Actualité

  • UK : le casque de réalité augmentée d’Apple utilisé dans une opération chirurgicale

    L’apport de la réalité augmentée en chirurgie

    C’est donc une première au Royaume-Uni. L’équipe de chirurgiens de l’hôpital Cromwell à Londres a opéré la colonne vertébrale d’un patient en utilisant le casque Vision Pro d’Apple. Pendant l’opération, l’infirmière a eu accès aux scanners préopératoires du patient, à la position des instruments chirurgicaux et aux instructions étape par étape de la procédure.

    En chirurgie, la réalité augmentée promet :

    • d’améliorer la précision et l’efficacité : l’accès instantané aux informations vitales peut aider les chirurgiens à prendre des décisions plus précises et à effectuer les interventions plus rapidement ;
    • de réduire les risques d’erreur : la technologie peut aider à prévenir les erreurs humaines en fournissant des instructions et des informations contextuelles ;
    • ainsi que de favoriser la collaboration : le partage d’informations en temps réel entre les chirurgiens et les autres membres de l’équipe chirurgicale peut améliorer la communication et la coordination des soins.

     

    Le NHS en contact avec Exex

    Deux fonds du NHS England sont actuellement en pourparlers avec Exex, la société qui développe l’intelligence artificielle (IA) utilisée dans le casque d’Apple. L’objectif serait d’intégrer cette solution dans ses services de santé.

    Conçu à l’origine pour créer une ambiance immersive pour les spectateurs de films ou de jeux vidéo, Vision Pro se révèle d’une grande utilité dans le domaine chirurgicale. Une adoption généralisée de cette solution par le NHS pourrait faire de l’Angleterre un leader dans la chirurgie innovante.

     

     

  • Création d’Enosium, nouvelle société spécialisée dans les services scientifiques pour l’industrie de la santé

    Devenir un leader européen en 5 ans

    Soutenue par Otium Capital, un acteur français de l’investissement privé, Enosium Life Science a pour ambition de devenir un leader européen des services scientifiques pour les industries de santé dans les 5 prochaines années. L’entreprise a été fondée par le Dr Antoine Amer, expert du secteur pharmaceutique fort d’une expérience de 20 ans dans la direction générale de groupes européens et internationaux. A la tête d’Enosium, il espère aider les laboratoires de la Pharma, la biotech et la Medtech dans le lancement de nouveaux médicaments et dans leur développement commercial.

    Mêler l’agilité entrepreneuriale et l’envergure d’un groupe international :

    La vision d’Enosium est de “fédérer les meilleures expertises à travers l’Europe” afin d’offrir aux acteurs de l’industrie de santé “une gamme complète unique de services scientifiques”. L’objectif est d’aider les industriels de la santé à mieux répondre aux enjeux du secteur “afin de permettre un accès plus rapide et plus large des patients européens aux innovations médicales”, explique Antoine Amer.

    Pour y arriver, Enosium compte sur un modèle innovant qui allie “l’ultra-expertise locale” et l’agilité des entrepreneurs derrière ce projet avec les standards et les synergies d’un groupe international.

    Une stratégie d’acquisition ciblée

    Enosium Life Science annonce poursuivre une stratégie d’acquisition ciblée pour “construire un groupe multi-spécialiste et de dimension européenne, actif sur l’ensemble de la chaine de valeur des produits de santé depuis le développement clinique jusqu’à la
    commercialisation”.

    Cette démarche repose sur une stratégie d’acquisitions ciblées autour de 5 métiers fondamentaux :

    • la recherche clinique ;
    • les affaires réglementaires ;
    • l’accès au marché et la valorisation médico-économique ;
    • les affaires médicales ;
    • et le marketing.

     

    L’entreprise compte se distinguer par “une offre unique en Europe qui regroupera des services intégrés et complémentaires pour répondre aux besoins critiques” du secteur. Il s’agit de prestations de conseil “sur-mesure ainsi que des solutions innovantes
    et pointues dans chaque domaine grâce à sa communauté d’experts européens”.

     

  • IA générative : Google Cloud présente ses nouveaux outils au service de la santé

    Une aide aux professionnels mais pas un DM

    Basé sur un algorithme de grand modèle de langage (LLM), MedLm est actuellement en cours de test par des clients de Google Cloud, comme la Mayo Clinic. Il propose plusieurs fonctionnalités aux professionnels de santé :

    • des réponses aux questions d’ordre médical pour les patients ;
    • une génération automatique de résumés de documents médicaux (compte-rendu de consultation, note sur les antécédents médicaux du patient, etc.) en gardant les informations pertinentes du textes originales ;
    • un API pour classer les radiographies pulmonaires ;
    • un API pour la génération de chronologies dans l’affection des patients ;
    • ainsi qu’une mise à jour des tâches des infirmières aux moments de passation des gardes.

     

    Malgré ses avancées technologiques, Google Cloud souligne que MedLm n’a pas été conçu ou développé pour être utilisé comme dispositif médical (DM) : “Tout résultat doit être validé par un professionnel de santé, et aucun diagnostic ne doit être posé directement” en utilisant sa solution.

    Les usages de Vertex AI

    Le logiciel Vertex AI, développé par Google, permet de créer une fonction de recherche générative. En santé, il propose notamment :

    • d’aider les professionnels de santé à analyser rapidement les données des patients et leurs notes cliniques ;
    • d’offrir une expérience utilisateur semblable à Google.com ;
    • et d’être disponible sous forme d’interface de programmation d’application (API) rendant possible une personnalisation de son usage.

