leurs dépenses DiGA. Recovery Cat suit un autre circuit : son accord avec TK rémunère un parcours auquel participent des soignants. La différence compte pour la télésurveillance, dont le modèle repose sur le temps que les équipes passent à examiner les données des patients. TK range ce dispositif parmi ses contrats de soins intégrés.

    Le suivi n’a d’effet que si le circuit d’alerte est organisé

    La plateforme permet au patient de renseigner symptômes, effets secondaires et ressources personnelles, puis d’en examiner l’évolution avec ses soignants. Repérer un signe de dégradation ne suffit pas : il faut qu’une personne soit chargée d’y répondre. C’est pourquoi le parcours présenté par TK prévoit un premier échange avec une structure participante, la définition d’objectifs thérapeutiques et d’un plan de crise, puis des rendez-vous réguliers. Ce suivi suppose aussi de définir qui reçoit les informations, à quelle fréquence elles sont examinées et quelle équipe intervient en cas de crise.

    Les périmètres cliniques des deux solutions ne se recouvrent pas entièrement

    La solution psychiatrique de Resilience, Edra PRO, sert au suivi d’adultes traités pour un épisode dépressif ou maniaque, hors situations d’urgence. Le périmètre de Recovery Cat est plus large : schizophrénie, manie, troubles bipolaires, dépressions modérées ou sévères et certains troubles de la personnalité et du comportement. Une migration vers un outil unique devrait préciser le parcours proposé aux patients suivis pour ces autres troubles, et garantir aux soignants la continuité des données cliniques et des pratiques de suivi.

    Source : Resilience Care, communiqué de presse, (24/09/2026) – fiabilité : déclarative

  • Sommeil : un oxymètre couplé à une IA décrit la nuit à la seconde près, selon l’Inserm

    L’Inserm a présenté, le 24 septembre 2026, une étude publiée dans la revue Pulmonology, par l’équipe de Jean-Louis Pépin (chaire Sleep-IA, université Grenoble Alpes). Selon l’institut, un oxymètre placé au bout du doigt, couplé à un algorithme d’apprentissage, permettrait de décrire une nuit de sommeil « à la seconde près« , avec une performance comparable à celle de l’électroencéphalogramme.

    L’équipe grenobloise part d’un constat : l’oxymètre ne mesure pas seulement l’oxygène du sang. Il capte les variations du flux sanguin, qui diffèrent selon que l’on est éveillé, en sommeil profond ou en train de rêver. L’algorithme a été entraîné à rapprocher ce signal de l’électroencéphalogramme afin d’estimer à chaque instant la probabilité de chaque stade de sommeil.

    Un examen du sommeil réalisable à domicile, en amont du laboratoire

    Les centres du sommeil saturent et les délais s’allongent. Un examen réalisable à domicile avec un capteur courant pourrait réserver la polysomnographie (examen de référence) aux cas complexes. Au-delà du tri, c’est l’organisation du travail clinique qui serait concernée.

    • Le parcours d’abord : un enregistrement à domicile sur plusieurs nuits pourrait précéder la consultation spécialisée, qui s’appuierait sur des données déjà disponibles.
    • La répartition des tâches : la pose d’un oxymètre ne demandant pas de plateau technique, le temps des équipes spécialisées se recentrerait sur l’interprétation et les cas complexes.
    • La lecture : le médecin n’examinerait plus un tracé découpé en périodes de 30 secondes, mais un diagramme de probabilités, ce qui suppose des repères communs. L’équipe grenobloise cherche justement à établir des diagrammes types pour chaque trouble.

    La valeur se déplace du capteur vers le logiciel d’analyse

    L’oxymètre est un capteur répandu à l’hôpital. Ce n’est donc pas le matériel qui distingue cette approche, mais l’algorithme qui interprète le signal. L’apport propre des travaux grenoblois serait la « lecture à la seconde« . La méthode classique découpe la nuit en périodes de 30 secondes et attribue chacune au stade majoritaire. « Avec cette approche, on peut repérer des microévènements qui disparaissent lorsque l’on qualifie une période de 30 secondes selon l’évènement majoritaire observé », souligne Jean-Louis Pépin (praticien hospitalier, chercheur et professeur à l’université Grenoble Alpes).

    Une validation encore limitée aux patients apnéiques

    Ces résultats restent une preuve de concept. L’algorithme est « pour l’instant validé sur une cohorte principalement constituée de personnes atteintes d’apnées du sommeil ». Sa fiabilité pour d’autres troubles, comme la narcolepsie, reste donc à établir.

