La CNIL met à disposition un logiciel open source, baptisé PIA, pour accompagner la réalisation des Analyses d’impact relatives à la protection des données (AIPD), telles que prévues par le RGPD. L’outil s’inscrit dans une démarche d’accompagnement des responsables de traitement dans la mise en œuvre de leurs obligations en matière de protection des données.
Disponible en 20 langues, PIA a aussi pour objectif de faciliter l’appropriation des guides AIPD publiés par la CNIL. L’analyse d’impact est obligatoire pour certains traitements de données, et l’outil entend en structurer la conduite comme la formalisation.
La CNIL indique que PIA s’adresse d’abord aux responsables de traitement qui ne sont pas, ou peu, familiers de la démarche AIPD. L’outil est proposé dans une version « prête à l’emploi », conçue pour être lancée simplement sur un poste de travail.
Au-delà de cet usage individuel, il peut aussi être déployé sur des serveurs afin d’être intégré à des outils déjà utilisés en interne dans une entreprise.
Trois fonctions pour suivre la méthode CNIL
L’outil PIA est présenté autour de trois axes destinés à aider les organisations à suivre la méthode AIPD développée par la CNIL.
Un outil modulaire : PIA peut être adapté aux besoins d’une structure ou d’un secteur d’activité. La CNIL cite notamment la possibilité de créer un modèle d’AIPD, duplicable ensuite pour des traitements de nature similaire. Le caractère open source du logiciel permet aussi de modifier son code source, publié sous licence libre, pour ajouter des fonctionnalités ou l’intégrer à d’autres outils internes.
Une interface pour dérouler l’analyse pas à pas : L’outil repose sur une interface pensée pour gérer l’ensemble des analyses d’impact et suivre, étape par étape, la méthode de la CNIL. L’objectif est d’éviter les oublis dans la conduite de l’exercice. Des outils de visualisation sont également proposés afin de donner une lecture synthétique de l’état des risques associés au traitement étudié.
Une base de connaissance juridique et technique : PIA intègre des éléments juridiques relatifs à la licéité du traitement, ainsi que des mesures destinées à protéger les droits des personnes concernées. Le logiciel embarque aussi une base de connaissance contextuelle, accessible pendant la réalisation de l’analyse. Ses contenus s’appuient sur le RGPD, les guides AIPD et le guide sécurité de la CNIL, avec une adaptation aux caractéristiques du traitement examiné.
La CNIL distingue deux déclinaisons de son outil
La version logicielle se télécharge et s’installe sur un poste de travail. Elle est disponible pour Windows en 32 et 64 bits, Linux en 64 bits et Mac OS.
La version web est destinée à un déploiement sur les serveurs de l’entreprise. Elle existe en mode front-end et en mode back-end.
Dans les deux cas, l’ouverture du code permet une adaptation à l’écosystème informatique existant au sein de l’organisation et une intégration avec les autres outils internes.
Pour les structures de santé, les éditeurs et les entreprises du numérique en santé amenés à traiter des données personnelles sensibles, PIA constitue un outil opérationnel pour cadrer une démarche AIPD, en particulier lorsque les équipes disposent de peu de ressources spécialisées en interne.
L’intérêt du dispositif repose sur trois leviers ; un cadre méthodologique aligné sur la doctrine de la CNIL, une possibilité d’adaptation aux usages métiers, et une intégration envisageable dans des environnements techniques déjà en place.
L’évaluation de la réponse aux traitements en cancérologie repose encore largement sur les critères RECIST, un référentiel international fondé sur la mesure d’un nombre limité de lésions dites cibles (jusqu’à cinq au total, avec un maximum de deux par organe). Ces lésions sont sélectionnées pour représenter la maladie, puis leur évolution est comparée au fil du traitement.
Cette approche montre des limites chez les patients qui présentent un nombre très élevé de lésions, parfois plusieurs centaines, réparties sur plusieurs organes. Dans ces situations, quelques cibles ne suffisent pas toujours à restituer l’étendue réelle de la maladie.
À mesure que la médecine de précision exige une caractérisation plus fine des tumeurs pour ajuster les stratégies thérapeutiques, la mesure de la charge tumorale prend une place de plus en plus importante. Elle correspond à l’ensemble des lésions cancéreuses identifiables sur les examens d’imagerie de référence, en particulier le scanner thoraco-abdomino-pelvien, utilisé pour explorer les principaux sites métastatiques des cancers solides.
DuOnco Unity analyse organes, ganglions et tissus en imagerie
L’outil repose sur un algorithme capable de détecter, en trois dimensions, les tumeurs et métastases visibles sur un scanner thoraco-abdomino-pelvien. L’objectif est de produire une mesure de la charge tumorale sur cette zone anatomique et de générer des indicateurs destinés à prédire l’évolution de la maladie.
