Actualité

  • DM : Clayens et Linxens s’allient pour créer un moulage du tag NFC dans les dispositifs

    Lutter contre la falsification et le vol des DM

    Alors que les dispositifs médicaux, comme les seringues ou les sondes, peuvent être sujets à des vols à l’hôpital ou à des falsifications qui entraîneraient un mauvais traitement des patients, les deux sociétés françaises Linxens et Clayens ont décidé de s’associer pour mettre au point un tag NFC qui va être incorporé directement à la matière du dispositif médical pour éviter d’utiliser tout DM falsifié ou qui serait périmé.

    Le plus souvent, les informations critiques du dispositifs médicales telles que la date de péremption, le numéro de lot et les informations de dosage, sont contenues dans des tag NFC qui sont directement apposés par adhésif ou assemblage sur des éléments extérieurs au DM, tels que des étiquettes. Une façon de faire qui ne garantit pas la bonne traçabilité des produits. Les étiquettes peuvent être jetées ou se dégrader à cause de l’humidité, de la chaleur ou en réaction aux produits chimiques, des phénomènes assez fréquents dans un environnement médical.

    De plus, il arrive que certains fournisseurs vendent aux hôpitaux ou laboratoires des lots de dispositifs médicaux qui comporte une quantité de faux DM. Ce qui n’est pas facilement vérifiable lorsque les tags NFC sont apposés en dehors du dispositif. Leur intégration dans la matrice même du produit permet aux professionnels d’avoir à portée de mains toutes les informations nécessaires et de s’assurer que leur DM n’a pas été falsifié.

    Un double surmoulage pour maintenir le tag au DM

    Clayens et Linxens, qui sont respectivement pionnières dans la transformation de polymères, composites et pièces métalliques de précision et dans la conception et la fabrication de composants électroniques, ont le projet de mettre au point un double surmoulage pour permettre un maintien du tag NFC à l’intérieur du dispositif médical, peu importe l’environnement extérieur. Il s’agit d’une encapsulation : le tag NFC est d’abord recouvert par un moulage qui est lui-même moulé à l’intérieur du DM.

    Une technique compatible avec les systèmes d’inventaire ou de traçabilité existants :

    Les deux entreprises partenaires ont indiqué que cette nouvelle technique “est strictement conforme aux normes réglementaires relatives aux dispositifs médicaux et aux seringues, notamment à la directive européenne sur la contrefaçon de médicaments, garantissant une parfaite compatibilité avec les systèmes d’inventaire ou de traçabilité existants”.

    Elles ont par ailleurs expliqué que cette manière de lier les dispositifs médicaux à leur tag NFC utilise les avancées technologiques de pointe, garantissant ainsi “une fiabilité, une sécurité renforcée et une traçabilité inégalée dans l’administration des traitements”.

     

  • Europe : les systèmes bismarckiens plus favorables au développement de la e-santé (rapport Cocir)

    L’accès aux marchés européens de la e-santé

    Dans un rapport intitulé “Living Repository: Market Access Pathways for Digital Health Solutions”, le Cocir compare les pays européens selon le modèle de leurs systèmes de santé : les systèmes bismarckiens proposant un accès direct au remboursement des solutions et les systèmes beveridgiens qui n’offrent pas cette possibilité.

    Selon le rapport, la mise sur le marché européen de solutions numériques de santé se déroule en 3 étapes :

    • l’autorisation de mise sur le marché, c’est-à-dire le marquage CE ;
    • l’évaluation des technologies de la santé ;
    • et enfin la “couverture”, c’est-à-dire la tarification, l’approvisionnement et le remboursement.

     

    Les systèmes de santé nationaux européens s’inspirent de deux modèles d’organisation et de financement différents : celui de Beveridge (Espagne, Royaume-Uni, Suède) et celui de Bismarck (Allemagne, Belgique, France). Les pays beveridgiens ne peuvent pas rembourser une solution numérique de santé directement, même si elle bénéficie d’un avis positif de la sécurité sociale. Par exemple au Royaume Uni, la National Institute for Health and Care Excellence (Nice) n’a pas le pouvoir de décider des remboursements. Ce pouvoir appartient au système des “Care Boards” qui sont responsables de la budgétisation et de la mise en service de ces produits de santé. A l’inverse, les pays bismarckiens s’appuient sur la sécurité sociale pour une décision de remboursement, permettant d’autoriser directement la prise en charge, par exemple, des thérapies numériques (DTx). C’est le cas du dispositif allemand DiGA et de Pecan en France.

    Quelles voies d’accès pour les solutions numériques ?

    Les solutions de santé numérique dans leur diversité (télémédecine, applications mobiles, analyse des données de santé, DTx, dossiers patients informatisés) peuvent être remboursés dans le cadre des pratiques suivantes :

    • téléconsultation ;
    • télésurveillance ;
    • mise à jour en temps réel d’algorithmes basés sur les données des patients ;
    • et prestations d’interventions de santé.

     

    Pour avoir accès au marché, le rapport du Cocir rappelle que les éditeurs de ces produits doivent remplir 2 principaux critères d’éligibilité :

    • une conformité réglementaire: le marquage CE et, dans certains cas, une classification réglementaire selon la réglementation sur les dispositifs médiaux (MDR) ;
    • et une portée fonctionnelle: un accompagnement que les solutions de santé numériques doivent pouvoir assurer.

     

    En Belgique, par exemple, ces critères consistent en le marquage CE et le respect du périmètre fonctionnel permettant à un professionnel de santé de diagnostiquer, d’administrer un traitement ou de surveiller un patient à distance. Tandis qu’en Allemagne, le processus DiGA est centré sur le patient et favorisent le remboursement des solutions qui le sont à leur tour. Somme toute, le rapport souligne que les voies d’accès au marché et les conditions de remboursement des produits numériques varient d’un Etat à un autre. D’où l’importance de prendre ces différences en considération en vue d’une commercialisation en Europe.

