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  • Cloud : un AAP pour renforcer l’offre de services parmi les 3 nouvelles annonces faites par Marina Ferrari

    Des réponses à un marché en pleine expansion en France

    Alors que la taille de son marché local du cloud a augmenté de plus de 50 % depuis 2020 et que le nombre de data centers dans le monde a doublé au cours des 5 dernières années, la France a dès 2021 mis en place une stratégie nationale du cloud, dans le respect de ses engagements en faveur de l’environnement, afin de :

    • garantir sa souveraineté numérique ;
    • et se doter des capacités de cloud nécessaires pour “assurer sa participation aux prochaines évolutions technologiques”.

     

    C’est dans ce cadre que la secrétaire d’État chargée du Numérique, Marina Ferrari, s’est rendu à Strasbourg le 22 mars 2024 à l’occasion de la dernière journée des rencontres numériques, organisées par le syndicat professionnel des entreprises du numérique Numeum et le Club informatique des grandes entreprises et administrations publiques françaises (Cigref). Elle y a fait 3 annonces principales concernant la stratégie nationale du cloud :

    1️⃣ Lancement du projet européen PIIEC Cloud :

    Le projet d’intérêt européen commun, PIIEC Cloud, a été officiellement lancé par Marina Ferrari à Strasbourg. Il vise à “financer 2,6 milliards d’euros d’investissement autour de 19 projets européens d’infrastructures et de technologies cloud pour créer un ensemble de services, “du cloud jusqu’à l’edge”, c’est-à-dire jusqu’aux nœuds les plus éloignés du réseau. Ceci en intégrant des avancées technologiques dans :

    • la cybersécurité ;
    • l’automatisation des opérations ;
    • et le traitement des données d’IA.

     

    3 projets portés par Orange, Amadeus et Eviden :

    Si la stratégie nationale cloud a pour objectif de faire des acteurs français du domaine des leaders au niveau européen, 3 d’entre eux font parties des 19 chefs de fil du projet PIIEC : Orange, Amadeus et Atos au travers de sa filiale Eviden. OVHCloud, qui pourtant est l’un des acteurs du cloud les plus importants en France et en Europe, n’a pas été retenus dans le cadre de ce projet.

    Chaque chef de fil portera ainsi un projet d’infrastructures et de technologies cloud. Les trois projets sont soutenus par la Direction générale des entreprises (DGE) :

    1. le projet porté par Orange est celui du “développement d’une pile logicielle edge cloud en open source pour les télécoms, dont l’objectif est de permettre la virtualisation des réseaux de télécoms et l’émergence de nouveaux cas d’usages en lien avec la 5G, en s’appuyant sur des développements européens” ;
    2. le projet porté par Eviden a pour but “l’amélioration de l’intégration de ses produits hardware et software au sein des services des fournisseurs cloud, notamment sur les aspects de cybersécurité” ;
    3. tandis que le projet d’Amadeus a pour objectif la “construction d’une plateforme innovante d’échanges de données qui s’appuie sur une architecture décentralisée (data mesh) permettant de simplifier le partage de données et le processus d’intégration de nouvelles sources de données dans ces espaces”.

     

    2️⃣ Sélection des 29 lauréats du programme SecNumCloud :

    Dans le cadre de la stratégie d’accélération cloud, le programme d’accompagnement “SecNumCloud” a été lancé. Il vise à la fois à “faire monter en maturité” les PME éditrices de logiciels en Saas (software-as-a-service) ou de Paas (platform-as-a-service) et de permettre leur qualification SecNumCloud, au travers de 4 modules. Ces modules consistent en un audit initial et une aide à la qualification, en passant par une formule transformation et conformité, pour “accompagner les PME dans ce processus exigeant qui implique de vérifier la conformité à un certain nombre de critères de sécurité spécifiques, et qui passe par une évaluation approfondie de leurs infrastructures, de leur politique de sécurité et de leurs procédures opérationnelles”.

    Les 29 lauréats de cet accompagnement ont été annoncés par la secrétaire d’État lors de son discours de clôture des rencontres numériques de Strasbourg.

    3️⃣ Ouverture de l’AAP pour le renforcement de l’offre de services cloud :

    Marina Ferrari a conclu son discours en annonçant l’ouverture de l’AAP, opéré par Bpifrance pour le compte de l’État, pour le renforcement de l’offre de services cloud, à l’ère de l’intelligence artificielle (IA) générative.

    Alors que la déférlente de cette dernière suscite de nouveaux besoins en termes de cloud, qu’il s’agisse de stockage des données ou de capacité de calcul, cet AAP vise à :

    • inciter à la collaboration entre des fournisseurs cloud et des développeurs de logiciels d’IA ;
    • et de fédérer plus largement l’ensemble des acteurs privés du cloud avec la recherche et les centres de calcul public.

     

    Répondre aux besoins fonctionnels en matière de cloud :

    Sur son site, le ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique précise que, dans le cadre de cet AAP, les projets candidats devront “contribuer de manière significative à répondre aux besoins fonctionnels en matière de cloud de confiance identifiés auprès des administrations par la Direction interministérielle du numérique (Dinum).”

