Actualité

  • L’innovation au cœur de la stratégie et du nouveau bâtiment de l’Hôpital américain de Paris

    L’Hôpital américain de Paris publie sa stratégie 2024-2028, qui se construit autour de 4 axes principaux :
    • devenir la référence de la « satisfaction patient » en France ;
    • accroître son attractivité auprès des professionnels de santé ;
    • être reconnu comme un hôpital privé non lucratif à vocation universitaire ;
    • et se transformer en vitrine de l’innovation en santé.

     

    L’expérience patient comme priorité

    L’Hôpital américain de Paris cherche à améliorer l’expérience de soins de ses patients à travers :

    • une transformation architecturale de ses bâtiments pour plus de confort et une meilleure ergonomie ;
    • une expérience numérique innovante ;
    • la mise en place d’un outil de mesure de la perception des soins reçus (attentes et ressenti des patients) ;
    • et la mise à disposition d’un plateau technique (imagerie, laboratoire) et de consultations rapidement accessibles.

    Ouverture d’une salle d’opération hybride :

    Fin 2023, l’Hôpital américain de Paris a inauguré une salle d’opération hybride permettant aux équipes de réaliser des actes de chirurgie mini-invasive classiques, guidés par radiologie interventionnelle.

    Cette nouvelle salle vise à réduire les temps d’intervention ainsi que les éventuelles complications post-opératoires.

    Présentation du nouveau bâtiment Amiral de l’établissement :

     

    Accroître l’attractivité professionnelle

    Souhaitant devenir un hôpital « magnétique » vis-à-vis des professionnels de santé, concept importé des Etats-Unis pour attirer les équipes médico-soignantes, l’établissement compte :

    • assurer à ses patients la plus haute qualité de soin à travers le recrutement et la fidélisation ;
    • et s’investir davantage auprès des jeunes générations pour leur faire connaître les métiers du soin ainsi qu’un accompagnement dans leurs études en santé.

    Collaborer davantage avec les hôpitaux universitaires américains

    Pour être reconnu comme un hôpital à vocation universitaire, l’Hôpital américain de Paris favorise la collaboration en matière de pratique clinique, de recherche et d’enseignement avec ses partenaires outre-Atlantique. Ses échanges scientifiques et médicaux se sont intensifiés avec :

    Ces échanges ont déjà été fructueux, notamment en urologie, en obstétrique et gynécologie, en gastro-entérologie, en cardiologie, en chirurgie du cancer du sein, en chirurgie plastique et en orthopédie.

    Un jumeau numérique au service de la prévention et du dépistage

    Dans sa nouvelle stratégie, l’hôpital parisien mise également sur l’innovation en développant des solutions numériques orientées sur la prévention : « Afin de développer une prévention plus personnalisée, basée sur les données de la science », explique le Pr Benoît Galix, responsable du projet à l’Hôpital américain de Paris, « nous sommes donc en train de créer un « modèle digital de patient » qui nous permettra d’utiliser au mieux les résultats des tests effectués chez nos patients.

    La promesse des jumeaux numériques réside dans l’amélioration de l’efficacité du dépistage en l’adaptant aux risques individuels et en aidant les patients à lutter contre les facteurs de risques. Il doit notamment permettre aux patients de garder un contact avec les médecins, afin de maintenir une prévention tout au long de leur vie.

  • Recherche hospitalière : l’Académie de médecine propose une réforme des financements

    Publiée le 8 février 2024, cette proposition suggère au ministère chargé de la santé de s’inspirer des modèles étrangers pour faire évoluer les financements de la recherche hospitalière et les rendre plus efficaces.

    Un financement qui n’en est pas vraiment un en France

    L’Académie de médecine explique qu’en France ces financements se font par le biais des missions d’enseignement, de recherche, de référence et d’innovation (Merri), qui sont « des financements de l’Assurance maladie votés dans le cadre de la loi de financement de la sécurité sociale et alloués annuellement à tous les établissements de santé, publics et privés, sur la base de règles fixées par la DGOS ».

    Mais le problème réside dans le fait que ces Merri ne sont pas réellement des financements, puisqu’ils ne sont pas des autorisations de dépenses, mais plutôt des crédits de recettes des établissements de santé. Seule une petite partie de ces missions contribue marginalement au financement de la recherche hospitalière. Le reste sert à « compenser » et « rembourser » les pertes émanant de la recherche et de l’enseignement.

    En effet, les Merri se déclinent en deux parties :

    La dotation socle :

    Cette première partie consiste à « compenser les surcoûts ou les pertes de recettes générées par l’activité de recherche et d’enseignement pour l’établissement de santé », selon trois scores qui sont des « montants forfaitaires pour solde de tout compte » :

    • les systèmes d’interrogation de gestion et d’analyse des publications scientifiques sur les articles (SIGAPS) ;
    • les systèmes d’information et de gestion de la recherche et des essais cliniques (SIGREC) ;
    • et un troisième concernant les étudiants.

    La part variable :

    La deuxième partie comporte une petite dotation qui se présente réellement comme du financement puisqu’elle permet de financer des appels à projets, notamment :

    • les Programmes hospitaliers en recherche clinique (PHRC) ;
    • les programmes de soutien aux techniques innovantes, coûteuses ou non ;
    • et les Programmes de recherche médico-économique.

    Schéma du financement de la recherche hospitalière :

    Les « moyens de la recherche clinique » représentent le montant réel de ces financements.

    Schéma du financement de la recherche hospitalière par le ministère de la santé et de la prévention (MSP, LFSS 2019 vs. 2022-23) – © Académie nationale de médecine

    S’inspirer du modèle britannique

    Pour améliorer les financements de la recherche hospitalière en France, l’Académie propose au ministère chargé de la Santé de s’aligner sur « les pratiques internationales de l’allocation des moyens de la recherche hospitalière provenant de l’assurance maladie ». Elle explique que si les États-Unis et leurs National Institutes of Health (NIH) sont « la référence absolue » en termes de financement de la recherche biomédicale et de santé, il n’est pas possible de copier leur modèle qui n’est pas comparable en termes de taille avec ce que la France peut produire.

