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  • IA en santé : le HDI propose d’encadrer le « premier recours » numérique des patients

    Le Healthcare Data Institute (HDI) a publié en septembre 2026 un position paper intitulé « L’IA n’attend pas la médecine, elle est déjà dans les usages ». Le think tank y constate qu’un « premier recours » numérique s’installe avant tout encadrement et formule six recommandations, dont la distinction entre IA grand public et IA médicale spécialisée et l’évaluation de l’IA comme une innovation médicale.

    Un usage installé avant d’être intégré au soin

    Le HDI part des usages. Les patients interrogent déjà des chatbots sur leurs symptômes, leurs résultats d’examens ou leur santé mentale. En France, le document cite l’enquête Fondation Jean-Jaurès/Doctolib : 45 % des patients interrogés déclarent utiliser une IA conversationnelle pour des questions de santé, 75 % des 18-24 ans contre 13 % des 75 ans et plus. Près d’un utilisateur sur deux décide ensuite de consulter ; 18 % y renoncent après l’échange avec l’IA.

    L’IA devient une première étape du parcours. Le HDI en tire une ligne : un outil d’orientation accompagné, non un système de pré-tri autonome.

    Côté soignants, le gain attendu est le temps médical

    Pour les professionnels, l’institut relève des usages déjà structurés : transcription, synthèse de dossiers, recherche documentaire, imagerie. L’angle retenu est la récupération du temps médical plutôt que le remplacement du jugement clinique.

    Le document étend le propos à la prévention et au suivi des maladies chroniques, sous condition de qualité, de représentativité et de gouvernance des données.

    Six recommandations, dont évaluer l’IA comme une innovation médicale

    Le risque principal identifié est une adoption plus rapide que l’évaluation : hallucinations, biais, exposition de données de santé, inégalités d’accès, perte de compétences. Le HDI cite une méta-analyse de 83 études qui estime la précision diagnostique globale de l’IA générative à 52,1 %.

    Il formule six recommandations : distinguer l’IA grand public de l’IA médicale spécialisée ; faire du droit européen, dont l’AI Act, un levier de confiance ; former citoyens et professionnels au discernement ; asseoir la confiance sur l’éthique et la qualité des données ; évaluer l’IA comme en médecine, sur ses performances, son impact clinique, organisationnel et médico-économique et son acceptabilité ; investir dans la deeptech et les usages pour une offre européenne souveraine.

    Source : Healthcare Data Institute, position paper « L’IA n’attend pas la médecine, elle est déjà dans les usages » (septembre 2026, mis en ligne le 28 septembre) – fiabilité : déclarative (think tank).

  • Évaluation de l’IA : l’Inria lance un programme France 2030 de 13,5 M€

    L’Inria a lancé le 22 septembre 2026, au Centre Inria de Paris, le programme Évaluation de l’IA, financé à hauteur de 13,5 millions d’euros par France 2030. Porté par l’Inria au titre de sa mission d’Agence de programmes dans le numérique et dirigé par Jean-Michel Loubes, il constitue la feuille de route scientifique de l’Institut national pour l’évaluation et la sécurité de l’IA (INESIA), piloté conjointement par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) et la Direction générale des entreprises (DGE).

    Le programme couvre la recherche fondamentale, le développement de technologies logicielles et leur transfert. Il doit produire des méthodes pour caractériser le comportement des systèmes d’IA, identifier leurs vulnérabilités et anticiper leurs risques, au-delà de la mesure des performances.

    Les recherches portent sur trois axes :

    • Les risques systémiques liés aux capacités et aux comportements des systèmes d’IA et à leurs effets à grande échelle.
    • La sûreté de l’IA, soit les vulnérabilités et menaces propres à ces systèmes.
    • Et des méthodologies d’évaluation fiables, robustes et reproductibles.

    EVA, une plateforme pour des évaluations à grande échelle

    Le programme prévoit une plateforme, nommée EVA, pour orchestrer et suivre des expériences d’évaluation sur différents systèmes et scénarios. Selon une offre de recrutement d’Inria, la plateforme d’évaluation vise en particulier les systèmes fondés sur des grands modèles de langage (LLM), pour des campagnes de tests comparatifs (benchmarks) et des exercices d’attaque simulée (red teaming).