    👉 Les candidatures sont d’ores et déjà ouvertes et leur dépôt doit être effectué sur la plateforme Pixcel de Bpifrance (accesible via ce lien). Deux relèves sont prévues au cours de l’année 2024 dont les derniers sont respectivement : le 14 mai et le 2 octobre, à midi .

     

  • ESMS : 56 établissements participent à l’expérimentation de Mon espace santé

    L’extension de Mon espace santé dans le médicosocial

    Dans le cadre du Ségur numérique et de la généralisation du programme “ESMS numérique”, l’Agence du numérique en santé (ANS), la Délégation au numérique en santé (DNS), l’Assurance maladie et la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) lancent une phase d’expérimentation en implantant Mon espace santé dans les établissements et services médico-sociaux (ESMS).

    Des usages à développer et des parcours à prioriser :

    Une instruction interministérielle du 17 juillet 2023 expose que l’objectif est « d’accélérer le déploiement de Mon espace santé dans le secteur médicosocial en développant des usages concrets et en priorisant les parcours à mettre en place ». Elle précise pour les agences régionales de santé (ARS) les conditions d’éligibilité des pilotes et de mise en œuvre de l’expérimentation. Celle-ci concerne tous types d’ESMS «  quels que soient leur taille, leur statut juridique et leur type d’activité » étant « en capacité opérationnelle d’alimenter Mon espace santé ». Les structures concernées doivent être :

    • « en cours d’installation d’une solution dossier usager informatisé référencée Ségur » ;
    • ou disposer « d’une solution logicielle en capacité d’échanger avec les services socles de Mon espace santé et répondant aux exigences nationales d’interopérabilité et de sécurité ».

     

    Un intérêt majeur pour le secteur

    Les structures médicosociales, ayant en charge des personnes âgées et en situation de handicap, en établissement ou à domicile, font souvent face à des parcours de soins complexes. L’outil numérique est particulièrement adapté pour faciliter la nécessaire coordination des soins entre les différents intervenants.

    Mon espace santé, en centralisant tout ce qui a trait à la santé d’une personne, lui rend accessible toutes les informations le concernant dans son dossier médical partagé (DMP). Il le rend davantage acteur de sa santé et simplifie son accompagnement par les aidants. Quant aux professionnels, ils peuvent alimenter et consulter le DMP de leurs patients et échanger avec les usagers grâce à la messagerie Mon espace santé. Ces échanges d’informations facilités optimisent le parcours de santé, évitent des examens redondants et libèrent du temps au profit des patients.

    56 établissements sélectionnés et accompagnés

    A la suite de l’appel à projet national du 1er septembre 2023, 56 établissements ont été sélectionnés pour participer à l’expérimentation. Celle-ci répond à plusieurs objectifs :

    • identifier les parcours permettant de déployer des cas d’usages autour de Mon espace santé ;
    • identifier les moyens et outils à mettre en place pour informer, sensibiliser les usagers ou leurs aidants et les professionnels à l’utilisation de la solution ;
    • et aussi contribuer à une réflexion autour de la délégation des aidants.

     

    Une enveloppe FMIS de 21 000 € pour chaque ESMS :

    Une convention sera signée entre l’ARS et chaque ESMS pilote. Elle prévoira les conditions de mise en œuvre de l’expérimentation et son financement. Chaque pilote recevra une somme forfaitaire de 21 000 euros, selon les règles du FMIS.

    La période effective d’expérimentation a commencé le 15 février 2024 et s’étendra jusqu’au 15 octobre de cette année. Avant le bilan de fin d’expérimentation, fixé au 15 novembre, un point d’étape sera proposé le 15 juin.

     

    Cartographie des 56 pilotes de l'expérimentation MES dans le médicosocial - @ANS
    Cartographie des 56 pilotes de l’expérimentation MES dans le médicosocial – @ANS

     

  • DTx / USA : des essais cliniques encore peu représentatifs de la population générale (The Lancet)

    Evaluer la qualité des preuves cliniques

    Les “nouveaux” traitements que sont les thérapies digitales se démarquent par leur innovation qui permet de prodiguer des soins directement via le téléphone ou l’ordinateur du patient. Ceci offre des options thérapeutiques supplémentaires, de manière continue et personnalisée. Du fait de leurs spécificités, ces types de traitement ne peuvent s’appliquer à toutes les pathologies, mais beaucoup d’entre elles sont concernées : maladies nutritionnelles et métaboliques, maladies du système nerveux, maladies respiratoires, addictions, troubles mentaux, etc. Il est donc indispensable que des essais cliniques soient réalisés pour démontrer l’efficacité de ces thérapies.

    L’étude menée par une équipe de chercheurs de l’université de Californie visait à évaluer les façons dont les preuves concernant ces traitements sont recueillies et à déterminer les caractéristiques des essais cliniques des DTx, la qualité des preuves disponibles et les moyens de les améliorer. Un outil d’intelligence artificielle (IA) y a été utilisé, de type natural language processing (NLP), pour exploiter la base américaine des essais cliniques, Clinicaltrials.gov. Les résultats ont été publiés dans la revue The Lancet en mars 2024.

