Actualité

  • Pneumo : Quinten Health et Constances collaborent pour développer des jumeaux numériques

    Des jumeaux numériques pour accélérer les essais cliniques

    La collaboration entre Quinten Health et Constances est née du besoin de thérapies pour de nombreux patients atteints d’affections respiratoires. Les deux partenaires expliquent que “bien que de nombreuses options thérapeutiques pour l’asthme et la BPCO soient commercialisées, il existe encore de forts besoins non satisfaits dans les sous-groupes de patients importants, chez les mauvais répondeurs ou les patients diagnostiqués tardivement, ainsi qu’une prise en charge inefficace avec des médicaments biologiques coûteux”.

    Pour répondre à ce besoin, ce partenariat vise à développer et utiliser des jumeaux numériques de patients en vie réelle, créés grâce à l’IA. Le but étant de “réduire les risques et accélérer les essais cliniques de phase 3”. Grâce à une cohorte de 220 000 patients mise en place par Constances, les données de santé récoltées permettront à Quinten Health de créer des jumeaux numériques qui simuleront les caractéristiques des patients, afin de tester de nouvelles molécules et “d’anticiper leur impact médical et économique dans la vie réelle”. Ces tests permettront de déterminer s’il est pertinent de développer ces molécules à destination des patients qui ne parviennent pas à se soigner avec les traitements disponibles sur le marché.

    Une réponse à la variabilité de la progression des maladies

    Alors que toutes les solutions thérapeutiques ne conviennent pas à tous les patients, notamment en raison de “l’hétérogénéité et de la variabilité de la progression des maladies, ainsi que de la complexité des parcours de soins”, le président de Quinten Health, Alexandre Templier, indique que cette collaboration et l’utilisation des jumeaux numériques créés à partir de bases de données robustes permettront de “modéliser et simuler cette complexité” pour :

    • réduire les coûts et la durée du développement ;
    • faciliter l’approbation et l’adoption ;
    • et maximiser l’impact pour chaque patient.

     

  • DCT : la phase pilote ouverte aux études internationales (DGS)

    Elaborer une doctrine et des recommandations françaises

    Cette phase pilote a été lancée par le ministère de la Santé, l‘Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil). Elle a pour objectif :

    • d’établir des recommandations sur les DCT ;
    • et de permettre à la Cnil d’élaborer une doctrine sur la dématérialisation et la décentralisation des essais cliniques.

     

    Par ailleurs, cette phase porte sur les essais cliniques portant sur un médicament, un dispositif médical (DM) ou un DM de diagnostic in vitro (DMDIV). Mais les essais concernant une première administration à l’humain en sont exclus.

    Quel intérêt de l’ouverture aux études internationales ?

    L’ouverture de la phase pilote, annoncée par la DGS, aux études internationales dans le domaine des essais cliniques représente un tournant majeur dans la recherche médicale contemporaine. Cette démarche vise à :

    • élargir les champs d’application de la phase pilote et recueillir plus de données sur les DCT ;
    • promouvoir l’attractivité de la France, la décentralisation étant, selon le Leem, un facteur important pour les industriels et une norme aux Etats-Unis ;
    • mais aussi nourrir la doctrine sur la dématérialisation et la décentralisation à élaborer par la Cnil.

     

     

  • EHDS : un accord provisoire trouvé en le Parlement européen et le Conseil de l’UE

    Le Parlement européen est arrivé avec un texte qui portaient notamment sur le consentement à la réutilisation et la localisation des données. Si le texte a subi quelques ajustements, un accord provisoire a finalement été scellé et sera soumis à un vote des ambassadeurs des États membres de l’UE, le 22 mars, avant un vote final en séance plénière au Parlement en avril prochain.

    Un accord trouvé sur le droit d’opt-out

    Le principal point de discorde lors de la séance du 7 mars, entre les différentes institutions invitées à la table des négociations, était la présence dans le texte d’un droit d’opt-out. En effet, les précédentes séances s’étaient soldées sans accord parce que le Parlement souhaitait que tous les pays européens intègrent un droit d’opposition à la réutilisation de leurs données pour les patients, tandis que le Conseil préférait que chaque État membre puisse décider de mettre en place ou non un tel droit à l’échelle nationale.

    Finalement, le Parlement a proposé une solution qui a été acceptée par tous, après quelques petites modifications : le droit d’opt-out concernera tous les patients de l’Union européenne, qui pourront donc s’opposer à l’utilisation secondaire de leurs données de santé, mais avec certaines exceptions.

