Actualité

  • Singapour / Diabète : une application d’e-ETP pour prévenir l’ulcère du pied

    Prévenir une complication fréquente du diabète

    Souvent découverte tardivement (à cause de la perte de sensibilité au niveau des pieds des personnes diabétiques), cette complication peut entraîner l’amputation d’un membre inférieur et augmenter le risque de récidive et de décès, ce qui peut s’avérer coûteux pour le patient et le système de santé.

    Les applications existantes pour les personnes atteintes de diabète ne considèrent que très peu l’ulcère du pied et celles qui l’intègrent ne proposent que du contenu sur la progression de la maladie et n’éduquent pas assez les patients, alors que cette complication touche près d’un tiers des patients diabétiques. Pour y remédier, une équipe de chercheurs composée de cliniciens de l’hôpital Tan Tock Seng et du National Healthcare Group (NHG) de Singapour a développé une application nommée Wellfeet.

    Une solution d’e-ETP :

    Dans une approche d’éducation thérapeutique numérique (e-ETP), cette application vise à informer les patients sur l’ulcère du pied par le biais de vidéos d’animation en plusieurs langues, dont l’anglais, le mandarin, le malais et le tamoul. L’application – qui vient d’être rendue disponible sur Google Play – peut aussi envoyer des rappels aux patients, que ce soit pour leur prise de médicaments, leur activité physique ou leur alimentation. Les données qui y sont entrées permettent le suivi à distance de leur médecin. Un chatbot y est aussi intégré pour répondre aux questions les plus fréquentes des patients.

    La prise de conscience des patients améliorée

    À ce jour, l’application a été utilisée dans le cadre de deux études :

    • la première, qui est toujours en cours, porte sur 800 patients et soignants de cinq établissements du NHG et vise à comprendre leurs comportements et leurs habitudes en matière de soins du pied, car l’ulcère du pied débute souvent par une mauvaise cicatrisation en cas d’entaille ;
    • la seconde proposait à 40 paires de patients et de soignants de l’hôpital de Tan Tock Seng de tester l’application Wellfeet : après un mois d’utilisation, les résultats ont démontré des changements positifs dans le comportement des deux cibles, que ce soit en matière de soins des pied ou de routines et d’autosoin.

     

    Après la mise à disposition de l’application sur Google Play, l’équipe de chercheurs espèrent continuer son développement pour y intégrer des modules d’intelligence artificielle et de conversation avec des médecins dans le but de fournir un soutien au patient qui sera le plus rapide et le plus personnalisée et donc adapté à sa situation.

  • Loi « bien vieillir » : des mesures techniques et un renforcement des droits des personnes

    Une gouvernance institutionnalisée pour l’autonomie

    La Conférence nationale de l’autonomie, qui vient d’être créée, se réunira au moins tous les trois ans, en s’appuyant notamment sur l’expertise du Centre national de ressources probantes de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA).

    Au niveau des territoires, sont créées sous l’égide de la collectivité départementale deux instances de coordination :

    • le Service public départemental de l’autonomie (SPDA) instaure un guichet unique, afin de simplifier le parcours usager et de sécuriser le maintien à domicile ;
    • et la Conférence départementale de l’autonomie est appelée à coordonner les acteurs du SPDA et à organiser les financements dans le cadre d’un « plan trisannuel ».

     

    Les équipes locales d’accompagnement sur les aides techniques (EQLAAT), composées d’ergothérapeutes et de travailleurs sociaux, actuellement expérimentales, sont généralisées à l’ensemble du territoire. Est créé également le groupement territorial, social et médicosocial (GTSMS), afin de coordonner les établissements et services sociaux et médico-sociaux (ESSMS) et les hôpitaux. La collecte et le partage des données concernant les personnes en perte d’autonomie sont autorisés pour les maires, dans un souci de meilleure prévention.

    Avant la fin de 2024, puis ensuite tous les cinq ans, une loi de programmation pluriannuelle pour le grand âge devra être votée, afin de déterminer les axes de financement.

    La protection des droits des personnes est renforcée

    Le législateur cherche à mieux sécuriser les personnes en perte d’autonomie. Au sein de chaque ARS est mise en place une « cellule chargée du recueil, du suivi et du traitement des signalements de malveillance ».

    Est instaurée aussi une procédure de contrôle des antécédents judiciaires des intervenants et les mandataires judiciaires à la protection des majeurs seront davantage formés, accompagnés et suivis.

    Par ailleurs, les personnes hébergées se voient reconnaître un droit de visite quotidien, sans information préalable de l’établissement. Les résidents auront même le droit, selon des modalités encore à définir par arrêté, d’accueillir un animal domestique.

    Des mesures en faveur des professionnels

    Les équipes d’intervenants à domicile, le plus souvent sous-dimensionnées par rapport aux besoins, sont bénéficiaires de mesures particulières. Une “carte professionnelle d’intervenant à domicile” est instituée et ses modalités d’attribution seront définies par décret. Sur le plan de la qualité des soins, il est prévu que la CNSA verse une aide aux départements, afin de développer le partage des bonnes pratiques et de favoriser la mobilité des intervenants.

    Les ARS pourront, à titre expérimental pendant deux ans, instaurer un quota de places réservées en Ehpad à l’accueil de nuit, de façon à accorder un droit au répit pour les aidants.

    D’un autre côté, une expérimentation du financement des services “autonomie à domicile” par dotation globale ou forfaitaire est prévue dans dix départements, à la place des tarifs horaires. L’objectif est de mieux ajuster la tarification des services à la réalité des situations prises en charge.

    Des règles renforcées pour les Ehpad

    La loi s’attache à réguler davantage les Ehpad, dorénavant tenus de coopérer au sein des GTSMS. La CNSA devra publier pour la bonne information des personnes des indicateurs relatifs à l’activité et au fonctionnement de chaque Ehpad.

    Afin de prévenir la dénutrition des personnes âgées, des règles nutritionnelles s’appliquant aux repas servis aux résidents devront être fixées par arrêté.

    Dans le cadre de l’aide sociale à l’hébergement, la loi supprime l’obligation alimentaire pour les petits-enfants et leurs descendants.