    L’Académie propose donc de s’inspirer du Royaume-Uni, un pays « comparable en taille » à la France mais qui lui est « supérieur […] dans ce domaine de R&D », et de son système de financement qui repose sur deux sources ministérielles :

    • le Department for Science, Innovation and Technology (DSIT) : il dirige des agences de moyens indépendantes appelées « councils » qui « attribuent leurs financements par appels concurrentiels » ;

    • et le Department of Health and Social Care (DHSC) : il confie au National Institute of Health Research (NIHR) la mission de distribuer ses crédits avec un budget annuel de l’ordre de 1,2 milliards de livres sterling, dont 25 % dédiés « aux programmes de recherche » et 55 % « aux infrastructures et plateformes ».

    Créer une instance ministérielle pour allouer les financements

    En s’inspirant du Royaume-Uni, l’Académie se dit favorable à ce qu’une nouvelle instance soit créée au sein du ministère en charge de la Santé : le « Conseil d’orientation de la recherche hospitalière » (CORH). Il « allouerait le financement de la recherche de ce ministère aux établissements, équipes et projets, selon des critères de qualité scientifique et pertinence médicale ». Cette instance remplacerait le SIGAPS, le SIGREC et les PHR, avec un budget qui serait de l’ordre de 1,65 milliards d’euros.

    Comme en Grande-Bretagne, les crédits seront attribués aux établissements selon deux modes :

    • le premier mode ne concerne qu’un quart du budget et « serait attribué en mode compétitif » pour mettre en place des appels à projets qui seraient gérés par l’Agence nationale de la recherche (ANR) sous l’autorité du CORH : l’Académie souligne que « cette composante compétitive de financement correspond à une amélioration et un accroissement significatif de la procédure actuelle des PHRC » ;
    • le second mode concerne le reste du budget, soit les trois-quarts des crédits, qui « serait attribué sous forme d’un contrat pluriannuel entre chaque établissement hospitalier (CHU et autres) et le ministère en charge de la santé, sur le modèle du contrat quinquennal finançant les établissements d’enseignement supérieur par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche » : l’Académie précise que ce contrat pluriannuel « reposerait pour chaque établissement hospitalier sur une évaluation préalable de sa composante recherche, de sa stratégie scientifique et médicale dans le cadre de la politique du site dont il fait partie, ainsi que de sa capacité déjà démontrée dans la recherche ».
  • Posos construit une base de données médicamenteuse interopérable aux normes SDOS, agréée par la HAS

    « Désormais, avec notre propre base de données médicamenteuse, les logiciels médicaux pourront facilement intégrer un standard de vérification avancée des risques et d’aide à la décision médicale intelligente, qu’importe la langue, et faire bénéficier tous les soignants à travers le monde d’une solution performante » a expliqué Jean-Emmanuel Bibault, CEO de Posos, lors du lancement de la base.

    Une base interopérable aux normes internationales

    Cette innovation technologique s’est concrétisée grâce à l’utilisation de modèles de traitement automatique du langage naturel (IA), convertissant ainsi les textes médicaux en codes d’ontologies médicales. S’ajoute à cela, le travail de plus de 50 pharmaciens et médecins qui ont structuré la base avec les données de la base de l’ANSM et l’Agence européenne des médicaments. Le logiciel est désormais utilisé par plus de 80 000 soignants.

    Cette base de distingue par :

    • la précision des données : à la différence des bases traditionnelles affichant du texte libre, l’intégralité des données de Posos Medical Database sont finement structurées en croisant les dernières recommandations de sécurité médicamenteuses avec les données patients pour générer des alertes pertinentes et personnalisées ;
    • une interopérabilité internationale : la base est nativement multilingue et structurée en terminologies internationales (Snomed, CIM-10, MedDRA, ATC), avec des interfaces applicatives (APIs) aux standards d’interopérabilité, pouvant être intégrés à des logiciels médicaux partout dans le monde ;
    • et l’ajout aisée de nouvelles données : le graphe de connaissance de Posos Medical Database ajoute simplement de multiples sources d’informations médicales spécialisées, permettant une analyse pharmaceutique multi-source et multi-critères en utilisant une base commune.

    L’argumentaire clients de Posos Medical Database :

    Les impacts de l’utilisation de Posos Medical Database – © Posos

    Autonomiser les professionnels de santé avec les logiciels DSE/DME

    La base de données Posos entend réduire l’épuisement des professionnels de santé causé par la complexité croissante des soins et la charge administrative des dossiers médicaux électroniques (DME/DSE) en simplifiant ces dossiers médicaux et en fournissant des connaissances médicales précises.

    Posos cherche également à réduire les erreurs médicamenteuses, notamment en proposant une solution d’aide à la prescription qui recommande le dosage idéal. L’application vise à minimiser les effets secondaires en tenant compte des traitements en cours, des maladies chroniques et des antécédents médicaux du patient.

  • Silver tech : le MedTechLab, lauréat de l’appel à projet Tiers lieu d’expérimentation

    MedtechLab est un living lab créé en 2021, consacré à tester de nouveaux produits ou services qui intègrent des technologies innovantes pour améliorer la santé et l’autonomie des personnes âgées.

    Un vecteur d’accélération du numérique en santé

    Destiné à financer des tiers lieux pour répondre au manque de terrains d’expérimentation de la filière numérique en santé, cet appel à projet dispose de 63 M€ sur 4 ans. Les 25 projets retenus sont généralement portés par des hôpitaux ou des structures à vocation sanitaire.

    Des terrains adaptés et un consortium réunissant différents acteurs :

    Le MedTechLab est porté par un groupe mutualiste, gérant des établissements sanitaires et médicaux sociaux, et par une école d’ingénieurs. Il dispose donc de terrains d’expérimentations adaptés aux innovations en faveur des personnes âgées ainsi que de compétences scientifiques nécessaires à l’évaluation.

    Le MedTechLab a également développé une capacité à réunir différents acteurs au sein d’un consortium, dont Mines Saint-Etienne et Aésio. Ce groupement permet de mutualiser diverses compétences (chercheurs, ingénieurs, professionnels de santé, etc.) et d’impliquer les usagers, seniors et aidants professionnels ou personnels.