     

     

  • IA : l’OCDE recommande de mettre en place des actions collectives pour augmenter la confiance en l’IA

    Pour une IA en santé responsable

    L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) est l’un des organismes européens ayant à cœur de créer un environnement sain pour l’utilisation de l’IA en général, et dans le secteur de la santé en particulier. Son objectif est de faire profiter ce dernier de tous les bienfaits de cette technologie. Avant ce rapport publié en janvier 2024, l’OCDE avait déjà publié ses principes sur l’IA en 2019, créé en 2020 le Réseau d’experts en IA de l’OCDE (ONE.AI), et mis au point un cadre pour la classification des systèmes d’IA en 2022. En 2023, elle a créé la base de données AI Incidents Monitor (AIM) pour “aider les décideurs politiques, les praticiens de l’IA et les parties prenantes du monde entier à obtenir des informations précieuses sur les dangers qui concrétisent les risques liés à l’IA”.

    Dans ce nouveau rapport, l’OCDE explique que la santé est très en retard sur l’adoption de l’IA par rapport à d’autres secteurs économiques critiques, comme l’aéronautique ou la finance. Pourtant, le premier dispositif médical  (DM) alimenté par l’IA approuvé par la Food & Drug Administration (FDA), aux Etats-Unis, l’a été en 1995 et a été utilisé pour aider les pathologistes dans la reconnaissance de cellules anormales lors de frottis cervicaux.

    De nombreuses barrières empêchent un usage responsable de l’IA en santé :

    Malgré cette présence en santé depuis plus de 30 ans, l’IA n’arrive pour autant pas à tirer son plein potentiel. L’OCDE explique que ce retard est dû au manque d’environnement permettant d’utiliser et de développer une intelligence artificielle responsable et que ce manque représente un réel frein pour l’utilisation du plein potentiel actuel de l’IA. En effet, les promesses de l’IA sont actuellement entravées par de nombreuse barrières telles que “la faiblesse des bases numériques et des données, caractérisées par une gouvernance inégale des données de santé, un manque de preuves, une adoption incohérente des normes technologiques et des ressources limitées pour concevoir, mettre en œuvre, maintenir et surveiller de nouvelles solutions”.

    De plus, l’OCDE a relevé plusieurs risques de l’IA sur le secteur de la santé et qui renforcent la nécessité de la mise en place d’actions collectives pour créer un environnement permettant un usage responsable de l’IA en santé. Si l’OCDE n’invente là rien de nouveau, elle étaye son propos en expliquant que l’IA peut être dangereuse pour le secteur de la santé parce que :

    • les solutions qui en sont dotées risquent d’être construites sur des données biaisées ou à partir de fausses informations ;
    • elles pourraient être alimentées par de nombreuses données sans veiller à respecter la vie privée des patients ou sans sécuriser ces données ;
    • elles pourraient aussi parfois être difficiles à comprendre ;
    • enfin, leur utilisation pourrait conduire à une dé-personnalisation des soins.

     

    4 types d’actions recommandés

    Dans son rapport, l’OCDE préconise 4 types d’actions pour permettre un usage responsable de l’IA en santé :

    1️⃣ Des actions pour augmenter la confiance en l’IA dans le secteur de la santé :

    L’un des principaux freins à l’utilisation de l’IA en santé est le manque de confiance qui est présent, tant du côté des professionnels de santé que du côté des patients : plusieurs sondages ont montré que près de deux tiers des patients ne sont pas à l’aise avec le fait d’être traité grâce à des outils dotés d’intelligence artificielle.

    L’OCDE propose donc plusieurs actions pour augmenter la confiance en l’IA dans le secteur de la santé, notamment :

    • prendre en compte les préoccupations du public et des praticiens et impliquer les parties prenantes de l’IA dans le débat pour rappeler les opportunités, les risques et les contrôles opérés ;
    • informer publiquement et superviser les performances de l’IA ;
    • mettre en place des règles pour le contrôle des données de santé ;
    • et mettre en place pratiques responsables en matière d’IA et contrôler leur respect par un organe.

     

    2️⃣ Des actions pour renforcer les capacités des personnes utilisant l’IA :

    L’OCDE explique que pour que l’utilisation de l’IA soit centrée sur l’humain, il est nécessaire de renforcer les capacités du personnel de santé à participer à la conception et à l’utilisation de l’IA, aux décideurs politiques de guider et de superviser leur mise en œuvre, et aux professionnels de développer, déployer, exploiter et faire évoluer les solutions d’IA.

    L’organisation propose donc plusieurs actions pour renforcer les capacités des personnes utilisant l’IA, notamment :

    • développer une culture basée sur l’IA et les données et cela pour toutes les parties prenantes ;
    • former les étudiants du secteur de la santé, ainsi que les praticiens déjà en poste et continuer à les former à mesure que l’IA évolue ; 
    • et mettre en oeuvre des moyens suffisants soutenir le développement de solutions d’IA responsables, tel qu’un investissement à hauteur de 10 % dans le technologie de la part du secteur de la santé, alors qu’actuellement les dépenses pour la technologie avoisinent les 5 %.