     

  • Lancement de l’IHU Health Age pour le vieillissement en bonne santé (Toulouse)

    Le consortium Health Age (CHU de Toulouse – Inserm – Université Toulouse III) a été labellisé Institut hospitalo-universitaire en 2023 et se consacre à la compréhension du processus du vieillissement et à la recherche des solutions pour en prévenir les effets et le vivre en bonne santé.

    Présidé par le Pr Bruno Vellas et dirigé par la Pr Heike Bischoff-Ferrari, l’institut est porté par la fondation Pastel (pour la Prévention, l’Action en Santé et pour la Longévité) créée par le CHU de Toulouse. Health Age a été officiellement lancé le 2 avril mais est l’aboutissement d’un long processus.

    Du gérontopôle à l’IHU, un projet de longue haleine

    Le projet est né en 2007 dans le cadre d’un gérontopôle dépendant du CHU de Toulouse. Il devient IHU en 2023 dans le cadre de la seconde vague de labellisation d’IHU.

     

     

    Health Age repose sur 5 piliers

    Le déploiement du programme Icope de l’OMS

    Le programme Integrated Care for Older People (Icope) a pour but de diminuer de 15 millions le nombre de personnes dépendantes d’ici 2025. Il vise à surveiller le maintien des fonctions essentielles chez les personnes âgées (locomotion, nutrition, santé mentale, cognition, audition, vision) et à dépister la fragilité et la perte d’autonomie. Il préconise un parcours de soins intégrés reposant sur une démarche de prévention structurée. L’IHU a été reconnu centre collaborateur de l’OMS pour implanter Icope en France, en s’appuyant sur le suivi d’une large cohorte :

    • La cohorte Care : elle suit 52 000 seniors de 60 ans et plus grâce à la plateforme Icope Monitor. Cette application permet d’évaluer en quelques minutes le maintien ou le déclin des fonctions essentielles.
      22% des seniors l’utilisent en auto-évaluation ;
    • 5 500 professionnels de santé ont suivi une formation en e-learning pour savoir utiliser Icope et alimenter le recueil d’informations.

    Le programme Inspire pour définir les trajectoires du déclin fonctionnel

    Ce programme à long terme comprend le suivi sur 10 ans de plus de 1 000 personnes âgées de 20 à 100 ans, afin d’établir le lien entre les mesures d’Icope et le dysfonctionnement d’organes liés à l’avancée en âge. Inspire mène à la fois des recherches transactionnelles sur le mécanisme du vieillissement, les biomarqueurs et l’âge biologique ainsi qu’un programme de prévention en région Occitanie. Il est un modèle pour les essais en géroscience.

    La géroscience  est une discipline scientifique qui cherche à ralentir le vieillissement. Son objectif est de prolonger le nombre d’années passées en bonne santé en vue d’augmenter la durée de vie. Contrairement aux approches traditionnelles qui se concentrent sur le traitement des maladies spécifiques telles que le diabète, les cancers et les maladies cardiovasculaires, la géroscience adopte une perspective plus globale. Elle repose sur plusieurs fondamentaux :

    1. Mécanismes biologiques du vieillissement : La géroscience considère que les mécanismes biologiques du vieillissement peuvent être modulés. Au fil des ans, des altérations se produisent dans ces mécanismes, conduisant à des dysfonctionnements d’organes et, éventuellement, à des pathologies. Ces mécanismes sont l’objet de nombreuses recherches fondamentales et sont de mieux en mieux compris.
    2. Variabilité individuelle : Chaque individu vieillit à son propre rythme. Certains restent en pleine capacité à 75 ou 80 ans, tandis que d’autres rencontrent des problèmes de santé plus tôt. L’âge reste le principal facteur de risque des maladies chroniques dans les études épidémiologiques, mais les mécanismes biologiques du vieillissement sont accessibles à des interventions.
    3. Interventions possibles : Outre le mode de vie (comme l’activité physique), des molécules pourraient également, à l’avenir, limiter l’altération des mécanismes du vieillissement. Des recherches chez l’animal et chez l’homme montrent que ces mécanismes sont modulables.
    4. Perspectives pour la gériatrie :  En comprenant mieux les mécanismes du vieillissement, il est possible de prévenir les maladies chroniques liées à l’âge et d’améliorer la qualité de vie des personnes âgées.Le programme repose sur une plateforme d’essais en géroscience. L’étude des biomarqueurs du vieillissement permet d’éclairer la biologie des processus et d’évaluer l’efficacité des traitements. Les recherches utilisent notamment des essais précliniques conduits sur les animaux (souris et poissons), en miroir de ce qui se passe chez l’homme. Pour diffuser la géroscience, il existe un programme d’enseignement vers les professionnels.

    L’étude de l’impact coût-efficacité du programme Icope

    Elle s’appuie sur un essai de prévention portant sur 1 000 personnes de 70 ans et plus, pendant 3 ans. L’objectif est de mesurer, en utilisant l’outil Icope, l’efficacité clinique et le rapport coût-bénéfice d’une intervention personnalisée auprès de cette population.

    Une plateforme de science ouverte vers l’international 

    Pour faire progresser les gérosciences, la plateforme donnera librement accès aux données des cohortes suivies par l’IHU, dans la perspective de développer les partenariats avec les principales équipes internationales. L’IHU s’est doté d’un comité scientifique international, présidé par le Pr Luigi Ferruci (National Institute on Aging NIH, Baltimore).

    L’IHU mène 7 projets phares interconnectés

    • Une plateforme de recherche transactionnelle sur la biologie du vieillissement, qui s’appuie sur Inspire.
    • Une plateforme de recherche clinique en géroscience pour mener des essais cliniques destinés à ouvrir la voie à des nouveaux traitements. 4 essais sont d’ores et déjà programmés :
      1. Essai préclinique Inhibiteurs IF1 de la mitochondrie,
      2. Essai préclinique Activateur des récepteurs MAS,
      3. Essai clinique Agonistes des récepteurs de l’Apeline,
      4. Essai clinique Inhibiteurs de mTor ciblant le système immunitaire.
    • Des programmes d’essai de préclinique pour tester la faisabilité et l’intérêt des interventions.
    • Un premier grand essai randomisé contrôlé auprès de 1 000 sujets pendant trois ans sera mis en place autour d’Icope, avec l’objectif de définir les conditions de transfert vers la pratique clinique. Une étude d’intervention sera menée pour valider des biomarqueurs du vieillissement.
    • Une cohorte humaine pour définir les trajectoires du déclin fonctionnel, avec Icope et Inspire.
    • Un programme en sciences économiques : l’objectif est d’évaluer les retombées socioéconomiques d’une médecine basée sur les fonctions, en combinant les résultats de l’essai de prévention, les données des cohortes humaines et les données de l’Assurance Maladie.
    • Un programme d’éducation autour de la Géroscience.