    Ce que cela change pour les centres du sommeil : aucune modification des parcours n’est justifiée à ce stade. Il est en revanche utile de mesurer ses délais et la part d’examens qui pourraient relever d’un premier tri à domicile, afin d’être prêt si l’outil se confirme.

    À surveiller

    Les résultats de la validation chez des sujets sains, en cours selon l’Inserm (date non précisée).
    L’extension à d’autres troubles du sommeil, annoncée comme l’étape suivante.
    L’annonce éventuelle d’un partenaire industriel ou d’une démarche de marquage CE, non mentionnée à ce jour.

    Source : communication de l’Inserm (24/09/2026), d’après M. Rusanen et coll., Pulmonology, doi : 10.1080/25310429.2026.2683326 – fiabilité : publication évaluée par les pairs, relayée par une source officielle.

  • Royaume-Uni : le gouvernement accepte les 44 recommandations sur la régulation de l’IA en santé

    Le gouvernement britannique a confirmé, le 6 octobre 2026, qu’il acceptait les 44 recommandations de la Commission nationale sur la régulation de l’IA en santé, publiées le 10 septembre. Le même jour, la MHRA, l’agence britannique du médicament et des produits de santé, a ouvert les candidatures à la phase 3 d’AI Airlock, son bac à sable réglementaire pour les dispositifs médicaux à base d’IA.

    Pourquoi cela compte : la réforme envisagée renforcerait le suivi des outils pendant toute leur durée d’utilisation. Les fabricants devraient documenter leurs performances en conditions réelles, avec les établissements partenaires. Les développeurs visant le marché britannique peuvent déjà candidater au bac à sable.

    Tester le suivi après commercialisation

    Un bac à sable réglementaire permet de tester un produit réel avec le régulateur et des partenaires de soins, pour préciser les exigences applicables. Selon la MHRA, la phase 3 porte sur la surveillance après commercialisation et la régulation sur l’ensemble du cycle de vie. Ses enseignements alimenteront les futures lignes directrices. Le programme bénéficie de trois ans de financement supplémentaire ; une première vague d’innovateurs doit être sélectionnée en novembre 2026.

    Encadrer les mises à jour et les responsabilités

    La MHRA prévoit de publier, d’ici décembre 2026, un projet de lignes directrices sur les modifications des dispositifs à base d’IA. Le gouvernement s’engage aussi à informer les patients lorsque l’IA intervient dans leurs soins et à améliorer l’accès aux voies de recours. Le suivi en vie réelle suppose une coopération entre fabricants et établissements, avec une répartition explicite des responsabilités.

    Des autorisations par étapes, encore à l’étude

    Le gouvernement examine des parcours d’autorisation par étapes : un outil prometteur pourrait être utilisé plus tôt dans le NHS, le système de santé public britannique, sous supervision, pendant la collecte de preuves supplémentaires. Cette piste n’a pas encore d’échéance propre. La feuille de route détaillant les responsabilités et le calendrier des 44 recommandations est attendue au printemps 2027.

    Pour les fabricants et établissements partenaires, l’enjeu immédiat est de préparer les données nécessaires au suivi après déploiement, sans confondre l’acceptation des recommandations avec leur entrée en vigueur.

    Source : MHRA et gouvernement britannique, communiqué de presse (6 octobre 2026) · fiabilité : officielle.

  • Données de santé européennes : trois chantiers techniques avant mars 2027

    Données de santé européennes : trois chantiers techniques avant mars 2027

    Lors de sa 10e réunion, le 30 septembre 2026, le comité de l’espace européen des données de santé (EHDS) a examiné trois chantiers techniques : qualité des données, échange des dossiers et environnement de test. Fulvia Raffaelli, responsable de l’unité « Digital Health » de la Commission européenne, en rend compte dans une publication du 6 octobre. Elle rappelle l’échéance du 26 mars 2027 pour l’adoption d’un premier ensemble d’actes d’exécution.

    Un label pour qualifier les jeux de données

    Le premier chantier porte sur l’article 78 du règlement, consacré à la qualité et à l’utilité des données destinées à la réutilisation. Le comité a discuté d’un document de travail définissant les spécifications techniques du futur label européen et sa représentation visuelle. L’objectif est de rendre les caractéristiques des jeux de données plus lisibles, pour que les utilisateurs puissent apprécier leur adéquation à un projet de recherche ou d’évaluation.