     

    3️⃣ Des actions pour évaluer, valider et faire évoluer les solutions d’IA :

    L’OCDE explique qu’il est important pour les patients, les cliniciens et les décideurs politiques de santé de “comprendre comment évaluer et mettre à jour au mieux les solutions d’IA sur la base de nouvelles informations et du progrès techniques et qu’il est préférable de coordonner ces activités d’évaluation au-delà des frontières pour partager des informations et les méthodes pour déployer à l’échelle des innovations responsables en matière d’IA.

    Parmi les actions que l’OCDE propose dans cette partie :

    • évaluer l’impact des investissements dans l’IA et dans le numérique en santé en mesurant par exemple la disponibilité de données de qualité pour les innovations en IA ou l’ampleur des déploiements d’IA ;
    • évaluer les capacités de l’IA, au travers par exemple de l’impact qu’il pourrait avoir dans le productivité des soignants ;
    • et faire évoluer les solutions d’IA pour de nouvelles populations et facteurs environnementaux et ne pas garder une base statique qu’on utiliserait pour chaque populations.

     

    4️⃣ Des actions collectives pour accélérer l’intégration de l’IA en santé :

    Pour l’OCDE, la mise en place d’actions collectives qui intègrent toutes les parties prenantes permettra d’atténuer le risque d’élargissement de la fracture numérique qui peut être causée par le développement de “solutions d’IA sur mesure des établissements de santé et uniquement disponibles pour des clients fortunés sans plan ni capacité de s’étendre à des populations plus larges à l’intérieur et au-delà des frontières”.

    L’OCDE propose donc plusieurs actions collectives :

    • adopter une approche “agile” en matière de réglementation et de surveillance de l’IA en santé ;
    • mettre en place des partenariats public-privé-personne-prestataire ;
    • améliorer la gouvernance des données de santé ;
    • et mettre en place un leadership et des collaborations pour un impact collectif.

     

  • Etude : une IA prédit correctement le risque d’arythmie cardiaque mortelle (European Heart Journal)

    Un réseau neuronal profond pour stratifier le risque d’arythmie

    La fibrillation ventriculaire est la forme d’arythmie la plus grave. Le cœur bat si rapidement que la pression sanguine chute, ce qui peut rapidement entraîner une perte de conscience et la mort subite si elle n’est pas traitée immédiatement. Or, dans 90 % des cas, les défibrillateurs externes ne sont pas utilisés et les directives actuelles sur les défibrillateurs implantables ne sont pas suffisamment précises. Seuls 20 % des arythmies ventriculaires (AV) relèvent de ce dispositif. Le taux de mortalité de cette forme d’arythmie est par conséquent élevé.

    Des chercheurs de l’université de Leicester ont donc développé un réseau neuronal profond pour stratifier le risque d’AV en utilisant des électrocardiogrammes ambulatoires de routine. Le but étant de prédire la capacité d’AV à partir du rythme cardiaque normal d’un patient. Ils ont inclus 270 adultes, dont 159 ont présenté des arythmies létales dans leur étude multicentrique. Dans le cadre de leur suivi, ces patients avaient des ECG ambulatoires. Les résultats de ces examens pratiqués entre 2014 et 2022 ont été comparés rétrospectivement à tous les électrocardiogrammes ambulatoires sans AV grâce à leur outil d’intelligence artificielle (IA) nommé VA-ResNet-50. « Nous avons recueilli le plus grand ensemble de données Holter ECG associées », précisent les auteurs de ces travaux dont les résultats ont été publiés dans le European Heart Journal.

    Résultats : prédiction correcte dans 4 cas sur 5

    • Le modèle d’IA a classé correctement 76 % des cas d’AV, avec un intervalle de confiance de 95 %.
    • Le score F1, qui est une moyenne pondérée de précision, était de 0,79 (1 est le score parfait et 0 le pire).
    • L’aire sous la courbe de ROC était de 0,8 (1 est le score parfait et 0,5 représente un modèle aléatoire).
    • Le risque d’obtenir un résultat positif pour l’AV était environ 2,87 fois plus élevé chez les individus évalués par le modèle par rapport à ceux non évalués.

     

    Ces résultats indiquent que le modèle d’IA parvient à prédire correctement le risque d’AV à partir d’un ECG normal. “Nous avons constaté que l’outil d’IA prédisait correctement quel cœur de patient était capable d’AV dans 4 cas sur 5, précisent les auteurs de l’étude. Si l’outil indiquait qu’une personne était à risque, le risque d’événement léthal était trois fois plus élevé que chez les adultes normaux. » Le recours à l’IA pourrait donc permettre, à terme, de mieux allouer les défibrillateurs implantables et donc ainsi sauver des vies.

    Les ECG ambulatoires enregistrés pendant les activités quotidiennes normales d’un patient contiennent donc bien des signaux pour stratifier le risque d’AV et il est possible de les analyser à l’aide d’un notre réseau neuronal profond ; en l’occurrence le VA-ResNet-50 qui est en code source ouvert. « Une validation prospective au sein d’autres cohortes » est cependant prévue.

     

    *Artificial intelligence for ventricular arrhythmia capability using ambulatory electrocardiograms

    Joseph Barker, Xin Li, Ahmed Kotb, Akash Mavilakandy, Ibrahim Antoun, Chokanan Thaitirarot, Ivelin Koev, Sharon Man, Fernando S Schlindwein, Harshil Dhutia, Shui Hao Chin, Ivan Tyukin, William B Nicolson, G Andre Ng,

    European Heart Journal – Digital Health, 2024;, ztae004, https://doi.org/10.1093/ehjdh/ztae004

  • Quelle stratégie en santé numérique et data la Finlande déploie-t-elle ?