DuOnco Unity analyse à la fois plusieurs organes et plusieurs structures anatomiques.
Il couvre le thorax, l’abdomen et le pelvis. Il prend aussi en compte les ganglions lymphatiques, un point utile en oncologie du fait de leur rôle fréquent dans la dissémination métastatique. Les comptes rendus intègrent également la masse musculaire et les tissus adipeux, deux paramètres utilisés dans l’évaluation clinique des patients.
Une évaluation plus fine pour détecter les résistances
Arrêter plus tôt les traitements inefficaces grâce à la charge tumorale.
L’intérêt de cette approche est de permettre une adaptation plus précoce des traitements. Lorsqu’une thérapie se révèle efficace, elle peut être consolidée plus rapidement. À l’inverse, une évaluation plus fine peut conduire à interrompre plus tôt un traitement inefficace, afin d’éviter des effets indésirables inutiles et de proposer une autre option thérapeutique. Elle peut aussi aider à repérer des signes précoces de résistance.
Par rapport aux critères RECIST, fondés sur une mesure unidimensionnelle d’un nombre restreint de lésions, la quantification de la charge tumorale prend en compte l’ensemble des lésions visibles et leur volume réel. Elle propose ainsi une lecture plus complète de l’évolution de la maladie.
287 000 lésions annotées pour entraîner l’algorithme
Le développement de l’outil a nécessité l’annotation de près de 287 000 lésions. L’interface a été pensée pour s’intégrer au poste de travail des radiologues pour en faciliter le déploiement et l’usage. Les données sont hébergées localement, sans export vers des serveurs extérieurs.
Autre point mis en avant par les équipes : l’outil peut analyser des scanners récents comme des examens plus anciens, y compris lorsqu’ils ont été réalisés sur des machines ne disposant pas de fonctions d’IA. Cette capacité ouvre la possibilité de réévaluer des images déjà acquises et d’enrichir le suivi longitudinal des patients.
DuOnco Unity fournit ses résultats en 3 à 15 minutes.
À titre de comparaison, une analyse tridimensionnelle complète de l’ensemble des lésions reste difficilement compatible avec la pratique courante lorsqu’elle est faite manuellement. Les concepteurs précisent toutefois que l’outil n’a pas vocation à remplacer le radiologue : la validation des données et leur interprétation dans le contexte clinique demeurent du ressort du spécialiste.
Deux études cliniques en cours (dont une sur 600 patients)
En attendant l’obtention du marquage CE, DuOnco Unity est disponible sous la forme d’un prototype en cours de validation à Gustave Roussy. Il est déjà utilisé dans deux études cliniques.
L’étude IMPACT doit déterminer si la détection par IA de la charge tumorale permet de prédire la survie sans progression et la survie globale chez 600 patients atteints de cancers du poumon et de mélanomes.
L’étude LIFE vise, de son côté, à évaluer l’effet de l’outil sur la pratique clinique quotidienne des médecins.
La souveraineté pour les données sensibles comme seul mot d’ordre
Interrogés par des députés sur les choix d’hébergement des données de santé et les risques de dépendance vis-à-vis d’acteurs étrangers, le gouvernement luxembourgeois a clarifié sa position. Ce dernier défend un principe central, celui de la garantie de la maîtrise des infrastructures critiques et limiter les dépendances vis-à-vis d’acteurs étrangers, en particulier extra-européens.
Concrètement, cette stratégie repose sur un socle public, le GovCloud opéré par le Centre des technologies de l’information de l’État luxembourgeois (CTIE). Les principales institutions sanitaires, telles que le ministère de la Santé, l’Inspection générale de la sécurité sociale, ou l’Observatoire de la santé, y hébergent déjà leurs données. Le positionnement est explicite : les données hospitalières sensibles sont conservées dans des infrastructures sécurisées situées au Luxembourg.
Pour les décideurs, cette approche vise à répondre directement aux préoccupations liées :
aux risques d’accès extraterritorial ;
à la dépendance technologique ;
et à la continuité de service.
Le dossier patient au cœur du modèle souverain :
Le dossier de soins partagé (DSP) luxembourgeois illustre cette stratégie. Sa nouvelle génération, en lien avec l’Espace européen des données de santé (EHDS), sera désormais hébergée au sein des infrastructures publiques nationales.
Ce choix est structurant. En effet, il consacre le DSP comme actif souverain, au cœur de l’écosystème numérique de santé luxembourgeois. Pour les décideurs, cela traduit une évolution importante : désormais, les plateformes de données ne sont plus de simples outils techniques, mais des infrastructures critiques relevant de politiques publiques.
