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  • Bilan des levées de fonds au T1 2024 : quelles perspectives pour les prochains trimestres ?

    🤖 Tendances tech : IA, cybersécurité et robotique

    Au premier trimestre 2024, on retrouve dans le top des thématiques d’innovation les plus attractives :

    • la silver tech ;
    • la femtech ;
    • la robotique ;
    • et l’imagerie médicale.

    Pour ce qui est des domaines technologiques, ceux  dans lesquels il a été le plus investi sont :

    • l’IA, toujours en top ;
    • le big data ;
    • la réalité virtuelle ;
    • et les thérapies numériques (DTx).

    Les investissements dans l’IA à la hausse au niveau international

    Au-delà de la structure des transactions, les investissements du premier trimestre s’intéressent particulièrement à des domaines prioritaires de la santé numérique, selon Rock Health, l’IA arrivant naturellement en première position :

    • 40 % du financement total du premier trimestre a été consacré à des entreprises exploitant l’IA ;

    • 1,1 milliard de dollars répartis pour 45 transactions ;

    • en 2022 et 2023, cette partie représentait respectivement 29 et 33 % du financement de la santé numérique

    Pour son logiciel de documentation et d’automatisation de la rédaction médicale, Abridge a levé une série C de 150 millions de dollars en février, quatre mois seulement après avoir augmenté sa série B. De son côté, la société de médecine de précision Zephyr AI a annoncé une série A de 111 millions de dollars en mars. D’autres start-ups d’IA en santé ont réalisé des levées au premier trimestre 2024, notamment Ambience Healthcare (70 M$), Codametrix (40 M$), Limbic (14 M$) et Milu Health (5 M$).

    L’IA est une étoile filante dans l’environnement actuel de l’investissement, avec de multiples collectes de fonds, partenariats et acquisitions attirant les investisseurs dans le domaine et dynamisant les équipes de startups. Les évolutions des modèles, les déploiements à grande échelle et les nouvelles coalitions nous rappellent que nous construisons l’infrastructure de la santé basés sur l’IA en temps réel.

    Forte diminution du capital-risque depuis 2023

    En 2023, la hausse exponentielle des montants levés ne s’est pas poursuivie : le marché s’est stabilisé avec un total des montants levés quasi identique à 2019 . Comme observé précédemment sur H&TI, le nombre d’opérations étant le même qu’en 2022, les montants levés sont cependant plus faible qu’en 2023 , signe que la somme levée par une même entreprise a en moyenne été moins conséquente en 2024.

    L’année 2023 a confirmé la baisse de l’engouement constaté en 2022. L’absence de “méga deals” (supérieurs à 100 M€) en est témoin. En 2022, plus e 1,4 Md€ avait été totalisé par les 10 levées les plus importantes parmi lesquelles 6 ont été réalisées par des licornes.

    💸 Top investisseurs : fonds privés, Bpifrance, business angels, mutuelles et Régions :

    Les principaux investisseurs sont :

      • les fonds privés (capital ventures, private équity) : 13 opérations ;
      • Bpifrance : 3 opérations ;
      • les mutuelles/complémentaires santé et les Régions : 2 opérations ;
      • les business angels : 4 opérations.

     

    🗼 L’Île-de-France, épicentre de l’equity

    44 % des startups ayant levé des fonds au premier trimestre ont leur siège à Paris ou en Île-de-France. D’autre part, une grande partie des opérations (44,4 %) sont des levées d’amorçage, avec une moyenne de 6 opérations réalisées.

    Répartition des deals selon leur typologie

    🌍 Une dynamique similaire aux Etats-Unis

    Selon le rapport Rock Health, au premier trimestre 2024, le financement américain de la santé numérique a atteint 2,7 milliards de dollars répartis sur 133 transactions, avec une taille moyenne de transaction de 20,6 millions de dollars.

    Les exigences en matière d’innovation technologique pour améliorer les soins de santé sont de plus en plus élevées, ce qui met les entreprises de santé numérique sous pression pour prouver leurs contributions et justifier leur approche lorsqu’elles cherchent à attirer de nouveaux clients, utilisateurs et investisseurs. Dans les marchés privés et publics, le contexte est devenu plus rigoureux et exigeant pour ces entreprises. Les attentes en termes de performances et de solutions sont en hausse, ce qui constitue un catalyseur sain pour la maturation et l’évolution du secteur. Cette pression, bien que nécessaire, transformera les entreprises et les dirigeants en diamants, renforçant ainsi leur résilience et leur capacité à répondre aux défis.

    Financement et taille des deals réalisés en santé numériques aux Etats-Unis - @ Rock Health
    Financement et taille des deals réalisés en santé numériques aux Etats-Unis – @ Rock Health

     

    Evolution des financements trimestriels de la santé numériques aux Etats-Unis entre 2020 et 2024 - @ Rock Health
    Evolution des financements trimestriels de la santé numériques aux Etats-Unis entre 2020 et 2024 – @ Rock Health

    Autres articles sur les levées de fonds au T1 2024

  • IA : une révolution dans le secteur du DM d’ici 2026 (Moody’s Ratings)

    Des avantages pour les entreprises du DM

    L’agence de notation Moody’s Ratings prévoit que l’IA commencera à avoir un impact positif sur les entreprises du DM au cours des deux prochaines années :

    • élargir son portefeuille de produits : l’Intelligence artificielle (IA) aide à développer de nouveaux produits et à améliorer les produits existants, en s’appuyant sur l’analyse de données et l’apprentissage automatique pour mieux comprendre les besoins des patients et des cliniciens ;
    • dégager des nouvelles sources de revenus : l’IA peut créer de nouveaux modèles commerciaux, comme des services basés sur les données et des abonnements à des logiciels, pouvant générer des revenus supplémentaires ;
    • améliorer l’efficacité : l’IA peut automatiser des tâches manuelles, optimiser les processus et améliorer la prise de décision, permettant de gagner du temps et d’économiser les coûts ;
    • et réduire les coûts : L’IA peut réduire les coûts de recherche et de développement, de fabrication et de commercialisation.