    Les États membres de l’UE pourront outrepasser ce droit d’opposition des citoyens lorsqu’une utilisation des données – qui sera demandée par une “institution publique” ou une “institution privée chargée d’exécuter des tâches publiques” – se fera dans le but de contribuer à :

    • la recherche scientifique pour des raisons importantes d’intérêt public ;
    • des “activités de protection contre les menaces transfrontalières graves pour la santé ;
    • ou encore des activités visant à garantir des niveaux élevés de qualité et de sécurité des soins de santé.

     

    Le stockage hors UE possible sous conditions

    Pour ce qui est du stockage des données, le texte prévoit que dans le cas de l’EHDS, “les organismes d’accès aux données de santé, les détenteurs de données uniques et le service d’accès aux données de l’Union doivent stocker et traiter les données de santé électroniques personnelles dans l’Union européenne lorsqu’ils effectuent des opérations de pseudonymisation, d’anonymisation et toute autre opération de traitement de données personnelles”.

    Il est toutefois prévu que ces données “peuvent être stockées et traitées dans un pays tiers, un territoire ou un ou plusieurs secteurs spécifiés au sein de ce pays tiers”, lorsque la Commission a décidé que “le pays tiers, un territoire ou un ou plusieurs secteurs spécifiés au sein de ce pays tiers, ou l’organisation internationale en question” assurent un niveau de protection adéquat.

  • IA générative : qu’en pense le Comité national pilote d’éthique du numérique ? (rapport)

     

    Placé sous l’égide du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), le CNPEN a été installé en 2019. Son rôle consiste à :

    • rendre des avis sur les saisines qui lui sont confiées ;
    • éclairer le débat public sur les enjeux d’éthique du numérique ;
    • et rédiger des propositions relatives à la pérennisation de la réflexion nationale sur l’éthique du numérique.

     

    Depuis le lancement de ChatGPT et l’accélération des systèmes d’intelligence artificielle générative (IAG), dans la santé comme dans tous les secteurs économiques, plusieurs interrogations éthiques se posent. Dans ce sens, le CNPEN a rendu son Avis n°7, portant sur les enjeux éthiques de ces systèmes. Ce dernier ce décline en 3 grands axes, sur lesquels H&TI revient en détails dans cet article :

    • 1) les enjeux d’éthique ;
    • 2) les enjeux juridiques ;
    • 3) et les enjeux écologiques et environnementaux.

     

    1) Sur les enjeux éthiques

    Les transformations technologiques, notamment celles liées à l’IAG, suscitent à la fois espoirs et craintes dans la société. Cependant, la société a du mal à anticiper pleinement les conséquences de ces avancées, soulevant ainsi des questions éthiques et sociales dans les débats sur leur réglementation.

    Le CNPEN recommande :

    • d’analyser éthiquement les choix technologiques lors de la conception des systèmes d’IA générative. Si des tensions éthiques sont détectées, envisager méthodiquement des solutions techniques pour les résoudre, puis évaluer ces solutions dans des contextes d’utilisation réels ;
    • d’éviter les excès de contrôle (overpolicing) des modèles par les concepteurs ;
    • de créer une entité souveraine dédiée à la recherche et à la formation sur “IA, science et société” ;
    • et faire preuve de prudence dans la vitesse d’adoption des systèmes d’IA générative et prévoir des évaluations préalables et continues.

     

    Par ailleurs, le CNPEN identifie 7 problématiques éthiques pour lesquels il élabore 12 préconisations :

    Rapport à la vérité et absence de signification :

    • Utiliser des sources de qualité pour l’apprentissage des systèmes d’IAG.
    • Tenir compte des effets des choix des hyperparamètres des modèles.

     

    Manipulation de l’utilisateur sans responsabilité :

    • Évaluer les biais connus des modèles à base de jeux d’essais standardisés.
    • Mutualiser les pratiques d’utilisation des systèmes d’IAG.

     

    Maintien des distinctions :

    • Implémenter une solution technique, comme un code en filigrane (“watermark“), pour permettre à l’utilisateur de distinguer le résultat d’un modèle d’une production humaine.
    • Amplifier les recherches sur les codes en filigrane.

     

    Projection de qualités humaines :

    • Mettre en œuvre des mécanismes de contrôle et de filtrage spécifiques pour réduire la projection des qualités humaines sur les systèmes d’IAG.
    • Informer l’utilisateur des biais potentiels de l’anthropomorphisation.

     

    Comportements émergents :

    • Étudier les comportements émergents et les effets inconnus des modèles.

     

    Multilinguisme et dominance d’une langue :

    • Concevoir les systèmes d’IAG dans différentes langues reflétant la diversité des cultures.

     

    Éducation et conséquences sur l’apprentissage humain :

    • Faciliter la prise en main du système grâce au paramétrage des systèmes d’IA par les utilisateurs.
    • Utiliser les systèmes d’IAG pour l’éducation.

