Actualité

  • Europe : le champ d’application du Digital Services Act (DSA) élargi

    Toutes les plateformes en ligne désormais concernées

    Le DSA est entré en vigueur le 25 août 2023 pour les plus grandes plateformes numériques. Cela concernait notamment :

    • des sites de e-commerce (comme Amazon, AliExpress, Booking.com, etc.) ;
    • des réseaux sociaux (comme Facebook, LinkedIn, TikTok, etc.) ;
    • ou encore des moteurs de recherche (comme Google ou Microsoft Bing…).

    Depuis le 17 février 2024, le DSA s’applique au reste des plateformes en ligne offrant leurs services sur le marché européen. Il inclut désormais toutes les entreprises qui offrent des services intermédiaires aux utilisateurs européens sur Internet, qu’elles soient établies dans des pays de l’Union européenne ou pas.

    Chronologie de mise en œuvre du DSA

    • Le DSA a été proposé par la Commission européenne en décembre 2020.
    • Deux ans plus tard, en octobre 2022, il a été adopté par le Parlement européen et le Conseil européen.
    • Les grandes plateformes ont été soumises à ce règlement à partir du 25 août 2023.
    • Le 17 février 2024 a marqué la mise en application du DSA pour toutes les plateformes numériques.

     

    Principales mesures et sanctions du DSA

    Le DSA est une réglementation proposée par la Commission européenne pour régir les entreprises du secteur numérique. Son objectif principal est de lutter contre la diffusion de contenus illicites tels que la haine, la pornographie infantile, le terrorisme, etc., ainsi que la désinformation en ligne. En outre, le DSA vise à promouvoir la transparence des plateformes envers les consommateurs.

    Cette réglementation agit au niveau des plateformes, qui se voient attribuer davantage de responsabilités face aux contenus qu’elles hébergent. Parmi les principales mesures :

    • la lutte contre les contenus illicites :

    Les plateformes doivent mettre en place des mécanismes permettant aux internautes de signaler facilement ces contenus, avec une obligation de réaction rapide pour bloquer les publications signalées, et une considération spéciale accordée aux signalements des “signaleurs de confiance”. Les acteurs du e-commerce sont également concernés, devant garantir la fiabilité des vendeurs.

    • la promotion de la transparence :

    Les plateformes doivent fournir des informations détaillées sur le fonctionnement de leur algorithme publicitaire, avec l’interdiction de profilage pour les recommandations et de publicité ciblée envers les mineurs. De plus, les utilisateurs peuvent contester la suspension ou la fermeture de leur compte via un système interne ou des organismes vérifiés.

    • et la coopération avec les autorités :

    Les grandes plateformes doivent effectuer chaque année un audit indépendant sous le contrôle de la Commission européenne, visant à réduire les risques liés aux contenus illicites ou nuisibles. La Commission bénéficiera d’un accès aux algorithmes des interfaces et se réserve le droit d’imposer des mesures en cas de crise majeure, pour une durée limitée.

    Les sanctions pour non-conformité peuvent inclure :

    • des amendes allant jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial ;
    • et, en cas de violations graves et répétées des interdictions sur le territoire européen.
  • Téléconsultation : un décret du 29 février 2024 précise la procédure d’agrément

    La prise en charge par l’Assurance maladie des sociétés de téléconsultation repose sur un agrément, fixé par les conditions du décret n°2024-164 publié le 29 février 2024.

     

    Les conditions d’obtention de l’agrément de l’Assurance maladie

    Afin qu’une société de téléconsultation puisse obtenir son agrément, elle doit remplir trois conditions :

    • les modalités de présentation de la demande d’agrément et règles d’obtention (adresser la demande, quelles informations doivent figurer dans la demande, agrément accordé en cas de silence gardé pendant 4 mois par l’autorité compétente) ;
    • la durée initiale de 2 ans et un renouvellement possible de 3 ans ;
    • et l’obligations des sociétés (mettre en place un Comité médical, établir un rapport d’activité).

    Le décret précise également que les sociétés peuvent facturer les téléconsultations seulement au tarif conventionnel. Le décret ajoute cependant que les sociétés « peuvent proposer d’autres prestations optionnelles complémentaires à titre onéreux, sous réserve de l’information préalable du patient de leur caractère optionnel ».

    Si le décret rentre en vigueur au premier mars 2024, l’entrée en vigueur de cette proposition est repoussée au premier septembre 2024, probablement pour que ces sociétés puissent adapter leur modèle économique. Nombreuses d’entre elles facturent aujourd’hui des frais de service au patient.

     

    La LFSS cadre l’activité de téléconsultation depuis 2023

    Pour rappel, avant la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) en 2023, les sociétés de téléconsultation n’étaient pas encore réglementées. En effet, les téléconsultations étaient seulement prises en charge par l’Assurance maladie si elles étaient réalisées par des professionnels de santé libéraux ou salariés. Un cadre limitant pour le développement des sociétés de téléconsultation. Désormais appelées « sociétés de téléconsultation », elles sont régies par les articles L4081-1 à L4081-4 du Code de la santé publique (CSP).

    Les actes réalisés par un professionnel de santé sont pris en charge par l’Assurance maladie (modification de l’article L162-1-7 du Code de la Sécurité sociale).

  • Interopérabilité : la France rejoint un projet européen avec MaSanté@EU

    La règlementation rendra le déploiement de l’espace européen de données de santé obligatoire dans tous les pays membres. Deux infrastructures seront dédiées à l’EHDS :

    • MaSanté@UE pour l’utilisation primaire des données, utilisant les terminologies de santé et standards internationaux afin de supprimer la barrière de la langue de chaque pays ;
    • et Santé@UE pour l’utilisation secondaire des données.

    Le fonctionnement du programme MaSanté@EU

    Le programme MaSanté@EU  échange des données médicales du citoyen européen dans le cadre de son parcours de soin en donnant au professionnel de santé l’accès dans sa langue. Pour se faire, MaSanté@UE connecte les états membres avec leurs points de contact nationaux pour la e-santé. L’accès aux données de santé des citoyens s’effectue via ces points de contact, permettant une interopérabilité européenne des données du parcours de soins.

    En France, c’est l’ANS qui est le point de contact et le point d’entrée des services de MaSanté@EU. Elle met en œuvre le service Sesali et son API pour les logiciels de santé afin de consulter la synthèse médicale d’un patient provenant d’un autre pays de l’UE.

