Actualité

  • AAA Data se diversifie sur le marché de la Silver économie

    Une base de données très large

    AAA Data dispose d’une base marketing issue des données des immatriculations de véhicules. C’est la plus volumineuse base de données du marché, avec 35 millions d’adresses, qui recense tous les utilisateurs de véhicules en France.

    Associés aux données liées aux véhicules détenus (marque, modèle, gamme, âge du véhicule, durée de possession, etc.), leurs utilisateurs sont particularisés au travers de leur sexe, leur âge, leur pouvoir d’achat (calculé notamment à partir des valeurs d’achat et résiduelles des véhicules). AAA Data détecte et identifie à partir de là les comportements, les besoins et tendances des consommateurs, afin d’anticiper les usages de demain et de proposer à ses clients des modèles sur mesure. L’ampleur de la base de données exploitée et l’expertise dans l’analyse a permis, dans une grande variété de domaines de consommation, de développer des solutions innovantes et d’anticiper les besoins de demain. L’entreprise fait aujourd’hui de la Silver économie un de ses axes de développement.

     

    La méthodologie de segmentation comportementale

    « Dis-moi ce que tu conduis, je prédirai ce que tu consommes » : AAA Data a développé une méthode d’analyse des profils acheteurs, Overview, qui est une marque déposée, en s’appuyant sur sa base des données d’achat d’automobiles.

    En combinant deux critères, ceux du prix d’achat et de la fréquence d’achat, dix profils de consommateurs ont pu être identifiés par Overview, avec leur poids dans la clientèle :

    • Hedonist : fort pouvoir d’achat (14%) ;
    • Easy moving (12,2%) ;
    • Low budget (16,3%) ;
    • Conservative (2%) ;
    • Middle class (16%) ;
    • Opportunist (3%) ;
    • Regular consumer (3%) ;
    • Settled (15,5%) ;
    • Renter (8%) ;
    • Primary needs (10%) .

    Cette méthodologie d’analyse du comportement des acheteurs d’automobiles est aujourd’hui transposée au marché de la Silver économie.

     

    L’analyse comportementale des seniors

    Par rapport à l’ensemble des produits et services destinés aux seniors, AAA Data a identifié 6 besoins essentiels, par ordre d’importance :

    • Faire attention à sa vie et sa santé : produits pharmaceutiques, alimentation saine, sport et activités de loisirs, objets connectés, etc. ;
    • S’assurer une sécurité financière : peu d’achats impulsifs, sensibilité aux remises commerciales ;
    • Aimer et être aimé : par exemple, gâter ses petits-enfants, organiser des évènements avec les proches, etc. ;
    • Être autonome et rester chez soi le plus longtemps possible, ne pas être seul et continuer ses activités ;
    • Prendre du plaisir (surtout la génération des « happy boomers ») ;
    • Trouver la sérénité grâce au développement personnel : chasse au stress, yoga, médecines douces, alimentation saine et locale, etc.

    Cette segmentation des comportements des seniors est complétée par une analyse de leurs attentes en tant que consommateurs.

     

    La segmentation des attentes des seniors

    Les besoins de consommation des seniors sont ainsi catégorisés par AAA Data :

    • Services à la personne, un marché de 18 Md€ ;
    • Loisirs, qui arrivent au cinquième rang des postes de dépenses des seniors : parmi les loisirs, le voyage est la première dépense (34%) et 50% des seniors pensent en priorité à voyager ;
    • Automobiles : 54% des véhicules neufs sont achetés par les plus de 50 ans et les caractéristiques de leurs choix sont également déterminées ;
    • Optique et audition : marché de 22 Md€ en croissance élevée ;
    • Alimentation : 2ème poste de dépense des seniors, qui y consacre une part de 15% de leur budget (contre 12% pour les moins de 50 ans), avec une alimentation de meilleure qualité, privilégiant les produits non transformés comme les fruits (63% des achats sont faits par les seniors), le poisson (62%), l’huile (60%), etc. ;
    • Dons caritatifs : 64% des seniors font des dons en monnaie ou en nature et les montants annuels (2600€) représentent en moyenne le double des dons des moins de 50 ans.

    L’analyse de ces data donnera des moyens supplémentaires aux entreprises de la Silver économie pour orienter leur développement dans un écosystème en croissance forte.