    Les processus d’évaluation

    Afin d’évaluer l’efficacité des solutions numériques ainsi que leur couverture (tarification, approvisionnement, remboursement), des protocoles spécifiques (health tech assesment) sont mis en place par des organismes nationaux d’évaluation des technologies de santé. Ils s’appuient sur 3 critères :

    • l’amélioration des résultats thérapeutiques ou du service médical rendu ;
    • l’impact économique ;
    • et la mesure entre le rapport coût/efficacité.

     

    Une évaluation clinique :

    Afin de standardiser la comparaison entre les différents domaines thérapeutiques à l’échelle européenne, le service médical rendu est exprimé en années de vie ajustées sur la qualité (QALY) et mesuré à l’aide d’instruments standardisés, tels que l’Euroqol EQ-5D (10) ou le SF-36 (11). De leur côté, les cadres d’évaluation méthodologique se basent sur 3 catégories de critères cliniques : la mortalité, la morbidité et la qualité de vie liée à la santé. En Allemagne, DiGA a intégré de nouvelles catégories d’évaluation comme l’observance, l’adhésion thérapeutique ainsi que des attentes en matière d’avantages médicaux.

    Pour soutenir l’innovation, certaines filières de santé numérique s’inspire du modèle américain de Coverage-with-evidence-development (CED), où seul un premier niveau de preuve est requis afin que les solutions de santé numérique entrent sur le marché pendant une période d’essai déterminée, avant de confirmer que la solution est efficace.

    Et une évaluation économique :

    D’après l’étude réalisée par le Cocir, la Belgique est le seul pays européen à analyser à la fois l’impact économique et la rentabilité des solutions de santé numérique. De manière générale, l’évaluation économique de ces produits repose sur 4 types d’analyse :

    • une analyse de l’impact économique ;
    • une analyse du coût du programme ;
    • une analyse coûts/bénéfices ;
    • et une analyse de la rentabilité.

     

  • Pédiatrie : lancement du premier programme d’hémodialyse à domicile en France (AP-HP)

    Le poids de l’hémodialyse sur la vie quotidienne du patient

    Maladie grave qui entraine une détérioration irréversible de la capacité des reins à filtrer le sang, l’insuffisance rénale chronique (IRC) peut avoir un impact négatif sur la qualité de vie des patients, notamment les plus jeunes d’entre eux. En effet, l’hémodialyse fait partie des traitements de substitution censés remplacer une fonction rénale défaillante. Elle consiste à épurer le sang des toxines et de l’eau retenue en excès, à l’aide d’un “rein artificiel”. Le sang est prélevé par ponction et, après avoir traversé un filtre de dialyse, il est réinjecté dans le corps du patient.

    Pour remplacer la fonction rénale avec succès, 3 séances hebdomadaires d’une durée de 4 heures sont nécessaires. Elles rythment ainsi la vie des patients concernés et de leur famille. Chez l’enfant et l’adolescent, une telle routine peut entraver son quotidien (vie sociale, régime alimentaire, scolarité, activités sportives…).

    Plus d’autonomie pour les jeunes patients

    Actuellement en France, l’hémodialyse en centre est la seule modalité disponible chez l’enfant. L’unité d’hémodialyse de l’hôpital Robert-Debré AP-HP est la plus importante d’Île-de-France, avec une file active de 28 patients dialysés. Il s’agit, par ailleurs, du premier centre d’hémodialyse pédiatrique français.

    C’est dans ce contexte qu’une collaboration entre l’Association des utilisateurs du rein artificiel (Aura) et une société de fabrication de dialyseur a abouti à une innovation majeure promettant d’améliorer considérablement la qualité de vie des enfants et adolescents souffrant d’IRC. Cette nouvelle méthode d’hémodialyse à domicile, lancée dans le cadre d’un programme pilote, représente une alternative idéale à l’hémodialyse en centre hospitalier, offrant aux jeunes patients une plus grande autonomie et flexibilité dans leur traitement.

    Révolutionner la prise en charge de l’IRC chez l’enfant

    L’introduction d’un programme d’hémodialyse à domicile marque un tournant dans la prise en charge quotidienne de la maladie rénale. En effet, le nombre de séances à l’hôpital est significativement réduit, ce qui offre une plus grande liberté d’action aux patients. Les retours initiaux de ces derniers sont “encourageants”, soulignant le changement positif induit par cette nouvelle approche dans leur vie quotidienne et leurs projets d’avenir. Les soignants impliqués dans le programme (les deux infirmiers référents) se disent à leur tour satisfaits par le dispositif qui “permet de valoriser les patients, de les autonomiser dans des soins qui nous semblaient inaccessibles pour eux et surtout de leur proposer un nouveau projet de vie.”

    2h d’hémodialyse par jour à domicile :

    Grâce à un “dialyseur réduit”, les 3 séances hebdomadaires à l’hôpital sont remplacées par 2 heures quotidienne d’hémodialyse au domicile de l’enfant ou de l’adolescent. Selon l’équipe de l’hôpital Robert-Debré, les bénéfices attendus de cette modalité de prise en charge sont nombreux :

    • amélioration de l’état de santé ;
    • plus d’autonomie et de souplesse ;
    • diminution des besoins médicamenteux ;
    • levée de certaines restrictions alimentaires ;
    • et, surtout, plus d’autonomie et de souplesse dans les horaires de traitement et économie du temps de transport.

     

    Jusqu’à 5 nouveaux patients à former en 2024 :

    Nécessitant une formation avant tout déploiement à domicile, ce programme d’hémodialyse pédiatrique ouvre ses portes à des patients “actuellement dialysés dans d’autres centres d’Île-de-France ou d’autres régions et compte former 4 à 5 nouveaux patients en 2024”.