     

    Le fonctionnement de Sesali

    Un point de contact national est prévu avec Sesali (NCPeH National Contact point for eHealth). Sesali permet en quelques clics de consulter la synthèse médicale d’un patient européen de manière sécurisée et en langue française. Sesali consomme les données du volet Patient Summary, et sera bientôt en capacité de traiter le volet e-Prescription à horizon 2025. Sesali en quelques chiffres c’est :

    • 37 % des état membres actifs à partir de 2023, et 60% des état membres raccordés à horizon 2025 sur le réseau MaSanté@UE ;
    • + 5 millions de patients sont éligibles au service en Europe ;
    • + 600 000 professionnels de santé éligibles au service Sesali via leurs CPS/eCPS.

    Le réseau de eHealth Network

    La Commission européenne coordonne le réseau eHealth Network qu’elle copréside avec l’un des états membres. L’objectif du réseau eHealth est d’orienter la politique e-santé en Europe. Il se réunit deux fois à l’année pour établir les standards qui seront utilisés dans les état membres.

    Les décisions prises à l’échelle européenne auront un impact au niveau national puisqu’elles ont vocation à être reprises dans les cadres d’interopérabilité afin d’échanger les données de bout en bout.

     

    Cas d’usages de l’interopérabilité aux normes européennes

    Les cas d’usages en cours de mise en œuvre sont :

    • le patient summary ;
    • et la e-prescription et dispensation.

    D’autres cas d’usages sont prévus dans le futur et concernent :

    • les résultats de laboratoire ;
    • les documents d’imagerie médicale ;
    • et les lettres de sortie d’hôpital.
  • Télésurveillance : quelle stratégie pour obtenir le remboursement de sa solution ? (Retex Pixacare)

    Critères d’éligibilité pour entrer dans le dispositif Pecan

    L’éligibilité pour la prise en charge anticipée numérique (Pecan) repose sur les critères suivants :

    • un marquage CE en cours de validité ;
    • le caractère innovant du dispositif médical numérique (DMN), notamment en termes de bénéfice clinique ou de progrès dans l’organisation des soins ;
    • la conformité au référentiel d’interopérabilité et de sécurité des DMN établi par l’Agence du numérique en santé ;
    • et le lancement d’études cliniques afin d’apporter des premières preuves du bénéfice clinique et/ou organisationnel au moment du dépôt de la demande Pecan.

    Une double évaluation par l’ANS et la HAS

    La demande Pecan s’effectue simultanément sur la plateforme Convergence de l’ANS et sur la plateforme Evatech de la HAS selon un calendrier précis, où les agences disposent d’un délai de 60 jours pour étudier le dossier.

    L’ANS étudie la demande de certification de sécurité et d’interopérabilité. Les exigences de son référentiel se regroupent sur 9 sections :

    • l’identification des usagers ;
    • le Pro Santé Connect (PSC) ;
    • l’annuaire Santé ;
    • la portabilité des données ;
    • l’authentification électronique des usagers – ApCV ;
    • l’identification électronique des acteurs des secteurs sanitaires, médico-social et social (ASPP) ;
    • l’identification électronique des usagers ;
    • l’administration, sécurisation et traçabilité des données du système ;
    • le Règlement général de protection des données (RGPD).

    L’évaluation par la HAS effectue un avis clinique et/ou organisationnel par la commission nationale d’évaluation des dispositifs médicaux et des technologies de santé (Cnedimts).

    La décision de prise en charge :

    La décision de prise en charge anticipée d’un DMN à visée thérapeutique ou utilisé dans le cadre d’une activité de télésurveillance médicale est établie par arrêté conjoint des ministres chargés de la santé et de la sécurité sociale après avis de la Cnedimts, commission spécialisée de la HAS et de l’ANS. Le remboursement peut avoir lieu pour une durée de plusieurs années renouvelables, avant l’entrée dans le droit commun.

    Pour Pixacare, démontrer l’apport de la télésurveillance dans les plaies chroniques

    La télésurveillance médicale répond à un problème de prise en charge dans le parcours de soins des plaies chroniques. La télésurveillance permet aux professionnels de santé de suivre à distance les données de santé d’un patient via les DMN. Une approche innovante car elle apporte un suivi médical interactif, coordonné et personnalisé, particulièrement pertinent pour les patients touchés par des pathologies chroniques.

    Quels avantages pour les patients et les soignants ?

    La prise en charge des plaies chroniques représente un enjeu médical et économique majeur, elles concernent les ulcères, les escarres et les plaies du pied diabétique. Leur prévalence s’estime à 2,5 millions de personnes en France. Les parcours de soins de ses pathologies chroniques sont complexes :

    • consultation physique chez un médecin généraliste ou spécialiste ;
    • suivi en continu par des infirmiers à domicile ;
    • suivi régulier par les médecins traitants et/ou spécialistes ;
    • intervention possible de kinésithérapeutes ou ergothérapeutes.

    La télésurveillance présente des avantages pour les patients comme pour les professionnels de santé.

    • pour les patients :
      • une réduction des hospitalisations et des visites aux urgences ;
      • une amélioration du confort de vie et de l’autonomie ;
      • et un suivi médical plus fréquent et personnalisé.
    • pour les professionnels de santé :
      • une amélioration de la qualité de la prise en charge ;
      • un gain de temps et meilleure efficacité ;
      • et une meilleure coordination des soins.

    Un PPSP mis en place et une étude clinique prévue pour 2024 

    Le Plan personnalisé de soins pour les plaies (PPSP), centralisé dans la plateforme Pixacare constitue un dossier collaboratif accessible à tous les soignants impliqués dans la prise en charge du patient, il est accessible via un QR code unique contenant :

    • informations du patient : antécédents médicaux, protocoles de soins, ordonnances ;
    • suivi de la plaie : photographies chronologiques, réponses aux questionnaires cliniques (douleurs, mesures, notes) et bilans d’évolution.

    Les deux fonctionnalités innovantes de Pixacare :

    • le WoundTrack I: un outil d’analyse dimensionnelle des plaies pour une évaluation précise et standardisée de la taille de la plaie ;
    • un système d’alertes automatiques: déclenche des notifications en cas de dépassement des seuils définis pour les indicateurs de suivi (température, douleur, taille de la plaie, etc.).

    Une étude norvégienne* démontre qu’un suivi à distance régulier des plaies du pied diabétique avec des photos, des questionnaires, des e-mails et des appels a permis de réduire le taux d’amputation de 58% (6,2% contre 14,8%). Pour tester son dispositif de télésurveillance, Pixacare lancera une étude clinique en partenariat avec le CHU de Lille à partir de juin 2024.