    L’ambition de l’IHU bénéficie du soutien de l’État, notamment de l’Agence nationale de la recherche, de l’ARS, des collectivités locales et de mécènes.

  • Note aux abonnés : Etude IA Générative en Santé

    Chers abonnés,

    Étude : “Quelle maturité de l’IA Gen en Santé ? Cas d’usages, publications, marché et solutions”.

    Découvrez comment cette technologie est en train de transformer le monde de la santé sur l’ensemble de ses secteurs : Industrie pharmaceutique, Medtech, Etablissements de santé, financeurs.

    Tout le monde parle de l’IA GEN, utilise ChatGPT dans sa vie quotidienne ou apprend à coder du Python 😉, et conscients ou pas, nous adoptons cette technologie parce qu’elle nous facilite la vie ou les tâches professionnelles !
    Le déploiement de l’IA Générative dans la santé peut sembler trouver de nombreuses applications. Vous trouverez dans l’étude une vision 360° , qui vous permettra à la fois de décider  si des cas d’usages peuvent accélérer votre stratégie ou améliorer votre organisation, quelles sont les entreprises qui proposent des solutions, quelles sont ces solutions à et quoi elles servent. Vous retrouverez également l’état des connaissances à date par une revue de littérature réalisée sur PubMed. Savez vous qu’entre 2023 et le 1er trimestre 2024, les publications ont augmenté de 407% ?

    Tout cela ne se déroule pas sans cadre éthique et réglementaire, renforcé encore par les applications en médecine. Aussi nous avons recensé les rapports et leurs recommandations pour avoir une lecture rapide des freins et leviers du développement d’une IA générative responsable en santé.

    Et vous, adopteriez vous l’IA Générative dans votre pratique professionnelle quotidienne ?
    Nous vous avons posé la question lors de la Conférence du ThinkTank sur l’IA Générative en Santé qui s’est déroulée le 5 avril au Campus Microsoft. Vous vous êtes déclarés majoritairement prêts et confiants ! Retrouvez-ce sondage dans l’étude et contribuez à enrichir nos réflexions et nos actions communes.

    Prenez le temps de naviguer sur la plateforme à l’occasion de la sortie de cette étude et participez au groupe de discussion dédié. Retrouvez de nombreuses ressources, des datas, des cartographies, des entretiens, sans oublier les présentations de la Conférence du Think tank pour compléter vos connaissance.

    Certains contenus sont réservés aux membres premium . Contactez-nous si vous souhaitez découvrir la formule Premium et participer aux travaux de la communauté.

    Bonne découverte !

    François JEANNE-BEYLOT,
    Directeur délégué Health&Tech Intelligence

    ​Au sommaire de l’Etude : 

     Analyses ​

    • Quels cas d’usage de l’IA Gen en santé ( Segment Pharma, Medtech, Financeurs, Etablissements de Santé ) ​
    • Quelles stratégies des géants de la Tech​
    • Quel cadre éthique et réglementaire, quelles recommandations ?​
    • Quelles dynamiques d’investissements sur l’IA GEN​
    • Revue de littérature scientifique ​
    • Entretien​

    Cartographies​

    • Quelles solutions à l’international​
    • Quelles solutions présentes sur le marché en France ​
    • ​Les cas d’usages par secteur

    ​Ressources 

    • Synthèse de la conférence du Think Tank
    • présentations associées.​

    Parmi les structures étudiées  : 

    • Google, Open AI, Nvidia, Aws, Microsoft, Meta,Mistral AI,
    • 88 solutions présentes en France
    • Plus de 800 solutions présentes dans le Monde

     

  • Gen AI : Cares Copilot 1.0, l’assistant médical chinois basé sur le LLM de Llama (Meta)

    Un Chatbot qui traite les données chirurgicales, basé sur Llama.

    Basé sur le modèle de Llama développé par Meta (anciennement Facebook), le Chatbot Cares Copilot 1.0 peut traiter des données chirurgicales. Le logiciel a une capacité de traiter des millions de dossiers, incluant du matériel pédagogique, des directives d’experts et de la littérature médicale. Sa récupération d’information se fait en quelques secondes avec une précision allant jusqu’à 95%.

    Pilotée par l’IA générative, Cares Copilot 1.0 a les fonctionnalités suivantes :

    • amélioration de la précision de la récupération des données cliniques ;
    • génération d’informations et de citations à partir de sources académiques avec une précision allant jusqu’à 95% ;
    • aide directe au personnel médical en cas d’urgence ;
    • fourniture d’une surveillance et d’alertes précoces ;
    • prévention des risques pendant les interventions chirurgicales ;
    • traitement des données chirurgicales à travers divers formats (images, texte, voix, vidéo, IRM, scanners et ultrasons).

    Une solution utilisée par plusieurs hôpitaux chinois

    Cares Copilot 1.0 a la possibilité d’être intégré dans les dispositifs médicaux. L’assistant médical est notamment en cours d’optimisation dans 7 hôpitaux de Pékin. Le projet est porté par le   Centre for artificial intelligence and robotics (Cair)  en collaboration avec l’hôpital Prince of Wales à Hong Kong, l’hôpital universitaire de l’Union de Pékin et le premier hôpital affilié de l’université Sun Yat-sen de Guangzhou. Une perspective d’intégration du Cares Copilot 1.0 se fera avec des dispositifs médicaux intelligents dans d’autres établissements.

    Le projet est cofinancé par le programme de recherche InnoHK du gouvernement de Hong-Kong. La combinaison de LLM et de navigation chirurgicale offrira des informations de positionnement anatomique en temps réel aux chirurgiens, améliorant la sécurité chirurgicale selon un médecin, chef du département de neurochirurgie de l’hôpital universitaire de l’Union de Pékin .