    La formation dure 6 semaines, soit environ 30 séances à l’hôpital, et porte sur les gestes techniques, l’utilisation de la machine et les précautions d’hygiène. La première patiente qui en a bénéficié a été accompagnée tous les jours par un infirmier d’hémodialyse, “dans une salle de formation dédiée construite récemment au sein du service”.

     

  • Régions : lancement d’une cartographie de près de 250 services numériques disponibles (ARS et Grades)

    un pas significatif est franchi dans la simplification de l’accès aux services numériques en santé avec le lancement de la cartographie des services numériques régionaux. Cette initiative est un engagement concret de la feuille de route du numérique en santé 2023-2027 et répond à la complexité croissante du paysage numérique en santé, en offrant une lisibilité territoriale accrue.

    a cartographie ne constitue pas l’exhaustivité des offres proposées par les ARS et les Grades et aura vocation à être enrichie. Les données affichées ont été recensées par l’ANS sur la base d’informations fournies et validées par les ARS et les Grades. Ces informations n’engagent pas la responsabilité de l’ANS.

    La cartographie des services numériques régionaux est le fruit d’une collaboration étroite entre l’Agence du Numérique en Santé (ANS), la Délégation au numérique en santé (DNS), les agences régionales de santé (ARS) et les Groupements Régionaux d’Appui au Développement de la e-Santé (GRADeS). Ce travail collectif a permis de structurer et d’alimenter cette cartographie, dont la publication aujourd’hui vise à clarifier et rendre plus accessible près de 250  services numériques disponibles à l’échelle régionale.

    Elle répond à cet enjeu en listant les services portés dans chaque région par les ARS et les GRADeS, en précisant les fonctionnalités offertes, les perspectives d’évolution et la conformité à la Doctrine du numérique en santé.

    La cartographie des services numériques régionaux permettra  aux établissements de santé, aux professionnels de santé et aux patients de bénéficier d’une meilleure visibilité sur les outils et les services portés en région par les ARS et les GRADeS.

    La Cartographie des services numériques régionaux est disponible dès aujourd’hui.

    Ce vendredi 12 avril à 13h, un webinaire est proposé pour découvrir la cartographie et partager vos retours. Inscription en ligne.

     

    Simplifier l’accès aux services numériques en santé

    Issu de la feuille de route du numérique en santé 2023-2027, le lancement de cette cartographie marque “un pas significatif” vers la simplification de l’accès aux services numériques en santé. Cette initiative, qui répond à la complexité croissante du paysage numérique en santé, est le fruit d’une collaboration entre plusieurs acteurs clés :

    • l’Agence du numérique en santé (ANS) ;
    • la Délégation au numérique en santé (DNS) ;
    • les agences régionales de santé (ARS) ;
    • et les Groupements régionaux d’appui au développement de la e-santé (Grades)

     

    Avec près de 250 services numériques répertoriés, la cartographie facilite la compréhension et l’utilisation de ces outils pour les professionnels et les établissements de santé ainsi que pour les patients. Pour y arriver, elle détaille pour chaque service numérique régional :

    • ses fonctionnalités ;
    • ses perspectives d’évolution ;
    • et sa conformité à la doctrine du numérique en santé.

     

    Moteur de recherche de la cartographie des services numériques régionaux - @ ANS
    Moteur de recherche de la cartographie des services numériques régionaux – @ ANS

    Pour une utilisation ciblée et plus plus efficiente

    Bien que non exhaustive, la cartographie des services numériques régionaux est élaborée à partir de données validées par les ARS et les Grades. Elle sera continuellement enrichie et mise à jour pour refléter au mieux le paysage numérique en santé.

    Cette démarche est censée favoriser une utilisation plus efficiente et mieux ciblée des services numériques, contribuant ainsi à améliorer la qualité des soins et l’expérience des utilisateurs. Ces derniers sont, par ailleurs, invités à se référer directement aux ARS et aux Grades concernés, pour toute information complémentaire ou pour bénéficier des offres présentées. L’ANS rappelle que les ARS et les Grades proposent également des offres d’accompagnement et d’appui au quotidien pour les professionnels et établissements de santé, disponibles sur leurs sites régionaux.

     

    📆 Un webinaire est proposé par l’ANS pour présenter la cartographie, ce vendredi 12 avril à 13h00. Pour y participer, s’inscrire sur ce lien.

  • USA : les soins digitaux passent dans la vie courante des patients (enquête Rock Health)

    4 tendances majeures observées

    L’adoption de la santé numérique aux Etats-Unis devient massive parmi les patients. Rock Health a mené fin 2023 une étude auprès d’une cohorte de plus de 8 000 adultes américains sur leurs comportements et leurs attitudes vis-à-vis des soins virtuels et des outils de santé numériques. L’enquête 2023 fait ressortir 4 tendances :

    • les soins virtuels font désormais partie intégrante du parcours de soins ;
    • les patients adoptent par commodité les soins virtuels, mais ne sont pas attachés aux solutions elles-mêmes ;
    • le point of care n’a pas progressé, les citoyens ont certes utilisé les tests de diagnostic du Covid-19 à domicile, mais l’adoption de ce type de produits ne s’est pas encore traduite dans d’autres tests ;
    • bien que les patients soient prêts à partager leurs données de santé, ils sont de plus en plus regardant sur les professionnels qui y ont accès.

     

    📌 Les soins virtuels déjà intégrés dans le parcours de soins :

    76 % des répondants au sondage ont déclaré avoir déjà eu recours, en 2023, à des soins virtuels (soins dispensés par vidéo, téléphone, texto ou via une application). Ce taux monte à 83 % dans les 12 derniers mois. Comparées avec les résultats des précédentes éditions de cette étude, ces données montrent une stabilité du nombre de patients utilisateurs et une maturité du marché américain.