  • IA / jumeaux numériques : lancement du projet TwinOnco pour transformer le suivi des patients en oncologie (AP-HP)

    Le projet TwinOnco a été dévoilé pendant la journée nationale de l’innovation en santé numérique, le 18 janvier 2024 avec Catherine Vautrin, ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités.

    Un consortium alliant Dassault Systèmes et l’AP-HP

    Le consortium se compose de Dassault Systèmes, industriel apportant son expertise en matière de jumeaux virtuels et d’expérience 3D, et l’AP-HP, institution reconnue pour son excellence médicale et scientifique. Il développe des solutions logicielles pour les radiologues, basées sur des jumeaux virtuels qui fournissent une représentation 3D et dynamique du corps et de la biologie des patient analysés, permettant de simuler des traitements sur le jumeau virtuel.

    “Nous créons des jumeaux virtuels qui fournissent une représentation intégrée du corps humain et de la biologie de chaque patient”, explique Patrick Johnson, vice-président en charge de Dassault Systèmes. “Cela ouvre la possibilité pour les praticiens de naviguer à travers différentes échelles et différents systèmes physiologiques, pour capitaliser les informations du passé et mieux anticiper les scenarios thérapeutiques.”

    Des avantages pour les patients et les praticiens

    TwinOnco a pour objectif l’amélioration de l’analyse des images médicales, un domaine crucial pour le suivi des patients atteints de cancer. Parmi les avantages de ses méthodes de diagnostic :

    • une meilleure collaboration entre praticiens : les jumeaux virtuels facilitent le partage d’informations et la communication entre les différents professionnels de santé suivant un patient ;
    • une évaluation plus précise des thérapeutiques dans les essais cliniques : les jumeaux virtuels permettent de simuler l’effet de différents traitements sur la tumeur et d’identifier les options pour chaque patient ;
    • et davantage de personnalisation des soins courants : les jumeaux virtuels aident les médecins à adapter les traitements en fonction des caractéristiques individuelles du patient.

    TwinOnco ouvre ainsi le champ pour différentes explorations dans le domaine de la santé, notamment dans les trois phases :

    • pré-clinique : les jumeaux virtuels peuvent être utilisés pour tester de nouveaux médicaments et traitements avant d’être administrés aux patients ;
    • d’essai clinique : en améliorant la conception et la conduite des essais cliniques ;
    • et de pratique médicale : en proposant aux médecins de nouveaux outils pour le diagnostic, la planification des interventions et le suivi des patients.
  • Santé des femmes : chiffres clés, tendances du marché femtech, principaux accélérateurs et fonds spécialisés

    En France, une telle initiative n’est pas à l’ordre du jour, même si les choses commencent à évoluer et que de plus en plus de solutions de santé numérique dédiées aux femmes arrivent sur le marché.

     

    Un observatoire H&TI pour saisir les enjeux de la santé des femmes

    Le dernier observatoire de H&TI publié en 2023 avait mis l’accent sur les enjeux auxquels doivent faire face les pouvoirs publics en matière de santé des femmes, et plus particulièrement d’égalité de prise en charge en santé, notamment en ce qui concerne l’errance diagnostique, les mauvaises prises en charge, ou encore la méconnaissance de certains symptômes.

    En l’espace d’un an, plusieurs initiatives françaises ont été mise en place pour favoriser l’amélioration de la santé des femmes, un meilleur accès au soin, ainsi qu’une plus grande prise en compte de certaines pathologies qui leurs sont propres, comme l’endométriose qui accuse encore un retard de diagnostic de 7 années. La validation scientifique par la Haute autorité de santé d’un test diagnostique salivaire de l’endométriose développé par Ziwig, fait partie de ces quelques avancées.

    Cependant, quelques freins à l’explosion de la femtech persistent : l’absence de fonds dédié à ce secteur en France – alors que les USA et le UK en sont dotés -, la difficulté persistante à levée des fonds, le manque de données médicales, …

    Compte tenu de ces évolutions, cet observatoire H&TI revient sur :

    • ➡️ Les chiffres clés de la santé des femmes ;
    • ➡️ Le marché de la femtech ;
    • ➡️ Les principaux accélérateurs et fonds spécialisés qui se développent en France depuis 2018.

    Santé des femmes : les chiffres clés

    Espérance de vie :

    • À la naissance, les femmes peuvent espérer vivre 65,3 ans sans incapacité et les hommes 63,8 ans, alors que l’âge moyen d’espérance de vie sans incapacités fortes s’établit à 77,5 ans pour les femmes et à 73,5 ans pour les hommes. Ces chiffres issues d’une étude de la Dress publiée en décembre 2023 sur les chiffres de l’année 2022 montre un retour au niveau de 2020, alors que l’espérance de vie sans incapacité était plus haute en 2021 (67,0 ans pour les femmes et 65,6 ans pour les hommes).

    Mais si les femmes peuvent espérer vivre plus longtemps que les hommes sans incapacité, le rapport “les inégalités sociales de santé” de l’EHESP publié en 2021 montre que “les femmes vivent plus longtemps que les hommes, mais passent plus d’années d’incapacité qu’eux”, et ce quelque soit leur catégorie socio-professionnelle. Ainsi, les femmes passeraient environ 20 ans avec des incapacités modérées ou sévères, soit un quart de leur vie, là où les hommes ne passeraient que 16 ans (un cinquième de leur vie), comme le montre le tableau ci-dessous partagé par l’Insee :

    Espérance de vie et espérance de vie sans incapacité (EVSI) à la naissance entre 1995 et 2019 - © INSEE
    Espérance de vie et espérance de vie sans incapacité (EVSI) à la naissance entre 1995 et 2019 – © INSEE

     

    Epidémiologie des cancers chez les femmes :

    On remarque que chez les femmes, la majorité des cancers ont vu leur incidence augmenté au cours des 30 dernières années, notamment pour les pathologies les plus fréquentes, comme le cancer du sein, le cancer du pancréas ou encore le mélanome de la peau.

    Epidémiologie des cancers chez les femmes 1 – © e-cancer

     

    En croisant les données récoltés par le biais du “Panorama des cancers en France 2022” de l’Institut national du cancer (Inca), H&TI a créé un tableau qui montre que l’incidence n’est pas la seule donnée inquiétante à propos des cancers chez les femmes, mais que ces cancers causent aussi beaucoup de décès tous les ans.