    Une démarche de coconstruction basée sur l’Open Innovation et le Design Thinking :

    Cette démarche permet aux usagers de tester les services et produits grandeur nature dans le living lab ou dans des établissements partenaires. Des séances de Design Thinking centrées sur l’usager permettent d’identifier ses besoins et de coconstruire avec lui les futures innovations.

    1,2 M€ pour financer deux projets

    Dans ce cadre, le MedTechLab sera doté d’un financement de 1,2 million d’€ pour pérenniser le living lab, développer ses activités et financer deux sous-projets spécifiques :

    Le projet ANA :

    Mené en collaboration avec la start-up Dynseo, le projet vise à repérer les troubles cognitifs des seniors au stade précoce via un serious game qui permet de réaliser de façon ludique les tests habituellement utilisés lors d’une consultation mémoire. Cette innovation permettra de faciliter l’accès à un repérage précoce et de proposer une prise en charge adaptée dans les territoires où la démographie médicale est en difficulté.

    Le projet ESSLIB :

    Mené en partenariat avec les Ateliers du Haut Forez, le projet permet d’évaluer l’efficacité du sommeil des seniors grâce à un lit intelligent équipé d’un capteur ballistocardiographique (BCG). L’étude évalue l’efficacité du capteur BCG sur un lit médicalisé pour analyser le sommeil, comparé au polysomnographe (considéré comme test de référence), transformant le lit en système d’analyse du sommeil non invasif.

    Une offre de service étoffée et des études cliniques à venir 

    Jusqu’ici, le MedTechLab produisait des concepts, des études de faisabilité technique et scientifique ainsi que des études d’usage. Grâce aux financements obtenus, le laboratoire proposera également des études cliniques, des analyses médico-économiques et des études de marché, jusqu’au développement d’un produit minimum viable. Pour acquérir les compétences nécessaires à ce développement, MedTechLab créera 5 emplois d’ici l’été 2024.

    Le living lab espère de cette reconnaissance nationale une meilleure visibilité auprès des acteurs publics et privés qu’il pourrait accompagner, de la conceptualisation à la réalisation d’un produit viable.

    En outre, des formations pour les décideurs de l’industrie de la santé seront créées en 2024. Le MedTechLab  sera, par exemple, l’un des lieux d’expérimentation du projet européen CoDEMO 5.0 (Co-Creative Decision-Makers for 5.0 Organizations), qui a l’ambition de créer la formation des managers de la santé du futur.

     

  • HAS : les résultats nationaux de la campagne 2023 de recueil des IQSS globalement satisfaisants

    Elle réalise ainsi tous les ans une campagne de recueil des indicateurs de qualité et de sécurité des soins (IQSS), dans les établissements publics et privés. Les résultats nationaux de la campagne 2023 ont été rendus publics le 14 février 2024.

    La HAS publie tous ces résultats (de certification et d’indicateurs) par établissement de santé, sur le service en ligne accessible à tous, Qualiscope.

    Contexte de la campagne 2023

    Les campagnes de recueil des IQSS ont un intérêt multiple :

    • pour les professionnels, c’est l’occasion d’analyser leurs forces et leurs points faibles et mettre en place des actions d’amélioration ;
    • pour les institutionnels ces dispositifs permettent de réguler par la qualité ;
    • et pour les patients hospitalisés et leur entourage, ils permettent de mieux appréhender la qualité des hôpitaux et cliniques où ils sont susceptibles d’être hospitalisés.

    En 2023, 34 indicateurs ont été mesurés :

    Les indicateurs mesurés sont développés avec des professionnels de santé et des patients. La HAS a pu les calculer à partir des bases de données :

    • rapportés par les patients – dispositif e-Satis ;
    • issus des données du dossier patient (DPI) ;
    • et issus des données du PMSI.

    5 rapports présentent ces résultats 2023 :

    Ces IQSS explorent la prise en charge clinique, la coordination entre professionnels et la prévention des infections associées aux soins. Les résultats obtenus, qui sont transmis aux professionnels concernés pour leur permettre d’optimiser leurs pratiques, sont présentés dans 5 rapports dédiés respectivement :

    • au champ de médecine, chirurgie, obstétrique (MCO), dont la chirurgie ambulatoire ;
    • aux soins médicaux et de réadaptation (SMR) ;
    • à l’hospitalisation à domicile (HAD) ;
    • à la psychiatrie (PSY) ;
    • et, plus spécifiquement, aux infections associées aux soins.

    Une implication importante des patients et des professionnels

    La participation des patients dans cette campagne est active et en hausse. En 2023, 1,2 millions de patients hospitalisés en court ou long séjour ont répondu aux enquêtes en ligne e-Satis. En 2016, au lancement d’e-Satis, ils étaient un peu plus de 50 000.

    Des patients globalement satisfaits :

    La satisfaction et l’expérience des patients ne cessent de progresser depuis que la HAS les mesure annuellement :

    • en MCO, la note nationale est passé de 72,9 à 74,3 sur 100 en 7 ans ;
    • en chirurgie ambulatoire, plus précisément, le score est de 78,9 sur 100 (de presque 1 point supérieur à celui de 2022) ;
    • et en SMR, le score gagne 0,9 point par rapport à 2022, atteignant 75,7 sur 100.

    En MCO, les détails du score réalisé sont variables selon les dimensions mesurées :

    • la satisfaction est bonne concernant la prise en charge par les médecins, chirurgiens, sage-femmes et infirmières avec un score de 82/100 ;
    • mais elle est plus faible concernant la chambre et les repas (68) et l’organisation de la sortie (65).

    Enseignements généraux de 2023

    Malgré les améliorations, des points critiques persistent, notamment au niveau des liens ville-hôpital :

    📌 Globalement, les indicateurs ont progressé de façon satisfaisante :

    • L’évaluation et la prise en charge de la douleur :
      • une progression est enregistrée dans de nombreux services hospitaliers (MCO et SMR) et en HAD, avec d’excellentes moyennes comprises entre 84 et 89 % de conformité ;
      • en revanche, malgré une progression de presque 5 points en un an, l’indicateur reste insuffisant pour l’hospitalisation en psychiatrie, avec une moyenne de 63 %.
    • La prise en charge des escarres en HAD :
      • l’évaluation du risque d’escarre en hospitalisation à domicile atteint 85 %, soit une hausse de 4,8 points par rapport au dernier recueil sur cet indicateur (2021).