    Une analyse limitée aux :

    Les chercheurs précisent qu’ils ont mené une étude sur le essais cliniques lancés à partir de 2010 et qui devraient se terminer au plus tard en 2030 (y compris ceux qui n’ont pas encore été lancés). Au total, 7 221 essais cliniques ont été inclus (sur les 7 386 de la base), et seulement 449 ont été retenus : il s’agit des essais portant sur des DTx réglementés par la FDA et qui sont menés “à des fins scientifiques non fondamentales”. Des études localisés aux États-Unis, donc. Ce qui ne reflète pas forcément la réalité globale des essais cliniques sur les DTx.

    Les maladies du système nerveux les plus représentées

    Les résultats ont montré que sur les 449 essais cliniques retenus, 53 (11,8 %) étaient des études observationnelles et 396 (88,2 %) des études interventionnelles, et que les pathologies les plus traitées par les DTx observés sont :

    • les maladies du système nerveux (dont l’AVC et la maladie de Parkinson) avec 89 essais (19 %) ;
    • les maladies nutritionnelles et métaboliques avec 45 essais cliniques (10 %) ;
    • et les maladies cardiovasculaires avec 34 essais (8 %).

     

    Des essais cliniques sur des périodes trop courtes

    Si le nombre médian des participants aux essais cliniques analysés est de 200 (avec certains essais incluant jusqu’à 400 000 patients), le durée moyenne de leur déroulement (1,02 ans) est jugée insuffisante pour permettre “une pleine mesure de l’efficacité des DTx sur le long terme”.

    Les chercheurs soulignent ainsi la nécessité d’études supplémentaires, plus longues, afin de mieux et réellement “comprendre l’utilisation et l’efficacité à long terme des DTx”.

    Des biais de représentativité dans les recrutements des participants

    Par ailleurs, les chercheurs californiens font remarquer que les essais cliniques portant sur des DTx réalisés aux Etats-Unis se concentrent sur 5 états américains : la Californie (135 essais), New York (58 essais), la Floride (55 essais), la Pennsylvanie (52 essais) et le Texas (50 essais). 5 autres états n’ont, quant à eux, été inclus dans aucun essais (Dakota du Sud, Wyoming, Hawaï, Delaware et Virginie-Occidentale). Une distribution géographique qui ne permet pas de rendre compte des effets des DTx sur tous les types de populations américaines, car “peu sont faits dans les quartiers défavorisés sur le plan socio-économique”. Voilà pourquoi “d’autres recherches sont nécessaires pour comprendre la véritable répartition géographique et démographique des utilisateurs”.

    Des critères d’éligibilités exclusifs :

    D’un autre côté, la plupart des essais cliniques contiennent des critères d’éligibilité qui peuvent également exclurent certaines personnes de ces essais. Les cinq principaux types de critères d’inclusion identifiés dans les essais cliniques sur les DTx sont liés :

    • aux facteurs cliniques ;
    • à la capacité à fournir un consentement éclairé ;
    • à l’âge ;
    • au smartphone et à l’accès aux données ;
    • ainsi qu’à la maîtrise de l’anglais.

     

    Des critères jugés trop restreints par les chercheurs, car ne permettant pas la pleine compréhension de l’utilisation des DTx. Ils concluent qu’”une recherche analogue sur l’utilisation des DTx pourrait être nécessaire pour s’assurer que les résultats des essais sont applicables aux populations générales des patients”.

     

     

    * Characterisation of digital therapeutic clinical trials: a systematic review with natural language processing

    Brenda Y Miao, BA,  Madhumita Sushil, PhD Ava Xu, PharmD Michelle Wang, PharmD Douglas Arneson, PhD Ellen Berkley, PharmD et al.

    Mars 2024, The Lancet Digital Health

    DOI:https://doi.org/10.1016/S2589-7500(23)00244-3

  • Etude/France : une IA quantifie le risque de rechute post-chirurgie dans le cancer du rein (Nature)

    UroPredict, un outil de médecine personnalisée

    Le cancer du rein, dont l’incidence augmente, est souvent diagnostiqué à un stade localisé. Cependant, après la chirurgie, le risque de récidive se situe tout de même autour de 20 à 50 % à 5 ans, selon le stade. Et les scores actuels permettant d’évaluer le pronostic après une chirurgie ne sont pas très performants.

    L’apprentissage automatique pour prédire les récidives :

    Afin de mieux prédire le risque individuel de récidive, et d’entrer de plain-pied dans l’ère de la médecine personnalisée, l’analyse par apprentissage automatique (ML) des grands ensembles de données semble une voix prometteuse. C’est pourquoi le CHU de Bordeaux et Sophia Genetics ont mis au point UroPredict à partir de la base de données de l’UroCCR. C’est l’un des plus grands réseaux collaboratifs mondiaux sur le cancer du rein, avec 51 équipes cliniques multidisciplinaires en France. Le but était d’identifier les patients à haut risque à qui des traitements adjuvants pourraient être proposés, ainsi que les patients à faible risque pour lesquels une surveillance réduite et une exposition aux radiations seraient alors possibles.

    Concrètement, les chercheurs ont mis au point une cohorte de 3 372 patients pris en charge pour un carcinome à cellules rénales localisé ou localement avancé. Et grâce au modèle d’apprentissage automatique sur des données prospectives réelles, ils ont cherché à établir une prédiction individuelle de la survie sans maladie postopératoire.