     

    Epidémiologie des cancers chez les femmes 2 - © Care Insight, source e-cancer
    Epidémiologie des cancers chez les femmes 2 – © Care Insight, source e-cancer

     

    Chiffres clés des différentes pathologies :

    Chiffres clés des principales pathologies des femmes - © Health & Tech Intelligence
    Chiffres clés des principales pathologies des femmes – © Health & Tech Intelligence

     


    Femtech : un marché mondial estimé à 103 Mds$ d’ici 2030

    103 milliards de dollars (95 Mds €) : c’est le montant estimé du marché mondial des femtech d’ici 2030, selon une étude réalisée par Statista et publiée en début d’année 2024. Ce chiffre couvre l’ensemble des segments du secteur, c’est-à-dire non seulement la santé mais également le bien-être qui s’est énormément développé ces dernières années.

    Estimation du marché mondial de la femtech d’ici 2030 - © Statista
    Estimation du marché mondial de la femtech d’ici 2030 – © Statista

     

    De l’investissement, mais toujours en deçà des espérances :

    Entre 2020 et 2021, les start-ups de la santé et du bien-être des femmes ont recueilli au total une somme record de 2,7 Mds $ (2,6 Mds €), soit une hausse de 44 %. Une information qui peut être complétée par les levées de fonds réalisées par les sociétés françaises de la femtech qui ont dernièrement levées plusieurs dizaines de millions d’euros.

    Levées de fonds des startups Femtech (santé & bien-être) - © CB Insights 2021 - © CB Insights 2021
    Levées de fonds des startups Femtech (santé & bien-être) – © CB Insights 2021 – © CB Insights 2021

     

    Un rapport publié par les Echos Etudes, sur les nouvelles opportunités du marché de la santé de la femmes et de la femtech pour les acteurs de la santé, rappelle les dernières annonces clés du marché en termes de levées de fonds, jusqu’à fin 2023, et souligne que plus de 5 millions d’euros portent quasi automatiquement “sur des technologies hautement innovantes”.

     

    Dernières annonces clés du marché - © Les Echos Etudes
    Dernières annonces clés du marché – © Les Echos Etudes

     


    Plusieurs accélérateurs et fonds se développent en France

    Décembre 2022 : ouverture de la 3e édition du Femtech Program de Station F

    Lancé en 2021, le FemTech Program de Station F vise à accompagner les start-ups sélectionnées sur :

    • le volet financement ;
    • la recherche du « product-market fit » dans l’industrie médicale ;
    • les aspects juridiques ;
    • les procédures d’acquisition.

    Pour ce faire, le programme organise des rencontres mensuelles permettant aux entreprises d’exprimer leurs besoins spécifiques et de créer par la suite des ateliers abordant les différents sujets

    Depuis le début, déjà accompagné plus de 30 start-ups, parmi lesquelles Omena (appli pour accompagner la ménopause), sélectionnée pour faire partie en 2022 de Future 40, le classement des jeunes pousses les plus prometteuses du campus français.

    • Pour aller plus loin : consulter ici l’article H&TI complet

     

    Septembre 2022 : Lancement du collectif Femtech France

    « Soutenir les innovations dédiées à la santé des femmes », c’est l’objectif de Femtech France, nouveau collectif dont les missions sont de :

    • aider les entrepreneures et entrepreneurs à maîtriser « les spécificités liées à la santé des femmes » à travers un socle commun de connaissances et de réflexions incluant notamment le fonctionnement du système de soins, l’état du marché ainsi que des connaissances en matière de santé et gynécologie ;
    • augmenter les potentialités de développement des start-ups via la création de ponts avec les industriels de la santé et les structures de soins spécialistes de la santé des femmes ;
    • encourager les collaborations entre professionnels de santé, professionnels de la recherche et entrepreneurs pour favoriser l’émergence de projets innovants.

    Le laboratoire pharmaceutique spécialisé en santé des femmes Organon France, ainsi que le Groupe VYV (mutualiste de santé et de protection sociale) ont soutenu le lancement de ce collectif.

    • Pour aller plus loin : consulter ici l’article H&TI complet

     

    Mars 2022 : FemTech Now

    FemTech Now est organisme à vocation européenne basé à Paris qui accompagne les entreprises de la Femtech (françaises et internationales) dans le développement de leur activité. FemTech Now propose plusieurs types de services :

    • études de marché ;
    • business development ;
    • go-to-market ;
    • recherche de financement ;
    • recherche de partenaires médicaux.

     

    Janvier 2022 : Leia Capital

    Leia Capital est un fonds d’investissement visant à soutenir les femmes entrepreneures ou les sociétés co-fondées par des femmes.

    Au-delà du financement, il permet d’apporter :

    • un accompagnement personnalisé basé sur la mise en commun d’expertises, d’expériences et de réseau. Nous proposons un soutien par un binôme, en fonction du timing et des besoins de chaque entreprise ;
    • des expertes ayant une connaissance de leur segment ou de leur marché.

     

    2020 : FemTech Accelerator Program avec Axa et 50inTech 

    Lancé par Axa et 50inTEch, ce programme s’adresse spécifiquement aux start-ups qui préparent toutes une levée de fonds de seed à série A.

    D’une durée de 8 mois, le programme d’accélération doit permettre aux start-ups lauréates de bénéficier de mentoring et d’accompagnement assurés par :

    • des experts dont des top managers d’AXA ;
    • des partenaires stratégiques ;
    • des entrepreneurs et investisseurs expérimentés de la FemTech.

    Parmi les 10 lauréats européens se trouvaient Fizimed.

     

    2018 : Création du Collectif We Are Sista 

    Le Collectif œuvre pour sensibiliser les investisseurs à l’existence de biais cognitifs. Leur objectif est de « Faire émerger une génération de leaders diversifiés en réduisant les inégalités de financement entre les hommes et les femmes entrepreneurs ».

    En 2020, Sista a lancé une charte signée par plus de 130 fonds d’investissement, qui s’engagent à financer des FemTech.

    Lancement en 2021 de deux communautés :

    • SISTA EntrepreneurEs visant à aider les fondatrices de start-up à croître et lever des fonds ;
    • SISTA Investor Ally visant à aider les fonds à atteindre les objectifs des chartes SISTA.
  • Etude : quels facteurs influencent l’innovation chez les start-ups de la femtech ?

    Estimé à atteindre 103 milliards de dollars d’ici 2030, le secteur émergent de la femtech représente une intersection transformative entre la santé des femmes et la technologie. Pour cette étude, l’équipe de chercheurs a mené une enquête à l’échelle nationale du marché indien. Leur travail s’est intéressé aux perspectives de divers acteurs de la femtech du pays.