  • IA : la Grande-Bretagne publie 2 textes visant à réguler l’utilisation et la création des algorithmes

    Une approche sectorielle et pro-innovation de la régulation de l’IA

    En mars 2023, le gouvernement britannique avait publié un document nommé “AI White Paper” dans lequel il présentait une première approche de sa stratégie de régulation de l’intelligence artificielle et expliquait qu’il souhaitait que cette régulation se fasse par le biais d’une approche sectorielle et pro-innovation. Cette prise de position a été confirmée lors de la publication, le 6 février 2024, de sa réponse à la consultation lancée suite à la publication du white paper en 2023.

    Dans cette réponse portée par la secrétaire d’État à la Science à l’Innovation et à la Technologie du Royaume-Uni, Michelle Donelan, le gouvernement britannique confie la régulation des systèmes d’IA aux régulateurs sectoriels et les soutient dans ces nouvelles responsabilités avec l’allocation d’un financement d’un montant de 11,7 millions d’euros pour permettre à ces régulateurs sectorielles de mettre en place des stratégies de régulation. Le Royaume-Uni enjoint aux régulateurs sectoriels de publier leur propre approche sur la régulation de l’IA d’ici le 30 avril 2024 en se basant sur cinq principes phares :

    • la sûreté des systèmes ;
    • la transparence des systèmes ;
    • la conformité des systèmes aux lois existantes ;
    • la responsabilité des systèmes ;
    • la contestabilité des systèmes.

     

    Pas de mesure concrète pour les systèmes d’IA avancés

    Dans sa réponse à la consultation lancée suite à la publication du white paper de mars 2023, le gouvernement britannique a indiqué qu’il “prévoit d’élaborer des règles spécifiques pour les entreprises travaillant sur des systèmes d’IA générale à plus long terme”. Cependant, aucune mesure concrète n’a été annoncé à cette occasion, même si le Royaume-Uni indique qu’un comité de pilotage sera lancé au printemps pour “soutenir une structure de coordination des régulateurs au sein du gouvernement”.

     

    La GB reconnaît qu’il y a peu de règles en matière de régulation de l’IA

    Après la publication de cette réponse, la Grande-Bretagne a publié, le 12 février 2024, un rapport nommé “Introduction to AI assurance” qui contient de nouvelles orientations visant à permettre aux entreprises de se préparer et d’évaluer la fiabilité de leurs systèmes d’IA. Par le biais de ces recommandations, le gouvernement britannique demande aux entreprises qui développent et utilisent des systèmes d’intelligence artificielle :

    • de se renseigner sur les règles en vigueur, même si le gouvernement reconnaît qu’il y en a peu ;
    • de faire monter leur organisation en compétences ;
    • d’examiner la gouvernance interne et la gestion des risques ;
    • de se préparer aux nouvelles orientations réglementaires ;
    • de s’impliquer sur le volet de la normalisation de l’IA.
  • Etude : vers l’élaboration d’un système d’IA biomédicale généraliste (NEJM AI)

    Cette étude* dont les résultats ont été publiés le 22 février dans le New England Journal of Medicine AI fait état de performances encourageantes. Dans jusqu’à 40,50 % des cas, un rapport généré par Med-PaLM M sur des tâches de radiologie a été préféré au rapport de référence généré par l’homme.

     

    Le besoin d’IA multi-fonctions

    Soigner est une activité complexe, nécessitant d’effectuer des tâches très diverses. Les cliniciens sont en effet amenés à interpréter des données provenant d’une large gamme de modalités lors de la prestation de soins, notamment des notes cliniques, des tests de laboratoire, des signes vitaux et observations, des images médicales et de la génomique. Or, la plupart des modèles d’IA actuels sont unimodaux et spécialisés pour une seule tâche. Par exemple, un système d’IA en mammographie atteint des performances de pointe dans le dépistage du cancer du sein mais n’incorpore pas d’informations telles que le statut BRCA (gène du cancer du sein) ou les résultats de l’imagerie par résonance magnétique.