    📌 Mais, des progrès restent à faire sur différents axes, et en particulier sur ceux qui crééent le lien entre l’établissement et la ville :

    • La transmission et la qualité de la lettre de liaison à la sortie d’hospitalisation :
      • surtout en MCO et en psychiatrie, les éléments de la lettre de sortie restent globalement à améliorer ;
      • en SMR, la qualité de la lettre de liaison à la sortie est satisfaisante avec un score de 80/100, mais en MCO, le résultat à 59/100 reste insuffisant (37 % des établissements atteignent un niveau satisfaisant).
    • Les réhospitalisations dans un délai de 3 jours après une chirurgie ambulatoire :
      • parmi les plus de 700 établissements évalués, si environ 95 % présentent des résultats proches de ce qui est attendu, 33 établissements présentent des résultats significativement moins bons que prévus pour une intervention, un chiffre en augmentation puisqu’ils étaient 21 dans ce cas en 2021.
    • La consommation des produits hydroalcooliques :
      • elle permet de mesurer indirectement la mise en œuvre effective de l’hygiène des mains ;
      • cet indicateur est en baisse de plus de 11 points par rapport à 2021, à un niveau relativement faible (83 %) ;
      • seuls 33 % des établissements ont atteint ou dépassé leur objectif personnalisé.
    • La vaccination antigrippale des personnels hospitaliers.
    • La santé mentale.

    Différentes actions d’améliorations à venir

    Ces mesures externes de la qualité des soins constituent un point de départ incontournable à la mise en œuvre d’actions d’amélioration. Ainsi différents travaux sont en cours, par exemple dans le secteur MCO :

    • le dispositif e-Satis : l’analyse conjointe par les établissements de leurs résultats chiffrés et des commentaires de leur patient permet d’aller plus loin pour améliorer l’environnement de soins – la HAS développe un outil pour tous les établissements de santé, attendu pour fin 2024 pour aider les établissements dans cette démarche ;
    • une mise en place de nouveaux indicateurs : la HAS poursuit ses travaux de développement des IQSS à partir des bases de données existantes tout en garantissant une mesure fiable :
      • en explorant l’utilisation des entrepôts de données hospitaliers (EDS) ;
      • et en poursuivant le développement d’IQSS à partir du PMSI et du SNDS :
        • mesure de la mortalité à 30 jours post-infarctus du myocarde,
        • mesure de la récupération de 5 complications post-opératoires,
        • et mesure des hémorragies du post-partum.

    En 2024, la thématique des urgences intégrera le programme de travail pour des mesures restant à définir à partir de l’expérience du patient et des bases médicoadministratives.

    Exemples d’indicateurs et leurs résultats en détails (MCO)

    Les évaluations sont réalisées par le patient et à partir de son dossier, ainsi que des données des dossiers médicaux et du PMSI. Les scores nationaux sont rapportés sur une échelle de 100 points, et l’évolution par rapport à 2022 ou 2021. Plusieurs axes sont ainsi explorés :

    • satisfaction et expérience des patients hospitalisés pour plus de 48h en MCO (dispositif e-Satis) ;
    • qualité de la lettre de liaison à la sortie d’une hospitalisation de plus de 24h en MCO ;
    • évaluation et prise en charge de la douleur lors d’une hospitalisation de plus de 24h en MCO ;
    • prise en charge initiale de l’accident vasculaire cérébral (AVC) :
      • imagerie cérébrale diagnostique ;
      • accès à une évaluation neuro-vasculaire ;
      • prévention des pneumopathies d’inhalation ;
      • accès à une prise en charge rééducative ;
      • et planification du suivi post-AVC.

    —

    En MCO, chirurgie ambulatoire :

    Les indicateurs sont dans ce domaine groupés en deux axes :

    • dispositif e-Satis : satisfaction et expérience des patients hospitalisés en chirurgie ambulatoire ;
    • complications postopératoires : réhospitalisations dans les 3 jours après une chirurgie ambulatoire pour 6 actes.
  • Etude / France : le premier e-questionnaire PREMs dédié au diabète validé

    Ces PREMs ont montré de bonnes propriétés psychométriques. Les résultats, publiés dans la dernière édition de la revue Diabetes Epidemiology and Management*, prouvent que les patients ont globalement une expérience positive de leurs parcours de soin.

    DREMs : évaluer l’expérience de soins du diabète

    Replacer les patients au cœur du système de soins… Pour que cela ne reste pas qu’une formule, encore faut-il demander aux patients leur avis. D’où l’intérêt des PREMs (Patient-Reported Experience Measures), ces questionnaires qui – comme leur nom l’indique – mesurent l’expérience des soins vécus par les patients. En outre, plusieurs études ont montré l’impact favorable des PREMs sur les résultats de santé des malades. Tout particulièrement dans le diabète. Pourtant, aucun PREM spécifique à cette pathologie n’a été identifié par les autorités sanitaires françaises, jusque-là.

    C’est pourquoi le Diabète LAB de la Fédération française des diabétiques a réalisé l’étude DREMS (Diabetes Reported Experience MeasureS). Ce premier questionnaire électronique en français vise à évaluer 5 facteurs :

    • la relation avec le médecin ;
    • l’expérience de la prise en charge ;
    • la capacité de gestion de la maladie ;
    • la consultation ;
    • et la structure de prise en charge.

    Un questionnaire validé par des tests statistiques

    Dans un premier temps, pas moins de 54 questions ont été rédigées puis leur nombre a été réduit à 18. Les 2 513 répondants (dont 942 souffrant de DT1 et 571 de DT2) devaient leur affecter une note de 1 à 5, allant de “pas du tout d’accord” ou “pas du tout satisfait” à “tout à fait d’accord” ou “très satisfait”.

    Plusieurs tests statistiques ont été conduits afin d’évaluer la qualité du questionnaire et notamment de s’assurer que le contenu des questions était pertinent, bien compris par les malades, et que les questions étaient « stables » dans le temps permettant ainsi de répéter le test, etc.