     

    Une plus grande implication des femmes nécessaire

    Cette étude apporte une contribution précieuse à la compréhension des “phases amont de l’innovation” dans le secteur femech et offre des recommandations pratiques pour les différents acteurs de ce domaine en plein essor. Les phases amont de l’innovation sont les phases initiales et créatives du processus d’innovation : de la stratégie d’entreprise au développement de produits.

    Malgré une concurrence intense et une durée de vie courte, les startups femtech connaissent une certaine croissance. Cette étude cherche à identifier les moteurs du développement réussi de produits femtech. Parmi ses principales conclusions :

    • des produits femtech de qualité améliorent les résultats de santé pour les femmes et la société dans son ensemble ;
    • pour des produits femtech plus centrés sur le patient, une plus grande implication de femmes dans l’entrepreneuriat et la recherche est indispensable.

     

    L’enjeu du capital intellectuel et des partenariats

    L’étude souligne le rôle central de l’”orientation entrepreneuriale” dans la propulsion des phases amont de l’innovation chez les startups de la femtech. Cette orientation, qui englobe différentes dimensions (processus, pratique et prise de décision), est façonnée de manière significative par le capital intellectuel au sein de la start-up, ainsi que par des partenariats symbiotiques et des relations solides avec les parties prenantes clés de l’écosystème. Autant de stratégies cruciales, selon les chercheurs, pour “favoriser le développement du capital humain et organisationnel”.

    Ces facteurs forment ensemble un modèle de voie de développement réussi des produits femtech.

     

    Principaux résultats :

    Les résultats de cette étude révèlent que les phases amont de l’innovation, avec des forces complémentaires d’orientation entrepreneuriale et de capital intellectuel, déclenchées par des partenariats environnementaux et stratégiques, favorisent le développement réussi de produits des startups femtech :

    • l’orientation entrepreneuriale est cruciale pour stimuler les phases amont de l’innovation dans les start-ups femtech ;
    • le capital intellectuel façonne la trajectoire entrepreneuriale ;
    • les partenariats et les relations avec les parties prenantes clés sont essentiels pour développer le capital humain et organisationnel.

     

    Modèle des facteurs qui stimulent les phases amont de l’innovation chez les start-ups femtech :

    • Hypothèse 1 (H1) : l’orientation entrepreneuriale influence positivement l’innovation en amont pour le développement réussi de produits.
    • Hypothèse 2 (H2) : les facteurs environnementaux externes influencent positivement l’orientation entrepreneuriale.
    • Hypothèse 3 (H3) : le capital intellectuel influence positivement l’orientation entrepreneuriale.
    • Hypothèse 4 (H4) : les partenariats aident à obtenir le capital nécessaire pour le développement réussi d’un produit d’entreprise. Par conséquent, les partenariats influencent directement le capital intellectuel.
    • Hypothèse 5 (H5) : les partenariats influencent également positivement l’orientation entrepreneuriale.

     

    Modèle conceptuel des facteurs qui stimulent les phases amont de l'innovation dans les start-ups femtech.
    Modèle conceptuel des facteurs qui stimulent les phases amont de l’innovation chez les start-ups femtech – Chakraborty et al. (2024).

     

    L’impact de la santé des femmes sur la société :

    En outre, les chercheurs défendent l’idée que des produits femtech qui rencontrent un succès commercial n’atteignent pas seulement “un succès économique”, mais contribuent également à créer “des circonstances favorables pour l’avancement technologique futur”. Ils expliquent que les femmes ne sont pas seulement des consommatrices de soins de santé mais aussi des décideuses de soins de santé critiques pour elles-mêmes et, dans de nombreux cas, pour leur famille. Des résultats de santé améliorés pour les femmes ont ainsi le potentiel d’entraîner “des résultats de santé améliorés pour toute la société”.

    Ces facteurs identifiés peuvent accélérer les phases initiales de l’innovation en vue du développement de produits réussis, améliorant ainsi les performances et la croissance des entreprises dans l’industrie femtech.

     

    Recommandations pour les acteurs de la femtech

    Les conclusions de cette étude comportent également des indication pratiques pour divers acteurs de l’écosystème femtech.

    Pour les entrepreneurs :

    L’étude met en avant l’importance pour les entrepreneurs femtech de construire une base solide pour leurs entreprises. La prise de risque, le développement d’un capital intellectuel puissant et l’orientation entrepreneuriale sont identifiés comme des facteurs clés dépendant largement de la conviction et de la vision de l’entrepreneur. Les entrepreneurs devraient prioriser le développement personnel et organisationnel dans ces domaines pour augmenter leurs chances de s’implanter dans l’innovation en amont de l’industrie femtech. Ainsi positionnés, ils peuvent stimuler l’innovation et naviguer avec succès dans les défis uniques du marché femtech.

    Pour les investisseurs :

    Les investisseurs en capital cherchant à investir dans les startups femtech peuvent tirer parti des enseignements de cette recherche comme mesure précieuse pour évaluer les opportunités d’investissement potentielles. L’étude identifie l’innovation en amont, ainsi que d’autres facteurs clés, comme des éléments cruciaux contribuant au succès d’une startup. Les VC peuvent utiliser ces critères pour évaluer la viabilité et le potentiel des startups femtech, leur permettant de prendre des décisions d’investissement plus éclairées et de les comparer entre elles. Cette approche peut aider les VC à allouer stratégiquement leurs investissements et à soutenir les startups présentant un fort potentiel d’innovation et de croissance.

    Pour les consultants, mentors et incubateurs :

    Les professionnels spécialisés dans l’industrie femtech peuvent utiliser le cadre développé dans cette étude pour guider et conseiller les jeunes entrepreneurs qui entrent dans ce secteur en évolution rapide. Ce cadre peut servir de roadmap pratique pour les entrepreneurs et les organisations de soutien, favorisant la croissance et le succès des startups femtech.

    Pour les chercheurs :

    Les chercheurs se concentrant sur l’industrie femtech jouent un rôle crucial dans son avancement. L’étude met en lumière la nature naissante de la littérature femtech et la nécessité de discussions approfondies avec les parties prenantes pour comprendre les subtilités de ce modèle commercial. Les chercheurs axés sur l’industrie peuvent contribuer au développement de la femtech en menant des études de cas rigoureuses, en s’engageant avec les parties prenantes et en facilitant une compréhension plus profonde des défis et des opportunités uniques dans l’écosystème femtech. Ces recherches peuvent informer les études futures et fournir des perspectives pratiques tant aux praticiens qu’aux décideurs dans l’espace femtech.