    Créé en 2025, l’INESIA réunit l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), Inria, le Laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE) et le Pôle d’expertise de la régulation numérique (PEReN). Sa feuille de route 2026-2027 s’articule autour de trois pôles : l’appui à la régulation de l’IA, les risques systémiques, et la performance et la fiabilité.

    Le programme n’est pas spécifique à la santé. Dans ce secteur, l’évaluation des IA médicales repose sur la normalisation, le marquage CE, l’expérimentation hospitalière et l’évaluation de la HAS.

    Sources : Inria, communiqué du 22 septembre 2026, mis à jour le 23 septembre ; SGDSN, page INESIA ; Inria, offre 2026-09968 (fiabilité : officielle).

  • IA en imagerie : Incepto Medical lève 14 M€ et annonce des acquisitions ciblées

    La start-up française Incepto Medical, qui édite une plateforme d’IA en imagerie médicale, a annoncé une levée de 14 millions d’euros. Le tour est mené par Impactivist (ex-Investir&+), avec ses investisseurs historiques LBO France, Karista, Bpifrance et Wille Finance. Il doit financer le déploiement en Europe et aux États-Unis de TANGO, son assistant de compte rendu fondé sur l’IA générative, le renforcement du suivi en vie réelle, l’élargissement de son catalogue d’applications et des acquisitions ciblées.

    Selon l’entreprise, la plateforme équiperait plus de 1 000 centres, dont les deux tiers des CHU. L’IA en radiologie sort donc de la phase pilote, et la question devient celle de sa fiabilité dans la durée. Les établissements ont intérêt à exiger un suivi des performances en vie réelle, et les éditeurs à anticiper la consolidation du marché.

    Un suivi en vie réelle pour garantir la fiabilité des IA

    L’entreprise crée à cette occasion un Comité d’impact chargé de piloter quatre piliers :

    • Le nombre de patients bénéficiant d’une imagerie assistée par l’IA.
    • Le temps administratif gagné par examen et par patient.
    • L’accès équitable à l’IA.
    • Et la confiance, fondée sur le suivi en vie réelle et le contrôle qualité des algorithmes.

    Ce dernier pilier répond à une limite, un algorithme validé lors d’un essai clinique peut perdre en performance une fois installé, car les patients, les appareils et les pratiques varient d’un site à l’autre.

    Le compte rendu, nouveau terrain de l’IA générative en radiologie

    TANGO illustre un déplacement de la valeur. La première génération d’IA en imagerie aidait surtout à repérer une anomalie sur l’image. L’IA générative intervient à l’étape suivante : la rédaction du compte rendu, tâche chronophage pour le radiologue. Le gain attendu porte sur la charge administrative, que le Comité d’impact prévoit de mesurer par examen. Cet usage soulève d’autres questions : la relecture du texte avant signature et la responsabilité en cas d’erreur.

    Un agrégateur qui prépare des acquisitions dans un marché en recomposition

    Le modèle d’Incepto consiste à offrir aux radiologues un point d’entrée unique : la plateforme sélectionne des applications d’IA, les orchestre dans la pratique quotidienne et mesure leur impact. Pour un établissement, l’intérêt est d’éviter de multiplier les contrats et les intégrations techniques avec chaque éditeur. En annonçant des acquisitions ciblées, l’entreprise s’inscrit dans un mouvement de consolidation déjà engagé : RadNet a annoncé en mars 2026 le rachat du français Gleamer pour un montant pouvant atteindre 230 M€, et Sectra a conclu le même mois un accord pour acquérir Oxipit. Les plateformes capables d’intégrer des outils et d’en prouver l’impact se renforcent ; les éditeurs d’une seule application deviennent des cibles potentielles.

    Ce que cela change

    Pour les directions d’établissement et les acheteurs : les appels d’offres peuvent intégrer des indicateurs de suivi en vie réelle, un contrôle qualité périodique et une mesure du temps gagné.

    Pour les radiologues et les groupes d’imagerie : les outils de compte rendu génératifs gagnent à être testés sur un périmètre limité, avec une mesure du gain réel et une règle de relecture avant signature.

    Source : Incepto Medical, communiqué de presse du 22 septembre 2026 · fiabilité : déclarative.