Un modèle hybride pour permettre la recherche à l’échelle européenne
Si la souveraineté est affirmée sur les données sensibles, le Luxembourg adopte une approche plus ouverte pour les usages de recherche. Les institutions comme le Luxembourg Institute of Health ou l’université du Luxembourg s’appuient sur :
des infrastructures nationales ;
mais aussi des clouds localisés en Europe, notamment en Allemagne.
Ce modèle hybride permet de protéger les données sensibles, tout en facilitant les collaborations scientifiques internationales, et s’inscrit également pleinement dans la logique du futur EHDS, qui repose sur la circulation encadrée des données à des fins de recherche.
Une alternative au modèle français :
Sans se positionner frontalement sur les choix français, le Luxembourg propose une alternative claire à l’hébergement des données de santé dans une solution américaine, permettant :
une souveraineté opérationnelle sur les données critiques ;
combinée à une interopérabilité européenne maîtrisée.
Cette approche évite une opposition binaire entre souveraineté et innovation. Elle reconnaît que certaines données doivent rester strictement sous contrôle national, tandis que d’autres usages nécessitent une ouverture pour créer de la valeur scientifique.
Vers un modèle reproductible ?
Au-delà du cas luxembourgeois, cette stratégie illustre une tendance émergente en Europe : la recherche d’un équilibre entre souveraineté, conformité réglementaire et performance scientifique. Dans ce contexte, la France semble progressivement converger vers une structuration comparable. Après plusieurs années de débats autour de l’hébergement du HDH, les pouvoirs publics ont engagé une réorientation stratégique visant à renforcer la maîtrise des infrastructures.
L’enjeu est désormais clairement identifié : sélectionner un hébergeur répondant à des exigences élevées en matière de sécurité et de souveraineté, notamment via la qualification SecNumCloud délivrée par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information. Cette évolution traduit une volonté de limiter les risques juridiques liés aux acteurs extra-européens, tout en maintenant la capacité d’exploiter les données à des fins de recherche.
Pour les décideurs, cette trajectoire marque un tournant : la France passe progressivement d’un modèle centré sur la performance technologique à une approche intégrant pleinement les enjeux de souveraineté, de conformité et de confiance.
Une extension mobile dans la continuité du déploiement international
Diagnoly annonce le lancement de Fetoly sur iOS. Ce qui marque une nouvelle étape dans sa stratégie d’expansion internationale. Déjà déployée dans plus de 20 pays, la solution vise à rendre l’assistance par IA en échographie prénatale accessible directement au lit du patient, grâce à une tablette.
Cette évolution s’inscrit dans l’objectif de fournir aux professionnels de santé « un second regard expert en temps réel » au cours de l’examen.
Cette annonce intervient dans le prolongement du partenariat récemment communiqué avec GE HealthCare. Elle permet aux obstétriciens, spécialistes de médecine fœtale et échographistes d’utiliser Fetoly directement sur iPad, en connexion avec leurs systèmes d’échographie existants, sans ajout de matériel ni mise à niveau technique.
La dernière version gagne en précision et en rapidité d’analyse
Fetoly fonctionne en local sur l’appareil, sans recours au cloud. Ce choix technique est fait pour répondre aux enjeux de confidentialité des données patients, mais aussi pour faciliter l’intégration dans les flux de travail cliniques.
L’application analyse en continu le flux vidéo de l’échographie pendant l’examen. Elle vérifie l’exhaustivité des acquisitions en identifiant les structures anatomiques visualisées et signale des anomalies potentielles à partir de mesures automatisées. Le praticien conserve la responsabilité de l’interprétation et de la décision clinique. Ce positionnement s’inscrit dans un contexte où l’échographie fœtale reste une pratique fortement dépendante de l’opérateur, avec des variations liées à l’expérience et aux conditions d’exercice.
La version 2026.02.25 introduit plusieurs évolutions, dont une amélioration des performances en temps réel et une détection anatomique plus fiable.
Elle intègre également de nouveaux ratios automatisés pour faciliter le dépistage de pathologies telles que la ventriculomégalie, les anomalies du corps calleux et le retour veineux pulmonaire anormal total.
Standardisation des pratiques
La solution bénéficie d’une “adoption rapide”, et un niveau de satisfaction utilisateur “élevé”, lié à son apport en pratique clinique.
En effet, l’approche proposée permet une intégration immédiate de l’IA dans les pratiques existantes, sans modification des équipements. L’objectif est de contribuer à la standardisation des examens, à la réduction de la variabilité inter-opérateurs.
Fetoly est désormais disponible en téléchargement sur les principales plateformes applicatives.