    Les résultats de leurs travaux ont été publiés le 23 février dans Nature Precision Oncology.

    Résultats : des prédictions de récidive robustes

    • Le modèle de machine learning a surpassé les performances prédictives des scores de risque les plus couramment utilisés.
    • La médiane estimée de la survie sans maladie (DFS) était de 12 ans et la probabilité de DFS à 5 ans a été estimée à 72,9 %.
    • Pour les patients à risque de récidive moyen, le modèle a atteint un bénéfice net de 0,10, ce qui signifie que 10 récidives supplémentaires pour 100 patients auraient été identifiées, sans augmenter le nombre de fausses prédictions positives.
    • Le modèle d’IA a permis de stratifier les patients en quatre catégories pronostiques distinctes avec une forte puissance discriminatoire (du plus au moins risqué de faire une récidive).
    • 19 % de la population avec un taux de récidive réel à 5 ans inférieur à 2 % et aucun décès observé dans ce laps de temps.
    • 43 % de la population avait un risque faible (DFS réelle à 5 ans de 83 %) et 22 % un risque moyen ( DFS de 54 %).
    • 17 % de la population avait un risque de récidive élevé (DFS à 5 ans de 49 %).

     

    « Notre travail avec Sophia Genetics et les résultats de notre dernière étude ont démontré les avantages de l’utilisation de l’IA pour analyser des données multimodales du monde réel, estiment les auteurs de ce travail. Il a surpassé la plupart des systèmes de notation pronostique courants et offre l’avantage de prédire les résultats pour chaque patient, même avec des données incomplètes, contrairement aux scores traditionnels. »

    Stratifier le risque pour améliorer le suivi

    L’algorithme de prédiction sera disponible publiquement sur le site web du réseau de recherche sur le cancer du rein français et il sera intégré à la base de données UroCCR pour fournir automatiquement aux médecins l’évaluation individuelle du risque pour chaque patient, permettant ainsi un suivi personnalisé.

    Néanmoins, les auteurs de cette étude rétrospective soulignent que le temps de suivi médian de 30 mois est relativement court et que ce modèle n’est probablement pas généralisable aux populations africaines et asiatiques, qui sont peu représentées en France. A terme, un tel outil a tout de même le potentiel d’améliorer la sélection des candidats pour une thérapie adjuvante et d’identifier les patients qui bénéficieraient d’une surveillance moins intensive.

     

    * UroPredict: Machine learning model on real-world data for prediction of kidney cancer recurrence (UroCCR-120).

    Margue, G., Ferrer, L., Etchepare, G. et al

    npj Precis. Onc. 8, 45 (2024).

  • IA générative : de nouvelles annonces phares par Nvidia (découverte de médicaments, chirurgie…)

    3 annonces pour les activités de Nvidia dans la santé

    Comme chaque année depuis 2009, le mois de mars est marqué par la GTC du géant américain de la technologie, Nvidia. Une conférence mondiale dédiée l’intelligence artificielle. Cette année, l’événement a connu l’annonce, par le CEO du groupe, Jensen Huang, de plusieurs nouveaux projets de Nvidia autour ses futures technologies et collaborations à venir. Cela concerne surtout l’IA générative et son utilisation dans de nombreux secteurs, notamment celui de la santé :

    1️⃣ Un accès aux algorithmes permettant la découverte de médicaments :

    En plus du lancement de ces nouveaux micro-services, Jensen Huang a annoncé l’ouverture de la boîte à outils d’IA générative élargie, de Nvidia BioNeMo, aux chercheurs en pharmacie et en biologie “qui développent la prochaine génération de produits thérapeutiques”.

    Cet accès aux algorithmes comprend :

    • les modèles d’IA qui peuvent “analyser les séquences d’ADN, prédire comment les protéines changeront de forme en réponse à une molécule de médicament et déterminer la fonction d’une cellule à partir de son ARN” ;
    • ainsi que les modèles d’IA qui permettent “d’accélérer la prédiction de la structure des protéines, la chimie générative et la prédiction du docking moléculaire”.

     

    2️⃣ Un partenariat avec Johnson & Johnson sur l’utilisation de l’IA en chirurgie :

    Présent au travers de ses dispositifs dans 80 % des salles d’opération dans le monde, Johnson & Johnson (J&J) est un acteur référence de la chirurgie. Un statut de leader qui a encouragé Nvidia a noué un partenariat avec le laboratoire américain, afin de “tester de nouvelles capacités d’IA pour l’écosystème numérique connecté de la société pour la chirurgie”. Ceci dans le but de “favoriser l’innovation ouverte et d’accélérer la fourniture d’informations en temps réel à grande échelle” dans les blocs opératoires.

    Afin de “déployer des applications logicielles alimentées par l’IA pour la chirurgie”, ce partenariat devrait se traduire par la mise à la disposition de J&J :

    • de la plateforme informatique périphérique Nvidia IGX ;
    • et de la plateforme d’IA périphérique Nvidia Holoscan pour la construction d’appareils médicaux .

     

    Une plateforme commune de calcul :

    Le CEO de Nvidia a indiqué que ce partenariat pourra être l’occasion de déployer “une plateforme commune de calcul de l’IA” pour faciliter le déploiement de modèles et d’applications tiers développés dans l’écosystème de la chirurgie numérique.