    Les résultats de l’étude DREMs ont été publiés dans l’édition janvier-mars de la revue Diabetes Epidemiology and Management.

    Résultats : le parcours de soins noté à 8/10

    • Le questionnaire présentait de bonnes propriétés psychométriques.
    • Les malades sont globalement satisfaits de la relation avec leur diabétologue, tout particulièrement ceux souffrant de DT1.
    • Ils estiment que les règles hygiéno-diététiques et l’impact psychologique de la maladie sont peu abordés lors des consultations.
    • La connaissance de la maladie et des traitements est globalement bonne.
    • La qualité de la consultation (prise de rendez-vous, respect des horaires…) est plus appréciée par les patients atteints de DT1 que par ceux atteints de DT2.
    • L’expérience du parcours de soins obtient une note de 8/10 dans le DT1 et de 7,9/10 dans le DT2.

    Les résultats obtenus par le premier e-questionnaire spécifique au diabète et validé en français font dire aux auteurs de l’étude qu’il pourrait être « un outil de communication utile entre les patients et les professionnels de santé », mais aussi « aider les autorités sanitaires et les services sanitaires à évaluer les facteurs organisationnels » dans la prise en charge du diabète.

    Afin d’améliorer encore ce questionnaire, les chercheurs suggèrent d’« explorer les facteurs potentiels contribuant aux différences de fiabilité entre les 2 populations, tels que les fonctions cognitives liées à l’âge. »

  • Téléradiologie : état des lieux, chiffres clés et évolutions du secteur

    Cette charte présente un ensemble de principes et de bonnes pratiques visant à définir les normes et les procédures garantissant un exercice de la téléradiologie conformes aux standards de qualité et de sécurité.

    Définition

    Selon le Conseil professionnel de la radiologie française, un acte de téléradiologie est un « acte médical à part entière au sens défini par le code de la santé publique », qui englobe deux volets distincts :

    • le télédiagnostic, assimilé à la téléconsultation selon la loi HPST, même en l’absence d’une définition juridique précise du télédiagnostic ;
    • et la téléexpertise, impliquant le recours à un deuxième avis médical.

    Les deux volets sont soumis aux mêmes obligations en termes de moyens, de sécurité et de qualité, encadrés par les règles de déontologie médicale et les bonnes pratiques professionnelles. A noter que la télétransmission d’images sur le plan technique ou la téléinterprétation sur le plan médical ne représentent que de simples étapes dans la pratique de la téléradiologie.

    D’après la HAS, mai 2019.

    Chiffres clés de la profession

    Evolution de la densité des radiologues pour 100 000 habitants depuis 2010 – © H&TI
    Evolution de la densité des radiologues pour 100 000 habitants depuis 2010 – © H&TI

     

    Selon l’Assurance maladie, la France compte 5 454 radiologues libéraux en 2022, dont 78% en activité exclusivement libérale. En densité, cela représente 8 radiologues pour 100 000 habitants, soit une légère baisse depuis 2010 (cf. graphique ci-dessous). Les régions les moins denses en radiologues libéraux sont la Bretagne et le Pays de la Loire, tandis que Nouvelle-Aquitaine, la région Paca et la Corse présentent les meilleure démographie médicale en radiologie.

    En 2022, la répartition de l’effectif par secteur conventionnel se présente comme suit :

    En secteur 1 3846
    En secteur 2 ayant adhéré à l’Optam/Optam-CO 849
    En secteur 2 n’ayant pas adhéré à l’Optam/Optam-CO 759

    La même année, les honoraires perçus par les radiologues s’élèvent à 3 milliards d’euros dont 352 millions en dépassement d’honoraires. La file active moyenne est de 6 996, quasiment la même qu’en 2021.

    Evolution du montant des honoraires totaux de l’ensemble de la profession – © CNAM

    Le montant total des prescriptions des radiologues libéraux s’élève à 196 millions d’euros en 2022, dont :

    • 76% pour des médicaments ;
    • et 10 % pour des dispositifs médicaux inscrits à la liste des produits et prestations (LPP).

    Selon les chiffres de la Drees, au 1er janvier 2023, le nombre de salariés hospitaliers pour la spécialité “radio-diagnostic et imagerie médicale” s’élève à 2 026.

    Principales références et réglementations pour la pratique de la téléradiologie

    Le tableau ci-dessous reprend les différents textes réglementaires, lignes directrices et références nationales et européennes pour la téléradiologie.

    La dernière charte de téléradiologie publiée par le G4 date de 2020, une nouvelle version qui inclurait la notion de garantie humaine est attendue pour 2024 ou 2025.

     

    Acteur Texte Date
    European Society of radiology White Papper Teleradiology in the EU 2006
    Gouvernement Décret n° 2007-960 du 15 mai 2007 relatif à la confidentialité des informations médicales conservées sur support  informatique ou transmises par voie électronique et modifiant le code de la santé publique (dispositions réglementaires 16-mai-07
    Gouvernement Décret n° 2010-1229 du 19 octobre 2010 relatif à la télémédecine 21-oct-10
    G4 Cahier des charges de la convention médicale de téléradiologie 2011
    G4 et CNOM Guide pour le bon usage professionnel et déontologique de la téléradiologie 2011
    SNITEM Téléimagerie – Téléradiologie : Recommandations du SNITEM et du Conseil professionnel de la radiologie 2011
    DGOS Guide méthodologique pour l’élaboration des contrats et des conventions en télémédecine mars-12
    DGOS Recommandation pour la mise en œuvre de projet de télémédecine. Déploiement technique : urbanisation et infrastructure mars-12
    DGOS Télémédecine et responsabilités juridiques engagées mai-12
    G4 Fonctions du manipulateur dans le cadre de la téléradiologie sept-12
    ANAP La télémédecine en action. Tomes 1 & 2 2012
    SNITEM Télémédecine 2020 : Modèles économiques pour le télésuivi des maladies chroniques avr-13
    HAS Grille de pilotage et de sécurité d’un projet de télémédecine juin-13
    HAS Efficience de la télémédecine : État des lieux de la littérature internationale et cadre d’évaluation juil-13
    ANAP L’archivage du dossier patient. Enjeux et principes de mise en œuvre sept-13
    G4 Cahier des charges de la convention médicale de téléradiologie févr-14
    Groupe SFR – Téléradiologie Télé-expertise radiologique 2018
    CNIL Télémédecine comment protéger les données du patient 2018
    Gouvernement GHT – Cahier des charges pour l’organisation des activités de télémédecine en imagerie au sein des GHT 2018
    HAS Qualité et sécurité des actes de téléimagerie – Guide de bonnes pratiques mai-19
    HAS Qualité et sécurité des actes de téléconsultation et de téléexpertise mai-19
    G4 et CNOM Charte de la téléradiologie avr-20
    ANAP ÉTABLISSEMENTS DE SANTÉ DÉPLOYEZ SEREINEMENT LA TÉLÉRADIOLOGIE (Conseils opérationnels ; Votre projet étapes par étapes ; Rappels juridiques ; Simulation économique ; Comparatif des différents opérateurs de téléradiologie ) févr-24