     

    Question de libre accès et de logiciel ouvert :

    • Conditionner le libre accès des modèles de fondation à la prise de conscience par leurs concepteurs des enjeux d’ouverture et des risques de mésusage.
    • Expliciter et appliquer des critères de transparence et d’évaluation.

     

    2) Sur les enjeux juridiques

    Les règles juridiques imposées aux systèmes d’IAG et aux modèles de fondation :

    • Considérer les modèles de fondation mis sur le marché et les systèmes d’IAG comme des systèmes à haut risque.
    • Attribuer la responsabilité légale aux fournisseurs des modèles de fondation et aux déployeurs d’applications spécifiques d’IAG à partir de ces modèles, avec une extension de la responsabilité morale aux concepteurs et développeurs.

     

    Le RGPD en lien avec les systèmes d’IAG :

    • Produire des lignes directrices par le Comité européen de protection des données pour articuler le règlement sur l’IA avec le RGPD, afin de préciser l’interprétation de ce dernier dans le contexte du développement de l’IAG en Europe.

     

    Le droit d’auteur en lien avec les systèmes d’IAG :

    • Élaborer des règles juridiques et un questionnement éthique sur la collecte, le stockage et la réutilisation des traces linguistiques des interactions entre les modèles de langue et les êtres humains, similaire à l’encadrement des données à caractère personnel.
    • Engager des recherches scientifiques, des réflexions pluridisciplinaires et des discussions entre États sur l’adaptation du droit existant en matière de droit d’auteur aux techniques d’IAG.

     

    3) Sur les enjeux écologiques et environnementaux

    Impact environnemental de l’IAG :

    • Développer une métrique de l’empreinte environnementale des systèmes d’IAG et des modèles de fondation.
    • Exiger plus de transparence sur les effets sur l’environnement de la part des concepteurs.

     

    👉 Résumé

    Les préconisations du CNPEN sur les enjeux liés à la conception, la recherche et la gouvernance des systèmes d’IAG :

     

    Préconisations du CNPEN sur les enjeux de l’IAG liés à la conception, la recherche et la gouvernance
    Préconisations du CNPEN sur les enjeux de l’IAG liés à la conception, la recherche et la gouvernance – H&TI

    En 2022, l’Avis n°4 du CNPEN portait sur l’IA et le diagnostic médical

    Pour répondre à une précédente saisine formulée dans la lettre de mission du Premier ministre, un groupe de travail rassemblant des membres du CCNE et du CNPEN s’est penché sur la question du diagnostic médical et l’IA. Son avis, qui a été rendu en novembre 2022, présentait les conclusions suivantes :

    • Les systèmes d’IA pour le diagnostic médical (SIADM) offrent des avantages significatifs, permettant de détecter des lésions invisibles à l’œil humain et de traiter rapidement les cas répétitifs, libérant ainsi du temps médical pour des interactions plus approfondies avec les patients.
    • Certains SIADM contribuent également à repenser l’organisation des soins, améliorant ainsi les phases d’accueil des patients à l’hôpital.
    • Cependant, l’utilisation des technologies d’IA dans le diagnostic médical soulève plusieurs enjeux éthiques, notamment concernant le respect de la personne et la nécessité d’un traitement équitable pour tous les individus.
    • Ces tensions éthiques mettent en lumière la nécessité de concilier une approche individualisée avec une considération équitable de l’ensemble des personnes concernées, associant ainsi les dimensions singulières et algorithmiques de la prise en charge médicale.
    • En conclusion, le CCNE et le CNPEN soulignent l’émergence de nombreux développements en IA dans le domaine de la prévention sanitaire, appelant à une réflexion complémentaire pour couvrir ces questions connexes et intégrer une approche holistique dans la gestion des défis éthiques liés à l’IA en santé.
  • US : une dotation de 100 M$ consacrée à la recherche en santé des femmes

    Objectif : lutter contre un manque de connaissances

    “Bien qu’elles constituent plus de la moitié de la population, les femmes ont toujours été sous-étudiées et sous-représentées dans la recherche sur la santé”, déclarait Jill Biden, le 13 novembre 2023, lors du lancement de la première initiative de la Maison-Blanche sur la recherche en matière de santé des femmes. Une action censée “stimuler l’innovation dans la santé des femmes et combler les lacunes en matière de recherche”, expliquait le président américain lors de la signature du document ordonnant aux ministères et agences fédérales américaines de se pencher sur la question.