    3️⃣ Plus de 20 nouveaux micro-services d’IA générative :

    L’inauguration de l’édition 2024 de la GTC a également été marquée par le lancement de plus d’une vingtaine de nouveaux micro-services, à destinations des entreprises du secteur de la santé dans le monde. L’ambition de Nvidia étant de leur permettre de profiter des dernières avancées en matière d’IA générative, “depuis n’importe quel endroit et sur n’importe quel cloud”.

    Ces nouveaux micro-services d’IA générative ont pour objectif de “faire progresser la découverte de médicaments, les technologies médicales et la santé numérique”, à travers l’accélération des découvertes dans des secteurs, tels que :

    • la biologie ;
    • la chimie ;
    • l’imagerie ;
    • ou encore les données de santé.

     

  • Pharma : 5 Mds€ d’investissements dans la recherche et développement

    2 régions concentrent 41 % des emplois

    Dans leur récente infographie du secteur, Les entreprises du médicament (Leem) illustrent l’évolution de l’industrie pharmaceutique (production, salariés, chiffre d’affaires, budget) sur l’ensemble du territoire français, à la sortie de la crise du Covid-19. Avec un total de 106 000 personnes employées au total, ce secteur économique a recruté près de 16 000 personnes en 2022.

    271 sites de production sont présent sur le territoire du pays, employant 35 400 personnes. La répartition géographique du nombre d’emplois est très variables d’une région à une autre :

    • la région de l’Ile-de-France concentre à elle seule 28 000 salariés, suivie par l’Auvergne Rhône-Alpes qui en compte 16 000 ;
    • loin derrière, le Centre-Val-de-Loire et la Normandie emploient respectivement 7 809 et 9 800 salariés ;
    • le reste des régions, le nombre ce nombre est compris entre 4 200 et 6 700, sauf dans les territoires avec une densité démographique plus faible comme la Bretagne (1 300), les Pays de la Loire (1 800) ou la Corse (32).

     

    48 % du chiffres d’affaires réalisés à l’export

    S’il investit plus de 5 milliards d’euros dans sa R&D, la Pharma française génère 70 milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont 48 % à l’export. Cela témoigne de la place qu’occupe le marché international – très compétitif – sur le plan des objectifs commerciaux de ce secteur.

    La place de la R&D parmi les investissements de l’industrie pharmaceutique s’explique, par ailleurs, par le leadership de la France en termes d’essais cliniques au niveau européen, notamment dans le domaine de l’oncologie.

     

    👉 Infographie synthétique du secteur :

    Les entreprises du médicament, une chance pour la france", Infographie du Leem paru en février 2024
    Les entreprises du médicament, infographie parue en février 2024- @Leem

     

  • Resah : un groupe d’étude pour optimiser les achats de médicaments et de DM

    Les achats “à forts impacts” comme périmètre

    Contacté par H&TI, le Resah confirme que le lancement de ce nouveau groupe d’étude et de benchmarking (GEB) (initialement annoncé pour mars) sera fera en avril 2024.

    Ces travaux viseront des périmètres d’achats “à forts impacts”, avec des réflexions menées autour de “certains médicaments et dispositifs médicaux à enjeux”. L’objectif de performance économique par les établissements sera recherché sans pour autant négliger des objectifs de performance globale au niveau de la qualité et la sécurité des soins, ainsi que de la qualité de l’approvisionnement, de la vie au travail et du développement durable.

    Le GEB aura ainsi pour objectifs :

    • d’optimiser les stratégies achats, à travers la réalisation de cartographie des achats, la définition de stratégies distinctes selon les périmètres achats concernés (zone concurrentielle, situation de monopole ou assimilé) ;
    • d’harmoniser les pratiques pour réduire le nombre de références (avec une mobilisation renforcée de la Comedims sur ce sujet) ;
    • de développer de l’éco-conception de soins et la prise en compte de son impact sur les achats ;
    • de gérer les stocks et réduire les produits périmés ;
    • et d’améliorer le pilotage par exemple avec le déploiement d’approches en coût global.

     

    Différents représentants des établissements au sein du groupe

    L’optimisation des stratégies d’achat de produits de santé est primordiale à l’heure où la technologie est en constante évolution, où les réglementations évoluent et où les exigences économiques, sociales et environnementales sont de plus en plus fortes.

    Présidé par Kamel Bouyahiaoui, directeur des affaires économiques et de la logistique du CHU de Dijon, le GEB réunit des directeurs et des responsables d’achats, des directeurs administratifs et financiers, des directeurs de la performance ainsi que des pharmaciens exerçant dans des établissements de santé.

    Les deux autres GEB lancés par le Resah concernent :

    • l’amélioration du pilotage des achats responsables ;
    • et l’optimisation et la sécurisation de l’approvisionnement en produits de santé des pharmacies à usage intérieur (PUI).

     

  • La filière Silver économie se dote d’un conseil exécutif

    Un outil de gouvernance de la filière

    Cette nouvelle instance constituera l’outil de gouvernance de la filière, appelée à définir ses orientations, priorités et axes de travail. Elle se réunira trimestriellement, sans remettre en cause le conseil national de la Silver économie, instance de dialogue entre les acteurs, qui continuera de se réunir régulièrement, la prochaine fois étant le 4 avril 2024.