     

    Un banc d’essai doté de 14 tâches :

    Afin d’être plus en phase avec la réalité de la pratique clinique, il est donc nécessaire de développer des systèmes d’IA aux capacités plus généralistes. C’est à cette tâche qu’une équipe de chercheurs de chez Google Research et Google Deepmind s’est attelée. Le « défi majeur » pour y parvenir était d’élaborer, dans un premier temps un banc d’essai biomédical multimodal. MultiMedBench couvre les modalités du langage, de l’imagerie médicale et de la génomique avec 14 tâches biomédicales diverses. Ces tâches comprennent la réponse à des questions, la réponse à des questions visuelles, la classification d’images médicales, la génération et la synthèse de rapports radiologiques, et l’identification de variants génomiques. Ils ont introduit dans ce banc d’essai Med-PaLM Multimodal (Med-PaLM M), le système d’IA biomédicale généraliste. Pour évaluer les capacités et les limites de Med-PaLM M, les chercheurs ont par ailleurs comparé l’évaluation faite par des radiologues des rapports de radiographies thoraciques générés à celles du modèle.

    Les résultats de leur étude ont publiés le 22 février dans le New England Journal of Medicine AI.

     

    Résultats : l’IA généraliste préféré à l’Homme dans 40 % des cas

    • Sur 246 radiographies thoraciques, les cliniciens ont exprimé une préférence pour les rapports multimodaux Med-PaLM par rapport à ceux produits par des radiologues dans jusqu’à 40,50 % des cas.
    • Le meilleur modèle Med-PaLM M présente, en moyenne, un taux d’erreur cliniquement significatif comparable aux références humaines.
    • En moyenne sur les quatre évaluateurs, le rapport des radiologues a été classé meilleur dans 37,14 % des cas, suivi des rapports de Med-PaLM M (25,78 % des cas), et les deux autres échelles de modèle ont été classés meilleurs dans 19,49 % et 17,59 % des cas, respectivement.
    • Bien que Med-PaLM M ait été entraîné uniquement avec des entrées d’images de radiographie thoracique en vue simple, le modèle s’est révélé capable de s’adapter à une configuration de tâche nouvelle avec des entrées visuelles à plusieurs vues.

     

    Des performances prometteuses :

    Les auteurs de l’étude estiment que ces résultats sont encourageants. « Le constat qu’un seul modèle généraliste a pu atteindre de bonnes performances sur de multiples tâches cliniquement pertinentes en utilisant le même ensemble de paramètres de modèle sans personnalisation spécifique de la tâche est prometteur pour les applications cliniques réelles, dans lesquelles il est courant d’avoir besoin de l’interprétation de plusieurs types différents d’informations dans la prise de décision clinique. » Ce modèle pourrait par exemple se révéler particulièrement pertinent lors des réunions de concertation pluridisciplinaire.

    Cependant, des tests supplémentaires sont nécessaires pour évaluer le potentiel de ce système d’IA biomédicale généraliste. Notamment parce que l’on sait bien que la variation de l’exactitude des systèmes d’IA a le potentiel de perpétuer ou d’amplifier les inégalités de santé existantes. La route est donc encore longue pour une utilisation en clinique car, comme le précisent les chercheurs, « pour que ces systèmes soient utiles en pratique ou ouvrent la voie à de nouvelles applications, ils doivent correspondre ou dépasser les modèles spécialisés et spécifiques à une tâche ou atteindre autrement des niveaux de performance cliniquement applicables ».

     

    * Towards Generalist Biomedical AI

    Tao Tu, Shekoofeh Azizi, Danny Driess, Mike Schaekermann, Mohamed Amin, Pi-Chuan Chang, Andrew Carroll, Vivek Natarajan

    Published February 22, 2024

    NEJM AI 2024;1(3)

    DOI: 10.1056/AIoa2300138

  • La fonction de « bed manager » encore immature dans la majorité des établissements français

    Une disparité entre les région

    L’étude, réalisée à partir des réponses de 545 établissements sièges de service d’urgences français (sur les 623 présents sur le territoire) pour calculer l’indice de maturité du bed management (IMBM), montre un indice de maturité moyenne de 49 %. Une disparité a toutefois été constatée entre les différentes régions françaises, avec une maturité variable entre 35 et 62 % (35 % étant la maturité moyenne des services corses et 62 % la maturité celle constatée au seul service d’urgence présent à Mayotte).

    Pour mesurer ce niveau de maturité, l’observatoire régional des urgences (ORU) d’Occitanie a créé un questionnaire composé de 36 questions qui portent sur 6 thématiques “essentielles dans la gestion des lits” :

    • la fonction de bed manager ;
    • le pilotage ;
    • les outils ;
    • les leviers internes ;
    • les leviers parcours ;
    • et les procédures.