     

    Un avantage concurrentiel pour les grandes entreprises

    Pour exploiter pleinement le potentiel de l’IA, les grandes entreprises ont un avantage sur les petites, notamment car l’IA nécessite des investissements importants en données et en expertise technique. Cependant, cette technologie devra être adoptée par toutes les entreprises du secteur cherchant à rester compétitives.

    Toutefois, la gestion des données et la cybersécurité sont des risques à considérer car l’IA se nourrit de grandes quantités de données sensibles, exposant les entreprises à des fuites de données et/ou de cyberattaques. Des mesures de protection solides seront cruciales pour garantir sécurité et confiance des utilisateurs.

    Avec un impact réglementaire sur l’IA encore en développement, la législation varie encore entre les pays et les régions du monde. D’ici 2026, l’IA devrait avoir un impact positif sur les crédits des entreprises produisant des dispositifs médicaux. Selon Moody’s Rating, ces avantages devraient continuer à s’accroître d’ici 2030 avec le perfectionnement et la généralisation de l’IA.

     

  • Insuffisance rénale : la start-up Metyos lève 2,3 M€ pour développer sa technologie

    Une solution innovante pour lutter contre l’IRC

    La start up Metyos fondée en 2021 propose une solution basée sur un patch portable capable de mesurer en temps réel des biomarqueurs moléculaires permettant aux patients de réaliser une auto surveillance grâce à une application smartphone. Les patients sont également en lien direct avec leurs médecins via une plateforme de suivi à distance. L’objectif étant de permettre un traitement rapide des situations urgentes tout en assurant un suivi à long terme.

    L’entreprise développe une technologie basée sur 2 piliers:

    • un biocapteur destiné à suivre la régulation dynamique de la graisse corporelle et comprendre la complexité du métabolisme. Ce biocapteur (sous forme de patch) mesure les molécules dans la peau et ces données sont ensuite traitées par des algorithmes pour reconstruire le métabolisme énergétique et permettre aux patients de voir l’impact de leurs actions en termes de nutrition et d’activité physique sur leur stockage de graisse corporelle ;
    • et une application mobile qui agit comme un nutritionniste et un coach virtuel en fournissant des conseils personnalisés sur la nutrition, la forme physique et la gestion du stress. Elle permet d’engager une conversation avec l’utilisateur pour connaître et comprendre les démarches à mener les plus efficientes et l’aider à atteindre ses objectifs de manière durable.
    Schéma explicatif du dispositf médical
    Schéma explicatif du recueil de données et de son stockage dans le cloud de Metyos

     

    Une technologie qui commence à être reconnue par l’écosystème :

    Metyos se propose donc de lutter contre l’IRC qui constitue la troisième cause de décès dans le monde et touche 10 % de la population. La start-up a même déjà vu sa solution récompensée à deux reprises :

    • en 2023, lors de la Healthcare Innovation World Cup, l’équipe de Metyos a été reconnue comme l’une des principales entreprises technologiques mondiales dans le domaine de la santé ;
    • début 2024, Metyos a également remporté le “trophée de l’embarqué pour la santé et l’aide aux personnes” de l’association Embedded Healthcare.

     

    Le financement de à 2,3 millions par cette jeune entreprise sera investi dans le développement de sa technologie portable, avec un accent particulier mis sur l’avancement des essais cliniques en vue d’obtenir l’approbation de la FDA.

    La prise en charge des maladies rénales en pleine mutation

    D’autres starts-up françaises s’illustrent dans la lutte contre les maladies rénales chroniques, nous pouvons notamment citer :

    • La start-up Home Habilis propose une solution permettant de contrôler les éléments d’hydratation, ainsi qu’une trentaine de paramètres de santé pour les patients atteints d’une maladie rénale chronique. L’objectif étant de donner au patient et au médecin, une mesure fréquente et quotidienne de ces paramètres ;
    • L’entreprise Cardiorenal basée à Strasbourg, propose également une technologie de suivi du taux de potassium dans le sang chez les personnes souffrant d’insuffisance rénale. En 2022 elle a levé 3,3 millions d’euros afin de poursuivre le développement de son dispositif ;
    • Nous pouvons également citer NephroWise développée par Sêmeia, qui est une solution d’intelligence artificielle au service de la télésurveillance des patients atteints de maladie rénale. Conçue aux côtés des soignants, cette innovation vise à limiter l’évolution de la maladie rénale chronique chez les patients transplantés, atteints d’insuffisance rénale chronique au stade IV et V et en dialyse à domicile. L’objectif étant d’améliorer la prise en charge des patients tout en simplifiant le travail des soignants.