    Historique des différentes stratégies mise en place

    Depuis la stratégie e-santé 1995-1998, de nombreuses mises à jour et évolution ont été mise en place afin que les stratégies en santé numérique soient en phase avec les besoins changeants du système de santé et en accord avec les avancées technologiques. Le gouvernement finlandais a promu dès le début des années 2000 le dossier électronique patient et a mis en place des législations pour les rendre interopérable.

    La stratégie de 2015-2020 intitulé « Information pour soutenir le bien-être et le renouvellement des services, stratégie e-santé et e-social 2020 » était axée sur 6 thèmes :

    • 1️⃣ les citoyens en tant qu’utilisateurs de services ;
    • 2️⃣ les professionnels de santé ;
    • 3️⃣ le système de services ;
    • 4️⃣ la gestion de l’information et des connaissances ;
    • 5️⃣ la gouvernance et la coopération en matière de gestion de l’information ;
    • 6️⃣ et l’infrastructure.

     

    La mise en œuvre de cette stratégie a été poursuivi au-delà de 2020 et des plans d’implémentation ont été mis en place pour améliorer les compétences numériques des citoyens et résidents en Finlande.

    Vers une stratégie 2024 plus flexible

    La stratégie en santé numérique 2024 intitulé « Stratégie de numérisation et de gestion de l’information dans le domaine de la santé et de la protection sociale » a été annoncé en décembre 2023. Celle-ci met l’accent sur la flexibilité et vise à construire des services numériques qui aident les individus à maintenir indépendamment leur bien-être, leur santé et leur capacité de travail.

    Cette stratégie a été développé dans le cadre du Programme du Gouvernement du premier ministre Orpo pour répondre aux objectifs de digitalisation des services afin de promouvoir de nouveaux modes de fonctionnement dans les services de santé tels que la télémédecine et les services mobiles.

    Vision pour la santé numérique : « bâtir des fondations numériques solides pour les services de santé et les services sociaux »

    L’objectif de cette vision est d’offrir des services flexibles et efficaces, permettant l’indépendance des individus dans le maintien de leur bien-être et de leur santé, tout en garantissant la qualité et la durabilité des services basés sur des données.

    Ainsi, les 3 axes de cette vision sont les suivants :

    • l’indépendance du citoyen : afin que celui-ci puisse prendre soin de lui ou de ses proches de manière autonome ;
    • la flexibilité et l’efficacité : afin de réduire la charge de travail du personnel médical ;
    • les données probantes : afin d’avoir toujours des services de meilleur qualité et durables.

    4 objectifs stratégiques pour réaliser la vision :

    La stratégie a pour objectif de permettre aux citoyens de prendre en charge leur bien-être et santé grâce à solutions numériques efficaces, à ce que tous les comtés de services de bien-être utilisent les canaux numériques pour leurs services, à réduire la charge de travail du personnel de santé et des services sociaux grâce à l’optimisation de l’utilisation de l’information et à l’introduction de solutions numériques, et à assurer un accès étendu à des informations fiables et à jour pour les décideurs et les chercheurs.

    1️⃣Autonomie des individus dans la gestion de leur bien-être et de leur santé

    2️⃣Priorité aux canaux numériques dans les services de bien-être

    3️⃣Allègement de la charge de travail du personnel de santé et des services sociaux