     

    La particularité de ce questionnaire accessible à tout moment sur l’espace professionnel de l’ORU est qu’il est dynamique : en fonction de l’évolution de la maturité du bed management, les équipes des services d’urgences peuvent améliorer ou aggraver les notes qu’ils ont auparavant saisi. La première relève des notes données par le personnel des services d’urgence français a eu lieu en novembre 2023 et présentée par l’Agence nationale de la performance sanitaire et médico-sociale (Anap) et la Fédération des observatoires régionaux des urgences (Fedoru), en février 2024.

    La France en retard sur la gestion des lits et son pilotage

    Les résultats de cette étude montrent également que la France et ses services d’urgences sont en avance en matière d’outils servant au bed management avec une maturité moyenne de 66 %, mais qu’ils étaient en difficulté sur la fonction de bed manager (maturité moyenne de 40%), ainsi que sur son pilotage (maturité moyenne de 43%).

    Ce retard s’expliquerait par :

    • une faible maturité de la fonction de bed manager pour la gestion des hospitalisation non programmées : seulement 21% des services d’urgences ont une solution mature ;
    • une période d’opérationnalité de cette fonction qui est faible : seulement 11% des fonctions existantes sont disponibles 24/7 et 69% ne sont pas déployées en week end ;
    • un faible niveau de présence de commissions des admissions non programmées (ou équivalent) dans les services d’urgences : 61% des services n’en possèdent pas ;
    • une faible utilisation d’outils permettant le calcul de la prévision du besoin journalier minimal en lits (BJML) : 68%  des établissements n’utilisent pas ou peu la prévision du BJML ;
    • ainsi qu’une fréquence de réactualisation de l’outil intra-établissement de visualisation des lits encore trop faible : 48% des outils n’actualisent pas cette information en temps réel (<1h).

    Des travaux annoncés pour y remédier

    Après la publication de cette étude, le ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités a indiqué qu’il conduira, au cours de l’année 2024, “plusieurs travaux relatifs à l’aval des urgences, pilotés par la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) et associant étroitement les professionnels et leurs représentants ainsi que les agences régionales de santé (ARS) : dans ce cadre, l’Anap et la Fedoru seront amenés à proposer, dans les prochains mois, une évolution des critères de l’IMBM pour le rendre plus complet tout en préservant les éléments de comparaison annuels”.

    Une évolution des questions de l’indice est aussi prévue, même si l’Anap et la Fedoru expliquent que “cette évolution devra limiter l’impact sur la notation afin de permettre une comparaison des résultats entre les différentes sessions de recueil de l’indice tout en permettant de recueillir des informations utiles et complémentaires”.

     

  • Prévention : la Matmut lance le programme Nutrikids pour lutter contre l’obésité infantile

    Lancé par la Matmut en partenariat avec MétaCoaching, le programme Nutrikids inclut 3 entretiens avec des psychologues/diététiciens. Les adhérents de la mutuelle bénéficieront de ce programme de santé en ligne sans surcoût de cotisation.

    La prévalence du surpoids reste encore trop élevée en France avec, en 2017, “20 % des enfants de 6 à 17 ans”, dont “5,4 % en situation d’obésité”, selon le rapport Laville, “Mieux prévenir et prendre en charge l’obésité en France”.*

     

    Un coaching de santé en ligne basé sur les TCC

    Basé sur la thérapie comportementale et cognitive (TCC) de Méta-Coaching, Nutrikids vise à rétablir un équilibre alimentaire chez l’enfant. Son objectif n’est pas d’imposer un régime restrictif à sa cible mais plutôt de lui apprendre à reconnaître ses sensations de faim et de satiété afin qu’il adopte un rapport plus sain à la nourriture.

    Les enfants pourront ainsi bénéficier d’un programme de santé d’une durée de 3 à 6 mois, composé de 3 phases :

    • une phase d’évaluation afin d’obtenir une analyse précise de la situation de l’enfant et de ses habitudes familiales, et notamment un entretien avec un psychologue spécialisé dans les TCC ;
    • selon les causes identifiées du surpoids de l’enfant, les parents sont guidés pour mettre en place une éducation alimentaire bienveillante auprès de leur enfant ;
    • et, durant la troisième phase, le bien-être physique et psychologique de l’enfant est abordé à travers des activités visant à améliorer sa confiance en lui.