     

  • Psychiatrie : les propositions de la FHF pour construire l’avenir de l’offre publique

    Des tensions capacitaires et budgétaires 

    La psychiatrie publique prend en charge 85 % des patients suivis en établissement, selon la Fédération hospitalière de France (FHF). Le nombre de patients soigné à l’hôpital public a augmenté de 7 % entre 2014 et 2022 tandis que le nombre de lits d’hospitalisation complète a baissé de 15 % entre 2013 et 2021.

    Le financement public a évolué deux fois plus lentement que l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) et quatre fois moins rapidement que le secteur psychiatrique privé durant la même période (avant la réforme de financement). Les fermetures de lits sont aussi liées à des évolutions de pratiques (télémédecine), ainsi qu’un déficit de psychiatres et de professionnels paramédicaux conduit à des difficultés importantes pour l’accueil des patients :

    • plus d’un quart des postes sont vacants dans 40 % des établissements d’après l’enquête menée en juin 2023 auprès des établissements publics assurant une activité de psychiatrie ;
    • 25 % des établissements se déclarent en grande difficulté pour répondre aux besoins de la population, avec une moyenne de 7 % des lits de psychiatrie fermés en 2023.

     

    Améliorer la prise en charge en psychiatrie publique

    La FHF propose ainsi des mesures concrètes pour améliorer la prise en charge des patients en psychiatrie dans les établissements publics. Elle préconise de :

    • répartir de l’offre de soin à l’échelle territoriale en garantissant la continuité des soins sur l’ensemble du territoire en établissement ;
    • faire évoluer les modes de prise en charge pour répondre aux besoins de santé : soutenir les établissements dans l’évolution des pratiques de soins et le renforcement de l’ambulatoire et renforcer la place de la psychiatrie médico-légale ;
    • renforcer le lien entre la psychiatrie et les acteurs du territoire ;
    • et développer l’attractivité des métiers de la psychiatrie : lutter contre les idées reçues, renforcer la formation, faire évoluer les statuts pour une meilleure reconnaissance professionnelle, améliorer les conditions de travail en établissement.

     

  • IA : quel rôle à jouer dans la santé sexuelle et reproductive ? (rapport OMS)

    Bénéfices potentiels de l’IA dans le domaine

    De la facilitation de l’accès à l’information à la découverte de nouveaux médicaments, en passant par l’aide au dépistage et au diagnostic, l’organisation des soins ou encore la personnalisation des traitements : le rapport de l’OMS, intitulé “The role of artificial intelligence in sexual and reproductive health and rights” et publié en mars 2024, recense les différentes applications de l’IA dans la santé sexuelle et reproductive ainsi que sa valeur ajoutée. Cette technologie peut ainsi être potentiellement aider à :

    • informer, éduquer et promouvoir la santé : les chatbots ou agents conversationnels virtuels fournissent des informations de manière accessible pour les sujets stigmatisés, ainsi qu’une personnalisation des réponses ;
    • dépister et diagnostique : l’IA a une capacité d’analyse de l’imagerie médicale, permettant une détection plus précoce des anomalies/maladies, et les algorithmes IA peuvent analyser des grandes quantités de données cliniques, identifiant des risques pouvant passer inaperçus ;
    • organiser le traitement et les soins et surveiller sa santé personnelle : l’IA peut adapter les traitements en les personnalisant en fonction des caractéristiques individuelles des patients. Les smartphones et les applications mobiles avec de l’IA permettent aux individus de suivre et d’analyser leur santé à distance (maladies chroniques, suivi d’un traitement) ;
    • comprendre les tendances dans la santé reproductive et sexuelle : identifier les tendances, les modèles et les émergences au sein des populations pour guider la direction de la santé publique, notamment dans la prévention et l’allocation de ses ressources ;
    • et enfin avancer dans la recherche clinique et la découverte de médicaments : de nombreuses solutions d’IA peuvent découvrir des nouveaux médicaments. Des algorithmes peuvent également concevoir des essais cliniques plus efficaces.

     

    Modèles d'utilisation de l'intelligence artificielle (IA) dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive - @ OMS
    Modèles d’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive – @ OMS

    Des risques similaires aux autres usages de l’IA en santé

    Dans son rapport, l’OMS met en garde contre les dérives et les dangers potentiels de l’IA appliquée à la santé reproductive et sexuelle, notamment :

    • des lacunes réglementaires : les données de santé générées en dehors du cadre médical, à travers la surveillance personnelle de la santé, ne bénéficient pas toujours des mêmes protections que les données médicales traditionnelles, notamment en ciblant ces informations personnelles (données menstruelles) à des fins marketing comme le suivi de femmes cherchant à avorter par exemple ;
    • une liberté de choix limitée : l’IA peut influer sur la prise de décision et induire en erreur les individus ne sachant pas comment leurs données sont utilisées, notamment avec un risque que les outils d’IA soient utilisés pour entraver les SDRS et contribuer au sexisme et à la violence sexuelle ;
    • un risque de fuite de données : l’IA nécessite une quantité de données personnelles, présentant ainsi un risque de perte/violation de celles-ci, notamment sur un sujet sensible comme la santé sexuelle et reproductive où ces données peuvent être utilisées pour persécuter/empêcher l’accès aux soins ;
    • la désinformation et la manipulation : la formation de modèles d’IA sur Internet peut désinformer (mythes sur les méthodes contraceptives) afin de décourager l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive ;
    • des biais et des limites des données : les systèmes d’IA sont influencés par des biais non représentatifs, désavantageant les communautés sous-représentées ;
    • la fracture numérique : l’accès inégal à la technologie dans les pays à faibles revenus affecte l’équité et l’inclusivité des applications d’IA dans la santé sexuelle et reproductive ;
    • ainsi qu’un contexte socio-culturel peu intégré par les solutions : les Grands modèles de langage (LLM) nécessitent une approche localisée ou culturellement nuancée dans les SDSR, les décisions liées à la contraception peuvent être influencées par des convictions personnelles, des facteurs psychologiques, culturels et socio-économiques.