    6 mois plus tard, la Première Dame des États-Unis annonce une dotation de 100 millions de dollars pour amorcer cette mission de recherche et de développement consacrée à la santé des femmes. Au moment de cette nouvelle annonce, Jill Biden a souligné l’existence de “grandes lacunes dans la recherche – notamment le manque de connaissances sur la santé des femmes par les femmes elles-mêmes – ce qui peut entraîner des conséquences potentiellement graves”. Cette initiative devrait donc permettre de “placer les femmes au centre d’un système de soins, où leurs avis et leurs expériences vécues seront pris en compte”, afin qu’elles ne se contentent pas de “survivre avec des maladies chroniques, mais qu’elles mènent une vie longue et saine”.

    Les start-ups de la femtech premières bénéficières :

    Les 100 millions de dollars alloués seront utilisés dans un premier temps pour investir dans la recherche sur la santé des femmes, mais aussi pour soutenir des jeunes pousses de la femtech qui développent des solutions intéressantes. Ces entreprises ont généralement du mal à trouver les financements dont elles ont besoin auprès d’entreprises privées.

    Des initiatives similaires attendues en France

    L’annonce de cette dotation a fait réagir de nombreux acteurs de la santé des femmes en France. Parmi eux, Juliette Mauro, CEO de la start-up My S Life, a salué l’initiative dans un post Linkedin. Elle espère voir ce genre de projet “plus près de [la France]”.

    Si le gouvernement français n’a pas encore pris d’initiative de cette ampleur, on peut enregistrer quelques avancées dans ce secteur. Malgré l’absence de fonds dédié à ce secteur en France (alors que les USA et le UK en sont dotés), la difficulté persistante à levée des fonds et le manque de données médicales, des actions pour faire avancer la santé des femmes commencent à voir le jour. A l’image de la validation scientifique par la Haute autorité de santé d’un test diagnostique salivaire de l’endométriose développé par Ziwig, alors que l’endométriose accuse encore un retard moyen de diagnostic de 7 ans dans l’Hexagone.

    Par ailleurs, de nombreuses start-ups de la femtech ont été créées ces dernières années. Qu’elles ciblent la santé des femmes ou leur bien-être, leur multiplication montre une réelle envie de faire avancer la recherche sur le sujet. Health & Tech Intelligence a dressé un panorama des solutions françaises de la femtech à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes. A retrouver en cliquant sur ce lien.

  • Cancer : Posos et Rofim s’allient pour faciliter la coordination des parcours de soins

    Une coordination difficile entre les différents praticiens

    Si plus de 380 000 nouveaux cas de cancer sont recensés chaque année par l’Institut national du cancer (Inca), beaucoup de patients rapportent qu’il y a souvent un manque de coordination entre les différents praticiens qu’ils voient tout au long de leur parcours de soin. Ce dernier commence dès le diagnostic de leur cancer et se poursuit après la chirurgie ou la thérapie au travers d’un suivi post-traitement. En effet, 47 % des patients indiquent qu’ils ont rencontré “au moins un problème de coordination entre les médecins et les autres professionnels qui les suivent à l’hôpital ou en ville”, comme l’expliquait la Ligue contre le cancer dans l’un de ses rapports paru en 2022.

    La solution développée par Rofim et Posos en direction des CLCC devrait permettre de résoudre ces problèmes grâce à l’alliance des outils créés par les deux start-ups françaises. Les CLCC pourront ainsi utiliser ce nouveau dispositif pour améliorer la coordination entre les différents acteurs du parcours de soins. Pour Emmanuel Bilbault, CEO et cofondateur de Posos, ce partenariat va marquer “un tournant décisif dans la modernisation des processus de soins en CLCC”.

     

    Combiner téléexpertise et recommandation thérapeutique

    La solution qui se veut être le vecteur d’une amélioration de la prise en charge des patients, de la réduction des séquelles et de la prévention des cancers, “grâce à une approche coordonnée et sécurisée”, est une plateforme connectée multifonctions. Elle propose :

    • un outil de téléexpertise ;
    • l’outil de gestion des réunions de concertation pluridisciplinaires (RCP) de Rofim ;
    • et les modules de conciliation médicamenteuse et de retranscription des ordonnances de Posos.

    L’alliance entre les deux entreprises s’inscrit dans le sillage de ce que Rofim réalise depuis plusieurs années, à savoir la mise en place d’outils visant à “accélérer le diagnostic et la prise en charge des patients”, que ce soit dans les CLCC ou dans les services d’oncologie des CH et CHU. Gustave Roussy, qui est l’un des partenaires de Rofim, pourra être l’un des premiers établissements à déployer cette nouvelle solution.

  • Pharma : le niveau de confiance des Français dans le secteur reste stable (62 %)

    62 % des Français ont confiance en la Pharma

    Le secteur du médicament en France est à la 5e place des domaines les mieux perçus par les citoyens (62 %), derrière le secteur de l’aéronautique et l’aérospatial (80 %), du bâtiment et des travaux publics (71 %), de l’automobile (68 %) et des télécommunications et du numérique (65 %). Cette étude de l’Ipsos été réalisée en ligne, du 7 au 11 décembre 2023, sur un échantillon de 1 000 personnes.