Dans un contexte de vieillissement de la population, de progression des maladies chroniques et de transformation du système de soins, la banque publique entend “accélérer l’émergence de champions français et européens”, “soutenir l’innovation sur l’ensemble de la chaîne de valeur” et “contribuer au renforcement de l’indépendance sanitaire de la France et de l’Europe”.
Bpifrance indique avoir déjà déployé 2,5 milliards d’euros en faveur de la filière santé en 2025, contre 1,8 milliard en 2024, soit une hausse de 40 %. Plus de 3 200 bénéficiaires ont été financés et ou accompagnés, parmi lesquels des start-up, des PME, des ETI, des grands groupes, des académiques et des établissements hospitaliers.
La banque souligne que cette mobilisation repose sur l’ensemble de ses métiers : financement de l’innovation, financement, garantie, investissement direct, export, fonds de fonds et conseil.
Un milliard d’euros pour le financement de l’innovation
Le financement de l’innovation représente à lui seul 1 milliard d’euros en 2025. Bpifrance précise que cette enveloppe couvre toutes les étapes de développement, de la preuve de concept à l’industrialisation. Trois priorités sectorielles sont mises en avant.
Les biothérapies et la bioproduction concentrent 535 millions d’euros, avec notamment le projet important d’intérêt européen commun porté par The Drug Cell et une dynamique autour des anticorps.
Les molécules chimiques représentent 185 millions d’euros, soutenues par le PIIEC d’EuroApi destiné à moderniser les procédés de production.
Les dispositifs médicaux, notamment numériques, totalisent 160 millions d’euros, avec des projets en robotique, en imagerie, en santé mentale, en prévention et dans des usages fondés sur l’intelligence artificielle et les données de santé.
Dans le détail, Bpifrance mentionne aussi 65 millions d’euros pour les études de faisabilité, 800 millions d’euros pour les phases de R&D, 19 millions d’euros pour l’industrialisation, 28 millions d’euros pour l’accès au marché et 127 millions d’euros de prêts pour accélérer la croissance.
878 millions d’euros investis en fonds propres
Bpifrance a investi 878 millions d’euros en fonds propres en 2025, à travers 68 opérations, ce qui porte à 171 le nombre de participations en santé au 31 décembre 2025.
143 millions d’euros investis en capital innovation
Le métier du capital innovation a engagé 143 millions d’euros en 2025 dans les entreprises innovantes de la santé. Au sein des pôles Sciences de la Vie et Patient Autonome, 59 millions d’euros ont été investis, en hausse de 70 % par rapport à 2024, dans le cadre de 26 opérations dont 6 nouveaux investissements.
Parmi les sociétés citées figurent ADCytherix, Arthex Biotech, EG427 et Fizimed pour l’équipe Patient Autonome du pôle Sciences de la Vie. Le fonds Large Venture a de son côté poursuivi son accélération dans la santé avec cinq investissements en 2025, dont Bioptimus, mais aussi ADCytherix et Arthex Biotech.
735 millions d’euros sur des actifs plus matures en capital développement
Avec 735 millions d’euros investis en 2025, le capital développement confirme le poids de la santé dans cette activité. Bpifrance met en avant la finalisation de l’investissement dans Opella, ainsi que les investissements dans Softway Medical, et DMS Group.
Les équipes Mid Cap ont renforcé leur portefeuille avec Proteor, accompagné à la fois en dette privée et en fonds propres, Hublo, plateforme SaaS pour les établissements de santé, et Vitalaire, acteur des prestations de santé à domicile. Côté Small Cap, Bpifrance cite Dentalsoft dans les logiciels, Hemodia et Didactic dans la fabrication de matériel médical, ainsi que France Imagerie.
Une année 2025 marquée par l’accompagnement de plus de 460 acteurs de santé
L’activité de garantie reste stable à 230 millions d’euros de risque garanti en 2025, au bénéfice de 1 050 entreprises. Elle facilite l’accès au crédit dans les phases jugées les plus risquées.
Sur le financement, 320 entreprises de santé ont bénéficié de crédits court ou moyen terme, souvent en cofinancement avec les banques de la place.
L’activité fonds de fonds a souscrit 50 millions d’euros dans des fonds de santé en 2025, confirmant selon Bpifrance la dynamique de croissance des fonds d’investissement privés français. La banque rappelle toutefois que cette activité se lit souvent sur plusieurs exercices en raison du calendrier des levées de fonds.
Sur le conseil, 466 clients santé ont été accompagnés en 2025. Bpifrance s’appuie pour cela sur des consultants référencés et sur plusieurs programmes d’accélération. L’Accélérateur Industries et technologies de Santé a lancé sa quatrième promotion, tandis que l’Accélérateur Prévention a ouvert une deuxième promotion. L’offre comprend aussi Access Europe, pour aider les entreprises à se positionner sur les financements européens, ainsi que Neo pour les start-up industrielles.