    4️⃣Accès étendu à l’information pour les dirigeants et les chercheurs

    Les 13 tâches de la stratégie finlandaise

    Les tâches Objectif Responsables de la tâche Calendrier prévu
    1. Mise en place d’un centre national pour la santé numériques et les services sociaux orienté conseil client et service. Garantir que les services numériques sont utilisés dans tous les centres de santé et de service sociaux Coopération régionale, ministère des Affaires Sociales et de la Santé, Institut Finlandais pour le Bien-être de la Santé 2023-2024 à fin 2025
    2. Développement de modèles opérationnels et interfaces numériques dans les comtés de services de bien-être. Etablir des modèles interopérables sur une base opérationnel pour les comtés de services de bien-être Développement régional et coopération, éventuel soutien et évaluation nationaux 2023-2024 à fin 2027
    3. Donner aux patients accès à leurs propres données. Empowered patient Ministère des Affaires Sociales et de la Santé (travail législatif), Institut Finlandais pour le Bien-être de la Santé (modèles opérationnels), Kanta Kela Mi-2024 à 2026
    4. Participation des clients aux services. Cette tâche vise à réduire les inégalités et l’exclusion numérique en soutenant l’inclusion des individus Coopération élargie 2024 à 2035
    5. Développement de modèles opérationnels numériques pour le bien-être et les tâches de service. Soutenir la prévention et l’utilisation de services favorisant le bien-être Développement régional et coopération soutenus par un acteur national 2024 à 2035
    6. Garantie de la qualité des données. Mise en place de normes de qualité pour la collecte et éviter la redondance des données Institut Finlandais pour le Bien-être de la Santé, Institution d’Assurance Sociale de Finlande, coopération régionale 2023-2024 à mi-2025
    7. Politiques d’interopérabilité et sélection des modèles de données. Garantir l’interopérabilité sémantique en introduisant les modèles de données nécessaires guidant la production, le transfert, le traitement et la distribution d’informations Institut Finlandais pour le Bien-être de la Santé en tant que coordinateur 2023-2024 à mi-2025
    8. Évaluation et mise à jour des services du système d’information Kanta. Introduire, contrôler et évaluer l’utilisation de la robotique dans le transfert de données dans les services Kanta Ministère des Affaires Sociales et de la Santé (achat de l’évaluation auprès d’un tiers), Institution d’Assurance Sociale de Finlande, Institut Finlandais pour le Bien-être de la Santé (mesures de développement); développement régional en ligne avec le développement national 2023-2024 à 2026
    9. Renforcement des avantages des données Kanta. Mise en avant de Kanta comme interface patient en affichant des données patients afin de les rendre plus visible pour eux. Institut Finlandais pour le Bien-être de la Santé, Kela ; en tenant compte des besoins régionaux dans le processus de développement Fin 2024 à 2030
    10. Pilotage national et régional du système de services par le développement de l’utilisation secondaire des données de santé et de services sociaux. L’objectif est que le système national de services (santé et bien-être) devienne plus efficient et productif Ministère des Affaires Sociales et de la Santé, Institut Finlandais pour le Bien-être de la Santé ; avec la participation de l’Institution d’Assurance Sociale de Finlande et des comtés de services de bien-être 2024 à 2034
    11. Utilisation de l’information dans les activités de recherche, de développement et d’innovation. Soutenir la recherche et l’innovation pour le traitement et l’analyse de données tout en favorisant la coopération internationale. Ministère des Affaires Sociales et de la Santé (évaluation, législation), Institut Finlandais pour le Bien-être de la Santé, Findata (responsabilité principale pour le développement); avec la participation des contrôleurs et de la communauté de recherche 2023-2024 à 2032
    12. Développement d’un modèle de gestion et de pilotage pour la numérisation et la gestion de l’information. Clarification du modèle de gestion et de fonctionnement pour le développement de la numérisation dans les services de santé et les services sociaux. Ministère des Affaires Sociales et de la Santé, discussion interactive avec les agences gouvernementales et les comtés de services de bien-être 2023-2024 à mi-2025
    13. Sécurité numérique. Garantir la sécurité pour les activités numériques tout en minimisant la survenue d’événements nuisant. Ministère des Affaires Sociales et de la Santé, comtés de services de bien-être, prestataires de services privés Tout au long de la stratégie
  • IA : Salesforce va lancer 2 nouvelles solutions pour accompagner les professionnels de santé

    L’agent conversationnel “Einstein Copilot Health Actions”

    “Einstein Copilot Health Actions” est un assistant conversationnel basé sur l’IA, développé par Salesforce, utilisant la technologie de traitement du langage naturel (NLP). Il permet aux professionnels de santé les actions suivantes :

    • automatiser les tâches administratives, comme remplir le formulaire d’un patient ;
    • générer des informations à partir des données du patient ;
    • utiliser des commandes vocales ou textuelles pour la planification des rendez-vous médicaux et la suggestion de soins ;
    • et trouver un prestataire de soins selon sa localisation et sa spécialité.

     

    “Assesment Generation” pour une meilleure prise en charge des patients

    La solution “Assesment Generation“, pilotée par Salesforce Health Cloud, numérise les évaluations des patients, évitant ainsi la saisie manuelle fastidieuse. Elle permet d’extraire les données automatiquement des formulaires numérisés, réduit le codage manuel et les erreurs.

    Assesment Generation télécharge ainsi automatiquement les informations dans la plateforme, permettant de collecter et d’automatiser les données des patients, offrant les avantages suivants :

    • le remplissage de formulaires électroniques : les formulaires PDF sont transformés en questionnaires numériques interactifs.
    • un remplissage par les patients : les patients peuvent répondre aux questions directement sur l’appareil de leur choix.
    • le suivi des progrès : l’évolution de l’état de santé du patient est mesurée au fil du temps.

     

    Avantages pour les professionnels de la santé

    Pour résumer, la proposition de valeur des nouvelles solutions intelligentes de Salesforce pour le secteur de la santé se construit sur 3 éléments principaux :

    • le gain de temps : Einstein Copilot automatise les tâches répétitives, ce qui permet aux professionnels de santé de se concentrer sur les soins ;
    • une meilleure efficacité : Assessment Generation numérise et rationalise le processus d’évaluation des patients ;
    • et des soins plus personnalisés : les deux outils sont censés permettre aux médecins de prendre des décisions plus éclairées et de proposer des plans de traitement individualisés à leurs patients.

     

  • Luxembourg : lancement du Dataspace4health pour faire avancer la recherche médicale

    Projet collaboratif mené par NTT Data, les Hôpitaux Robert Schuman (HRS), le Luxembourg Institute of Health (LIH), l’Université du Luxembourg, l’Agence eSanté et le Luxembourg National Data Service (LNDS), D4H est cofinancé par le ministère de l’Économie du Luxembourg dans le cadre de l’initiative européenne de gouvernance numérique Gaia-X.

    Caractéristiques du projet D4H

    Le consortium Luxembourgeois présente plusieurs caractéristiques innovantes :

    • il est candidat Gaia-X : le projet est un pionnier dans l’échange de données de santé sécurisé et conforme en Europe ;
    • l’effort collaboratif : le projet rassemble des leaders du domaine et peut intégrer de nouveaux membres ;
    • l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) : le projet explorera l’utilisation de l’IA pour exploiter les données dans le but, notamment, de développer de nouveaux traitements médicaux innovants ;
    • des cas d’usage concrets : le projet se concentre sur des cas d’usage précis, comme ceux du diabète et de l’oncologie, avec une application potentielle dans d’autres domaines.