  • Longévité : l’Institut Montaigne propose des parcours territoriaux et un financement de la coordination

    Organiser la réponse après le repérage

    L’Institut Montaigne propose un parcours en quatre étapes : prévention chez les personnes autonomes, évaluation approfondie après une alerte, plan personnalisé pour une fragilité confirmée, puis accompagnement renforcé lorsque la perte d’autonomie est installée. Médecins traitants, équipes de soins primaires, établissements de soins médicaux et de réadaptation et hôpitaux de proximité assureraient l’évaluation. Services à domicile, centres de ressources territoriaux (CRT) et établissements d’hébergement accompagneraient les personnes dont la perte d’autonomie est installée.

    Le service public départemental de l’autonomie serait renforcé comme guichet unique, sans nouvelle strate administrative. Il élaborerait avec l’agence régionale de santé un projet territorial recensant les ressources disponibles et fixant les règles d’orientation. Le suivi porterait notamment sur les délais d’évaluation après une alerte, la mise en œuvre des plans personnalisés et les hospitalisations évitables.

    Une dotation fixe, une part variable et des investissements

    Le rapport envisage une dotation fixe pour la coordination, la fonction ressource, la continuité de service et les moyens mutualisés. Une part variable dépendrait du nombre de personnes effectivement accompagnées, de leur perte d’autonomie et de l’intensité des interventions. Une enveloppe d’investissement couvrirait notamment les locaux, les transports, les équipements, la cybersécurité et l’interopérabilité numérique.

    Le déploiement passerait par des territoires pilotes, une contractualisation des financements et une évaluation indépendante. Le coût national serait calculé à partir des dépenses réellement observées. Les économies liées aux hospitalisations évitables ou au report de la perte d’autonomie resteraient à mesurer sur plusieurs années : elles ne peuvent pas financer d’emblée le lancement.

    Source : Institut Montaigne, « Longévité en santé : prévenir pour mieux vieillir », septembre 2026, p. 144–153. Fiabilité : officielle (rapport original).

  • CBA rachète SIL-LAB Innovations et Medicalib, premières acquisitions de ses 40 ans d’histoire

    CBA, éditeur de logiciels de gestion pour les professionnels de santé libéraux, a annoncé en septembre l’acquisition de SIL-LAB Innovations et de Medicalib, plateforme de mise en relation entre patients et soignants pour les rendez-vous à domicile. L’entreprise franchit ainsi pour la première fois le cap de la croissance externe. Selon l’annonce, l’objectif serait de réunir dans un même écosystème la prise de rendez-vous, la coordination des soins, la gestion des prélèvements, la facturation et la comptabilité des soignants libéraux.

    Pourquoi cela compte : l’acteur qui organise la prise de rendez-vous capte à la fois la relation avec le patient et l’activité du soignant. En s’emparant de ce point d’entrée, CBA pourrait proposer une offre groupée plus difficile à concurrencer.

    Un éditeur de gestion qui remonte vers le patient

    Le cœur de métier historique de CBA se situe après le soin : télétransmission, facturation, comptabilité. L’entreprise compte près de 40 000 utilisateurs, principalement infirmiers et kinésithérapeutes. Avec Medicalib, elle se positionne en amont, au moment où le patient cherche un soignant. L’acteur qui contrôle ce point d’entrée capte à la fois la relation avec le patient et le flux d’activité du soignant, ce qui lui permet de proposer une offre groupée plus difficile à concurrencer.

    Prélèvements à domicile : relier le soignant et le laboratoire

    SIL-LAB Innovations commercialiserait une application et une plateforme reliant les préleveurs mobiles, dont les infirmiers libéraux, aux laboratoires de biologie médicale. Ce maillon est souvent fragmenté : l’infirmier réalise la prise de sang au domicile, puis transmet ordonnance, identification des tubes et informations patient au laboratoire, qui utilise ses propres outils. Chaque ressaisie crée un risque d’erreur et une perte de temps. Relier ces données au logiciel que l’infirmier utilise déjà pour facturer pourrait limiter les doubles saisies. Le bénéfice dépendra toutefois de la compatibilité avec les systèmes informatiques de chaque laboratoire, que l’annonce ne détaille pas.

    Une concentration de données qui appelle des garanties

    Rendez-vous, soins, prélèvements, facturation et comptabilité : l’essentiel de l’activité d’un soignant libéral, et une partie des données de ses patients, serait réuni chez un même fournisseur. Cette intégration peut simplifier le quotidien, mais elle rend un changement de fournisseur plus coûteux en cas de hausse tarifaire, de panne ou de réorientation stratégique. Les questions de réversibilité, de portabilité des données et d’interfaces ouvertes avec des outils tiers deviennent donc déterminantes.