Bpifrance présente une feuille de route organisée autour de quatre priorités.
La première porte sur le développement et la production de traitements médicaux.
La deuxième concerne l’accélération du numérique en santé et de l’intelligence artificielle.
La troisième est la promotion de la prévention.
La quatrième vise le soutien à la distribution et à l’accès aux soins sur l’ensemble du territoire.
À travers ces axes, la banque poursuit quatre objectifs : faire émerger de futurs champions français et européens, renforcer une politique industrielle de santé, accélérer l’accès des patients à l’innovation et préserver la solidité du système de soins.
Bpifrance et la prévention
La banque y voit un levier de soutenabilité du système de santé, dans un modèle encore dominé par le curatif.
Plusieurs outils ont été mis en avant. Le premier est le lancement du Fonds Prévention Numérique en santé, doté de 100 millions d’euros. Le deuxième est le financement de plus de 86 projets d’innovation en prévention en 2025. Le troisième est le déploiement du Challenge Prévention dans le cadre de France 2030. Et enfin, le lancement de la deuxième promotion de l’Accélérateur Prévention, opéré avec PariSanté Campus.
Bpifrance met aussi en avant des actions déployées auprès de ses 4 500 collaborateurs, avec des dispositifs de prévention et des solutions en santé mentale. Elle présente cette démarche à la fois comme une politique interne et comme une manière d’expérimenter des usages et des modèles économiques.
Un observatoire pour suivre les dynamiques du secteur
Bpifrance a également annoncé le déploiement de l’Observatoire Santé, inscrit dans son Radar de l’innovation. Cet outil doit permettre de mieux documenter les tendances et les besoins émergents de la filière, à partir de données sur les start-up, les implantations, les levées de fonds, les investisseurs et l’évolution des entreprises.
La banque y voit un instrument supplémentaire pour contribuer aux transformations en cours dans l’innovation en santé.
Pour la période 2026-2030, Bpifrance confirme donc sa volonté de mobiliser 10 milliards d’euros dans le secteur de la santé.
Cette enveloppe doit permettre d’accroître la capacité d’action de tous les métiers, de soutenir les programmes d’accélération, les investissements stratégiques, les filières industrielles, la prévention et la transformation numérique.
Quelques temps forts depuis janvier 2025
Parmi les événements marquants cités par Bpifrance figurent
la cession d’ImCheck Therapeutics, détenue par InnoBio 2 et Large Venture, à Ipsen,
le lancement du Fonds Prévention Numérique en santé,
le démarrage des accélérateurs Prévention #2 et Industries & technologies de Santé #4,
ainsi que le renforcement des liens avec l’AP-HP et le CHU de Bordeaux dans le cadre du plan Deeptech.
Avec 138 millions d’actes réalisés chaque année, l’imagerie médicale constitue un gisement d’action encore largement sous-exploité. Derrière ces volumes se cachent des impacts environnementaux significatifs, liés notamment à la consommation énergétique des équipements, à l’usage de produits de contraste et à la gestion des données numériques.
Le référentiel – fruit d’une collaboration entre l’Anap, la SFR et le Collectif écoresponsabilité en santé (Ceres) – apporte ici un premier niveau de quantification, en objectivant l’empreinte carbone de certains examens :
environ 19 kg de CO₂e pour une IRM,
contre 6 kg pour un scanner.
Pour les décideurs, cet apport permet de passer d’une approche abstraite de la transition écologique à une logique pilotable, fondée sur des indicateurs concrets.
Structurer l’action de la sensibilisation à l’opérationnel
L’un des apports du référentiel réside dans sa dimension opérationnelle. Il ne se limite pas à poser des principes, mais propose des recommandations directement activables, validées par les sociétés savantes.
Ces recommandations couvrent l’ensemble de la chaîne de valeur :
optimisation énergétique des équipements,
gestion du cycle de vie des données et du stockage numérique,
usage raisonné des produits de contraste,
réduction des consommables et amélioration du tri des déchets.
Cette approche globale traduit une évolution importante : la transition écologique n’est plus traitée comme un sujet périphérique, mais comme une dimension intégrée de la qualité et de la performance des soins.
Des retours d’expérience pour accélérer le passage à l’échelle
Pour une approche encore plus structurante, le référentiel intègre des retours d’expérience concrets. Il s’appuie sur des projets déjà déployés dans des établissements, avec des résultats mesurables. Ces cas d’usage permettent d’objectiver les gains potentiels, tant environnementaux qu’économiques. Par exemple, certaines optimisations dans l’utilisation des produits de contraste permettent à la fois de réduire les déchets plastiques et les coûts associés.