     

    Les composantes du programme Nutrikids :

    • un parcours personnalisé basé sur les habitudes alimentaires et les émotions ;
    • des webinars pour creuser les thématiques nutritionnelles et psycho-émotionnelles avec des spécialistes ;
    • un suivi par un coach afin de rester motivé ;
    • une communauté active pour partager avec d’autres familles ayant un enfant concerné par le surpoids et l’obésité morbidité ;
    • des vidéos pour être accompagné tout au long du processus ;
    • ainsi que des défis et des outils ludiques pour partager son expérience avec ses proches.
  • « Aller au plus près des patients et renforcer l’accès au soin » (E. de Geuser, Vivalto Santé)

    Robotique et téléconsultation parmi les principaux chantiers

    Considéré comme l’un des principaux acteurs privés du système de santé français avec plus de 50 hôpitaux et cliniques répartis sur le territoire national, Vivalto Santé a mis l’accent sur sa stratégie liée à l’innovation digitale, dont la mise en œuvre a déjà commencé et qui se poursuivra jusqu’en 2027.

    Cette stratégie repose sur 4 principaux objectifs :

    • 1️⃣ augmenter le temps de travail à valeur ajoutée des soignants et des médecins, notamment avec la mise en place d’un programme paperless, ainsi que des outils de prescription intelligente ;
    • 2️⃣ fluidifier la circulation de l’information et le travail en réseau, grâce à des annuaires digitaux et à la téléexpertise ;
    • 3️⃣ limiter l’impact de la maladie sur le quotidien et la qualité de vie des patients, par la mise en place d’un espace patient, d’outils de télésurveillance, ainsi que l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la médecine prédictive ;
    • 4️⃣ et accélérer le maillage territorial et s’engager pour l’accès aux soins, notamment par le biais de l’assistance à la planification et à l’organisation des soins, ainsi qu’à la téléconsultation.

     

    La téléconsultation fait partie des principaux chantiers du Comité médical stratégique (CMS) du groupe, créé en 2022. La conférence stratégique de Vivalto Santé a été l’occasion d’aborder l’outil de téléconsultation développé en interne, “Ma consulation 2.0”. Cette solution a pour objectif de “faciliter l’orientation des patients pour une meilleure prise en charge” grâce à un algorithme d’intelligence artificielle (IA) testé sur une cohorte de 600 personnes. Elle permet aux patients de trouver le médecin le plus à même de répondre à leur problème de santé parmi les plus de 6 500 praticiens du groupe.

    Par ailleurs, après la cancérologie et la chirurgie bariatrique, le CMS de Vivalto Santé a “validé deux expérimentations robotiques en orthopédie”, afin de lancer des tests qui se dérouleront de l’été 2024 à l’été 2025. Leurs résultats devraient permettre de produire des recommandations pour le déploiement de ces robots dans les établissements groupe.

    Le numérique, un enjeu international

    En novembre 2022, Vivalto Santé s’est implanté dans 5 pays (Suisse, Portugal, Espagne, République Tchèque et Slovaquie) grâce à plusieurs rachats d’établissements de santé, doublant ainsi la taille de son activité pour devenir le troisième groupe d’hospitalisation privé en France, derrière Elsan et Ramsay.

    Avec 47 sites en dehors de l’Hexagone, Vivalto Santé a mis en place une stratégie numérique déployés dans les différents pays où il est présent. Cette stratégie numérique a pour objectif d’enrichir les projets du groupe, dans le cadre de ses chantiers transverses. Vivalto Santé compte s’inspirer des meilleures pratiques de chacun de cinq pays pour déployer ses outils digitaux de manière coordonnée. L’un des premiers exemples de cette démarche est l’assistant virtuel “Lusi”, développé par la clinique portugaise Lusíadas Saúde. Il s’agit d’un assistant vocal de prise de rendez-vous qui utilise l’IA pour permettre au patient de voir un praticien disponible, “sans temps d’attente”. Le groupe explique que le modèle de cet assistant vocal pourrait être adapté et déployé dans les autres pays, selon les besoins spécifiques de chaque territoire.