    D’un autre côté, 24 % de la population reste réfractaire aux soins virtuels pour différentes raisons :

    • 56 % par préférence pour les soins en présentiel ;
    • 18 % par crainte d’une moindre qualité des soins ;
    • 13 % par manque de sensibilisation ;
    • 5 % pour des questions de coût ;
    • 3 % en raison de la médiocrité de leur réseau Internet.

     

    Quelles motivations pour choisir les soins virtuels ?

    Selon Rock Health, l’adoption des outils digitaux n’atteindra pas un niveau de 100 %, la préférence étant au parcours hybride et omnicanal selon la pathologie et les conditions de vie. Les patients décident d’utiliser des canaux digitaux pour leurs soins selon plusieurs critères, notamment pour des raisons de commodité (39 %), des temps d’attente plus courts (30 %) et la possibilité de voir un professionnel de santé spécifique qui ne pourrait pas être vu en personne autrement (17 %).

    Raisons pour lesquelles les patients optent pour des soins virtuels - @ Rock Health
    Raisons pour lesquelles les patients optent pour des soins virtuels – @ Rock Health

    69 % des patients préfèrent les soins virtuels pour le renouvellement de leurs ordonnances :

    Par ailleurs, les motifs de consommation de soins virtuels sont en majorité les renouvellements d’ordonnances  (+8 % par rapport à l’enquête 2022), les suivis des soins pour les maladies mineures, puis des soins de santé mentale (+3 % par rapport à l’enquête 2022). Toutefois, il est à noter que le recours aux soins virtuels est en baisse pour les maladies mineures (-2 %) et les maladies chroniques (-4 %), les urgences (-4 %) ou les bilans annuels (-3 %).

    Motifs de consommation de soins virtuels - @ Rock Health
    Motifs de consommation de soins virtuels – @ Rock Health

    Des alternatives tout aussi pratiques que les soins virtuels :

    L’adoption des soins virtuels dans ces différentes situation peut se heurter à des problématiques de coûts (prise en charge moindre ou inexistante en distanciel pour certains cas). Dans le cas des soins primaires, les solutions numériques sont souvent citées comme étant plus rapides et commodes. Toutefois, l’émergence d’autres formes d’offres de soins primaires rend ce marché fortement concurrentiel :  les “corners” de soins non programmés au sein des pharmacies ou des magasins,  initiés dans les années 2000, qui proposent dorénavant des programmes de suivi de pathologies chroniques ou des programmes de bien-être, sont de plus en plus utilisés.

    Arrivent également les cabines technologiques qui, pour 99 dollars par mois, proposent après un premier questionnaire, des tests et examens à faire sur place, avec une analyse réalisée par une intelligence artificielle (IA), et qui préparent aussi une prescription réalisée ensuite par un médecin à distance. Ces offres de proximité qui s’inscrivent dans la vie quotidienne s’avèrent être aussi pratiques qu’une consultation à distance.

     

    Forward Health CarePod Forward Mobile App Health Apps Forward Health Apps
    CarePod, la clinique technologique de Forward Health

    🔎 Zoom sur la Santé mentale, la spécialité la plus digitalisée :

    Selon les données partagées par Epic, leader mondial du dossier patient, principalement implanté aux USA, la santé mentale est la spécialité la plus répandue en soins virtuels. De nombreux patients considèrent maintenant qu’il est plus courant de faire une consultation de santé mentale virtuellement qu’en personne. L’offre disponible sur les plateformes numériques pour la santé mentale permet un choix parmi un large éventail de pratiques ou de traitement différents et s’adapte plus facilement au rythme régulier des consultations.

    📌 Le point of care (ou at-home testing) a peu dépassé le périmètre des tests Covid à ce stade :

    Rock Health a également interrogé les patients sur l’utilisation de divers tests de diagnostic à domicile, pour la première fois en 2023 :

    • 72 % des répondants ont déclaré avoir déjà utilisé au moins un type de test à domicile pour obtenir des résultats sur la fertilité, le microbiome intestinal, les hormones non liées à la fertilité, les infections sexuellement transmissibles (IST) et/ou le Covid-19 ;
    • 64 % des répondants avaient exclusivement utilisé ces tests pour le dépistage de la Covid-19.
    Usages des Trod à domicile - @ Rock Health
    Usages des tests rapides d’orientation diagnostique (Trod) à domicile – @ Rock Health

    📌 Les patients prêts à partager leurs données :

    90 % des répondants à l’enquête de Rock Health disent être prêts à partager leurs propres données de santé avec au moins une entité (un médecin, un membre de la famille, des sociétés pharmaceutiques…). Une tendance constante par rapport à 2022 (91 %) et à 2020 (90 %). Toutefois cette ouverture au partage des données concerne en moyenne 2,7 entités en 2023, contre 3,4 en 2020.

    Taux des personnes ouvertes au partage de leurs données de santé et entités concernées - @ Rock Health
    Taux des personnes ouvertes au partage de leurs données de santé et entités concernées – @ Rock Health

    📌 … Mais leur confiance dans les médecins en baisse

    La plus forte baisse d’une année sur l’autre de la proportion de répondants prêts à partager des données a été enregistrée avec un clinicien :  64 %  des personnes interrogées se disent prêtes à partager des données de santé avec un clinicien, contre 70 % en 2022. Chez les jeunes, seulement 42 % des répondants âgés de 18 à 24 ans ont indiqué qu’ils partageraient leurs données avec un clinicien, contre 89 % des répondants plus âgés (75 ans et +), soit une différence frappante de 47 %.

    Cette tendance souligne l’importance de traiter les questions que les patients peuvent se poser sur le partage de la donnée et d’investir dans la construction de la confiance. Parmi les inquiétudes évoquées des patients, celle de la sécurité des données est au premier plan. Rock Health conclut en soulignant qu’il est également important de montrer au patient que l’utilisation de ses données va lui servir directement dans son parcours et son expérience de soins.