Parmi les initiatives identifiées, plusieurs leviers concrets émergent déjà sur le terrain :
D’abord, l’optimisation des produits de contraste constitue un cas d’usage emblématique : certains établissements ont mis en place des injecteurs multi-patients, permettant de réduire significativement les volumes perdus, tout en diminuant fortement les déchets plastiques associés.
Autre levier, la gestion énergétique des équipements d’imagerie. Des services ont engagé des démarches d’extinction automatique ou de mise en veille optimisée des IRM et scanners en dehors des plages d’activité, avec des gains mesurables en consommation électrique, sans impact sur la qualité des soins.
Le numérique et le stockage des images représentent également un axe clé. La rationalisation des durées de conservation, la compression des images ou encore l’optimisation des infrastructures de stockage permettent de limiter l’empreinte environnementale liée aux volumes massifs de données générées en imagerie.
Enfin, certains établissements travaillent sur la pertinence des examens, en renforçant les protocoles de prescription pour éviter les actes redondants ou non nécessaires. Ce levier, souvent sous-estimé, permet à la fois de réduire l’empreinte carbone globale et d’améliorer la qualité des parcours patients.
Vers une généralisation des référentiels “verts” en santé ?
Cette publication s’inscrit dans une dynamique plus large portée par l’Anap, qui avait déjà structuré une première approche sur le bloc opératoire. L’imagerie constitue ici une nouvelle étape, avec une ambition claire : outiller les établissements pour agir à grande échelle.
D’autres référentiels sont annoncés, notamment sur la maternité, la pharmacie ou encore l’hospitalisation. Cette logique de déclinaison par secteur traduit une stratégie progressive mais structurée : transformer les pratiques au plus près du terrain, service par service.
Mais au-delà de la réduction de l’empreinte carbone, ce référentiel illustre une évolution plus profonde du système de santé. Il introduit une nouvelle grille de lecture, où la performance hospitalière intègre désormais des critères environnementaux aux côtés des dimensions économiques et cliniques. Pour les décideurs, l’enjeu est désormais clair : faire de l’éco-responsabilité non pas une contrainte supplémentaire, mais un levier de transformation des organisations et des pratiques médicales.
Mesurer l’impact d’une recherche reste un angle mort. Aujourd’hui, les indicateurs dominants (nombre de publications, volume de citations) captent surtout la visibilité, pas la nature même de l’innovation. Ils valorisent donc les travaux qui s’inscrivent dans une continuité, mais peinent à repérer ceux qui modifient réellement la trajectoire d’un domaine.
Or, dans le même temps, la production scientifique explose. Des millions d’articles et de brevets sont publiés chaque année, rendant plus difficile encore l’identification des contributions réellement structurantes. Pour les institutions comme pour les financeurs, l’enjeu devient stratégique : distinguer les avancées incrémentales des véritables ruptures, afin de mieux orienter les priorités de recherche et les investissements.
55 millions d’articles et de brevets passés au crible de l’IA
Les chercheurs ont analysé un corpus impressionnant d’environ 55 millions d’articles scientifiques et de brevets. Pour cela, ils ont utilisé une méthode de machine learning dite de neural embedding. Cette dernière permet de représenter chaque article en fonction de ses liens avec les autres. Concrètement, l’algorithme analyse à la fois les travaux qu’un article cite et ceux qui le citeront ensuite, afin de le situer dans un réseau global de connaissances.
Chaque publication est ainsi caractérisée à partir de 2 dimensions : les connaissances sur lesquelles elle s’appuie et celles qu’elle influence. L’objectif est de reconstituer la trajectoire des idées dans le temps, et d’identifier les travaux qui en modifient le cours.
À partir de cette cartographie, les auteurs ont ensuite développé un indicateur de “disruptivité”, sous la forme d’un score mesurant la capacité d’une publication à s’écarter des travaux existants et à influencer de nouvelles directions de recherche. Ils comparent enfin cet indicateur aux métriques existantes, en particulier celles reposant sur les réseaux de citations, afin d’en évaluer la pertinence.
Les résultats de cette étude ont été publiés le 1er avril dans Science Advances.
Résultats : l’IA met en lumière les découvertes simultanées
L’indicateur de disruptivité distingue mieux les travaux réellement disruptifs, notamment en identifiant des publications majeures comme certains articles récompensés par des prix Nobel.
Il met en évidence des découvertes simultanées, en identifiant des publications “jumelles” issues d’équipes indépendantes mais ouvrant des trajectoires similaires.
Il corrige les limites des indicateurs existants, dont les résultats peuvent changer fortement pour de faibles différences dans les citations.