     

    Un focus sur le diabète et le cancer

    Ces deux pathologies ne sont pas les seules qui seront étudiées dans le cadre du projet D4H. Elles seront cependant ses cibles privilégiées :

    • concernant le diabète : développer un système d’aide à la décision basé sur l’IA pour prévenir des complications, en s’appuyant sur des données anonymisées et un jumeau numérique de patients ;
    • et concernant le cancer : un programme d’oncologie de précision avec l’établissement d’une architecture de données fédérées pour améliorer l’interopérabilité et l’échange de données entre les fournisseurs de soins et les instituts de recherche.

     

    Proposer des soins de meilleure qualité

    Au-delà de la recherche clinique, le but ultime de D4H est de permettre au système de santé luxembourgeois d’offrir à ses usagers des soins de grande qualité et une meilleure stratégie de prévention. Il vise ainsi à :

    • améliorer les diagnostics et les traitements : la plateforme permettra aux professionnels de santé d’accéder à un ensemble complet de données de santé pour chaque patient, facilitant un diagnostic plus précis et des traitements plus personnalisés ;
    • adopter une meilleure compréhension des maladies : l’analyse de données anonymisées à grande échelle permettra d’identifier des tendances et des facteurs de risque pour plusieurs maladies, contribuant à une meilleure compréhension de leur développement et de leur prévention ;
    • et installer des mesures préventives efficaces : la plateforme permettra de développer des outils et des services pour la prévention en s’appuyant sur l’analyse des données et l’IA.

     

  • Santé mentale : moins d’un quart de la population mondiale se considère épanouie (étude Axa)

    Le nombre de personnes en difficulté mentale en nette progression

    Priorité de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis sa première conférence ministérielle européenne sur le sujet en 2005, la santé mentale est en danger et son niveau mondial se dégrade d’année en année. C’est ce que montre la dernière édition 2023 de l’étude réalisée par Axa en partenariat avec Ipsos sur 16 000 participants interrogés dans 16 pays différents (1 000 participants par pays), dont la France, les États-Unis, le Mexique, le Japon, la Turquie et l’Espagne.

    Un constat plus alarmant que celui fait en 2023 :

    Au cours de la dernière année, que la santé mentale s’est globalement détériorée, et ce sur la quasi-totalité de ces composantes : une baisse des personnes épanouies, une augmentation du nombre de personnes souffrant d’au moins un problème de santé mentale, une augmentation du nombre de personnes actives qui rencontrent des problèmes psychologiques en raison de leur travail…

    Cette étude s’est appuyée sur l’indice Mind Health Index (MHI) qui est un outil proactif d’évaluation et de promotion du bien-être mental. Il consiste en un questionnaire (50 questions) qui permet de classer l’individu dans l’une des quatre catégories suivantes : “en difficulté mentale”, “en langueur” (languishing en anglais), “qui s’en sort”, et “épanoui”. L’étude d’Axa montre ainsi que, dans le monde, la part des personnes “en langueur” est restée au même niveau en 2023 qu’en 2022 (28 %), mais que les parts des personnes qui s’en sortent et qui sont épanouis ont baissé (respectivement de 35 % à 33 % et de 25 % à 24 %) , alors que celles des personnes en difficulté mentale a progressé de 3 points en un an (de 12 % à 15 %). En France, la proportion des personnes en difficulté mentale progresse de 6 points, passant de 10 à 16 %.

    Détérioration de la santé mentale en 2023 par rapport à 2020 - @ Ipsos, AXA
    Détérioration de la santé mentale en 2023 par rapport à 2020 – @ Ipsos, Axa

    Au travail, des difficultés mentales qui peuvent pousser jusqu’à la démission :

    Dans le détail, cette augmentation du nombre de personnes en difficulté mentale se caractérise par une évolution du nombre de personnes qui souffrent d’anxiété et de dépression sévères, voire très sévères, ainsi que par la baisse de 7 points des personnes qui déclarent n’avoir aucun problème de santé mentale (de 70 % à 63 %). En outre, plus de 3/4 de la population active (76 %) déclarent endurer des difficultés mentales ou psychologiques sur le lieu de travail (fatigue, troubles du sommeil, perte d’intérêt et stress), et 61 % envisagent une ou plusieurs actions de désengagement à l’égard de leur travail pouvant aller jusqu’à la démission.

    L’un des rares points positifs du rapport est la baisse du niveau global de stress, passant de 67 % à 62 % des personnes interrogées.

    Signes de désengagement au travail liés à des difficultés mentales - @ Ipsos, AXA
    Signes de désengagement au travail liés à des difficultés mentales – @ Ipsos, AXA

    A l’origine, une mauvaise prise en charge et une surévaluation de la santé mentale

    Le questionnaire du MHI investigue également les moyens et méthodes de traitement adoptées par les personnes sondées, ainsi que leur propre perception de leur santé mentale. Ces questions permettent de constater une tendance à la surévaluation de la santé mentale, ainsi qu’une mauvaise prise en charge des personnes qui se plaignent de détérioration de leur état ou qui indiquent souffrir de difficultés mentales.