  • IA : Nvidia s’érige en position dominante sur le marché grace à des investissements stratégiques dans des start-ups

    Nvidia une entreprise en croissance exponentielle

    Inconnu du grand public il y a 1 an. L’entreprise américaine Nvidia est devenue l’une des principales capitalisations au monde en fabriquant des cartes graphiques avec des processeurs offrant la puissance de calcul nécessaire pour traiter des quantités massives de données grâce à ses processeurs “GPU”. Ces derniers ont suscité un engouement hors nome depuis le lancement de ChatGPT. En mai 2023, Nvidia avait même rejoint temporairement le club fermé des entreprises valant plus de 1 000 milliards de dollars.

    En comparaison, le deuxième plus grand fabricant de puces au monde, Taiwan Semiconductor Manufacturing, est valorisé à environ 14 437 milliards de dollars taïwanais, soit environ 471 milliards de dollars américains.

    La valorisation de Nvidia aurait a de 200% depuis octobre 2023 prenant ainsi les devants face à toutes les autres sociétés fabricantes de puces de l’indice S&P 500. Une hausse spectaculaire qui intervient au moment ou l’entreprise anticipait une forte augmentation des demandes en raison des bonds technologiques réalisées dans le domaine de l’IA.

    Des investissements dans les start-ups d’IA à hauteur de 872 millions de dollars en 2023

    En 2023, c’est dans 35 opérations que Nvidia a pris part, c’est à dire six fois plus qu’en 2022 pour un montant total de 872 millions de dollars sur 9 mois. Cela souligne la volonté Nvidia de se placer en tant qu’acteur dominant du secteur. Ses investissements ont même dépassé, ceux des grandes sociétés de capital-risque de la Silicon Valley.

    Nvidia a notamment investi dans plusieurs entreprises clientes spécialisées dans l’IA comme Inflection AI par exemple. Ces investissements auraient été initiés sans conditions spécifiques. Ajoutons que selon PwC, l’IA pourrait à elle seule apporter plus de 15 000 milliards de dollars à l’économie mondiale d’ici 2030.

    Une stratégie d’investissement en 3 étapes

    Le géant Nvidia investit de trois manières différentes dans le domaine de L’IA :

    1. Tout d’abord par le biais des investissements d’entreprise de Nvidia ;
    2. Ensuite, par le biais de NVentures la branche de capital-risque de Nvidia ;
    3. Et enfin, par le biais de NVIDIA Inception, le fond d’investissement destiné à soutenir les start-ups et les mettre en contact avec la branche capital-risque.

    Cette approche proactive combinée à ses investissements stratégiques peut laisser à penser que l’influence et le poids de Nvidia ne cesseront de croître dans les prochaines années. Il sera aussi essentiel de surveiller le sort de ces investissements afin de voir quelle manière il faconneront l’avenir de l’industrie de l’IA.

     

  • Conférence du Think Tank – Retour HIMSS24 : peut-on avoir confiance dans l’IA générative ?

    La 1ere conférence du Think Tank Health&Tech pour 2024 s’est déroulée  le 5 avril sur le campus de Microsoft. L’objectif principal était d’explorer les défis actuels, les enjeux et les opportunités dans le domaine de la GenAI en santé à partir notamment des solutions et cas d’usages recensés aux Etats-Unis, lors de la Conférence Himss 2024 à Orlando.

    Les échanges ont permis de dresser des idées fortes sur les conditions de la confiance dans la GenAI en santé, les cas d’usages envisagés et la capacité à les déployer en France.

    Garantir le succès de l’IA générative dans le domaine de la santé avec une approche globale

    Anne-Marie Armanteras, présidente du Think Tank Health&Tech a mis en lumière l’évolution rapide et l’impact croissant de l’IA dans le domaine de la santé :

    • La confiance est essentielle pour concilier les promesses fantastiques de l’IA avec les défis pratiques et les besoins des différents acteurs du système de santé.
    • Le succès de l’IA générative dans le domaine de la santé passe par une collaboration étroite entre tous les acteurs impliqués : patients, professionnels de santé, régulateurs et citoyens
    • La transformation du système de santé n’est réelle que lorsque les technologies sont fortement adoptées et  ont un impact massif.

     

    L’IA générative, comprendre la technologie et imaginer ses cas d’usages

    Pierre Lagarde, CTO de Microsoft met en avant les avancées de l’IA générative et son potentiel transformateur dans divers secteurs, en particulier la santé. Les investissements, partenariats et progrès technologiques permettent d’accélérer l’adoption de ces technologies et d’améliorer la qualité des services offerts :

    • Contexte de l’IA générative : Pierre Lagarde souligne le rôle croissant des logiciels dans toutes les entreprises et organisations, et comment l’IA générative accélère cette transformation. Il met en avant deux raisons principales : la compréhension du langage naturel et la transformation des interfaces utilisateur vers des interactions en langage naturel.
    • Investissements et partenariats : Microsoft investit dans la recherche et la technologie pour soutenir le développement de l’IA générative. Des partenariats stratégiques, tels qu’avec OpenAI et Mistral, sont établis pour enrichir les capacités des modèles génératifs.
    • Modèles génératifs : Pierre Lagarde explique l’évolution des modèles d’IA, passant des modèles spécialisés à des modèles de fondation capables de traiter une variété de tâches. Il met en lumière l’importance des recherches sur ces modèles, soulignant l’émergence de modèles plus petits et spécialisés.
    • Transformation des processus : L’IA générative transforme en profondeur les processus grâce à sa capacité à comprendre et générer du langage naturel. Il présente des exemples concrets dans le domaine de la santé, comme l’analyse de texte et la génération de comptes-rendus médicaux.
    • Infrastructure et accélération : Les progrès dans les infrastructures permettent d’entraîner les modèles plus rapidement, réduisant significativement les délais. Cela ouvre la voie à de nouveaux scénarios d’utilisation de l’IA générative, notamment dans la détection de fraudes et l’amélioration de la qualité des services.
    • Détection des fraudes et fiabilité des données : les défis liés à l’authenticité et à la fiabilité des données, notamment dans le domaine médical sont majeurs. Il souligne comment l’IA générative peut contribuer à détecter les signaux faibles et identifier les fraudes en analysant des données structurées et non structurées.