     

     

    * Factors of front-end innovation in femtech startups: An empirical study
    Imon Chakraborty et al.
    Technology in Society, March 2024
  • Fertilité et santé des femmes : le point sur les évolutions réglementaires en France

    Favoriser la natalité pour un “réarmement démographique”

    La natalité française recule, enregistrant une chute de naissances en 2023 avec 678 000 nouveaux bébés, soit 6,6 % de moins qu’en 2022. Lors de sa conférence de presse du 16 janvier 2024, Emmanuel Macron préconise une « relance de la natalité ». Le président de la République préconise deux solutions : lutter contre l’infertilité et réformer le congé parental.

    “L’infertilité masculine comme féminine a beaucoup progressé ces dernières années et fait souffrir beaucoup de couples”, explique Emmanuel Macron. “Un grand plan de lutte contre ce fléau sera engagé pour permettre justement ce réarmement démographique.”

    Vers une stratégie nationale de lutte contre l’infertilité 

    Un appel à candidatures a été mis en place par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) à l’intention de toutes les équipes de recherche en France “y compris celles qui ne se sont pas précédemment spécialisées dans ces thématiques”. Cet AAC a pour but de financer des projets ambitieux d’une durée de 4 à 5 ans. La date limite des candidatures est fixée au 30 avril 2024.

    La question de l’infertilité touche 3,3 millions de Français, et ce chiffre est en augmentation. En février 2022 a été remis au ministère de la santé un rapport sur les causes de l’infertilité, rédigé par le Pr Samir Hamamah, chef de service de biologie de la reproduction du CHU de Montpellier, et Salomé Berlioux, présidente de l’association Chemins d’avenir.

    • Objectif : mieux identifier les causes de l’infertilité afin de pouvoir les combattre plus efficacement.

    Le plan national de lutte contre l’infertilité comporte 21 recommandations réparties en 6 axes prioritaires :

    • éduquer et informer – information collective & information individuelle ;
    • former les professionnels de santé à la prévention de l’infertilité ;
    • mieux repérer et diagnostiquer les causes d’infertilité ;
    • mettre en place une stratégie nationale de recherche globale et coordonnée sur la reproduction humaine et l’infertilité (PEPR) ;
    • créer un institut national de la fertilité, incarnant la discipline, garant de la coordination des acteurs de la prévention et de la prise en charge de l’infertilité ;
    • Pour aller plus loin : consulter ici le rapport complet.

    Revue de la réglementation

    Mars 2024 : la France adopte l’inscription de l’IVG dans la Constitution

    La France devient depuis lundi 4 mars le premier pays au monde à inscrire explicitement dans sa Constitution l’interruption volontaire de grossesse (IVG), après une approbation massive du Parlement (780 voix pour contre 72 voix contre) réuni en Congrès au Château de Versailles. La loi doit toutefois être promulgée par le 8 mars prochain par le Président de la République.

    Cette loi constitutionnelle stipule « Art. 66‑2. – Nul ne peut porter atteinte au droit à l’interruption volontaire de grossesse et à la contraception. La loi garantit à toute personne qui en fait la demande l’accès libre et effectif à ces droits ». Son article unique modifie également l’article 34 de la Constitution pour y inscrire que “La loi détermine les conditions dans lesquelles s’exerce la liberté garantie à la femme d’avoir recours à une interruption volontaire de grossesse“. 

    Pour rappel l’avortement est autorisé depuis 49 ans, notamment depuis La “loi Veil” du 17 janvier 1975 en dépénalisant et encadrant l’avortement temporairement, avant d’être adoptée définitivement en décembre 1979.

    Janvier 2024 : exemption des jours de carence et accompagnement psychologique suite à une fausse-couche

    Suite à la procédure accélérée du 6 mars 2023, l’Assemblée nationale promulgue le 7 juillet 2023 la loi portée par Sandrine Josso (Modem et Indépendants), députée de la 7e circonscription de la Loire-Atlantique, dans l’objectif de « favoriser l’accompagnement des couples confrontés à une interruption spontanée de grossesse dite fausse couche ». Pour accompagner ces couples, la loi prévoit :

    • d’exempter les salariées des 3 jours de carences appliqués pour percevoir des indemnités journalières maladie en cas d’arrêt de travail ;
    • de renforcer l’accompagnement psychologique des femmes, bénéficiant de séances avec un psychologue remboursées par la Sécurité sociale ;
    • de créer des parcours dédiés qui associent les professionnels hospitaliers et libéraux dans le cadre d’une approche pluridisciplinaire afin de mieux accompagner les femmes.

    Octobre 2023 : arrêté pour modifier l’arrêté aux règles de bonnes pratiques cliniques et biologiques de l’AMP

    L’arrêté du 5 octobre 2023 modifie l’arrêté du 11 avril 2008 relatif aux règles de bonnes pratiques
    cliniques et biologiques d’Assistance médicale à la procréation (AMP). L’AMP, anciennement appelée “procréation médicalement assistée” (PMA), est l’ensemble des pratiques cliniques et biologiques permettant la conception in vitro, la conservation des gamètes, des tissus germinaux et des embryons, le transfert d’embryons et l’insémination artificielle. L’AMP concerne les couples hétérosexuels, les couples formés de 2 femmes et d’une femme non mariée.  Les critères d’âge sont les suivants :

    • 45e anniversaire chez la femme, non mariée ou au sein du couple, qui portera l’enfant ;
    • 60e anniversaire pour la personne du couple qui ne portera pas l’enfant.

    Les actes d’AMP bénéficient d’une prise en charge à 100 % par l’Assurance maladie, avec au maximum :

    • 6 inséminations (une seule insémination artificielle par cycle) pour obtenir une grossesse ;
    • 4 tentatives de fécondation in vitro pour obtenir une grossesse.

    Septembre 2023 : campagnes de vaccination gratuite contre le papillomavirus 

    Depuis la rentrée 2023, une campagne de vaccination gratuite généralisée dans les collèges contre les papillomavirus (HPV) a été menée pour tous les élèves en classe de 5e se portant volontaires.

    Selon l’Inca, les HPV sont responsables chaque année en France :

    • de plus de 30 000 lésions précancéreuses du col de l’utérus dépistées et traitées ;
    • et de plus de 6 000 nouveaux cas de cancers.

    Afin de prévenir efficacement ces lésions cancéreuses et les cancers invasifs induits par les HPV, « le meilleur moyen est la vaccination, encore trop peu répandue en France », souligne le Gouvernement dans le panorama des cancers en 2022. En effet, 90 % des cancers du col de l’utérus peuvent être évités grâce au dépistage des lésions précancéreuses.