    En effet, l’étude montre que seulement 11 % des participants qualifie leur santé mentale de “mauvaise”, alors que 23 % déclarent souffrir d’anxiété, de stress ou de dépression à des niveaux sévères. Ces réponses illustrent une surévaluation du niveau de santé mentale, qui entraîne un mauvais traitement des difficultés mentales, ce qui peut expliquer leur aggravation par la suite.

    Par ailleurs, 40 % des participants expliquent qu’ils gèrent leurs difficultés mentales tout seuls et seulement 43 % d’entre eux déclarent avoir recours à une aide professionnelle, contre 50 % en 2022.

    En France, ces niveaux sont encore plus alarmants : 43 % des personnes interrogées indiquent gérer leur problèmes de santé mentale seules (14 points de plus par rapport à l’année 2022), et seulement 42 % indiquent avoir recours à une aide professionnelle (contre 56 % en 2022).

    La proportion des personnes gérant elles-mêmes leurs problèmes de santé mentale augmente - @ Ipsos, Axa
    La proportion des personnes gérant elles-mêmes leurs problèmes de santé mentale augmente – @ Ipsos, Axa
  • Comment le groupe Elsan allie le meilleur de l’humain et du digital au service du soin (Live Innolab)

    Trouver la meilleur voie de passage à l’échelle des solutions numériques déployées avec succès dans certains établissements du groupe : tel est l’objectif de la plateforme Innolab d’Elsan, dédiée à l’innovation. Un “living lab” qui, depuis 2019, aide le groupe à identifier les meilleures solutions qui répondent à ses besoins et de les tester sur le terrain, dans le cadre d’expérimentations menées avec les professionnels de santé. Partenaire de l’édition 2024 du Live Innolab, Health & Tech Intelligence revient sur les principaux enseignements de ces expérimentations réalisées.

    Répondre aux besoins des établissements du groupe

    Croiser les enjeux des patients et des professionnels de santé :

    Le Dr. Myriam Combes, directrice de la stratégie et des relations médicales chez Elsan, souligne l’existence d’un “déséquilibre entre les attentes des patients et notre capacité à y répondre”. D’où la nécessité de “combiner les expériences du patient et du professionnel de santé qui souhaite  avoir une bonne qualité de vie”. Cela s’illustre par deux enjeux majeurs :

    • un besoin de personnalisation de la prise en charge des patients ;
    • et une absolue nécessité de qualité qui ne surcharge pas les professionnels de santé.

     

    Dans ce sens, le digital permet, selon le Dr Combes, de “faire vivre ces deux expériences au sein des établissements d’Elsan.

    Le paradoxe du digital en santé :

    De son côté, Thomas Daubigny, directeur digital d’Elsan, constate un “paradoxe du digital en santé” : d’un côté, des grands besoins réels à différents niveaux du système de santé, et de l’autre, un retard de la santé en termes d’adoption de solutions numériques par rapport aux autres secteurs économiques. Il identifie ainsi 3 défis à relever :

    • la faible tolérance à l’erreur : la santé étant un domaine sensible, les solutions numériques qui y sont déployées doivent avoir un impact concret dès le début ;
    • la complexité : notamment des protocoles adoptés dans le soin et des parcours existants ;
    • ainsi que l’hétérogénéité : au niveau des systèmes d’information plus particulièrement.

     

    En réponse à ces défis, Thomas Daubigny insiste sur l’importance d’être “au plus proche des irritants” :

    • des patients, en leur apportant de la valeur pragmatique, à travers des entretiens autour des solutions à développer ;
    • et des établissements, en harmonisant les flux des dossiers patient informatisés (DPI), cette “couche transverse sur tous les établissements”, pour arriver à déployer très vite les solutions des startups partenaires dans l’ensemble des structures du groupe.

     

    Des expérimentations concluantes et des retours d’expérience positifs

    Un patient en maîtrise de sa situation :

    Parmi les projets déployés dans les établissements d’Elsan et présentés lors du Live Innolab de cette année (pour plus de détails, voir cet article H&TI), le parcours patient unifié “Elsan Care” propose différents services d’accompagnement du patient tout au long de son hospitalisation. A l’origine de ce projet, un besoin de centralisation des applicatifs patients, constaté par les salariés et professionnels de santé du groupe.

    La pluralité de ces outils peut, en effet, construire un obstacle à la fluidité des parcours numérique du patient et de son suivi. Ainsi, le principal objectif d’Elsan Care est de “développer le lien avec les patients, et le digital y joue un rôle important”. Il s’agit d’une approche centrée sur le patient, “en fonction des parcours, coconstruite avec les équipes du groupe venant de différents établissements”. Les professionnels de santé du groupe rapportent apprécier la simplicité de la plateforme et ses avantages :

    • sur le plan administratif : dans les établissements Elsan des Hauts-de-France, par exemple, “les salles d’attente sont peu bondées, les hôtesses d’accueil se sentent plus à l’aise et le travail est plus fluide” ;
    • et sur le plan de la prise en charge : les parcours sont plus personnalisés à chaque patient, avec des consignes et des explications plus pertinentes.