    Ce que cela change

    Pour les soignants libéraux : l’offre pourrait réduire le nombre d’outils à utiliser au quotidien. Avant d’y adhérer, il est utile de vérifier les conditions tarifaires et les garanties de portabilité des données.

    Pour les laboratoires de biologie médicale : ceux qui utilisent SIL-LAB peuvent demander à CBA la feuille de route du service. Les autres peuvent évaluer si l’intégration facilite l’accès aux infirmiers déjà équipés par l’éditeur.

    Source : CBA Informatique Libérale, publication d’annonce (18/09/2026) · fiabilité : communication officielle.

  • [Décryptage] Apnée du sommeil : l’appareil de PPC pourrait repérer les signes d’une maladie cardiaque

    Selon une étude française présentée par le Dr Arnaud Prigent (clinique Saint-Laurent, Rennes) au congrès de l’European Respiratory Society (ERS), début septembre à Barcelone, l’apparition, détectée par télésuivi, d’une respiration de Cheyne-Stokes chez des patients traités par pression positive continue (PPC) pour des apnées obstructives du sommeil est associée à un risque accru d’événements cardiovasculaires.

    Ces travaux prolongent l‘étude AlertApnée, publiée par la même équipe dans la revue Respirology.

    Pourquoi cela compte : les appareils de PPC déjà installés à domicile pourraient servir de système d’alerte cardiaque précoce, sans matériel supplémentaire. Pour les prestataires et les établissements, l’enjeu est d’organiser le tri des alertes et l’orientation des patients, en gardant à l’esprit que le bénéfice clinique n’est pas encore démontré.

    Un signal déjà enregistré par les appareils à domicile

    La PPC maintient les voies respiratoires ouvertes pendant le sommeil grâce à de l’air sous pression. Selon le Dr Prigent, la plupart des appareils transmettent l’observance, les fuites et l’indice d’apnées-hypopnées (IAH) résiduel, soit le nombre de pauses respiratoires par heure. Ils sont aussi capables de détecter une respiration de Cheyne-Stokes : un rythme anormal alternant hyperventilation et pauses respiratoires « centrales », dues à la commande cérébrale et non à une obstruction. Selon de précédentes études citées, ce rythme apparaît précocement avant une décompensation d’insuffisance cardiaque et disparaît avec l’amélioration clinique. D’où son intérêt comme signal d’alerte.

    En France, le télésuivi des PPC est déjà largement organisé, car la prise en charge du traitement est liée à l’observance mesurée à distance. Le capteur est donc déjà au domicile : tout se joue dans l’usage du signal. Dans l’étude AlertApnée, toute hausse brutale de l’IAH déclenchait une alerte chez le prestataire de santé à domicile (PSAD), qui vérifiait les données de l’appareil ; une consultation était programmée si le rythme anormal était confirmé.

    Un patient sur cinq avec ce signal a eu un événement cardiaque grave

    Sur 555 adultes suivis pendant un an (412 hommes, 57 % avec des comorbidités cardiovasculaires connues), 78 épisodes ont été détectés chez 74 patients. Causes identifiées : insuffisance cardiaque (30,8 %), instabilité ventilatoire (26,9 %), fuites (16,7 %), médicaments (9,0 %), troubles du rythme (7,7 %) et insuffisance rénale (2,6 %). Au total, 15 patients, soit 20,3 % de ceux qui présentaient ce signal, ont eu un événement cardiaque grave confirmé.

    Deux enseignements en découlent.

    • D’abord, selon les auteurs, l’alerte permettrait une détection précoce, y compris chez des patients sans maladie cardiaque connue.
    • Ensuite, plus de 40 % des épisodes relevaient d’une instabilité ventilatoire ou de fuites, qui n’appellent pas de consultation de cardiologie.

    La valeur du dispositif dépend donc du tri : qui reçoit l’alerte, qui l’interprète, et dans quel délai le patient est orienté. Un rapprochement avec la télésurveillance de l’insuffisance cardiaque, entrée dans le droit commun en 2023, pourrait offrir un cadre à ce circuit.