    Taux des personnes prêtes à partager leurs données avec des cliniciens - @ Rock Health
    Taux des personnes prêtes à partager leurs données avec des cliniciens – @ Rock Health

     

  • Gouvernement : formation des médecins, transferts de compétences, permanence des soins… Les annonces de G. Attal

    Les 4 piliers de l’action gouvernementale en santé

    1️⃣ Premier pilier : la formation de plus de médecins

    En 2017, il y avait 8 150 places en 2e année de médecine à l’université. Gabriel Attal annonce les porter à 12 000 en 2025 et 16 000 en 2027. Il a ainsi déclaré : « Entre 2017 et 2023, nous formerons 50 % de médecins formés en plus. C’est historique. »

    Pour rappel :

    • à la rentrée 2017, on comptait 8 124 étudiants en deuxième année en France ;
    • en 2023, ils étaient 10 795 ;
    • par ailleurs, 2 700 praticiens à diplôme hors Union européenne (PADHUE) viendront exercer à l’hôpital en France dès ce printemps et seront affectés à leur poste dès ce mois d’avril.

    2️⃣ Deuxième pilier : la simplification pour libérer du temps médical dès à présent

    « Mon objectif est clair avec ces mesures d’urgence : reconquérir 15 à 20 millions de rendez-vous chez le médecin généraliste dès cette année, dès cet été », a annoncé le Premier ministre. Il a ajouté que, d’ici à juin, 16 procédures médicales du quotidien seront définitivement simplifiées, en donnant des compétences à plusieurs professions de santé, comme suit :

    • pharmaciens : chaque année, il y a 9 millions de consultations pour les angines et les cystites – à partir de juin, les pharmaciens pourront prescrire directement les antibiotiques du quotidien pour ce type d’infections bactériennes ;
    • opticiens : chaque année, il y a 17 millions de consultations chez l’ophtalmologue pour des ordonnances de lunettes – à partir de juin, l’opticien pourra adapter directement la correction s’il s’avère qu’elle ne convient pas à l’essai des lunettes ;
    • kinésithérapie : dès le mois de juin,  dans 13 départements (un par région métropolitaine) et en Outre-mer, les rendez-vous chez le kinésithérapeute sans passage préalable chez le médecin seront expérimentés ;
    • assistants médicaux : 10 000 assistants médicaux seront recrutés d’ici à la fin de l’année pour prendre en charge les formalités administratives des médecins et ainsi libérer leur temps, cela représente l’équivalent de 2,5 millions de rendez-vous médicaux libérés ;
    • médecins spécialistes : une expérimentation dans 13 départements (un par région) et en Outre-mer de l’accès direct aux médecins spécialistes sans passer par le médecin généraliste.

    3️⃣ Troisième pilier : la reconquête du 18h-minuit et des week-end

    « Environ 4 millions de Français vivent sans aucune solution de médecin de garde dans leur territoire, c’est une injustice majeure. Nous lançons dès aujourd’hui un plan d’urgence. »

    Ce plan d’urgence repose sur une aide financière ainsi que sur la responsabilité des médecins pour assurer les permanences de soins, partout sur le territoire : pour que chaque Français ait un médecin de garde à moins de 30 minutes de chez lui, le soir et les week-end. En outre, Il a été décidé un élargissement dès cet automne du système de gardes en ambulatoire à d’autres professionnels de santé : infirmiers, dentistes et sages-femmes.

    4️⃣ Quatrième pilier : la responsabilisation des patient

    « Chaque année, il y a entre 20 et 30 millions de rendez-vous perdus car non honorés, les “lapins”. Dès cette année, nous mettrons en place un mécanisme de responsabilisation avec une retenue de 5 euros qui ira directement au médecin si son patient ne se présente pas ou prévient moins de 24h avant. »

    Dès cette année, ce mécanisme de responsabilisation sera mis en place, par la loi, sur les plateformes de prise de rendez-vous en ligne. Concrètement, le patient donnera son empreinte bancaire, soit au professionnel soit à la plateforme de rendez-vous. S’il ne se présente pas à son rendez-vous, sans un délai de prévenance de 24h, le médecin pourra le débiter d’un montant de 5 euros en tant que pénalité pour le “lapin” qui lui a été posé.

    La santé mentale des jeunes comme grande cause

    Gabriel Attal a réaffirmé sa volonté de faire de la santé mentale des jeunes une priorité : « Je l’ai dit, je veux en faire la grande cause de l’action de mon Gouvernement. Je décrète l’état d’urgence sur la santé mentale en France. »

    Dans ce cadre, des mesures spécifiques ont été annoncées :

    • le dispositif MonSoutienPsy est simplifié dès le mois de juin ;
    • les patients pourront aller directement chez le psychologue sans passer par un professionnel de santé avant ;
    • la séance sera valorisée à 50 euros pour le psychologue (contre 30 euros actuellement) ;
    • jusqu’à 12 séances seront désormais remboursées par an (contre 8 aujourd’hui) ;
    • le gouvernement souhaite également “imposer” aux complémentaires de payer le reste à charge de ces séances de psychologues (ticket modérateur à hauteur de 30 % de l’acte), en plus de la participation de l’Assurance maladie.

     

    Premières réactions : les médecins libéraux en colère

    Jugées “divergentes”, les annonces du Premier ministre ont provoqué plusieurs réactions et communications. Ainsi pour Franck Devulder, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), il s’agit d’un sabotage des négociations conventionnelles : “La destruction du parcours de soins et le transfert de compétences à d’autres professions de santé au mépris de la qualité et de la pertinence des soins des français, le Gouvernement fait le choix d’en finir avec le médecin traitant et avec toutes les autres spécialités médicales libérales.

    Sur les réseaux sociaux, des psychiatres crient à la fin de la psychiatrie tandis que des kinésithérapeutes se réjouissent de l’expérimentation annoncée.