    Le niveau de confiance envers l’industrie du médicament est particulièrement stable depuis 2021. Par ailleurs, ce niveau relativement supérieur aux résultats des années précédentes : il a progressé de 10 points par rapport à 2019 (52 %) et de 6 points par rapport à 2020 (56 %).

     

    La stabilité de la confiance dans le secteur du médicament : Ipsos | Réputation des entreprises du médicament - Décembre 2023
    Une stabilité de la confiance dans le secteur du médicament – Ipsos, décembre 2023

     

    Une confiance en baisse dans les médicaments, pas dans les vaccins

    77 % des personnes sondées déclarent avoir confiance en les médicaments. Un score inférieur de 4 points par rapport à celui de 2022. D’un autre côté, les vaccins ne perdent pas de point aux yeux des Français, en 2023. Bien au contraire, le niveau de confiance en ces produits de santé atteint les 75 %, soit 2 points de plus par rapport à l’année précédente.

     

    La confiance en baisse des médicaments tandis que celle des vaccins reste constante - Ipsos, décembre 2023
    La confiance en baisse des médicaments tandis que celle des vaccins reste constante – Ipsos, décembre 2023

     

    L’impact de la crise du Covid-19 sur l’image de la Pharma

    Ces dernières années, la confiance des Français dans les médicaments a connu une instabilité particulière. Passant de 78 % à 73 % entre 2019 à 2020, pour rebondir ensuite à partir de 2021 et retrouver son niveau d’avant la pandémie, à 79 %.

    Le même phénomène est observé du côté des vaccins, en lesquels 76 % des Français déclarent avoir confiance en 2019. Un taux qui tombe à 68 % en 2020, avant de remonter en 2021 pour atteindre les 80 %, avant de retrouver le niveau des 75% en 2023.

     

    La confiance envers les médicaments chutent en 2020 avant de retrouver son niveau d'avant Covid - Ipsos, décembre 2023
    La confiance envers les médicaments chutent en 2020 avant de retrouver son niveau d’avant Covid – Ipsos, décembre 2023
  • IA : Sanofi et MIS lancent un outil pour le pré-diagnostic rapide de 270 maladies rares

    Jusqu’à 15 ans d’errance diagnostic

    Selon les chiffres dévoilés par les ministères des Solidarités et de la Santé et de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, dans le cadre du Plan national Maladies rares 2018 – 2022, le délais pour leur diagnostic se situe entre 2 et 3 ans pour la majorité des patients atteints d’une des 7 000 maladies rares existantes en France. Et, pour 25 % d’entre eux, cette errance diagnostique peut durer entre 5 et 15 ans, ce qui les obligent à consulter environ 5 médecins avant que le bon diagnostic ne soit posé. Et pour cause, le manque de connaissance concernant certaines maladies. 

    L’outil d’IA développé par Sanofi et MIS doit permettre aux médecins de diagnostiquer plus facilement et plus rapidement les patients atteints de maladies rares (pour l’instant l’outil permet la détection de 270 d’entre elles). Sanofi déclare avoir pour objectif de réduire l’errance diagnostique qui « constitue une réelle perte de chance pour [les] patients [car] plus la prise en charge médicosociale est tardive, plus le risque d’aggravation de la maladie et de la qualité de vie croît ». 

    Un pré-diagnostic disponible en 5 minutes 

    La solution codéveloppée par la start-up français MIS et le géant de la pharmacie est une plateforme gratuite, accessible via le site web accelrare.com.

    Le médecin peut y rentrer plusieurs informations sur son patient : symptômes, signes cliniques, antécédents personnels et familiaux et examens médicaux. Grâce à son IA, accelRare analyse les informations saisies et dresse un premier bilan en 5 à 10 minutes : l’outil identifie ainsi « le risque de maladie(s) rare(s) », et fournit « une fiche descriptive de la ou des maladies suspectées ». Il propose aussi de lister « les examens complémentaires que le médecin pourrait prescrire en milieu libéral pour renforcer le niveau de suspicion ». 

    Pour accompagner davantage le médecin dans sa prise de décision, accelRare recommande la ou les filières de santé maladies rares qui peuvent diagnostiquer cette maladie et oriente le patient  vers centre expert le plus proche.

    Un besoin clinique d’aide à la détection des maladies rares  

    Le 29 février 2024, à l’occasion de la journée internationale des maladies rares, Sanofi a publié les résultats d’une étude réalisée par l’Ifop sur le recours à l’IA pour le diagnostic et le traitement des maladies rares. 600 médecins ont été interrogés. 