    Les mesures préconisées par l’OMS :

    • clarifier les limites d’utilisations des données : établir des restrictions sur la collecte, le partage et la réutilisation des données SDSR et une protection robuste pour la confidentialité des données ;
    • garantir un consentement éclairé et un contrôle individuel : mettre en œuvre des processus de consentement clair et donner aux individus un contrôle proactif sur la manière dont leurs données SDSR ;
    • assurer la transparence et la responsabilité : exiger la notification des violations données et développer des informations transparentes ;
    • promouvoir l’inclusivité et la diversité des données : diversifier les ensembles de données en s’assurant d’une représentation équitable ;
    • établir des mécanismes de surveillance collaborative : impliquer les parties prenantes locales et internationales dans la surveillance des systèmes d’IA ;
    • et développer des voies de surveillance adaptables : mettre des processus de surveillance pour les applications d’IA intégrées aux produits accessibles aux utilisateurs.

     

  • Expérience patient : l’AP-HP dévoile ses engagements pour améliorer l’accueil et l’accompagnement

    Des engagements pour les 3 prochaines années

    Dans le cadre du plan d’action “30 leviers pour agir ensemble” engagée en janvier 2023 par l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP) pour renforcer ses effectifs et améliorer le bien-être de ses professionnels de santé, l’AP-HP viens de lancer un plan d’actions sur trois ans dédié à l’amélioration de l’accueil et de l’accompagnement des patients. Ce plan d’action s’articule autour de 10 engagements majeurs, déclinés en 33 actions, qui seront déployés entre mi-2024 et mi-2027.

    La conception de ce plan d’actions s’est appuyée sur une large concertation, réunissant pendant six mois :

    • des patients et leurs représentants ;
    • plus de 900 professionnels issus de tous les métiers de la communauté hospitalière ;
    • les représentants de la communauté de l’AP-HP au sein des différentes instances ;
    • ainsi que des représentants de la Commission médicale d’établissement (CME), de la CSIRMT, des usagers et des organisations syndicales centrales Sud et CFDT au sein d’un cycle de discussion dans un format « quadripartite ».

     

    Une telle démarche collaborative a permis de dresser un état des lieux précis des attentes et des besoins des patients, ainsi que des défis auxquels l’AP-HP est confrontée.

    Les 3 principes directeurs du plan d’actions :

    • Pragmatisme : il est axé sur des avancées concrètes et réalisables sur l’ensemble des dimensions sur lesquelles il est possible et nécessaire d’agir.
    • Progressivité : son déploiement se fera sur plusieurs années afin de garantir des effets durables.
    • Une logique collaborative : Les actions relèveront d’une pluralité d’équipes dont des équipes externes provenant des groupes hospitalo-universitaires (GHU), d’hôpitaux…

     

    Fédérer les équipes autour de l’amélioration de l’expérience des patients

    Les efforts pour améliorer continuellement la qualité des soins et l’expérience patient sont au cœur de la mission des équipes hospitalières. Le plan « 30 leviers pour agir ensemble » vise à optimiser leur temps dédié aux soins et aux initiatives d’amélioration, notamment par l’embauche de 600 professionnels pour les soutenir logistiquement, techniquement et administrativement, ainsi que par le renforcement des outils informatiques. En complément, le plan propose les dispositifs incitatifs suivants, conçus pour encourager et soutenir les projets d’amélioration tout au long de leur mise en œuvre, notamment :

    • l’incorporation de l’amélioration de l’expérience patient dans la prime d’engagement collectif de 2024 ; 
    • la révision du label Hospitalité pour intégrer des critères plus exigeants ;
    • et la relance des trophées patients en 2025 pour valoriser les projets des équipes.

     

    Les 10 engagements de l’AP-HP pour l’expérience patient

    Ce plan d’action s’articule autour de 10 engagements pour améliorer l’accueil et l’accompagnement des patients

    1️⃣ Faciliter le premier contact avec l’hôpital et la prise de rendez-vous :

    Le premier engagement vise à améliorer l’efficacité de la prise de rendez-vous téléphonique grâce à la création prévue de bureaux centralisés de rendez-vous d’ici fin 2025. Il est également prévu d’équiper chaque service d’une plateforme en ligne adaptée à ses besoins pour la prise de rendez-vous, et de faciliter l’accès des médecins de ville aux services de l’AP-HP pour les demandes d’avis spécialisés ou l’orientation des patients d’ici fin 2025 également.

    Pour cela, l’AP-HP annonce un état des lieux des modalités de prise de rendez-vous dans tous les sites et services de l’AP-HP d’ici octobre 2024, ainsi que la préparation d’un plan de déploiement d’une solution de prise de rendez-vous par internet d’ici fin 2025 établi par chaque GHU en adéquation avec les spécificités de chaque service.