    Un format commun pour échanger les dossiers

    Les travaux sur l’article 15 concernent le format européen d’échange des dossiers de santé électroniques, ou EEHRxF. Ce socle doit permettre aux systèmes nationaux et aux logiciels de professionnels d’échanger les données de santé selon des règles compatibles. Le comité poursuit à ce stade l’examen des spécifications : la réunion ne vaut pas adoption de ce texte.

    Un environnement commun pour tester les systèmes

    Le troisième document, lié à l’article 40, porte sur les exigences de l’environnement numérique européen de test des systèmes de dossiers de santé électroniques. Il vise à soutenir leur développement et leur évaluation dans un cadre commun.

    Pour les éditeurs et détenteurs de données, ces chantiers précisent les conditions techniques de mise en œuvre de l’EHDS. Les documents discutés et les actes déjà adoptés doivent rester distingués : les travaux de septembre ne signifient pas que l’ensemble du cadre technique est finalisé.

    Source : Fulvia Raffaelli, Commission européenne, publication LinkedIn (6 octobre 2026) · fiabilité : déclarative.

  • NIS 2 : l’examen du projet de loi de transposition reporté, aucune date arrêtée

    L’examen du projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité à l’Assemblée nationale est à nouveau reporté, rapporte AEF info le 6 octobre 2026. Il était prévu en séance publique les 7 et 9 octobre. Le texte transpose notamment la directive européenne NIS 2 ; aucune nouvelle date n’est annoncée à ce stade.

    Préparer la conformité sans anticiper l’entrée en vigueur

    Le report retarde l’adoption du texte, pas l’intérêt de s’y préparer. Lors de son audition du 1er octobre, Anne Le Hénanff, ministre déléguée au numérique, a rappelé trois obligations prévues : l’enregistrement auprès de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), la notification des incidents et la mise en œuvre de mesures de sécurité. Leur application et les sanctions dépendront de la loi promulguée et de ses textes d’application.

    Un service de pré-enregistrement et le référentiel cyber France, ou ReCyF, sont déjà disponibles pour identifier les entités concernées et préparer les mesures de sécurité. Ils ne remplacent pas les textes définitifs.

    Un appui méthodologique, sans aide dédiée annoncée

    La ministre a indiqué qu’aucun accompagnement financier dédié n’était prévu à la date de l’audition. Les centres régionaux de réponse aux incidents informatiques pourraient assurer sensibilisation et préparation. Pour les établissements de santé, le programme CaRE demeure un levier distinct ; le guichet de son domaine 2 fermerait le 18 novembre 2026.

    Un calendrier parlementaire encore incertain

    La directive devait être transposée avant le 17 octobre 2024. Le projet français, déposé en octobre 2024 et adopté par le Sénat en mars 2025, relève d’une procédure accélérée. Le périmètre évoqué couvrirait au moins 15 000 entités dans 18 secteurs.

    Les établissements ont donc intérêt à cartographier leurs risques et à préparer les procédures de notification, tout en distinguant les obligations déjà applicables des exigences futures de NIS 2.

    Source : AEF info, dépêche sur le report (6 octobre 2026, accès abonné) · fiabilité : presse ; Assemblée nationale, audition de la ministre (1er octobre 2026) · fiabilité : officielle.

  • Chirurgie : l’Académie veut recentrer 209 établissements sous 3 000 séjours par an

    Un seuil de 3 000 séjours chirurgicaux par an

    Selon le rapport, 20 % des établissements ont des volumes d’activité insuffisants, avec des équipes instables et une perte de compétences. L’Académie retient le seuil de 3 000 séjours par an et par structure proposé en juin 2021 par le Haut Conseil de la santé publique. Les 209 établissements situés en dessous devraient se spécialiser dans une seule discipline ou passer au tout ambulatoire ; à défaut, le rapport juge leur activité chirurgicale « à terme condamnée ». La méthode a été testée sur quatre départements : l’Eure, la Dordogne, la Haute-Marne et le Vaucluse.

    Registres et données en vie réelle

    Le rapport note que les CHU réalisent 15 % des actes chirurgicaux alors que 60 % des chirurgiens exercent hors CHU. Il demande que ces praticiens transmettent leurs données en vie réelle par des registres et des comptes rendus opératoires standardisés, avec des logiciels normés et une incitation financière. L’Académie y voit la condition d’une IA « de qualité et souveraine », d’une comparaison des résultats entre pairs et du suivi des résultats rapportés par les patients (PROMs).

    Le rapport n’a pas de valeur normative, les autorisations d’activité chirurgicale relèvent des agences régionales de santé.

    Source : Académie nationale de chirurgie, « La chirurgie en 2035 : constats et propositions » (rapport, juillet 2026) – fiabilité : déclarative (rapport d’une société savante).