    Construire la confiance dans les solutions d’IA générative », la mise en évidence la nécessité d’une approche équilibrée

    Tenir compte à la fois des avancées technologiques et des impératifs éthiques et réglementaires pour construire la confiance dans les solutions d’IA en santé, mais également identifier les sources de données accessibles pour se garantir des biais, tels sont les points clés partagés lors de la table ronde confrontant Béatrice Falise-Mirat, directrice scientifique de Care Insight, Claude Kirchner, directeur du Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE), Pr Guillaume Assié, professeur d’Endocrinologie à Cochin (APHP), et Aymeric Perchant, responsable du pôle compétence innovation et recherche au ministère du Travail, de la santé et des solidarités.

    • Enjeux de confiance : La nécessité de créer la confiance dans les écosystèmes d’IA a été mise en avant, avec l’humain au cœur des dispositifs. Les enjeux de souveraineté et de sécurité des données ont été soulignés, ainsi que la nécessité d’une supervision humaine continue.
    • Cadre réglementaire et politique : Les intervenants ont discuté du cadre réglementaire existant et de son adaptation nécessaire pour accompagner le développement de l’IA générative en santé. Des efforts sont en cours pour réguler les dispositifs médicaux et les données de santé, avec des initiatives telles que le règlement EHDS de l’UE.
    • Accès aux données : Les défis liés à l’accès aux données de santé ont été abordés, notamment la nécessité de garantir la sécurité et la confidentialité tout en facilitant leur utilisation pour la recherche et le développement de solutions d’IA générative.
    • Limites des politiques publiques : Les intervenants ont souligné les décalages entre les politiques publiques et les besoins pratiques sur le terrain, notamment en ce qui concerne le partage des données de santé. Des exemples concrets ont été donnés, mettant en lumière les obstacles à surmonter pour assurer un accès équitable et sécurisé aux données.

    Claude Kirchner a présenté les recommandations du CCNE sur l’utilisation des systèmes d’IA générative en médecine.

    • L’importance d’une adoption prudente de ces technologies par les acteurs économiques et les autorités publiques, avec des évaluations préalables et continues.
    • Les préoccupations environnementales liées à ces systèmes.
    • La nécessité d’une supervision humaine constante dans le domaine de la santé, tout en encourageant la recherche et la souveraineté numérique européenne.
    • L’éthique est un impératif tant pour la biomédecine que pour l’humanisme numérique, et que la compréhension et l’action sur ces enjeux sont cruciales à tous les niveaux.

     

    Les retours de Himss 2024 : points de vue des acteurs 

    Les représentants de deux délégations françaises ont partagé leur observations sur HIMSS24 : Monique Sorrentino, directrice générale du CHU de Grenoble Alpes, Carole Dorphin, directrice des partenariats du Health Data Hub, Emilie Passemard, Responsable du pôle Régulation et conformité, Délégation au numérique en santé (DNS), Cyril Charron, Réanimateur et Président commission numérique CME, AP-HP, Pr. Pascal Staccini, directeur de l’Information Médicale, Université Cote d’Azur, Thomas Klein, Directeur de la Stratégie Technologique, Microsoft, interrogés par Wassinia Zirar (APMnews) et Sandrine Degos (Care Insight).

    Monique Sorrentino et Carole Dorphin ont offert un aperçu complet des défis et des opportunités de la transformation numérique dans le domaine de la santé. Monique Sorrentino a souligné l’importance croissante de l’intégration des données dans les soins, mettant en avant les tendances émergentes telles que la médecine prédictive et la responsabilité populationnelle. Elle a également mis en lumière les différences dans les modèles de financement et d’organisation des soins entre la France et d’autres pays, dimensions à prendre en compte tant sur la capacité à déployer ces solutions qu’à piloter des organisations intégrées.

    Carole Dorphin a mis l’accent sur l’impact crucial des données dans l’optimisation des soins et la gestion hospitalière, en soulignant l’importance de la gouvernance des données et de l’interopérabilité des systèmes. Les deux intervenantes ont souligné l’enthousiasme croissant pour l’intégration de l’intelligence artificielle et des technologies numériques dans les pratiques de santé, tout en reconnaissant les défis persistants liés à la sécurité des données, à l’éthique et à la gestion des partenariats public-privé. Leurs interventions ont mis en évidence la nécessité d’une approche collaborative et centrée sur les données pour relever les défis actuels et améliorer la qualité des soins pour les patients.

    • Monique Sorrentino a souligné l’urgence et l’importance pour les établissements de santé d’adopter et d’intégrer les technologies numériques afin de relever les défis actuels et d’améliorer la qualité des soins. La transformation numérique est perçue comme une opportunité majeure pour repenser les pratiques cliniques et la gestion hospitalière, tout en répondant aux besoins évolutifs des patients et de la population dans son ensemble.
      • l’importance croissante de la data et des technologies numériques dans le système de santé, notamment en ce qui concerne l’automatisation, la personnalisation des parcours de soins et l’amélioration de l’expérience patient ;
      • l’importance des avancées en matière de médecine prédictive et préventive, ainsi que la nécessité d’une meilleure coordination des soins pour répondre aux besoins des patients de manière plus holistique et intégrée ;
      • l’utilisation d’outils numériques pour soutenir la responsabilité populationnelle a été identifiée comme un domaine d’action prioritaire, permettant aux établissements de santé de mieux répondre aux besoins de santé de la population sur leur territoire.
    • En se fondant sur les observations faites lors de la visite à la Cleveland Clinic et les échanges avec le Samsung Medical Center lors Learning expedition, Carole Dorphin met en lumière les progrès significatifs réalisés dans le domaine de la santé numérique, tout en soulignant les défis persistants liés à la gouvernance des données, à l’interopérabilité des systèmes et à l’éthique de l’utilisation des technologies numériques en santé. La collaboration entre les acteurs du secteur public et privé, ainsi que l’adoption d’une approche centrée sur les données, sont essentielles pour relever ces défis et améliorer la qualité des soins pour les patients.
      • l’importance des données dans l’organisation des soins : la visite à la Cleveland Clinic a mis en évidence l’impact crucial des données sur l’optimisation des soins et la gestion des opérations hospitalières. L’utilisation de l’IA pour collecter et analyser les données des patients, des professionnels de santé et des ressources hospitalières permet une meilleure orchestration des soins à travers les différents service ;
      • l’aide au diagnostic précoce grâce à l’IA, avec des avancées significatives dans le déploiement d’outils notamment en radiologie et en cancérologie. Ces outils permettent de détecter plus précocement des anomalies tissulaires invisibles à l’œil nu, ce qui peut avoir un impact majeur sur le pronostic et le traitement des patients ;
      • la gouvernance des données et la gestion des partenariats : une gouvernance structurée autour de la collecte, du partage et de l’utilisation des données est essentielle pour assurer leur sécurité et leur efficacité dans l’amélioration des soins. Les partenariats public-privé, tels que celui entre la Cleveland Clinic et IBM, sont également cruciaux pour développer et déployer des solutions innovantes dans le domaine de la santé numérique ;
      • L’importance de l’interopérabilité des systèmes de santé pour assurer la fluidité et la disponibilité des données aux professionnels de santé. L’intégration des données dans un entrepôt centralisé, accessible et réutilisable, permet aux soignants d’accéder rapidement aux informations pertinentes pour la prise en charge des patients.

