Des réponses à un marché en pleine expansion en France
Alors que la taille de son marché local du cloud a augmenté de plus de 50 % depuis 2020 et que le nombre de data centers dans le monde a doublé au cours des 5 dernières années, la France a dès 2021 mis en place une stratégie nationale du cloud, dans le respect de ses engagements en faveur de l’environnement, afin de :
- garantir sa souveraineté numérique ;
- et se doter des capacités de cloud nécessaires pour “assurer sa participation aux prochaines évolutions technologiques”.
C’est dans ce cadre que la secrétaire d’État chargée du Numérique, Marina Ferrari, s’est rendu à Strasbourg le 22 mars 2024 à l’occasion de la dernière journée des rencontres numériques, organisées par le syndicat professionnel des entreprises du numérique Numeum et le Club informatique des grandes entreprises et administrations publiques françaises (Cigref). Elle y a fait 3 annonces principales concernant la stratégie nationale du cloud :
1️⃣ Lancement du projet européen PIIEC Cloud :
Le projet d’intérêt européen commun, PIIEC Cloud, a été officiellement lancé par Marina Ferrari à Strasbourg. Il vise à “financer 2,6 milliards d’euros d’investissement autour de 19 projets européens d’infrastructures et de technologies cloud pour créer un ensemble de services, “du cloud jusqu’à l’edge”, c’est-à-dire jusqu’aux nœuds les plus éloignés du réseau. Ceci en intégrant des avancées technologiques dans :
- la cybersécurité ;
- l’automatisation des opérations ;
- et le traitement des données d’IA.
3 projets portés par Orange, Amadeus et Eviden :
Si la stratégie nationale cloud a pour objectif de faire des acteurs français du domaine des leaders au niveau européen, 3 d’entre eux font parties des 19 chefs de fil du projet PIIEC : Orange, Amadeus et Atos au travers de sa filiale Eviden. OVHCloud, qui pourtant est l’un des acteurs du cloud les plus importants en France et en Europe, n’a pas été retenus dans le cadre de ce projet.
Chaque chef de fil portera ainsi un projet d’infrastructures et de technologies cloud. Les trois projets sont soutenus par la Direction générale des entreprises (DGE) :
- le projet porté par Orange est celui du “développement d’une pile logicielle edge cloud en open source pour les télécoms, dont l’objectif est de permettre la virtualisation des réseaux de télécoms et l’émergence de nouveaux cas d’usages en lien avec la 5G, en s’appuyant sur des développements européens” ;
- le projet porté par Eviden a pour but “l’amélioration de l’intégration de ses produits hardware et software au sein des services des fournisseurs cloud, notamment sur les aspects de cybersécurité” ;
- tandis que le projet d’Amadeus a pour objectif la “construction d’une plateforme innovante d’échanges de données qui s’appuie sur une architecture décentralisée (data mesh) permettant de simplifier le partage de données et le processus d’intégration de nouvelles sources de données dans ces espaces”.
2️⃣ Sélection des 29 lauréats du programme SecNumCloud :
Dans le cadre de la stratégie d’accélération cloud, le programme d’accompagnement “SecNumCloud” a été lancé. Il vise à la fois à “faire monter en maturité” les PME éditrices de logiciels en Saas (software-as-a-service) ou de Paas (platform-as-a-service) et de permettre leur qualification SecNumCloud, au travers de 4 modules. Ces modules consistent en un audit initial et une aide à la qualification, en passant par une formule transformation et conformité, pour “accompagner les PME dans ce processus exigeant qui implique de vérifier la conformité à un certain nombre de critères de sécurité spécifiques, et qui passe par une évaluation approfondie de leurs infrastructures, de leur politique de sécurité et de leurs procédures opérationnelles”.
Les 29 lauréats de cet accompagnement ont été annoncés par la secrétaire d’État lors de son discours de clôture des rencontres numériques de Strasbourg.
3️⃣ Ouverture de l’AAP pour le renforcement de l’offre de services cloud :
Marina Ferrari a conclu son discours en annonçant l’ouverture de l’AAP, opéré par Bpifrance pour le compte de l’État, pour le renforcement de l’offre de services cloud, à l’ère de l’intelligence artificielle (IA) générative.
Alors que la déférlente de cette dernière suscite de nouveaux besoins en termes de cloud, qu’il s’agisse de stockage des données ou de capacité de calcul, cet AAP vise à :
- inciter à la collaboration entre des fournisseurs cloud et des développeurs de logiciels d’IA ;
- et de fédérer plus largement l’ensemble des acteurs privés du cloud avec la recherche et les centres de calcul public.
Répondre aux besoins fonctionnels en matière de cloud :
Sur son site, le ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique précise que, dans le cadre de cet AAP, les projets candidats devront “contribuer de manière significative à répondre aux besoins fonctionnels en matière de cloud de confiance identifiés auprès des administrations par la Direction interministérielle du numérique (Dinum).”
👉 Les candidatures sont d’ores et déjà ouvertes et leur dépôt doit être effectué sur la plateforme Pixcel de Bpifrance (accesible via ce lien). Deux relèves sont prévues au cours de l’année 2024 dont les derniers sont respectivement : le 14 mai et le 2 octobre, à midi .