    Evolution de l’innovation en radiologie

    Aujourd’hui, dans un contexte de pénuries de médecins radiologues, l’intelligence artificielle (IA) est un outil de plus en plus prisé par les radiologues, afin d’optimiser le temps de travail comme le souligne une étude rétrospective menée en Allemagne et en Autriche.

    La frise chronologique ci-dessous reprend les grandes avancées dans le domaine de la radiologie depuis le début du siècle dernier :

    Innovation en radiologie – © D.R.
  • Etude : l’IA d’Aidoc augmente la satisfaction des praticiens utilisateurs de téléradiologie

    Cette étude sera présentée au Congrès européen de radiologie (ECR) 2024, qui se tient à Vienne du 28 février au 3 mars 2024, sous le thème “Radiology Next Generation“.

    Contexte de l’étude :

    Le but de l’étude était d’obtenir des informations sur la manière dont les radiologues perçoivent l’IA en fonction de leur expérience avec celle-ci, d’évaluer si elle bénéficie ou perturbe leur flux de travail, et de recueillir leurs suggestions d’amélioration.

    A cette occasion, Torsten Möller PDG du 1er réseau de téléradiologie en Allemagne Reif & Möller partagera les résultats de cette vaste étude sur l’utilisation de l’IA en radiologie. Il souligne que l’IA offre des avantages tangibles tant pour les médecins que pour les patients. Torsten Möller mettra en évidence durant sa présentation l’idée que l’IA ne doit pas être un objectif en soi, mais doit démontrer un bénéfice avéré pour le personnel médical et les patients. La présentation met en avant l’efficacité de l’IA dans la routine téléradiologique, soulignant le potentiel collaboratif entre les compétences humaines et les systèmes intelligents.

    Méthodologie :

    Sur une période de plus de 20 mois, les radiologues ont intégré l’IA pour l’analyse de plus de 40 000 patients issus de plus de 140 hôpitaux, avec une moyenne de 10 135 études CT analysées par l’IA chaque mois.

    L’étude a débuté en mai 2022, les téléradiologues utilisaient Aidoc en pratique quotidienne. Les modules IA couvraient des domaines tels que :

    • l’hémorragie intracrânienne ;
    • l’occlusion vasculaire ;
    • la fracture de la colonne cervicale ;
    • et l’embolie pulmonaire.

    L’étude a été réalisé en 2 parties :

    • 1️⃣ Après 4 mois de pratique avec l’IA pour certains examens d’imageries, 24 téléradiologues ont évalués 3000 images provenant de plusieurs hôpitaux allemand et autrichien.
    • 2️⃣ Puis durant 1 an, l’IA a été utilisée pour tous les examens. Au bout de l’année, une enquête a été réalisée auprès de 70 téléradiologues qui ont eu plus de 40 000 patients.

    Evaluer l’acceptation et l’efficacité de l’IA dans des situations d’urgence

    L’étude met en évidence des avantages spécifiques perçus par les téléradiologues grâce à l’IA d’Aidoc :

    • la visualisation rapide des résultats ;
    • la priorisation des conclusions pathologiques ;
    • et une amélioration globale de 85% de la satisfaction au travail pour les praticiens.

    Mais les téléradiologues ont également identifiés des défis à relever dans certaines applications de l’IA :

    • les faux positifs ;
    • des évaluations incorrectes ;
    • et les faux négatifs.

    Toutefois, la majorité des téléradiologues ont fait part de leur souhait d’avoir d’avantage d’IA pour leur pratique, recouvrant d’avantages de champs d’application.

    Principaux résultats

    Ressenti à propos de l’IA d’Aidoc :

    • 91% des radiologues ont décrit l’IA comme utile ;
    • 89% ont trouvé l’IA facile à utiliser ;
    • 97% ne souhaitent plus se passer de l’IA.

    Efficacité de l’IA pour les examens d’imagerie :

    • 64% étaient satisfaits de la représentation graphique des résultats ;
    • 82% ont trouvé la présentation des résultats de l’IA cohérente ;
    • 81% ont noté que les résultats étaient rapidement visibles.

    Les solutions d’Aidoc

    En France, depuis 2020 les solutions Aidoc sont intégrés à la plateforme de téléradiologie ITIS de Deeplinik Medical. Le groupe de téléradiologie IMADIS a commencé son utilisation dès 2020, devenant le 1er groupe de téléradiologie en France à utiliser les algorithmes d’IA de la société, rejoignant plus de 300 groupes de radiologies à travers le monde.

    Aidoc possède une grande bibliothèque d’algorithmes approuvés par la FDA, comprenant 13 algorithmes et 7 applications partenaires. En Europe, Aidoc a 18 marquages CE pour ses algorithmes et ses applications partenaires. Aujourd’hui, Aidoc est utilisé dans plus de 1 000 centres médicaux, analysant les données de 2 millions de patients chaque mois, et déployé dans 7 des 10 meilleurs hôpitaux américains.

    Cas d’usage : utilisation de la classification des lésions pour optimiser la charge de travail des radiologues

    Dans un contexte de screening, l’IA peut automatiquement identifier les cas qui sont normaux, permettant ainsi aux radiologues de se concentrer sur les cas plus complexes.