     

    Emilie Passemard  a souligné que les États-Unis sont désormais attentifs aux réglementations européennes, voyant le marché européen comme une opportunité commerciale et s’intéressant notamment au RGPD. Elle a également évoqué le projet de règlement européen sur les données de santé, soulignant son importance pour l’harmonisation des pratiques et la facilitation des échanges avec les pays tiers à l’Union européenne.

    Quant aux solutions innovantes observées, Cyril Charron, a été impressionné par l’organisation de la Cleveland Clinic et a noté l’impact du numérique sur les pratiques médicales, en particulier dans les domaines de la sénologie et du diagnostic du cancer du sein. Il a également souligné les défis auxquels sont confrontés les hôpitaux français en termes de moyens et de ressources, notamment en comparaison avec les établissements américains. Cyril a souligné l’utilisation de la télémédecine et des systèmes de surveillance à distance, notant que bien que ces technologies puissent être utiles pour pallier aux pénuries de personnel soignant, leur mise en œuvre doit être réfléchie et éthique.

    Pascal Staccini a partagé ses réflexions et observations sur divers aspects de la visite du Winship Cancer Institute à Atlanta, ainsi que sur les enjeux de la formation des professionnels de santé et de l’intégration des patients dans le processus de soins.

    Thomas Klein a abordé plusieurs points  concernant l’impact de Dax, dans les établissements de santé américains. Dax est présenté comme une solution intégrée dans la suite de Microsoft, permettant de capturer et d’analyser les données lors des consultations médicales. L’intelligence artificielle est utilisée pour extraire les informations pertinentes, ce qui permet d’améliorer l’efficacité des consultations et de réduire le temps administratif. Le bénéfice est notamment un gain de temps pour les soignants, médecins et infirmiers, évalué à 7mn par consultation.

    La conférence a également été l’opportunité de sonder les personnes présentes sur leur niveaux de confiance en GenAI en santé, Découvrez les résultats en infographie.

    Infographie Confiance en GENAi
    Sondage réalisé le 5 avril 2024

     

    Retrouvez l’intégralité des vidéos de cet évènement :

     

  • Etude : les conseils médicaux délivrés par l’IA manquent de précision (AJPM)

    La prévention, un champ laissé au numérique

    En un petit quart d’heure – le temps moyen d’une consultation-, les médecins n’ont souvent pas le temps de donner des conseils de prévention. Des récentes études, certes américaines, ont montré que seuls 8% des patients âgés de 35 ans et plus ont reçu tous les services préventifs prioritaires recommandés par le Groupe de travail sur les services préventifs des États-Unis (USPSTF) ou le Comité consultatif sur les pratiques d’immunisation des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC). Faute de quoi, les malades se tournent évidemment vers les ressources les plus accessibles, c’est-à-dire internet mais aussi des robots conversationnels tels que ChatGPT.

    Le poids des robots conversationnels :

    Etant donné l’attrait suscité par ce modèle d’IA, des chercheurs américains de la Cleveland Clinic Foundation ont mené une visant à évaluer la capacité de ChatGPT version GPT-4 et de Bard de Google à fournir des recommandations précises liées à la médecine préventive et aux soins primaires. Ils ont donc élaboré 56 questions portant sur les directives de dépistage, les stratégies préventives et la gestion des maladies courantes. Les réponses de ChatGPT et de Bard ont ensuite été examinées indépendamment par deux médecins qui les ont classées comme “précise” si elle incluait des recommandations complètes et basées sur les directives, “inexacte” si elle incluait des informations inappropriées et/ou fausses, ou “précise avec des informations manquantes” si elle incluait des éléments précis mais manquait de détails essentiels que le patient jugerait utiles. En cas de désaccord entre les 2 médecins, un troisième jouait le rôle d’arbitre.

    Les résultats de cette étude ont été publiés dans l’American Journal of Preventive Medicine.

    Résultats : l’IA répond correctement à moins de la moitié des questions

    • 28,6 % des réponses générées par ChatGPT-4 ont été jugées précises, 28,6 % inexactes et 42,8 % précises avec des informations manquantes.
    • 53,6 % des réponses générées par Bard ont été jugées précises, 17,8 % inexactes et 28,6 % précises avec des informations manquantes.
    • Les réponses aux questions sur la vaccination ont affiché des taux d’inexactitude de l’ordre de 80%.

    Globalement, les deux modèles d’IA ont donc répondu précisément à 30 à 50 % des questions. Et « des inexactitudes considérables ont été observées pour les questions liées à la vaccination », soulignent les auteurs de l’étude. ” Cela peut être surprenant, étant donné la technologie avancée derrière ces modèles, a déclaré Andrei Brateanu, le dernier auteur. Tous les LLM, y compris ChatGPT-4 et Bard, fonctionnent à l’aide d’algorithmes mathématiques complexes. Le fait que les deux modèles aient produit des réponses avec des inexactitudes ou des informations cruciales omises met en évidence le défi continu de développer des outils d’IA capables de fournir des conseils médicaux fiables. ”

    Cependant, ChatGPT s’est montré nettement moins précis dans ces réponses que le modèle de Google. Cela est sans doute dû au fait que Bard met à jour continuellement ses informations, contrairement à ChatGPT.

    L’indispensable relation humaine :

    Par ailleurs, les chercheurs estiment que “les modèles ont fréquemment fourni des informations correctes sans les détails que les médecins partageraient généralement avec les patients”. Les outils d’IA ne doivent, par conséquent, pas être considérés comme des remplacements des médecins, mais plutôt comme des ressources complémentaires. “Alors que nous incorporons la technologie IA dans les soins de santé, il est crucial de veiller à ce que l’essence des soins de santé reste fondamentalement humaine”, a conclu Andrei Brateanu.