    Un signal qui renseigne aussi sur les traitements

    L’étude montre que certains médicaments connus pour favoriser les apnées centrales (baclofène, ticagrélor, opioïdes) expliquaient 9,0 % des épisodes. L’appareil de PPC ne renseigne donc pas seulement sur l’apnée : il devient un point d’observation continu de l’état cardio-respiratoire du patient et, indirectement, de la tolérance de certains traitements. Interpréter une alerte suppose donc de connaître les traitements en cours, et de partager l’information entre prescripteurs, pharmaciens et prestataires.

    Vers une lecture algorithmique de l’évolution du signal

    Le protocole AlertApnée repose sur un seuil simple, suivi d’une vérification humaine. Des travaux plus récents cherchent à analyser l’évolution du signal jour après jour. Une étude japonaise rétrospective portant sur 1 265 patients déclare avoir repéré 92 % des événements cardiovasculaires dans les 28 jours qui les précédaient, avec une avance médiane de 12 jours, tout en réduisant de 94,9 % le nombre d’alertes grâce à un filtrage hiérarchique. Limiter les fausses alertes est décisif pour un déploiement à grande échelle, et fait de l’historique des données de télésuivi un actif.

    Un niveau de preuve encore en construction

    L’étude AlertApnée est monocentrique et observationnelle : elle établit une association entre le signal et le risque, mais ne démontre pas qu’agir sur ce signal améliore l’état des patients. Selon les auteurs, un épisode de respiration de Cheyne-Stokes multipliait par 13,8 le risque d’événement cardiaque grave en analyse simple ; ce rapport des cotes était de 5,7 (intervalle de confiance : 2,0 à 16,8) après ajustement sur les autres facteurs. La population était majoritairement masculine, et l’étude a été en partie financée par VitalAire, prestataire de santé à domicile qui emploie l’une des coautrices. Une revue systématique publiée en 2026 ne recense que cinq études observationnelles sur le sujet et souligne le risque de faux positifs. Seul un essai comparatif pourrait établir un bénéfice clinique.

    Source : Prigent A, Texereau JB, Schmitz C, Ropars C, Degreef JM, Teulier M, et al. Real-world telemonitoring and remote support for home non-invasive ventilation to improve therapy effectiveness: the exploratory, multicentre randomised eVENT study. Thorax. 2025 Oct;80(10):720.

  • Relaisanté lève 6 M€ pour organiser les sorties d’hospitalisation

    Le 23 septembre, la start-up Relaisanté a annoncé une première levée de fonds de 6 millions d’euros auprès de Ternel, Aquiti, Elaia et AFI Ventures. Lancée en début d’année, la plateforme aide les établissements de santé à trouver des professionnels disponibles pour prendre en charge un patient à domicile après son hospitalisation. L’entreprise revendique 315 établissements équipés et 12 000 professionnels connectés, et vise 1 000 établissements d’ici 2027 et 30 000 professionnels d’ici fin 2027.

    Chaque retour à domicile retardé faute d’intervenant prolonge le séjour et immobilise un lit. Les établissements disposent d’un nouvel outil pour fluidifier ce passage, mais ont intérêt à vérifier sa neutralité, son articulation avec les outils publics et l’usage futur des données.

    Relaisanté souhaite développer une IA pour anticiper les sorties, aider à optimiser la durée moyenne de séjour, identifier le dispositif de sortie adapté et calculer le reste à charge du patient. Or ses conditions générales indiquent qu’elle fonctionne aujourd’hui sans traiter ni stocker de données de santé nominatives. Prédire une date de sortie suppose généralement des informations cliniques.

    La plateforme permettrait de trouver un soignant en 18 minutes, un chiffre déclaratif.

    Un modèle financé par les professionnels du domicile

    Les conditions générales de la plateforme distinguent un usage institutionnel pour les établissements et un abonnement payant, RelaiSanté Pro, pour les services d’aide et de soins à domicile et les infirmiers libéraux. Cela soulève une question : si l’accès aux patients sortants passe par un abonnement, les professionnels non abonnés risquent d’être moins sollicités. Reste à vérifier comment l’outil garantit le libre choix du patient.

    Une articulation à clarifier avec ViaTrajectoire et PRADO

    Relaisanté n’arrive pas sur un terrain vierge. ViaTrajectoire, service référencé dans la doctrine du numérique en santé, oriente déjà les patients sortant de médecine, chirurgie et obstétrique vers les soins de réadaptation, l’hospitalisation à domicile ou le programme de retour à domicile PRADO de l’Assurance maladie. Un module consacré aux accompagnements à domicile y est en cours de conception. Le risque pour les équipes : saisir deux fois les mêmes informations dans des outils qui ne communiquent pas.