    Un conseil regroupant 9 collèges représentatifs :

    La composition de ce conseil repose sur plusieurs collèges, représentant :

    • les acteurs institutionnels (administration centrale, élus locaux, parlementaires) ;
    • les fédérations ;
    • les associations d’élus et des collectivités territoriales ;
    • des représentants des personnes âgées et des aidants ;
    • des gérontopôles ;
    • des représentants du corps médical ;
    • des gérontologues ;
    • les entreprises innovantes du secteur (grandes entreprises, start-up) ;
    • et des personnes qualifiées.

     

    Une nouvelle convention avec l’ANCT

    A l’occasion de la première réunion du Conseil exécutif, a été notamment annoncée l’élaboration d’un nouveau contrat de filière avec l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) qui pourra être adopté à la prochaine réunion.

    Cette future convention vise une meilleure coordination des acteurs territoriaux et des pouvoirs publics, en vue d’une meilleure adaptation au vieillissement de l’ensemble des territoires, en assurant la promotion des bonnes pratiques, des nouvelles technologies et de l’innovation en général.

  • IA générative : un cas d’usage des données au service de la santé populationnelle

    L’IA pour une vision plus globale de la santé

    En explorant diverses données telles que les informations génomiques, socio-économiques et les dossiers de santé électroniques, l’IA peut identifier des facteurs de risque et des indicateurs prédictifs de maladies, tels que le cancer du col de l’utérus. En utilisant cette analyse, les systèmes basés sur l’IA pourraient adapter les invitations aux services de dépistage en fonction des besoins individuels, que ce soit par des formats audiovisuels ou textuels. Les réponses, les visites et les résultats pourraient ensuite être intégrés dans les modèles existants afin de les rendre plus solides.

    Dans le domaine de l’imagerie médicale, l’IA interprète des images complexes, offrant ainsi une meilleure compréhension des conditions physiologiques. La compréhension du langage naturel (NLU) élargit la capacité d’analyse des données en examinant les notes cliniques et les résultats signalés par les patients afin d’en extraire les informations pertinentes, les intégrant de manière transparente dans des profils de santé plus complets.

    Cette approche fondée sur l’IA permet non seulement une agrégation exhaustive des données de santé, mais assure également que différents types de données non structurées deviennent accessibles et interprétables dans le contexte plus large de la santé des populations.

    Optimédis : quel apport de la data dans les territoires ?

    En 2020, Optimedis estime un écart de 6,8 millions d’euros entre les coûts réels et les coûts estimés dans les régions couvertes par sa solution. Depuis 2005, cela équivaut à des économies de 66,7 millions d’euros.

    Les expérimentations menées en Allemagne et en France (à Strasbourg) par la société Optimedis, suite au déploiement de solutions de santé populationnelle, ont conduit à la conclusion que cibler les zones géographiques où les politiques de prévention seraient plus efficaces est essentiel, grâce à l’exploitation des données.

    En développant un réseau enraciné dans les régions et encourageant l’innovation, Optimedis parvient à l’échelle d’un hôpital et de son environnement à “réduire significativement les cas de pathologies cardiovasculaires”, en analysant les données provenant des soins, ainsi que des différents intervenants locaux (infirmières, EHPAD, soins de premier recours…).

    Le Dr Manfred Zahorka, senior manager Integrated care solutions chez Optimedis, a partagé ses retours d’expérience de ces projets de santé populationnelle menés par son entreprise en France et en Allemagne, lors de la session « Exploring PHM : real-world case studies and insights » du Health & Tech Summit, organisée par Care Insight, le 13 décembre 2023 à PariSanté Campus.

    Ciblage des territoires à risque :

    La première étape des projets territoriaux réalisés par Optimedis consiste à utiliser les données issues du soin (principalement des données hospitalières), pour identifier les patients cibles dans une zone géographique délimitée. Cela permet :

    • de déterminer les zones à forte prévalence de maladies chroniques ;
    • d’intégrer les inégalités socio-économiques entre les zones géographiques ;
    • de définir les populations avec le plus fort besoin d’intervention, où des actions de préventions auront le plus grand impact sur la santé publique.

    L’étape suivante consiste à observer l’incidence d’une pathologie dans un territoire, et d’estimer les coûts qu’elle induit.

    A partir de ces travaux et de cette représentation, il est possible d’établir un plan de prise en charge et de prévention basée sur des données géographiques précises, ainsi que des données quantitatives pour cibler les indicateurs de santé publiques liées aux pathologies les plus fréquentes et les plus coûteuses pour la société.

    Intervenir en amont de la maladie :

    Ces données, croisées avec celles de l’Assurance maladie et des autres assureurs (notamment en Allemagne), permettent de suivre l’impact des programmes de santé publiques (sport-santé, suivi cardiovasculaire, etc.) dans les territoires. En alignant ses data avec les données d’activité physique, ou encore de programmes de prévention mis en place, Optimedis évalue durablement et en continu les effets de ces derniers pour les payeurs, en guise d’argument pour les poursuivre.