     

     

    *Accuracy of Online Artificial Intelligence Models in Primary Care Settings

    Hoseph Kassab, Abdel Hadi El Hajjar, Richard M. Wardrop III, Andrei Brateanu

    American Journal of Preventive Medicine

    February 12, 2024. DOI:https://doi.org/10.1016/j.amepre.2024.02.006

  • Innovation : lancement du tiers-lieu d’expérimentation Bopex et de la plateforme Prim3D à l’AP-HP

    Un tiers lieu d’expérimentation dédié au bloc opératoire

    Créé en octobre 2023, le tiers-lieu d’expérimentation Bopex est le fruit d’un consortium réunissant l’AP-HP, Medicen et l’Université Paris-Saclay. Bénéficiant d’un soutien financier jusqu’à fin 2026, ce projet fait partie des 10 lauréats de la première vague de l’appel à projet (AAP) “Tiers lieux d’expérimentation” lancé dans le cadre de France 2030 et du Plan Innovation santé 2030.

    Bopex vient prolonger la série des projets engagés depuis plusieurs années à travers la chaire d’innovation “Bloc opératoire augmenté” et d’autres initiatives lancées par l’AP-HP. Il concentre ses efforts sur des solutions permettant d’augmenter :

    • la qualité et la sécurité des soins en chirurgie et en anesthésie ;
    • la qualité de vie au travail des professionnels du bloc opératoire ;
    • et l’efficience des organisations.

    Ce tiers-lieu se donne également pour missions de :

    • susciter l’émergence et conduire des projets structurants de co-développement et d’expérimentations financés par l’État ;
    • faciliter l’accès des industriels à l’expertise hospitalo-universitaire pour garantir l’intégration des besoins hospitaliers et de la vision des soignants, tout au long du cycle de l’innovation ;
    • et faire émerger et animer une communauté d’innovateurs.

     

    3 projets en cours de développement :

    On compte à ce jour 3 projets de co-développement accueillis par Bopex et menés autour :

    1. de la génération automatique de comptes-rendus opératoires augmentés ;
    2. d’un jumeau numérique pour améliorer la chirurgie mini-invasive du foie ;
    3. et du développement de technologies permettant de créer des contenus immersifs pour former les professionnels des blocs.

     

    L’ensemble de ces efforts visent :

    • à maintenir et accentuer le positionnement de l’AP-HP comme lieu de développement et d’évaluation ;
    • ainsi qu’à faire émerger et animer une communauté d’innovateurs constituée de médecins, de soignants et de personnels administratifs engagés autour des enjeux d’innovation au bloc opératoire.

     

    Pallier au manque de solutions industrielles adaptées avec Prime3D

    Laboratoire interne de prototypage couplé à un service de conception et d’ingénierie mutualisé, Prim3D prend en compte la spécificité des besoins hospitaliers pour proposer un accompagnement réactif et sur mesure ainsi qu’une expertise technique à la pointe de la technologie. Afin de pallier rapidement au manque de solutions industrielles adaptées, la plateforme propose un service de production de micro-séries ou de pièces uniques à la demande, permettant :

    • d’améliorer les conditions de travail des hospitaliers ;
    • d’améliorer la formation des soignants ;
    • de diminuer l’obsolescence d’équipements onéreux ;
    • de diminuer les déchets hospitaliers.

     

    Installée au cœur du bâtiment Ady Steg, nouveau site d’innovation et de formation de l’AP-HP, cette plateforme d’impression 3D s’adresse “à l’ensemble des équipes de l’AP-HP, tous corps de métiers confondus”. Elle compte également proposer, à terme, la production de certains types de dispositifs médicaux.

    D’autres initiatives portées par l’AP-HP

    En janvier 2023, l’AP-HP mis en place un réseau national regroupant les plateformes d’impression 3D des CHU français, dans le but d’harmoniser les pratiques en France et en Europe. En parallèle, un futur campus chirurgical sera érigé pour former les prochaines générations de professionnels de santé.

    L’implantation de ces équipes sur le site de l’ancien hôpital Broussais préfigure également la création du “Campus chirurgical du Grand Paris”, projet porté par l’AP-HP et les universités franciliennes partenaires et soutenu par l’État. Ce projet souhaite accompagner les évolutions de la chirurgie en offrant une formation aux nouvelles générations de professionnels de la salle d’opération, en les mettant en contact direct avec les innovations qui façonneront l’avenir des soins aux patients, tout en améliorant leur qualité et leur sécurité.

     

     

  • IA générative : 40 mesures pour faire de la France et de l’Europe des leaders d’ici 5 ans (Hub FranceIA)

    Se démarquer dans le respect des valeurs européennes

    Après une note, publiée en mai 2023, sur les usages et les impacts de ChatGPT et de l’IA générative, ce nouveau rapport du Hub France IA comporte 40 propositions pour faire de la France et l’Europe des leaders de l’IA générative dans le respect des valeurs européennes. Créé en 2017, le Hub FranceIA est une association qui compte aujourd’hui près de 170 membres et partenaires (start-ups, grandes entreprises et institutions de l’écosystème français et européen). Sa mission consiste en la promotion d’une IA de confiance au service des secteurs public et privé. Dans ce rapport, le Hub identifie 4 objectifs principaux qui “doivent être tenus pour permettre à la France et à l’Europe de se démarquer pour devenir d’ici 5 ans les leaders de l’IA générative dans le respect des valeurs européennes” :

    • développer une approche holistique, respectueuse de l’environnement et des règles éthiques européennes, rassemblant fournisseurs, consommateurs publics et privés ;
    • anticiper les évolutions de l’IA en structurant le marché de l’accès aux données d’entraînement et l’architecture des supercalculateurs européens autour des prochaines ruptures ;
    • garantir un environnement qui permette l’émergence d’un marché réellement concurrentiel tout en préservant le marché des médias et de la culture ;
    • apporter le soutien nécessaire à la montée en compétence mais également à la gestion des risques et la mise en œuvre des réglementations.