    La cybersécurité est aussi dans le viseur de la stratégie européenne de Vivalto Santé. En effet, 4 taskforces européennes sont lancées, dans le domaine IT/digital, afin de “répondre à la menace du cyberterrorisme – qui touche les établissements de santé – à un niveau européen”.

     

    3 nouveaux établissements annoncés

    La conférence stratégique a aussi été l’occasion pour le groupe français d’annoncer une augmentation de son capital de 65 millions d’euros, avec 1 100 médecins actionnaires de la société (ce qui représente 30 % du capital du groupe, soit plus de 400 millions d’euros).

    Grâce à cette croissance, Vivalto Santé a fait acquisition, en février 2024, de 3 nouveaux établissements, portant le nombre total de ses sites en Europe à 100. Il s’agit :

    • du Pôle santé Léonard de Vinci de Chambray-lès-Tours qui est un pôle de santé complet ;
    • de la clinique Jeanne d’Arc de Chinon qui “propose une offre de soins complète et adaptée au territoire” ;
    • et de la clinique du pré du Mans qui est un leader en orthopédique dans son territoire.

     

  • Maladies rares : vers un renforcement de la collecte des données de santé entre la France et l’Europe (PNMR4)

    3 ministères engagés (Santé, Recherche et Industrie)

    Depuis le premier PNMR (2005-2008), plusieurs étapes décisives dans le domaine du diagnostic et des traitements des maladies rares ont été marquées. En dépit d’avancées notables (mise en place de deux observatoires nationaux pilotés par les 23 filières de santé maladies rares), poser un diagnostic de maladie rare demeure un défi majeur en 2024 : seulement 5 % des maladies rares bénéficient d’un traitement. Dans un tel contexte, la prolongation du 3e PNMR (2018-2022) a ouvert la voie à un nouveau chapitre, celui du PNMR4.

    Annoncé par Catherine Vautrin, ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités, Sylvie Retailleau, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Roland Lescure, ministre délégué chargé de l’Industrie et de l’Énergie, et Frédéric Valletoux, ministre délégué chargé de la Santé et de la Prévention, le PNMR4 promet un soutien renforcé pour les personnes malades.

     

    Les actions pionnières du PNMR4

    Parmi les premières initiatives du PNMR4, la labellisation de 132 nouveaux centres de référence maladies rares (soit une augmentation de 28 %), avec une enveloppe de fonctionnement de “près de 36 millions d’euros de crédits nouveaux”. Le maillage territorial en France se trouve de ce fait renforcé, dans une volonté d’améliorer l’accessibilité aux soins spécialisés, en régions et dans les territoires d’Outremer. Une telle action promet de garantir “un suivi plus étroit et personnalisé des patients, même dans les régions les plus éloignées”.

    Les autres actions phares du PNMR4 restent à identifier, autour des quatre thématiques suivantes :

    • parcours de vie et de soin : renforcement du lien entre les structures médicales et les hôpitaux, formation des professionnels de santé, et sensibilisation des patients et de leurs familles ;
    • diagnostic : mise en place d’un observatoire du diagnostic des maladies rares, intégration de la médecine génomique, et importance du dépistage néonatal et de la fœtopathologie ;
    • innovations et traitements : coordination des acteurs pour faciliter l’accès précoce aux traitements, établissement d’un cadre pour les prescriptions compassionnelles, et renforcement de la réutilisation des données de santé ;
    • et collecte des données de santé : accent mis sur la collecte et l’utilisation des données de santé et des échantillons biologiques pour enrichir les connaissances et soutenir la recherche sur les maladies rares.

     

    Repenser la collecte des données pour une coopération européenne renforcée

    Au cœur du PNMR4 réside une approche novatrice dans la collecte et l’utilisation des données de santé. En lançant l’action conjointe “Jardin” (Joint Action Rare Disease INnovation), le premier février 2024, la France se positionne en leader européen dans le partage des données de santé relatives aux maladies rares. Elle assumera la responsabilité de coordonner le groupe de travail européen sur “le partage des données de santé maladies rares et leur réutilisation”.

    Cette initiative vise à :

    • améliorer la collaboration entre les acteurs européens ;
    • favoriser la réutilisation des données pour la recherche ;
    • et à faciliter le développement de nouveaux traitements.