  • Apnée du sommeil : Apneal obtient le marquage CE de classe IIa pour son test sur smartphone

    La société française Apneal a obtenu le marquage CE de classe IIa pour son application d’analyse du sommeil, qui fonctionne avec un smartphone posé sur le thorax.

    La certification s’appuie sur l’étude EASY, promue par l’Inserm, qui a analysé 432 patients dans 9 centres du sommeil en France, en Allemagne et en Espagne. Nouveauté : le rapport produit peut être utilisé par un professionnel de santé pour étayer son diagnostic.

    Pourquoi cela compte : en France, l’accès à un examen du sommeil prend souvent de 3 à 9 mois. Un test sans matériel, désormais utilisable par un médecin, peut aider établissements et CPTS à orienter plus vite les patients. Le remboursement reste à négocier : un pilote local permet d’en mesurer les bénéfices.

    Apneal n’ajoute aucun appareil, les capteurs du téléphone enregistrent les mouvements et les sons respiratoires, et plus de 95 % des smartphones seraient compatibles. Il n’y a rien à expédier ni à entretenir. Si ce modèle s’imposait, la valeur passerait du matériel à l’algorithme.

    Un tri possible en ville avant le centre du sommeil

    Le changement de statut modifie la place de l’outil. Jusqu’ici, l’application signalait un risque et invitait à consulter. Désormais, un médecin de premier recours peut prescrire l’examen, recevoir un rapport au format d’un test du sommeil et décider d’orienter ou non le patient vers un spécialiste. La polysomnographie, examen de référence, mobilise du matériel, des équipes formées et des créneaux limités : un premier examen à domicile permettrait de la réserver aux cas complexes. Deux initiatives locales vont dans ce sens : depuis juin 2026, la CPTS du Pays d’Azur finance le dépistage dans trois communes des Alpes-Maritimes, et six pharmacies le proposent à Béthune.

    Le marquage CE n’apporte pas le remboursement

    Le marquage CE de classe IIa, qui correspond à un niveau de risque intermédiaire, vaut pour tout le marché européen. Chaque pays conserve ses règles de remboursement. Tant qu’aucun tarif n’existe, l’usage dépend de financements locaux. Le dispositif concurrent Sunrise offre un repère : son étude SUNSAS, menée au titre du forfait innovation auprès de 849 adultes, a montré un délai médian jusqu’au diagnostic ramené de 106 à 15 jours.

    Les 91 % valent pour un seuil et une population précise

    Selon Apneal, la sensibilité et la spécificité atteignent 91 % au seuil de 15 événements par heure de l’indice d’apnées-hypopnées (IAH), qui compte les arrêts et réductions de la respiration par heure de sommeil. Aucun patient sévère n’aurait été classé comme normal. Trois limites subsistent. L’étude a été conduite en centre du sommeil, chez des patients déjà adressés pour une polysomnographie : rien n’indique que les performances seraient identiques en médecine générale. Sur 491 patients recrutés, 432 ont été analysés, sans explication sur cet écart. Enfin, les sources ne signalent de publication scientifique que pour une première étude de 46 patients, et l’étude en vie réelle SESAME n’a livré qu’une analyse intermédiaire sur 85 patients.

    L’instrument de mesure est le téléphone personnel du patient, que le médecin ne maîtrise pas, alors que c’est lui qui établit le diagnostic. Plusieurs conditions restent à réunir : information du patient, qualité de l’enregistrement, validation médicale du résultat, protection des données de santé et recours aux examens conventionnels si nécessaire.

    À surveiller

    La publication des résultats complets de l’étude EASY.
    Les résultats finaux de l’étude SESAME, en cours dans 10 centres français, avec 374 patients analysés à domicile.
    L’ouverture de discussions de remboursement en France et le bilan du pilote de la CPTS du Pays d’Azur, lancé en juin 2026.

    Source : Apneal, Application mobile d’aide au diagnostic de l’apnée du sommeil (01/10/2026) – fiabilité : déclarative.

  • Secrétariat médical : Vocca lève 20 M$ pour étendre son assistant téléphonique IA aux États-Unis

    Secrétariat médical : Vocca lève 20 M$ pour étendre son assistant téléphonique IA aux États-Unis

    Vocca, éditeur franco-américain d’un assistant téléphonique IA pour les cabinets et centres de santé, a annoncé le 6 octobre 2026 une série A de 20 millions de dollars, soit environ 17,8 millions d’euros. Le tour est mené par Norrsken VC, avec Heal Capital, Speedinvest, Firstminute Capital et des business angels, dont les fondateurs d’Alan et de Datadog. Le financement total atteint 25 millions de dollars, un an après un tour d’amorçage de 4,7 millions d’euros en septembre 2025.