    Sur une période de 8 ans, dans les territoires visés par ces programmes de prévention, l’âge moyen d’entrée en structure de soin continu (Ehpad, hôpital…) s’est allongé de 2,9 ans entre le groupe témoin et le groupe participant aux programmes.

    De plus, ces résultats encourageants sur le plan de la santé publique ont un impact positif sur les coûts liés aux soins et à la prise en charge de ces pathologies désormais évités ou retardés. En 2020, Optimedis estime un différentiel entre les coûts réel et les coûts estimés dans les territoires couverts par sa solution à 6,8 millions d’euros. Depuis 2005, cela correspond à 66,7 millions d’euros économisés.

    L’IA pour prédire les risques des pathologies chroniques :

    Pour atteindre son objectif de ciblage des populations à risques, Optimedis investit dans l’intelligence artificielle (IA) pour déterminer quels patients sont à risque de développer des pathologies chroniques lourdes, et donc coûteuses.

    A partir des bases de données accessible des assureurs et fournisseurs de soins implantés localement, l’IA peut identifier spécifiquement les profils les plus à risques.

    Optimedis travaille ensuite avec les fournisseurs de soin et assureurs pour les intégrer dans ses parcours de prévention, en fonction de leurs besoins, puis évalue leur évolution à la façon d’une étude prospective.

    Un centre piloté par les données (université de Dublin)

    Récolter des données afin de mieux aborder le traitement des maladies chroniques et de mettre en place une réelle stratégie de prévention : c’est l’objectif du centre de recherche des maladies chroniques et de la santé populationnelle qui va être lancé par la faculté de santé populationnelle de l’université de médecine de Dublin (RCSI), en collaboration avec la Science Foundation Ireland (SFI) et l’Imperial College of London, a annoncé la SFI dans un communiqué en date du 30 mars 2023.

    Le nombre de personnes atteintes de certaines maladies chroniques, comme le diabète de type 2, a plus que doublé en près de 15 ans en Irlande. Ce centre a pour objectif de transformer la façon dont les données de santé sont traitées et dont les plateformes de santé sont lancées en Irlande, afin de “prendre des décisions clés” tant dans le traitement que dans la prévention.

    Cette initiative intervient dans le cadre du programme de chaire de recherche de la SFI, remporté par le professeur Edward Gregg, directeur de la faculté de santé populationnelle du RCSI. Il obtient un financement de 4,3 millions d’euros dans le but d’ouvrir ce centre de recherche dédié aux maladies chroniques. “Cette initiative doit permettre aux responsables de la santé publique du pays de mieux hiérarchiser les approches médicales des maladies chroniques” a indiqué le professeur Gregg lors de l’annonce du financement.

    Un programme de recherche en 3 volets :

    Basé sur la recherche médicale grâce aux données de santé de la population, le programme du centre, qui ciblera dans un premier temps le diabète et l’obésité, se décompose en 3 volets :

    1️⃣ “développer un nouvel écosystème de données et entreprendre des études pour hiérarchiser les priorités de santé actuelles, émergentes et futures en matière de maladies chroniques et de morbidité en Irlande et dans le monde” ;
    2️⃣ “développer et utiliser de nouveaux registres de population et des sources de données intégrées pour quantifier l’impact des soins et de la prévention des maladies dans le monde réel, en adoptant à la fois une perspective irlandaise et mondiale” ;
    3️⃣ “développer des modèles pour hiérarchiser les options d’intervention et d’évaluation des risques en ce qui concerne la prévention du diabète, des maladies chroniques et de la multimorbidité”.

    Ce programme et ses objectifs s’inscrivent dans la continué des plans d’actions irlandais lancés par le Health Service Executive (HSE), notamment la réforme Sláintecare, qui s’attelle à faire progresser la façon dont les patients sont traités en Irlande, “en fonction de leurs besoins, et non de leur capacité à payer”, en “plaçant les personnes aux centres du système de santé”.

     

  • En France, des initiatives politiques et de santé publique en faveur de la santé populationnelle

    Une démarche venue du Québec, désormais inscrite dans la loi française

    L’approche de responsabilité populationnelle implique la conception de programmes cliniques par l’ensemble des acteurs de la santé dans une même région, une approche initialement développée au Québec.

    Depuis 2017, cette approche est au cœur de la stratégie de santé de la Fédération hospitalière de France (FHF), avec une expérimentation menée dans cinq régions françaises. Grâce à ses travaux approfondis sur ce sujet, la fédération a grandement contribué à ancrer l’approche de la santé populationnelle dans la législation.

    L’article 20 de la loi du 24 juillet 2019 relative à l’organisation et à la transformation du système de santé énonce que « l’ensemble des acteurs de santé d’un territoire est responsable de l’amélioration de la santé de la population de ce territoire ainsi que de la prise en charge optimale des patients de ce territoire ».