    2️⃣ Améliorer l’orientation et l’accueil des patients :

    L’objectif est d’accompagner les 6 premiers hôpitaux où les patients se perdent le plus dans l’amélioration de leur signalétique en 2024. En parallèle, l’AP-HP souhaite une amélioration de la cartographie de ses hôpitaux et un renforcement de l’accueil humain assuré par des professionnels.

    3️⃣ Rendre les parcours intrahospitaliers plus fluides et sécurisants :

    L’AP-HP souhaite rénover et améliorer l’équipement des espaces d’attente d’ici 3 ans en débutant par les plus dégradés, ainsi que mettre en place progressivement des organisations vouées à la coordination des parcours de patients complexes.

    4️⃣ Améliorer la qualité de séjour des patients hospitalisés :

    De nombreux chantiers vont être déployés sur les trois années afin d’accélérer le rythme de rénovation des chambres, facilité l’accès au réseau wifi, améliorer la literie dans les hôpitaux pédiatriques et gériatriques…

    5️⃣ Faciliter le parcours administratif des patients :

    L’AP-HP souhaite faciliter le parcours administratif des patients en supprimant la redondance des démarches à effectuer. Notamment la fin des démarches administratives à accomplir pour les patients ayant été déjà pris en charge à l’AP-HP et la simplification du dépôt d’une réclamation dès la fin d’année.

    6️⃣ Améliorer les conditions de sortie des patients :

    L’objectif est d’optimiser les procédures de décharge hospitalière en définissant des critères clairs pour garantir la sécurité des patients lors de leur sortie, comme l’obligation de fournir des explications détaillées sur les traitements suivis et les soins à poursuivre, de remettre les prescriptions nécessaires et les comptes rendus médicaux, et de communiquer des contacts utiles pour toute urgence ou question. De plus, renforcer l’engagement pour une continuité des soins à domicile, surtout pour les cas les plus complexes.

    7️⃣ Prendre davantage en considération les accompagnants et les aidants :

    L’AP-HP a pour but de valoriser le rôle des proches aidants en soutenant les initiatives qui favorisent leur intégration dans le parcours de soin du patient. Cela inclut la mise en place systématique de solutions d’hébergement pour les accompagnants là où cela est nécessaire et l’amélioration du soutien lors du décès d’un patient.

    8️⃣ Améliorer l’accès aux soins et l’accompagnement des patients les plus vulnérables :

    Le huitième engagement consiste à renforcer l’accès aux soins pour les individus les plus vulnérables en mettant en place des mesures spécifiques pour améliorer l’accessibilité physique des installations hospitalières et l’accès aux soins pour les personnes handicapées, tout en améliorant la prise en charge des personnes en situation de précarité et des victimes de violence intrafamiliale.

    9️⃣ Faciliter la participation des patients à la recherche clinique :

    Le neuvième engagement a pour but d’encourager l’implication des patients dans la recherche clinique par l’intégration de patients partenaires dans l’élaboration des projets de recherche, la suppression des obstacles administratifs et une meilleure communication sur les initiatives de recherche.

    🔟  Mieux prendre en compte l’avis des patients dans les décisions à tous les niveaux :

    Le dernier engagement constitue le fil rouge du plan tout entier et vise à établir comme priorité générale l’écoute et la prise en compte des opinions des patients dans la prise de décision à tous les niveaux de l’hôpital, en augmentant leur représentation dans les instances de gouvernance et en identifiant davantage de patients partenaires pour enrichir les pratiques de soin grâce à leur expérience personnelle et leurs connaissances.

     

    👉 Le plan d’actions détaillé des dix engagements de l’AP-HP pour l’expérience patient peut être consulté ici.

     

  • Santé mentale : une concertation publique sur les actions du Grand Défi numérique

    Construire le plan d’action du “Grand Défi”

    Le Grand Défi “Dispositifs médicaux numériques (DMN) en santé mentale” s’inscrit dans le cadre du “Plan dispositifs médicaux France 2030”. Son objectif est de promouvoir des technologies innovantes pour faciliter l’accès au marché des DMN en santé mentale, améliorant ainsi la prévention, la prise en charge et le suivi des patients.

    Selon le ministère de la Santé, le numérique influence les 37 actions de la feuille de route santé mentale et psychiatrie de 2018, complétées par les mesures des Assises de septembre 2021. Son bilan, après trois ans de mise en œuvre, identifie les principaux défis de la santé mentale pour l’avenir comme suit :

    • une approche transversale entre prévention, soins et inclusion sociale ;
    • le renforcement de la prévention, y compris des risques numériques tels que le cyberharcèlement et la surexposition aux écrans ;
    • la lutte contre la stigmatisation des troubles psychiques ;
    • la détection et la prise en charge précoce des troubles ;
    • l’amélioration de la continuité des soins entre les différents secteurs de santé ;
    • la facilitation des conditions de pratique pour les professionnels, notamment en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent ;
    • le soutien accru à la recherche et à l’innovation pour combler le retard français ;
    • la valorisation des savoirs expérientiels, de la pair-aidance et du pouvoir d’agir des patients et des familles, pour transformer les rapports de pouvoir et de savoir entre soignants et soignés ;
    • et, enfin, l’accompagnement des publics vulnérables touchés par des troubles psychiatriques et confrontés à des difficultés spécifiques d’accès aux soins.

     

    Une méthodologie en 5 étapes :

    Le plan d’actions de ce Grand Défi, qui sera élaboré en concertation avec les acteurs du domaine, suit une méthodologie en cinq étapes, aboutissant à des propositions d’actions détaillées. Les montants d’investissement seront précisés après l’achèvement de cette phase de concertation publique.