    Le dispositif de vaccination gratuite permettra à 800 000 élèves par an d’être protégés contre les cancers liés aux HPV selon le dispositif  “faciliter l’accès au vaccin contre les HPV pour tous les enfants dès 11 ans“.

    Une expérimentation a déjà été menée dans la région Grand Est pendant 2 ans au sein d’un centre de vaccination mis en place au sein de l’établissement scolaire avec :

    • une première séance d’information ;
    • et deux séances ultérieures de vaccination, avec un vaccin pris en charge à 100 %.

    Ces travaux ont montré « d’excellents résultats chez les jeunes scolarisés en classe de 5e », rapporte le Gouvernement.

    Mars 2023 : accentuer la lutte contre la précarité menstruelle

    La loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour l’année 2024, dont la version finale a été votée le 26 décembre 2023, permet :

    • le remboursement intégral des protections hygiéniques réutilisables pour toutes les jeunes femmes de moins de 26 ans ;
    • de doubler le budget dédié à la lutte contre la précarité menstruelle pour financer les projets portés par les associations à destination des femmes précaire (distribution gratuite de protections) ;
    • d’inciter les collectivités territoriales à mettre des distributeurs de protections périodiques dans les établissements du secondaire ;
    • d’amplifier les actions de sensibilisation sur l’hygiène corporelle et menstruelle.

    Février 2022 : l’IVG par voie médicamenteuse, la possibilité de recourir à la téléconsultation pérennisée (décret)

    Depuis début 2022, les patientes souhaitant avoir recours à une interruption volontaire de grossesse (IVG) par voie médicamenteuse n’ont plus l’obligation de réaliser une consultation en présentiel : dans un décret daté du 19 février 2022 publié au Journal officiel (JO) du 20 février 2022, le Gouvernement a pérennisé certains assouplissements mis en place durant la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19, dont la possibilité pour les patientes de pouvoir bénéficier d’une prescription d’un médicament abortif dans le cadre d’une téléconsultation. Il est à noter qu’en parallèle, le Parlement a définitivement adopté le 23 février 2022 la proposition de loi permettant l’allongement du délai légal pour l’IVG, passant de 12 à 14 semaines de grossesse.

    Auparavant, les patientes devaient consulter à 3 reprises en cabinet ou à l’hôpital pour pouvoir réaliser l’examen médical, obtenir la prescription médicamenteuse et effectuer le contrôle post-IVG. Désormais, elles peuvent obtenir le médicament directement en officine, est-il indiqué dans le décret. Le médecin à l’origine de la prescription pourra lui-même transmettre l’ordonnance au pharmacien, désigné par la patiente via la messagerie sécurisée.

    Il est à noter également que l’obligation de réaliser la première prise de médicament devant un professionnel de santé a été supprimée.

    Janvier 2023 : extension de la gratuité de la contraception et du dépistage jusqu’à 26 ans

    Depuis le 1er janvier 2023, suite à l’annonce du président de la République le 8 décembre 2022, la contraception d’urgence est gratuite et accessible sans ordonnance en pharmacie pour les mineures.

    Pour les personnes majeures, la contraception d’urgence est disponible en pharmacie sans ordonnance et prise en charge à 100% sur présentation de la carte Vitale ou d’une carte de l’aide médicale d’État (AME).

    Tous les jeunes de moins de 26 ans ont un accès généralisé au dépistage sérologique du VIH, ainsi que d’autres IST dans tous les laboratoires de biologie médicale sans besoin d’ordonnance ni rendez-vous, sans avance de frais et avec une prise en charge complète.

    Un accès gratuit et sans ordonnance des préservatifs féminins pour les jeunes jusqu’à 25 ans en pharmacie, à la même manière des préservatifs masculins.

    Améliorer l’accès aux soins et à la santé des femmes :

    En sachant que 90 % des cancers du col de l’utérus et 80 % des maladies pourraient être évités grâce au dépistage, certains dispositifs sont prévus comme :

    • créer une « Semaine Santé des femmes » incluant chaque année une campagne nationale et des actions « allers vers », avec un thème annuel défini comme l’activité physique, l’image corporelle, la ménopause et la santé sexuelle ;
    • déployer 30 bus itinérants aménagés pour le dépistage et la prévention gynécologique et cardiovasculaire des femmes sur les territoires les plus déficitaires.

    Favoriser l’accès à la santé des femmes en situation de grande précarité :

    Avec 115 000 femmes qui sont sans domicile, facilement exposées à la violence et aux risques prostitutionnels, les dispositifs de santé prévus sont :

    • de renforcer le repérage et la prise en charge des besoins en santé des femmes à la rue et hébergée ;
    • de développer des Lits Haltes Soins Santé (LHSS) périnatalité pour les femmes et les nourrissons nécessitant un accueil médicalisé. Le maintien des places d’hébergement d’urgence pour les femmes en pré et post maternité.

    Stratégie nationale contre l’endométriose (2022-2025)

    « Les outils numériques d’information des patientes auront un rôle-clef à jouer (…). Ainsi, le site Santé.fr référencera notamment tous les professionnels en mesure de prendre en charge les patientes atteintes d’endométriose. » Il s’agit de l’une des actions (axe 3) prévues dans le cadre de la Stratégie nationale de lutte contre l’endométriose, présentée le 14 février 2022 par le ministre de la santé (alors Olivier Véran).

    Health & Tech Intelligence constate que le numérique occupe une place importante dans le plan gouvernemental.

    La stratégie est articulée en 3 axes, avec 13 objectifs au total. Pour atteindre ces objectifs, de nombreuses mesures sont proposées par le ministère en charge de la Santé : elles « seront mises en œuvre dans les prochains mois et années », précise-t-il dans un dossier de presse dédié.

    📌 Axe 1 : placer la France aux avant-postes de la recherche et de l’innovation sur l’endométriose

    📌 Axe 2 : garantir un diagnostic rapide et l’accès à des soins de qualité sur l’ensemble du territoire

    > Parmi les mesures : « conduire des appels à projets pour développer l’intelligence artificielle pour améliorer la détection clinique, en lien avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et dans le cadre du PEPR et de la Stratégie d’accélération Santé numérique (SASN) »

    📌 Axe 3 : communiquer, former et informer l’ensemble de la société sur l’endométriose

    > Le ministère souhaite notamment « faire connaître les services numériques dédiés à l’endométriose ». Parmi les mesures : « référencer les solutions techniques et numériques d’accompagnement des personnes atteintes d’endométriose dans Mon Espace Santé (ENS) ».