    Dans cette situation, l’IA est employée pour repérer les cas qui nécessitent des tests supplémentaires. L’objectif est d’optimiser le temps de travail en réduisant le nombre de cas simples nécessitant une intervention humaine directe, tout en assurant que l’attention des radiologues soit dirigée vers les cas plus complexes ou nécessitant des examens plus approfondis.

    Aidoc

  • Australie : contexte, chronologie des initiatives et acteurs clés en santé numérique

    Enfin, une revue des financements de la stratégie ainsi que des acteurs clés de la santé numérique en Australie est réalisée pour mieux comprendre l’écosystème et ses enjeux nationaux.

    Chiffres clés du système de santé australien

    Le financement du plan d’action Digital Health Blueprint 2023-2033

    Progression de la réforme nationale en santé numérique avec les partenaires

    • Renforcement de l’Agence australienne de santé numérique : 325,7 M$ sur 4 ans ;
    • Accord intergouvernemental sur la santé numérique national (2023-2027) : 126,8 M$ sur 4 ans ;
    • MyMedicare: 19,7 M$ sur 4 ans.

    Modernisation du My Health Record

    • Plateforme de données de My Health Record : 38,4 M$ sur 2 ans.

    Renforcement des capacités de My Health Record

    • Partage par défaut : 13,1 M$ sur 2 ans.

    Amélioration de la gestion des médicaments

    • Renforcement de la e-prescription : 111,8 M$ sur 4 ans.

    Normes nationales pour soutenir l’interopérabilité du système de santé

    • Normes FHIR : 9,3 M$ sur 2 ans ;
    • eRequesting et aide à la décision clinique : 5,8 M$ sur 2 ans.

    Chronologie des principales initiatives déployées en Australie en santé numérique :

    • 2010

      Healthcare Identifiers Act 2010, cette loi vise à garantir une correspondance correcte entre une entité qui fournit des soins et/ou un individu qui les reçoit, et les informations de santé générées lors de ces soins.

    • 2012

      My Health Records Act 2012, cette loi a pour objectif d’établir et de faire fonctionner un système public national et volontaire permettant l’accès électronique aux informations de santé des patients.

    • 2015

      Création du Medical Research Fund (MRFF), un fond de recherche pour financer la recherche médicale et les essais cliniques afin de tester la sécurité et l’efficacité des technologies de santé dans le cadre de certaines initiatives.

    • 2016

      Création de l’Agence de santé numérique à la suite de l’annonce du budget 2015-2016 qui introduit l’initiative My Health Record.

    • 2017

      Lancement de la 1ère stratégie de santé numérique nationale 2018-2022 par l’Agence de santé numérique.

    • 2020

      Introduction de la e-prescription.

    • 2021

      Mise en place de service de téléconsultations pour la communauté de Tjuntjuntjara en Australie occidentale, communauté aborigène la plus isolée au monde.

    • 2022

      Le Royal Perth Hospital devient le 1er hôpital public à mettre en place la e-prescription.

    • 2023

      Lancement de la feuille de route nationale pour l’intelligence artificielle en santé. Le plan a été élaboré afin de diriger un programme politique national visant à assurer une utilisation sécurisée et éthique de l’IA


    Le système de santé australien : Medicare

    En Australie, le système de santé est un système universel financé par l’impôt sur le revenu. Le régime de protection sociale est appelé Medicare et permet aux australiens un accès gratuit ou à faible coût à la plupart des services médicaux. Cependant, l’assurance santé privée couvre une gamme de services médicaux et hospitaliers qui ne sont pas couverts par Medicare.

    Medicare, fondement du système depuis 1984, couvre les services médicaux, les hôpitaux publics et les médicaments, offrant une couverture complète aux citoyens australiens, aux résidents permanents de plus de 2ans et aux citoyens de pays avec des accords réciproques (Belgique, Suisse, Italie et Royaume-Uni).

    Le remboursement de Medicare est basé sur des tarifs standard pour les services médicaux. Les médecins agréés suivent ces tarifs établis par le système de santé. Malgré cela, les médecins ont la liberté de fixer leurs propres honoraires. La couverture santé rembourse 85 % du tarif, laissant au patient la charge du « gap fee », la différence entre le tarif Medicare et celui du médecin.

    Le gouvernement australien, les gouvernements des États et des territoires ainsi que les administrations locales partagent les responsabilités, avec des rôles spécifiques tels que la régulation de l’assurance santé privée, la gestion des hôpitaux publics, le financement de services de santé mentale et la coordination des réponses aux urgences sanitaires nationales.

    La supervision globale de la sécurité sociale relève du ministère des Services sociaux (Department of Social Services). Le gouvernement a également la charge du développement des politiques de santé nationales par le ministère de la santé (Department of Health). Ainsi que le financement des hôpitaux publics et la réglementation des médicaments et des DM.

    3 agences gouvernementales relevant du gouvernement sont chargées de la mise en œuvre des prestations sociales :

    • Centrelink responsable de la centralisation des versements ;
    • Medicare, organisme public de santé ;
    • et Child Support, qui assure une assistance aux parents séparés.

    🗣️Les acteurs clés de la santé numérique en Australie

    Therapeutic Goods Administration (TGA) :

    La TGA est une autorité gouvernementale en charge de l’évaluation et de la surveillance des médicaments, des dispositifs médicaux, des produits biologiques et des produits sanguins, ainsi que d’autres produits thérapeutiques.

    • Rôle : s’assure que les produits thérapeutiques disponibles sur le marché australien répondent aux normes de sécurité, de qualité et d’efficacité nécessaires tout au long de leur cycle de vie, de la conception à la mise sur le marché.

    L’Agence de santé numérique australienne (Australian Digital Health Agency) :

    Il s’agit d’une agence gouvernementale responsable de la mise en œuvre de la stratégie nationale de santé numérique.

    • Rôle : assume un leadership dans l’adoption de technologies numériques, collabore avec les acteurs du secteur, promeut l’équité d’accès et améliore le parcours de soins des patients grâce au numérique.

    La Commission australienne sur la sécurité et la qualité des soins (ACSQHC) :

    L’ACSQHC est une agence indépendante du gouvernement en charge de diriger et coordonner les améliorations en matière de sécurité et qualité des soins grâce à des normes établies.