     

    Avec un accent particulier mis sur la médecine génomique, le PNMR4 s’inscrit dans une démarche de précision et d’innovation thérapeutique, promettant ainsi d’ouvrir de nouvelles perspectives pour les millions de personnes touchées par ces conditions médicales rares mais souvent dévastatrices.

     

    Les entreprises du médicament saluent un plan ambitieux

    Engagées dans la lutte contre les maladies rares, les entreprises du médicament (Leem) ont publié en avril 2022 un rapport sur 2 801 essais cliniques qui souligne “l’arrivée à court terme de plusieurs médicaments de thérapie innovante (MTI) dans les maladies rares”. Le Leem, qui rapporte par ailleurs que 20 % des nouveaux essais cliniques à promotion industrielle en France concernent les maladies rares, salue l’annonce du PNMR4, pour deux raisons principales :

    • le besoin d’un cadre attractif pour répondre aux besoins spécifiques des traitements des maladies rares, en particulier ceux des MTI, dans un contexte international compétitif ;
    • et la nécessité de construire un écosystème favorable à la mise en place des essais cliniques (avec moins de complexités et des délais plus courts) et qui garantit un accès pérenne des patients aux thérapies innovantes.

     

    Le Leem réaffirme ainsi son ambition de “poursuivre cette implication tout au long de la mise en œuvre du plan”. Tout en soulignant l’importance d’être vigilant par rapport à “la révision en cours des règlements sur les médicaments orphelins et à usage pédiatrique”, à l’échelle européenne.

     

  • Télésurveillance : le défibrillateur automatique et le pacemaker remboursés

    Qui sont les patients éligibles ?

    Le chapitre 3 de l’arrêté du 23 février 2024 précise les conditions suivantes d’éligibilité pour le remboursement des dispositifs de télésurveillance :

    • les patients porteurs d’un défibrillateur automatique implantable ayant une fonction de télésurveillance ;
    • les patients porteurs d’un stimulateur cardiaque (pacemaker) ayant une fonction de télésurveillance.

    Les patients non éligibles :

    • les patients ayant une impossibilité technique, physique ou psychique d’utiliser le dispositif médical numérique de télésurveillance ;
    • les patients refusant la transmission des données nécessaires à la télésurveillance ;
    • les patients porteurs de prothèses cardiaques implantées à visée diagnostique uniquement.

    Les spécifications techniques minimales des Dispositifs médicaux numériques (DMN)

    La section A stipule les spécifications techniques minimales obligatoires suivantes :

    • une transmission automatique ou manuelle des données de la prothèse cardiaque ;
    • une mise à disposition des données à l’opérateur de télésurveillance ;
    • l’extraction des données pour le contrôle de l’utilisation effective du DMN.

    Les données collectées par les DMN sont :

    • les évènements pouvant déclencher une alerte (paramétrables) ;
    • les alertes de sécurité liées au fonctionnement de la prothèse et des sondes ;
    • les alertes liées à la non-transmission des données.

    Les exigences minimales pour les opérateurs de télésurveillance médicale

    Les professionnels de santé impliqués sont les médecins effectuant la télésurveillance (spécialiste en cardiologie avec compétence en rythmologie) et les infirmiers.

    Les professionnels de santé doivent être formés à la télésurveillance médicale, à la rythmologie et à la stimulation cardiaque et capables de distinguer les artéfacts des alertes cliniques.

     

  • Cybersécurité : quel impact de l’adoption du premier schéma européen de certification ?

    Les premiers certificats attendus pour 2025

    Le premier schéma de certification européen, EUCC, adopté le 31 janvier 2024 par la Commission européenne, vise à définir le cadre de la cybersécurité en Europe. Entré en vigueur le 20 février 2024, les premiers certificats pourront être délivrés d’ici un an.

    Le schéma EUCC fournit des règles et des procédures de certification harmonisées à l’échelle de l’UE pour les produits de technologies de l’information et de la communication (TIC), selon les critères communs de l’UE. Il reprend les caractéristiques des différents schémas de certification nationaux, rassemblés au sein de l’accord de reconnaissance mutuelle du SOG-IS.

    En tant que représentante de la France au sein du Groupe européen certification de cybersécurité (ECCG), l’Anssi a contribué à la conception de ce schéma, développé dans le cadre du Cybersecurity Act.