    Les résultats ont montré que : 

    • 92 % des médecins estiment que le diagnostic d’une maladie rare est difficile ;
    • 73 % aimeraient bénéficier d’un meilleur accompagnement pour le diagnostic et le traitement des maladies rares ;
    • 78 % des médecins généralistes et 85 % des pédiatres déclarent qu’ils pourraient avoir recours à au moins une technologie pour le diagnostic d’une maladie rare ;
    • dans 81 % des cas, les médecins pensent que l’utilisation des systèmes d’IA pourrait aider à améliorer le diagnostic des maladies rares ;
    • et, dans 74 % des cas, ils estiment que l’IA peut améliorer la qualité de vie des patients atteints de maladies rares en fournissant un suivi médical personnalisé.
  • Insuffisance cardiaque : quelle place pour la télésurveillance dans le système de santé ? (Revue de la littérature)

    L’intérêt attendu de l’activité de télésurveillance médicale

    Selon un rapport de la HAS publié en 2023 concernant la télésurveillance médicale du patient insuffisant cardiaque, basé sur une revue de la littérature réalisée en 2020, la télésurveillance médicale améliore la qualité des soins en permettant un suivi régulier des patients et en facilitant la coordination entre les professionnels de santé. Elle aide à réduire les hospitalisations liées aux problèmes cardiaques, à améliorer la qualité de vie des patients et à diminuer les complications. Sur le plan organisationnel, la télésurveillance impacte :

    • le processus de soins : réduisant le recours aux soins et le temps nécessaire pour certains épisodes ;
    • les compétences requises des acteurs de santé : favorisant le maintien des patients chez eux ;
    • et l’accès aux soins : en tenant compte des facteurs socio-culturels et économiques.

    La télésurveillance cardiaque vise, par ailleurs, à identifier les patients à risque, à stabiliser la maladie et à encourager l’implication des patients dans leur traitement.

     

    Des études satisfaisantes réalisées par des éditeurs en France

    Satelia Cardio permet de réduire le risque d’hospitalisation :

    Le système de télésurveillance développé par la société française Satelia pour les patients souffrant d’insuffisance cardiaque a été évalué en vie réelle dans le cadre d’une étude observationnelle rétrospective et multicentrique. Menée par des chercheurs français et publiés en 2023 dans le Journal of Cardiology and Cardiovascular Medicine, elle révèle que l’algorithme de Satelia Cardio a une valeur prédictive négative à 7 jours de 99,43 %. Cette capacité à identifier les patients à faible risque devrait permettre d’adapter le suivi des patients.

    Cette étude démontre donc que l’absence d’alertes est hautement prédictive de l’absence d’hospitalisations. Les médecins pourraient ainsi se concentrer davantage sur les patients qui présentent un risque plus élevé de décompensation, d’événements intercurrents ou d’hospitalisation.

    87 % des insuffisants cardiaques satisfaits :

    En moyenne, 87% utilisateurs de l’application web de Satelia se disent globalement “très satisfaits” de cette solution numérique. Les résultats d’une enquête déclarative menée par des chercheurs et cliniciens français et publiés en 2023 dans les Annales de cardiologie et d’angéiologie, montrent par ailleurs que ce niveau de satisfaction ne dépend pas de la culture numérique des patients :

    • 77 % des patients maîtrisant le numérique se sont dits satisfaits de l’utilisation de l’outil de télésurveillance Satelia Cardio :
      • 94 % d’entre eux le trouvaient facile à utiliser ;
      • et 97 % le considéraient comme utile pour la prise en charge de leur insuffisance cardiaque ;
    • la satisfaction chez les patients ayant une faible culture numérique s’est avérée également très bonne, 97 % se disant satisfaits de la solution :
      • 98 % la considéraient facile à utiliser ;
      • et 97 % utile dans leur suivi.

    Bien que le caractère déclaratif de l’enquête (dont l’échantillon de l’étude n’a pas été randomisé) puisse constituer un biais, les auteurs de l’étude estiment que « l’impact perçu de Satelia Cardio pourrait avoir la même amplitude que les thérapies habituelles utilisées dans l’insuffisance cardiaque chronique ».

     

    Une sous-utilisation mise en évidence

    Des chercheurs français issus du service cardiologique de l’hôpital Bicêtre (AP-HP) et du Syndicat national des cardiologues (SNC) mettent en avant la sous-utilisation des solutions de monitoring des patients souffrant d’insuffisance cardiaque, malgré leur “efficacité reconnue”. Des conclusions partagées dans une étude publiée en juillet 2023 dans le Journal of Community Medicine & Public Health (JCMPH).