     

    Accélérer le virage ambulatoire :

    Dans son expérimentation de nouvelles approches combinant le numérique et le physique, le groupe Elsan cultive l’ambition de renforcer la prise en charge en ambulatoire de ses patients. Ceci en allant vers des solutions qui permettent de suivre ces derniers à domicile après leur sortie et de maintenir le contact avec eux, notamment dans le cadre d’une chimiothérapie. Le choix d’Elsan s’est porté sur la solution de Resilience, solution remboursée sous nom de marque, pour une télésurveillance des patients sous chimiothérapie qui ont des besoins médicaux spécifiques, notamment :

    • la gestion des effets secondaires ;
    • la planification et le rappel des séances de chimiothérapies ;
    • et l’atténuation des répercussions des traitements sur leur quotidien et leur vision d’avenir…

     

    La télésurveillance permet de dépister les effets secondaires à travers des questionnaires. Et, pour y répondre, les équipes d’Elsan effectuent des appels téléphoniques ou organisent des consultations anticipées. Cette stratégie, qui implique une approche pluridisciplinaire (les professionnels paramédicaux y jouent un rôle important), a un impact organisationnel qui a nécessité une adaptation au sein du groupe  :

    • des arbres décisionnels ont été créés pour la gestion des alertes (effets secondaires) ;
    • l’alerte est traitée selon le dossier du patient ;
    • un appel est le plus souvent nécessaire pour étayer l’alerte ;
    • enfin, les arbres décisionnels sont utilisés pour adapter la prise en charge du patient au cas par cas.

     

    Une transition numérique dans la HAD :

    En réponse à des besoins médicaux complexes de l’hospitalisation à domicile (HAD), en particulier dans les zones rurales, Elsan s’est lance dans la digitalisation de ses services, en partenariat avec Equasens, avec des outils tels que Domilink et PandaLab Pro.

    Les retours du terrain venant des établissements où ces solutions ont été déployées sont très positifs :

    • une forte utilisation quotidienne, avec en moyenne 3 000 utilisateurs par jour et 80 000 messages envoyés chaque mois ;
    • une amélioration notable de la communication et de la coordination entre les professionnels de santé ;
    • une augmentation de l’efficacité et de la rapidité des interventions ;
    • en moins d’un an, “la file active des patients a doublé”, témoignant d’un gain d’efficacité et de rapidité.

     

    Pour l’avenir, le groupe envisage de mettre l’accent sur le développement de nouvelles solutions technologiques qui aideront à accompagner les patients dans les aspects sociaux et d’isolement lors du retour à domicile.

    Une baisse de 10 % de la consommation d’électricité grâce au digital

    Le suivi énergétique est un sujet nouveau pour les établissements, avec des enjeux majeurs tels que:

    • la réduction de l’empreinte carbone ;
    • la conformité aux réglementations telles que le décret tertiaire visant à réduire la consommation énergétique de 40 % d’ici 2030 ;
    • la réduction des coûts de l’énergie ;
    • l’amélioration du confort des patients…

     

    Selon Cyrille Lemoine, DG Eveler, pour relever ces défis, une meilleure maîtrise du digital est nécessaire, avec la mise en place de l’Internet des objets (IoT) pour surveiller et réguler la consommation. Cependant, l’aspect humain reste essentiel pour accompagner cette transition numérique.

    Premiers résultats :

    Les résultats concrets enregistrés par Elsan depuis le déploiement de l’outil d’Eveler, montrent des diminutions significatives de la consommation énergétique :

    • une réduction de 13 % de la consommation d’électricité et de gaz ;
    • 7 % d’économie d’eau dans un établissement sur une année ;
    • à l’échelle du groupe, une baisse de 10 % de la consommation d’électricité, avec une réduction de 13 % au cours des deux premiers mois de l’année 2024.

     

    Etendre les usages du numérique et industrialiser les démarches réussies

    Pour la direction d’Elsan, ses équipes et ses partenaires, digitalisation ne signifie pas déshumanisation. L’humain reste “au cœur du processus, avec l’outil numérique venant en soutien”. Qui plus est, la direction du groupe constate que “les soignants ne sont pas résistants au changement, mais seulement au mauvais changement”. Avec ces premiers résultats positifs obtenus par les innovations mises en place et la satisfaction de leurs utilisateurs, la suite pour Elsan est de prolonger l’expérience et de la développer dans ses autres établissements. Son objectif est maintenant clair : industrialiser cette démarche et l’étendre à d’autres volets de l’administration ou de la prise en charge des patients.

    Une mise à l’échelle en 3 étapes :

    • une étape de préparation à l’industrialisation : une proximité du terrain qui commence dès l’analyse des solutions repérées pour pouvoir les tester grandeur nature, en définissant les organisations “qui peuvent déployer et bénéficier le mieux de la valeur ajoutée de la solution” ;
    • une étape de construction des partenariats dans la durée : avec les éditeurs des solutions les plus pertinentes ;
    • et une étape de mise à l’échelle : une collaboration avec toutes les parties prenantes de l’écosystème nécessaire pour réussir la mise à l’échelle sur différents sujets importants, comme celui du parcours de soins.

     

    L’importance de l’innovation partenariale :

    “L’innovation est une invention qui rencontre ses usages, son marché”, souligne Dorothée Moisy-Gouarin, directrice Innovation chez Elsan. Avec son équipe, elle a pour mission d’”identifier les cas d’usage qui vont avoir de l’impact” parce que “le digital est une valeur ajoutée à toutes les pratiques au sein du groupe”. Selon elle, le prisme d’Elsan au sujet de l’innovation se décline en 2 grands principes : l’importance de l’innovation partenariale et le choix d’une innovation à impact réel, “pas seulement marketing”, conclut-elle.