     

    Chronologie du développement de la responsabilité populationnelle en France
    Chronologie du développement de la responsabilité populationnelle en France

     

    Le numérique au service de la santé populationnelle

    La Feuille de route du numérique en santé 2023-2027, qui se décline en 4 axes, 18 priorités et 65 objectifs met la prévention et le patient au centre de ses orientations. Dans son axe1, “développer la prévention et rendre chacun acteur de sa santé” (5 priorités, 20 objectifs), elle fait de “Mon espace santé” une “messagerie citoyenne”. Elle prône également l’intégration de solutions de prévention dans les logiciels métiers :

    • pour renforcer les pratiques des professionnels de santé en termes de prévention, il est prévu de favoriser le développement de fonctionnalités de prévention et de “gestion populationnelle” dans les logiciels métiers d’ici 2027 ;
    • un groupe de travail, dans le cadre du Conseil du numérique en santé (CNS), est dédié aux facteurs environnementaux ayant un impact sur la santé humaine – son objectif étant de “permettre grâce au numérique d’anticiper les risques, de mieux les mesurer mais aussi de mieux informer les personnes de leur exposition aux risques et des comportements de prévention à privilégier”.

     

    Pour rappel, les 4 axes de la feuille de route sont les suivants !

    • axe1 : développer la prévention et rendre chacun acteur de sa santé (5 priorités, 20 objectifs) ;
    • axe 2 : redonner du temps aux professionnels de santé et améliorer la prise en charge des personnes grâce au numérique (5 priorités, 16 objectifs);
    • axe 3 : améliorer l’accès à la santé pour les personnes et les professionnels qui les orientent (4 priorités, 11 objectifs) ;
    • axe 4: déployer un cadre propice pour le développement des usages et de l’innovation numérique en santé (4 priorités, 18 objectifs).

     

    Impact de la responsabilité populationnelle 

    Bilan de la FHF :

    • 5 territoires pionniers : Deux Sèvres, Aube, Cornouaille, Douaisis et Haute-Saône ;
    • 3 nouveaux territoires  : Alpes du Sud, Territoire de Belfort et Sud Lorraine ;
    • 1 réseau FHF régional (Bretagne) ;
    • 1 feuille de route régionale (ARS Paca) ;
    • et une trentaine de GHT participants.

     

    Résultats (rapport de juin 2023) :

    Les résultats montrent une tendance nette à la fluidification des parcours ville-hôpital avec, après 9 mois :

    • une diminution des entrées en MCO via les urgences pour les pathologies liées au diabète, 21,5 % en moyenne en 2019 à 15,6 % en 2022 ;
    • une majoration nette de la part d’ambulatoire pour les séjours pour diabète, 33,9 % en moyenne en 2019 à 54,2 % en 2022 ;
    • une diminution des séjours de plus de 5 jours en hospitalisation complète MCO, 26,5 % en moyenne en 2019 à 17,2 % en 2022.

     

    Le rapport démontre que l’impact de la mise en place de la responsabilité populationnelle sur 5 territoires pionniers est déjà mesurable et positif et permet d’accompagner la transformation organisationnelle des hôpitaux concernés et fluidifie les parcours ville-hôpital en favorisant les entrées directes dans les services hospitaliers et le développement de l’hospitalisation ambulatoire.

     

    La responsabilité populationnelle au cœur de la feuille de route de l’ARS Paca :

    Parmi les résultats attendus d’ici 2028 dans le champ de la santé populationnelle, plusieurs feuilles de route, axées sur des thèmes spécifiques ou des populations ciblées dirigées au niveau régional et appliquées au niveau départemental, en collaboration avec tous les acteurs concernés. Les domaines ciblés en priorité sont la nutrition, la santé mentale, la santé sexuelle, les addictions, le sport-santé, la vaccination, et les dépistages, etc.

    Ces feuilles de route feront l’objet d’évaluations régulières en termes d’activités et, dans la mesure du possible, d’impact sur la santé.

    Un rôle à jouer par les CPTS ?

    Paru en juin 2023, le rapport “Tour de France des CPTS” met en avant l’importance et le potentiel futur des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) pour :

    • répondre aux besoins de santé locaux ;
    • promouvoir une responsabilité populationnelle ;
    • et créer une solidarité interprofessionnelle dans les communautés locales.

     

    Un concept intéressant selon des sénateurs :

    En 2022, la commission d’enquête sur la situation de l’hôpital, constituée à l’initiative du groupe Les Républicains, a recueilli durant trois mois le témoignage de l’ensemble des acteurs concernés, dans un rapport intitulé “La responsabilité populationnelle : un concept intéressant, mais une réflexion encore inaboutie”.

    Réunie le 29 mars 2022, la commission d’enquête a adopté le rapport et les recommandations suivantes :

    • rééquilibrer la répartition de la prise en charge entre ville et hôpital, en dégageant du temps médical en médecine de ville (développement du rôle des infirmiers de pratique avancée, recrutement d’assistants médicaux), en revalorisant la visite à domicile et en veillant à rendre attractive la participation de la médecine de ville au service d’accès aux soins ;
    • soulager les services d’urgence par une meilleure collaboration avec les professionnels de ville, par le biais de structures conjointes et par un adressage facilité aux services compétents via les cellules de coordination ville-hôpital ;
    • et, enfin, actualiser le cadre des groupements hospitaliers de territoires : revoir leur périmètre, approfondir leur gouvernance tout en respectant un principe de subsidiarité et permettre l’intégration d’établissements privés participant au service public hospitalier améliorer la structuration de l’offre de proximité, en s’appuyant sur un maillage d’hôpitaux de proximité et en facilitant la coordination des professionnels et des établissements de santé sur la base d’initiatives de terrain.