    Méthodologie d’élaboration du plan d’actions du Grand Défi DM numériques en santé mentale
    Méthodologie d’élaboration du plan d’actions du Grand Défi DM numériques en santé mentale

     

    4 axes de travail proposés

    La proposition de plan d’actions du Grand Défi “Dispositifs médicaux numériques en santé mentale” est structurée en réponse aux besoins identifiés. Son objectif est d’accompagner le développement, l’évaluation, l’accès et la formation aux dispositifs médicaux numériques en santé mentale et en psychiatrie, en les rendant accessibles aux usagers, patients, aidants, professionnels et établissements concernés.

    Cette proposition a émergé lors de l’étape 5 du processus, lancée début 2024. À travers une méthodologie participative, quatre axes majeurs ont donc émergé pour guider les discussions. Ils représentent les piliers essentiels pour développer et adopter efficacement les technologies numériques en santé mentale :

    • l’innovation et la recherche ;
    • la génération de preuves ;
    • l’intégration pratique ;
    • et la formation des professionnels et des utilisateurs.

     

    Les 4 axes du plan d’actions du Grand Défi DM numériques en santé mentale
    Les 4 axes du plan d’actions du Grand Défi DM numériques en santé mentale

    Une dimension éthique intégrée

    Pour enrichir ce plan d’actions, la Délégation ministérielle au numérique en santé (DNS) et la Délégation ministérielle à la santé mentale et la psychiatrie, qui pilotent la concertation, soulignent l’importance de considérations éthiques robustes et la nécessité, pour chaque axe stratégique, de réflexions approfondies sur des problématiques telles que :

    • la confidentialité des données ;
    • la transparence et la responsabilité des développeurs ;
    • l’accessibilité équitable dans le développement
    • le consentement éclairé ;
    • et l’impact sur la relation thérapeutique.

     

    D’un autre côté, l’engagement des parties prenantes s’avère crucial pour garantir une intégration éthique et socialement responsable de ces dispositifs, d’où le lancement de cette concertation publique sur le plan d’actions du Grand Défi numérique en santé mentale (à retrouver dans le détail ici).

     

  • UK / IA : des lignes directrices pour cadrer les usages en santé (British Standards Institution)

    Une réponse aux interrogations des différentes parties prenantes

    La British Standards Institution (BSI) avec cette norme se donne pour objectif d’assister les processus décisionnels en matière d’intelligence artificielle dans le domaine de la santé. Elle fournit des critères pour évaluer les produits d’IA, incluant :

    • les bénéfices cliniques ;
    • les standards de performance ;
    • leur intégration sécurisée dans les environnements cliniques ;
    • les aspects éthiques et l’assurance de résultats sociaux équitables.

     

    Alors que les débats sur la généralisation de l’IA en santé se poursuivent, les dernières prévisions indiquent que son marché mondial devrait dépasser 187,95 milliards de dollars d’ici 2030 ce qui incite les acteurs du secteur de l’IA à penser un cadre prenant en compte les différentes problématiques liées à cette avancée technologique.

    L’objectif est également de fournir des axes aux fournisseurs de soins de santé et cliniciens qui rencontrent un certain nombre de défis, notamment dans l’évaluation des produits d’IA en raison de contraintes de temps et de budget et des compétences internes. Cette norme visera donc à garantir une intégration sûre et efficace des technologies dans la pratique médicale. Son élaboration a d’ailleurs nécessité la coopération d’un groupe d’experts variés, incluant des cliniciens, des ingénieurs en logiciel, des spécialistes en intelligence artificielle, des éthiciens et des responsables de la santé. Ces directives sont basées sur des recherches existantes et les pratiques les plus efficaces, permettant de traduire des évaluations de fonctionnalités complexes en un cadre vérifiable pour garantir la conformité des systèmes d’IA.

    Des normes applicables à une diversité de produits

    Cette norme BS 30440 recouvre une large gamme de produits d’IA en santé, englobant des dispositifs médicaux réglementés tels que :

    • les logiciels utilisés à des fins médicales ;
    • les logiciels d’imagerie.

    Ou encore, les produits destinés aux patients tels que :

    • les chatbots alimentés par l’IA sur les smartphones ;
    • les dispositifs de surveillance à domicile.

    Cette norme s’applique aux produits et technologies utilisant des éléments d’IA, y compris l’apprentissage automatique, et concerne tant les fournisseurs de systèmes d’IA que les auditeurs de produits.

     

  • IA : quels risques et bénéfices pour l’industrie pharmaceutique ? (rapport OMS)

    Intitulé “Bénéfices et risques d’utiliser l’IA pour le développement et la livraison pharmaceutique”, le rapport de l’OMS, évoque les avantages potentiels de l’IA sur la santé publique, notamment sa capacité à :

    • développer des médicaments plus précis et efficaces : l’IA peut aider à identifier de nouvelles cibles thérapeutiques et personnaliser des drogues pour des sous-groupes de population ;
    • améliorer le diagnostic et le pronostic : l’IA analyse de grandes quantités de données médicales pour mieux identifier et prédire des schémas d’évolution des maladies ;
    • et découvrir de nouveaux traitements pour les maladies “incurables” : la capacité de l’IA à identifier des combinaisons de médicaments ou proposer des traitements innovants/conception de vaccins.