Il introduit une mesure plus fine, capable de graduer le niveau de rupture entre les publications.
Il permet d’identifier les moments où un champ de recherche bifurque vers de nouvelles directions.
Des indicateurs quantitatifs d’innovation
Avec l’appui de l’intelligence artificielle, les chercheurs montrent donc qu’il devient possible de suivre, à grande échelle, la circulation des connaissances et d’identifier plus finement les ruptures scientifiques. « Nous introduisons une mesure plus robuste de la disruptivité, capable de mieux capter les changements de trajectoire dans la recherche, expliquent les auteurs. Nous disposons désormais d’indicateurs quantitatifs pour analyser à quel stade de la recherche les travaux disruptifs apparaissent et où ils ont le plus d’impact, » ajoutent-ils
Mais, l’enjeu dépasse la seule performance technique. « Nous avons besoin de meilleurs outils pour identifier et soutenir les recherches réellement innovantes », souligne le dernier auteur, Yong-Yeol Ahn. En rendant visibles les travaux qui font réellement bifurquer un champ, cet indicateur pourrait aider à orienter plus finement les financements et les priorités de recherche. Tandis que les indicateurs classiques favorisent surtout les travaux qui prolongent des trajectoires existantes.
Reste une limite : comme tout indicateur, il dépend des données disponibles et des pratiques de publication. Et il pose une question de fond : comment évaluer l’innovation scientifique ? « Tous les articles très cités ne sont pas nécessairement disruptifs », rappelle Sadamori Kojaku, co-auteur de l’étude. Une distinction appelée à peser de plus en plus dans les stratégies de recherche.
D’une attaque ciblée à une diffusion incontrôlée des données
L’attaque initiale, attribuée au cybercriminel connu sous le pseudonyme de “Marak”, avait déjà suscité de fortes inquiétudes par son ampleur. À l’époque, celui-ci affirmait, lors de son arrestation, ne pas vouloir monétiser les données et présentait cette fuite comme un « trophée ».
Mais quelques mois plus tard, la situation évolue : la base de données est désormais récupérée par le groupe Dumpsec, connu pour la revente de bases massives sur les forums spécialisés. Elle est aujourd’hui proposée à la vente, confirmant un basculement classique dans l’économie cyber : une donnée volée finit presque toujours par être exploitée. Pour les décideurs, ce point est critique : le risque ne s’arrête plus à l’attaque initiale, il s’inscrit dans une chaîne de revalorisation criminelle.
Un volume inédit qui confirme une industrialisation des attaques :
Avec ces 35 millions de lignes, l’incident des agences régionales de santé (ARS) s’inscrit dans une série noire récente. En moins d’un an, ce sont plus de 102,5 millions de données médicales qui ont été compromises en France :
Ce cumul révèle un changement d’échelle : les attaques ne sont plus opportunistes mais industrialisées, ciblant des acteurs structurants capables de donner accès à des volumes massifs de données.
Les ARS comme points d’entrée systémiques pour les hackers
Le cas des ARS met en lumière un enjeu souvent sous-estimé : la vulnérabilité des acteurs intermédiaires du système de santé. En tant que structures de coordination territoriale, elles concentrent des flux de données issus de multiples établissements. Cela en fait des points d’entrée à fort effet de levier pour les attaquants.
Pour les experts, cette attaque illustre une réalité opérationnelle : la cybersécurité ne peut plus être pensée établissement par établissement, mais doit être abordée à l’échelle des écosystèmes et des flux interconnectés.
Une fuite qui représente un risque durable pour les patients et les établissements
La revente de ces données expose les patients à des risques concrets :
tentatives de phishing ciblé ;
usurpation d’identité ;
exploitation de données sensibles (pathologies, parcours de soins).
Pour les établissements, le risque est également réputationnel et juridique, dans un contexte de renforcement des exigences portées notamment par la Cnil. Mais surtout, ces incidents fragilisent la confiance des citoyens dans le système de santé numérique dans son entièreté.
Une accélération des vols de données qui doit sonner l’alarme :
Cet épisode confirme une tendance lourde : la cybersécurité est désormais un enjeu systémique de santé publique.
L’accumulation des fuites, dépassant les 100 millions de données en un an, appelle une réponse qui dépasse les logiques techniques : il convient de renforcer la gouvernance cyber à l’échelle nationale avec des programmes comme Care, de mettre en place une sécurisation des acteurs pivots (éditeurs, opérateurs, agences), mais surtout d’investir et de former en vue d’une montée en maturité des établissements.
Dans un contexte de généralisation de l’IA et des usages de la donnée, la question n’est plus seulement de protéger les systèmes, mais de sécuriser durablement la chaîne de valeur des données de santé.