     

    Une adoption rapide par les entreprises

    L’état des lieux des marchés français et européen de la IA générative, dressé par le Hub FranceIA, montre une adoption rapide de cette technologie, tant dans le monde professionnel que dans la sphère personnelle des citoyens. Par ailleurs, un intérêt croissant par les entreprises est observé, notamment pour des projets destinés à améliorer l’efficacité opérationnelle. Une adoption rapide qui n’est pas sans questionner sur les risques potentiels suivants :

    • la mauvaise utilisation des technologies ;
    • les questions relatives à la propriété intellectuelle ;
    • la protection des données ;
    • et la fracture numérique.

     

    Un potentiel prometteur en Europe, mais un grand retard à rattraper :

    Le rapport souligne également le fait que les entreprises cherchant à exploiter des modèles d’IA générative ont largement tendance à se tourner vers des entreprises américaines. Ce qui peut s’expliquer, selon ses auteurs, par les tarifications avantageuses qu’elles proposent et la qualité de leur expérience utilisateur.

    Sur le continent européen, l’offre dans le domaine de l’IA générative “peine à décoller”, malgré un potentiel de développement prometteur : en effet, précise le Hub, 10,6 % des start-ups européennes se spécialisent dans ce domaine, armi elles, 17,5 % sont en France, selon une autre étude intitulée “Generative AI in the European Startup Landscape 2024“, publiée en janvier dernier. Ce retard s’expliquerait par divers obstacles freinant la croissance des entreprises comme le manque de financements, la réglementation européenne et les craintes qu’elle suscite.

    Distribution géographique des start-ups européennes spécialisées dans l'IA générative - @ AppliedAI Institute for Europe
    Distribution géographique des start-ups européennes spécialisées dans l’IA générative – @ AppliedAI Institute for Europe

    Des leviers pour développer l’IA générative en France et en Europe :

    Le rapport identifie plusieurs leviers pour faire de la France et de l’Europe des leaders mondiaux de l’IA générative, à savoir :

    • stimuler et soutenir la croissance de l’écosystème ;
    • faciliter l’accès aux données dans un cadre de confiance ;
    • accompagner les entreprises dans la gestion des risques et la régulation ;
    • piloter et optimiser l’empreinte environnementale ;
    • mais aussi accélérer la montée en compétence pour favoriser l’adoption.

     

    Cela devrait, selon le Hub FranceIA, s’accompagner d’un investissement massif de plusieurs dizaines de milliards d’euros, soutenu par les secteurs public et privé. Mais aussi “des investissements en achats publics et privés d’une valeur au moins équivalente”.

     

    Les 40 recommandations du Hub FranceIA

    1. Favoriser la souveraineté et l’excellence :

    Pour améliorer l’entraînement des modèles d’IA générative, le Hub préconise notamment de faciliter l’accès pour les start-ups à l’EuroHPC (une initiative européenne et un partenariat public-privé dans le domaine du calcul à haute performance), d’optimiser les choix d’architecture et d’encourager la compétitivité pour réduire les délais et coûts d’accès aux processeurs graphiques (GPU). Pour réussir l’intégration des IAG, le rapport recommande de proposer des bacs à sable pour stimuler l’innovation et favoriser l’émergence de briques d’intégration européennes via des achats publics et en améliorant l’accessibilité dans les places de marché des “hyperscalers” et des intégrateurs.

    2. Stimuler et soutenir la croissance de l’écosystème

    Pour stimuler l’innovation et l’adoption de l’IA en Europe, le Hub propose de de lancer un défi “EU foundation model” et d’accélérer l’initiative “IEC Scale-up Europe”, mais aussi de favoriser l’open source pour garantir l’indépendance et réduire les barrières à l’entrée, ainsi que de rendre obligatoire l’accès aux modèles des “hyperscalers” en dehors de leurs environnements cloud pour encourager la concurrence. Le Hub recommande également de sécuriser un quota de marchés publics pour les startups françaises et adapter les processus de référencement en conséquence pour soutenir l’innovation locale.

    3. Faciliter l’accès aux données dans un cadre de confiance

    Pour renforcer la souveraineté numérique européenne, le Hub propose de créer des fédérations de bases de données européennes normalisées, hébergées sur un cloud européen souverain, et de mettre en place des bacs à sable pour l’entraînement des modèles. Parallèlement, la mise en œuvre d’un marché unique de la donnée et une réflexion sur la gestion des droits d’auteur sont recommandées pour favoriser l’accès équitable aux données.

    4. Accompagner les entreprises dans la gestion des risques et la régulation

    Pour garantir une mise en place équilibrée de l’AI Act, le Hub FranceIA recommande de déployer un dispositif d’accompagnement pour les fournisseurs et les utilisateurs de solutions d’IA, incluant des retours d’expérience pour faire évoluer les mesures les plus problématiques. En outre, il préconise de faciliter l’accès à des outils de conformité pour les données, les modèles et l’inférence, tout en intégrant la taxonomie et les recommandations du NIST pour “prévenir les risques cyber”.

    5. Piloter et optimiser l’empreinte environnementale

    Pour promouvoir une utilisation responsable de l’IA générative, le Hub recommande de déployer un cadre normalisé pour l’analyse du cycle de vie intégrant le hardware, l’entrainement et l’inférence, ainsi que de valoriser la frugalité des solutions européennes et l’énergie décarbonée française comme un avantage compétitif. En outre, il  d’acculturer et d’éduquer les utilisateurs sur les enjeux environnementaux pour diriger l’utilisation de l’IAG uniquement là où elle est nécessaire, et d’accompagner les développeurs vers des approches plus frugales selon les cas d’usage. Il convient également d’inciter les fournisseurs à orienter vers des modèles pertinents et frugaux, de favoriser les solutions open source pour éviter le gaspillage de ressources, et de mesurer les incidences environnementales pour mieux les piloter.

    6. Accélérer la montée en compétence pour favoriser l’adoption

    Pour promouvoir une utilisation responsable et productive de l’IAG, le Hub insiste sur l’importance de favoriser l’enseignement de l’informatique et de l’IA dès l’école primaire, d’établir une cartographie des besoins en compétences d’IAG dans les entreprises, et d’accélérer le processus de labellisation des nouvelles formations. De plus, il propose de promouvoir la transparence des solutions intégrant de l’IAG pour faciliter leur acceptabilité, et de mettre en place un observatoire de l’IAG pour piloter l’évolution de son adoption, de ses usages et de ses impacts, en s’appuyant sur des initiatives telles que le projet européen DeployAI.