    • Rôle : développe et met à niveau les normes du National Safety and Quality Health Service (NSQHS). Fournit également des ressources et un soutien pour faciliter la mise en œuvre de ces normes par les organismes de services et/ou de santé. L’agence conduit des recherches sur la sécurité et la qualité des soins.

    L’Institut Australasian de santé numérique (AIDH) :

    L’AIDH est un organisme à but non lucratif opérant en Australie et en Nouvelle-Zélande issu de la fusion en 2020 de la Health Informatics Society of Australia (HISA) et de l’Australasian College of Health Informatics (ACHI).

    • Rôle : faire progresser l’innovation en santé grâce aux nouvelles technologies en répondant à la demande en matière d’éducation, de formation, de parcours professionnels, de certification et de développement du leadership dans le domaine de la santé numérique.

    L’Institut australien de la santé et du bien-être (AIHW) :

    L’AIHW est une agence gouvernementale indépendante chargé de fournir des informations et des statiques pour éclairer les décisions en matière de santé et informer la population.

    • Rôle: développement de normes et de statistiques, collecte et gestion de données de santé, ainsi que l’analyse et la diffusion d’informations visant à soutenir des décisions de santé publique.

    Le Conseil national de la santé et de la recherche médicale (NHMRC) :

    Le NHMRC est une agence relevant du ministère de la santé, chargé du financement de la recherche médicale.

    • Rôle : financement de la recherche, établissement de directives et de normes éthiques, promotion et diffusion des résultats de recherche.

    Réglementation des DTx en tant que logiciels considéré dispositif médical en Australie

    Agence réglementaire responsable :

    • Therapeutic Goods Administration (TGA)

    Processus de réglementation pour les Logiciels en tant que Dispositifs Médicaux (SaMD) :

    1️⃣obtention de la certification de la TGA ou d’un organisme de régulation équivalent à l’étranger par le fabricant ;

    2️⃣soumission du certificat du fabricant par le sponsor du dispositif médical à la TGA, en préparation pour une demande d’inclusion sur le Registre Australien des Produits Thérapeutiques (ARTG) ;

    3️⃣soumission de la demande d’inclusion sur l’ARTG par le sponsor.

    Processus de remboursement :

    • Actuellement, il n’existe pas de voie spécifique pour le remboursement de la plupart des produits et services de santé numérique.

    Options de remboursement :

    1️⃣ selon la zone géographique, intégration avec d’autres dispositifs ou services ;

    2️⃣ démonstration d’un coût bénéfice par rapport aux pratiques actuelles.

    Organismes liés au remboursement :

    1️⃣MSAC (Medical Services Advisory Committee) est un comité créé par le ministère de la santé qui évalue les nouveaux services médicaux proposés pour un financement public ;

    2️⃣PBAC (Pharmaceutical Benefits Advisory Committee) est un organisme d’experts indépendants qui fournit des recommandations au ministèr de la santé sur les médicaments qui devraient être inscrits sur le programme PBS (Pharmaceutical Benefits Scheme) ;

    3️⃣HTA (Health Technology Assessment) est un processus utilisé par la TGA pour évaluer la valeur clinique et économique des technologies de santé.

    📌 Pour aller plus loin

    🌍 Les derniers indicateurs H&TI relatifs aux stratégies de santé numérique & data déployées à l’international :

    📝 Les publications H&TI relatives à la santé numérique en Australie (annonces réglementaires / institutionnelles et actions sur le marché) :

  • Australie : quelle stratégie en santé numérique & data ?

    Dans cet indicateur, Health & Tech Intelligence revient en synthèse sur :
    📌 les particularités du système de santé australien ;
    📌 les principales initiatives déployées par les autorités du pays dans leur ordre chronologique ;
    📌 ainsi que sur les acteurs clés de la santé numérique en Australie.

    Les principaux éléments de « Digital Health Blueprint 2023-2033 » y sont également présentés dans le détail.

    👉 Australie : contexte, chronologie des initiatives et acteurs clés en santé numérique ;
    👉 Australie : stratégie et réglementation en santé numérique, vers une utilisation fiable des données.

    Les principales initiatives

    • le renforcement de l’Agence australienne de santé numérique ;
    • un accord intergouvernemental sur la santé numérique ; l’amélioration de My Health Record ;
    • la modernisation des soins ;
    • et le soutien à l’interopérabilité du système de santé.

    La chronologie des initiatives de santé numérique souligne l’engagement continu de l’Australie depuis 2010, avec des jalons tels que :

    • la création de l’Agence de santé numérique ;
    • l’introduction de la e-prescription en 2020.

    Ces initiatives soulignent la vision à long terme pour intégrer les technologies numériques dans le système de santé.

    Le système de santé australien, basé sur Medicare, est une pierre angulaire du système de santé depuis 1984. Medicare offre une couverture étendue, mais l’assurance santé privée complète certains services. Les responsabilités sont partagées entre le gouvernement fédéral, les États et les territoires, avec des rôles :

    • dans la régulation ;
    • la gestion hospitalière ;
    • et la coordination des urgences.

    Les acteurs

    Les principaux acteurs de la santé numérique en Australie, tels que la TGA, l’Agence de santé numérique australienne, et l’AIHW, jouent des rôles :

    • dans l’évaluation des technologies ;
    • la mise en œuvre de stratégies numériques ;
    • et le partage d’informations pour éclairer les décisions en matière de santé.

    La stratégie et la réglementation

    La réglementation des Dispositifs Médicaux (DTx) en Australie relève de la TGA, avec un processus de certification rigoureux. Cependant, la voie de remboursement spécifique pour les produits et services de santé numérique reste en développement, avec des considérations telles que l’intégration avec d’autres dispositifs ou services et la démonstration du coût-bénéfice.

    La stratégie de santé numérique met en avant des initiatives à court terme, notamment le renforcement de l’Agence australienne de santé numérique, la modernisation de My Health Record, l’amélioration de la gestion des médicaments, et le développement du personnel médical. Ces actions visent à soutenir la santé populationnelle, la santé mentale, la génomique, et les soins aux personnes âgées.

    Australie : quelle stratégie en santé numérique & data ? – © Health & Tech Intelligence