    Source : Ventech, communiqué « RelaiSanté lève 6 M€ pour bâtir le standard de la continuité des soins entre l’hôpital et la ville » (24 septembre 2026) · fiabilité : presse.

     

  • La FDA autorise l’IA de tri d’a2z Radiology pour 10 nouveaux signes au scanner abdomino-pelvien

    La Food and Drug Administration a autorisé le logiciel Abdo-Triage de la start-up bostonienne a2z Radiology AI à signaler 10 signes supplémentaires sur les scanners abdomino-pelviens, selon une annonce de l’entreprise, le 21 septembre. Parmi ces nouveaux signes figurent l’appendicite aiguë, le calcul urétéral obstructif, l’abcès intra-abdomino-pelvien et les lésions traumatiques de la rate, du foie et du rein. Avec les 7 signes autorisés fin 2025, l’offre de tri de l’entreprise en couvre désormais 17, répartis sur deux dispositifs distincts.

    L’IA de tri en imagerie d’urgence passe d’outils ciblant une seule pathologie à des plateformes qui couvrent plus d’une dizaine de signes. Pour un établissement, l’enjeu n’est plus de savoir si ces outils existent, mais de vérifier, sur ses propres examens, qu’ils raccourcissent réellement les délais de lecture des cas graves.

    Un outil qui réordonne la liste de lecture, sans poser de diagnostic

    Le logiciel analyse les scanners abdomino-pelviens, avec ou sans produit de contraste, chez les adultes de 22 ans et plus. Lorsqu’il détecte un signe suspect, il le signale à l’équipe de radiologie, qui peut alors lire cet examen en priorité.

    Son intérêt dépend donc de l’organisation du service. Dans un service où chaque scanner est lu dès son acquisition, réordonner la liste de travail apporte peu. L’outil devient utile lorsque les examens s’accumulent, la nuit, pendant les gardes ou en télé-imagerie : faire remonter en tête un scanner évocateur d’hémopéritoine peut alors avancer la prise en charge d’un patient grave. Le choix des nouveaux signes, largement tournés vers la traumatologie et l’abdomen aigu, semble viser précisément ces situations d’urgence.

    Une autorisation qui ne dit pas encore si l’outil améliore la prise en charge

    L’autorisation de la FDA valide l’outil pour un usage précis : le tri et la notification. Elle ne démontre pas, à elle seule, un bénéfice pour les patients ni un gain de temps dans un service donné.

    La vigilance croît avec le nombre de signes. Une performance moyenne élevée peut masquer des résultats plus faibles sur une pathologie précise, et chaque signe ajouté est une source potentielle de fausses alertes. Or un outil qui alerte trop souvent à tort risque d’être ignoré par les équipes. L’entreprise invite elle-même les établissements à conduire une évaluation rétrospective sur leurs examens historiques.

    Source : Radiology Business, « FDA clears radiology AI triage tool to check for 10 additional findings on CT scans », (23 septembre 2026) · fiabilité : presse.

     

  • Oracle élargit sa plateforme d’IA pour la pharma, adossée à 122 millions de dossiers patients

    Oracle a annoncé le 23 septembre l’élargissement d’Oracle Life Sciences Data Intelligence (anciennement Oracle Life Sciences AI Data Platform) une plateforme destinée aux équipes de recherche pharmaceutique. Elle réunit dans un même environnement des données de vie réelle, une IA entraînée sur le domaine de la santé et des outils d’analyse avancée. Sa base, Oracle Health Real-World Data, couvrirait plus de 122 millions de dossiers patients désidentifiés.

    Pour les industriels, l’outil promettrait de réduire le temps nécessaire pour vérifier la faisabilité d’un essai et repérer patients et centres. Sa valeur dépendra de la fiabilité de ses résultats.

    Des cohortes construites en langage courant pour accélérer les essais

    Selon Oracle, les chercheurs pourraient formuler leurs demandes en langage courant pour constituer et affiner des cohortes, c’est-à-dire des groupes de patients répondant à des critères précis. Ils pourraient aussi conduire des analyses de résultats de santé et automatiser des enchaînements de tâches, avec moins de programmation. L’éditeur cite plusieurs usages : la recherche de cohortes, le recrutement dans les essais cliniques, le choix des centres investigateurs, la médico-économie, l’accès au marché et la production de preuves.