     

    Des essais cliniques plus concluants car mieux ciblés

    Les essais cliniques peuvent prendre très longtemps avant de voir le jour, voici les trois avantages que l’IA peut apporter :

    • une efficacité accrue : l’IA peut identifier les participants aux essais cliniques plus susceptibles de répondre au traitement étudié, améliorant les chances de succès des essais et permettant un développement accéléré en réduisant les coûts ;
    • un meilleur ciblage marketing : l’IA aide les entreprises pharmaceutiques à identifier les patients susceptibles de bénéficier leurs produits, ce qui peut améliorer l’efficacité du marketing et des ventes ;
    • améliorer l’observance des patients : l’IA peut développer des interventions personnalisées afin d’aider les patients à adhérer à leur traitement et ainsi améliorer leur santé.

     

    Cependant, une étude révèle que 86 % des participants aux essais cliniques de la psoriasis sont blancs, et une autre étude montre que 79 % des données génomiques proviennent de personnes d’Europe, ne permettant pas une représentativité exhaustive avec un risque de biais.

    Des risques de biais, de sécurité, de transparence et de responsabilité

    Comme vu dans le paragraphe précédent, les données traitées par l’IA ne sont pas toujours variées, entraînant des risques de biais dans les résultats de conception médicamenteuse ou vaccinale. Les conséquences peuvent porter sur :

    • un biais de sélection des participants aux essais cliniques : s’ils ne recrutent pas toujours des participants représentatifs de la population cible, les essais peuvent conduire à des traitements inefficaces ou dangereux ;
    • un biais dans les données d’entraînement des algorithmes d’IA : résultant dans des discriminations de personnes ou des médicaments inefficaces pour certains ;
    • un biais dans les décisions de développement et de réglementation : les décisions peuvent être influencées par des biais inconscients ou des intérêts économiques, augmentant ainsi les disparités en soins et la méfiance envers le système de santé.

     

    Concernant ces risques, il faut s’assurer une représentativité des participants aux essais cliniques, utiliser des données d’entraînement complètes, mettre en place des processus transparents et objectifs pour la prise de décision en développement de médicaments/réglementation.

    Des mesures de sécurité à adopter pour une IA sans risque :

    • des tests rigoureux : les algorithmes doivent être testés rigoureusement pour garantir leur sécurité et leur efficacité dans des conditions réelles ;
    • des réglementations gouvernementales : des lois et des réglementations sont nécessaires pour encadrer l’utilisation de l’IA dans le développement de médicaments ;
    • une transparence des développeurs : les développeurs doivent partager les données, le code source et les performances de leurs algorithmes avec les autorités de réglementation.

     

    Une responsabilité difficile à discerner :

    • des algorithmes d’IA opaques : la complexité des algorithmes d’IA rend leur compréhension difficile, obscurcissant le responsable des résultats ;
    • une dépendance à l’humain : les systèmes d’IA s’appuient sur des données humaines, compliquant l’identification d’un éventuel dommage ;
    • un problème de contrôle : les systèmes d’IA peuvent évoluer de manière autonome, ayant parfois des actions imprévisibles et conformes aux intentions des développeurs ;
    • une collaboration diversifiée : de nombreux acteurs peuvent être impliqués dans le développement et l’utilisation des systèmes d’IA ;
    • l’implication de machines rend la détermination de la responsabilité difficile, entre les humains et les processus d’algorithmes.

     

  • Data : 42 % des Français inquiets pour leurs données de santé (enquête BMS)

    La santé connectée entre craintes et espoirs

    Cette seconde étude barométrique réalisée par Ipsos pour l’Edhec Business School et le laboratoire pharmaceutique Bristol Myers Squibb (BMS), dans le cadre de la Chaire de recherche sur l’innovation en santé numérique, lancée en juillet 2022, avait pour objectif d’évaluer la perception des Français sur la santé connectée pour comprendre leurs doutes et leurs attentes afin de “contribuer à l’accélération de l’innovation dans le domaine de la e-santé au bénéfice des patients”.

    Cette enquête, dont les résultats ont été dévoilés le 2 avril 2024, a été réalisée auprès de 1 000 Français âgés de 18 à 74 ans du 7 au 9 février 2024 dans le but d’identifier les attentes des citoyens en termes d’information, de pédagogie et de réassurance quant à l’utilisation de la santé connectée. Cette étude à vocation à être renouvelée annuellement afin d’avoir un “aperçu régulier” de la perception des Français sur la santé connectée.

    Les 3 conclusions du baromètre 2024 de BMS

    1️⃣ Un recul de l’utilisation des outils de santé connectée :

    Cette nouvelle version de l’étude sur la perception des Français sur la santé connectée montre un recul du nombres de Français prêts à davantage utiliser la santé connectée qu’ils ne le font déjà, puisque 69 % déclarent cela, contre 76 % lors du dernier baromètre paru en fin janvier 2023. Ils sont aussi moins nombreux à déclarer être prêts à utiliser tout ce qui existe en termes de santé connectée (21 % contre 30 % en 2023).