     

  • IA générative : Oracle annonce le lancement de son nouvel assistant clinique

    La promesse d’une triple valeur ajoutée

    Pour concurrencer les solutions d’IA générative déjà existantes sur le marché, les nouvelles fonctionnalités développées par Oracle permettent la génération automatique de comptes-rendus médicaux, de consultation ou de sortie d’hôpital. L’entreprise américaine promet ainsi aux professionnels de santé :

    • de réduire leur charge administrative : la transcription automatique des comptes-rendus de consultations et les suggestions de suivi peuvent libérer du temps précieux pour les professionnels de santé ;
    • d’améliorer la qualité de leurs soins : l’accès à des informations contextuelles et à des suggestions de traitement peut aider les médecins à prendre de meilleures décisions pour leurs patients ;
    • et d’augmenter la satisfaction de leurs patients : les patients apprécieront que leurs prestataires de soins puissent se concentrer davantage sur eux et moins sur des tâches administratives.

     

    Des comptes-rendus des consultations médicales :

    L’assistant clinique Oracle se base sur l’algorithme d’un grand modèle de langage (LLM), utilisable en open source ou en tant que propriétaire, développé en partenariat avec Cohere. Cet algorithme est capable d’enregistrer et retranscrire automatiquement des conversations entre un patient et un médecin. La solution permet ainsi de synthétiser la consultation, suggérant à la fin de l’échange la prescription de médicaments et/ou la planification d’examens complémentaires, personnalisée selon les besoins du patient.

    Ce type d’IA générative est utilisé par d’autres acteurs de l’informatique et du cloud tels que Microsoft, ou des startups spécialisées comme Nabla. Si Oracle a choisi d’attendre avant de dévoiler sa solution, c’est notamment parce que l’entreprise prépare “un service cloud particulièrement robuste”.

    Exploiter les données massives des dossiers médicaux :

    Oracle gère des milliards de dossiers médicaux électroniques. Grâce à des données anonymisées, l’éditeur de logiciels peut créer des modèles génératifs adaptés au domaine de la santé, notamment avec la mise à jour de son portfolio de services cloud dédié à la santé, baptisé « Health Data Intelligence ». Ce dernier permet la génération automatique d’un résumé de sortie du patient ou une lettre d’autorisation pour l’assurance médicale.

     

  • UE : Digitaleurope dévoile ses recommandations pour la santé numérique (2024-2029)

    5 objectifs clés pour la santé numérique européenne identifiés

    Parmi les barrières pour mettre ses recommandations en œuvre au sein de l’Union européenne (UE), le rapport de Digitaleurope pointe le manque de détails concrets concernant la réalisation des objectifs de la santé numérique. Il évoque également un risque de fragmentation entre les initiatives nationales et européennes et une incertitude sur le financement et la durabilité à long terme. Toutefois, les 5 recommandations détaillées montre comment l’UE peut lever ces barrières pour un déploiement sûr et durable de la santé numérique au sein de ses pays membres.

    Ainsi, Digitaleurope présente les 5 objectifs clés suivant pour la politique de santé numérique de l’UE :

    1. prioriser la transformation numérique et les instruments politiques liés à la santé ;
    2. améliorer l’utilisation des données et des nouvelles technologies génériques pour développer la R&I en santé ;
    3. augmenter les compétences et accroître la confiance accordée à la santé numérique ;
    4. mobiliser les financements et les ressources pour soutenir la transformation numérique des soins de santé ;
    5. et garantir la clarté juridique et la cohérence de la politique de santé numérique au sein de l’Union Européenne (UE).

     

    1️⃣ Prioriser la transformation numérique avec la construction de l’EHDS :

    Le rapport préconise que les technologies numériques et les solutions basées sur les données soient au centre de toutes les politiques de santé de l’UE. Pour ce faire, l’UE doit adopter une vision commune, un plan d’action, un dialogue avec les acteurs du numérique en santé ainsi qu’une inclusion des parties prenantes.

    Pour la mise en œuvre de l’Espace européen des données de santé (EHDS) sans fragmentation, le rapport suggère :

    • une surveillance juridique et technique ;
    • un engagement et une expertise des parties prenantes ;
    • une feuille de route pour la digitalisation des soins ;
    • un accès et une gestion uniformes des données de santé pour les 19 états membres, notamment avec un catalogue de l’ensemble des données ;
    • une interopérabilité ;
    • des modèles électroniques uniformes ;
    • un mécanisme d’identification et d’authentification transfrontalier ;
    • une utilisation efficace et sécurisée des services cloud ;
    • et, enfin, des indicateurs de développement dans la santé numérique pour suivre l’évolution des États membres.

     

    2️⃣ Améliorer l’utilisation des données et la mesure des résultats dans les systèmes de santé européen :

    Pour mesurer les résultats dans les systèmes de santé européen, les recommandations de Digitaleurope sont :

    • une coordination européenne (résultats cliniques, Données de vie réelle)  ;
    • une combinaison d’ensemble de données afin d’analyser la santé de la population (EHDS) ;
    • des meilleures pratiques pour les modèles de mesure et de financement (prévention, innovation, soutient de la décision basée sur les données et lier les remboursements aux résultats obtenus) ;
    • la promotion de données de vie réelle fiables et de bonne qualité ;
    • et une collaboration avec les agences de réglementation.

     

    3️⃣ Augmenter les compétences des professionnels de santé en les formant aux solutions numériques :

    Afin de profiter des technologies numériques, l’UE cherche à développer les compétences du personnel de santé. Digitaleurope recommande les initiatives suivantes :

    • l’éducation numérique et la formation des professionnels de la santé ;
    • le développement de modules de formations générale et professionnelle ;
    • et la mise en place de programmes éducatifs transfrontaliers.