    Le recrutement et le choix des centres sont les deux usages les plus directement liés au calendrier d’un essai. Les clients pourraient croiser leurs propres données et des bases tierces avec celles d’Oracle, dans un environnement hébergé et encadré.

    L’annonce ne cite ni client, ni délai gagné, ni comparaison avec les méthodes existantes. Elle ne précise pas non plus l’origine géographique des dossiers ni la période couverte.

    Oracle met en avant un raisonnement traçable et des résultats vérifiables, qui montreraient la logique d’analyse suivie et l’origine des éléments de preuve derrière chaque résultat.

    À surveiller

    La publication de références clients et de résultats chiffrés, qui permettrait de mesurer l’apport réel de la plateforme.Des précisions sur le périmètre des 122 millions de dossiers

    La position des autorités sanitaires sur les preuves issues de données de vie réelle analysées par IA, qui conditionnera l’usage de ces résultats dans les dossiers réglementaires.

    Source : Becker’s Hospital Review, « Oracle Life Sciences pairs AI with 122M patient records for pharma », (23 septembre 2026) · fiabilité : presse.

  • Shadow Santé lève 2,5 M€ pour exporter sa plateforme environnementale dédiée aux hôpitaux

    La start-up Shadow Santé, créée fin 2022 à Sophia Antipolis, a bouclé un financement de 2,5 M€ : 1,5 M€ en capital et 1 M€ de dette bancaire. Ce tour de table réunit la Caisse d’Épargne Côte d’Azur, les fonds à impact Good Only Ventures et Impact Seed Ventures, ainsi que les réseaux d’investisseurs providentiels Paris Business Angels, Provence Angels et Angels Santé.

    Il doit permettre de passer d’environ 10 à 50 nouveaux établissements clients par mois d’ici début 2027, notamment à l’international.

    Shadow Santé mesure les émissions de carbone, la consommation d’énergie et la production de déchets des établissements afin d’en repérer les principaux postes. Une partie de la transition environnementale peut se financer par les économies qu’elle génère. L’argument est habile, car une dépense présentée comme source d’économies est plus facile à défendre en direction qu’un investissement purement environnemental.

    Pourquoi cela compte : Shadow Santé présente la mesure environnementale comme un moyen de dégager des économies, et non comme une simple contrainte réglementaire. Pour les directions d’établissement, c’est un argument à tester : avant de s’engager, elles peuvent exiger des résultats chiffrés en énergie, en déchets et en euros.

    Une obligation réglementaire comme socle de la demande

    Le logiciel automatise la collecte des données d’activité nécessaires au bilan d’émissions de gaz à effet de serre (Beges). Ce bilan est obligatoire pour les établissements publics de plus de 250 salariés, avec une mise à jour tous les trois ans. L’automatisation change la nature de l’exercice : réalisé chaque année, le bilan cesse d’être une photographie réglementaire pour devenir un indicateur de suivi.

    « Plus on signera d’établissements, plus on aura de données pour mieux les orienter », résume Alexis Patissier (fondateur). Chaque nouveau client enrichit donc une base de comparaison entre établissements, qui améliore les recommandations faites à tous. Ce mécanisme renforce la position de la start-up, mais pose une question aux établissements : quels droits conservent-ils sur leurs données et sur les comparaisons qui en sont tirées ?

    Un financement hybride adossé à des contrats existants

    Jusqu’ici, Shadow Santé s’était financée par ses contrats et par deux prêts de 100 000 euros. L’appel à la dette bancaire, en complément du capital, s’appuie sur cette activité existante et limite la part cédée aux investisseurs, qui détiendraient environ deux tiers du capital selon le fondateur. Le montant situe ce segment en phase d’amorçage plutôt que de consolidation.

    Un déploiement réel, des résultats encore à documenter

    La start-up revendique près de 300 clients, plus de 2 000 sites et 99 établissements signés sur l’exercice 2025, dont le CHU de Nice et les centres hospitaliers d’Antibes et de Grasse. Ces volumes attestent une adoption réelle de la mesure. Mais mesurer ne suffit pas à réduire : l’effet dépend de l’usage que les établissements font des données.

    Source : Paris Business Angels, publication LinkedIn annonçant la levée de fonds de Shadow Santé (22/09/2026) · fiabilité : Officielle.