    Les auteurs de l’étude se sont penchés sur le suivi des patients insuffisants cardiaques à domicile et sur les conditions organisationnelles favorisant ou défavorisant la mise en place d’outils de télésurveillance. Réalisée dans 71 centres de cardiologies privées (29,5 %) et publics (70,5 %), cette étude a consisté en un questionnaire qualitatif en ligne soumis aux cardiologues, leur permettant d’exprimer leur perception des freins au déploiement des outils de télésurveillance des patients et leur vision quant aux solutions à mettre en œuvre pour favoriser le déploiement.

    Cette sous-utilisation serait ainsi attribuable à plusieurs obstacles, notamment la difficulté d’utilisation pour les patients et les professionnels, le manque de personnel formé pour répondre aux alertes, ainsi que des problèmes réglementaires et de financement. Pour surmonter ces défis, l’étude propose plusieurs solutions, telles que des formations approfondies pour les professionnels de santé, une clarification des conditions d’accès aux services de télésurveillance sur le plan réglementaire, et une meilleure intégration des praticiens de ville dans les protocoles de suivi et une coopération accrue avec eux.

     

    Un intérêt économique déjà démontré

    Une équipe, comprenant le Pr Rémi Sabatier du CHU de Caen, le Grandes Normand’E-Santé, Amgen France, l’association Aprice et le bureau d’études spécialisée en santé Cemka, a mené une étude médico-économique (publiée en octobre 2022 dans la revue BMCCardiovascular Disorders) démontrant la rentabilité du programme de télésurveillance Scad (Suivi clinique à domicile), expérimenté auprès de patients insuffisants cardiaques. À court terme, ces pratiques se révèlent moins coûteuses et plus efficaces que les pratiques de soins standards.

    Les principales conclusions de l’étude :

    • L’efficacité du programme Scad est clairement démontrée par rapport aux soins standards, avec un ratio de coût-résultat de 6 491 € par année de vie gagnée en bonne santé.
    • Rendre le programme accessible à tous les patients en France permettrait de générer des économies à court terme grâce à la réduction des hospitalisations.
    • L’extension du programme à un plus grand nombre de patients aurait « un impact budgétaire limité mais apporterait des avantages cliniques importants ».
    • Le coût total estimé était de 30 932 € dans le cadre des soins standards et de 35 177 € dans le cadre du programme Scad : le surcoût du programme Scad était principalement dû à des coûts de gestion totaux plus élevés, les patients y étant surveillés plus longtemps.

    Le surcoût des programmes de télésurveillance :

    Les chercheurs expliquent que les programmes de télésurveillance “supportent un coût attribuable à la fois au coût du programme lui-même et à des coûts de gestion plus élevés liés à des coûts ambulatoires plus élevés et à une surveillance plus longue des patients”. Ils précisent que “ce coût est relativement faible par rapport au coût total de la prise en charge de l’insuffisance cardiaque”.

     

    Le potentiel de l’IA générative dans la prévention en cardiologie

    Selon une étude menée par des chercheurs issus de la Clinique de Cleveland (Ohio) et de l’Université de Stanford (Californie), publiée en février 2023 dans le JAMA Network, l’agent conversationnel d’OpenAI utilisant l’intelligence artificielle (IA), ChatGPT, a été capable de répondre de manière pertinente à 21 questions sur 25 portant sur la prévention des maladies cardiovasculaires. Les résultats de ces travaux soulignent le potentiel de l’IA interactive pour améliorer l’éducation des patients et la communication patient-médecin autour des questions courantes relatives à la prévention des maladies cardiovasculaires.

  • Cardiologie : le nombre de patients atteints d’insuffisance cardiaque télésurveillés devraient augmenter (contexte et chiffres clés)

    📊 Les chiffres clés de la cardiologie

    Les maladies cardiovasculaires sont la principale cause de décès dans le monde et sont à l’origine d’environ 17,9 millions de décès chaque année. Ce chiffre regroupe un ensemble d’affections du cœur et des vaisseaux sanguins, notamment les maladies coronariennes, les maladies cérébrovasculaires et les cardiopathies rhumatismales. Plus de 4 décès sur 5 consécutifs à une maladie cardiovasculaire sont liés à des crise cardiaques et à des accidents vasculaires cérébraux (AVC), et un tiers de ces décès surviennent prématurément chez des personnes de moins de 70 ans.

    En France, ces maladies sont la deuxième cause de mortalité derrière le cancer. Chaque année, elles provoquent le décès de 140 000 personnes. En 2018, le ministère de la Santé rapportait qu’environ 4,1 millions d’assurés étaient traités pour des maladies cardiovasculaires, dont 360 000 de façon aiguë.