     

    4️⃣ Mobiliser les financements de la transformation numérique des systèmes de santé :

    Pour adopter des instruments politiques et des incitations efficaces afin d’accompagner la transformation numérique des systèmes de santé européens, l’UE doit :

    • inclure un programme de financement et l’établissement de l’EHDS ;
    • construire un programme de récupération et de résilience (RRF) ;
    • et intégrer des mécanismes pour échanger sur les meilleurs pratiques entre les états membres.

     

    5️⃣ Définir un cadre juridique clair et harmonisé pour la santé numérique :

    Afin d’établir un cadre juridique qui soient le même pour tous les pays de l’UE, le rapport propose quatre principes fondamentaux :

    • harmoniser les règles dans le traitement des données personnelles et des données électroniques de santé, notamment dans leur utilisation primaire et secondaire ainsi qu’une conformité au RGPD ;
    • assurer une gouvernance et des garanties pour la propriété intellectuelle avec la législation de l’UE et une collaboration internationale ;
    • clarifier les démarcations et l’interaction entre les actes juridiques de l’UE avec des exigences réglementaires (sécurité, performance, qualité et interopérabilité) sur les produits de santé numérique ;
    • harmoniser les règles sur les procédures d’évaluation de la conformité en éliminant les duplications des procédures.

     

  • IA générative : comment les directeurs financiers appréhendent-ils son déploiement ? (étude Blackline)

    Cybersécurité et IA générative parmi les principales préoccupations

    L’étude de Blackline, intitulée “Directeur financiers : prévoir l’imprévisible ou comment maîtriser la résilience des entreprises à l’ère de l’incertitude”, révèle le rôle joué par les directeurs financiers dans l’élaboration des stratégies adoptées par les entreprises et qui visent à garantir leur pérennité dans un monde en pleine mutation. Cette enquête a été menée par le cabinet Censuswide auprès de 1 339 cadres supérieurs et professionnels des services financiers et comptables dans sept marchés internationaux (France, États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Allemagne, Australie et Singapour).

    Selon ses résultats, 4 sujets préoccupent en priorité les directeurs financiers : la crise financière mondiale (77), la menace d’une catastrophe humanitaire (71%), la cybersécurité (70%) et les technologies de rupture – IA générative (65%).

    À la question de savoir quelles technologies sont les plus pertinentes pour “faire face à l’imprévisibilité”, les participants à l’étude ont répondu :

    • IA (64 %)  ;
    • IA générative (69 %) ;
    • cloud (63 %) ;
    • blockchain (56 %) ;
    • et cryptomonnaies (54 %).

     

    Plusieurs cas d’usage potentiels identifiés :

    Concernant les avantages de l’IA pour les départements financiers et comptables, les leaders de ces domaines ont cité dans l’ordre :

    • une meilleure analyse (35 %) ;
    • l’amélioration des capacités de prévision (35 %);
    • l’amélioration des capacités d’audit par l’analyse de données (33 %) ;
    • l’évolution du métier de comptable (32 %) ;
    • une meilleure identification des modèles et la détection des fraudes potentielles (31 %) ;
    • une meilleure identification des lacunes en matière de conformité (31 %) ;
    • l’augmentation de l’efficacité grâce à l’automatisation les tâches répétitives (30 %) ;
    • la réduction des erreurs (24 %) ;
    • et l’amélioration de la prise de décision (24 %).

     

    Des obstacles à la généralisation de l’IA

    5 axes clés ont été identifiés par les directeurs financiers comme des priorités stratégiques pour les entreprises :

    1. l’importance de disposer de directeurs financiers expérimentés (45%).
    2. l’amélioration de l’accès et l’analyse des données financières en temps réel (45%) ;
    3. le renforcement de l’analyse et la planification (41%) ;
    4. l’accélération de la transformation numérique (34%) ;
    5. ainsi que la compréhension de la trésorerie en temps réel (32%).

     

    Par ailleurs, si leur engouement pour l’IA est indéniable, il n’en reste pas moins qu’ils manquent encore de confiance dans la fiabilité des données financières, en particulier dans :

    • les processus de calcul et de données complexes (26 %)  ;
    • le manque de vérification automatisés du volume de données (24 %) ;
    • l’incertitude quant aux compétences des personnes qui saisissent ces données (23 %) ;
    • et la trop grande disparité des sources dont ces données proviennent (22 %).

     

    Quelles solutions pour lever ces obstacles ?

    Pour un déploiement optimal de l’IA, il serait nécessaire toujours selon les directeurs sondés par Blackline de :

    • mieux former le directeurs aux modèles d’IA  (34 %),
    • faire confiance aux résultats de l’IA (34 %)
    • prendre en compte les réglementations actuelles (31 %) ;
    • prendre en compte la résistance au changement (30 %) ;
    • et répondre au manque de compétences (31 %).

     

  • SAS : 100 préconisations pour une généralisation à tout le territoire national (rapport de la MAG SAS)

    Des préconisations dans 6 domaines pour atteindre les objectifs de la mission

    Le rapport de la MAG SAS, qui date de décembre 2023, vient d’être rendu publique par le ministère de la Santé. Pour réussir la généralisation des services d’accès aux soins (SAS) à tout le territoire, ce rapport détaille 100 préconisations couvrant 6 domaines indispensables selon la mission : organisation, système d’information, gouvernance, financement, communication ains que formation, qualité et évaluation. Il est à rappeler que les objectifs de la MAG SAS consistent notamment à :

    • conduire un diagnostic des territoires et identifier les leviers à mobiliser en urgence afin d’accélérer le déploiement ;
    • aider au repérage et à la diffusion des bonnes pratiques des SAS ;
    • proposer des actions de nature à rendre cette organisation lisible pour les patients et à facilement accessible ;
    • établir un plan d’actions pour faciliter le recrutement des régulateurs (médecins, assistants de régulation médicale (ARM), opérateurs de soins non programmés (OSNP) et effecteurs) ;
    • formuler des propositions pour accélérer le déploiement de la plateforme numérique nationale ;
    • identifier les conditions de réussite de filières spécialisées (comme la psychiatrie, la gériatrie ou la pédiatrie) dans les SAS ;
    • et émettre des préconisations organisationnelles relatives aux modalités de réorientation des patients des services d’urgence en lien avec le SAS.