    UNE RÉTICENCE PLUS IMPORTANTE À L’ÉGARD DE LA SANTÉ CONNECTÉE EN 2024
    Une réticence plus importante à l’égard de la santé connectée en 2024 – Ipsos

    L’étude montre aussi que les 3 plus grandes utilisations des outils de santé connectés de la part des Français sont, dans l’ordre, les outils de prise de rendez-vous chez un spécialiste (au moins 65 % les utilisent occasionnellement), les outils de prise de rendez-vous chez un généraliste (64 %) et les applications de suivi de santé (37 %). Pour cette dernière catégorie d’outils, on remarque une légère augmentation de le part des Français à l’avoir utilisé au moins une fois (54 % contre 52 %). Pour les outils de prise de rendez-vous médicaux, le nombre de Français qui indiquent en avoir déjà utilisé est beaucoup plus important : 84 % pour les prises de rendez-vous chez un spécialiste et 78 % pour les prises de rendez-vous chez un généraliste. Cela montre que malgré un recul de l’utilisation des outils, la majorité des Français en a déjà utilisé.

    QUELLE EST L’UTILISATION AUJOURD’HUI DES OUTILS DE SANTÉ CONNECTÉS ? TOP 3 -IPSOS
    Quelle est l’utilisation aujourd’hui des outils de santé connectés ? – Ipsos

    Un recul dû à une mauvaise information des Français ?

    Si 74 % des Français déclarent s’informer sur internet sur la santé en général (72 % sur une maladie en général et 65 % sur une maladie chronique), ils sont aussi une majorité (69 %) à déclarer ne pas être bien informé sur le sujet de la santé connectée et 30 % déclarent être mal informé, soit 7 points de plus que l’année dernière. Le part de Français disant être très mal informé sur le sujet, à elle aussi progressé de 3 points par rapport au dernier baromètre (10 % contre 7 %).

    LA SANTÉ CONNECTÉE, UN SUJET SUR LEQUEL PLUS DE 2/3 DES
    La santé connectée, un sujet sur lequel plus de 2/3 des Français ne se sentent pas suffisamment informés – Ipsos

    Cette mauvaise information sur le sujet peut donc être l’une des raisons de la baisse de l’utilisation des outils de santé connectée par les Français, même si Ipsos rappelle dans l’étude que les dates du terrain coïncident avec la révélation médiatique de la fuite de numéros de Sécurité Sociale concernant potentiellement 33 millions de personnes, ce qui a pu affecter la réponse des Français et leur envie d’utiliser ces outils.

    2️⃣ Une chute de la confiance dans les hôpitaux publics et privés :

    Cette nouvelle enquête montre aussi que, même si les services de santé publics et privés restent les acteurs que les Français considèrent comme les plus légitimes pour proposer des services et des solutions thérapeutiques digitales en santé, leur niveau de légitimité a nettement baissé depuis la publication du dernier baromètre : en effet, si 67 % des Français considéraient que les services de santé publics étaient légitimes de proposer ces services et solutions, ils sont aujourd’hui 52 % à penser cela et 41 % à considérer les services de santé privés comme légitimes (contre 54 % en 2023).

    LÉGITIMITÉ DES ACTEURS POUR PROPOSER DESSERVICES/SOLUTIONS THÉRAPEUTIQUES DIGITALES EN SANTÉ
    Légitimité des acteurs pour proposer des services/solutions thérapeutiques digitales en santé – Ipsos

    Ces services ne sont pas non plus les acteurs auxquels les Français accordent le plus leur confiance pour ce qui s’agit de la transmission de leurs données personnelles, mais arrivent tout de même deuxième pour les hôpitaux publics (65 %) et quatrième pour les hôpitaux privés (51 % contre 53 % en 2023). Ceux en qui ils ont le plus confiance sont leur médecin traitant puisque 85 % des Français sont d’accord pour leur transmettre leurs données personnelles. Comme en 2023, les GAFAM sont ceux en qui les Français ont le moins confiance sur le sujet (12 % contre 17 % en 2023).

    ACCEPTABILITE DE TRANSMISSION DES DONNÉESPERSONNELLES SELON LE DESTINATAIRE
    Acceptabilité de transmission des données personnelles selon le destinataire – Ipsos

    3️⃣ Les Français se placent entre la crainte et l’espoir sur la question de la santé connectée :

    Dans le rapport, Loick Menvielle, directeur de la Chaire de recherche sur l’innovation en santé numérique a expliqué que “face à la recrudescence des cyberattaques, l’adhésion à la santé connectée représente un défi majeur, d’autant plus que l’exploitation des données occupe une place centrale dans leurs préoccupations”, alors que les Français se montrent pourtant “favorables à l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) en matière de prévention”. Il considère donc comme impératif le fait de renforcer la confiance des Français “afin de promouvoir une adoption plus large de ces solutions prometteuses”.

    DES CRAINTES EN AUGMENTATION FACE À LA SANTÉCONNECTÉE NOTAMMENT SUR LA SÉCURITÉ ET LA FIABILITÉ
    Des craintes en augmentation face à la santé connectée – Ipsos

    Ce manque de confiance se concrétise dans le baromètre par l’augmentation des craintes des Français en lien avec la santé connectée, notamment en ce qui concerne la sécurité (42 %) et la fiabilité (36 %), qui ont augmenté respectivement de 6 et 8 points en un an. L’étude montre aussi que cette crainte augmente avec l’âge, et que la plus grande d’entre elles et celle de la diminution des interactions humaines : 53 % des 65-74 ans en ont fait part (contre 39 % en 2023) et 48 % des 55-64 ans (contre 42 % en 2023).

    Des craintes qui augmentent d'autant plus avec l'âge - Ipsos
    Des craintes qui augmentent d’autant plus avec l’âge – Ipsos