     

    Insuffisance cardiaque : 1,5 million de personnes touchées en France

    L’insuffisance cardiaque (IC) touche 2,3 % des français. Chez les plus de 60 ans, ce chiffre grimpe à 12 %, rapporte la Cnam (plateforme « Data pathologies »).

    • prévalence de l’insuffisance cardiaque en France : 1,5 million de personnes.
    • chaque année, on recense en moyenne 100 000 personnes supplémentaires touchées par l’IC, et 200 000 hospitalisations dues à cette maladie chronique.

     

    10,9 cardiologues pour 100 000 habitants :

    D’après les chiffres du Conseil national de l’Ordre des médecins, la France comptait 7 335 cardiologues ce qui représente 10,9 cardiologues pour 100 000 habitants, en sachant qu’il y a une disparité du nombre de cardiologues en fonction des différentes régions. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur compte par exemple 14,8 % des cardiologues français, soit 1085 praticiens, alors que Mayotte qui est la région avec le moins de cardiologues n’en comptant que 66. Ces chiffres ont aussi montré que l’âge moyen des cardiologues est légèrement supérieur à celui des médecins Français (52 ans contre 51) et que la cardiologie est l’une des spécialités où la féminisation est la plus importante puisque 71 % des praticiens sont des femmes contre 49 % des médecins Français.

    Les cardiologues se distinguent aussi par leur modes d’exercices : alors que le mode d’exercice le moins préféré par les médecins étaient le mode d’exercice mixte avec seulement 24 % des médecins en 2022, 29 % des cardiologues avaient choisis ce mode d’exercice ce qui faisait des cardiologues salariés hospitaliers les moins représentés dans la fonction (26 %). Le mode d’exercice libéral est leur mode préféré avec 45 %, ce qui ne change pas de la moyenne globale des médecins (44 %).

     

    💊 Les médicaments et les DM les plus remboursés (Cnam)

    Les médicaments les plus prescrits et remboursés :

    En 2021, la molécule la plus prescrite en cardiologie était l’Amiodarone, notamment le générique produit par Viatris (ex Mylan) avec presque 1 millions de boîtes remboursées par l’Assurance maladie, et plus de 6 millions d’euros de dépenses prises en charge.

    Amiodarone :

    • boîtes remboursée : 2 550 205 ;
    • montant remboursé : 17 536 003 €.

     

    Dans le détail :

    • Amiodarone Viatris : 926 437 boîtes remboursées et 6 377 463 € remboursés ;
    • Amiodarone Biogaran : 894 032 boîtes remboursées et 6119 482 € remboursés ;
    • Amiodarone Zentiva : 398 152 boîtes remboursées et 2 765 202 € remboursés ;
    • Amiodarone Teva : 331 584 boîtes remboursées et 2 273 856 € remboursés.

     

    Les DM les plus prescrits et remboursés en 2021 :

    Parmi les DM les plus prescrits, on retrouve principalement deux types de produits :

    1️⃣ les guides de mesures de la Fraction du flux de réserve coronarien, utilisé pour les coronarographies :

    • 6 625 prescrits ;
    • 2 643 296 € remboursés ;

     

    2️⃣ les ballons actifs à élution de paclitaxel; un système de dilatation coronaire qui permet de délivrer
    une drogue antiproliférative pour diminuer la resténose (rétrécissement d’un tissu artérielle préalablement traité) :

    • 1 571 prescrits ;
    • 761 233 € remboursés.

     

    Les dépenses de l’Assurance maladie en cardiologie :

    Les dépenses liées aux maladies cardio-neuro-vasculaires en France, se situent en 3ème position après les dépenses liées aux hospitalisations ponctuelles et aux cancers en 2020, indique la Cnam (plateforme « Data pathologies ») :

    • elles concernent 7,9 % de la population avec une dépense moyenne par patient de 3 448 euros ;
    • au total, la somme des dépenses pour les maladies cardiovasculaire pour 2020 s’élèvent à 17 848 ;
    • 619 795 € pour tous les postes de dépenses (hôpital + ville).

     

    3 pathologies représentent plus des deux tiers des dépenses :

    • la maladie coronaire ;
    • les accidents vasculaires cérébraux ;
    • et l’insuffisance cardiaque.

     

    Les formes chroniques constituent l’essentiel des effectifs et des dépenses :

    • les dépenses ont augmenté de manière continue entre 2015 et 2019 de 3,0 % par année, principalement à cause de l’augmentation du nombre de patients ;
    • le coût de la prise en charge de l’insuffisance cardiaque augmente régulièrement chaque année sur la même période de 2,1 % par an en moyenne.

     

    Le coût des dépenses pour l’insuffisance cardiaque s’élevait à plus de 3 milliards d’euros (3 031 164 690 €) en 2020 (Data pathologies).