    Les changements majeurs du système de certification européen EUCC

    Ce nouveau système de certification de la cybersécurité implique quelques changements majeurs :

    • à partir du 27 février 2025, tous les systèmes nationaux de certification de cybersécurité et les produits (TIC) couvert par l’EUCC cesseront de produire des effets. Les nouveaux certificats conforme à l’EUCC remplaceront les systèmes nationaux de certification de cybersécurité ;
    • la durée de validité du certificat EUCC ne doit pas dépasser 5 ans, sauf accord préalable de l’autorité nationale de certification de cybersécurité ;
    • enfin, un dispositif volontaire qui pourra à l’avenir être utilisé pour démontrer la conformité aux exigences contraignantes de la prochaine loi sur la cyberrésilience (publication en mai-juin 2024, pleinement applicable mi-2027).

    “Dans un paysage très dynamique de menaces en matière de cybersécurité, nous nous efforçons d’accroître notre cyberrésilience collective”, a expliqué Thierry Breton, commissaire européen au marché intérieur.

    Du côté national, l’Anssi sera en charge de :

    • délivrer les certifications pour le niveau élevé ;
    • surveiller la bonne application du schéma EUCC en France. Les certificats SOG-IS existants pourront être réévalués en certificats EUCC dès lors que les nouvelles exigences seront respectées.

    Des certifications pour le service cloud et la 5G

    L’Agence de l’union européenne pour la cybersécurité (Enisa) travaille sur deux autres systèmes de certification de cybersécurité :

    • EUCS pour les services cloud ;
    • et EU5G pour la sécurité 5G.

    L’Enisa entreprend aussi une étude de faisabilité sur les exigences de l’UE en termes de certification de cybersécurité de l’IA, afin d’aider la Commission européenne et les Etats membres à adopter une stratégie de certification pour les services électroniques d’identification, d’authentification et de confiance (eIDAS), le règlement européen sur l’identification électronique et les services de confiance pour les transactions électroniques au sein de l’Union européenne.

     

  • Santé mentale : une IA pour mieux repérer et suivre les tentatives de suicide (AP-HP, Institut Pasteur)

    3 millions de dossiers patients analysés

    Une collaboration entre les équipes du service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent de l’hôpital Robert-Debré AP-HP, la direction des services numériques (DSN) de l’AP-HP, et l’Institut Pasteur, a abouti à la création d’outils numériques innovants visant à surveiller la santé mentale des habitants de l’Île-de-France.

    Ces outils ont été développés sous la coordination de Romain Bey, directeur du service Science des données à la DSN de l’AP-HP, et du Pr Richard Delorme, psychiatre à l’hôpital Robert-Debré, et ont permis d’analyser des millions de documents d’hospitalisation pour générer des données épidémiologiques significatives. Les résultats de cette étude ont été publiés dans NPJ Mental Health Research, le 14 février 2024.

    Des paramètres épidémiologiques pour comprendre l’impact de la crise sanitaire :

    Les équipes de recherche ont employé des algorithmes d’intelligence artificielle (IA) pour explorer les dossiers informatisés (DPI) de patients hospitalisés, dans le but de comprendre l’impact de la crise de Covid-19 sur la santé mentale des résidents d’Île-de-France. Cette analyse a porté sur près de trois millions de dossiers d’hospitalisations provenant de 15 hôpitaux différents de l’AP-HP, grâce à l’entrepôt de données de santé (EDS) de l’AP-HP, qui permet l’analyse des données massives après pseudonymisation.

     

    Des interventions plus ciblées grâce à l’IA ?

    Les travaux ont révélé une augmentation significative des tentatives de suicide pendant la pandémie, en particulier chez les femmes et les jeunes filles, mettant en évidence les violences domestiques, physiques et sexuelles comme facteurs de risque prépondérants. L’ampleur des violences faites aux femmes, y compris aux jeunes âges, en post-pandémie, a également été mise en évidence.

    Des résultats qui démontrent le potentiel de l’analyse des données massives de l’EDS de l’AP-HP pour améliorer le suivi des besoins sanitaires des populations d’Île-de-France, en particulier en ce qui concerne la santé mentale. Ils ouvrent ainsi la voie à des interventions ciblées et à un meilleur soutien pour ceux qui en ont besoin.

    * Natural language processing of multi-hospital electronic health records for public health surveillance of suicidality.
    Bey, R., Cohen, A., Trebossen, V. et al.
    NPJ Mental Health Research, 2024