     

    Plusieurs freins conditionnent le succès d’une généralisation à court terme

    Dans son rapport, la mission identifie les principaux freins au déploiement des SAS au niveau national. Parmi lesquels :

    • l’absence préexistante de régulation libérale en journée et de coopération ville-hôpital constitue un point de fragilité au déploiement du SAS ;
    • le sous-effectif des ARM et leur contribution dans des postes opérateurs de soins non programmés à l’instar des postes de régulateurs libéraux assurés par des médecins de la filière d’aide médicale urgente (AMU) ;
    • la gouvernance hospitalo-centrée ou cloisonnée entre le Samu et la médecine de ville, sa forme juridique doit faire l’objet d’un consensus pour s’adapter à la taille du SAS ;
    • des facteurs environnementaux pouvant freiner la mise en place du SAS comme la fragilité de la permanence des soins ambulatoires (PDSA), le degré de maturité des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) ou l’hétérogénéité d’une démographie territoriale des professionnels de santé et de leur localisation ;
    • des contraintes architecturales (taille et vétusté des locaux) et d’autres liées aux systèmes d’information.

     

    46 recommandations prioritaires :

    La MAG SAS met en avant la nécessité d’une gestion efficace du SAS, en insistant sur l’importance de disposer de ressources adéquates telles que l’augmentation du nombre d’ARM et une réorganisation des systèmes d’information pour faciliter le décrochage automatique des appels. Elle souligne également l’importance de coordonner les activités du SAS avec les services de médecine de ville et d’urgence, ainsi que l’efficacité des filières spécialisées pour améliorer la qualité des réponses.

    La mission d’accompagnement appelle, par ailleurs, à adapter les organisations aux réalités locales plutôt que d’imposer un modèle national unique. Son enjeu principal reste de soutenir les territoires les plus en difficulté dans les mois à venir.

    Pour lever les freins identifiés et réussir le déploiement généralisé des SAS, la mission a fait le choix d’adopter une approche “pratico-pratique”. Elle décline ainsi ses 100 préconisations dans les 6 domaines sus-cités en les priorisant comme suit :

    • 46 préconisations sont identifiés comme “prioritaires” ;
    • et 12 comme “secondaires” ;

     

    Des préconisations à l’horizon 2025 :

    D’autre part, pour 9 préconisations, la MAG SAS recommande une mise en œuvre à l’horizon 2025. Il s’agit :

    • de soutenir l’évolution de la territorialité opérationnelle et engager les travaux pilotes ;
    • d’assurer une supervision de l’orientation réalisée par les OSNP ;
    • selon les organisations locales, d’envisager la possibilité de pouvoir conventionner la régulation des SNP entre le SAS et les CPTS ;
    • de faire auditer par les établissements siège de SAMU en lien avec les ARS les procédures technico-fonctionnelles d’engagement opérationnel des SMUR et de demande de concours des moyens SDIS et des transports sanitaires urgents ;
    • d’inscrire dans la formation initiale des internes de médecine générale la participation à des stages en régulation ;
    • en situation de régulation médicale délocalisée, de définir un temps socle minimum de pratique colocalisée de la régulation médicale ;
    • de respecter l’unicité du logiciel de régulation médicale (LRM) ;
    • de faire porter chaque versant libéral de SAS départemental par une entité juridique unique, dédiée et représentative des acteurs territoriaux ;
    • et, enfin, de définir une rémunération plafonnée du ou des dirigeants des entités juridiques libérales.

     

    9 préconisations pour le système d’information

    Le système d’information pouvant constituer “un frein majeur au déploiement du SAS”, la mission émet 9 préconisations dont plus de la moitié sont présentées comme prioritaires, le concernant. Elle recommande ainsi :

    1. de garantir les conditions techniques d’accès au SAS en mode nominal et en cas d’incident afin d’assurer la continuité de service ;
    2. d’engager les SAS à disposer d’un plan de continuité et de reprise d’activité et promouvoir la stratégie d’entraide opérationnelle ;
    3. d’implémenter la distribution et le décroché automatique des appels ;
    4. d’assurer une interopérabilité effective entre les CTA – CODIS et SAS/SAMU ;
    5. de respecter l’unicité du logiciel de régulation médicale (LRM) ;
    6. de déployer obligatoirement la plateforme numérique nationale dans l’ensemble des SAS ;
    7. au niveau des ARS, de s’appuyer sur les Grades et de les missionner pour l’accompagnement au déploiement de la plateforme nationale ;
    8. de repérer des “référents territoriaux” pour améliorer l’accompagnement local des acteurs à l’utilisation de la plateforme, “qu’ils soient côté effection ou régulation” ;
    9. ainsi que d’envisager une ouverture rapide de la plateforme numérique SAS aux infirmiers libéraux, aux pharmaciens et aux masseurs kinésithérapeutes.

     

    Un décret à paraître d’ici le mois prochain

    Le premier ministre, Gabriel Attal, a annoncé ce mercredi 3 avril à l’Assemblée nationale qu’un décret sera bientôt publié pour étendre le SAS à l’ensemble du pays, avec pour objectif d’être disponible partout d’ici l’été. Il a également souligné sa disposition à rétablir des obligations de garde dans les territoires où la mise en place du SAS s’avère impossible.

    En réponse à une question sur la reconnaissance des plateformes locales équivalentes au SAS, le Premier ministre a indiqué que des efforts étaient en cours pour les intégrer dans le système officiel.

     

    👉 Les détails des 100 préconisations sont à retrouver dans le rapport en suivant ce lien.