Blackstone a annoncé le 30 mars la clôture de son sixième fonds dédié aux sciences de la vie, Blackstone Life Sciences VI (BXLS VI), pour un montant total de 6,3 milliards de dollars, soit 40% de plus que le fonds précédent clôturé en 2020 à 4,6 milliards. Le gestionnaire précise qu’il s’agit du plus important fonds privé jamais consacré à ce secteur.
Créée en 2018, la plateforme Blackstone Life Sciences gère désormais 15 milliards de dollars d’actifs. Le fonds, sursouscrit, a atteint son hard cap grâce à des souscriptions d’investisseurs institutionnels mondiaux.
Une stratégie centrée sur les phases tardives
BXLS VI poursuivra la stratégie historique de la plateforme : financer le développement clinique avancé et la commercialisation de médicaments et dispositifs médicaux, principalement en phase 3 ou pré‑commercialisation. Ces stades, particulièrement coûteux, représentent un maillon stratégique pour la mise sur le marché de nouvelles thérapies.
Blackstone revendique un taux d’approbation réglementaire de 86% pour les projets financés via sa plateforme, supérieur à la moyenne du secteur, un indicateur clé de performance pour les investisseurs.
Des partenariats avec l’industrie pharmaceutique
Le portefeuille de Blackstone Life Sciences comprend déjà plusieurs produits commercialisés à large diffusion tels que LEQVIO (hypolipémiant), AMVUTTRA (amylose héréditaire), IMBRUVICA (oncologie) ou MiniMed Flex (pompe à insuline).
Avec ce nouveau fonds, la société entend renforcer son positionnement de partenaire des laboratoires et biotechs, en cofinançant les projets à haut potentiel et en partageant les risques de développement.
Un signal pour la concentration du capital
La taille du BXLS VI illustre la concentration croissante du capital sur quelques plateformes mondiales de private equity spécialisées dans la santé. Alors que les coûts cliniques continuent d’augmenter et que les contraintes budgétaires publiques se resserrent, ces acteurs disposent d’une marge de manœuvre élargie pour intervenir là où les besoins financiers sont les plus forts.
Cette dynamique renforce la compétition pour l’accès aux meilleurs actifs, mais crée aussi des opportunités de co‑investissement pour les fonds européens et français ou de sorties industrielles pour leurs portefeuilles.
Un modèle d’externalisation du risque
Blackstone a déjà démontré sa capacité à reprendre ou cofinancer des programmes cliniques issus de grands laboratoires, en échange de droits économiques sur les revenus futurs ou via des montages de partage de risques. Ce modèle d’externalisation du risque de R&D attire l’attention d’acteurs européens à la recherche de solutions pour soutenir la bioproduction et les biotechs à forte intensité capitalistique.
Reste à observer comment cette nouvelle enveloppe de 6,3 milliards de dollars sera déployée, notamment sur les thérapies à ARN interférents, géniques ou implantables, et quels acteurs européens pourraient en bénéficier.
Le Collège national des généralistes enseignants (CNGE) lance une « offre structure » pour EBiM, son agent d’IA dédié aux médecins généralistes. Développé avec FASFOX et reposant sur la technologie Mistral AI, l’outil facilite l’accès à une information médicale validée en consultation.
EBiM (Evidence Based artificial Intelligence Medicine) permet un accès rapide à des informations médicales actualisées, en provenance de sources sélectionnées pour leur pertinence en pratique clinique. Chaque réponse est accompagnée de ses références, avec un accès direct aux documents sources.
L’outil intègre également une interface conçue pour un usage en consultation, une licence entreprise du chat Mistral AI et un accès à une communauté d’utilisateurs qui participe à son amélioration continue.
Un socle fonctionnel centré sur la pratique clinique
L’offre inclut l’ensemble des fonctionnalités de l’agent, avec un positionnement orienté vers l’usage en situation de soins :
Accès immédiat à des informations médicales validées et actualisées.
Sélection de sources documentaires adaptées à la pratique de terrain.
Transparence des sources avec citation systématique et accès direct aux documents.
Engagement sur la confidentialité des données, sans exploitation commerciale des requêtes.
Interface conçue pour un usage rapide en consultation.
Accès à une licence entreprise du chat Mistral AI.
Intégration dans une communauté d’utilisateurs contribuant à l’amélioration continue de l’outil.
Cette structuration répond aux attentes exprimées dans la littérature récente sur les usages de l’IA en médecine, notamment en matière de transparence, de fiabilité et de contrôle par les professionnels.
En parallèle, le CNGE met en ligne une nouvelle plateforme de souscription, conçue pour simplifier l’accès au service. Le parcours utilisateur a été rationalisé afin de permettre :