    • Pour aller plus loin : consulter ici l’article H&TI complet

    Pour rappel, le Gouvernement a initié en 2019 un premier plan pour améliorer la prise en charge de l’endométriose, un plan « qui n’a pu être pleinement mise en œuvre du fait du contexte sanitaire connu depuis un an », relevait à l’époque le cabinet d’Olivier Véran, alors ministre de la Santé : « il est temps de relancer cette ambition pour reconnaître pleinement les conséquences de l’endométriose et que les femmes qui en souffrent soient accompagnées », soulignait le cabinet.

     

  • Découverte de médicaments : Owkin s’allie à AWS pour profiter de son cloud et ses outils de calcul

    Cette collaboration, conclue le 8 février 2024, va permettre à Owkin de bénéficier du service de cloud d’AWS, ainsi que de ses solutions d’IA, notamment ses outils de calcul de haute performance et de machine learning.

    À l’annonce de ce partenariat, le CEO d’Owkin, Thomas Clozel, a déclaré que l’exploitation de “la puissance, de la flexibilité et de la sécurité” du cloud allait ouvrir le champs des possibles en termes de découverte de médicaments.

    Des modèles d’IA formés plus rapidement

    Par le biais de ce partenariat, AWS va offrir à Owkin tous les outils nécessaires pour améliorer sa capacité à découvrir de nouvelles molécules : Owkin bénéficiera ainsi des instances “P5 UltraClusters” d’Amazon “Elastic Compute Cloud (EC2)”, qui sont alimentées par les GPU “Nvidia H100 Tensor Core” et qui peuvent prendre en charge « jusqu’à 3 200 Gbps de réseau grâce à la technologie Elastic Fabric Adapter (EFA) de deuxième génération, ce qui va permettre à Owkin de faire évoluer jusqu’à 20 000 GPU H100 dans les UltraClusters EC2 pour un accès à la demande à des performances dignes d’un supercalculateur ».

    Dans l’ambition de « mieux soigner les patients », Owkin pourra désormais :

    • augmenter ses capacités de stockage jusqu’à plus d’un pétaoctet ;
    • développer des applications d’IA générative et d’élargir son portefeuille de solutions ;
    • et optimiser le traitement de données de haute qualité à grande échelle et donc former les modèles de machine learning plus rapidement, grâce à Amazon SageMaker.

    Des outils à la disposition de Bioptimus

    En janvier 2024, Owkin a lancé la start-up Bioptimus dédiée à la création de grands modèles de langages (LLM) afin d’accélérer la découverte de médicaments. Si l’IA favorise déjà la mise en place d’une médecine prédictive, le choix de Bioptimus s’est porté vers les LLM qui permettent d’aller plus loin parce qu’ils peuvent analyser simultanément une grande quantité de données et cela sur plusieurs échelles : les cellules, les atomes, les molécules, les tissus, ou encore les organes. Grâce à cela, les IA utilisées par Bioptimus peuvent simuler de manière plus précise les réactions des organismes aux molécules des médicaments.

    Le partenariat avec AWS va donc permettre à la jeune pousse créée par Owkin de bénéficier des outils d’Amazon pour améliorer, elle aussi, sa capacité à découvrir de nouvelles thérapies.

    AWS se veut rassurant quant à la sécurité des données d’Owkin

    Alors que la question de la sécurité des données est au coeur des débats – notamment après que la Cnil a autorisé l’hébergement des données du Health Data Hub par Microsoft Ireland (via le service Azure) -, AWS s’est voulu rassurant à l’annonce de ce partenariat.

    Le géant américain a indiqué qu’”Owkin aura un contrôle total sur ses données, et profitera même d’un contrôle de souveraineté des plus solides sur le marché aujourd’hui, notamment grâce au chiffrement des données”, que les données soient “en transit, au repos ou en mémoire, aux garde-fous de résidence des données”. Mais aussi grâce “aux matériels et logiciels spécialisés pour empêcher l’accès extérieur pendant le traitement sur Amazon EC2”.

  • Srett sépare ses entités Vestalis et Bumblebee pour favoriser sa croissance

    Deux marques pour deux solutions identifiables

    Spécialiste des solutions de télésurveillance basées sur les objets connectés, Srett annonce ainsi vouloir renforcer l’autonomie opérationnelle et commerciale de ses deux branches d’activité. Et ce grâce à une réorganisation stratégique qui vise à accompagner le développement en France et à l’international des deux solutions de l’entreprise :

    • Vestalis, anciennement Srett Medical, numérise le parcours des patients souffrant de maladies respiratoires ;
    • Bumblebee pour gérer à distance des procédés industriels en zone explosive.

    Pour Srett, cette reconfiguration pourrait avoir plusieurs avantages, notamment pour ses clients et partenaires :

    • une visibilité accrue : les clients et partenaires profiteront d’une meilleure visibilité des solutions et des ressources adaptées à leurs besoins spécifiques ;
    • un développement ciblé : une meilleure réponse aux besoins de chaque marché en concentrant ses efforts et ses ressources ;
    • et deux marques distinctes sur le marché : les solutions Vestalis et Bumblebee auront l’ambition d’être plus identifiables et d’une plus grande force de frappe commerciale.

    La solution Vestalis Vision certifiée par l’ANS

    Vestalis est une solution de numérisation des parcours patients, permettant aux médecins et aux fournisseurs de soins de soutenir une prise en charge sécurisée des patients soignés à domicile, victimes d’une insuffisance respiratoire ou d’apnée du sommeil.

    Certifiée depuis janvier 2024 par l’Agence du numérique en santé (ANS), sa solution Vestalis Vision permet aux professionnels de santé d’accéder aux données numériques disponibles de leurs patients, dont celles issues des dispositifs connectés. Le logiciel analyse ces informations afin de mieux cible, prévoir et anticiper les interventions. Les échanges d’informations des logiciels sont informatisés afin de minimiser les saisies et de libérer du temps administratif aux soignants.

    Pour sa part, Bumblebee est une solution de surveillance à distance des équipements sous pression en zone explosive, avec des applications dans le secteur de l’énergie.

    “Notre socle d’expertise dans la gestion des données et les objets connectés a ouvert de nouvelles possibilités de suivi à distance des équipements et des personnes“, explique Philippe Salamitou, fondateur et PDG de Srett. “La montée en échelle de nos déploiements s’effectue dans des secteurs caractérisés par leurs enjeux stratégiques et sensibles, mais dont les logiques commerciales diffèrent.”

    Vestalis