    Des indicateurs d’usage revendiqués, non audités

    Fondée en juillet 2024 par Eliott Hoffenberg et Hugo Danet, Vocca déclare servir 15 000 praticiens dans 1 500 établissements et plus de 20 spécialités, aux États-Unis et en Europe, contre 2 000 praticiens lors de l’amorçage. Elle annonce plus d’un million de conversations entrantes par mois, un volume multiplié par dix en un an, et un chiffre d’affaires multiplié par sept, sans en publier le montant. L’assistant traiterait 70 % des conversations sans intervention humaine en moyenne, et plus de 85 % chez les clients les plus anciens. Tech Funding News relève que l’entreprise parlait de « demandes » en 2025 et parle de « conversations » aujourd’hui, sur une base de clients 7,5 fois plus large : les deux taux ne sont pas comparables.

    Planification par spécialité et distribution par les éditeurs

    Le moteur de prise de rendez-vous applique les règles propres à chaque spécialité : dentaire, ophtalmologie, imagerie, médecine générale. Selon Norrsken VC, des groupes nationaux de ces trois premières spécialités et des systèmes hospitaliers l’utilisent déjà. En France, Cegedim Santé a intégré Vocca à Maiia Agenda en juin 2026 et le propose à ses 100 000 professionnels clients ; le communiqué cite la Fondation Rothschild, Point Vision et Dentego parmi les utilisateurs. La levée doit financer de nouveaux canaux au-delà de la voix, des scénarios plus complexes et l’expansion aux États-Unis et le doublement de l’effectif, environ 40 personnes, d’ici fin 2026.

    Ce que les acheteurs doivent vérifier

    Vocca héberge ses données séparément aux États-Unis et dans l’Union européenne ; ses partenaires d’infrastructure sont certifiés SOC 2, ISO 27001 et HDS, la certification HDS n’étant pas attribuée à Vocca elle-même. Le communiqué Cegedim range les urgences parmi les appels pris en charge ; aucune des sources consultées ne mentionne de qualification de dispositif médical. Sur le même segment, l’américain Prosper AI a levé 30 millions de dollars en juin 2026 et le parisien Parallel 20 millions en mars 2026 pour l’administratif hospitalier.

    Source : Norrsken VC, annonce d’investissement (6 octobre 2026) · fiabilité : déclarative · Tech Funding News (6 octobre 2026) ; Les Echos (5 octobre 2026) ; Cegedim Santé, communiqué (8 juin 2026)

  • Oncologie : AstraZeneca investit 2 milliards de dollars dans l’américain Summit Therapeutics

    Les termes de l’investissement

    AstraZeneca souscrit environ 108 955 actions de préférence nouvelles, convertibles en actions ordinaires à raison de 1 pour 1 000, soit un prix implicite de 18,36 dollars par action. Ce prix correspond à la moyenne pondérée des cinq séances précédentes majorée de 10 %. AstraZeneca détiendra l’équivalent d’environ 12 % du capital ordinaire, 10,6 % sur une base entièrement diluée. La clôture était attendue sous une semaine. La conversion future reste soumise aux autorisations réglementaires.

    Deux molécules, chacune gardant ses droits

    L’ivonescimab, conçu par le chinois Akeso, associe dans une même molécule le blocage de PD-1 et celui du VEGF. Summit en détient les droits dans les principaux territoires hors de Chine. Le produit est autorisé en Chine dans certains cancers du poumon non à petites cellules ; une demande d’autorisation est en cours d’examen par la FDA pour la forme avec mutation EGFR.

    Le Sone-Ve cible la protéine CLDN18.2. Les essais, financés conjointement et promus par AstraZeneca, doivent démarrer prochainement ; chaque entreprise conserve les droits sur sa molécule. Un protocole d’accord non contraignant prévoit un programme plus large associant l’ivonescimab à d’autres traitements d’AstraZeneca. Les résultats de l’essai CLARITY-Gastric01 sur le Sone-Ve doivent être présentés à l’ESMO 2026.

    Les deux communiqués ne donnent aucun calendrier de demande d’autorisation de l’ivonescimab en Europe.

    Source : AstraZeneca, communiqué (28 septembre 2026) ; Summit Therapeutics, communiqué (28 septembre 2026) – fiabilité : déclarative.